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mardi 12 mars 2024

Visite épiscopale

Mgr de Cagny
sur la tombe de M. Boudon
pour le 4e centenaire de sa mort


Armes de Mgr de Cagny


 


Désireux de faire redécouvrir les figures spirituelles du diocèse d'Evreux, S.Exc.R. Mgr Olivier de Cagny, Evêque d'Evreux, s'est rendu le dimanche 14 janvier 2024 sur la tombe du vénérable abbé Henri-Marie Boudon, en la chapelle des saints Anges de sa cathédrale, à l'occasion du quatrième centenaire de sa naissance, à l'issue de la messe dominicale.

Le corps de l'abbé Henri-Marie Boudon (1624-1702) repose dans la chapelle des saints Anges , la deuxième en entrant (soit juste après celle des fonts baptismaux) par les portes d'entrée de la façade occidentale près de l'ancien évêché. Son coeur est conservé dans le mur droit de la chapelle, derrière une plaque de marbre noir.

dimanche 14 janvier 2024

1624-2024 : Jubilé de Monsieur Boudon

Dimanche 14 janvier 1624
Dimanche 14 janvier 2024
400 ans de la naissance de
l'abbé Henri-Marie BOUDON
,
 grand-archidiacre d'Evreux (1624-1702)


Chapelle des saints Anges de la cathédrale Notre-Dame d'Evreux

dimanche 30 avril 2023

1623-2023 : Jubilé de saint François de Laval - VIE DU SAINT (1)

400 ans de la naissance de
Mgr François de Montmorency-Laval
-Montigny,
 grand-archidiacre d'Evreux (1648-1653)
et 1er évêque de Québec

à Montigny-sur-Avre (diocèse de Chartres)
le 30 avril 1623



Château de Montigny-sur-Avre, Eure-et-Loir (France) vers 1900-1920,

Naissance du Saint de Montigny

 

La rivière Avre, au bord de laquelle est construit le village de Montigny, marquait autrefois la frontière entre le Duché de Normandie et la France, et maintenant entre le diocèse de Chartres et celui d’Évreux. De cette période subsistent des fortifications appelées « Les Fossés du Roi » dont certaines parties se sont conservées jusqu’à nos jours.

C’est pour se protéger des incursions des Français que Henri II Plantagenet, duc de Normandie, fit construire, entre 1160 et 1170, ce rempart de terre, binôme talus-fossé atteignant souvent 4 à 5 mètres de hauteur. 

Cette ligne de défense, établie côté Normandie, s’étendait depuis Le Mêle-sur-Sarthe, dans le Perche, jusqu’à Muzy en suivant le cours de la Sarthe, puis celui de l’Avre. Et c’est précisément dans ce qui était le parc de l’abbaye de l’Estrée, à Muzy dont Mgr François de Laval allait devenir abbé commendataire, que se termine le Fossé du Roi. Les châteaux de Verneuil ainsi que celui de Tillières constituaient les maillons de la défense de la Normandie ; face à eux les châteaux du Thymerais (Brezolles, La Ferté-Vidame, Senonches et Châteauneuf)) tenus par les puissants barons de Châteauneuf-en-Thymerais fidèles aux rois de France, défendaient le Royaume de France.

Créées en 1120 par Henri Ier Beauclerc pour renforcer les défenses de la rivière d’Avre au sud de son duché, Verneuil-sur-Avre et Tillières ont conservé de nombreux vestiges de leur passé militaire : château, donjon, fossés, fortifications.

Le duché de Normandie est dans les faits conquis par le roi de France, Philippe Auguste en 1204. Il entre dans le domaine royal. Les souverains anglais continuent d’y prétendre jusqu’au traité de Paris en 1259 mais ne conservent en fait que les îles Anglo-Normandes comme ancienne part du duché. Le duché de Normandie survit surtout par l’installation intermittente d’un duc à sa tête. En effet, le roi de France confie parfois cette portion de son royaume à un membre proche de sa famille. Celui-ci prête ensuite hommage au roi. Son caractère féodal sera supprimé en 1469.

 

François vécut 8 années à Montigny. La canonisation de saint François Xavier venant d’avoir lieu, François était un prénom très répandu. Il fut le quatrième d’une famille de neuf enfants, fils de Madame Michelle de Péricard, de noblesse normande, originaire de Saint-Etienne (près de Rouen) et de Hugues de Montmorency Laval, seigneur du lieu. Il est l’héritier d’une des plus prestigieuses familles françaises puisque sa famille porte pour le titre de premier baron de France, c’est dire qu’il descend du premier compagnon du roi Clovis baptisé par saint Remi en 496 à Reims. Le cri de guerre Dieu ayde au premier baron chrestien, qui fut aussi la devise de cette lignée et que l’on retrouve dans les armoiries de Mgr de Laval, perpétuait le souvenir de ce glorieux événement. A l’Église et au Royaume, cette famille donna plusieurs cardinaux, six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux, un grand nombre de généraux et d’officiers civils et militaires. Au XIIIe siècle, l'un de ses ancêtres, Mathieu de Montmorency ayant épousé en secondes noces Emme de Laval, de la noble famille de Laval, avec l'entente que ses enfants en porteraient le nom et les armes, son fils Guy de Montmorency, né de ce second mariage, laissa à la branche aînée issue du premier mariage de son père le nom de Montmorency, pour prendre celui de Laval. Il devint sous ce nom le chef de la branche cadette des Montmorency, à laquelle se rattachait Mgr de Laval. Le prélat lui-même ne porta jamais le nom de Montmorency ; il signait dans les registres ou ailleurs "François de Laval", comme appartenant à la branche cadette.

Son frère Henri deviendra prieur de l’abbaye de la Croix-Saint-Leufroi et sa sœur Anne-Charlotte, supérieure des filles du Saint-Sacrement, à Nantes.

Le seigneur de Montigny et son épouse, tous deux d’une piété et d’une vertu éprouvées, ne possédaient point, malgré leur noblesse, de grandes richesses : le fief de Montigny, le plus important des quatre qu’ils détenaient, n’était à vrai dire qu’un gros bourg. La situation financière de la famille allait bientôt devenir assez précaire, et François allait devoir se consacrer un jour à son rétablissement.

[à suivre]

Société Henri-Marie Boudon



Sources :

Bulletin des saints Anges ; Société Henri-Marie Boudon

François de Laval et son époque. Gilles Bureaux / Grand Séminaire de Québec.

https://www.françoisdelaval.com

Les Jésuites et la Nouvelle France : Desclée de Brouwer.

https://crc-canada.net

https://www.hgiguere.net

https://www.ecdq.org

https://www.jesuits.global.com

https://www.histoire-et-civilisations.com

Histoire de l’Église : Dom Charles Poulet, Beauchesne.

Le livre des merveilles : Mame/Plon.

Abbaye Saint-Joseph de Clairval : lettre du 16 juillet 2017.

samedi 29 avril 2023

1623-2023 : Jubilé de S. François de Laval - ARTICLE

 

Capture d'écran du site du Journal de Montréal.

1623-2023 : 400 ans de la naissance de S. François de Laval

 


Dimanche 30 avril 1623 – Dimanche 30 avril 2023

 

4e centenaire de la naissance de saint François de Laval,

Père de la Nouvelle France.

 

Les diocèses d’Évreux, Chartres et Québec en fête !



Une marche est à cette occasion organisée en guise de pèlerinage par la Société Henri-Marie Boudon :


12h30 devant l'
église Saint-Hilaire de Tillières-sur-Avre

Repas tiré du sac, 

Mini-conférence, 

puis 7 km de marche jusqu'à l'église de Montigny-sur-Avre,

Fin vers 16h-16h30.



dimanche 15 mai 2022

Canonisations à Rome de trois français


Saint César de Bus, priez pour nous !


Sainte Marie Rivier, priez pour nous !


Saint Charles de Foucauld, priez pour nous !

mardi 1 juin 2021

1er mardi du mois de juin ! Prions nos Saints Anges gardiens !


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, La dévotion aux neuf chœurs des saints Anges, 11e pratique, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des saints anges

Si nous voulons aimer véritablement les anges, il faut aimer ce qu'ils aiment, et haïr ce qu'ils haïssent. De cette manière, il nous faut donc avoir de l'amour pour la vertu, et de l'éloignement pour le péché. « Ils demandent de nous, dit un saint Père, la sobriété, la chasteté, la pauvreté volontaire, de fréquents soupirs vers le ciel, et surtout la vérité et la paix. » Ce jeune gentilhomme nommé Falcon était bien persuadé de ces maximes, lorsqu'ayant promis de ne mentir jamais, en l'honneur de son bon ange, et ayant tué un homme sans qu'il y eût aucun témoin, il avoua franchement la malheureuse action qu'il avait faite, de peur de mentir, aimant mieux perdre la vie que de ne pas tenir sa promesse à son bon ange. Le voilà donc condamné à mort : mais comme le bourreau voulait lever le bras pour lui trancher la tête, il en fut empêché par un ange qui parut, et qui arrêta encore le bras de trois autres qui s'étaient mis en devoir de le faire mourir. Ce miracle obtint sa grâce, et ensuite il changea son nom de Falcon en celui d'Ange, et quitta le monde, pour avoir plus de lieu de converser avec les anges.

Icône contemporaine, L'échelle de Jacob
L'humilité, la pureté et l'oraison sont les aimables vertus que ces esprits célestes recherchent dans tous ceux qui font profession de les honorer. Ils ne peuvent supporter les superbes, et l'humilité est leur première vertu, dont ils font un continuel exercice parmi nous.

La pureté est absolument nécessaire pour entrer dans leur amitié ; ils sont les amis des chastes, et spécialement des vierges ; car d'autant plus, dit saint Ambroise, quo les personnes sont pures, d'autant plus les anges les chérissent : aussi appelle-t-on la virginité une vertu angélique, et ceux qui la pratiquent, les anges de la terre ; et avec bien du fondement, puisque ce sont elles qui ont plus de ressemblance avec ces purs esprits. Ô vierges, qui que vous soyez, souvenez-vous que vous possédez un trésor dont le prix est inestimable, et qui est préférable aux couronnes et aux empires : si l'on en connaissait la valeur, notre terre deviendrait un ciel, et il ne se trouverait personne qui n'en fût saintement passionné. Ça été la chère vertu de Jésus, Marie et Joseph, de saint Jean-Baptiste, le Précurseur de Jésus, de saint Jean l'évangéliste son aimable favori, et le grand Apôtre proteste, dans la lumière qu'il en a, qu'il voudrait que tout le monde en fût dans la pratique. C'est le grand conseil de notre Maître, et ses privilèges sont inexplicables, qui dureront autant que l'éternité même.

Il n'y a point de vie que l'on ne doive perdre pour sa conservation, point de peine que l’on ne doive souffrir, point de plaisirs qu'on ne doive quitter. Je ne puis m'empêcher ici de dire un mot, en passant, de l'étonnement où je suis de voir quantité de directeurs qui conseillent facilement le mariage à des personnes qui ont inclination pour cette vertu, sous prétexte de quelques difficultés qui peuvent se rencontrer. En vérité, en vérité, il faut tout faire pour la conservation d'une grâce si précieuse. Non, jamais l'adorable Jésus ne manquera à ceux qui pour lui plaire davantage passeront leur vie dans le célibat. C'est le même Dieu qui a assisté tant de vierges, et dans un âge si tendre, qui leur a fortifié le courage, qui les a soutenues contre toute la rage des démons et des hommes. Oh ! Gens de peu de foi que nous sommes ! une mouche nous fait peur, la moindre difficulté nous abat le courage ; il n'y a qu'à prendre une bonne résolution. Dieu ne peut donner que de bons conseils, l'on ne peut mieux faire que de les suivre avec générosité.

L'oraison est encore la vertu qui nous rend plus semblables aux anges ; aussi les a-t-on vus assister d'une manière extraordinaire toutes les personnes qui en sont dans l'exercice. Saint Bernard eut un jour la consolation de les voir marquer les prières de ses religieux, des uns en lettres d'or, des autres en lettres d'argent, de quelques-uns avec de l'encre, et de quelques autres avec de l'eau, selon la ferveur ou la tiédeur de leur disposition intérieure.

On peint ces esprits célestes nu-pieds et marchant sur les nues, pour nous marquer leur entier dégagement de toutes les choses de la terre. Ils ne respirent que Dieu seul, et ils sont saintement jaloux des moindres choses qui regardent ses divins intérêts. Saint Jérôme rapporte sur ce sujet une chose bien terrible, et qui fait assez voir que les anges sont jaloux des intérêts de leur Souverain. Hymetius, mari de Prétextat, et oncle de la vierge Eustochium, avait commandé à sa femme de parer cette vierge, et de la rendre belle aux yeux des hommes, pensant par là lui faire passer toutes les inclinations qu'elle avait pour la virginité. Mais l'ange du Seigneur, saintement indigné, parut à cette femme, qui avait exécuté les volontés de son mari, et lui dit ces paroles rapportées par le Père de l'Église que je viens de citer : « Vous avez donc été assez hardie que de préférer le commandement d'un mari à celui de Jésus-Christ, et vous avez eu la témérité de toucher le chef d'une vierge avec vos mains sacrilèges ? Ces mains sécheront tout maintenant, afin que cette peine vous fasse connaître ce que vous avez fait, et dans cinq mois vous serez conduite dans le chemin des enfers ; et si vous persévérez dans votre crime, vous perdrez tout à la fois votre mari et vos enfants. » Or ce grand docteur de l'Église assure que tout cela arriva comme l'ange l'avait prédit.

Si vous voulez donc être dévot des saints anges, il faut tâcher de leur plaire ; et pour leur plaire, il faut être dans la solide pratique de la vertu. Étudiez-vous particulièrement avec le secours du ciel, à acquérir celles qui leur sont plus agréables, et qui vous sont plus nécessaires, et en même temps apportez tous les soins possibles à détruire en vous tout ce qui peut leur déplaire. Déclarez donc une guerre continuelle au péché, et surtout à l'impureté. Saint Basile disait que ce péché éloignait de nous nos saints anges, comme la fumée chassait les abeilles, et la puanteur les colombes. L'on rapporte de ce saint, qu'étant ordinairement favorisé d'une vision céleste auparavant que de célébrer les saints mystères, en étant un jour privé, il apprit que c'était à raison d'un diacre qui était présent, qui était tombé dans l'impureté ; et l'ayant fait retirer, il jouit aussitôt du même privilège. L'ange de sainte Françoise, la grande dévote de ces aimables favoris de Jésus et de Marie, paraissant en forme visible, se cachait les yeux à la moindre faute ou imperfection qui se commettait en sa présence. Prenez donc bien garde de rien faire qui puisse offenser des yeux qui vous regardent toujours ; et comme nous avons tous quelque inclination prédominante, quelque humeur qui nous attache davantage, et qui est la source de presque tous nos dérèglements, appliquez-vous à combattre cette humeur en l'honneur des saints anges ; faites-en des examens particuliers de temps en temps, voyez si vous vous en corrigez ; prenez à tâche d'offrir tous les jours à votre saint ange quelque mortification de cette humeur, de cette inclination ; c'est le présent le plus agréable que vous lui puissiez faire, et souvenez-vous que ce n'est pas une légitime excuse, de dire que c'est notre faible : ceux qui sont en enfer y sont allés par leur humeur qu'ils n'ont pas domptée, par ce faible qui les a fait perdre. C'est par où le diable prend les hommes, et gagne les âmes ; c'est là où il nous faut veiller davantage, où nous avons plus besoin de la protection angélique.

Saint Bernard conseille de nous souvenir souvent de la présence de notre ange gardien, pour ne pas tomber en nos défauts. Cette pensée est grandement utile, et nous aide beaucoup à nous surmonter. C'est une chose merveilleuse, que les anciens philosophes ont même conseillée. Un de ces philosophes rapporte que c'était le sentiment de Platon, selon que je l'ai lu dans le livre De l'ange gardien du P. Drexelius, où ce philosophe dit que tous les hommes ont des témoins invisibles qui sont toujours auprès d'eux, et qui regardent non seulement leurs actions, mais encore leurs pensées ; et qu'après la mort d'un chacun, le témoin qui l'a gardé le conduit au jugement qui se fait de sa vie, selon le témoignage qu'il en rend. C'est pourquoi, continue cet homme, vous tous, qui en m'écoutant entendez le sentiment divin de Platon, disposez toutes vos actions et toutes vos pensées comme des gens qui devez savoir que vous n'avez rien de caché à ces témoins ou gardiens, soit au dedans soit au dehors de vous. Ensuite il en marque la protection : mais il faut, déclare-t-il, que ce témoin soit religieusement honoré et connu, comme il l'a été de Socrate, par son innocence et justice. Ne diriez-vous pas que c'est un Chrétien qui parle ? Et croirait-on que ces pensées ont été les sentiments d'un infidèle ?

Anges trompettistes, église de la Sagrada Famiglia

lundi 30 mars 2020

“Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher”

Détail d'une mosaïque au plafond de Gethsémani
Dimanche prochain, nous entrerons dans la grande Semaine Sainte.

Chaque jour, nous nous avancerons avec le Christ jusqu'au Golgotha, jusqu'à la Croix.
Avec Lui, nous descendrons dans les enfers.
Avec Lui, nous serons mis au Sépulcre.
Roche de la basilique de Gethsémani. Le Vendredi Saint et le 1er juillet,
fête du Précieux Sang, des pétales de roses y sont répandus en souvenir
de la sueur de Sang du Sauveur.
Avec Lui, nous ressusciterons pour la vie éternelle, renouvelant les promesses de notre Baptême, rejetant les ténèbres, accueillant la Lumière du Ressuscité.

Cette année, nous participerons autrement aux célébrations de l'Eglise. Munis de nos chapelets, de notre Bréviaire et de notre Missel, comme les chrétiens persécutés, comme nos frères qui n'ont plus de prêtre pour célébrer la sainte Messe, nous nous unirons mystérieusement mais bien réellement à toute l'Eglise, au Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Le site Hozana.org propose de s'inscrire pour vivre cette Semaine Sainte avec les frères franciscains de Terre Sainte. C'est aussi l'occasion de découvrir cette Terre bénie entre toutes, choisie par le Verbe éternel pour se faire chair et nous sauver. 

Voici l'adresse à laquelle vous pourrez vous inscrire : cliquez sur ce lien

Oliviers du jardin de Gethsémani, vallée du Cédron, Jérusalem

mercredi 18 mars 2020

Conseils d'un moine (orthodoxe) pour ceux qui sont confinés à la maison



Les restrictions imposées à toute l'Italie pour contenir le nouveau coronavirus nous font vivre des moments inattendus et inconfortables.
Rester à la maison, au-delà de la sérénité passagère des premiers jours de "vacances forcées", peut bientôt nous faire vivre des moments d'ennui et de désespoir. Dans ce contexte, les gens qui font de l'isolement leur propre style et idéal de vie : les moines et les moniales peuvent nous aider.
En tant que moine qui ne vit pas dans un monastère, mais qui s'efforce quand même de mener une vie monastique, je pense avoir plus d'une suggestion pour ceux qui doivent rester à la maison et qui sont confrontés à des moments de découragement.
Je vous invite à lire ce qui suit, avec l'idée d'y puiser ce qui peut être utile et inspirant pour passer au mieux ces journées d'urgence.

La quarantaine ? Le carême ?

Qu'est-ce qu'une quarantaine ? Une période de 40 jours pendant laquelle vous êtes soumis à des restrictions.
Qu'est-ce qu'un carême ? Une période de 40 jours pendant laquelle vous êtes soumis à des restrictions.
Pour les orthodoxes, mais aussi pour les catholiques, l'isolement d'urgence coïncide avec la période de l'année où les chrétiens sont appelés à la prière, au jeûne et à la mortification des passions. Nous pouvons, et même devrions, rendre grâce à Dieu que ces restrictions s'appliquent à un moment où nous pouvons nous adapter au mieux tant sur le plan climatique que culturel. Pensons à combien il aurait été plus difficile de vivre un isolement forcé en hiver (cf. Matthieu 24, 20). Jetons donc un coup d'œil sur un Grand Carême qui n'a jamais été aussi facile et opportun à suivre :
Pendant des années, nous n'avons pas suivi les règles du Carême pour un certain nombre de raisons (ou d'excuses) : eh bien, cette année enfin, toutes les raisons (ou excuses) manquent, et le temps est venu de nous appliquer à toutes ces règles qui semblaient si ennuyeuses et impossibles à mettre en pratique. Peut-être que maintenant elles sembleront plus à portée de main...

(Re-)apprendre à prier

"Je ne vais pas à l'église, mais je prie à la maison" : combien de fois ai-je entendu cette phrase répétée au cours de toutes les années de mon expérience pastorale. Je confesse qu'il m'est beaucoup plus difficile de prier à la maison qu'à l'église (...et je suis moine !): je manque du soutien de mes frères et sœurs dans la foi, je manque du sentiment immédiat de contribuer à un effort commun, et même de la conscience de garder ouvert un lieu de culte qui peut être un phare d'inspiration pour d'autres personnes. Mais je suis plus que convaincue que la prière à la maison est également possible et, paradoxalement, les personnes moins habituées à aller à l'église la trouveront plus facile.
Alors, dépoussiérons les livrets de prières qui ont peut-être été un peu trop fermés sur nos étagères, et essayons de lire, de réciter et/ou de chanter certaines de ces cérémonies dont la tradition orthodoxe est si abondante, et que nous aurions peut-être aimé aller observer à l'église. Nous découvrirons qu'il est possible (même si c'est difficile, je ne vous le cacherai pas !) de suivre la plupart de ces services à la maison. Si nous le trouvons utile, nous pourrons nous servir de l'arrière-plan de quelques vidéos, films ou pistes musicales de prières et d’offices.

Les prosternations : les reines de l'exercice physique

Le manque d'exercice en plein air vous dérange ? N'ayez plus peur ! Voici à votre secours la posture la plus simple, la plus utile et universellement éprouvée. Agenouillez-vous sur le sol (un tapis aide, mais sinon n'importe quel endroit raisonnablement propre fera l'affaire), penchez-vous sur le sol et touchez le sol avec votre front, et c'est fini ! Levez-vous et répétez autant de fois que vous le sentez, aussi vite ou aussi lentement que votre corps le suggère. La prosternation (du latin, "se pencher sur le sternum"), ou pour utiliser l'abréviation vulgaire, la prostration (ici je n'ai jamais pu comprendre sur quoi il faut se pencher...), est la note clé des jours de Carême, où elle est une partie fondamentale de la splendide prière pénitentielle de Saint Ephrem le Syrien. En plus de maintenir nos membres en exercice, affaiblis par l'immobilité domestique (essayez-le pour le croire !), la posture nous offre également un complément idéal à la prière, en disposant notre aptitude à laisser Dieu faire.

 (Re-) apprendre à jeûner

A l'heure où les courses sont garanties dans tout le pays, la cuisine est certainement un moyen de faire bon usage de son temps et d'exprimer sa créativité (je suis toujours heureux d'entrer dans la cuisine...)
Même pour ceux qui n'ont pas une grande variété ou quantité de nourriture dans leur garde-manger, la restauration carémique orthodoxe offre une créativité considérable, ainsi que des avantages indéniables pour la santé. Pour cela, nous essayons de réévaluer les blogs de cuisine orthodoxe, en Italie et à l'étranger, d'expérimenter de nouveaux plats et d'approfondir notre connaissance de la nourriture. Rappelons que la cuisine est une culture, et qu'une cuisine qui sait s'intégrer dans un parcours spirituel est une culture spirituelle !

Lecture de la Bible (et d'autres livres)

Voici la chance dont nous avons rêvé toute notre vie : reprendre ces Saintes Écritures que nous n'avons jamais eu le temps de lire... maintenant nous l'avons ! Et en faisant cet effort, nous redécouvrirons avec joie combien notre culture, nos façons de dire, notre sagesse populaire et notre bon sens sont littéralement construits sur ces pages que nous avons trop longtemps négligées.
Nous découvrirons ensuite que l'appétit vient du fait de manger, et nous passerons à la vie des saints et aux lectures ascétiques qui semblaient si lointaines... quand nous n'avions pas à subir nous-mêmes l'ascèse de l'isolement.

Le temps avec les enfants

Ceux qui ont des enfants doivent se rendre compte que ces journées inhabituelles passées en famille seront pour eux l'un des meilleurs souvenirs de la vie. Plus les enfants sont jeunes, plus les moments que vous passerez avec eux seront formateurs. Parlez-leur de l'urgence sanitaire, bien sûr, mais apprenez-leur à faire bon usage du temps et de la compagnie de leurs parents, et vous leur aurez donné l'une des plus grandes aides pour leur croissance.

Animaux et plantes

Ceux qui ont des animaux de compagnie, en ces jours, remercieront le Seigneur pour leur présence dans leur vie : nos amis les animaux non seulement ne prennent pas et ne transmettent pas le virus, mais offrent une contribution inestimable de sérénité et de satisfaction lorsque nous nous sentons seuls ou déprimés.
Même une ou plusieurs plantes d'appartement ou de balcon peuvent nous aider à observer le printemps à venir et à réfléchir à la domination sur la création (Genèse 1:28) que Dieu nous a confiée.
En tant que cohabitant impénitent avec deux chats, je peux vous assurer que leur proximité m'aide beaucoup à vivre ces jours d'emprisonnement !

Nettoyage domestique

Le ménage est un excellent moyen de remplir le temps que nous devons passer à la maison, pour diverses raisons :
1) plus nous restons longtemps dans la maison, plus il est nécessaire de la nettoyer et d'empêcher que l'accumulation de saletés n'ait également un effet négatif sur notre esprit ;
2) le nettoyage permet de faire face à toutes les urgences d'infection, et pas seulement aux coronavirus ;
3) la propreté ne doit pas être seulement celle des zones superficielles : en pénétrant profondément dans l'ordre intérieur, nous pouvons remettre en place beaucoup de choses que nous avons négligées, et qui, si nous continuons à les négliger, peuvent peser sur nous pour le reste de notre vie.

Vêtements

Les jours de changement de saison au printemps, les moines et les moniales sont appelés à changer leur soutane d'hiver pour leur soutane d'été. C'est l'idéal (Luc 3:11, "Celui qui a deux tuniques, donnez-en une à celui qui n'en a pas"), mais il peut arriver que les moines et les moniales aient aussi plus d'un vêtement de rechange, et peut-être plus de linge, de manteaux, de chaussures, de coiffures et d'accessoires qu'il ne serait nécessaire. Combien plus tous ceux qui ne sont pas moines [ou moniales] vivent-ils littéralement étouffés par des vêtements inutiles, qui ne servent qu'à nourrir les mites et la rouille (Matthieu 6:19)
Le moment est venu de revoir nos tiroirs et nos garde-robes de vêtements, et de découvrir ce qui est vraiment essentiel, que nous appartenions à la catégorie (où les hommes sont prédominants) de ceux qui portent un costume jusqu'à ce qu'elle s'effondre, ou que nous appartenions à la catégorie opposée (où les femmes sont prédominantes) de celles qui ne porteraient jamais la même robe deux jours de suite.
Ah, une dernière chose : lorsque l'isolement sera terminé, si vous découvrez que vous avez des vêtements supplémentaires, NE les apportez pas à l'église, sauf si votre église a un programme de distribution de vêtements (la plupart des églises n'en ont pas, car un tel programme nécessite un MARÉE de temps, des locaux et des bénévoles). Si vous connaissez une personne qui a besoin de vêtements, apportez-les lui vous-même ou laissez les vêtements dans des bacs de ramassage de vêtements.


Vivre ensemble

Même les personnes qui sont contraintes par la quarantaine de vivre sous le même toit (qu'il s'agisse de membres de la famille ou d'autres colocataires) ont quelque chose à apprendre de la vie monastique :
1) Tout d'abord, la cohabitation des moines et des moniales est basée sur des règles claires. Si ceux qui sont contraints de vivre ensemble dans la maison prennent un peu de temps pour établir les règles de cohabitation, tout se passera mieux.
2) le respect de la sphère privée est très important dans les monastères : l'hôte a également droit à des espaces privés personnels. N'oublions pas de conserver ces espaces (qui ne sont pas limités à des distances de sécurité pour éviter une infection), et laissons à chacun des moments de tranquillité, même et surtout lorsque nous pouvons être tentés de "tenir compagnie" juste pour contrôler notre stress personnel dû à la solitude.

Restons connectés

Les technologies qui nous permettent de voyager à travers le monde (et aussi de lire cet article) tout en restant chez nous sont une occasion de tirer le meilleur parti possible. Si nous n'avons pas l'atmosphère de relations humaines que nous connaissons à l'église, pourquoi ne pas essayer de maintenir ces liens par des moyens télématiques ? Écrivons, envoyons un message ou téléphonons à ces personnes que nous avons eu le plaisir de rencontrer par le passé, et planifions avec elles de nous voir lorsque l'urgence sera passée. Nous pouvons également entendre de leur bouche comment ils vivent aujourd'hui : notre expérience sera plus riche, et notre vie plus agréable.
Enfin, utilisons ce temps pour poser à nos prêtres les questions que nous n'avons pas eu le temps ou la chance de leur poser dans le passé ! Aujourd'hui, avec la suspension des fonctions publiques, les prêtres n'ont jamais eu autant de temps libre pour nous écouter et répondre à nos questions : il serait fou de ne pas en profiter !

Pour ceux qui ont envie d'être un héros

L'une des lacunes de notre civilisation "évoluée" est le manque d'espace pour les invités. Mais pour ceux qui en ont un, ces jours-ci offrent la possibilité d'un geste extraordinaire : c'est bien de rester chez soi, mais ... qu'arrive-t-il à ceux qui n'ont pas de maison ?
Ceux qui ont une place dans la maison et une bonne dose de courage et d'abnégation (ne pas perdre de temps...) peuvent se mettre en rapport avec les organismes qui aident les sans-abri (ou même à la police), et proposer d'en accueillir un chez eux pendant toute la période de quarantaine. Cela vous donne non seulement une place au ciel (Matthieu 35:34-40), mais cela contribue aussi activement à éloigner de la contagion une personne susceptible d'être à haut risque en dehors de la maison.
En tant que personne ayant hébergé plus d'un sans-abri dans la maison, je peux vous assurer que dans ce domaine, sous réserve du devoir de vigilance (la prudence reste une des vertus cardinales), les conséquences positives l'emportent sur les négatives.

La résurrection

Rappelons surtout que l'isolement n'est pas une fin en soi. L'effort que nous faisons en quarantaine, que nous le sachions ou non, sauvera probablement des vies (à la fois parce que nous ne nous serons pas exposés et n'aurons pas exposé les autres à la contagion, et parce que nous n'aurons pas surchargé les services hospitaliers au-delà de leur limite de capacité).
"Restons séparés aujourd'hui pour nous embrasser plus chaleureusement demain", tel était le commentaire qui concluait le discours du Premier ministre [Italien] Conte le 11 mars : une excellente suggestion, qui pour nous est rendue encore plus belle par la perspective que cette étreinte sera notre étreinte pascale de la Résurrection !