mardi 17 mars 2015

Convertissons-nous et accueillons le pardon de Dieu

Sainte Julienne de Norwich priant devant son Crucifix
Sainte Julienne de Norwich, recluse anglaise,
« Révélations de l'amour divin », chap. 39


(Quand le pécheur reconnaît sa faute), la grâce divine fait naître une si grande contrition, compassion et vraie soif de Dieu, que le pécheur, soudain délivré du péché et de la peine, est relevé…

La contrition nous purifie, la compassion nous prépare, la vraie soif de Dieu nous rend dignes. Selon ma façon de comprendre, voilà les trois moyens par lesquels toutes les âmes vont au ciel, c'est-à-dire celles qui ont péché sur terre et qui seront sauvées. Car toute âme pécheresse doit être guérie par ces trois remèdes. Même guérie, ses blessures demeurent devant Dieu, non plus en tant que blessures, mais en tant que signes glorieux.

En contrepartie de notre punition ici-bas par la souffrance et par la pénitence, au ciel nous serons récompensés par l'amour bienveillant de notre Seigneur... Il considère le péché de ceux qui l'aiment comme une tristesse et une souffrance, mais, à cause de son amour, pas comme condamnable. La récompense que nous recevrons ne sera pas minime, mais éminente, honorable, glorieuse ; et ainsi la honte sera changée en gloire et en joie.

Car en sa bienveillance, notre Seigneur ne veut pas que ses serviteurs désespèrent par suite de leurs chutes fréquentes et pitoyables ; nos chutes ne l'empêchent pas de nous aimer… Il veut que nous sachions qu'il est le fondement de toute notre vie dans l'amour et, plus encore, qu'il est notre protecteur éternel, nous défendant avec puissance contre tous les ennemis qui s'acharnent furieusement sur nous. Et, hélas, nous avons grandement besoin de lui puisque nous leur donnons souvent prise sur nous par nos chutes.

Confession et absolution. C'est une obligation pour tout chrétien de se confesser et de recevoir l'absolution,
au moins une fois par an, en temps de Carême et de Pâques



dimanche 15 mars 2015

4e Dimanche de Carême - Laetare - Soyons toujours dans la joie !

Si la couleur rose est facultative pour le 4e dimanche
de Carême, elle est significative du chemin parcouru
et du blanc de la fête auquel nous aspirons.
Préparons-nous saintement à Pâques.
Laetare !

Réjouissez-vous !

Tel est le commandement du Seigneur pour nous en ce jour de grâce, 4e dimanche de Carême.

Le dur violet de la Pénitence s'atténue du blanc de la fête, que nous préparons avec foi, pour donner le rose de la Joie.

Réjouissons-nous, soyons toujours dans l'allégresse. Préparons-nous ardemment à la joie pascale que nous recevrons à la mesure de notre Carême.

Saint Dimanche à tous ! Le Seigneur va nous sauver et nous combler de grâces !





Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 53,

Disons donc avec le saint Prophète : « Que veux-je au ciel et en la terre, sinon Dieu ? » 
(Ps LXXII, 24).
Messe de Laetare dans une église de Saragosse

Dans cet état, l’âme ne forme plus de desseins, n’a plus aucune prétention ; elle vit sans désirs, tout ce qu’elle fait est de demeurer dans une simple attente de la divine volonté : ainsi, elle ne désire rien et elle ne craint rien et tout ce qu’elle voit et tout ce qu’elle entend, tout ce qu’elle se peut imaginer ne la trouble plus car, voyant toutes les peines qui lui peuvent arriver dans l’ordre de Dieu (et rien n’arrive sans sa divine Providence), elle est bien aise que la divine volonté s’accomplisse en toutes choses, quoi qu’il lui en puisse coûter ; rien désormais n’est capable de lui donner la vaine joie, puisque tout ce qu’il y a de grand, de glorieux, de doux et d’avantageux au monde ne lui paraît plus rien.

Toute sa joie est le bon plaisir divin qui, dans la vérité, fait tout son plaisir ; toute l’occupation de sa vie est de ne rien vouloir pour donner lieu à la très sainte volonté de Dieu en elle qui est son très unique.

Tout en toutes choses ! Oh ! que cette âme entre dans une paix profonde ! Il est très vrai qu’une partie du Paradis tombe dans son cœur.

Demeurons donc à jamais dans ce repos par un écoulement de nos désirs dans la divine volonté. Il me semble que mon âme entre dans un renouvellement de grâce ; priez bien pour moi afin que je n’abuse pas de cette miséricorde…


L'Ange au sourire, Cathédrale de Reims.
Les Anges et les Saints nous invitent à la joie du Ciel, rejoignons-les par une vie digne des promesses du Seigneur.


samedi 14 mars 2015

Combattre le Mal par le Bien

Dom Guéranger, "L’Année liturgique", pour le 3e dimanche de Carême

Le Christ exorcisant un possédé et chassant un
démon, Bible enluminée par Guiard des Moulins, XIVe

Depuis la promulgation de l’Évangile, le pouvoir de Satan sur les corps s’est trouvé restreint par la vertu de la Croix, dans les pays chrétiens ; mais il reprend une nouvelle extension, si la foi et les œuvres de la piété chrétienne diminuent. De là toutes ces horreurs diaboliques qui, sous divers noms plus ou moins scientifiques, se commettent d’abord dans l’ombre, sont ensuite acceptées dans une certaine mesure par les gens honnêtes, et pousseraient au renversement de la société, si Dieu et son Église n’y mettaient enfin une digue.

Chrétiens de nos jours, souvenez-vous que vous avez renoncé à Satan, et prenez garde qu’une ignorance coupable ne vous entraîne dans l’apostasie. Ce n’est pas à un être de raison que vous avez renoncé sur les fonts baptismaux : c’est à un être réel, formidable, et dont Jésus-Christ nous dit qu’il a été homicide dès le commencement.
Mais si nous devons redouter l’affreux pouvoir qu’il peut exercer sur les corps, et éviter tout contact avec lui dans les pratiques auxquelles il préside, et qui sont le culte auquel il aspire, nous devons aussi craindre son influence sur nos âmes. 

Mosaïques, "Vade retro Satana", Passe derrière moi, Satan !
Voyez quelle lutte la grâce divine a dû engager pour l’arracher de votre âme. En ces jours, l’Église nous offre tous ses moyens pour triompher de lui : le jeûne uni à la prière et à l’aumône. Vous arriverez à la paix ; et votre cœur, vos sens purifiés, redeviendront le temple de Dieu. Mais n’allez pas croire que vous ayez anéanti votre ennemi. Il est irrité ; la pénitence l’a expulsé honteusement de son domaine, et il a juré de tout tenter pour y rentrer. Craignez donc la rechute dans le péché mortel ; et pour fortifier en vous cette crainte salutaire, méditez la suite des paroles de notre Évangile.

Le Sauveur nous y apprend que cet esprit immonde, chassé d’une âme, s’en va errant dans les lieux arides et déserts. C’est là qu’il dévore son humiliation, et qu’il sent davantage les tortures de cet enfer qu’il porte partout avec lui, et dont il voudrait se distraire, s’il le pouvait, par le meurtre des âmes que Jésus-Christ a rachetées.

L’Ancien Testament nous montre déjà les démons vaincus, réduits à fuir dans des solitudes éloignées : c’est ainsi que le saint Archange Raphaël relégua dans les déserts de l’Égypte supérieure l’esprit infernal qui avait fait périr les sept maris de Sara. Mais l’ennemi de l’homme ne se résigne pas à rester ainsi toujours éloigné de la proie qu’il convoite. La haine le pousse, comme au commencement du monde, et il se dit : « Il faut que je retourne à ma maison d’où je suis sorti ».

Les démons et les vices poussant les hommes
au mal et à la mort, Raoul de Presles, XVe
Mais il ne viendra pas seul ; il veut triompher, et pour cela il amènera, s’il le faut, avec lui sept autres démons plus pervers encore. Quel choc se prépare pour la pauvre âme, si elle n’est pas vigilante, fortifiée ; si la paix que Dieu lui a rendue n’a pas été une paix armée ! L’ennemi sonde les abords de la place ; dans sa perspicacité, il examine les changements qui se sont opérés pendant son absence. Qu’aperçoit-il dans cette âme où il avait naguère ses habitudes et son séjour ? Notre Seigneur nous le dit : le démon la trouve sans défense, toute disposée à le recevoir encore ; point d’armes dirigées contre lui. Il semble que l’âme attendait cette nouvelle visite. C’est alors que, pour être plus sûr de sa conquête, l’ennemi va chercher ses renforts. L’assaut est donné ; rien ne résiste ; et bientôt, au lieu d’un hôte infernal, la pauvre âme en recèle une troupe ; « et, ajoute le Sauveur, le dernier état de cet homme devient pire que le premier ».

Comprenons l’avertissement que nous donne la sainte Église, en nous faisant lire aujourd’hui ce terrible passage de l’Évangile. De toutes parts, des retours à Dieu se ménagent ; la réconciliation va s’opérer dans des millions de consciences ; le Seigneur va pardonner sans mesure ; mais tous persévéreront-ils ?

Le démon s'amusant avec Martin Luther,
gravure représentant la folie des
hérétiques et des pécheurs suivant le démon.
Lorsque le Carême reviendra dans un an convoquer les chrétiens à la pénitence, tous ceux qui, dans ces jours, vont se sentir arrachés à la puissance de Satan, auront-ils maintenu leurs âmes franches et libres de son joug ? Une triste expérience ne permet pas à l’Église de l’espérer. Beaucoup retomberont, et peu de temps après leur délivrance, dans les liens du péché. Oh ! S’ils étaient saisis par la justice de Dieu en cet état ! Cependant, tel sera le sort de plusieurs, d’un grand nombre peut-être.

Craignons donc la rechute ; et pour assurer notre persévérance, sans laquelle il nous eût peu servi de rentrer pour quelques jours seulement dans la grâce de Dieu, veillons désormais, prions, défendons les abords de notre âme, résignons-nous au combat ; et l’ennemi, déconcerté de notre contenance, ira porter ailleurs sa honte et ses fureurs.


La porte du Ciel s'ouvre par la Croix, la prière et la pénitence.
Saint Carême !


jeudi 12 mars 2015

Et ne nous laisse pas succomber à la tentation, mais délivre-nous du Mal !

Détail de la dernière tentation du Christ : "le Bien et le Mal s'affrontèrent dans un combat prodigieux" (Victimae paschali)

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’Homme de Dieu », partie III, chap. 5,
De la force du zèle du Père Seurin, qui l’engagea à une cruelle guerre contre l’enfer,
et de la grâce de sa vocation à une entreprise si difficile


Cette guerre si redoutable (NB. Contre le démon et le péché) est commune à tous les hommes ; elle nous est commune, mon cher lecteur, à vous et à moi. Hélas ! y pensons-nous ? hélas ! les hommes y pensent-ils, ces hommes qui vivent dans l’aise comme s’ils n’avaient aucun ennemi à combattre, qui se jettent eux-mêmes dans leurs pièges qu’ils leur tendent par les richesses, par les honneurs et les plaisirs qui s’en laissent surprendre si volontiers, s’arrêtant aux bagatelles du monde dont ils les amusent, qui s’en laissent enchanter par les choses temporelles.

Je ne m’étonne pas après cela de la vision du grand saint Antoine, l’honneur des déserts et l’ornement de la vie solitaire à qui Dieu fit voir le diable d’une forme monstrueuse, dont la tête touchait les nues et les bras s’étendaient d’une façon immense dans les airs et qui, en même temps que les âmes qui lui étaient aussi montrées sous des figures corporelles, s’élevaient vers le ciel, les relançait d’une manière impétueuse sur la terre en sorte qu’il n’y en avait presque pas une qui échappât des mains cruelles de ce monstre d’enfer, ce qui donna lieu au grand saint de s’écrier :
« O mon Dieu, qui pourra échapper des mains de ce tyran ? »

Détail, le démon essayant d'arracher une
âme à l'Archange Saint Michel.
Ah ! qu’il faut être humble pour obtenir les grands secours de Dieu qui nous sont nécessaires ! qu’il faut être détaché de toutes choses pour ne lui pas donner de prise ! qu’il faut avoir de solide vertu pour en remporter la victoire !

Faites un peu de réflexion, vous qui lisez ces vérités dans quel état vous êtes. Voilà la guerre commune à tous les hommes avec les démons, mais celle du Père Seurin avec les esprits d’enfer a été extraordinaire, ayant eu à les combattre dans la possession des religieuses, et dans la possession et obsession qu’il en a lui-même soufferte.

De plus il a eu affaire avec les plus puissants démons de l’enfer : Léviathan et Béhémot, dont il est parlé dans le livre de Job, et d’une manière effroyable en deux chapitres entiers. Il suffit de dire ici que l’Ecriture nous assure qu’il n’y a point de force en terre qui égale leur puissance.

Cependant, c’était avec ces puissances que le Père avait à combattre ; il y avait quelque temps qu’il était déjà obsédé par les démons lorsque la déclaration ouverte de la guerre se fit. Un soir, dans un parloir qui répond à l’église des religieuses, en la seule présence de Dieu et de ses anges, c’est là que se donna le défi général d’un combat bien étrange qui devait durer de longues années.
« J’ai commencé, lui dit le démon, à te faire sentir mon pouvoir ; mais tu verras bien d’autres choses, j’ai bien d’autres forces que tu ne penses ! Tout l’enfer se bandera contre toi, je me servirai même des magiciens, je te rendrai tout à fait misérable, le traitement que je te ferai sera si rude et si étrange que tu auras tout lieu de te repentir de ton entreprise et tu seras contraint toi-même de demander à en sortir ; je ferai contre toi des choses si extraordinaires et si inouïes que ceux de qui tu dépends, à qui nous donnerons comme il faut de l’émotion contre toi, seront obligés de te faire quitter ; tu en sauras bientôt des nouvelles. »

Mais le Père, demeurant dans une fermeté inviolable, sans aucunement s’étonner, lui répondit :
Le Christ exorcisant et chassant le démon par sa Croix, enluminure d'un
Pontifical à l'usage des diocèses de Beauvais et de Lisieux, XIIIe siècle
« Je ne crains point toutes tes menaces, tous les tourments dont tu penses m’épouvanter ne servent qu’à me redoubler le courage puisqu’il n’y a rien que je désire davantage. »
… Le Père avait mis toute sa confiance en celui en qui l’on peut tout, ainsi il ne craignait rien ; ainsi il disait au démon :
« Si tu as l’enfer et la magie contre moi, j’ai pour moi le ciel et ses anges. »

Et il avait Jésus-Christ, le Dieu du ciel, c’est ce qui faisait qu’il se moquait même des démons !
Une sainte âme avait eu une connaissance surnaturelle des maux extrêmes qu’il devait souffrir, dont la seule idée la laissa dans une grande frayeur, mais elle fut consolée en voyant une main céleste étendue sur lui qui le protégeait.



mardi 10 mars 2015

Comment se libérer du péché ?

Saint Nicolas Velimirovitch,
évêque d'Orchid, Serbie (+ 05 mars 1958)


Un gros cordage est composé de fines et fibreuses mèches de chanvre. Une seule de ces fines fibres ne saurait être utilisée pour attacher, ni ne pourrait vous étrangler. D'un geste vous la briseriez aisément et vous en libéreriez.

Si vous êtes attachés avec une grosse corde, on peut vous garder attaché et même vous étrangler avec. Vous n'arriverez pas plus à la briser qu'à vous en libérer. Une grosse corde est composée de fibres fines et faibles, et ainsi en est-il des passions de l'homme, elles consistent en des petits péchés.
 
Le Pape François Ier se confessant,
Basilique Saint-Pierre du Vatican
L'homme sait briser et se détourner du début des petits péchés. Mais lorsque péché après péché c'est répété, le tissage devient de plus en plus solide, qu'à la fin naît une passion, qui alors transforme l'homme en une sorte de monstre comme seule elle sait comment faire. Vous ne savez pas facilement la retrancher, ni vous en distancer, ni vous en séparer.

Ah si seulement les hommes voulaient faire attention et prendre garde aux débuts des péchés ! Alors, ils n'auraient pas tant à endurer pour se libérer des passions. "Retrancher des passions ancrées est aussi difficile que de se couper les doigts" disait un moine de l'Athos. Pour se libérer des passions pécheresses, saint Emilien s'aida par les pensées de la mort et, naturellement, par la grâce de Dieu, sans laquelle il est extrêmement difficile de se débarrasser des entraves des passions. Penser souvent à la mort qui vient, se repentir et implorer la grâce du Dieu Tout-Puissant, ce sont les trois choses qui sauvent l'homme des liens du péché. Saint Sisoès se vit demander : "A quel moment est-ce que les passions peuvent être déracinées ?" Le saint répondit : "A peine une passion s'enracine-t-elle en toi, qu'il faut que tu la déracines sur le champ."



Cathédrale de Leicester, Angleterre, le Christ mort pour nos péchés, adoré par les Anges.


dimanche 8 mars 2015

3e dimanche de Carême, quelques conseils spirituels

Ne tentez pas l'impossible - conseils spirituels de saint Alexis Mechev ("Le Bon Berger", Moscou, 2000)


Peu importe quel péché vous avez commis : repentez-vous. Et Dieu aura hâte de vous accepter à bras ouverts. Soyez comme l'enfant en tout ce que vous faites, tant en matière de foi que d'affaires de la vie.

Prenez garde à vous. Si vous voulez mener une vie spirituelle - prenez garde à vous. Tous les soirs, repensez à tout ce que vous avez fait de bien et de mal durant la journée, remerciez Dieu pour le bien et repentez-vous pour le mal.

Lorsqu'on vous félicite - et que vous réalisez tous vos manquements - alors toutes ces louanges devraient être comme un coup de couteau en plein cœur et faire naître le désir de vous améliorer.

Soyez prudents face aux pensées impures.

Si vous vous sentez tenté de pécher, courbez-vous devant Notre Dame, deux fois, en disant cette prière : "Très sainte Mère de Dieu, par les prières de mes parents, sauve-moi, pécheur." L'esprit de vos parents se joindra au vôtre en prière.

Vous devez être attentif en lisant l'Évangile.

La Prière du Seigneur étant un résumé de l'Évangile, vous devriez vous préparer convenablement avant de la réciter.

Si vous jeûnez de corps, jeûnez aussi spirituellement. Ne soyez pas impudent, en particulier envers les anciens. Un tel jeûne surpassera tout jeûne corporel.

Travaillez à l'édification de vos plus jeunes sœurs et frères. Soyez un exemple pour eux, et souvenez-vous que si vous commettez des manquements, ils pourront facilement les imiter. Et vous aurez à en rendre compte au Seigneur.

Faire le bien est notre devoir (contre la vanité).

N'entreprenez rien d'impossible, mais si vous décidez de faire quelque chose, vous devez à tout prix envisager d'y aller jusqu'au bout. Sinon, vous abandonnerez une fois, deux fois, trois fois, et vous vous demanderez pourquoi vous avez entrepris quoique ce soit, si tout est en vain. (La constance dans le bien est nécessaire pour la croissance spirituelle).

N'utilisez jamais l'Évangile comme si c'était un livre magique pour des prédictions. Si une importante question vous survient, sollicitez le conseil de quelqu'un de plus sage.

Vous devriez entrer dans un esprit de prière avant de lire l'Évangile.

Soyez strict, bien plus strict dans votre carême spirituel ; c'est-à-dire, apprenez à vous contrôler, à vous soumettre, à être doux.

Si vous voyez quelque mal autour de vous, examinez-vous immédiatement, peut-être est-ce vous le coupable. Si vous êtes oppressé par des mauvaises pensées, en particulier à l'église, réalisez devant Qui vous vous tenez, ou ouvrez votre âme et dites "Très sainte Mère de Dieu, aide-moi."

Si vous êtes perturbé par des pensées (qui viennent d'un manque de foi, etc) alors que vous embrassez une sainte icône, priez jusqu'à ce qu'elles s'en aillent.

Vous devriez vous considérer comme étant le pire de tous. Si vous voulez perdre votre calme, vous venger ou quelque chose du genre, vous vous renierez bientôt. Nous devrions sauver à la fois nous-mêmes et les autres. Vous devriez prendre garde à vous-même et être indulgent envers les autres, vous intéressant à eux afin de pouvoir les traiter comme il convient par rapport à leur position, caractère et humeur. Par exemple, un homme nerveux parce qu'il est sans éducation peut demander d'une personne du calme, de l'autre de la délicatesse, et d'une autre encore autre chose – mais c'est son état délabré, et nous devons strictement prendre garde à nous-mêmes.

Si quelques pensées surviennent par manque de foi, en particulier avant de recevoir la sainte Communion, dites aussitôt "Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon manque de foi."

A propos de la confession écrite, ce n'est pas suffisant d'établir une liste de tous vos péchés et manquements, avec rien qui en résulte. Ce qui est nécessaire, c'est que vos péchés vous deviennent en horreur, que vous en soyez tout retourné du plus profond de votre coeur, lorsque vous commencez à vous rappeler vos péchés – ce n'est qu'alors que le péché va vous dégoûter et ne sera pas recommencé. Autrement vous recommencerez. Et quoi donc si vous oubliez vos péchés ? Quelles douleurs arrivent à se faire oublier ? Si j'ai mal quelque part, rien n'y fait, je sais que c'est là.

Vous devez toujours dire la vérité. Si vous êtes forcé à mentir, vous devriez en parler avec celui qui vous demande cela, et faire votre possible pour le sauver de cette erreur, par exemple "je n'ai jamais menti et je ne le ferai jamais, et si tu en as tant besoin, je ne le ferai que si tu en prends toute la responsabilité", etc.

Vous ne devriez pas condamner les autres. Si en visite chez quelqu'un, on vous sert de la nourriture non-carémique un jour de carême, vous ne devriez pas récriminer et refuser. Une fois de retour chez vous, vous pourriez compenser cela par un jeûne plus strict, ou un meilleur jeûne spirituel : c'est-à-dire éviter de vous irriter, éviter de blâmer, etc.

Vous devez toujours suivre cette règle : si vous avez quelque chose à faire – d'abord réfléchissez à ce que Jésus-Christ aurait fait, que cela soit votre guide de conduite en tout. Ainsi, progressivement, tout ce qui est mauvais et pécheur va vous quitter.

Je ne donne jamais ma bénédiction pour colporter quoi que ce soit qui puisse devenir une rumeur à propos d'autrui. D'un autre côté, dire quelque chose d'édifiant et utile est de notre devoir.

Si vous vivez plus selon les tendances et les idées, et que votre cœur ne s'est pas encore développé, vous devriez travailler cela : imaginez-vous dans les souliers d'autrui.

Si le Salut était quelque chose de facile, nous serions déjà tous devenus des saints.

Nous devrions traiter les gens qui nous entourent avec le plus d'attention possible, pas de manière insouciante, et alors, le Seigneur voyant nos bons soins, veillera aussi sur nous.

Dans l'église, tenez-vous à l'écart de ceux qui aiment papoter.

Le Dieu ressuscité demande notre résurrection.

N'osez jamais au grand jamais être fier. Il n'y a rien dont nous puissions être fier. Vous ne voyez que le centième de ce à quoi vous avez contribué, et vous oubliez les 99 autres pour cents qui ne sont pas de vous.


vendredi 6 mars 2015

Ayons horreur du péché et faisons tout pour la plus grande gloire de Dieu



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion au règne de Dieu »



Puisque le moindre péché véniel est un plus grand mal que tous les maux du monde ;

Puisque le moindre degré de la gloire de Dieu est un plus grand bien que tous les biens ensemble naturels du ciel et de la terre ; 

Quand par les pratiques que nous venons de remarquer on n’empêcherait qu’un seul de ces péchés on ne procurerait qu’un seul degré de la gloire de Dieu ;

Ce serait plus faire que si on avait délivré le monde de tous ses maux et qu’on l’eût comblé de toutes sortes de biens temporels.




mardi 3 mars 2015

Faites pénitence et vous serez sauvés

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon,
« Dieu inconnu », chap. 4, Dieu inconnu en ce qu’il nous a manifesté des voies qui conduisent à sa bienheureuse possession


Cependant ceux qui pratiquent plus ordinairement la pénitence sont ceux qui ont mené une vie plus innocente. Les plus grands pécheurs et les mondains la renvoient dans les cloîtres, à peu près comme les malades qui renverraient la médecine à ceux qui se portent bien.

La corruption du siècle est si extrême que dans le temps même qui est destiné entièrement à la pénitence, comme celui du carême et des autres jour de jeûnes, on en viole impatiemment les plus saintes règles, et l’aveuglement à ce sujet est si surprenant que l’on tombe dans ce dérèglement sans y faire réflexion ce qui arrive fréquemment dans les maisons des riches où, très souvent l’on excède les bornes dans les collations des jours de jeûnes sous prétexte que l’on ne mange que des mets dont on use au dessert.

Quels abus dans ces jours de mortification, de voir les tables pleines de toutes sortes de fruits et de confitures, et de tout ce qui peut contenter plus délicieusement le goût !

Mais si la pénitence est bien rare, l’humilité que le Fils de Dieu demande pour entrer dans le ciel l’est encore davantage, quoique notre Maître nous dise : En vérité je vous dis que si vous ne vous convertissez et ne devenez comme des enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Je suis parmi vous, dit-il encore, comme celui qui sert.

Mais il s’est humilié lui-même, jusqu’à mourir sur un gibet au milieu de deux voleurs, il s’est réduit en des anéantissements qui jetteront l’épouvante durant toute l’éternité parmi toutes les troupes des Anges et des Saints ! Après cela à quoi pensons-nous, nous qui sommes les membres de ce divin Chef et qui ne devons être animés que de son Esprit ?
Quel rapport de notre superbe à ses humiliations abyssales !

Mais si c’est l’amour de l’élévation qui nous emporte, croyons à cette vérité de foi ? Quiconque s’élève sera humilié et quiconque s’humilie sera élevé.





dimanche 1 mars 2015

2e Dimanche de Carême, convertissons-nous en vérité

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu inconnu »

La trahison de Judas,
par le Giotto, Padoue
C’est néanmoins parmi les enfants de lumière, les Chrétiens, que ces ténèbres épouvantables règnent et qui leur causeront une damnation beaucoup plus grande que celle des infidèles.

Malheur à vous Chorazin, s’écrie notre bon Sauveur, malheur à vous Bethsaïde, car si les merveilles qui ont été faites chez vous eussent été faites dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps que ces villes auraient fait pénitence, dans le sac et dans la cendre, toutefois je vous dis que Tyr et Sidon ne seront pas si rigoureusement punies que vous au jour du jugement. 

Ensuite il déclare que Sodome sera moins punie que Capharnaüm : Il s’écrie encore que la Reine du midi entrera en jugement avec la nation à laquelle il prêchait et qu’elle la condamnera parce qu’elle vint de l’extrémité de la terre entendre la sagesse de Salomon et qu’il était plus grand que Salomon.

Après ces reproches d’un Dieu-Homme, où est le Chrétien qui ne doive trembler ? Ah oui, les Ninivites s’élèveront contre nous au jour du jugement et ils nous condamneront parce qu’ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas, et que nous ne la faisons pas à celle d’un Dieu incarné, et que les grandes vérités qu’il nous a enseignées dans l’Evangile n’opèrent point notre conversion.

C’est ici où il faudrait que nos yeux devinssent une source intarissable de larmes, nous souvenant de ces paroles de notre doux Sauveur aux femmes qui pleuraient à la vue des douleurs et des tourments incompréhensibles de sa Passion : Filles de Jérusalem, ne pleurez point sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants s’ils font ceci au bois vert, que ne feront ils point au bois sec ? Les tourments des damnés surpasseront ceux que notre adorable Sauveur a soufferts et ils n’auront jamais de fin.

Méditons, mon cher lecteur, cette vérité avec une profonde attention et tâchons, avec le secours divin, de n’être pas du nombre malheureux de ceux à qui Dieu est inconnu dans ses divins jugements.


Jugement dernier, fresque de l'église de la
Sainte Mère de Dieu, Kazan