samedi 8 juin 2013

Cœur immaculé de Marie - Refuge des pécheurs

Cœurs sacrés de Jésus et de Marie
chapelle de Notre-Dame de la médaille miraculeuse


Vierge très-sainte, qui avez plu au Seigneur et êtes devenue sa Mère,
Vierge immaculée dans votre corps,dans votre âme, 
dans votre foi et dans votre amour,
de grâce, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissante protection. 

Le serpent infernal, contre lequel fut jetée la première malédiction, continue, hélas ! à combattre et à tenter les pauvres fils d'Eve.

Ah ! Vous, ô notre Mère bénie, notre Reine et notre Avocate, 
Vous qui avez écrasé la tête de l'ennemi dès le premier instant de votre Conception, accueillez nos prières,
et, - nous vous en conjurons unis à vous en un seul cœur - présentez-les devant le trône de Dieu,
afin que nous ne nous laissions jamais prendre aux embûches qui nous sont tendues, 
mais que nous arrivions tous au port du salut, 
et qu'au milieu de tant de périls, l'Eglise et la société chrétienne chantent encore une fois l'hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix.

Saint Pie X, pp.


vendredi 7 juin 2013

Cœur Sacré de Jésus, priez pour l'Eglise, les prêtres et la France

Sacré Cœur aux Anges, vitrail

Angelus de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Place Saint-Pierre, le Dimanche 25 juin 2006


Chers frères et sœurs,

Vendredi dernier, nous avons célébré le Sacré Cœur de Jésus, une fête qui unit harmonieusement la dévotion populaire à la profondeur théologique. La tradition était - et dans certains pays elle continue - de consacrer les familles au Sacré-Cœur, qui en conservaient une image dans leur maison.

Les racines de cette dévotion plongent dans le mystère de l'Incarnation ; c'est précisément à travers le Cœur de Jésus que s'est manifesté de manière sublime l'Amour de Dieu envers l'humanité. C'est pourquoi, le  culte  authentique du Sacré-Cœur conserve toute sa validité et attire en particulier les âmes assoiffées de la miséricorde de Dieu, qui y trouvent la source intarissable à laquelle puiser l'eau de la Vie, capable d'irriguer les déserts de l'âme et de faire refleurir l'espérance. La solennité du Sacré-Cœur de Jésus est également la Journée mondiale de Prière pour la Sanctification des Prêtres : chers frères et sœurs, je saisis cette occasion pour vous inviter tous à prier sans relâche pour les prêtres, afin qu'ils puissent être des témoins efficaces de l'amour du Christ.

(…) La Très Sainte Vierge Marie a vécu cette réalité, elle a conservé les paroles de son Fils Jésus dans son cœur. Hier nous avons contemplé son Cœur immaculé, Cœur de Mère, qui continue à veiller avec une tendre sollicitude sur nous tous. Que son intercession nous obtienne d'être toujours fidèles à la vocation chrétienne.


Apparition du Sacré-Coeur
à sainte Marguerite Marie
Message de Sa Sainteté 
le bienheureux Pape Jean Paul II

en la fête du Sacré Cœur, le 22 juin 1990


            J’encourage les pasteurs et les communautés religieuses à contribuer au rayonnement du message reçu par Sainte Marguerite-Marie. Pour ceux qui se laisseront toucher par cet enseignement, je désire qu’ils découvrent dans le Cœur du Christ la force de l’Amour, les sources de la grâce, la présence réelle du Seigneur dans son Eglise à travers le don quotidiennement renouvelé de Son Corps et de Son Sang. A chacun de vous je donne de grand cœur ma bénédiction apostolique.



publiée par le Monastère de Paray-le-Monial, chapitre III « Marguerite Marie est choisie de Dieu pour manifester aux hommes le dernier effort de son amour – Les grandes révélations du Sacré-Cœur – Le Père de la Colombière »


C'était le 27 décembre 1673, fête de saint Jean l'Évangéliste. Sœur Marguerite-Marie, ayant un peu plus de loisir qu'à l'ordinaire, priait devant le saint Sacrement. Avec une force indicible, elle se sent toute investie de la divine présence. Mais, écoutons-la raconter elle-même ce qui suit. La scène est d'une grandeur sans égale.


« Je m'oubliai de moi-même et du lieu où j'étais et je m'abandonnai à ce divin Esprit, livrant mon [cœur] à la force de son amour. Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine, où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son sacré Cœur, qu'il m'avait toujours tenus cachés jusqu'alors, qu'il me l'ouvrit pour la première fois, mais d'une manière si effective et sensible, qu'il ne me laissa aucun lieu d'en douter, pour les effets que cette grâce produi[sit] en moi, qui crains pourtant toujours de me tromper en tout ce que je dis se passer en moi. Et voici comme il me semble la chose s'être passée :

Sainte Marguerite Marie et l'image qu'elle a peinte
du Sacré-Cœur, couronné de la Croix et des épines
« Il me dit : — Mon divin Cœur est si passionné d'amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen, et qu'il se manifeste à eux, pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre, et qui contiennent les grâces sanctifiantes et salutaires nécessaires pour les retirer de l'abîme de perdition ; et je t'ai choisie comme un abîme d'indignité et d'ignorance pour l'accomplissement de ce grand dessein, afin que tout soit fait par moi. —

« Après, il me demanda mon cœur, lequel je le suppliai de prendre, ce qu'il fit, et le mit dans le sien adorable, dans lequel il me le fit voir comme un petit atome, qui se consommait dans cette ardente fournaise, d'où le retirant comme une flamme ardente en forme de cœur, il [le] remit dans le lieu où il l'avait pris, en me disant : — Voilà, ma bien-aimée, un précieux gage de mon amour, qui renferme dans ton côté une petite étincelle de ses plais vives flammes, pour te servir de cœur et te consommer jusqu'au dernier moment, et dont l'ardeur ne s'éteindra, ni ne pourra trouver de rafraîchissement que quelque peu dans la saignée, dont je marquerai tellement le sang de ma croix, qu'elle t'apportera plus d'humiliation et de souffrance que de soulagement. C'est pourquoi je veux que tu la demandes simplement, tant pour pratiquer ce qui vous est ordonné que pour te donner la consolation de répandre ton sang sur la croix des humiliations. Et pour marque que la grande grâce que je te viens de faire n'est point une imagination, et qu'elle est le fondement de toutes celles que j'ai encore à te faire, quoique j'aie refermé la plaie de ton côté, la douleur t'en restera pour toujours ; et si, jusqu'à présent, tu n'as pris que le nom de mon esclave, je te donne celui de la disciple bien-aimée de mon sacré Cœur. —

« Après une faveur si grande et qui dura une si longue espace de temps, pendant lequel je ne savais si j'étais au ciel ou en terre, je demeurai plusieurs jours comme toute embrasée et enivrée, et tellement hors de moi que je ne pouvais en revenir pour dire une parole qu'avec violence, et m'en fallait faire une si grande pour me récréer et pour manger que je me trouvais au bout de mes forces pour surmonter ma peine : ce qui me causait une extrême humiliation. Et je ne pouvais dormir, car cette plaie, dont la douleur m'est si précieuse, me cause de si vives ardeurs qu'elle me consomme et me fait brûler toute vive. Et je me sentais une si grande plénitude de Dieu, que je ne pouvais m'exprimer à ma supérieure comme je l'aurais souhaitée. »


L'Amour de Jésus se donne à nous,
par les mains du prêtre, dans la divine Eucharistie



lundi 3 juin 2013

3 / 4 juin, sainte Clotilde, Reine de France

Sainte Clotilde assistant au Baptême
de son époux, Clovis
Sainte Clotilde était fille de Chilpéric, roi catholique d'une partie de la Bourgogne, et nièce du prince arien Gondebaud. Appelée par Dieu à la grande mission du salut de la France, elle fut élevée au palais de son oncle, assassin de sa famille. Mais elle eut le bonheur de se préserver de l'hérésie. La mère de Clotilde avait déposé dans son cœur, avec la foi, les germes de la piété; aussi, sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.

Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités de la jeune princesse et la fit demander en mariage à Gondebaud, qui n'osa la refuser. Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu'elle n'avait été appelée à partager le trône d'un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux mais non éclairé de la lumière de l'Évangile.

Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d'un époux magnanime, mais violent et barbare; elle usa de son influence pour lui parler de Jésus-Christ. Clovis l'écoutait avec intérêt; toutefois, il ne se hâtait pas; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, le ravit à la terre. A la colère du roi, à ses reproches, la douce reine répondit: "Je remercie Dieu de ce qu'Il m'a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel." Un second enfant fut baptisé encore et tomba malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis; mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir tout à coup le petit agonisant. Le moment de la grâce était venu.
Bataille de Tolbiac et vœu de Clovis

A la bataille de Tolbiac, après un choc terrible, les Francs pliaient, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s'écria: "Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et Tu seras mon Dieu!" Le courage renaît à ses soldats et bientôt la victoire des Francs est complète. Peu après, Clovis était baptisé par saint Rémi, à Reims; ce fut le signal du baptême de la nation entière.

Clovis mourut en 511, à l'âge de quarante-cinq ans. Les divisions qui s'élevèrent dans sa famille et surtout le meurtre des deux fils aînés de Clodomir, commis par Childebert et Clotaire, achevèrent de rendre le monde insupportable à notre sainte.

Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières les aumônes, au fond d'un couvent à Tours, auprès du tombeau de saint Martin. Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense, le 3 juin 545.
Sainte Jehanne d'Arc
Messe de saint Martin
de Tours






Saints et Saintes de France, priez pour nous 
et pour la France qui en a tant besoin.

dimanche 2 juin 2013

Solennité du Saint Sacrement de l'Autel - Fêtons dignement la Fête-Dieu

La dispute du Saint Sacrement, palais du Vatican

Sermon pour la fête Dieu par Saint Thomas d’Aquin,
Docteur des Docteurs de l'Eglise, prononcé au Consistoire, devant le Pape et les Cardinaux

(traduction du RP. Sertillanges in Les plus belles pages de saint Thomas d'Aquin)
  


Saint Thomas d'Aquin,
basilique Saint-Etienne
de Jérusalem
Révérendissimes Pères, les souvenirs pleins d'allégresse qu'évoque la solennité de ce jour nous invitent à entourer de joyeuses louanges le Corps très saint du Christ. Quoi de plus doux, quoi de plus suave au cœur des élus que de chanter les trésors de la divine charité et d'exalter l'ardeur d'un amour sans mesure ? C'est qu'à la table de la grâce nouvelle, tous les jours, par les mains du prêtre, Dieu donne à ses enfants et aux héritiers de son royaume sa chair en nourriture et son sang en breuvage. Ce sont là tes œuvres admirables, ô Christ, toi dont la puissance est infinie et la bonté sans bornes ! Dans cet aliment sacré et ce pain super-substantiel qu'annonçaient les prodiges antiques, tu as trouvé le secret d'une union merveilleuse et auguste : la chair immaculée de Jésus-Christ, l'Agneau sans tache, devient le remède de ceux que le fruit défendu avait rendus malades et qui avaient perdu l'éternelle et immarcescible couronne.  

Le triomphe de l'Eucharistie
O prodige qu'on ne peut trop exalter ! Effusion permanente de la bonté divine et d'une miséricorde sans mesure ! Dans ce sacrement, consommation de tous les sacrifices, Il demeure, ce Dieu, indéfectiblement avec nous ; Il y est pour jusqu'à la fin des siècles ; Il donne aux fils d'adoption le pain des anges et les enivre de l'amour qu'on doit aux enfants.
                                                                                                
O humilité singulière, délices de Dieu, et que le Christ pratique après l'avoir prêchée lui-même ! Il ne se refuse à personne ; Il ne craint pas de prendre pour habitacle même un cœur souillé.  

O pureté, qui semblable à celle du soleil n'est ternie par aucune fange et ne craint nulle contagion, mais qui gagne les âmes et en fait disparaître toute tache !

O nourriture des Esprits bienheureux, qui sans cesse nous renouvelle et jamais ne s'épuise ! Tu n'es ni brisée, ni divisée, ni transformée ; mais, gardant ton intégrité et ta nature, tu nous rappelles le buisson antique, la farine et l'huile miraculeuses qui ne diminuaient pas.  

O Sacrement admirable, où Dieu se cache et où notre Moïse à nous se couvre le visage du manteau de ses œuvres, objet de louanges dans toutes nos générations ! Par la vertu des paroles sacrées, instrument de la puissance divine, les substances symboliques sont changées en chair et en sang ; les espèces sacramentelles subsistent sans support, et pourtant nulle loi naturelle n'a souffert violence. Par la vertu de la consécration, un seul Christ, parfait et intègre, se trouve en divers endroits, comme une parole se communique, toujours identique à elle-même. Quand l'hostie se divise, Jésus s'y trouve comme un même visage dans les fragments d'un miroir brisé. Les fidèles l'offrent à Dieu sous les deux espèces, quoiqu'il soit tout entier sous chacune d'elles, et c'est à bon droit qu'on agit ainsi, car ce sacrement donne aux hommes le double salut du corps et de l'Âme, et il rappelle l'amertume d'une double Passion.  

O Vertu ineffable du Sacrement, qui embrase notre cœur du feu de la charité et marque du sang de l'Agneau immaculé, au-dessus de leurs deux battants, les linteaux de nos portes !

O véritable viatique de notre exil militant, soutien des voyageurs, force des faibles, antidote des infirmités, accroissement des vertus, abondance de la grâce et purification des vices, réfection des âmes, vie des débiles et union des membres dans l'organisme unique de la charité !  

O Sacrement ineffable de la foi, Tu augmentes notre charité et nous communiques l'espérance ; soutien de l'Eglise, Tu éteins la concupiscence et parfais le corps mystique du Christ. Voici la substance de l'arbre de vie, ô Seigneur Jésus !  

Messe papale en la Basilique Saint-Jean
du Latran, Cathédrale de NS Père le Pape
O Pasteur et nourriture, prêtre et sacrifice, aliment et breuvage des élus, pain vivant des esprits, remède à nos faiblesses quotidiennes, festin suave, source de tout renouveau !  

O sacrifice de louange et de justice, holocauste de la nouvelle grâce, repas excellent, non de volailles ou de taureaux, mais de viandes plus succulentes et de ce vin délicieux qui renouvelle les amis de Dieu et enivre ses élus !  

O table de bénédiction, table de proposition garnie d'une nourriture substantielle ! Table immense où tout est prodige étonnant ! Table plus douce que toute douceur, plus délectable que toute saveur, plus suave que tout parfum, plus magnifique que toute parure, plus succulente que toute nourriture ! Table que le Christ a préparée à ses amis et commensaux, que le père de famille sert à son fils de retour, après le repas de l'agneau symbolique. Vous êtes le bain sacré que figuraient les antiques piscines, ô notre Pâque, immolation du Christ, et vous exigez la conversion du vice à la vertu, donnant ainsi la liberté aux Hébreux de l'esprit.

O nourriture qui rassasie et ne dégoûte point, qui demande la mastication de la foi, le goût de la dévotion, l'union de la charité, et que divise non les dents du corps, mais le courage de la croyance !

O viatique de notre pèlerinage, qui attire les voyageurs sur les sommets des vertus !

O pain vivant, engendré au ciel, fermenté dans le sein de la Vierge, cuit sur le gibet de la croix, déposé sur l'autel, caché sous les espèces sacramentelles, confirme mon cœur dans le bien et assure ses pas dans le chemin de la vie ; réjouis mon âme, purifie mes pensées. Voici le pain, le vrai pain, consommé, mais non consumé, mangé, mais non transformé ; il assimile et il ne s'assimile pas ; il renouvelle sans s'épuiser ; il perfectionne et conduit au salut ; il donne la vie, confère la grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l'intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs.

Le pressoir mystique, vitrail de l'abbatiale
Saint-Taurin d'Evreux
O calice de toutes suavités, où s'enivrent les âmes généreuses ! O calice brûlant, calice qui tourne au sang du Christ ; sceau du Nouveau Testament, chasse le vieux levain, remplis notre intime esprit, pour que nous soyons une pâte nouvelle, et que nous mangions les azymes de la sincérité et de la vérité.

O vrai repas de Salomon, cénacle de toute consolation, soutien dans la présente tribulation, aliment de joie et gage de la félicité éternelle, foyer de l'unité, source de vertu et de douceur, symbole de sainteté !  La petitesse de l'hostie ne signifie-t-elle pas l'humilité, sa rondeur l'obéissance parfaite, sa minceur l'économie vertueuse, sa blancheur la pureté, l'absence de levain la bienveillance, sa cuisson la patience et la charité, l'inscription qu'elle porte la discrétion spirituelle, les espèces qui demeurent sa permanence, sa circonférence la perfection consommée ?

O pain vivifiant, ô azyme, siège caché de la toute-puissance ! Sous de modestes espèces visibles se cachent d'étonnantes et sublimes réalités.  

Saint Sacrifice de la Messe.
Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché
du monde.
O Corps, ô Ame, et Toi de tous deux inséparable, ô Substance Divine ! De ce dont on chante les grandeurs dans ce sacrement auguste, ô bon Jésus, seules, pour la foi, après la consécration, les espèces sacramentelles demeurent ; ce qui est mangé sans être assimilé ne souffre ni augmentation ni diminution ; ce que tous reçoivent en entier, mille ne le possèdent pas plus qu'un seul, un seul le possède autant que mille. Ce que contiennent tous les autels, les parcelles intactes ou brisées le contiennent toutes ; ta chair est mangée véritablement, c'est véritablement ton sang que nous buvons. Et tu es ici le prêtre, et tu es aussi l'hostie, et les saints Anges sont là présents, qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine majesté. C'est là ta puissance, Seigneur, qui seule opère de grandes choses ; elle dépasse tout sentiment et toute compréhension, tout génie, toute raison et toute imagination. C'est Toi qui as institué et confié à tes disciples ce sacrement où tout est miracle.

N'approche donc pas de cette table redoutable sans une dévotion respectueuse et un fervent amour, homme ! Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Car l'Agneau immaculé veut une âme immaculée qui le reçoive comme un pur azyme.

Recours au bain de la confession ; que le fondement de la foi te porte ; que l'incendie de la charité te consume ; que la douleur de la Passion te pénètre ; qu'un droit jugement t'éprouve.

Approche de la table du Seigneur, de cette table magnifique et puissante, de telle sorte que tu parviennes un jour aux noces du véritable Agneau, là où nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu ; là où nous verrons le Roi de gloire, le Dieu des vertus dans toute sa beauté ; là où nous goûterons la Pain vivant dans le royaume du Père, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la puissance et l'empire demeurent jusqu'à la fin des siècles. Amen. 


samedi 1 juin 2013

Adoration mondiale de Notre Seigneur au Très Saint Sacrement


C'est une très grande grâce que le Saint Père nous offrira demain, 2 juin, solennité de la Fête Dieu. Partout dans le monde, dans toutes les Cathédrales ainsi que dans les paroisses et chapelles qui s'y associeront, le Saint Sacrement sera exposé.

Ce temps d'adoration sera mondial et partout dans le monde, au même moment, de 17 à 18 heures - heure de Rome, les Chrétiens pourront donner ce témoignage de foi et d'amour à leur Seigneur. 

Au même moment, c'est l'Eglise universelle qui se rassemblera autour du Saint Père et des Evêques pour adorer et prier le Seigneur

Que d'intentions, pour notre pays, pour nos communautés, pour l'Eglise et le monde. Le Seigneur cherche des adorateurs en esprit et en vérité. Posons cet acte de foi si simple qui portera un fruit extraordinaire. Croyons en la grâce. Croyons que Dieu peut tout, à condition que nous participions à son oeuvre par l'engagement de toute notre vie à sa suite. 

Demain, Il ne nous demandera qu'une chose, toute simple, demeurer avec Lui une heure, L'aimer, Le prier, Lui faire confiance...

Voici les intentions du Souverain Pontife auxquelles nous pourrons ajouter toutes celles que nous portons :

Pour l'Eglise répandue de par le monde et unie aujourd'hui dans l'adoration eucharistique. Que le Seigneur la rende toujours plus obéissante à sa parole, afin qu'elle se montre au monde plus belle, sans tache ni ride, sainte et immaculée.
 
Que par le biais d'une annonce fidèle, la Parole puisse résonner comme présage de miséricorde, et provoquer un renouveau d'amour qui donne du sens à la souffrance, rende joie et sérénité.
 
Pour tous ceux qui souffrent de part le monde, victimes de nouveaux esclavages, de la guerre, de la traite, du narcotrafic.
 
Pour les enfants et les femmes victimes de violences, afin que leur cri silencieux soit entendu par l'Eglise et qu'ils demeurent confiants dans le Crucifié, que l'on oublie pas nos frères et sœurs soumis à la violence.
 
Pour tous ceux qui sont en état de précarité matérielle, les chômeurs, les personnes âgées et les émigrés, les sans-abri et les détenus, tous les marginaux.
 
Que la prière et la solidarité de l'Eglise les soutiennent dans l'espérance, leur donne la force de défendre leur dignité.

Image de Notre Dame du Saint Sacrement,
église Saint-Claude des Bourguignons, Rome.

jeudi 30 mai 2013

Préparons-nous à célébrer la Fête Dieu


Nous nous apprêtons à célébrer la solennité du Corps et du Sang eucharistiques du Seigneur, nous célébrons notre fête patronale. La Fête-Dieu, ou Corpus Domini, est une grande fête pour toute l’Eglise et nous allons nous mettre à la suite du Seigneur si nous processionnons.

Par le Baptême, nous avons reçu la filiation divine et la sainteté de la Trinité Sainte.

Par la Confirmation, l’Esprit Saint vient nous enrichir de ses 7 dons sacrés pour faire de nous des testes et miles Christi, des témoins et des soldats du Christ pour conquérir le monde, non pas force, mais par la douceur et la vérité de notre Seigneur, enseignées par les saints Evangiles.

Par les dons sacrés du Corps et du Sang du Christ dans le Saint Sacrement, le Christ vient habiter en nous pour nous changer en Lui.

Mettons-nous à l’écoute du vénérable Henri Marie Boudon. Nous sommes parfois coupables de grandes négligences vis-à-vis de la bonté du Seigneur qui vient à nous dans la divine Eucharistie.


 « L’Amour de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’Autel », par M. l’abbé Henri Marie Boudon, 12e motif, Jésus souffre tout au Très Saint-Sacrement


Icône du Christ - Eucharistique. Les inscriptions en
grec en haut de l'icône signifient "Le Pain de la Vie".
Caritas omnia suffert (I Cor. 13 : « La Charité endure tout »).

Allons, mon âme, nous perdant de plus en plus dans l'abîme des amours immenses de notre Dieu. Aimables Séraphins, servez-nous de guides favorables à la clarté de ces feux sacrés qui vous consument si saintement. Esprits très-aimants, soutenez-nous dans des voies amoureuses, par l'ardeur des divines flammes qui vous brûlent si délicieusement. Ouvrez nos yeux pour contempler ce spectacle si étonnant, et dont les mondains sont si peu étonnés. Purifiez nos cœurs, afin de les rendre susceptibles des impressions les plus vives de l'amour qui y éclate si miraculeusement.

Animez nos courages à ne prendre plus que des desseins relevés, à n'avoir plus que des résolutions, mais les plus généreuses que l'amour puisse inspirer ; car voici que le grand Roi Jésus, devant qui tout l'univers n'est pas un point, s'est tellement laissé aller à l'amour des hommes au très saint Sacrement, que non content d'y quitter tout, et d'y faire partout un prodige qui n'a jamais eu de pareil, il y souffre tout, il y endure tout, lui qui est impassible, qui habite au milieu d'une gloire infinie, qui est le sujet des adorations et des respects des puissances des Cieux. Il y souffre des infidèles blasphémant ce qu'ils ignorent, des hérétiques qui nient sa présence. Etrange injure au cœur le plus aimant de tous les cœurs, en ce que non seulement on ne reconnaît pas son amour, mais encore on le nie, qui est la chose du monde la plus sensible à une personne qui aime beaucoup.

Mais qui pourra nous dire ce qu'il y endure des catholiques, de ceux qui le reconnaissent en la divine Eucharistie, par leurs offenses et leurs ingratitudes ? Car si nous entrons dans nos églises, elles sont des solitudes, des lieux abandonnés ; ou si l'on y remarque des troupes de monde, ce n'est que pour y découvrir davantage l'ingratitude extrême des cœurs. Car combien d'insolences se commettent, combien d'irrévérences, combien d'immodesties par les discours que l'on y tient, par les gestes et les actions que l'on y fait, par des postures peu séantes, par des nudités exécrables, que l'on porte jusqu'aux pieds de nos sanctuaires.

Mais si l'on pouvait pénétrer dans le fond des âmes, qui est très connu à celui à qui rien ne peut être caché, que l'on verrait de choses monstrueuses et diaboliques ! Combien d'esprits dont le corps est à l'église, qui errent de tous côtés par des distractions volontaires ! Combien de bouches qui mentent impudemment au Seigneur, qui lui offrent des prières, qui disent qu'elles le veulent servir, pendant que leurs cœurs ne respirent que l'amour du monde, l'ennemi juré de Jésus, pendant que leurs imaginations ne sont remplies que de pensées sales et vilaines en présence du Roi des vierges et de l'ami très fidèle de la pureté ; de desseins de vengeance, de sentiments de haine et d'aversion, devant celui qui est le Dieu d'amour, et qui veut que nous nous aimions comme il nous a aimés ; de mouvements de superbe et de vanité, pendant que le Dieu de toute gloire est dans des états infiniment humiliants !

Ce n'est pas tout, les souffrances que l'amour fait porter à notre Souverain, ne s'arrêtent pas là. Ici, mon cœur, il faut que tu éclates de douleur et d'amour, ou bien il faut dire que tu seras bien dur. Plusieurs, par un attentat qui doit faire trembler les colonnes des Cieux, prennent le corps du Dieu du Ciel et de la terre en état de péché mortel, soit parce qu'ils ont des péchés, dont ils n'ont pas une véritable douleur, soit parce que leur résolution pour l'avenir n'est pas assez forte ; car elle doit être telle qu'on soit plutôt prêt à perdre tout, le président sa charge, le marchand sa boutique, l'homme riche son bien, une dame sa beauté, enfin tout ce que nous avons de plus cher, que de commettre jamais un péché mortel, soit par l'impureté, soit par la haine, soit par l'injustice, que de se trouver dans une occasion prochaine du péché.

O Dieu, que ces résolutions sont rares dans le siècle ! Et il n'est pas aisé de les voir, comme plusieurs le pensent, se trompant faussement : et tous ces gens logent Jésus-Christ avec le diable. Quel crime ! quel attentat !

Nous lisons, hélas ! et notre siècle a vu des outrages abominables faits en la personne du Roi Jésus au très saint Sacrement. Ce corps adorable, qui fait les délices des bienheureux, après la vision de Dieu, a été donné aux chiens, a été foulé aux pieds, a été frappé à coups de couteau sur les saintes espèces, a été jeté à la voirie. Ces choses nous font peur, et avec grand sujet : mais le pécheur qui le reçoit en péché mortel, en un cœur qui est la demeure du diable, et ainsi qui le loge avec le démon, et (ce qui est épouvantable) en un lieu où le démon est le seigneur, que sera-t-il à la vue d'une vérité si terrible ? Hélas ! où en sommes-nous ? Les Juifs, qui ne connaissaient pas le Dieu de gloire, l'ont crucifié ; ils l'on fait sans le connaître ; car s'ils l'eussent connu, dit saint Augustin jamais ils ne l'eussent crucifié. Cependant nous pleurons sur sa passion, nous crions contre ses juges, nous sommes animés contre ses bourreaux, et nous ne nous apercevons pas, disent les saints Pères, que nous commettons les mêmes crimes, avec cette différence, que leur péché a été commis avec ignorance, et le nôtre avec connaissance et une dernière impiété.

Je vous appelle donc, ô âme catholique, non pas pour méditer la passion du Fils de Dieu, qu'il a endurée il y a tant de siècles, et en la seule Judée ; mais celle qu'il souffre à présent en tous les lieux du monde par les mauvais catholiques, et peut-être par vous, qui lisez ces choses. Ne passez pas outre, sans vous examiner sur un cas si pitoyable. N'êtes-vous point coupable de ces infidélités que nous venons de remarquer ? Relisez-les encore, examinez-vous sur tous les désordres que vous y pouvez voir, soit par les irrévérences qui se pratiquent en nos Eglises, soit par ce qui se passe en votre intérieur, soit par les mauvaises communions qu'on fait.

N'êtes-vous point du nombre de ces misérables, ou bien n'en avez-vous pas été ? Si vous en êtes, apprenez de saint Jean Chrysostome et des autres Pères, que vous êtes pire que Judas, que Pilate, que les Juifs qui ont crucifié le Fils de Dieu. O l'horreur des horreurs ! Ô crime plus propre de l'enfer que des hommes ! Mais, je vous demande, y avez-vous jamais bien pensé ? Savez-vous bien que vous étiez un autre Judas, et cent fois pire que Judas ? Mais à présent que vous dit le cœur ? Est-ce fait du péché ? Dit-il un éternel adieu aux vanités, aux impuretés et aux inimitiés qui règnent dans le siècle ? Quelle résolution prenez-vous ? Ne vous suffit-il pas d'avoir été coupable de la mort d'un Dieu ? N'êtes-vous point satisfait des peines que vous lui avez fait souffrir ? Voudriez-vous bien encore ajouter des peines à ses peines, des douleurs à ses douleurs, des croix à ses croix ? Ne vous y trompez pas ; c'est ce que vous ferez, si vous ne donnez ordre à votre conscience.

Mais si vous y avez apporté le remède, pensez un peu au passé, songez combien de fois vous avez crucifié le Fils de Dieu ; car c'est une vérité qui nous est enseignée par le Saint-Esprit : Rursùs crucifigentes. Et puis donnez congé à vos larmes ; qu'elles coulent le reste de vos jours, comme les eaux d'une source intarissable : gémissez, soupirez, criez dans l'excès de votre, douleur : parlez-en aux anges, parlez-en aux hommes, regrettez tous les moments qui vous restent de votre vie, l'excès de vos crimes, et détestez les avec horreur.

Enfin, souvenez-vous que Jésus souffre tout au très saint Sacrement, puisqu'il permet aux méchants prêtres magiciens de le porter au sabbat, où toute la troupe infernale danse souvent sur une multitude d'Hosties consacrées qui y sont en très grand nombre, et dont quelquefois il en sort un sang miraculeux qui baigne les pieds de ces abominables ; mais en même temps souvenez-vous que c'est pour vous qu'est réduit en un état si extrême. Hélas ! je demande à votre cœur ce qu'il veut donner à un tel amour, ce qu'il veut souffrir pour lui. Y a-t-il injure après cela qu'il n'endure pauvreté, affliction, peine intérieure ou extérieure ? Ne souffrira-t-il pas de toute sorte de personnes, de ses ennemis, de ses amis, de ses proches, de ceux qui ne lui sont rien, de ses supérieurs, de ses inférieurs, de ceux qu'il a obligés, aussi-bien que de ceux qui n'ont reçu aucune faveur de lui ?

Pourra-t-on bien mettre quelque exception, après avoir considéré un Dieu dans de telles souffrances ? Pensez encore ici à la chose qui vous fait plus de peine, à cet affront que vous avez reçu, à la perte que vous avez faite, à l'injustice que l'on a commise en votre endroit, à cette inclination qui vous tourmente davantage, à la voix intérieure où vous souffrez le plus : c'est ce qui vous peine davantage, que vous devez accepter plus volontiers, pour avoir lieu de montrer votre amour à celui que l'amour a tant fait souffrir pour vous.

Les Saints dans ces vues sont devenus insatiables de la croix ; et il est vrai que plus les âmes sont pures, plus le Fils de Dieu les fait souffrir. Les membres les plus étroitement unis à ce chef, ayant plus grande sympathie avec lui, ont le plus de part à ses souffrances.


Le Saint Père Benoît XVI donnant la bénédiction du Saint Sacrement