lundi 13 juillet 2015

Saint Henri, empereur, priez pour la béatification de votre protégé

Saint Henri, empereur
Saint Henry, en arrivant dans une ville, allait passer toute sa première nuit par une veillée de prière dans une église dédiée à la Sainte Mère de Dieu.

Quand il est arrivé à Rome en 1014, il a passé la nuit dans la Basilique de Sainte Marie Majeure, Bethléem de Rome. Tout en veillant, il vit le Souverain et Eternel Prêtre – Enfant-Jésus entrer pour célébrer les Saints Mystères. Saints Laurent et Vincent assistaient Notre Seigneur comme diacres. Une foule de saints remplirent la basilique. Les anges chantaient en chœur. Il est à noter que, dans la vision de Henry, le Christ Prêtre était un enfant. On se demande s’il ne veillait pas devant l'autel de la crèche de l'Enfant Jésus à Saint-Marie-Majeure, un lieu de grâce pour les âmes à travers les âges.

Reliquaire du bois de la crèche,
Basilique Sainte Marie Majeure, Rome
Après l'Évangile, un ange portant le livre des Évangiles a été envoyé à Henry par la Mère de Dieu. Normalement, on baise le livre des Évangiles. Au lieu de cela l'Ange toucha la cuisse de Saint Henry avec l’Evangéliaire, disant qu’à partir de ce moment, Henry boiterait comme Jacob après sa nuit passée en lutte avec l'ange (cf. Gn 32). 

Henry fut couronné empereur dans la basilique Saint-Pierre par le pape Benoît VIII en 1014. Henry chérissait la vie bénédictine, passant du temps dans les monastères dès qu'il le pouvait. Sa plus grande joie était d'occuper une stalle au chœur et rejoindre les moines à chanter l'office divin. 

Henry fonda des monastères dans tout l'empire et les dota généreusement. Il devint oblat de l'abbaye de Cluny et, ensuite, demanda de faire profession de moine à l'abbaye de Saint-Vanne. L’'abbé le reçut comme un moine, puis lui ordonna, au nom de l'obéissance, de prendre sa place à nouveau sur le trône impérial.


Couronnement impérial


dimanche 12 juillet 2015

Se préparer à bien communier

L'Ange au calice
Imitation de Jésus-Christ – Livre IV – Du sacrement de l'Eucharistie, 
n.12. Qu'on doit se préparer avec un grand soin à la sainte Communion


Voix du Bien-Aimé
1. Je suis l'ami de la pureté et c'est de moi que vient toute sainteté. Je cherche un cœur pur, et là est le lieu de mon repos. Préparez-moi un grand cénacle et je célébrerai chez vous la Pâque avec mes disciples.
Si vous voulez que je vienne à vous et que je demeure en vous, purifiez-vous du vieux levain et nettoyez la maison de votre cœur. Bannissez-en les pensées du siècle et le tumulte des vices. Comme le passereau qui gémit sous un toit solitaire, rappelez-vous vos péchés dans l'amertume de votre âme. Car un ami prépare toujours à son ami le lieu le meilleur et le plus beau; et c'est ainsi qu'il lui fait connaître avec quelle affection il le reçoit.

2. Sachez cependant que vous ne pouvez, quels que soient vos propres efforts, vous préparer dignement, quand vous y emploieriez une année entière sans vous occuper d'autre chose.
Mais c'est par ma grâce et ma seule bonté qu'il vous est permis d'approcher de ma table, comme un mendiant invité au festin du riche, et qui n'a, pour reconnaître ce bienfait, que d'humbles actions de grâces. Faites ce qui est en vous, et faites-le avec un grand soin. Recevez, non pour suivre la coutume ou pour remplir un devoir rigoureux, mais avec crainte, avec respect, avec amour, le corps du Seigneur bien-aimé, de votre Dieu, qui daigne venir à vous. C'est moi qui vous appelle, qui vous commande de venir; je suppléerai à ce qui vous manque; venez, et recevez-moi.

L'Ange à la sainte Hostie
3. Lorsque je vous accorde le don de la ferveur, remerciez-en votre Dieu; car ce n'est pas que vous en soyez digne, mais parce que j'ai eu pitié de vous. Si vous vous sentez, au contraire, aride, priez avec instance, gémissez et ne cessez point de frapper à la porte, jusqu'à ce que vous obteniez quelque miette de ma table, ou une goutte des eaux salutaires de la grâce.
Vous avez besoin de moi et je n'ai pas besoin de vous. Vous ne venez pas à moi pour me sanctifier, mais c'est moi qui viens à vous pour vous rendre meilleur et plus saint. Vous venez pour que je vous sanctifie et pour vous unir à moi, pour recevoir une grâce nouvelle et vous enflammer d'une nouvelle ardeur d'avancer dans la vertu. Ne négligez point cette grâce; mais préparez votre cœur avec un soin extrême et recevez-y votre bien-aimé.

4. Mais il ne faut pas seulement vous exciter à la ferveur avant la communion, il faut encore travailler à vous y conserver après; et la vigilance qui la doit suivre n'est pas moins nécessaire que la préparation qui la précède; car cette vigilance est elle-même la meilleure préparation pour obtenir une grâce plus grande. Rien au contraire n'écarte davantage des dispositions où l'on doit être pour communier que de se trop répandre au-dehors en sortant de la Table sainte. Parlez peu, retirez-vous en un lieu secret et jouissez de votre Dieu. Car vous possédez Celui que le monde entier ne peut vous ravir. Je suis Celui à qui vous vous devez donner sans réserve; de sorte que, dégagé de toute inquiétude, vous ne viviez plus en vous, mais en moi.


Vitrail de la Sainte Communion, église Saint-Leu - Saint-Gilles, Paris


vendredi 10 juillet 2015

Voici le futur Archevêque de Rouen !


S. Exc. R. Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne depuis 2006, vient d'être nommé archevêque de Rouen et primat de Normandie par le pape François Ier.

Il fut le premier évêque français à participer à la Marche nationale pour la vie, en 2010.
Mgr Dominique Lebrun sera installé Archevêque de Rouen le dimanche 11 octobre à 15h30 en la Cathédrale Notre-Dame de Rouen.


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 100 
Continuez vos prières à la Mère de Dieu, dame de tout bon secours ~. Je salue celui qui vous garde, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen et des personnes qui y sont. Votre très humble et obéissant serviteur etc...

Un Ange veille devant la rosace de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen.
Qu'il veille sur le nouveau Primat de Normandie.


jeudi 9 juillet 2015

Lire la Parole de Dieu, connaître le Christ ressuscité et vivre de sa Vie

D’un prêtre orthodoxe

J'ai aussi remarqué que l'on peut lire activement la Parole de Dieu avec tous nos sens, en particulier le chant ou le chant des Psaumes, qui sont des perles de sagesse, de diamants spirituels ; et quand vous les chantez, utilisez le signe de la croix et oignez-vous aussi souvent que vous le pouvez, surtout quand vous dites : "Seigneur," et ainsi faisant, vous remarquerez que même votre corps est en train de prier. Faites-le du plus profond de votre cœur, et pas seulement extérieurement.

Appliquez tout dans la Parole de Dieu pour vous. Ce que je veux dire est : Ne jugez pas votre frère ou votre sœur à travers la Parole de Dieu qui est lue ou parlée, appliquez-vous plutôt la Parole de Dieu. La seule personne qui doit changer, c’est moi, moi et moi. Que la Parole de Dieu coule en vous, afin que vous pensiez à la façon de vous changer vous-même. Alors seulement vous porterez des fruits.

La Parole de Dieu agit en douceur dans votre âme. Dieu nous transforme par Sa Parole, elle est donc très nécessaire pour permettre à la Parole de Dieu de couler en vous. Et la bonne interprétation de la Parole de Dieu doit couler en vous, et non la Parole de Dieu dire par les hérétiques et les schismatiques. L'Eglise ~ vous aide à connaître la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Voilà pourquoi la façon orthodoxe de connaître les  Saintes Écritures est importante.

Ensuite, la révélation de la Parole de Dieu pour nous, est l'œuvre de l'Esprit Saint. Le Seigneur nous dit dans Jean (16, 13-15) : 
"Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera. Tout ce que le Père a est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi, et qu'il vous l'annoncera."

Saint Ambroise de Milan dit : 
"(Le Saint-Esprit) dit la vérité, il respire la sagesse. Il ne parle pas sans le Père, car Il est l'Esprit de Dieu. Il ne l'entend pas de lui-même, car toutes les choses sont de Dieu... Donc, ce que l'Esprit dit est au Fils, ce que le Fils a donné est au Père. Ainsi, ni le Fils, ni l’Esprit ne parle de quoi que ce soit de lui-même."

Il est nécessaire pour nous de comprendre que nous ne pouvons pas croire à notre propre interprétation privée. La Parole de Dieu est le livre de l'Eglise ~. Sans l'Église ~, il n'y a pas de juste compréhension et d'expérience correcte de la Parole de Dieu. Qu'est-ce que la Parole de Dieu signifie, ce qu'elle entend dire, quel est le fond et le contexte correct est seulement révélé dans l'Église ~. Il n'y a pas d'autre moyen. La plénitude du Christ ne peut être vécue que dans l'Eglise. ~





lundi 6 juillet 2015

Sainte Maria Goretti, modèle de pureté, priez pour nous et la France

En ce jour où nous célébrons la sainte Martyre de la virginité et modèle de pureté, Maria Goretti, prions pour la jeunesse que le monde et son prince ne cessent de blesser. Prions la Toute Pure et Toute Sainte Vierge Marie et le cortège des saintes du Ciel pour que nous soyons tous des saints. Heureux les cœurs purs...


De Saint Séraphim de Viritsa


Il viendra un temps où la corruption des mœurs et la lubricité parmi la jeunesse atteindront un point extrême. 

Il n'y aura presque plus aucun jeune à rester vierge. Ils verront l'absence de sanction et penseront que tout est permis pour eux afin de satisfaire leurs désirs. 

Cependant, Dieu les appellera, et ils se rendront compte que ce n'est pas possible pour eux de continuer pareille vie. Alors ils seront menés à Dieu de diverses manières. Ce temps sera magnifique. 

Qu'aujourd'hui ils pèchent grandement, cela les mènera à une plus profonde repentance. De même que le cierge, avant de s'éteindre, brille fortement et lance des étincelles, dont la lumière éclaire les ténèbres environnantes, ainsi en sera-t-il de la vie de l'Église en ces temps qui seront les derniers. Et ce temps est proche.


"Laissez venir à moi les petits enfants"



dimanche 5 juillet 2015

Allons puiser aux sources suaves de l'Amour divin : Jésus nous attend au tabernacle

Les anges, chantant la gloire de Dieu, invitent les hommes à faire de même.

De Saint François de Sales 


Moines chantant et lisant
la Parole de Dieu
Moniales chantant
l'office divin
Que jamais votre âme, comme une abeille mystique, n'abandonne ce cher petit Roi, et qu’elle fasse son miel autour de lui, en lui, et pour lui ; et qu’elle le prenne sur lui, duquel les lèvres sont toutes détrempées de grâce, et sur lesquelles, bien plus heureusement que l’on ne vit sur celles de saint Ambroise, les saintes avettes, amassées en essaim, font leurs doux et gracieux ouvrages.






mercredi 1 juillet 2015

Fête du Précieux Sang de notre Sauveur

Consécration aux saintes plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ

Dieu tout puissant qui avez voulu vous incarner
Sous forme de l’une de vos créatures par amour pour moi,
Afin de supporter l'insupportable,
Je vous consacre ma vie et mon éternité.

O Saintes Plaies des mains de Jésus-Christ,
Je vous consacre mes mains,
Afin de travailler toujours à votre gloire.

O Saintes Plaies des pieds de Jésus-Christ,
Je vous consacre mes pieds,
Afin de marcher toujours à votre suite.

O Saintes Plaies du dos de Jésus-Christ,
Je vous consacre ma chair,
Afin qu'elle soit toujours soumise
A Votre Très Sainte Volonté.

O Saintes Plaies de la tête de Jésus-Christ,
Je vous consacre mon esprit,
Afin que mon intelligence
Ne soit pas un obstacle à ma sanctification.

O Saintes Plaies du Cœur de Jésus-Christ,
Je vous consacre mon cœur,
Afin que, désormais uni au votre,
Il déborde d'amour pour les hommes, mes frères.

O Très Précieux Sang de Jésus-Christ,
Je vous consacre tout mon sang,
Afin que désormais ne coule dans mes veines,
Que Foi, Espérance et Charité.

Amen.

Veillez et priez. Demeurez avec moi. Ayant aimé les siens, Il les aima jusqu'à l'extrême.


mardi 30 juin 2015

La fatigue des Prêtres ; prions pour eux et soutenons-les !

Du Pape François Ier, extraits de la Messe chrismale célébrée le matin du Jeudi Saint 2015 


La fatigue des prêtres ! Savez-vous combien de fois je pense à cela : à la fatigue de vous tous ? J’y pense beaucoup et je prie souvent, surtout quand moi aussi je suis fatigué. Je prie pour vous qui travaillez au milieu du peuple fidèle de Dieu qui vous a été confié, et, pour beaucoup, en des lieux très abandonnés et dangereux. Notre fatigue, chers prêtres, est comme l’encens qui monte silencieusement vers le ciel (cf. Ps 140, 2 ; Ap 8, 3-4). Notre fatigue va droit au cœur du Père.

L'agonie à Gethsémani. Un ange envoyé par le Père
console et soutient le Fils de Dieu. Prions-nous notre
Ange gardien et notre saint Patron ?
Soyez sûrs que la Vierge Marie se rend compte de cette fatigue, et la fait remarquer tout de suite au Seigneur. Comme Mère, elle sait comprendre quand ses fils sont fatigués et elle ne pense à rien d’autre. Elle nous dira toujours, lorsque nous venons à elle : « Bienvenue ! repose-toi, fils. Après nous parlerons… Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? » (cf. Evangelii gaudium, n. 286). Et elle dira à son Fils, comme à Cana : « Ils n’ont plus de vin » (Jn 2, 3).

Il arrive aussi que, lorsque nous ressentons le poids du travail pastoral, nous ayons la tentation de nous reposer de n’importe quelle manière, comme si le repos n’était pas une chose de Dieu. Ne tombons pas dans cette tentation. Notre fatigue est précieuse aux yeux de Jésus, qui nous accueille et nous fait relever : « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, moi je vous procurerai le repos » (cf. Mt 11, 28). Quand quelqu’un sait que, mort de fatigue, il peut se prosterner en adoration et dire : « Ça suffit pour aujourd’hui, Seigneur », et se rendre devant le Père, il sait aussi qu’il ne s’effondre pas, mais qu’il se renouvelle, parce que celui qui a oint le peuple fidèle de Dieu de l’huile d’allégresse, le Seigneur l’oint également : « Il met le diadème sur sa tête au lieu de la cendre, l’huile d’allégresse au lieu des larmes, le chant au lieu d’un esprit abattu » (cf. Is 61, 3).

Ayons bien présent à l’esprit qu’une clé de la fécondité sacerdotale se trouve dans la manière dont nous nous reposons, dont nous sentons que le Seigneur s’occupe de notre fatigue. Comme il est difficile d’apprendre à se reposer ! Là se joue notre confiance, et aussi le souvenir que nous aussi nous sommes des brebis et nous avons besoin du pasteur, qui nous aide. Quelques questions à ce sujet peuvent nous aider.

Est-ce que je sais me reposer en recevant l’amour, la gratuité et toute l’affection que me donne le peuple fidèle de Dieu ? Ou bien, après le travail pastoral est-ce que je cherche des repos plus raffinés, non pas ceux des pauvres, mais ceux qu’offrent la société de consommation ? L’Esprit Saint est-il vraiment pour moi « repos dans la fatigue », ou seulement celui qui me fait travailler ? Est-ce que je sais demander l’aide de quelque prêtre sage ? Est-ce que je sais me reposer de moi-même, de mon auto-exigence, de mon autosatisfaction, de mon autoréférence ? Est-ce que je sais converser avec Jésus, avec le Père, avec la Vierge et Saint Joseph, avec mes saints amis protecteurs pour me reposer dans leurs exigences – qui sont douces et légères –, dans la satisfaction d’être avec eux – eux, ils aiment rester en ma compagnie –, et dans leurs intérêts et leurs références – seule les intéresse la plus grande gloire de Dieu – … ? Est-ce que je sais me reposer de mes ennemis sous la protection du Seigneur ? Est-ce que j’argumente et conspire en moi-même, ressassant plusieurs fois ma défense, ou est-ce que je me confie à l’Esprit Saint qui m’enseigne ce que je dois dire en toute occasion ? Est-ce que je me préoccupe et me tourmente excessivement ou, comme Paul, est-ce que je trouve le repos en disant : « Je sais en qui j’ai mis ma foi » (2 Tm 1, 12) ?

Le portement de la Croix et Simon de Cyrène.
Ayons de bons amis au Ciel mais aussi sur la terre.
Revoyons un moment, brièvement, les engagements des prêtres, qu’aujourd’hui la liturgie nous proclame : porter aux pauvres la Bonne Nouvelle, annoncer la libération aux prisonniers et la guérison aux aveugles, donner la liberté aux opprimés et proclamer l’année de grâce du Seigneur. Isaïe dit aussi soigner ceux qui ont le cœur brisé et consoler les affligés.

Ce ne sont pas des tâches faciles, ce ne sont pas des tâches extérieures, comme le sont par exemple les activités manuelles – construire une nouvelle salle paroissiale, ou tracer les lignes d’un terrain de football pour les jeunes du patronage… ; les tâches mentionnées par Jésus engagent notre capacité de compassion, ce sont des tâches dans lesquelles le cœur est « mû » et ému. Nous nous réjouissons avec les fiancés qui se marient, nous rions avec l’enfant qu’ils font baptiser ; nous accompagnons les jeunes qui se préparent au mariage et à la famille ; nous nous affligeons avec celui qui reçoit l’onction sur un lit d’hôpital ; nous pleurons avec ceux qui enterrent une personne chère… Tant d’émotions… Si nous avons le cœur ouvert, cette émotion et tant d’affection fatiguent le cœur du pasteur. Pour nous, prêtres, les histoires de nos gens ne sont pas un bulletin d’information : nous connaissons nos gens, nous pouvons deviner ce qui se passe dans leur cœur ; et le nôtre, en souffrant avec eux, s’effiloche, se défait en mille morceaux, il est bouleversé et semble même mangé par les gens : prenez et mangez. C’est la parole que le prêtre de Jésus chuchote constamment quand il prend soin de son peuple fidèle : prenez et mangez, prenez et buvez… Et ainsi notre vie sacerdotale se donne dans le service, dans la proximité du peuple de Dieu… qui toujours, toujours fatigue.

Je voudrais maintenant partager avec vous quelques autres fatigues sur lesquelles j’ai médité.

Il y a celle que nous pouvons appeler « la fatigue des gens, la fatigue des foules » : pour le Seigneur, comme pour nous, elle était épuisante – l’Évangile le dit –, mais c’est une bonne fatigue, une fatigue pleine de fruits et de joie. Les gens qui le suivaient, les familles qui lui portaient leurs enfants pour qu’il les bénisse, ceux qui avaient été guéris, qui venaient avec leurs amis, les jeunes qui s’enthousiasmaient pour le Rabbi…, ne lui laissaient même pas le temps de manger. Mais le Seigneur ne se fatiguait pas de rester avec les gens. Au contraire : il semble que cela le remontait. (cf. Evangelii gaudium, n. 11). Cette fatigue au milieu de notre activité est, en général, une grâce qui est à portée de main de nous tous, prêtres (cf. ibid., n. 279). C’est vraiment une belle chose : les gens aiment, désirent et ont besoin de leurs pasteurs ! Le peuple fidèle ne nous laisse pas sans occupation directe, sauf si on se cache dans un bureau ou si on part en ville avec des verres teintés. Et cette fatigue est bonne, c’est une fatigue saine. C’est la fatigue du prêtre avec l’odeur de ses brebis…, mais avec le sourire de papa qui contemple ses enfants et ses petits-enfants. Rien à voir avec ceux qui sentent des parfums chers et qui te regardent de loin et de haut (cf. ibid., n. 97). Nous sommes les amis de l’Époux, c’est là notre joie. Si Jésus fait paître le troupeau au milieu de nous, nous ne pouvons pas être des pasteurs au visage acide, qui se lamentent, ni, ce qui est pire, des pasteurs qui s’ennuient. Odeur des brebis et sourire de pères… Oui, très fatigués, mais avec la joie de celui qui écoute son Seigneur qui dit : « Venez les bénis de mon Père » (Mt 25, 34).
Dieu seul est le Consolateur, Celui qui connaît nos
cœurs. Détail d'une Crucifixion.

Il y a aussi la fatigue que nous pouvons appeler « la fatigue des ennemis ». Le démon et ses adeptes ne dorment pas ; et comme leurs oreilles ne supportent pas la Parole de Dieu, ils travaillent inlassablement pour la faire taire ou la troubler. Ici la fatigue de les affronter est plus dure. Non seulement il s’agit de faire le bien, avec toute la peine que cela comporte, mais il faut aussi défendre le troupeau et se défendre soi-même du mal (cf. Evangelii gaudium, n. 83). Le malin est plus astucieux que nous, et il est capable de démolir en un moment ce que nous avons construit avec patience durant beaucoup de temps. Il est nécessaire ici de demander la grâce d’apprendre à neutraliser– c’est une habitude importante : apprendre à neutraliser ‑ : neutraliser le mal, ne pas arracher l’ivraie, ne pas prétendre défendre comme des surhommes ce que seul le Seigneur doit défendre. Tout cela aide à ne pas baisser les bras devant l’épaisseur de l’iniquité, devant la dérision des méchants. La parole du Seigneur pour ces situations de fatigue est : « Ayez courage, j’ai vaincu le monde ! » (Jn 16, 33). Et cette parole nous donnera de la force.

Et une dernière – dernière pour que cette homélie ne vous fatigue pas trop – il y a aussi « la fatigue de soi-même » (cf. Evangelii gaudium, n. 277). C’est peut-être la plus dangereuse. Parce que les deux autres proviennent du fait d’être exposé, de sortir de nous même pour oindre et nous donner quelque chose à faire (nous sommes ceux qui prenons soin). En revanche, cette fatigue est plus autoréférentielle : c’est la déception de soi-même, mais pas regardée en face, avec la sérénité joyeuse de celui qui se découvre pécheur et qui a besoin de pardon, d’aide : celui-là demande de l’aide et va de l’avant. Il s’agit de la fatigue qui porte à « vouloir et ne pas vouloir », le fait de tout risquer et ensuite de regretter l’ail et les oignons d’Égypte, de jouer avec l’illusion d’être autre chose. J’aime appeler cette fatigue « minauder avec la mondanité spirituelle ». Et quand on reste seul, on s’aperçoit que beaucoup de secteurs de la vie ont été imprégnés de cette mondanité, et on a même l’impression qu’aucun bain ne peut la nettoyer. Il peut y avoir là pour nous une mauvaise fatigue. La parole de l’Apocalypse nous indique la cause de cette fatigue : « Tu ne manques pas de persévérance, et tu as tant supporté pour mon nom, sans ménager ta peine. Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné » (2, 3-4). Seul l’amour donne du repos. Celui qui ne s’aime pas se fatigue mal, et à la longue, se fatigue plus mal.

L’image la plus profonde et mystérieuse de la manière dont le Seigneur s’occupe de notre fatigue pastorale est celle de celui qui « ayant aimé les siens…, les aima jusqu’à la fin » (Jn 13, 1) : la scène du lavement des pieds. J’aime la contempler comme lavement de la sequela. Le Seigneur purifie la sequela elle-même, il s’implique avec nous (Evanglii gaudium, n. 24), il se charge le premier de nettoyer toute tache, ce smog mondain et onctueux qui s’est collé durant le chemin que nous avons fait en son Nom.

Jésus, Sauveur, doux et humbles de Cœur :
"Venez à moi, vous qui peinez et ployez sous le poids du fardeau ..."


lundi 29 juin 2015

Le Prêtre - "alter Christus"

Par le Sacrement de l’Ordre, le Sacerdoce ministériel configure l’homme qui reçoit cette charge et ce don au Christ comme chef de l’Église. A ce propos, la vénérable Conchita Cabrera de Armida rapportait ces paroles du Christ à propos de ses prêtres :


Ordination sacerdotales, l'imposition des mains
« Depuis toujours, Je vois mes prêtres d'un regard plein d'un amour qui les choisit et les enveloppe de toute éternité, englobant non seulement leurs âmes bien-aimées, mais aussi des milliers d'âmes, car chaque prêtre est la tête de beaucoup d'autres âmes.

En regardant éternellement le prêtre, J'ai contemplé en lui une foule d'âmes engendrées de lui par la générosité du Père, rachetées par lui en union avec mes mérites, formées par lui, sanctifiées et sauvées par lui et qui Me rendront gloire éternellement.

Ne crois pas que la vie d'un prêtre soit unique ou isolée ; non, dans la vie d'un prêtre, Je contemple beaucoup de vies dans le sens spirituel et saint, bien des cœurs qui donneront de la gloire éternellement
 »
(14 novembre 1927)

Dans la crise actuelle, où l'identité sacerdotale semble se perdre, même chez les prêtres, le message de la vénérable Conchita est d’une grande actualité :

L'onction de Saint Chrême dans les mains des ordinands
« Quand J'ai pris la nature humaine, J'ai apporté l'amour à l'homme. Ayant le même sang, la fraternelle liaison unissant les deux natures, la divine et l'humaine, J'ai divinisé l'homme, le mettant au contact du Verbe, le soulevant au-dessus des choses de la terre pour qu'il aspire vers le ciel.

Mais parmi tous les hommes, J'en ai distingué quelques-uns qui devaient être les miens, «d'autres Moi», ceux qui continueraient la mission qui m'a amené sur la terre, celle de conduire vers mon Père ce qui était sorti de Lui, des âmes qui le glorifient éternellement »
(11 janvier 1928)

« Je ne finirais pas de dire tout ce que les prêtres sont pour moi : mes mains, mes ouvriers, mon Cœur même et le centre d'innombrables âmes.

Dans le prêtre, je contemple le reflet de mon Père. Je me vois Moi-même et l’Esprit Saint. Dans le prêtre, Je contemple les mystères : celui de l'unité de son être intime avec la Très sainte Trinité. Je contemple le mystère de l'Incarnation que le prêtre rend présent dans chaque messe. Je contemple celui de l'Eucharistie qui ne produirait pas sans son concours. Je vois enfin les Sacrements et mon Église aimée et des milliers d'âmes engendrées dans la sienne pour la gloire de Dieu. Je me contemple Moi-même à chaque instant dans mes prêtres. Mais Je devrais me contempler tel que Je suis en eux, Saint parmi les saints et non pas défiguré par leurs péchés. »

(20 novembre 1929)