mercredi 10 mars 2021

S. Joseph, protégez nous


Lettre apostolique « Patris corde » à l’occasion du 150e anniversaire de la déclaration de S. Joseph comme Patron de l’Eglise universelle

5. Père au courage créatif

~ Bien des fois, en lisant les “Évangiles de l’enfance”, on se demande pourquoi Dieu n’est pas intervenu de manière directe et claire. Mais Dieu intervient à travers des évènements et des personnes. Joseph est l’homme par qui Dieu prend soin des commencements de l’histoire de la rédemption. Il est le vrai “miracle” par lequel Dieu sauve l’Enfant et sa mère. Le Ciel intervient en faisant confiance au courage créatif de cet homme qui, arrivant à Bethléem et ne trouvant pas un logement où Marie pourra accoucher, aménage une étable et l’arrange afin qu’elle devienne, autant que possible, un lieu accueillant pour le Fils de Dieu qui vient au monde (cf. Lc 2, 6-7). Devant le danger imminent d’Hérode qui veut tuer l’Enfant, Joseph est alerté, une fois encore en rêve, pour le défendre, et il organise la fuite en Égypte au cœur de la nuit (cf. Mt 2, 13-14).

Une lecture superficielle de ces récits donne toujours l’impression que le monde est à la merci des forts et des puissants. Mais la “bonne nouvelle” de l’Évangile est de montrer comment, malgré l’arrogance et la violence des dominateurs terrestres, Dieu trouve toujours un moyen pour réaliser son plan de salut. Même notre vie semble parfois à la merci des pouvoirs forts. Mais l’Évangile nous dit que, ce qui compte, Dieu réussit toujours à le sauver à condition que nous ayons le courage créatif du charpentier de Nazareth qui sait transformer un problème en opportunité, faisant toujours confiance à la Providence.

Si quelquefois Dieu semble ne pas nous aider, cela ne signifie pas qu’il nous a abandonnés, mais qu’il nous fait confiance, qu’il fait confiance en ce que nous pouvons projeter, inventer, trouver.

Il s’agit du même courage créatif démontré par les amis du paralytique qui le descendent par le toit pour le présenter à Jésus (cf. Lc 5, 17-26). La difficulté n’a pas arrêté l’audace et l’obstination de ces amis. Ils étaient convaincus que Jésus pouvait guérir le malade et « comme ils ne savaient par où l’introduire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, à travers les tuiles, ils le descendirent avec sa civière, au milieu, devant Jésus. Voyant leur foi, il dit : “Homme, tes péchés te sont remis” » (vv. 19-20). Jésus reconnaît la foi créative avec laquelle ces hommes ont cherché à lui amener leur ami malade.

L’Évangile ne donne pas d’informations concernant le temps pendant lequel Marie, Joseph et l’Enfant restèrent en Égypte. Cependant, ils auront certainement dû manger, trouver une maison, un travail. Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour remplir le silence de l’Évangile à ce propos. La sainte Famille a dû affronter des problèmes concrets comme toutes les autres familles ~.

À la fin de chaque événement qui voit Joseph comme protagoniste, l’Évangile note qu’il se lève, prend avec lui l’Enfant et sa mère, et fait ce que Dieu lui a ordonné (cf. Mt 1, 24 ; 2, 14.21). Jésus et Marie sa Mère sont, en effet, le trésor le plus précieux de notre foi.

On ne peut pas séparer, dans le plan du salut, le Fils de la mère, de celle qui « avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix ».

Nous devons toujours nous demander si nous défendons de toutes nos forces Jésus et Marie qui sont mystérieusement confiés à notre responsabilité, à notre soin, à notre garde. Le Fils du Tout-Puissant vient dans le monde en assumant une condition de grande faiblesse. Il se fait dépendant de Joseph pour être défendu, protégé, soigné, élevé. Dieu fait confiance à cet homme, comme le fait Marie qui trouve en Joseph celui qui, non seulement veut lui sauver la vie, mais qui s’occupera toujours d’elle et de l’Enfant. En ce sens, Joseph ne peut pas ne pas être le Gardien de l’Église, parce que l’Église est le prolongement du Corps du Christ dans l’histoire, et en même temps dans la maternité de l’Église est esquissée la maternité de Marie. Joseph, en continuant de protéger l’Église, continue de protéger l’Enfant et sa mère, et nous aussi en aimant l’Église nous continuons d’aimer l’Enfant et sa mère.

Cet Enfant est celui qui dira : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Ainsi chaque nécessiteux, chaque pauvre, chaque souffrant, chaque moribond, chaque étranger, chaque prisonnier, chaque malade est “l’Enfant” que Joseph continue de défendre. C’est pourquoi saint Joseph est invoqué comme protecteur des miséreux, des nécessiteux, des exilés, des affligés, des pauvres, des moribonds. Et c’est pourquoi l’Église ne peut pas ne pas aimer avant tout les derniers, parce que Jésus a placé en eux une préférence, il s’identifie à eux personnellement. Nous devons apprendre de Joseph le même soin et la même responsabilité : aimer l’Enfant et sa mère ; aimer les Sacrements et la charité ; aimer l’Église et les pauvres. Chacune de ces réalités est toujours l’Enfant et sa mère.



dimanche 7 mars 2021

Jusqu'où mène l'abandon de Dieu ?


« Motifs édifiants et Pratiques salutaires d’une association pour l’avancement du Règne de Dieu », par le vénérable abbé Henri Marie Boudon, 5e motif

Le Roi Jésus est attaqué de toutes parts : le péché tient un empire presqu’universel sur la plupart des cœurs ; l’impiété est sur son trône ; on ne voit partout que libertinage, la malice va à un excès presqu’incroyable ; les temples sont déserts ou profanés ; les prêtres du grand Dieu méprisés et Dieu même, à la vue de toute la Chrétienté, foulé aux pieds ; les diables triomphent et se font rendre des services extraordinaires au mépris des grandeurs du Roi Jésus.

Après cela, est-il possible qu’il nous reste encore quelques gouttes de sang dans les veines, quelques sentiments dans le cœur que nous n’employions et ne donnions avec courage et générosité pour détruire les ennemis du Royaume de Jésus ?



vendredi 5 mars 2021

Combattre la paresse spirituelle par la ferveur et la régularité


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie III

Il combattit la paresse qui est une certaine pesanteur opposée à la ferveur de la dévotion par laquelle le diable fait entrer les autres vices.

Le Père disait que le venin de ce vice consiste dans un engourdissement qu’il fait couler dans les sens par lequel l’âme affecte le repos et demeure dans un état oisif dans un vague entretien de ses pensées, dans un morne chagrin, quand les choses ne lui réussissent pas.

Ce vice fut reconnu assez tard dans la mère et quand il le fut, tous les démons se mirent à le défendre comme le dernier retranchement dans la partie sensible.


mercredi 3 mars 2021

Saint Joseph, obtenez-nous la grâce de l'indulgence plénière


Lettre apostolique « Patris corde » à l’occasion du 150e anniversaire de la déclaration de S. Joseph comme Patron de l’Eglise universelle

4. Père dans l’accueil

Joseph accueille Marie sans fixer de conditions préalables. Il se fie aux paroles de l’Ange. « La noblesse de son cœur lui fait subordonner à la charité ce qu’il a appris de la loi. Et aujourd’hui, en ce monde où la violence psychologique, verbale et physique envers la femme est patente, Joseph se présente comme une figure d’homme respectueux, délicat qui, sans même avoir l’information complète, opte pour la renommée, la dignité et la vie de Marie. Et, dans son doute sur la meilleure façon de procéder, Dieu l’aide à choisir en éclairant son jugement ».

Bien des fois, des évènements dont nous ne comprenons pas la signification surviennent dans notre vie. Notre première réaction est très souvent celle de la déception et de la révolte. Joseph laisse de côté ses raisonnements pour faire place à ce qui arrive et, aussi mystérieux que cela puisse paraître à ses yeux, il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire. Si nous ne nous réconcilions pas avec notre histoire, nous ne réussirons pas à faire le pas suivant parce que nous resterons toujours otages de nos attentes et des déceptions qui en découlent.

La vie spirituelle que Joseph nous montre n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille. C’est seulement à partir de cet accueil, de cette réconciliation, qu’on peut aussi entrevoir une histoire plus grande, un sens plus profond. Semblent résonner les ardentes paroles de Job qui, à l’invitation de sa femme à se révolter pour tout le mal qui lui arrive, répond : « Si nous accueillons le bonheur comme venant de Dieu, comment ne pas accueillir de même le malheur » (Jb 2, 10).

Joseph n’est pas un homme passivement résigné. Il est fortement et courageusement engagé. L’accueil est un moyen par lequel le don de force qui nous vient du Saint Esprit se manifeste dans notre vie. Seul le Seigneur peut nous donner la force d’accueillir la vie telle qu’elle est, de faire aussi place à cette partie contradictoire, inattendue, décevante de l’existence.

La venue de Jésus parmi nous est un don du Père pour que chacun se réconcilie avec la chair de sa propre histoire, même quand il ne la comprend pas complètement.

Ce que Dieu a dit à notre saint : « Joseph, fils de David, ne crains pas » (Mt 1, 20), il semble le répéter à nous aussi : "N’ayez pas peur !". Il faut laisser de côté la colère et la déception, et faire place, sans aucune résignation mondaine mais avec une force pleine d’espérance, à ce que nous n’avons pas choisis et qui pourtant existe. Accueillir ainsi la vie nous introduit à un sens caché. La vie de chacun peut repartir miraculeusement si nous trouvons le courage de la vivre selon ce que nous indique l’Évangile. Et peu importe si tout semble déjà avoir pris un mauvais pli et si certaines choses sont désormais irréversibles. Dieu peut faire germer des fleurs dans les rochers. Même si notre cœur nous accuse, il « est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses » (1Jn 3, 20).

Le réalisme chrétien, qui ne rejette rien de ce qui existe, revient encore une fois. La réalité, dans sa mystérieuse irréductibilité et complexité, est porteuse d’un sens de l’existence avec ses lumières et ses ombres. C’est ce qui fait dire à l’apôtre Paul : « Nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien » (Rm 8, 28). Et saint Augustin ajoute : « …même en ce qui est appelé mal (etiam illud quod malum dicitur) ». Dans cette perspective globale, la foi donne un sens à tout évènement, heureux ou triste.

Loin de nous, alors, de penser que croire signifie trouver des solutions consolatrices faciles. La foi que nous a enseignée le Christ est, au contraire, celle que nous voyons en saint Joseph qui ne cherche pas de raccourcis mais qui affronte “les yeux ouverts” ce qui lui arrive en en assumant personnellement la responsabilité.

L’accueil de Joseph nous invite à accueillir les autres sans exclusion, tels qu’ils sont, avec une prédilection pour les faibles parce que Dieu choisit ce qui est faible (cf. 1 Co 1, 27). Il est « père des orphelins, justicier des veuves » (Ps 68, 6) et il commande d’aimer l’étranger. Je veux imaginer que, pour la parabole du fils prodigue et du père miséricordieux, Jésus se soit inspiré des comportements de Joseph (cf. Lc 15, 11-32).


lundi 1 mars 2021

Fils bien-aimé, reviens à ton Père qui t'aime


Saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne et docteur de l'Église, Sermons 2 et 3

« Je me lèverai et j'irai vers mon père. » Celui qui dit ces paroles gisait à terre. Il prend conscience de sa chute, il se rend compte de sa ruine, il se voit enlisé dans le péché et il s'écrie : « Je me lèverai et j'irai vers mon père ». D'où lui vient cet espoir, cette assurance, cette confiance ? Du fait même qu'il s'agit de son père. « J'ai perdu, se dit-il, ma qualité de fils ; mais lui n'a pas perdu celle de père. Il n'est point besoin d'un étranger pour intercéder auprès d'un père : c'est l'affection même de celui-ci qui intervient et qui supplie au plus profond de son cœur. Ses entrailles paternelles le pressent à engendrer de nouveau son fils par le pardon. Coupable, j'irai donc vers mon père ».

Et le père, à la vue de son fils, voile immédiatement sa faute. A son rôle de juge il préfère celui de père. Il transforme tout de suite la sentence en pardon, lui qui désire le retour du fils et non sa perte...

« Il se jeta à son cou et l'embrassa ». Voilà comment le père juge et comment il corrige : il donne un baiser au lieu d'un châtiment. La force de l'amour ne tient pas compte du péché, et c'est pourquoi le père remet d'un baiser la faute de son fils ; il la couvre par ses embrassements. Le père ne dévoile pas le péché de son enfant, il ne flétrit pas son fils, il soigne ses blessures de sorte qu'elles ne laissent aucune cicatrice, aucun déshonneur. « Heureux ceux dont la faute est ainsi remise et le péché pardonné » (Ps 31,1).


dimanche 28 février 2021

Garder son coeur, vivre l'examen de conscience


Pape François Ier, homélie du 10 octobre 2014

Et Jésus nous dit quelque chose d’autre, non ? Une chose qui semble un peu étrange : «Qui ne se recueille pas avec moi se disperse». Il utilise le mot «recueillir». Avoir un cœur recueilli, un cœur dans lequel nous savons ce qui se passe et ici et là, nous pouvons exercer une pratique ancienne mais efficace de l’Église : l’examen de conscience. ~


L’examen de conscience est une grâce parce que protéger notre cœur, c’est protéger l’Esprit Saint qui est en nous : Jésus parle clairement, nous savons que les diables reviennent toujours. Même à la fin de la vie, Jésus nous donne l’exemple. Et pour protéger, pour veiller sur notre cœur afin que les démons n’y entrent pas, il faut savoir se recueillir, c’est-à-dire rester en silence devant soi-même et devant Dieu et à la fin de la journée se demander : «Qu’est-il arrivé aujourd’hui à mon cœur ? Quelqu’un que je ne connais pas est-il entré ? La clef est-elle à sa place ? Si ces démons, très malins, entrent dans notre cœur et qu’à la fin, nous nous faisons avoir, ceci nous aidera à nous défendre de tant de méchancetés, même des nôtres».


vendredi 26 février 2021

Objectif Pâques : se confesser


De Saint Padre Pio de Pietrelcina

« Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues »

L'espérance en la miséricorde inépuisable de Dieu nous soutient dans le tumulte des émotions et le flot des contrariétés ; c'est avec confiance que nous accourons au sacrement de pénitence où le Seigneur nous attend à tout moment comme un Père de miséricorde. Certes, devant lui nous sommes bien conscients de ne pas mériter son pardon ; mais nous ne doutons pas de sa miséricorde infinie.

Oublions donc nos péchés, comme Dieu l'a fait avant nous.

Il ne faut plus revenir, ni par la pensée ni en confession, sur les fautes déjà accusées lors de confessions précédentes. Grâce à notre repentir sincère, le Seigneur les a pardonnées une fois pour toutes. Vouloir revenir sur des fautes déjà pardonnées seulement pour en être encore une fois absous, ou seulement parce que nous doutons qu'elles aient été réellement et pleinement pardonnées, cela ne doit-il pas être vu comme un manque de confiance envers la bonté de Dieu ?

Si cela peut t'apporter quelque réconfort, tu peux repenser aux offenses que tu as faites à la justice de Dieu, à sa sagesse, à sa miséricorde, mais uniquement pour pleurer des larmes salutaires de repentir et d'amour.

mercredi 24 février 2021

S. Joseph, priez pour nous !


Lettre apostolique « Patris corde » à l’occasion du 150e anniversaire de la déclaration de S. Joseph comme Patron de l’Eglise universelle

 3. Père dans l’obéissance

Dieu a aussi révélé à Joseph ses desseins par des songes, de façon analogue à ce qu’il a fait avec Marie quand il lui a manifesté son plan de salut. Dans la Bible, comme chez tous les peuples antiques, les songes étaient considérés comme un des moyens par lesquels Dieu manifeste sa volonté.

Joseph est très préoccupé par la grossesse incompréhensible de Marie : il ne veut pas « l’accuser publiquement » mais décide de « la renvoyer en secret » (Mt 1, 19). Dans le premier songe, l’ange l’aide à résoudre son dilemme : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 20-21). Sa réponse est immédiate : « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit » (Mt 1, 24). Grâce à l’obéissance, il surmonte son drame et il sauve Marie.

Dans le deuxième songe, l’ange demande à Joseph : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr » (Mt 2, 13). Joseph n’hésite pas à obéir, sans se poser de questions concernant les difficultés qu’il devra rencontrer : « Il se leva dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode » (Mt 2, 14-15).

En Égypte, Joseph, avec confiance et patience, attend l’avis promis par l’ange pour retourner dans son Pays. Le messager divin, dans un troisième songe, juste après l’avoir informé que ceux qui cherchaient à tuer l’enfant sont morts, lui ordonne de se lever, de prendre avec lui l’enfant et sa mère et de retourner en terre d’Israël (cf. Mt 2, 19-20). Il obéit une fois encore sans hésiter : « Il se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël » (Mt 2, 21).

Mais durant le voyage de retour, « apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, – et c’est la quatrième fois que cela arrive – il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth » (Mt 2, 22-23).

L’évangéliste Luc rapporte que Joseph a affronté le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem pour se faire enregistrer dans sa ville d’origine, selon la loi de recensement de l’empereur César Auguste. Jésus est né dans cette circonstance (cf. Lc 2, 1-7) et il a été inscrit au registre de l’Empire comme tous les autres enfants.

Saint Luc, en particulier, prend soin de souligner que les parents de Jésus observaient toutes les prescriptions de la Loi : les rites de la circoncision de Jésus, de la purification de Marie après l’accouchement, de l’offrande du premier-né à Dieu (cf. 2, 21-24).

Dans chaque circonstance de sa vie, Joseph a su prononcer son "fiat", tout comme Marie à l’Annonciation, et comme Jésus à Gethsémani.

Dans son rôle de chef de famille, Joseph a enseigné à Jésus à être soumis à ses parents (cf. Lc 2, 51), selon le commandement de Dieu (cf. Ex 20, 12).

Dans la vie cachée de Nazareth, Jésus a appris à faire la volonté du Père à l’école de Joseph. Cette volonté est devenue sa nourriture quotidienne (cf. Jn 4, 34). Même au moment le plus difficile de sa vie, à Gethsémani, il préfère accomplir la volonté du Père plutôt que la sienne, et il se fait « obéissant jusqu’à la mort […] de la croix » (Ph 2, 8). C’est pourquoi l’auteur de la Lettre aux Hébreux conclut que Jésus « apprit par ses souffrances l’obéissance » (5, 8).

Il résulte de tous ces événements que Joseph « a été appelé par Dieu à servir directement la personne et la mission de Jésus en exerçant sa paternité. C'est bien de cette manière qu'il coopère dans la plénitude du temps au grand mystère de la Rédemption et qu'il est véritablement ministre du salut ».



lundi 22 février 2021

Je crois en l'Eglise immaculée, Corps mystique de Notre Seigneur Jésus-Christ

De Jean Ousset 

Ce que firent Véronique et le Cyrénéen au passage du maître couvert de sang, de poussière, de crachats, de vomissures avinées (c’est l’Ecriture qui le dit. Elle n’a pas peur des mots). La couronne d’épines ceignant ses cheveux d’une glue rouge ; le visage tuméfié ; titubant sous la croix ; rudoyé par la soldatesque ; conspué par le peuple ; condamné par les docteurs, prêtres et théologiens du temps.

Donc le devoir est clair.

D’abord ne pas avoir peur ! Nous moquer des sarcasmes ! Ne pas déserter ! Fendre les rangs de la foule. Avancer résolument vers Jésus. Rester fermes dans la foi.

Depuis vingt siècles que le mystère s’en renouvelle, comment serions-nous excusables d’en paraître surpris seulement aujourd’hui ?

Soyons prêts, et plus prompts s’il se peut que Véronique, pour reconnaître, sous quelque souillure que ce soit, avec la sainte face de notre Dieu, la sainte face de l’Eglise.

Qu’en gestes doux et pieux nous sachions rendre au cher visage son essentielle pureté.

Essuyer la sainte face, comme Véronique. Mais en prenant soin, comme telle, de ne pas ajouter à sa douleur. Sans l’écorcher un peu plus du fait de nos colères ou de nos impatiences. Sans ouvrir ses blessures. Encore qu’elle ait dû, pour y parvenir, se frayer un passage, bousculer quelques badauds, passer outre à quelque interdiction légale, forcer la cordon des légionnaires.

Aider à porter la Croix, comme Simon. Efficacement certes. Mais sans rudesses nouvelles, sans maladresses, sans sursauts douloureux.

Gardons-nous, surtout, de détourner les yeux devant l’ignominie du spectacle. Sachons reconnaître Celui… et donc Celle (l’Eglise) qui semblent vaciller devant nous. Malgré tant de souillures, tant d’ecchymoses, empêchons qu’on oublie leur pureté, leur sainteté fondamentales.

Heureux serons-nous si, ayant tout suivi, tout vu, tout entendu, comme le centurion du Calvaire, nous en repartons professant plus haut et plus clair que cet homme est vraiment le fils de Dieu…, que l’Eglise est réellement et toujours l’épouse immaculée du Christ.

samedi 20 février 2021

Convertissez-vous et faites pénitence

D’un prêtre orthodoxe sur l’heureuse nécessité de la Confession sacramentelle

Si nous ne péchions pas, nous ne devrions pas avoir à aller à la confession. Les gens disent, "Pourquoi dois-je aller à la confession ?" La réponse est : vous avez besoin de changer votre vie, vous devez être conscients de la façon dont vous vous êtes éloignés de Dieu, conscients que votre relation première n'est pas avec Dieu.

Par conséquent, vous péchez, en n'aimant Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit. 

Lorsque vous venez à la confession, vous dites : "Je désire être meilleur, mais je suis brisé, je n'y arrive pas." 

La confession, c'est non seulement dire vos péchés, mais c'est avoir une connexion immédiate d'une manière spéciale avec le Christ. Il est là pour vous aider à vous redresser et à faire ce qui convient. Vous allez dire : "Seigneur, me voici de nouveau ; j'ai essayé et j'ai oublié, je me suis battu et j'ai renoncé. Pardonne-moi afin que je puisse être avec Toi."

Vous venez vers votre époux et vous dites : "Peux-tu m'aider ?" Il dit : "Bien sûr, de quoi as-tu besoin ?" Et vous dites : "Je ne me sens vraiment pas bien, les enfants sont impossibles en ce moment. Peux-tu prendre les choses suivantes au magasin demain après le travail ?" "Oui, bien sûr !" répond-il. 

Donc, il rentre à la maison le lendemain soir et ... il a oublié ! Il ne voulait pas oublier, il a juste eu tant à faire, qu'il a oublié d'aller au magasin. Il lui reste à dire qu'il est désolé, que cela ne signifie pas  qu'il ne vous aime pas… C'est cela la confession.

mercredi 17 février 2021

Prière pour les jours de jeûne de Saint Ephrem de Nisibe


Seigneur et maître de ma vie,

Ne m'abandonnez pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,

De domination et de vaines paroles.

Mais accordez-moi l'esprit d'intégrité, d'humilité,

De patience et d'amour,

A moi votre serviteur.

Oui, Seigneur Roi,

Donnez-moi de voir mes fautes

Et de ne pas juger mon frère, car Vous êtes béni dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Ô Dieu, purifie-moi, pêcheur.

Missel napolitain de 1370, le Mercredi des Cendres

mardi 16 février 2021

Mardi gras

Qui boit dort ; qui dort ne pèche pas ; qui ne pèche pas est un saint ; donc : qui boit est saint !

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « 
Science et pratique du Chrétien »

Nous sommes à Jésus Christ dans le temps de la récréation aussi bien que dans le temps de l’Oraison, dans le temps de la promenade comme dans la retraite, dans le temps du carnaval comme dans le Carême ; quoique les exercices dont nous devons nous servir pour honorer Dieu soient différents.

L’Apôtre veut que les actions les plus viles, comme celle du boire et du manger, soient faites pour la gloire de Dieu.


Et il est encore temps de s'inscrire à https://www.careme40.org/ pour vivre le Carême et le combat spirituel fructueusement avec la fraternité Saint-Vincent-Ferrier. N'hésitez pas !

dimanche 14 février 2021

Adorons Dieu de tout notre cœur

Du Cardinal Joseph Ratzinger –
Benoît XVI

Certains milieux, qui exercent une influence notable, essaient de nous convaincre que nous n'avons pas besoin de nous agenouiller. Ils disent que ce geste ne correspond pas à notre culture. ~En fait, l'acte de s'agenouiller caractéristique des chrétiens ne se pose pas comme une forme d'inculturation dans des coutumes existantes, mais, au contraire, est une expression de la culture chrétienne qui transforme la culture existante à partir d'une connaissance et d'une expérience de Dieu nouvelles et plus profondes. 

L'acte de s'agenouiller ne provient pas d'une quelconque culture, mais de la Bible et de son expérience de Dieu. L'importance centrale que l'agenouillement a dans la Bible peut être déduite du fait que rien que dans le Nouveau Testament, le mot proskynein apparaît 59 fois, dont 24 dans l'Apocalypse, le livre de la liturgie céleste, qui est présenté à l'Eglise comme modèle et critère pour sa liturgie ~ L'agenouillement n'est pas seulement un geste chrétien, c'est un geste christologique. L'étape la plus importante sur la théologie de l'agenouillement est et reste pour moi le grand hymne christologique de la lettre aux Philippiens 2,6-11.~ 

La croix est devenue le signe universel de la présence de Dieu, et tout ce que nous avons entendu jusqu'à présent sur la croix historique et cosmique, doit trouver ici son vrai sens.

La liturgie chrétienne est précisément à cause de cela liturgie cosmique, par le fait qu'elle plie les genoux devant le Seigneur crucifié et élevé. C'est cela qui est le centre de la vraie "culture" - la culture de la vérité. L'humble geste avec lequel nous tombons aux pieds du Seigneur, nous met sur le vrai chemin de la vie, en harmonie avec le cosmos tout entier.

On pourrait dire encore beaucoup, comme, par exemple, ~le récit tiré des Sentences des Pères du désert, selon lequel le diable fut contraint par Dieu de se présenter à un certain 'abbas' (Père) Apollo, et son aspect était noir, horrible à voir, avec des membres effroyablement maigres et, surtout, il n'avait pas de genoux. L'incapacité à se mettre à genoux apparaît comme l'essence même du diabolique.


jeudi 11 février 2021

Notre-Dame de Lourdes

Extraits du discours du Pape Benoît XVI, église de la petite maison de la divine Providence de Cottolengo, dimanche 2 mai 2010. Visite pastorale à Turin, rencontre avec les malades

Seigneurs Cardinaux, 

Chers frères et sœurs ;

~ Notre rencontre est une rencontre en harmonie avec mon pèlerinage auprès du Saint-Suaire, où nous pouvons lire tout le drame de la souffrance, mais également, à la lumière de la Résurrection du Christ, la pleine signification que celui-ci revêt pour la rédemption du monde.

~ Chers malades, vous accomplissez une œuvre importante : en vivant vos souffrances en union avec le Christ crucifié et ressuscité, vous participez au mystère de sa souffrance pour le salut du monde. En offrant notre douleur à Dieu au moyen du Christ, nous pouvons collaborer à la victoire du bien sur le mal, car Dieu rend féconds notre offrande, notre acte d’amour. 
Chers frères et sœurs, vous tous qui êtes ici, chacun pour sa part : ne vous sentez pas étrangers au destin du monde, mais sentez-vous comme les tesselles précieuses d’une très belle mosaïque que Dieu, comme un grand artiste, compose jour après jour également grâce à votre contribution.

Le Christ, qui est mort sur la Croix pour nous sauver, s’est laissé clouer afin que de ce bois, de ce signe de mort, puisse fleurir la vie dans toute sa splendeur. Cette maison est l’un des fruits mûrs nés de la Croix et de la résurrection du Christ, et elle manifeste que la souffrance, le mal, la mort n’ont pas le dernier mot, car la vie peut renaître de la mort et de la souffrance.

~ En ce lieu, nous comprenons alors mieux que si la passion de l’homme a été assumée par le Christ dans sa Passion, rien ne sera perdu. On comprend ici de manière particulière le message de cette solennelle ostension du Saint-Suaire : « Passio Christi – Passio hominis ». Nous prions le Seigneur crucifié et ressuscité afin qu’il illumine notre pèlerinage quotidien par la lumière de son Visage ; qu’il illumine notre vie, le présent et l’avenir, la douleur et la joie, les difficultés et les espérances de l’humanité tout entière. Chers frères et sœurs, en invoquant l’intercession de la Vierge Marie et de saint Joseph Benoît Cottolengo, je donne de tout cœur à tous ma bénédiction : qu’elle vous réconforte et vous console dans les épreuves et obtienne pour vous chaque grâce qui vient de Dieu, auteur et dispensateur de chaque don parfait. Merci !

 

mercredi 10 février 2021

Saint Joseph, protégez-nous !


Lettre apostolique « Patris corde » à l’occasion du 150e anniversaire de la déclaration de S. Joseph comme Patron de l’Eglise universelle

2. Père dans la tendresse

Joseph a vu Jésus grandir jour après jour « en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2, 52). Tout comme le Seigneur avait fait avec Israël, "il lui a appris à marcher, en le tenant par la main : il était pour lui comme un père qui soulève un nourrisson tout contre sa joue, il se penchait vers lui pour lui donner à manger" (cf. Os 11, 3-4).

Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu : « Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint » (Ps 103, 13).

Joseph aura sûrement entendu retentir dans la synagogue, durant la prière des Psaumes, que le Dieu d’Israël est un Dieu de tendresse, qu’il est bon envers tous et que « sa tendresse est pour toutes ses œuvres » (Ps 145, 9).

L’histoire du salut s’accomplit en « espérant contre toute espérance » (Rm 4, 18), à travers nos faiblesses. Nous pensons trop souvent que Dieu ne s’appuie que sur notre côté bon et gagnant, alors qu’en réalité la plus grande partie de ses desseins se réalise à travers et en dépit de notre faiblesse. C’est ce qui fait dire à saint Paul : « Pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : "Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse" » (2 Co 12, 7-9).

Si telle est la perspective de l’économie du salut, alors nous devons apprendre à accueillir notre faiblesse avec une profonde tendresse.

Le Malin nous pousse à regarder notre fragilité avec un jugement négatif. Au contraire, l’Esprit la met en lumière avec tendresse. La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous. Le fait de montrer du doigt et le jugement que nous utilisons à l’encontre des autres sont souvent un signe de l’incapacité à accueillir en nous notre propre faiblesse, notre propre fragilité. Seule la tendresse nous sauvera de l’œuvre de l’Accusateur (cf. Ap 12, 10). C’est pourquoi il est important de rencontrer la Miséricorde de Dieu, notamment dans le Sacrement de la Réconciliation, en faisant une expérience de vérité et de tendresse. Paradoxalement, le Malin aussi peut nous dire la vérité. Mais s’il le fait, c’est pour nous condamner. Nous savons cependant que la Vérité qui vient de Dieu ne nous condamne pas, mais qu’elle nous accueille, nous embrasse, nous soutient, nous pardonne. La Vérité se présente toujours à nous comme le Père miséricordieux de la parabole (cf. Lc 15, 11-32) : elle vient à notre rencontre, nous redonne la dignité, nous remet debout, fait la fête pour nous parce que « mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (v. 24).

La volonté de Dieu, son histoire, son projet, passent aussi à travers la préoccupation de Joseph. Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse. Et il nous enseigne que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Parfois, nous voudrions tout contrôler, mais lui regarde toujours plus loin.