
Babel,
Babylone, Ninive ou l’Egypte, notre monde n’a rien à leur envier quant à la
folie et à l’idolâtrie… Préparons-nous dans la joie à Celui-là seul qui peut combler nos cœurs
et nous ouvrir les portes du Ciel, Notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.
Remarques du Chanoine Robert Lesage, Cérémoniaire de Paris, 1952.

Les trois
dimanches qui les ouvrent sont appelés dimanches de la Septuagésime, de
la Sexagésime et de la Quinquagésime, parce que le
premier dimanche de carême portant le nom de Quadragésime (carême
est un dérivé et un abrégé de ce mot), on est remonté en rétrogradant. Ces
dénominations signifient donc qu'à partir de ces dimanches, il y a environ 70,
60 et 50 jours jusqu'à la fête de Pâques. Il n'y faut pas chercher un compte
exact de jours.
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Bas-relief babylonien, au temps de l'Exil à Babylone. |
Le plus ancien
témoin de la liturgie septuagésimale est un lectionnaire du VIe siècle
(bibliothèque de l'université de Wurtzbourg), qui nous révèle « la
liturgie romaine telle qu'elle devait être... à l'époque où S. Grégoire porta
vers elle son génie organisateur ». On y trouva déjà les épîtres et les
évangiles que nous lisons en ces dimanches.
« Vestibule »
du carême, le temps de la Septuagésime s'en rapproche par l'invitation à penser
à notre destinée, par la couleur des ornements et par la suppression des chants
joyeux.
- La couleur violette
sert à l'Office et à la Messe du Temps pour tous les vêtements et
ornements liturgiques.
- Aux Messes solennelles
de la férié, le Diacre et le Sous-Diacre portent encore la dalmatique et
la tunique, et l'on peut toucher l'orgue.
- Les trois dimanches
sont majeurs de seconde classe, c'est-à-dire qu'ils ne cèdent leur place
qu'à une fête double de première classe. Toutes les féries sont mineures.
- L'Alleluia est
supprimé jusqu'au jour de Pâques.
La veille de la
Septuagésime, à la fin des Vêpres, les Chantres ajoutent deux Alleluia au Benedicamus
Domino et le chœur deux Alleluia au Deo
gratias. C'est la déposition de l'Alleluia, que nos pères
appelaient « Clausum Alleluia » ou les adieux de l'Alleluia.

Au Moyen Âge,
ce congé fut même dramatisé en bien des endroits. On alla jusqu'à coucher un
mannequin, appelé Alleluia sur une civière et à le porter en
cortège à sa sépulture provisoire. Des hymnes, antiennes, capitules et répons,
en un mot toute une littérature émouvante exprimait la douleur des fidèles et
les souhaits de « bon voyage » et « heureux retour ».
À l'Office, l'Alleluia qui
accompagne le Deus, in adjutorium du début, est remplacé
par Laus tibi, Domine, Rex aeternae gloriae. À la fin de
Matines, le Te Deum est remplacé par un répons à l'Office du
Temps.
À la Messe du
Temps, même le dimanche, le Gloria in excelsis est toujours
omis. En semaine, le graduel est dit seul ; le dimanche et les jours de
fête, il est suivi d'un trait qui remplace l'Alleluia.
Le Benedicamus
Domino remplace Ite, missa est à toutes les Messes de
férie.
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