"Méditation" de
Jean Madiran, à l'occasion du bicentenaire, tirée du journal Présent,
16 juin 1989

Rocard, à l'unisson, assure que la Révolution de 1789 «a fait le
renom de la France». Avant 1789, la France n'avait donc aucun renom, la France
de Louis XIV, la France de saint Louis …
Toutes les
voix officielles, politiques, religieuses ou médiatiques, récitent la même
légende. Patrick Poivre d'Arvor : «La
France a tiré un immense prestige des idées révolutionnaires».
L'« immense prestige » de la France est
celui qu'elle avait jusqu'en 1789 avant la Révolution. Elle était à tous égard
la première nation du monde : la plus riche, la plus nombreuse, la plus
puissante, la plus heureuse, la plus influente aussi par les arts et les
lettres. Tout l'univers civilisé parlait français : il aurait continué si les «
idées révolutionnaires » avaient
réellement apporté à la France un surcroît de prestige. On voit le contraire :
en France même, l'Institut Pasteur, les médecins et les savants, les aviateurs
et les sportifs parlent anglais désormais, pour être compris dans le monde. Ce n'est pas
la Révolution qui a fait le prestige mondial de la France, c'est le prestige de
la France qui a répandu les « idées
révolutionnaires » dans le monde entier.
La France
n'y a rien gagné. Depuis 1789, à travers des hauts et des bas, elle n'a cessé
de descendre de son premier rang matériel et moral.
L'Europe n'y
a rien gagné non plus. Les « idées
révolutionnaires » n'ont cessé de l'abaisser et de la détruire. Comme la
France, elle a perdu son premier rang dans le monde. La principale conséquence,
la principale mise en œuvre des « idées
révolutionnaires », ce fut la Terreur comme système de gouvernement, et la
Révolution léniniste de 1917 fille légitime de la Révolution de 1789. D'où
l'Europe sournoisement socialo-communiste que l'on nous propose aujourd'hui de
construire sur les ruines de l'Europe chrétienne.
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