dimanche 12 avril 2020

Alléluia ! Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! C'est la Pâque du Seigneur. Alléluia !


L’Archiconfrérie du Saint-Sacrement et des Saints Anges exulte à l’unisson avec les neufs chœurs des Esprits bienheureux et tous les saints du Ciel :


le Christ est ressuscité !

Celui que nous avions accueilli, joyeusement, rameaux en mains ;
Celui aussi que nous avons abandonné alors qu’Il se laissait conduire dans l’Esprit Saint par Amour de son Père et des pauvres pécheurs que nous sommes jusqu’au Golgotha ;
Celui qui a expiré sur la Croix au milieu des larrons pour le Salut des pécheurs homicides que nous sommes ;
Celui que nous avons oint de myrrhe et d’aloès, enveloppé du suaire et du linceul, Le déposant dans le très Saint Sépulcre ;
Celui qui est descendu aux enfers, Lumière divine qui brille au cœur des ténèbres du péché et de la mort, grain de blé semé en vue de l’abondante moisson de l’Eglise ;

Regina Coeli, laetare ! Alléluia !
Celui qui était mort, Le voilà vivant ! Ressuscité, le Prince de la Vie nous ouvre les portes du Royaume, les portes du Ciel !

Voici le Père céleste qui nous reconnaît, par Lui avec Lui et en Lui, comme ses enfants bien-aimés. Prodigues que nous étions, voici la Maison paternelle désertée par Adam se remplir enfin des âmes des saints pour les noces de l’Agneau.

Soyons dans la joie ! Séchons nos larmes et accueillons la Lumière recréatrice du Verbe fait chair qui nous fait renaître à la vie divine.

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 222

Dieu seul ! Dieu seul en trois Personnes.
~ Ainsi c’est avec joie que je me vois entièrement entre les seules mains de la divine Providence ; oui ! cela me donne une joie ineffable, je goûte une douceur inexplicable.

D’un prêtre orthodoxe, extraits

Si nous n'avons pas Pâques dans l'Église, souvenons-nous que tout contact avec le Christ est Pâques.
Nous recevons la grâce dans la Divine Liturgie parce que le Seigneur Jésus y est présent, Il accomplit la Sainte Cène et Il est Celui qui est donné aux fidèles. Cependant, lorsque nous invoquons Son Nom, nous entrons dans la même Présence du Christ et recevons la même grâce.
Par conséquent, si nous sommes privés de la liturgie, nous avons toujours son nom, nous ne sommes pas privés du Seigneur.
De plus, nous avons aussi sa parole, en particulier son évangile. Si sa parole demeure continuellement dans notre cœur, si nous l'étudions et la prions, si elle devient notre langue avec laquelle nous parlons à Dieu comme il nous a parlé, alors nous aurons à nouveau la grâce du Seigneur. Car ses paroles sont des paroles de vie éternelle (Jean 6:68), et le même mystère est accompli, nous recevons sa grâce et nous sommes sanctifiés. De plus, chaque fois que nous montrons de la bonté à nos frères, le Seigneur l’agrée, il considère que nous l'avons fait en son nom et il nous récompense. Nous faisons preuve de bonté envers nos frères et le Seigneur nous récompense de sa grâce. C'est une autre façon dont nous pouvons vivre dans la Présence du Seigneur.




samedi 11 avril 2020

Veillée pascale

L'annonce solennelle de Pâques - Exultet !


Pâques à Jérusalem près du tombeau vide



O filii et filiae - Cathédrale Notre-Dame de Paris



Samedi Saint

Le saint Suaire de Turin. A gauche, on reconnait le visage du Seigneur et ses bras croisés sur son buste.


Le Saint Suaire par la voix du pape Pie XI
par la prière indulgenciée suivante (ind. plénière le 4 mai, fête du saint Suaire)

Prière indulgenciée

Ô Seigneur, vous qui avez daigné laisser les traces de votre présence en ce monde et les gages indéniables de votre amour sur le très saint linceul dans lequel votre Corps adorable fut enveloppé lorsqu’on le descendit de la Croix ;
Ah ! par les mérites de votre Passion, et en considération de ce vénérable linge qui a servi à votre sépulture, faites-nous la grâce que, lorsque viendra le jour de la résurrection, nous devenions participants de cette gloire dans laquelle vous vivez éternellement. Ainsi soit-t-il !


L'ensevelissement du Sauveur
Après l’ostension solennelle du saint Suaire en 1932, le pape Pie XI, dans un bref du 23 mars 1934, a accordé une indulgence plénière selon les termes suivants : 
« Est accordée l’indulgence plénière pour le jour du 4 mai, fête du saint Suaire, et deux autres jours à leur choix pendant l’année, aux fidèles qui, s’étant confessés et ayant communié selon les intentions du souverain Pontife, vénéreront dévotement la relique ou l’image du saint Suaire en récitant la prière ci-dessus.
« De plus, indulgence de 500 jours chaque fois que l’on récitera la même prière avec un cœur contrit. »

Par cette prière indulgenciée, l’Église a donc proclamée comme authentique la relique insigne du saint Suaire. C’est bien l’image de Notre Seigneur Jésus-Christ qui s’est imprimée miraculeusement sur ce linge, preuve miraculeuse de la Résurrection.

Mise au tombeau, église d'Amboise.


vendredi 10 avril 2020

Vendredi Saint


Icône du Mandylion, la sainte Face du Seigneur.
Dans la tradition orientale, cette image correspond à la Sainte Face du Christ sur le saint Suaire de Turin.
Hymne ancienne

Lorsque de la Croix te descendit
mort, Toi la Vie de tout être, 
cet homme d’Arimathie t’embaumant de myrrhe, ô Christ, t’entoura d’un linceul. 
Et dans un grand élan d’amour, 
de cœur et des lèvres 
Le Christ en Croix. Voici l'Agneau de Dieu,
le Roi de l'univers, crucifié par amour pour nous.
il désirait embrasser ton corps immaculé. 
Mais il hésitait dans sa crainte
 et te criait dans l'allégresse : Gloire à ta condescendance, ô Ami des hommes ! 

Le Seigneur règne, il s'est revêtu de beauté : le Seigneur s'est revêtu de puissance, et il s'en est ceint.

Lorsque tu as été déposé
dans un tombeau neuf, pour le monde,
Toi, le Rédempteur de tous, 
l’Enfer, déjoué, était effrayé on te voyant ; 
les verrous ont été brisés,
fracassées les portes, 
les tombeaux se sont ouverts, les morts ressuscitaient. 
Alors, Adam, en gratitude, 
te criait, dans son allégresse : 
Gloire à ta condescendance, ô Ami des hommes ! 

Car il a affermi l'univers, qui ne sera pas ébranlé.

Descente de Croix, icône contemporaine
 Lorsque de plein gré, tu fus cloîtré 
corporellement dans la tombe, 
Toi qui, divinement, demeures 
indescriptible et indéterminé, 
tu as complètement fermé 
de la mort les demeures 
et, de l’Enfer, as vidé tous les royaumes, ô Christ. 
Et tu rendis ce Sabbat digne de la bénédiction divine 
ainsi que de ta gloire et de ta splendeur.
À ta maison convient la sainteté, Seigneur, pour la longue suite des jours. 

 Lorsque les Puissances te voyaient 
 calomnié par des iniques, 
ô Christ, comme un imposteur, 
tremblaient face à ton indicible longanimité, 
en voyant aussi au tombeau
scellée cette pierre
par les mains qui ont percé ton côté immaculé. 
Or, face à notre Salut même, elles criaient dans l'allégresse : 
Gloire à ta condescendance, ô Ami des hommes ! 

 Toi qui te revêts de la lumière comme d’un manteau
 Joseph te descendit de la Croix, avec Nicodème.
 et, te voyant mort, nu et sans tombeau, 
plein de compassion, il entonna un chant funèbre 
disant dans ses lamentations : 
Le Christ mis au tombeau adoré par les Anges.
Hélas, ô mon très doux Jésus ! Tout à l’heure, le soleil, te voyant suspendu à la croix
s’est couvert de ténèbres, 
la terre a chancelé de peur, 
et le voile du temple s’est déchiré. 
Mais maintenant je vois que tu as subi la mort volontairement pour moi. 
Comment vais-je t'ensevelir, ô mon Dieu ? 
Comment dans un linceul t'envelopperai-je ? De quelles mains toucherai-je ton corps très pur ?
Et quels chants te chanterai-je, 
en ton exode, ô Très Tendre ? 
Je magnifie tes Souffrances,
je psalmodie ta Sépulture et ta Résurrection, 
et je crie : Ô Seigneur, gloire à Toi !


"Arrivés en un lieu-dit Golgotha, c'est-à-dire Lieu-du-Crâne, ou Calvaire..." (Mat 27,33)



jeudi 9 avril 2020

Jeudi Saint

Solennité de l'institution du Sacerdoce et de la divine Eucharistie


Motet « Ecce festivitas amoris »

Quand Jésus descend sur l'autel dans la divine
Eucharistie, c'est le Ciel qui s'invite sur la terre.
Voici la fête de l’amour
c’est donc un jour de joie
et de larmes.
Le Corps du Christ nous est donné,
c’est donc un jour de joie.
Nous nous souvenons des peines.
Voici la mémoire de la Passion.
O amour !
O douleur !
Je crains !
Je suis stupéfait !
Voici le jour de joie.
O doux miel !
Voici la mémoire de la Passion.
O herbe amère !
Cette stupéfaction ne suscite pas de parole, mais le silence.
Voici la fête de l’amour,
voici la mémoire de la Passion.





mercredi 8 avril 2020

Mercredi Saint : Judas, c'est aussi moi !

Judas vendant son Seigneur, icône contemporaine
de Maxim Sheshukov

Du défunt Père orthodoxe Séraphim Rose

Et Jésus étant à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme s'approcha de lui, ayant un vase d'albâtre plein d'un parfum de grand prix, et le lui répandit sur la tête pendant qu'il était à table. 
Et ses disciples, voyant cela, en furent indignés et dirent: A quoi bon cette perte? Car on pouvait vendre bien cher ce parfum, et en donner l'argent aux pauvres.
Mais Jésus, connaissant cela, leur dit: Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? car elle a fait une bonne action à mon égard. Vous aurez toujours des pauvres avec vous; mais vous ne m'aurez pas toujours; Et si elle a répandu ce parfum sur mon corps, elle l'a fait pour ma sépulture. Je vous dis en vérité que, dans tous les endroits du monde où cet Évangile sera prêché, ce qu'elle a fait sera aussi raconté, en mémoire d'elle. 
Alors l'un des douze, appelé Judas l'Iscariote, s'en alla vers les principaux sacrificateurs, et leur dit: Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? Et ils lui comptèrent trente pièces d'argent. Et dès lors il cherchait une occasion favorable pour le livrer. (Evangile selon saint Matthieu 26:6-16)

Dans ce passage de l'Ecriture, nous lisons comment, comme notre Seigneur a préparé Sa Passion, une femme est venue et L'a oint d'une onction très précieuse; et c'est très touchant de voir comment notre Seigneur a accepté un tel amour de la part de gens simples. Mais en même temps, Judas, l'un des douze qui étaient avec lui, vit cet acte et quelque chose dans son cœur changea. C'était apparemment la «goutte qui fit déborder le vase», parce que Judas était responsable de l'argent et il pensait que c'était un gaspillage d'argent. 

La trahison de Judas et la guérison
miraculeuse de Malchus, par Jean Bourdichon
Nous pouvons même voir les processus logiques se dérouler dans son esprit. Nous pouvons l'entendre penser ainsi concernant le Christ: "Je pensais que cet homme était quelqu'un d'important. Il gaspille de l'argent, Il ne fait pas les choses correctement, Il pense qu'Il est si important..." et toutes sortes de petites idées similaires que le Diable met dans son esprit. Et avec sa passion (sa passion principale était l'amour de l'argent), il fut attrapé par le Diable et fut prêt à trahir le Christ. Il n'a pas voulu le trahir; il voulait simplement de l'argent. Il ne veillait pas sur lui-même et ne crucifiait pas ses passions.

N'importe qui d'entre nous peut être exactement dans cette position. Nous devons regarder dans nos cœurs et voir quelle passion en nous sera démoniaque pour nous amener à trahir le Christ. Si nous pensons que nous sommes quelque chose de supérieur à Judas - qu'il était une sorte de «taré» et nous ne le sommes pas - nous nous trompons tout à fait

Comme Judas, chacun d'entre nous a des passions dans son cœur. Regardons les donc. Nous pouvons être attrapés avec amour pour la propreté, avec amour pour la correction, avec amour pour le sens de la beauté: toutes nos petites fautes auxquelles nous nous accrochons peuvent être une chose avec laquelle le Diable peut nous attraper. Étant pris, nous pouvons commencer à justifier cette condition «logiquement» - sur la base de notre passion. Et à partir de ce processus de pensée «logique», nous pouvons trahir le Christ, à moins que nous ne nous surveillions et que nous ne réalisions que nous sommes remplis de passions, que chacun de nous est potentiellement un Judas. Par conséquent, lorsque l'occasion se présente - quand la passion commence à opérer en nous et commence logiquement à se développer de passion en trahison - nous devrions nous arrêter là et dire: "Seigneur, aie pitié de moi, pécheur !"

Nous ne devons pas regarder la vie à travers les lunettes de nos passions, ni voir comment nous pouvons «adapter» la vie à ce que nous aimerions qu'elle soit - que ce soit une vie où règne la paix et la tranquillité ou bien où il y a beaucoup de bruit et d'excitation. Si nous essayons de rendre la vie "comme ça", il en résultera une catastrophe totale

La fin de Judas
En regardant la vie, nous devrions accepter toutes choses qui nous arrivent comme la Providence de Dieu, sachant qu'elles sont destinées à nous réveiller de nos passions. Nous devrions prier Dieu de nous montrer quelque chose de Dieu que nous pouvons faire. Quand nous acceptons ce qui nous arrive, nous commençons à être comme la femme simple de l'Evangile qui a entendu l'appel de Dieu et qui a ainsi pu être Sa ministre. Elle a été proclamée aux extrémités du monde, comme le dit notre Seigneur, à cause de la simple chose qu'elle a faite - répandre l'onguent sur Lui. Soyons comme elle: sensibles à regarder les chants de Dieu autour de nous. Ces signes viennent de partout: de la nature, de nos semblables, d'un apparent hasard d'événements... Il y a toujours, chaque jour, quelque chose qui nous indique la volonté de Dieu. Nous devons être ouverts à cela.

Une fois que nous devenons plus conscients des passions en nous et commençons à nous battre contre elles, nous ne les laisserons pas commencer le processus qui a été vu chez Judas. Judas est parti d'une toute petite chose: se préoccuper du bon usage de l'argent. Et à partir de choses si minimes, nous trahissons le Sauveur Dieu. Nous devons être sobres, ne pas voir l'accomplissement de nos passions autour de nous, mais plutôt l'indication de la volonté de Dieu: comment nous pourrions nous réveiller et commencer à suivre le Christ dans Sa Passion et sauver nos âmes.


mardi 7 avril 2020

Mardi Saint

Icône de la Passion du Seigneur :
la flagellation, les outrages, le portement
de la Croix et la crucifixion.

Prière de Saint Cyrille de Jérusalem

Débarrasse-toi de toute préoccupation humaine car tu joues ton âme. Tu laisses entièrement de côté ce qui est du monde ; ce que tu laisses de côté est petit, grands au contraire sont les Dons du Seigneur.
Quitte le présent et crois en l’avenir. De tant d’années tu as parcouru la carrière sans arrêter tes vains travaux d’ici-bas, et tu ne peux t’arrêter quarante jours pour t’occuper de ta propre fin ? : « Arrêtez-vous et sachez que moi, je suis Dieu », dit l’Écriture (Ps 45, 11).

Renonce au flux de paroles inutiles ; ne médis pas ; n’écoute pas non plus volontiers le médisant, mais sois plutôt prêt à prier. Montre dans l’ascèse la vitalité de ton cœur. Purifie ce réceptacle pour recevoir une grâce plus abondante.

Car la rémission des péchés est également donnée à tous, mais la participation à l’Esprit Saint est accordée selon la mesure de la foi de chacun. Si tu te donnes peu de mal, tu recueilles peu ; si tu travailles beaucoup, important sera ton salaire. Tu cours pour toi-même ; veille à ton intérêt. Amen.


lundi 6 avril 2020

Lundi Saint : l'onction de Béthanie

Lampe de sanctuaire de Notre-Dame du Laus

Dans la basilique, près de l’autel de la chapelle de Bon-Rencontre où Marie est apparue à Benoîte, une lampe brûle en permanence, alimentée par de l’huile, pour indiquer la présence réelle de Jésus dans le tabernacle :
« La bonne Mère dit à Benoîte, au commencement de la dévotion, que l’huile de la chapelle, si on en prend et que l’on s’en applique, si on recourt à son intercession et que l’on ait la foi, qu’on guérira. » (Pierre Gaillard, vicaire général du diocèse de Gap, contemporain de Benoîte.

Marie nous propose de poser un acte de foi et de confiance en Dieu avec l’aide de cette huile ordinaire qui a brûlé devant la présence eucharistique de Jésus. A travers ce geste de prière, nous exprimons nos demandes au Seigneur, en passant par la Vierge Marie.
L’onction nous aide à ouvrir notre cœur à l’action de l’Esprit-Saint pour recevoir, en réponse à notre prière, les grâces visibles ou cachées de guérison spirituelle ou physique que le Seigneur veut nous accorder dans son amour.
Le sanctuaire reçoit de très nombreux témoignages de personnes affirmant qu’elles ont été soulagées dans leurs douleurs, parfois guéris de leur misères physiques, morales, spirituelles, après avoir prié et utilisé de l’huile de la lampe du sanctuaire.
La vénérable Benoite Rencurel devant la sainte Vierge Marie
Pour recevoir un flacon contenant de l’huile du Laus, il vous suffit de contacter le sanctuaire. À réception du colis ou dès maintenant, vous êtes invités à faire une offrande libre. À titre indicatif, la préparation et l’envoi de l’huile représentent un coût de 6 €. Merci de votre offrande. Le délai moyen de réception de l’huile est d’environ 3 semaines :
Sanctuaire Notre-Dame du Laus - 05 130 Saint-Etienne-le Laus

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’Homme de Dieu », partie II, chap. 5

Ampoule d'huile des malades
Mais voici comment cette guérison miraculeuse arriva.
La Mère des Anges étant à l’extrémité, saint Joseph lui parut visiblement comme dans une nuée d’or, l’ange gardien de la Mère se faisant voir à elle en même temps sous la forme d’un jeune homme d’à peu près de dix-huit ans et d’une beauté admirable, tenant en sa main un flambeau allumé qui lui semblait être comme de cire blanche ; ensuite saint Joseph s’approcha d’elle, lui fit une onction par trois fois à l’endroit du côté où la pleurésie était formée avec une liqueur sacrée et, en un instant comme il a été remarqué, cette bonne Mère fut entièrement guérie.
Il resta cinq gouttes de cette sacrée liqueur sur un linge que j’ai eu la grâce de voir et de toucher, et c’est une chose incroyable de voir combien de miracles la toute-puissance de Dieu a opérés par ce linge ainsi teint de la sainte onction, comme nous allons le dire par la suite de ce chapitre.
Dieu, dont les bontés sont infinies, comme l’enseigne saint Augustin, ne permet jamais un mal que pour un bien et ainsi, si par une secrète conduite de sa divine providence il a permis aux démons de posséder les religieuses ursulines de Loudun, il ne l’a fait que pour en tirer sa gloire et le bien de ces âmes.

vitrail du pélican mystique
De Saint Cyrille de Jérusalem, Deuxième catéchèse mystagogique, extraits.

Aussitôt entrés à l’intérieur du baptistère, vous avez dépouillé votre tunique, et ce geste était l’image du dépouillement du vieil homme avec ses actions. Dépouillés, vous étiez nus, imitant ainsi le Christ qui était nu sur la croix et qui, par sa nudité, a dépouillé les principautés et les puissances, et, avec pleine assurance, les a traînées sur le bois dans son cortège triomphal. Et puisqu’en vos membres faisaient leur repaire les puissances adverses, il ne vous est plus permis de porter la vieille tunique en question; je ne parle pas de ce vêtement visible, mais du vieil homme qui se corrompt dans les convoitises trompeuses. Puisse-t-elle ne pas le revêtir à nouveau, l’âme qui l’a une fois dépouillé ! Qu’elle dise plutôt avec l’Épouse du Cantique : « J’ai dépouillé ma tunique, comment la remettrais-je ? ». O merveille ! Vous étiez nus à la vue de tous, et vous n’en rougissiez pas ! Vous portiez vraiment la ressemblance d’Adam, le premier homme, qui dans le paradis, était nu et n’en rougissait pas.
Ensuite, ainsi dévêtus, vous avez été oints d’huile exorcisée, depuis les cheveux du haut de la tête jusqu’au bas du corps, et vous êtes devenus participants de l’olivier franc, Jésus-Christ. Détachés de l’olivier sauvage, vous avez été greffés sur l’olivier franc, et vous êtes devenus participants de la sève du véritable olivier. L’huile exorcisée symbolisait donc la participation à la sève du Christ, elle met en fuite toute trace de la puissance adverse. Car de même que le souffle des saints et l’invocation du nom de Dieu, comme une flamme très ardente, brûle et chasse les démons, de même aussi, cette huile exorcisée, par l’invocation de Dieu et la prière, reçoit une telle force que non seulement elle purifie en les brûlant les traces de nos péchés, mais qu’elle met encore en fuite toutes les puissances invisibles du Malin.


Saintes huiles : l'huile des catéchumènes, le Saint Chrême, l'huile des malades

dimanche 5 avril 2020

Les Rameaux, aujourd'hui, à Jérusalem

Dimanche des Rameaux

Message de S. Exc. R. Mgr Pierbaptista Pizzaballa,

administrateur apostolique du Patriarcat de Jérusalem,
5 avril 2020

Chers amis,

Aujourd'hui, nous n'avons pas célébré l'entrée solennelle et magnifique de Jésus dans la ville de Jérusalem comme nous le faisons chaque année, avec des fidèles de toutes les paroisses du diocèse et des pèlerins du monde entier.
Nous n'avons pas levé nos palmes et nos rameaux d’oliviers pour crier « Hosanna » à notre Roi, Jésus-Christ. Les rues qui, en ce jour, seraient pleines de monde et de chants, d'hymnes et de cornemuses sont vides et silencieuses.

Que nous dit le Seigneur ? Pourquoi tout cela ? Que pouvons-nous faire dans ces moments dramatiques pour la vie du monde et pour la nôtre ?
Les habitants de Jérusalem ont accueilli Jésus avec enthousiasme, le reconnaissant comme Roi, comme le Messie attendu, comme celui qui allait enfin recevoir leurs prières.
Mais Jésus sait et l'Evangile nous dit que rien n'est si simple. Nous savons qu'il est venu à Jérusalem, non pas pour être intronisé comme David, mais pour être tué. Le sens que Jésus donne à son « entrée triomphale » est différent de celui que les habitants de Jérusalem y ont vu. C'est peut-être la leçon que Jésus veut nous donner aujourd'hui. Nous nous tournons vers Dieu quand quelque chose nous fait mal. Lorsque nous sommes en difficulté, nous voulons soudain tous poser les grandes questions difficiles.
En d'autres termes, nous voulons que Jésus devienne le genre de roi et de messie qui résout nos problèmes : la paix, le travail, la vie de nos enfants ou de nos parents, une aide, en bref, les situations difficiles que nous traversons. Nous voulons qu'il nous sauve du Corona Virus, que tout redevienne comme avant...

Bien sûr, nous savons que Jésus répond à nos prières et n’exige pas que nos motivations soient pures. Il est venu chercher et sauver les pêcheurs. Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Mais en même temps, Jésus répond à sa manière. Précisément parce que Jésus dit « oui » à nos désirs les plus profonds, il devra dire « non » à nos désirs immédiats.

Les habitants de Jérusalem voulaient un prophète, mais ce prophète leur a dit que leur ville était sous le jugement imminent de Dieu. Ils voulaient un Messie, mais celui-ci va être intronisé sur une croix païenne. Ils voulaient être sauvés du mal et de l'oppression, mais Jésus va les sauver du mal dans toute sa profondeur, et pas seulement du mal de l'occupation romaine et de l'exploitation par les riches.
L'histoire de la grande entrée à Jérusalem, en somme, est une leçon sur l'écart entre nos attentes et la réponse de Dieu.
La foule sera déçue, car Jésus ne répondra pas à ses attentes de salut immédiat. Mais au fond, il ne va pas en être ainsi : l'entrée de Jésus à Jérusalem est vraiment le moment où le salut naît. Les « Hosanna » étaient justifiées, mais pas pour les raisons que les habitants de Jérusalem avaient supposées. Apprendre cette leçon, c'est faire un grand pas vers la vraie foi chrétienne.

Peut-être sommes-nous nous aussi déçus, car nos prières ne sont pas entendues, nos attentes restent sans réponse apparente. Il semble que Dieu ne nous écoute pas. Reconnaissons-le : nous sommes encore loin de cette foi simple et pure, la foi des pauvres. Nous voudrions, nous voulons que notre vie change, ici et maintenant, et non pas dans un avenir vague ou dans l'au-delà. Nous voulons un Dieu tout-puissant et fort, nous voulons avoir foi en un Dieu qui nous donne certitude et sécurité. Puisse-t-il nous calmer dans cette mer de craintes et d'incertitudes dans laquelle nous nous trouvons maintenant.
L'Évangile nous dit cependant que la foi chrétienne est fondée sur l'espoir et l'amour, et non sur la certitude. Elle ne résoudra pas tous nos problèmes, elle ne nous donnera pas toutes les certitudes dont notre nature humaine a besoin, mais elle ne nous laissera pas seuls. Nous savons qu'Il nous aime.
A son passage, les gens de la foule étendirent leur manteau aux pieds de Jésus et l'accueillirent avec des branches d'olivier et les palmes coupées çà et là. Alors, malgré notre difficulté à comprendre, déposons, nous aussi, devant notre Messie le peu que nous avons, nos prières, nos besoins, notre besoin d'aide, nos pleurs, notre soif de Lui et de Sa parole de consolation. Nous savons qu’il nous faut purifier nos intentions, demandons-Lui aussi cette grâce, de comprendre ce dont nous avons vraiment besoin. Et ici, aujourd'hui, malgré tout, aux portes de Sa et de notre ville, redisons notre désir de vraiment l'accueillir comme notre Roi et notre Messie, et de le suivre sur son chemin vers son trône, la croix. Mais nous lui demandons aussi de nous donner la force de la porter comme lui, avec son amour fécond.

+Pierbattista