mardi 28 avril 2020

La joie dans l'épreuve


« Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon », par S.Exc. Mgr Matthieu, archevêque de Besançon

C’est à ce prodige d’humilité et d’acquiescement aux volontés de Dieu que la grâce élevait cette âme généreuse et le courage qu’elle lui communiquait est d’autant plus admirable que la violence de ses peines était de nature à l’abattre davantage et que pour me servir ici des expressions de M. Bosguérard, la sensibilité de son cœur, la vivacité de son imagination, et l’extrême délicatesse de son tempérament devaient les lui rendre plus pénibles à supporter. Aussi confiait-il quelquefois à ce fidèle ami qu’il souffrait excessivement et qu’il était tombé dans un abîme d’amertume et de douleur. Cependant au milieu de ces défaillances de la nature, rien n’altérait sa patience et ne troublait la sérénité de ses traits. Il paraissait toujours aussi doux aussi affable aussi facile à aborder et à entretenir.
 
~ Si les souffrances de Boudon ne furent point capables d’altérer la paix qu’il trouvait dans ses pieuses communications avec Dieu, elles ne purent non plus le plonger dans cet abattement et cette préoccupation qui dans les grandes traverses ôtent souvent la force et la présence d’esprit nécessaire pour bien s’acquitter des emplois qu’on est appelé à remplir. Quelque opposition qu’il trouvât dans l’accomplissement de ses devoirs, il s’y livra toujours avec autant d’exactitude, d’application et de fermeté que si rien n’avait traversé les efforts de son zèle.

Ce fut surtout dans ses fonctions de grand archidiacre qu’il eut à supporter des contradictions plus pénibles et à se roidir contre une résistance plus marquée à tous ses desseins. ~ L’humble Boudon s’appelait volontiers le néant de rien ; il se mettait facilement au-dessous de tous les hommes et recevait avec joie leurs injustices et leurs outrages.

Mais comme prêtre, comme archidiacre, comme élevé par Dieu-même dans un emploi qui concernait l’honneur de sa religion et l’intérêt de son culte, il se croyait obligé de faire respecter en lui le caractère du Maître qu’il servait et l’autorité dont il l’avait revêtu. Il se considérait comme un de ces gardes établis sur les murs de Jérusalem et qui ne doivent jamais se taire comme un de ceux qui marchent devant le Seigneur et devant ses saints, pour leur préparer leurs voies et pour donner connaissance au peuple de la science du salut ; et s’il croyait que l’amour d’un Dieu qui a visité les hommes dans sa miséricorde devait être son modèle et sa règle, il était persuadé aussi qu’il devait travailler avec le même zèle que ce divin modèle, non seulement à la réforme du clergé et à son avancement dans le culte de Dieu, mais encore à l’instruction des peuples et à leur avancement dans la vertu.


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