jeudi 17 février 2022

Prendre soin de soi


Saint François de Sales,
Introduction à la vie dévote

 

Il n’y a point d’horloge, pour bonne qu’elle soit, qu’il ne faille remonter ou bander deux fois le jour, au matin et au soir ; et puis, outre cela, il faut qu’au moins une fois l’année, l’on la démonte de toutes pièces, pour ôter les rouillures qu’elle aura contractées, redresser les pièces forcées et réparer celles qui sont usées. Ainsi celui qui a un vrai soin de son cœur, doit le remonter en Dieu au soir et au matin [...] ; et outre cela, il doit plusieurs fois considérer son état, le redresser et accommoder ; et enfin, au moins une fois l’année, il le doit démonter, et regarder par le menu toutes les pièces, c’est-à-dire toutes les affections et passions d’icelui, afin de réparer tous les défauts qui y peuvent être.

Et comme l’horloger oint avec quelque huile délicate les roues, les ressorts et tous les mouvants de son horloge, afin que les mouvements se fassent plus doucement et qu’il soit moins sujet à la rouillure, ainsi la personne dévote, après la pratique de ce démontement de son cœur, pour le bien renouveler, le doit oindre par les sacrements de confession et de l’Eucharistie.

Cet exercice réparera vos forces abattues par le temps, échauffera votre cœur, fera reverdir vos bons propos et refleurir les vertus de votre esprit.

 

lundi 14 février 2022

Hors de l'Eglise, point de Salut


De Saint Cyprien de Carthage

Ceux qui ne sont pas dans l'Église du Christ ne sauraient être qualifiés réellement de 'Chrétiens.' De même que vous ne sauriez avoir Dieu pour Père si vous n'avez l'Église pour Mère. Dès lors, hors de l'Église, il n'y a pas de Salut.



vendredi 11 février 2022

Fête de Notre-Dame de Lourdes - Journée mondiale de prière pour les malades


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 217

Je ne sais comment je suis de ma santé : ce que je mange je le digère bien & cependant je suis dans une faiblesse étrange. En vérité, Monsieur, notre secours est au Nom du Seigneur qui a fait le ciel & la terre : du côté des moyens humains je n’en vois guères, ou plutôt je n’en vois point, mais enfin Dieu seul en trois Personnes dans l’union sacrée du Cœur de notre bon Sauveur Jésus-Christ.

 

jeudi 10 février 2022

Ste Scholastique, sœur de S. Benoit de Nursie

 


Extrait des Dialogues, de S. Grégoire le Grand, chap. XXXIII - Le ciel vient au secours de sainte Scholastique pour empêcher saint Benoît d'interrompre un entretien.

1. Grégoire : Qui donc, Pierre, sera plus sublime en cette vie que Paul, lequel, par trois fois, pourtant, a prié le Seigneur pour être délivré de l'aiguillon dans sa chair, et cependant il ne put obtenir ce qu'il voulait ? A ce propos, il faut que je te raconte ce qui est arrivé au vénérable Père Benoît, car il y a une chose qu'il voulut faire mais qu'il ne put accomplir.

2. En effet sa sœur, qui s'appelait Scholastique, consacrée au Dieu tout-puissant depuis sa plus tendre enfance, avait pris l'habitude de venir vers lui une fois par an et l'homme de Dieu descendait vers elle, au-delà de la porte, mais pas loin, dans la propriété du monastère. Or, un certain jour, elle vint comme à l'accoutumée et son vénérable frère, accompagné de ses disciples, vint vers elle. Ils passèrent tout le jour dans les louanges de Dieu et dans de saints entretiens et, tandis que les ténèbres de la nuit commençaient à s'étendre sur la terre, ils prirent ensemble leur nourriture. Comme ils étaient encore à table et que leurs saints entretiens se prolongeaient, l'heure se faisant plus tardive, la sainte moniale, sa sœur, lui fit cette demande : "Je t'en prie, ne me laisse pas cette nuit, mais reste jusqu'au matin pour que nous puissions parler encore des délices de la vie céleste. Il lui répondit : "Que dis-tu là, ma sœur ? Passer la nuit hors de la cellule ! Je ne le puis nullement."

3. Or la sérénité du ciel était telle qu'aucun nuage n'apparaissait dans les airs, mais la sainte femme de moniale, après avoir entendu les paroles négatives de son frère, joignit ses doigts, posa les mains sur la table et elle s'inclina, la tête dans les mains, pour prier le Seigneur Tout-puissant. Comme elle relevait la tête de dessus la table, éclairs et tonnerre éclatèrent avec une telle force et l'inondation fut telle que ni le vénérable Benoît, ni les frères qui l'accompagnaient ne purent mettre le pied dehors et franchir le seuil du lieu où ils siégeaient. C'est que voilà ! La sainte moniale, en inclinant la tête dans ses mains, avait répandu sur la table des fleuves de larmes qui, dans un ciel serein, avaient attiré la pluie. Et ce n'est pas un peu plus tard, après la prière, que l'inondation s'ensuivit mais il y eut une telle concomitance entre prière et inondation qu'elle leva la tête de la table alors que le tonnerre éclatait déjà, à tel point que lever la tête et faire tomber la pluie, cela se produisit en un seul moment.

4. Alors, au milieu des éclairs, du tonnerre et de cette formidable inondation de pluie, voyant qu'il ne pouvait retourner au monastère, contrarié, il commença à se plaindre en disant : "Que le Dieu Tout-puissant te pardonne, ma soeur, qu'as-tu fait là ?" Elle lui répondit : " Eh bien, voilà ! Je t'ai prié et tu n'as pas voulu m'écouter. J'ai prié mon Seigneur et lui m'a entendu. Maintenant, si tu le peux, sors donc, abandonne-moi et retourne à ton monastère." ... Mais ne pouvant quitter l'abri du toit, lui qui n'avait pas voulu rester spontanément, demeura sur place malgré lui et ainsi se fit-il qu'il passèrent toute la nuit à veiller et que dans un échange mutuel, ils se rassasièrent de saints entretiens sur la vie spirituelle.

5. Je t'avais bien dit qu'il avait voulu une chose mais n'avait pu l'accomplir, car si nous considérons l'état d'esprit de cet homme vénérable, il est hors de doute qu'il aurait désiré ce temps serein qu'il avait eu pour descendre, mais à l'encontre de ce qu'il voulait, il se trouva confronté à un miracle sorti d'un cœur de femme avec la force du Dieu tout-puissant. Pas étonnant qu'en cette circonstance, une femme qui désirait voir longuement son frère ait prévalu sur lui. En effet, selon la parole de saint Jean : "Dieu est amour", c'est par un juste jugement que celle-là fut plus puissante qui aima davantage.

Pierre : Je l'avoue, ce que tu dis là me plaît beaucoup.

 

XXXIV - Montée au ciel de sainte Scholastique.

 

1. Or, comme le lendemain, la vénérable femme retournait à sa propre cellule, l'homme de Dieu revint au monastère. Et voici que, trois jours après, étant en cellule, levant les yeux au ciel, il vit l'âme de sa sœur, sortie de son corps, pénétrer sous la forme d'une colombe dans les secrets du ciel. Et lui, se réjouissant pour elle d'une si grande gloire, rendit grâces au Dieu Tout-puissant avec hymnes et louanges et il fit part de sa mort aux frères.

2. Puis il les dépêcha pour faire venir son corps au monastère et le placer dans la sépulture qu'il s'était préparée pour lui-même. De la sorte, il arriva que ceux dont l'esprit avait toujours été uni en Dieu sur la terre, ne furent pas séparés corporellement même dans la tombe.



lundi 7 février 2022

L'homme à genoux, demandant pardon, est plus grand que les Anges


D’un prêtre orthodoxe, le P. Seraphim Romantsov (+ 1976), confesseur du désert de Glinsky

Les anges ont tendance à ne jamais chuter et à ne jamais se repentir. Satan a tendance à chuter et à ne jamais se lever.

Mais un humain peut chuter et se relever, pécher et se repentir. Aide-nous, Seigneur, à parcourir ce chemin avec humilité et prière.

 

 

vendredi 4 février 2022

Ste Jeanne de France


Sainte Jeanne de Valois (1464-1505), Reine de France et Fondatrice de l'Ordre de la Vierge Marie, dit de l'Annonciade

Jeanne de France (ou de Valois) naquit le 24 avril 1464, de la race de Saint Louis. Son père, Louis XI avait providentiellement préparé les voies à la future fondatrice de l'Annonciade, en instituant en l'honneur de la Vierge de l'Annonciation, Pacificatrice souveraine, les sonneries de l'Angélus.

 

Délaissée par son père, séparée de sa mère, elle apprit de bonne heure à comprendre toutes les souffrance et à la rendre surnaturellement fécondes. Après la reconnaissance en nullité de son mariage par le Saint Siège avec Louis XII (sous la contrainte), à qui elle n'avait cessé de prodiguer les témoignages touchants de son fidèle dévouement, elle consacra sa charité à la prospérité matérielle et spirituelle, dans l'administration de son Duché de Berry et par la fondation de l'Ordre de la Vierge Marie.

 

La Règle de cet Ordre, rédigée avec l'aide du Bienheureux Gabriel-Maria, franciscain, établit chacun de ses dix chapitres sur un passage de l'Evangile relatif à la Mère du Sauveur et offre à l'imitation des religieuses dix Vertus de la Vierge Marie qui résument toutes ses perfections : la Pureté, la Prudence, l'Humilité, la Foi, la Piété, l'Obéissance, la Pauvreté, la Patience, la Charité, la Compassion.

 

L'Ordre, très florissant jusqu'à la Révolution Française a vu renaître plusieurs de ses monastères, dont deux en France, l'un à Villeneuve sur Lot et l'autre à Thiais.

 

Le tombeau de Jeanne devint bien vite le but d'un pèlerinage fréquenté, et le Pape Benoît XIV, faisant droit à la dévotion populaire, confirma et approuva le culte public rendu à la bienheureuse. La célébration de sa fête fut autorisée pour toute la France par Pie VI, qui proclama l'héroïcité de ses vertus. Mais la Révolution Française interrompit le procès de canonisation, qui fut repris conformément aux désirs de beaucoup de prélats et de fidèles, avec la bienveillance de Rome.

 

Sainte Jeanne fut un jour favorisée d'une vision au cours de laquelle le Divin Maître lui fit don de Son propre Cœur. La France a besoin plus que jamais de l'aide céleste. Sainte Jeanne de France, servante privilégiée de l'Immaculée, restauratrice de l'Ordre de la Paix doit être comptée avec Jeanne d'Arc, parmi les protecteurs nationaux les plus clairement providentiels que l'Eglise puisse proposer à notre confiance. Elle a été canonisée en 1950.

 

Oraison

 Faites, nous Vous en prions, Seigneur, que nous imitions ce que nous honorons, de sorte que nous apprenions à aimer les vertus de Jésus et de Marie, en célébrant la mémoire de Sainte Jeanne de France, mère des vierges Annonciades, exemple parfait pour nous des vertus de ces très saints modèles. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.



mercredi 2 février 2022

Chandeleur, fête de la Présentation du Seigneur au Temple


Dom Guéranger, « L’année liturgique »

Enfin les quarante jours de la Purification de Marie sont écoulés, et le moment est venu où elle doit monter au Temple du Seigneur pour y présenter Jésus. Avant de suivre le Fils et la Mère dans ce voyage mystérieux à Jérusalem, arrêtons-nous encore un instant à Bethléem, et pénétrons avec amour et docilité les mystères qui vont s’accomplir.

La Loi du Seigneur ordonnait aux femmes d’Israël, après leur enfantement, de demeurer quarante jours sans approcher du tabernacle ; après l’expiration de ce terme, elles devaient, pour être purifiées, offrir un sacrifice. Ce sacrifice consistait en un agneau, pour être consumé en holocauste ; on devait y joindre une tourterelle ou une colombe, destinées à être offertes selon le rite du sacrifice pour le péché. Que si la mère était trop pauvre pour fournir l’agneau, le Seigneur avait permis de le remplacer par une autre tourterelle, ou une autre colombe.


Un second commandement divin déclarait tous les premiers-nés propriété du Seigneur, et prescrivait la manière de les racheter. Le prix de ce rachat était de cinq sicles, qui, au poids du sanctuaire, représentaient chacun vingt oboles. Marie, fille d’Israël, avait enfanté ; Jésus était son premier-né. Le respect dû à un tel enfantement, à un tel premier-né, permettait-il l’accomplissement de la loi ?

Si Marie considérait les raisons qui avaient porté le Seigneur à obliger les mères à la purification, elle voyait clairement que cette loi n’avait point été faite pour elle. Quel rapport pouvait avoir avec les épouses des hommes, celle qui était le très pur sanctuaire de l’Esprit-Saint, Vierge dans la conception de son Fils, Vierge dans son ineffable enfantement ; toujours chaste, mais plus chaste encore après avoir porté dans son sein et mis au monde le Dieu de toute sainteté ? Si elle considérait la qualité sublime de son Fils, cette majesté du Créateur et du souverain Seigneur de toutes choses, qui avait daigné prendre naissance en elle, comment aurait-elle pu penser qu’un tel Fils était soumis à l’humiliation du rachat, comme un esclave qui ne s’appartient pas à lui-même ?

Cependant, l’Esprit qui résidait en Marie lui révèle qu’elle doit accomplir cette double loi. Malgré son auguste qualité de Mère de Dieu, il faut qu’elle se mêle à la foule des mères des hommes, qui se rendent de toutes parts au Temple, pour y recouvrer, par un sacrifice, la pureté qu’elles ont perdue. En outre, ce Fils de Dieu et Fils de l’Homme doit être considéré en toutes choses comme un serviteur ; il faut qu’il soit racheté en cette humble qualité comme le dernier des enfants d’Israël. Marie adore profondément cette volonté suprême, et s’y soumet de toute la plénitude de son cœur.



lundi 31 janvier 2022

Préparons-nous à la Chandeleur et à la fête de la vie consacrée


Message de S. Jean-Paul II pour la 1ère journée de prière pour la vie consacrée

Très chers frères et sœurs, l'institution de cette journée en la fête de la Présentation du Seigneur au temple apportera, j'en suis certain, un appui à la mission de l'Eglise.

D'abord à la mission "ad gentes", afin que ceux qui n'ont pas encore connu le Christ puissent approcher son mystère d'Envoyé du Père. Ce mystère est révélé par l'existence de personnes qui par le don total d'elles-mêmes témoignent que le Christ est le Fils Unique, le Modèle insurpassable.

Je suis sûr aussi d'aider la nouvelle évangélisation. Elle est rendue possible et efficace grâce à des personnes qui, d'abord auto-évangélisées, peuvent présenter l'évangile dans sa plénitude et montrer le visage maternel de l'Eglise, servante des hommes et des femmes de notre temps.

Je suis également assuré d'apporter un soutien concret à la pastorale des Eglises particulières. Elles peuvent parfois être tentées comme Marthe, de considérer la mission surtout dans les nombreuses choses à faire et qui doivent être faites, bien sûr. Mais cette journée rappelle à tous que c'est en choisissant la part de Marie, qu'on peut porter des fruits abondants dans la vigne du Seigneur.

Que la Vierge Marie qui eut le très grand privilège de présenter au Père, Jésus Christ, son Fils Unique, comme une offrande pure et sainte, nous garde dans l'action de grâce envers le Seigneur pour le don de la vie consacrée et pour les merveilles qu'elle a accomplies pour le bien de toute l'humanité.

Du Vatican, le 6 janvier 1997


vendredi 28 janvier 2022

S. Thomas d'Aquin


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix », chap. 3

C’est cet amour si déréglé, et qui dans la vérité est une grande haine, qui porte à des extrémités que l’on aurait de la peine à croire. Car qui pourrait s’imaginer que ce fantôme d’amour allait jusqu’à procurer un malheur éternel comme nous le lisons de saint Thomas d’Aquin à qui l’on envoya une courtisane pour le corrompre afin de l’empêcher d’être religieux. Mais, ô mon Sauveur, qu’il est vrai que le monde ne connait point ; qu’il est vrai que vous n’êtes point du monde !

mardi 25 janvier 2022

Fête de la Conversion de S. Paul : prions pour la conversion de tous les coeurs

 




De saint Vincent de Lérins,

Communitorium, chap. 21



Je ne peux m'étonner assez de la folie de certains hommes, de l'impiété de leur compréhension aveugle, de la convoitise de l'erreur, telle que, ne se contentant pas de la règle de foi donnée une fois pour toutes, et reçue depuis les temps anciens, ils cherchent chaque jour une nouveauté après l'autre, et désirent constamment ajouter, changer, enlever, en religion, comme si la doctrine, "Que ce qui a été révélé une fois pour toutes" ne suffise plus et soit une règle terrestre et non une règle divine.

 


A quoi conduit le faux oecuménisme : la négation de l'Ecriture Sainte, de la Tradition apostolique, des Pères de l'Eglise et des saints.


lundi 24 janvier 2022

Saint François de Sales



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie III


Le grand remède aux tentations contre la foi, disait saint François de Sales, est de s’enfuir par la porte de la volonté et nullement par celle de l’entendement. C’est une grande tromperie que de vouloir raisonner sous prétexte de trouver quelque appui. Si l’on en demeure là, il sera facile au démon de vaincre ; mais la pure soumission d’esprit sans réflexions et sans raisonnements rendra l’âme victorieuse des diables et de toutes leurs tentations.

vendredi 21 janvier 2022

Le roi est mort, vive le roi !


Saint Pie X
, à Mgr Touchet, évêque d'Orléans, lors de la lecture du décret de béatification de Jeanne d'Arc, 13 décembre 1908

Vous direz aux français qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »

A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d'Israël : que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu.

Ce n'est pas un rêve, mais une réalité ; je n'ai pas seulement l'espérance, j'ai la certitude du plein triomphe.




lundi 17 janvier 2022

Notre Dame de Pontmain


Inviolata, integra et casta es Maria: Quae es effecta fulgida caeli porta.

Suscipe pia laudum praeconia. Te nunc flagitant devota corda et ora:

Nostra ut pura pectora sint et corpora. Tua per precata dulcisona:

Nobis concedas veniam per saecula. 

O benigna! O Regina! O Maria! Quae sola inviolata permansisti.


Tu es inviolée, intègre et chaste, ô Marie,
Toi qui es devenue la porte éclatante du Ciel.

Ô tendre et très chère Mère du Christ,
Accueille nos pieux chants de louange.

Nos cœurs et nos bouches te prient avec dévotion
pour que soient purs nos corps et nos âmes.

Par tes prières si douces
Obtiens-nous le pardon à jamais.

Ô bonne ! Ô Reine ! Ô Marie !
Toi qui seule es demeurée inviolée.



vendredi 14 janvier 2022

Naissance et renaissance sacramentelle du vénérable abbé Henri Marie Boudon


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 173

Vendredi 14 du mois (de janvier), fête du saint Nom de Jésus, est le jour de ma naissance & de ma renaissance par le saint Baptême car la divine Providence qui m’a fait différer les cérémonies sacrées jusqu’au 16 ou 26 de Mai (je ne saurais distinguer dans mon Baptistère lequel des deux chiffres cette divine Providence, dis-je) a voulu que je ne fusse pas un jour sans être à Jésus-Christ.

Ainsi, du côté de la divine Providence, toujours un accablement pour ainsi dire de grâces &, de mon côté, des infidélités & des ingratitudes inouïes sans que cependant elle se soit jamais lassée de me les continuer & augmenter, ce qui est étonnant & ce qui me doit confondre infiniment. En vérité, je mériterais que toutes les créatures s’élevassent contre moi, pour venger mes ingratitudes & mes rebellions envers notre commun Créateur ~ J’entre donc vendredi dans la 78e année de mon âge & de ma vie misérable. Oh Monsieur ! que ce ne soit plus pour vivre, mais pour continuer la vie de Jésus-Christ ~ Vivat, vivat, vivat !



mardi 11 janvier 2022

Prions sans cesse Dieu seul !



Saint Isaac le Syrien 

Dieu ne nous jugera pas sur la psalmodie, ni pour avoir négligé la prière, mais parce qu’en les abandonnant, nous avons ouvert notre porte aux démons.

 

dimanche 9 janvier 2022

Baptême du Seigneur - Théophanie au Jourdain


Homélie du IVe siècle pour l’Epiphanie
 

Jésus est venu vers Jean et a été baptisé par lui dans le Jourdain. Quels événements incroyables : le fleuve sans limites qui réjouit la Cité de Dieu, comment est-il lavé dans un peu d'eau ? La source incompréhensible qui fait jaillir la vie pour tous les hommes et qui n'a pas de fin a été recouverte par des eaux misérables et passagères ! Celui qui est présent partout, qui n'est absent de nulle part, celui qui est incompréhensible aux anges et invisible aux hommes, vient au baptême parce qu'il l'a bien voulu. ~

Et voilà que les cieux s'ouvrirent et qu'une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai mis tout mon amour. Le bien-aimé engendre l'amour et la Lumière immatérielle engendre la lumière inaccessible. ~

Cet homme est celui qu'on appelle le fils de Joseph, et il est « mon fils unique » selon l'essence divine : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Il a faim, et il nourrit des milliers hommes ; il peine, et il donne le repos à ceux qui peinent ; il n'a pas où reposer la tête, et il porte tout dans sa main ; il souffre, et il remédie aux souffrances ; il est souffleté, et il donne la liberté au monde ; son côté est transpercé, et il restaure le côté d'Adam.

Mais, je vous en prie, écoutez-moi attentivement : je veux remonter à la source de la vie et contempler la source d'où surgissent les guérisons. Le Père de l'immortalité a envoyé dans le monde son Fils immortel, son Verbe. Celui-ci est viens vers l'homme pour le laver dans l'eau et l'Esprit. Il le fait renaître pour rendre incorruptibles son âme et son corps ; il a éveillé en nous son souffle de vie, il nous a couvert d'une armure incorruptible. Si donc l'homme est devenu immortel, il deviendra Dieu aussi. Et s'il devient par l'eau et l'Esprit Saint après avoir reçu la nouvelle naissance par le baptême, il sera aussi cohéritier du Christ dans la résurrection des morts.

Proclame donc : « Venez, toutes les tribus des nations vers le bain de l'immortalité ! » ~ Cette eau, unie à l'Esprit, qui arrose le Paradis, qui féconde la terre, qui fait pousser les plantes et engendre les vivants. Pour tout dire en un mot, elle engendre l'homme à la vie en le faisant renaître, elle en qui le Christ a été baptisé, elle sur qui l'Esprit est descendu sous la forme d'une colombe. ~ 

Celui qui se plonge avec foi dans ce bain de la nouvelle naissance se sépare du démon et s'unit au Christ. Il renonce à l'ennemi et confesse que le Christ est Dieu. Il rejette l'esclavage et revêt la condition de fils adoptif. Il sort du bain, brillant comme le soleil, rayonnant de justice. Mais surtout il en remonte fils de Dieu et cohéritier du Christ.

À celui-ci, gloire et puissance, en même temps qu'à l'Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Amen.

 

samedi 8 janvier 2022

Sainte Famille de Nazareth, priez pour nous


Prière de la famille chrétienne, du vénérable Pape Pie XII

O Sainte Famille, Trinité de la terre, ô Jésus, Marie et Joseph, sublimes modèles et tuteurs des familles chrétiennes, nous recou­rons à vous, non seulement pour nous forti­fier dans la suave contemplation de vos aimables exemples, mais aussi pour implorer votre protection et vous promettre une cons­tante fidélité dans la voie que vous nous montrez.

Votre paix, votre inaltérable sérénité réconfortent nos esprits tourmentés parmi les angoisses d'une vie toujours plus com­pliquée et difficile, en nous montrant avec éloquence que c'est seulement dans les foyers ornés et enrichis des vertus domestiques que vous nous enseignez, que nos cœurs pourront trouver le repos et la félicité auxquels nous aspirons tant.

Mais comment cette tendre plante qu'est la famille pourra-t-elle se défendre de l'ar­deur des passions sans frein, des mouve­ments insidieux de révolte qui, pour ainsi dire, se glissent en tout lieu, de l'ouragan de la vie moderne, qui, dirait-on, veut tout bouleverser? Comment, sinon en faisant nous-mêmes pénétrer profondément ses raci­nes dans la terre généreuse de la piété chré­tienne; en implorant pour elle la rosée abondante de la grâce divine, spécialement par la participation commune aux sacrements; en l'animant d'un véritable esprit de foi, qui nous amène à dominer la conception matérialiste de la vie; en unissant tous ses rameaux par l'étroit lien d'un amour qui, s'il n'était encore surnaturel, passerait comme tout ici-bas; en la consolidant dans son être même, par la ferme résolu­tion d'accomplir chacun nos devoirs en tout ce que nous impose le bon ordre de la famille, en la soutenant dans les difficultés de cet exil terrestre, où parfois manque jusqu'à une honnête demeure, ou bien font défaut les moyens suffisants de subsistance. Dans le désordre des idées qui souvent trouble les esprits, nous proclamons hautement la sainteté, l'unité et la mission divine de la famille chrétienne, cellule de la société et de l'Eglise; et, chacun à sa place, - parents et enfants, - avec modestie mais avec fermeté, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir, afin qu'un idéal aussi saint soit dans le monde une réalité.

Aidez-nous, ô JOSEPH, miroir de la plus admirable paternité dans le soin assidu dont vous avez su entourer le Sauveur et la Vierge, vous conformant fidèlement aux inspirations divines; venez à notre secours, ô MARIE, la plus aimante, la plus fidèle et la plus pure de toutes les épouses et de toutes les mères; assistez-nous, ô JESUS, qui pour nous être en tout un éclatant modèle, vous êtes fait le plus soumis des fils. Soyez toujours tous trois auprès de nous, dans les heures de joie et dans les heures de tristesse, dans notre travail et dans notre repos, dans nos inquiétudes et dans nos espoirs, auprès de ceux qui naissent et de ceux qui meurent.

Et obtenez-nous que tous les foyers, saints à l'exemple du vôtre, soient pour tous leurs membres des écoles de vertu, des asiles de sainteté; un chemin assuré vers cette éternelle béatitude que, par votre intercession, nous espérons avec confiance. Amen.

 



jeudi 6 janvier 2022

Epiphanie du Seigneur : Venez, adorons-Le !


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon « L’amour de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’autel »

Nous regardons quelquefois avec des yeux d’envie et nous parlons du bonheur des Mages qui vinrent adorer le divin Sauveur de nos âmes dans une crèche, mais nous ne réfléchissons pas sur les travaux les peines et les fatigues que durent leur couter un voyage de si longue haleine et entrepris au milieu de la saison la plus rigoureuse.

Nous n’avons pas, comme eux un trône ou des royaumes à quitter, ni de si longs voyages à entreprendre, pour rendre nos respects à nôtre adorable Maître dans le très saint Sacrement de l’Autel. Mais sommes-nous sensibles à cette différence et profitons-nous comme les Mages d’un honneur qui ne nous coûterait pas tant qu’à eux ?




lundi 3 janvier 2022

Saint Nom de Jésus


Saint Bède le Vénérable, Homélies pour la Vigile de Noël, 5

«Tu lui donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : ‘le Seigneur sauve’)»

«Voici, dit le prophète Isaïe, la Vierge portera et enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, nom qui se traduit : Dieu avec nous» (7,14).

Le nom de Sauveur «Dieu-avec-nous», donné par le prophète, signifie les deux natures de son unique personne. En effet, celui qui est Dieu, né du Père avant tous les siècles, c'est lui-même qui est Emmanuel à la fin des temps, c'est-à-dire Dieu avec nous. Il l'est devenu dans le sein de sa mère, parce qu'il a daigné accepter la fragilité de notre nature dans l'unité de sa personne, quand «le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous» (Jn 1,14). C'est-à-dire qu'il a commencé d'une manière admirable à être ce que nous sommes, sans cesser d'être ce qu'il était, en assumant notre nature, de façon à ne pas perdre ce qu'il était en lui-même. (...)

«Marie mit donc au monde son fils premier-né (...) et elle lui donna le nom de Jésus» (Lc 2,7.21). Donc, le nom de Jésus est celui du fils né de la Vierge, et signifie selon l'explication de l'ange qu'il sauvera son peuple de ses péchés. (...) C'est évidemment lui aussi qui sauvera de la destruction de l'âme et du corps, les suites du péchés.

Quant au nom de Christ, c'est le titre d'une dignité sacerdotale et royale. Car les prêtres et les rois, sous la Loi ancienne, étaient appelés christs à cause de la chrismation. Cette onction d'huile sainte préfigurait celui qui, en venant dans le monde comme vrai roi et prêtre, «a été consacré d'une onction de joie, comme aucun de ses semblables» (Ps 44,8). À cause de cette onction ou chrismation, le Christ en personne et ceux qui participent à la même onction, c'est-à-dire à la grâce spirituelle, sont appelés ‘chrétiens’. Du fait qu'il est Sauveur, le Christ peut nous sauver de nos péchés ; du fait qu'il est prêtre, il peut nous réconcilier avec Dieu le Père ; du fait qu'il est roi, qu'il daigne nous donner le Royaume éternel de son Père.

 


samedi 1 janvier 2022

1er janvier, Notre Dame de la Paix, intercédez pour nous, l'Eglise et le monde entier


En ce 1er janvier, l'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière à tous ceux qui consacreront cette nouvelle année au Saint Esprit.

Chantons le "Veni Creator".

Malgré l'incertitude des temps, Dieu veille sur chacun d'entre nous.

Saint Nectaire d’Egine

La paix est un don divin, richement distribué à tous ceux qui sont réconciliés avec Dieu. La paix ressemble à la lumière, à l'opposé du péché qui est ténèbres : un pécheur ne peut jamais être artisan de paix.

Luttez contre le péché et ne soyez pas troublés par le réveil de vos propres passions. Si tu sors vainqueur, cet éveil de passions se transformera en joie et paix. Si tu succombes (et fasse qu'il n'en soit pas ainsi), ce sont la tristesse et le trouble qui prennent le dessus. Et si encore, après avoir mené un rude combat, il advient que le péché l'emporte momentanément sur toi, toi au contraire persiste dans ta lutte et au bout du compte tu en sortiras et vainqueur et pacifié. "Cherchez à être en paix avec tout le monde ; cherchez la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (Hébreux 12, 14).

La paix et la sanctification sont deux conditions nécessaires pour celui qui recherche avec zèle le visage de Dieu. La paix est le fondement sur lequel se construit la sanctification. Point de sainteté dans un cœur troublé et coléreux. La colère, lorsqu'elle perdure dans notre âme, devient cause de haine et d'inimitié. Voilà pourquoi il convient de vite se réconcilier avec son prochain. Pour ne pas être privé de la grâce divine qui sanctifie nos cœurs ! Celui qui est en paix avec lui-même, celui-là pacifie aussi les autres et il demeure dans la paix de Dieu.