jeudi 6 mai 2021

Saint François de Montmorency-Laval et le vénérable abbé Boudon


« Vie nouvelle de Henri Marie Boudon », par S. Exc. R. Mgr Matthieu, Archevêque de Besançon

Il se disposa à entrer dans le sacerdoce et à prendre possession de sa nouvelle dignité. Il était nécessaire, pour qu’il pût être reçu, qu’il fût gradué dans une université : il choisit celle de Bourges où il prit le bonnet de docteur le 7 octobre 1653.

Il se prépara ensuite à recevoir la tonsure, tandis que l’abbé de Laval lui obtenait à Rome un extra tempora et une dispense des interstices. Ce fut le nonce du Pape qui lui conféra, le 4 novembre 1653, ce premier degré de la cléricature, dans l’église de la congrégation de la sainte Vierge du noviciat des jésuites.

« Ce jour où l’on célèbre la fête de Saint Charles Borromée est devenu pour moi, écrivait Boudon, la fête de Dieu seul ; car y étant fait clerc, je veux dire sort, comme l’explique saint Jérôme, j’y ai pris Dieu pour mon sort et mon partage. C’est pour lors que j’ai dit en face de la sainte Eglise, entre les mains du nonce de Sa Sainteté, dans la maison de la Reine des saints, que le Seigneur était la part de mon héritage : Dominus pars haereditatis meae ; or c’est une part et une portion qui doit suffire entièrement, après l’avoir prise il n’y a plus rien à prendre ni à espérer. Dès lors je n’ai dû avoir rien que Dieu seul ! »

Le respect et la constance avec lesquels Boudon porta toujours depuis l’habit ecclésiastique prouvèrent avec quelle vénération il reçut ces livrées de l’Eglise. Il n’était que trop commun alors de voir des prêtres paraître dans le monde en habit séculier, comme s’il eût été des temps et des lieux où il convenait qu’ils se dépouillassent des marques de leur caractère sacré !

Boudon ne cessa point de montrer, par son extérieur comme par ses paroles, que ce caractère faisait toute sa gloire et qu’il n’en voulait point d’autre dans ce monde.


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