dimanche 20 novembre 2016

Christ Roi de l'univers


Extraits des laudes orthodoxes de la Résurrection

Ton 3
Louez-le pour ses hauts faits, louez-le pour sa suprême majesté.  
Venez, tous les peuples, connaître la puissance du mystère étonnant, car le Christ notre Sauveur, le Verbe qui était au commencement, fut crucifié pour nos péchés et se laissa mettre au tombeau, puis il ressuscita des morts pour sauver l’univers: prosternons-nous devant lui. 

Louez-le par l’éclat du cor, louez-le sur la harpe et la cithare. 
Tes gardiens racontèrent toutes tes merveilles, Seigneur, mais l’assemblée des orgueilleux leur fit remettre des présents, pensant cacher ainsi ta Résurrection, que le monde entier glorifie: Seigneur, aie pitié de nous. 

Louez-le sur la lyre et le chalumeau, louez-le par la danse et le tambour. 
L’univers fut rempli de joie à la nouvelle de ta sainte Résurrection, et Marie Madeleine, venue près du tombeau, trouva un Ange assis sur la pierre; ses vêtements resplendissaient, et il disait: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui vit ? Il n’est plus ici, car il est ressuscité: comme il vous l’a dit, il vous précède en Galilée. 

Louez-le par le son des cymbales, louez-le par les cymbales triomphantes. Que tout ce qui vit et respire loue le Seigneur !
Seigneur ami des hommes, dans ta lumière nous verrons la lumière, car tu es ressuscité des morts, accordant le salut au genre humain pour que la création entière te glorifie; toi, le seul sans péché, prends pitié de nous.

Ton 4
Louez-le pour ses hauts faits, louez-le pour sa suprême majesté.
 Tu as souffert la mort sur la croix et tu es ressuscité des morts: Seigneur tout-puissant, nous glorifions ta sainte Résurrection. 

Louez-le par l’éclat du cor, louez-le sur la harpe et la cithare. 
Par ta croix, ô Christ, tu nous as délivrés de l’antique malédiction, par ta mort tu as anéanti le diable qui tyrannisait le genre humain, par ta Résurrection tu as rempli de joie tout l’univers; aussi nous te chantons: Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à toi. 

Louez-le sur la lyre et le chalumeau, louez-le par la danse et le tambour. 
Par ta croix, ô Christ notre Sauveur, conduis-nous vers ta vérité, arrache-nous aux filets de l’Ennemi. Ressuscité d’entre les morts, relève-nous de notre chute dans le péché, et que ta main, Seigneur, se tende vers nous, à la prière de tes Saints. 

Louez-le par le son des cymbales, louez-le par les cymbales triomphantes. Que tout ce qui vit et respire loue le Seigneur !
Fils unique et Verbe de Dieu, tu n’as pas quitté le sein paternel quand par amour pour les hommes sur terre tu es venu et t’es fait homme, sans changement; et dans ta chair tu as souffert de mourir en croix, Dieu sauveur, impassible en ta divinité; mais, ressuscité des morts, tu accordas l’immortalité au genre humain, Seigneur tout-puissant.

Enluminure, le Christ entouré des quatre Vivants.
Ton 5
Louez-le pour ses hauts faits, louez-le pour sa suprême majesté. 
Seigneur, malgré les scellés posés par les impies, tu es sorti du tombeau comme tu es né de la Mère de Dieu; et, comme les Anges ne purent s’expliquer ta mystérieuse incarnation, les soldats ne purent observer le moment de ta sainte résurrection, car cette double merveille est scellée pour les savants, mais se révèle à ceux qui adorent avec foi le mystère qu’ils célèbrent de leurs chants. Donne-nous la joie et la grâce du salut. 

Louez-le par l’éclat du cor, louez-le sur la harpe et la cithare. 
Seigneur, tu as brisé les verrous de l’éternelle damnation, tu as rompu les chaînes du tombeau; en ressuscitant tu as abandonné ton linceul pour témoigner de ton véritable ensevelissement pendant trois jours; et, laissant la garde veiller sur le tombeau, tu précédas les Apôtres en Galilée. Grande est ta miséricorde, Seigneur que l’univers entier ne peut contenir: Sauveur, aie pitié de nous. 

Louez-le sur la lyre et le chalumeau, louez-le par la danse et le tambour. 
Seigneur, les saintes femmes coururent au sépulcre pour te voir, ô Christ qui as souffert pour nous; et, lorsqu’elles furent arrivées, elles trouvèrent un Ange assis sur la pierre du tombeau; et cet Ange leur dit: Le Seigneur est ressuscité; allez dire aux Apôtres qu’il est ressuscité des morts, le Sauveur de vos âmes !

Louez-le par le son des cymbales, louez-le par les cymbales triomphantes. Que tout ce qui vit et respire loue le Seigneur !
Seigneur, malgré les scellés tu es sorti du tombeau et tu entras chez tes disciples, toutes portes fermées: tu leur montras sur ton corps les souffrances qu’en ton amour tu enduras pour nous sauver. Comme fils de David, tu supportas d’être meurtri, mais en tant que Fils de Dieu tu sauvas le monde entier. Grande est ta miséricorde, Seigneur que l’univers entier ne peut contenir: Sauveur, aie pitié de nous.




samedi 19 novembre 2016

Mourir d'Amour

Existe-t-il une bonne mort ?
Mais de quelle mort parlons-nous ? La mort n’est-elle pas une malédiction, la conséquence du péché originel, une horreur que Dieu ne voulait pas mais qui est advenue par la faute de nos premiers parents ?
Dans le Christ, même la mort a été transfigurée. Dans le Christ, elle peut devenir un lieu de rencontre avec notre Sauveur. Écoutons le Docteur des nations et ce grand Docteur de l’Eglise, sainte Patronne de la Normandie :

De l’Epître de S. Paul aux Romains, chap.6, v.5

Car si nous avons été unis au Christ par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne.

De Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, ocd., « Carnet jaune »

727, 5 : Le soir elle me rappela la parole de Saint Jean de la Croix :
« Rompez la toile de cette douce rencontre. » J’ai toujours appliqué cette parole à la mort d’amour que je désire.
L’amour n’usera pas la toile de ma vie, il la rompra tout à coup.
Avec quel désir et quelle consolation je me suis répété dès le commencement de ma vie religieuse ces autres paroles de N.P. S. Jean de la Croix : « Il est de la plus haute importance que l’âme s’exerce beaucoup à l’Amour afin que, se consommant rapidement, elle ne s’arrête guère ici-bas mais arrive promptement à voir son Dieu face à face. »

604, 1 :
Ne vous faites pas de peine mes petites sœurs, si je souffre beaucoup et si vous ne voyez en moi, comme je vous l’ai déjà dit, aucun signe de bonheur au moment de ma mort. Notre-Seigneur est bien mort victime d’Amour, et voyez quelle a été son agonie !...



mercredi 16 novembre 2016

Prions pour nos chers défunts

Âme du Purgatoire enlevée vers le Ciel par
son Ange gardien, détail, par G.-Briar
De Saint Cosmas d’Étolie

Nous autres qui sommes de pieux Chrétiens, dès lors nous ne devons pas nous lamenter pour nos morts comme le font les impies et les incroyants, qui n’ont aucune espérance en la Résurrection.

Ce monde, mes frères, est comme une prison. Quand donc un homme doit-il se réjouir ? Lorsqu’il entre en prison, ou lorsqu’il en est libéré ? Il me semble que c’est lorsqu’il y entre qu’il doit pleurer et être triste, et lorsqu’il sort de la prison qu’il doit se réjouir.

Dès lors, mes frères, ne vous affligez pas pour les morts, mais si vous les aimez, faites ce que vous pouvez pour leurs âmes : offrez des Liturgies, des Offices de commémorations, des jeûnes, des prières et des aumônes.


Triomphe de S. Etienne, protomartyr, vitrail de Saint-Etienne du Mont, Paris

dimanche 13 novembre 2016

Saint Martin de Tours, Apôtre de la Gaule

Basilique Saint-Martin de Tours
Sulpice Sévère, Vie de Saint Martin de Tours

XXII. — Le démon, usant de mille artifices pour tromper le saint homme, se présentait fréquemment à lui sous les formes les plus variées, quelquefois sous celle de Jupiter, la plupart du temps sous celle de Mercure, et même souvent de Vénus ou de Minerve.

Martin luttait intrépidement contre lui, soutenu par le signe de la croix et la prière. On entendait très souvent dans sa cellule une troupe de démons l’insulter grossièrement ; mais, sachant que tout cela n’était qu’illusion et mensonge, il ne s’en inquiétait nullement. 

Saint Martin, Speculum historiale, XVe s.
Quelques-uns des frères attestent qu’ils ont entendu le démon reprocher à Martin, d’une manière injurieuse, d’avoir introduit dans le monastère des frères qui avaient perdu la grâce du baptême en tombant dans diverses erreurs, de les avoir reçus après leur conversion ; et en même temps le malin esprit énumérait leurs crimes.

Martin, lui résistant toujours, répondait que les anciennes fautes sont effacées par une vie meilleure, et que, comptant sur la miséricorde du Seigneur, l’Église doit absoudre ceux qui renoncent à leurs péchés. Le démon osa le contredire, prétendit que les pécheurs ne peuvent obtenir leur pardon, et que le Seigneur n’a aucune indulgence, pour ceux qui une fois sont tombés.

Sceau en ivoire, XIIe siècle
Alors Martin s’écria : « Si toi-même, misérable que tu es, tu cessais de tenter les hommes et si tu faisais pénitence de tes crimes, même en ce moment que le jour du jugement est proche, me confiant dans le Seigneur Jésus, je te promettrais miséricorde. »

Oh ! quelle sainte présomption de la miséricorde du Seigneur ! Si ces paroles de Martin ne peuvent faire autorité en cela ; elles montrent du moins la bonté de son cœur.


vendredi 11 novembre 2016

11 novembre - Saint Martin de Tours et commémoration de l'Armistice

Saint Martin, priez pour la France et l'Europe !
Extraits de la lettre encyclique « Ad beatissimi Apostolorum Principis », de Sa Sainteté le Pape Benoît XV

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique ;

A peine fûmes-Nous appelés par les secrets desseins de la Providence, sans aucun mérite de Notre part, à Nous asseoir sur le Siège du bienheureux Prince des Apôtres, que ~ Nous tournâmes Nos regards, avec une souveraine affection, vers le troupeau confié à nos soins, troupeau immense en vérité, puisqu’il embrasse, sous un aspect ou sous un autre, l’universalité des hommes.

Tous tant qu’ils sont, en effet, ils ont été rachetés de la servitude du péché par Jésus-Christ, qui a offert pour eux le prix de son sang, et il n’en est aucun qui soit exclu des bienfaits de cette rédemption. C’est pourquoi le divin Pasteur a pu dire de tout le genre humain, que pour une part Il le garde déjà enfermé dans l’enceinte de son Eglise, et que l’autre se verra forcée d’y entrer par les douces contraintes de son amour ~. Aussi, Nous ne vous le cacherons pas, vénérables Frères, le premier sentiment que Nous avons éprouvé, sous l’impulsion évidente de la divine bonté, a été un mouvement irrésistible d’amour et de zèle pour travailler au salut de tous les hommes, si bien qu’en acceptant la charge du Souverain Pontificat Nous faisions Nôtre le vœu exprimé par le Sauveur, à la veille de sa passion ~. 

"En détruisant les temples de Dieu, vous provoquez la colère divine,
devant laquelle les armées les plus puissantes perdent tout pouvoir"
Or, dès que Nous eûmes, du sommet de la dignité Apostolique, embrassé d’un regard le cours des choses humaines, Nous fûmes saisis d’une vive douleur, en contemplant les déplorables conditions de la société civile. Comment, en effet, étant devenu le Père commun de tous les hommes, n’aurions-Nous pas eu le cœur violemment déchiré au spectacle que présente l’Europe et même le monde entier, spectacle assurément le plus affreux et le plus désolant qui se soit jamais vu de mémoire d’homme ? ~ De tous côtés domine la triste image de la guerre, et il n’y a pour ainsi dire pas d’autre pensée, qui occupe les esprits. Des nations - les plus puissantes et les plus considérables - sont aux prises: faut-il s’étonner si, munis d’engins épouvantables, dus aux derniers progrès de l’art militaire, elles visent pour ainsi dire à s’entre-détruire avec des raffinements de barbarie ? Plus de limites aux ruines et au carnage: chaque jour la terre, inondée par de nouveaux ruisseaux de sang, se couvre de morts et de blessés.

A voir ces peuples armés les uns contre les autres, se douterait-on qu’ils descendent d’un même Père, qu’ils ont la même nature et font partie de la même société humaine ? Les reconnaîtrait-on pour les fils d’un même Père qui est aux Cieux ? Et tandis que des armées immenses se battent avec acharnement, la souffrance et la douleur, tristes compagnes de la guerre, s’abattent sur les Etats, sur les familles et sur les individus: chaque jour voit s’augmenter outre mesure le nombre des veuves et des orphelins; le commerce languit, faute de communications; les champs sont abandonnés, l’industrie est réduite au silence; les riches sont dans la gêne, les pauvres dans la misère, tous dans le deuil.

~ Nous avons donc adressé d’instantes prières aux Princes et aux gouvernants, afin que, considérant combien de larmes et de sang la guerre a déjà fait répandre, ils se hâtent de rendre à leurs peuples les précieux avantages de la paix. Daigne le Dieu des miséricordes faire en sorte, que résonnent, à l’aube de Notre Pontificat, comme à la naissance du divin Rédempteur, dont Nous sommes le Vicaire, les paroles du concert angélique: Paix sur la terre aux hommes de sa bonne volonté.

Puissions-Nous être entendus par ceux qui ont en mains les destinées des peuples ! Il y a, sans nul doute, d’autres voies, d’autres moyens, qui permettraient de réparer les droits, s’il y en a eu de lésés. Qu’ils y recourent, en suspendant leurs hostilités, animés de droiture et de bonne volonté. C’est Notre amour pour eux et pour toutes les nations, qui Nous fait parler ainsi, nullement Notre propre intérêt. Qu’ils ne laissent pas tomber dans le vide cette prière d’un Père et d’un ami.

Mais ce n’est pas seulement la guerre actuelle avec ses horreurs, qui est la cause du malheur des peuples, et qui provoque Nos anxiétés et Nos alarmes. Il y a un autre mal, inhérent aux entrailles mêmes de la société humaine, un mal funeste, qui épouvante toutes les personnes sensées, car, en outre des ravages qu’il a déjà produits et qu’il produira encore dans les différents Etats, on peut le considérer à bon droit comme la véritable cause de la terrible guerre présente. En effet, depuis que les préceptes et les règles de la sagesse chrétienne, condition indispensable de la stabilité et de la tranquillité publiques, ont cessé de présider au gouvernement des Etats, ceux-ci ont commencé, par une conséquence nécessaire, à chanceler sur leurs bases, et il s’en est suivi dans les idées et dans les mœurs une telle perturbation, que la société humaine court à sa ruine, si Dieu ne se hâte de lui venir en aide.

Voici en effet ce que Nous voyons : absence de bienveillance mutuelle dans les rapports des hommes entre eux; mépris de l’autorité; luttes injustes des différentes classes de citoyens; appétit désordonné des biens périssables, comme s’il n’y en avait pas d’autres, supérieurs de beaucoup, proposés à l’activité humaine. Tels sont, à Notre avis, les quatre chefs de désordre, d’où proviennent les perturbations si graves de la société, et contre lesquels doivent se réunir tous les efforts, par le recours aux principes du christianisme, si l’on veut sérieusement ramener dans les Etats l’ordre et la paix.

Et d’abord, lorsqu’Il descendit du ciel précisément pour rétablir parmi les hommes le règne de cette paix, détruite par la jalousie de Satan, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne voulut pas d’autre fondement pour cette restauration que celui de la charité. De là ces recommandations si souvent répétées ~ que d’amener les hommes à s’aimer les uns les autres.

~ Jamais peut-être, plus que maintenant, on n’a parlé de fraternité humaine: on n’hésite même pas à laisser de côté les enseignements de l’Evangile, l’œuvre de Jésus-Christ et de l’Eglise, et à prétendre, quand même, que ce zèle pour la fraternité est un des fruits les plus précieux de la civilisation moderne. Cependant, à dire vrai, jamais la fraternité n’a été moins pratiquée que de nos jours. Les haines de race sont portées au paroxysme; les peuples sont divisés par leurs rancunes encore plus que par leurs frontières; au sein d’une même nation et dans les murs d’une même cité, les différentes classes de citoyens se jalousent mutuellement, et chez les individus tout est réglé par l’égoïsme devenu la loi suprême.

 ~ Du jour en effet où on a voulu placer l’origine de tout pouvoir humain, non plus en Dieu Créateur et Maître de l’Univers, mais dans la libre volonté de l’homme, les liens de subordination qui doivent rattacher les inférieurs aux supérieurs se sont affaiblis au point de disparaître ou peu s’en faut.


~ Quiconque par conséquent est dépositaire du pouvoir parmi les hommes, qu’il soit souverain ou subordonné, c’est en Dieu que réside l’origine de son autorité.

~ Avis aux Princes et aux gouvernants : qu’ils se souviennent, et qu’ils voient s’il est prudent et d’une utilité pratique, tant pour les pouvoirs publics que pour les Etats, de se séparer de la religion sainte de Jésus-Christ, en qui leur puissance puise tant de force et de solidité. Qu’ils fassent réflexion sur réflexion, et qu’ils considèrent s’il est conforme à une sage politique de vouloir exclure la doctrine de l’Evangile et de l’Eglise du gouvernement et de l’instruction publique de la jeunesse. L’expérience ne l’a que trop démontré: l’autorité des hommes est sans force, là où la religion est absente. Il en est en effet des sociétés comme de notre premier père, une fois qu’il eut manqué a son devoir.

A peine sa volonté s’était-elle séparée de Dieu, que ses passions répudièrent avec frénésie l’empire de la volonté; de même, à peine les gouvernements ont-ils méprisé l’autorité divine, que les peuples se moquent à leur tour de l’autorité humaine. Il reste sans doute l’expédient accoutumé, l’emploi de la force, pour réprimer les révoltes; mais avec quel profit ? La force peut réprimer les corps, mais non les âmes.

~ Quelle est cette racine maudite, l’Apôtre nous l’enseigne: la racine de tout mal est la cupidité. Et de fait, si l’on y réfléchit, c’est à cette racine que se rattachent les maladies qui travaillent la société présente. Une fois en effet que par l’action des mauvaises écoles sur l’âme des petits enfants, malléables comme la cire; par la perversité des écrivains, qui journellement ou par intervalles corrompent l’esprit des foules inexpérimentées, et par tous les autres moyens employés pour former l’opinion publique, une fois, disons-Nous, qu’on a fait pénétrer dans les esprits cette erreur souverainement pernicieuse, que l’homme n’a pas à espérer en un état de félicité éternelle; qu’ici-bas, oui, ici-bas, il peut être heureux en jouissant des richesses, des honneurs, des plaisirs de cette vie; comment s’étonner si ces êtres humains, naturellement faits pour le bonheur, violemment attirés, comme ils le sont, vers ces biens passagers, repoussent avec non moins d’énergie tout obstacle, qui en retarde ou en empêche la conquête ?

Eglise de Lunéville, vitrail
~ Et maintenant, vénérables Frères, en terminant ces Lettres, Notre esprit se reporte spontanément vers ce que Nous écrivions au début; et, de nouveau, Nous appelons de tous nos vœux, en faveur de la société humaine et en faveur de l’Eglise, la fin de cette guerre si désastreuse; en faveur de la société humaine, afin qu’une fois la paix rétablie, elle progresse vraiment dans toute culture civile et humaine; en faveur l’Eglise de Jésus-Christ, pour que, libre enfin de toute entrave, elle aille sur tous les rivages et en toutes les parties du monde apporter aux hommes le secours et le salut. Hélas ! depuis trop longtemps déjà l’Eglise ne jouit plus de la pleine liberté qui lui est nécessaire.

 ~ Puisque c’est dans les mains de Dieu que sont les volontés des Princes et de tous ceux qui peuvent mettre fin aux horreurs et aux désastres que nous avons rappelés, il Nous reste, vénérables Frères, à élever vers Dieu Notre voix suppliante et à Nous écrier au nom de tout le genre humain : "Donnez, Seigneur, la paix à notre temps".

~ Que la bienheureuse Vierge Nous soit propice, Elle qui a engendré le "Prince de la Paix", et qu’Elle prenne sous sa protection maternelle Notre humble personne, Notre ministère pontifical, la sainte Eglise et les âmes de tous les hommes, rachetées par le sang précieux de son divin Fils.

~ Donné à Rome, près saint-Pierre, en la fête de Tous les Saints, ce 1er Novembre 1914, de Notre Pontificat la première année.

Benoît XV, pp.



Portons avec fierté les bleuets de France, pour honorer la mémoire de tous ceux
qui ont donné et donnent leur vie pour la paix de notre pays.

mercredi 9 novembre 2016

Dédicace de la Basilique Saint Jean du Latran, cathédrale du successeur de Saint Pierre, première église de la Chrétienté

Prions le Rosaire pour l'Eglise et la
conversion des cœurs !


De Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, le 7 mai 2005

Le Pape n’est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. Au contraire : le ministère du Pape est la garantie de l’obéissance envers le Christ et envers Sa Parole.

Il ne doit pas proclamer ses propres idées, mais se soumettre constamment - ainsi que l’Eglise - à l’obéissance envers la Parole de Dieu, face à toutes les tentatives d’adaptation et d’appauvrissement, ainsi que face à tout opportunisme.



Cathèdre du Pape, Basilique Saint-Jean du Latran


dimanche 6 novembre 2016

Prions pour tous les défunts, acte de Miséricorde et de charité pour eux


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie I

Sainte Madeleine de Pazzy, ayant vue les grandeurs de peines par une lumière surnaturelle qui lui fut donnée, s’écrie :

« O Dieu ! je n’ai plus de cœur de vivre en terre ni de avec les créatures après une vision si terrible. Pitié ! pitié ! Miséricorde ! miséricorde ! O Sang de Jésus, éteignez ces flammes, délivrez-en les pauvres âmes. Je ne suis pas étonnée après cela si saint François-Xavier, au milieu d’un monde d’affaires qui le pressaient de toutes parts, accablé sous les fatigues extrêmes de ses fonctions apostoliques en tant de royaumes de terres et de lieux, allait encore les nuits crier par les rues : Souvenez-vous de prier pour les âmes du purgatoire !

Certainement, dans ce sujet aussi bien que dans les autres, l’on remarque peu de foi dans les fidèles. Une chétive maison brûle, chacun crie, l’on sonne les cloches pour en avertir, tout le monde y court et des âmes à l’image d’un Dieu, rachetées par le prix infini de son Sang seront tourmentées dans des feux allumés par sa divine justice et l’on ne s’en met point en peine, ou si l’on s’y applique, on les oublie bientôt.

Mort d'Anne de Bretagne, reine de France
C’est une chose bien remarquable que la correction que reçut saint Bernard de son abbé, saint Etienne, dans cette occasion. Comme il y avait bien des années que le père du saint était mort, après s’être beaucoup appliqué devant Dieu tout le soulagement de son âme, il avait cessé d’y penser ; mais son pieux abbé lui en fit la correction, lui remontrant que les jugements de Dieu étaient des abîmes et que les âmes souffraient bien plus longtemps en purgatoire qu’il ne pensait.

Si l’on avait un degré de vive foi, que ne ferait-on pas ? Épargnerait-on les prières et les aumônes, les jeûnes et autres macérations corporelles et tous les autres exercices de piété pour ces pauvres âmes. N’aurait-on pas tout le soin possible de leur appliquer les indulgences qui se peuvent gagner pour elles ? Car c’est le grand remède puisque le Sang du Fils de Dieu, les mérites de sa sainte et douloureuse Passion, leur sont donnés par ce moyen. N’aurait-on pas soin de leur appliquer des communions, d’offrir et de faire offrir le très saint Sacrifice de la Messe pour elles ?

Bienheureux les miséricordieux, dit le Fils de Dieu, car ils obtiendront miséricorde (Math V,7). Mais quelles personnes en ont plus de besoin que ces âmes, et à raison de la grandeur des peines qu’elles endurent ; et parce qu’elles ne peuvent en aucune manière se soulager ni demander du secours à personne ?


"Ô mort ! Où est ta victoire ?"

mercredi 2 novembre 2016

Mémoire de tous les fidèles Défunts


William Adolphe Bouguereau, le deuil 


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon,
« La gloire de la Sainte Trinité », partie I


« Mon Seigneur ne me reprenez pas dans votre fureur et ne me châtiez pas dans colère », « il n’y a rien de sain en ma chair et il n’y a point de paix dans mes os. »

Quand j’y pense ! Miséricorde ! miséricorde ! Ô Sang de Jésus-Christ, apaisez la divine colère ! 

Ô très douce Vierge, la mère de miséricorde, ayez pitié de nous ! ayez pitié des pauvres âmes du purgatoire ! Anges bienheureux venez au secours !



Le mois de Novembre est consacré à la prière d'offrande pour les fidèles défunts.

Nul ne connait ni le jour ni l'heure, et même si on se prépare, nul n'est vraiment jamais prêt au passage de ce monde à la Patrie céleste. Nous avons donc le devoir impérieux de tout faire pour être, autant que possible, prêt à paraître devant le Juge des vivants et des morts. Car chaque jour qui passe, nous nous préparons à la gloire du Ciel ou à l'Enfer éternel. 

Les âmes bénies en Purgatoire ont encore besoin de purifications parce que la faiblesse humaine et les chutes ne leurs ont pas permis d'entrer dans la gloire éternelle. 

Nous devons prier pour elles : intercéder, prier l'Office, faire célébrer des Messes pour le repos de leurs âmes, offrir des petits sacrifices quotidiens et le chapelet, particulièrement. 
Ainsi, toutes ces petites pénitences leurs permettent d'être purifier par le feu de l'amour de l'Esprit Saint, dans la communion des saints.

Pour ce faire, et nous encourager à faire le bien, l'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière à toute personne en état de grâce (avoir été confessé et absous), ayant assisté à la Messe et communié sacramentellement et ayant visité un cimetière, entre le 1er novembre et le 8 novembre, pour prier pour tous les fidèles défunts. 

Cette grâce extraordinaire peut être gardée pour soi ou offerte pour les âmes du Purgatoire, pour un défunt en particulier. 

N'oublions pas de prier plus spécialement pour les défunts de nos familles, de nos communautés, paroisses et diocèses.





mardi 1 novembre 2016

Sainte et heureuse fête de la Toussaint !

Détail de la ronde des saints du bienheureux Fra Angelico
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Aux saints Evêques du Diocèse d’Evreux »

Vous vous sépariez des hommes de la Terre et les Anges du Ciel vous faisaient compagnie.
Vous quittiez la douceur des conversations du monde et les Esprits célestes vous récréaient par des musiques du Paradis.
Vous ne vouliez apprendre aucune nouvelle de la Terre et le Ciel vous révélait ses secrets ; vous renonciez à tous les honneurs d’ici-bas et Dieu vous honorait de ses plus signalées faveurs.


Vitrail en l'honneur des saints. Paroisse Saint-Leu - Saint-Gilles, Paris