dimanche 9 juillet 2017

Les merveilles de la nature nous enseignent à devenir meilleur chrétien. Saintes et reposantes vacances à tous !

Saint Jean Chrysostome, 12e homélie, in "Œuvres complètes" Tome III (Homélies sur les Statues, au peuple d’Antioche), Trad. M. Jeannin, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.


L’abeille vous enseignera l’amour du travail, plus l’amour du beau et de l’honnête, et l’amour du prochain. Oui, l’abeille travaille et se donne de la peine, et c’est moins pour elle que pour nous ; or, c’est surtout le propre du chrétien de rechercher l’intérêt des autres plutôt que le sien.

L’abeille parcourt les prés, voltige tout le jour sur les fleurs pour composer un aliment qui n’est pas pour elle ; fais de même, ô homme ! Si tu amasses de l’argent, que ce soit pour en faire part à ton prochain ; si tu possèdes les trésors de la doctrine, n’enfouis pas tes talents, mais fais-en profiter les indigents ; en un mot, mes frères, quelque avantage que vous possédiez en propre, faites en profiter ceux qui en sont privés par eux-mêmes. Pourquoi l’abeille jouit-elle d’une estime plus grande que d’autres animaux ? Ne le voyez-vous pas ? C’est moins parce qu’elle travaille que parce qu’elle travaille pour les autres.

L’araignée aussi travaille, et file délicatement, et les toiles dont elle tapisse nos murailles surpassent l’art de la femme la plus adroite ; néanmoins, c’est un insecte peu noble, parce que son ouvrage n’est d’aucune utilité pour nous. Tels sont tous ceux qui ne travaillent que pour eux-mêmes.

Imitez la simplicité de la colombe, imitez l’attachement de l’âne et du bœuf pour leur maître, imitez la sécurité et la confiance des oiseaux. Oui, il y a beaucoup à gagner aux exemples des animaux pour la correction des mœurs.


jeudi 6 juillet 2017

Sainte Maria Goretti, apprenez nous à nous offrir totalement au Seigneur

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », Ier traité, chap. 2


Ce Dieu d’amour désire que nous lui soyons attachés sans réserve, c’est pourquoi il veut que nous en portions les marques aux parties de notre corps afin qu’il ait rien en nous qui ne soit à son service.

Faisons lui servir notre tête, l’inclinant ou la découvrant à la vue de ses images ; les cheveux, en retranchant avec soin que la vanité en donne ; les oreilles, fermant aux entretiens peu honnêtes les paroles équivoques aux chansons, aux discours inutiles ; les yeux, en les détournant des objets sensuels, en les baissant avec respect devant ses saintes images ; la langue et la bouche, en s’abstenant et mortifiant le goût, en parlant de ses grandeurs ; les bras et les mains, en travaillant pour elle, donnant l’aumône, ornant ses temples et chapelles, ne les souillant par aucune impureté ; les genoux, par des révérences et des génuflexions ; les pieds, allant visiter des lieux dédiés à Dieu en son honneur.

Il est bien juste que nous servions cette grande reine (en la prenant pour modèle) en toutes les manières possibles, seulement parce que ses grandeurs l’exigent, mais encore à raison de ses bontés incomparables qui l’ont obligée amoureusement de nous rendre des services qui feront l’étonnement de toute l’éternité.

Reliques et image de Sainte Maria Goretti,
Martyre de la pureté
Elle nous a servis de toute son âme par l’abondance de ses grâces, dont ayant été plus que pleine, dit le dévot saint Bernard, elle a regorgé heureusement sur tous les fidèles : de son corps, en ayant donné sa matière au Verbe incréé, en l’incarnation de son précieux Fils ; de son cœur précieux, par la foi ce qui a donné le commencement à notre salut ; de sa tête, l’ayant tant de fois inclinée devant la majesté de Dieu pour nous en obtenir les miséricordes ; de ses cheveux, dont elle a blessé le cœur divin Epoux pour l’attirer en notre terre ; de ses oreilles, obéissant à la voix de l’ange, ce qui a été la cause de tout notre bonheur ; de ses yeux, par les larmes pour nous impétrer le pardon de nos crimes ; de ses lèvres, par les chastes baisers qu’elle a donnés à divin enfant pour le réconcilier avec hommes ; de sa bouche et de sa langue, servant d’avocate ; de son cœur sacré, y portant celui qui soutient toute la machine monde et lui ôtant les armes des mains, les foudres qu’il devait lancer sur nos têtes criminelles ; de ses mains et de ses bras, servant notre débonnaire Sauveur pour nous acquérir la glorieuse qualité de ses serviteurs ; de ses chastes mamelles, allaitant celui qui nous nourrit de sa grâce et de précieux corps et sang ; de son ventre sacré, qui l’a porté pour nous délivrer de l’enfer ; de ses pieds, par les voyages qu’elle a faits de sa maison aux montagnes de Judée, de Nazareth en Bethléem, de la Palestine en Egypte, accompagnant son Fils bien-aimé pendant les jours de sa conversation avec les hommes, visitant après sa mort les lieux saints et suivant saint Jean l’Evangéliste, son fils adoptif, en Ephèse, et tout cela nous obtenir tant de dons et de grâces dont le ciel nous favorise continuellement.


mardi 4 juillet 2017

Hymne au précieux Sang du Sauveur

Le Créateur, dans sa juste colère, a sous les eaux vengeresses englouti l'univers coupable, Noé seul étant sauvé dans l'arche ; puis la merveilleuse violence de l'amour a lavé dans le Sang l'univers.

Imbibée d'une telle pluie de salut, l'heureuse terre, qui n'abondait qu'en épines, a produit des fleurs ; et l'absinthe a pris le goût du nectar. Soudain le serpent cruel a perdu son poison funeste, et des bêtes féroces est tombée la fureur : du doux Agneau blessé telle fut la victoire.

Ô de la science souveraine profondeur insondable ! Ô suavité jamais assez louée d'un cœur rempli d'amour ! L'esclave était digne de mort, le Roi subit la peine dans sa bonté.

Quand par des fautes nous provoquons la colère du Juge, alors mettons-nous sous l'abri de ce Sang toujours prêt à plaider pour nous : l'armée des maux suspendus sur nos têtes alors se dissipera.

Racheté par vous, plein de vos dons, que l'univers vous loue en sa reconnaissance, Ô guide de l'éternel salut, divin auteur de la grâce, qui possédez avec le Père et l'Esprit les royaumes bienheureux. Amen.


samedi 1 juillet 2017

1er juillet, mois du Précieux Sang, jour de consécration du Canada au Coeur immaculé de Marie


Les Evêques du Canada
Les évêques du Canada sont invités à consacrer le pays au Cœur immaculé de la bienheureuse Vierge Marie dans le cadre des célébrations marquant le 150e anniversaire de la Confédération. Chaque évêque est invité à consacrer son diocèse ou éparchie, le 1er juillet 2017 ou à une autre date autour de la même période qui convienne mieux à la réalité pastorale locale. De même, un évêque peut choisir d'inviter les prêtres à consacrer leur propre paroisse ou mission dans le cadre des célébrations marquant l'anniversaire de la Confédération.

Plus tard dans l'année, tous les évêques du Canada seront invités à participer conjointement à la consécration du pays à la bienheureuse Vierge Marie à la suite de la célébration de la sainte eucharistie lors de l'Assemblée plénière de la CECC en septembre 2017.

La ressource catéchétique pour les adultes qui a été préparée par la CECC explique que la consécration est « le renouvellement de notre première consécration au baptême », mais « dans la forme particulière d'un engagement personnel ». Notant que la bienheureuse Vierge Marie brille « dans la communauté des croyants comme le parfait exemple, l'icône et le modèle de ce que c'est que de vivre par la foi », la ressource affirme qu'« en implorant l'aide de Notre-Dame... nous accueillons avec joie et enthousiasme les joies de la condition de disciples dans l'œuvre de la Nouvelle Évangélisation. » De même quand montrant comment la consécration à Marie est liée aux enseignements du Concile Vatican II, la ressource catéchétique pour les adultes mentionne également les exemples des récents Papes qui ont consacré ou confié l'Église à Marie, tout en notant l'importance de la dévotion à Marie dans l'histoire de l'Église au Canada et de l'Église universelle.

~ Dans le contexte de l'année mariale en 1954, pendant une célébration au Sanctuaire national de Notre-Dame du Cap (près de Trois-Rivières, au Québec) présidée par Messieurs les cardinaux James McGuigan et Paul-Émile Léger, alors archevêque de Toronto et archevêque de Montréal respectivement, tous les évêques catholiques du Canada ont consacré le pays au Cœur immaculé de Marie. Cette première de deux années mariales déclarées par le Souverain Pontife a marqué le centenaire de la proclamation solennelle du dogme de l'Immaculée Conception de Marie. ~


Prière pour la consécration du Canada au Cœur immaculé de la bienheureuse Vierge Marie le 1er juillet 2017

Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église, quand les premiers croyants chrétiens sont débarqués sur nos rives, ils ont planté une croix faite du bois frais du Nouveau Monde en témoignage de leur foi en ton Fils et en la puissance de sa Résurrection, plaçant ainsi leurs vies sous ta protection maternelle et te vénérant comme l’Immaculée Conception. Tu nous montres comment mener une vie exempte de péché dans le Christ Jésus et, par notre baptême, nous espérons partager pleinement avec toi la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Tu nous as accompagnés tout au long de notre chemin à travers l’histoire, en temps de paix, de conflit et de réconciliation, jusqu’au moment où nous sommes parvenus à un sentiment plus fort d’unité et d’appartenance à la patrie.

Pleins de confiance, nous venons à toi aujourd’hui pour rendre grâce au Seigneur à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération du Canada. Rassemblés dans la communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous nous plaçons complètement dans le sanctuaire de ton Cœur et confions le passé, le présent et l’avenir du Canada à tes soins maternels.

Notre Dame du Cap
Pour cette raison, moi, Mgr N., archevêque/évêque/métropolite/éparque de N., je remets à ton Cœur Immaculé la portion du Peuple de Dieu qui m’a été confiée. Avec les autres archevêques, métropolites, évêques et éparques du Canada, je consacre aussi tout le peuple de notre pays à ton Cœur maternel qui nous enseigne à faire confiance au projet d’amour de Dieu.

Mère immaculée de Dieu, nous nous trouvons à la croisée des chemins dans notre histoire; nous sommes reconnaissants pour les progrès de la science et les nouvelles découvertes, toutefois, nous savons que le cœur humain peut être trompé par les intérêts égoïstes, et les conceptions erronées de la personne et de la liberté humaines. Aide-nous, en tant que catholiques, à vivre en paix avec toutes les personnes de bonne volonté et à dialoguer avec respect et amitié.

Mère aimante de Notre Seigneur, aide-nous à défendre la liberté de religion au Canada, et les droits naturels des parents et des familles; inspire-nous à protéger les enfants à naître, à aider les pauvres et les marginalisés, et à soutenir les malades et les personnes âgées. Parfois alourdis par nos problèmes, mais pleins de confiance en l’avenir, nous nous tournons vers toi, la nouvelle Ève, la Mère de tous les vivants, pour trouver secours et vigueur.

Ton Fils est le premier né de la Nouvelle Création de Dieu et tu en es le chef-d’œuvre : intercède pour nos Églises, pour tout notre peuple, spécialement les peuples autochtones, premiers intendants de cette terre du Canada, et tous ceux et celles qui viennent y vivre, s’y réfugier ou la visiter.

[Tous ensemble] Puisse la Croix de ton Fils, plantée en sol canadien et dans les cœurs des Canadiens et Canadiennes, être reconnue comme l’Arbre de vie, dont les fruits sont visibles et accessibles à chacune et à chacun dans le jardin de ce monde.

Marie notre Mère, nous plaçons notre pays, le Canada, dans le sanctuaire de ton Saint Cœur parce que nous savons que nous y trouverons Jésus, qui vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.


Faisons maintenant appel à l’intercession de la Vierge Marie en l’invoquant sous les vocables qui lui ont été spécialement attribués au Canada :

Litanie pour le Canada

Sainte Marie, prie pour nous.
Sainte Mère de Dieu, prie pour nous.
Sainte Vierge des vierges, prie pour nous.
Mère du Christ, prie pour nous.
Mère de l’Église, prie pour nous.
Saint Cœur de Marie, prie pour nous. (Saint François de Laval)
Cœur immaculé de Marie, prie pour nous. (Les jésuites ont consacré leur mission à l’Immaculée Conception)
Étoile de la mer, prie pour nous. (Les Acadiens)
Notre-Dame de Roc Amadour, prie pour nous. (Jacques Cartier)
Notre-Dame de la Recouvrance, prie pour nous. (Samuel de Champlain)
Notre-Dame du Cap, prie pour nous.
Notre-Dame des Victoires, prie pour nous.
Notre-Dame du Bon Secours, prie pour nous. (Ste. Marguerite Bourgeoys)
Notre-Dame du Rosaire, prie pour nous.
Notre-Dame des Douleurs, prie pour nous.
Notre-Dame du Bon Conseil, prie pour nous.
 Notre-Dame des Neiges, prie pour nous.
Notre-Dame des Prairies, prie pour nous.
Notre-Dame de Guadalupe, prie pour nous. (Patronne des Amériques)
Notre-Dame du Perpétuel Secours, prie pour nous.
Notre-Dame du Canada, prie pour nous.



jeudi 29 juin 2017

Saint Pierre et Saint Paul, priez pour le Pape et l'Eglise

D’après Jeffrey Mirus, docteur en philosophie, université de Princetown (EU). Trad. DC/APL

La question que se posent aujourd’hui de nombreux catholiques est : “Mais que faisait le Saint-Esprit pendant le conclave qui a élu Jorge Bergoglio ?” 

La réponse est très simple : le Saint-Esprit faisait ce qu’il fait toujours fait ; il a incité les cardinaux à voter pour le seul bien de l’Eglise. Mais le Saint-Esprit n’a pas choisi le pape : ce choix, il l’a laissé aux caprices des hommes, c’est-à-dire à leur capacité de répondre librement à la grâce. En d’autres termes, le Saint-Esprit n’organise pas les votes en vue de l’élection du meilleur candidat. Il n’y a donc aucune garantie que le choix des cardinaux reflète la volonté de Dieu, même si le choix d’un homme particulier comme pape obtient incontestablement l’assentiment de Dieu. 

Heureusement, quoi qu’il advienne, l’Eglise catholique jouit des garanties divines. Toutefois, elles ne sont pas nombreuses.
Le Christ n’a promis que d’être avec l’Eglise jusqu’à la fin des temps en l’assurant que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Cela signifie essentiellement que le Saint-Esprit ne permettra pas que soit perdue la constitution divine de l’Eglise (sa structure hiérarchique), et garantira que la plénitude de tous les moyens de salut sera toujours disponible dans l’Eglise. Ainsi, les sacrements de l’Eglise seront toujours de puissantes sources de grâce, les enseignements magistraux de l’Eglise seront toujours exempts d’erreur et l’Eglise restera le Corps mystique du Christ placé sous l’autorité du Seigneur représenté sur terre par son Vicaire ; le successeur de Pierre.

Mais le Christ n’a jamais garanti d’avoir des cardinaux capables de choisir le meilleur d’entre eux pour être pape. Il n’empêche donc pas les électeurs membres du Collège des cardinaux de moins de 80 ans de succomber à certaines influences : l’ignorance, le mensonge, la partialité, les objectifs mal conçus et les tentations de toute nature, y compris celles qui sont d’ordres politique et financier. Personne n’ignore, d’ailleurs, qu’il y a eu dans l’histoire de l’Eglise des périodes au cours lesquelles l’office pontifical avait été acheté et vendu sous l’influence de dirigeants politiques puissants ou de familles influentes.

Parmi les faiblesses des cardinaux électeurs, il en est une qui est et sera toujours bien présente : l’ignorance. Des cardinaux venant du monde entier ne peuvent pas, dans la plupart des cas, bien se connaître. Donc, ils votent souvent en se fiant à des impressions incomplètes ou même inexactes concernant les forces et des faiblesses des différentes personnes susceptibles de succéder à Saint Pierre. Ils voteront parfois pour un candidat particulier auquel on attribue des capacités qui, par la suite se révèleront être inexistantes. Enfin, beaucoup de cardinaux s’appuieront sur les conseils d’autres cardinaux en qui, sagement ou imprudemment, ils placent leur confiance.

L’histoire nous montre que si un grand nombre de papes ont fait preuve de sainteté (plus de 80 ont été canonisés), parmi tout ceux qui ne sont pas considérés comme saints, on en trouve qui n’ont pas été de grands exemples pour l’Eglise :
- Le pape Libère (352-356) : sous la pression politico-théologique des ariens, il a condamné le héraut de l’orthodoxie, saint Athanase. Il a également signé une déclaration équivoque qui pouvait être interprétée dans un sens arien aussi bien que catholique. Certes, il a enduré l’exil avec un certain courage, mais il fut tout de même le premier pape après Saint Pierre à n’être pas reconnu saint.
- Le pape Etienne VI (vers 896-897) : exerçant son pouvoir dans une période de troubles politiques et religieux, il fait exhumer et mettre en jugement le corps d’un de ses prédécesseurs (le pape Formose). Après condamnation du défunt (!), il fait ôter les vêtements du cadavre, fait couper deux doigts puis jette le corps dans le Tibre.
- Le Pape saint Célestin V (1294) : ce saint moine est un administrateur totalement incompétent. Au milieu d’agitations il démissionne six mois après son élection. 
- Jean XXII (1316-1334) : ce pape d’Avignon enseigne dans ses sermons et ses lettres que ceux qui ont été sauvés au moment de leur mort ne jouissent de la vision béatifique qu’après le jugement final. Cependant, il se rétracte un peu plus tard.
- Le Pape Alexandre VI (1492-1503) : le “fameux” pape Borgia, élu par l’influence d’une puissante famille italienne, est coupable à la fois de népotisme et d’avoir une maîtresse. D’autres papes élus durant la Renaissance auront une vie opulente et mèneront des guerres pour favoriser leurs intérêts. Une réforme sérieuse n’aura eu lieu que lorsque le pape Paul III engagera ce qui va devenir le Concile de Trente, dont les décisions seront mises en œuvre par le pape saint Pie V (1566-1572).
- Le pape Jean-Paul Ier (1978) : il décède subitement après un pontificat de seulement 33 jours. Il nous a donne toutefois donné une idée assez juste de ce qu’est le travail de la Providence divine : ce qu’on a retenu de lui étaient son sourire et son goût pour les œuvres de Mark Twain... Mais sa mort a ouvert la voie à l’élection du Pape Jean-Paul II qui a eu à diriger l’Eglise durant une époque périlleuse dans l’Histoire catholique et qui a été considéré comme saint.

Ces exemples montrent bien que le choix d’un pape n’offre aucune garantie. 

L'Eglise du Christ, une barque dans la tempête
Bien sûr, la Divine Providence est à l’œuvre pour tout ce qui se passe dans l’Eglise et dans le monde. Nous savons que rien ne se produit sans au moins la permission de Dieu qui est tellement au-dessus de nous qu’il n’a aucune difficulté pour tout transformer en vue de la réalisation de son projet final. Etant hors du temps, Dieu voit “tout à la fois”, pour ainsi dire. Sa Providence englobe donc tout selon son propre plan, sans pour autant limiter notre liberté.

Enfin, nous devons nous rappeler que le Saint-Esprit agit continuellement en sachant ce qu’il fait. Ainsi, de même que la mort subite de Jean-Paul I a ouvert la voie à l’élection de Saint Jean-Paul II considéré comme un des grands papes de l’histoire, il est également possible de considérer le pontificat actuel comme une leçon visant à nous rappeler nos responsabilités face à un christianisme en déclin.

La première expérience de ce pontificat peut s’avérer moyen de sortir l’Eglise de sa torpeur. Le prochain conclave se tournera-t-il vers les églises jeunes et dynamiques ? Les cardinaux choisiront-ils le successeur du pape François parmi les cardinaux venus d’Afrique ? Dieu seul le sait. Mais le Saint-Esprit ne se lasse pas et notre travail consiste à le prier et à lui faire confiance.



mardi 27 juin 2017

Acte d'offrande de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à Jésus-Eucharistie

Le moulage et le découpage d'hosties, détail d'une photo de Sainte Thérèse de Lisieux et de ses sœurs carmélites

Ceci est mon Corps, livré pour vous.
Offrande de moi-même comme Victime d'Holocauste (Sg 3,6)
à l'Amour Miséricordieux du Bon Dieu

O mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Eglise en sauvant les âmes qui sont sur la terre et (en) délivrant celles qui souffrent dans le purgatoire. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m'avez préparé dans votre royaume, (Jn 14,2) en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu ! d'être vous-même ma Sainteté. (Jn 3,16)

Puisque vous m'avez aimée jusqu'à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Époux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi, je vous les offre avec bonheur, vous suppliant de ne me regarder qu'à travers la Face de Jésus et dans son Cœur brûlant d'Amour.

Je vous offre encore tous les mérites des Saints (qui sont au Ciel et sur la terre) leurs actes d'Amour et ceux des Saints Anges ; enfin je vous offre, ô Bienheureuse Trinité ! l'Amour et les mérites de la Sainte Vierge, ma Mère chérie, c'est à elle que j'abandonne mon offrande la priant de vous la présenter. Son divin Fils, mon Époux Bien-Aimé, aux jours de sa vie mortelle, nous a dit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père, en mon nom, il vous le donnera ! » (He 5,7 Jn 16,23) Je suis donc certaine que vous exaucerez mes désirs; je le sais, ô mon Dieu ! (plus vous voulez donner, plus vous faites désirer). Je sens en mon cœur des désirs immenses et c'est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme. Ah ! je ne puis recevoir la Sainte Communion aussi souvent que je le désire, mais, Seigneur, n'êtes-vous pas Tout-Puissant ?... Restez en moi, comme au tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie…

Je voudrais vous consoler de l'ingratitude des méchants et je vous supplie de m'ôter la liberté de vous déplaire, si par faiblesse je tombe quelquefois qu'aussitôt votre Divin Regard purifie mon âme consumant toutes mes imperfections, comme le feu qui transforme toute chose en lui-même…

Je vous remercie, ô mon Dieu! de toutes les grâces que vous m'avez accordées, en particulier de m'avoir fait passer par le creuset de la souffrance. C'est avec joie que je vous contemplerai (Sg 3,5-6 Mt 24,30) au dernier jour portant le sceptre de la Croix ; puisque vous (avez) daigné me donner en partage cette Croix si précieuse, j'espère au Ciel vous ressembler et voir briller sur mon corps glorifié les sacrés stigmates de votre Passion... (Jn 20,27 Ga 6,17)

Après l'exil de la terre, j'espère aller jouir de vous dans la Patrie, mais je ne veux pas amasser de mérites pour le Ciel, je veux travailler pour votre seul Amour, dans l'unique but de vous faire plaisir, de consoler votre Cœur Sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement.

Messe de Saint Grégoire le Grand
Au soir de cette vie je paraîtrai devant vous les mains vides car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. (Is 64,6) Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d'autre Trône et d'autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé !...

A vos yeux le temps n'est rien, un seul jour est comme mille ans, vous pouvez donc en un instant me préparer à paraître devant vous... (Ps 90,4)

Afin de vivre dans un acte de parfait Amour je m'offre comme victime d'holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, (Jn 7,38) laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu'ainsi je devienne Martyre de votre Amour, ô mon Dieu !...

Que ce martyre après m'avoir préparée à paraître devant vous me fasse enfin mourir et que mon âme s'élance sans retard dans l'éternel embrassement de Votre Miséricordieux Amour...

Je veux, ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon cœur vous renouveler cette offrande un nombre infini de fois, jusqu'à ce que les ombres s'étant évanouies je puisse vous redire mon Amour dans un Face à Face Eternel !... (Ct 4,6 1Co 3,12)

Marie, Françoise, Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face
rel. carm. ind.
Fête de la Très Sainte Trinité
Le 9 juin de l'an de grâce 1895.


Lettre enluminée du Sacrifice de la Messe
O Dieu caché dans la prison du tabernacle ! c'est avec bonheur que je reviens près de vous chaque soir, afin de vous remercier des grâces que vous m'avez accordées et d'implorer mon pardon pour les fautes que j'ai commises pendant la journée qui vient de s'écouler comme un songe… (Is 45,15 Ps 89,5)

O Jésus ! que je serais heureuse si j'avais été bien fidèle, mais hélas ! souvent le soir je suis triste car je sens que j'aurais pu mieux répondre à vos grâces... Si j'étais plus unie à Vous, plus charitable avec mes sœurs, plus humble et plus mortifiée, j'aurais moins de peine à m'entretenir avec vous dans l'oraison. Cependant, ô mon Dieu ! bien loin de me décourager par la vue de mes misères, je viens à vous avec confiance, me souvenant que : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. » (Mt 9,12) Je vous supplie donc de me guérir, de me pardonner, et moi je me souviendrai, Seigneur, « que l'âme à laquelle vous avez remis davantage, doit aussi vous aimer plus que les autres !...» (Lc 7,42-43) Je vous offre tous les battements de mon cœur comme autant d'actes d'amour et de réparation et je les unis à vos mérites infinis. Je vous supplie, ô mon Divin Epoux, d'être vous-même le Réparateur de mon âme, d'agir en moi sans tenir compte de mes résistances, enfin je ne veux plus avoir d'autre volonté que la vôtre ; et demain, avec le secours de votre grâce, je recommencerai une nouvelle vie dont chaque instant sera un acte d'amour et de renoncement.

Après être ainsi venue chaque soir au pied de votre Autel, j'arriverai enfin au dernier soir de ma vie, alors commencera pour moi le jour sans couchant de l'éternité où je me reposerai sur votre Divin Cœur des luttes de l'exil !... 



dimanche 25 juin 2017

A propos de la lettre Amoris Laetita et des questions qu'elle pose


Très Saint-Père,


Cardinal Caffara
C’est avec une certaine trépidation que je m’adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu’entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l’église de Dieu, qu’Il a acquise par son sang ».

Cardinal Meisner
Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,
Cardinal Brandmüller
Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s’agit pas seulement de l’accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu’une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

Cardinal Burke
De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. » Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

+ Carlo Card. Caffarra
Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste





samedi 24 juin 2017

Coeur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs, priez pour nous

Coeur Sacré de Jésus
Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon, par Mgr. Matthieu, Archevêque de Besançon

De toutes les pratiques dont la piété se sert pour honorer la sainte Vierge, celle qui plaisait le plus à l’âme tendre de Boudon était la dévotion à son saint cœur. Il vit avec transport cette dévotion se propager et s’étendre par les soins du P. Eudes malgré les oppositions, de l’esprit de parti et la répugnance de ceux que ses clameurs intimidaient. Il s’empressa d’attacher ses jeunes condisciples au culte de ce cœur compatissant et de le leur montrer comme le canal de toutes les grâces et de toutes les bénédictions célestes.

Coeur immaculé de Marie
Des considérations si consolantes devaient agir puissamment sur leur esprit ; aussi la fête du cœur de Marie fut elle mise au rang des principales fêtes de la congrégation. On se servit pour la solenniser du livre que venait de publier le célèbre missionnaire qui mettait sous son appui sa société naissante. Tous les jours, on récitait les litanies qu’il avait composées en son honneur devant un tableau que Boudon avait fait faire et qui représentait les cœurs de Jésus et de Marie environnés d’anges adorateurs avec ces paroles : Cor Jesu et Mariœ cœtûs nostri gloria.

Ce tableau était l’unique ornement de la salle où ils se réunissaient comme pour leur montrer que rien ne devait les distraire de l’application à ces objets sacrés. Ils les saluaient en y entrant par d’humbles génuflexions ou par des exclamations courtes et vives qui marquaient qu’ils avaient placé en eux toute leur force et toute leur espérance.