vendredi 22 août 2014

Sainte Marie, Reine des Anges et des hommes - Litanies du saint Cœur immaculé de Marie

Seigneur ayez pitié de nous,
Jésus Christ ayez pitié de nous,
Seigneur ayez pitié de nous,

Jésus Christ écoutez-nous,
Jésus Christ exaucez-nous,

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,
Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Cœur de Marie, très pure dès votre origine, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, rempli de grâces, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, béni par-dessus tous les cœurs, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, image vivante du Sacré-Cœur de Jésus, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, objet des complaisances de Jésus, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, abîme d'humilité, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, siège de la miséricorde, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, fournaise du divin amour, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, océan de bonté, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, prodige d'innocence et de sainteté, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, miroir de toutes les perfections divines, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, en qui a été formé le Sang de Jésus-Christ, prix de notre Rédemption, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, qui par vos ardents désirs, avez hâté le salut du monde, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, qui obtenez la grâce aux pécheurs, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, qui conserviez fidèlement les paroles de Jésus-Christ, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, percé du glaive de douleur, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, rempli d'amertume dans la Passion de Jésus-Christ, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, attaché à la croix avec Jésus-Christ crucifié, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Vierge à l'Enfant,
panneau peint dans la sacristie
de la Cathédrale d'Evreux
Cœur de Marie, enseveli avec Jésus-Christ dans le tombeau, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, prenant une nouvelle vie à la Résurrection de Jésus-Christ, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, comblé d'une joie ineffable à l'Ascension de Jésus-Christ, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, recevant une nouvelle abondance de grâces à la descente du Saint-Esprit, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, consolation des affligés, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, refuge des pécheurs, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, espérance et asile de tous ceux qui vous sont dévoués, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, secours et soutien des mourants, obtenez-nous la grâce du divin amour.
Cœur de Marie, la joie et les délices des Anges et des Saints dans le Ciel, obtenez-nous la grâce du divin amour.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur,
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur,
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


Prions.
Ô Dieu infiniment bon qui, pour le salut des pécheurs et le refuge des affligés, avez donné au Cœur Immaculé de Marie, une sainte ressemblance de charité et de miséricorde avec le Cœur adorable de votre divin Fils, faites qu'en célébrant la mémoire de ce Cœur aimable et toujours saint, nous puissions par ses mérites, prendre un Cœur selon le Cœur de Jésus. Nous le demandons par Jésus-Christ même, qui vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.




Cœur de Marie en fleur.

jeudi 21 août 2014

Centenaire de la mort de Saint Pie X, pp

Nous célébrons cette année le centenaire de la naissance au Ciel d’un très grand Pape, Saint Pie X. Confions-lui l’Eglise et ses pasteurs.

Tombeau du Pape Saint Pie X, Saint-Pierre du Vatican

Le lundi 31 juillet 1903, les 64 cardinaux électeurs sont quasiment tous présents à Rome pour l’inhumation du pape Léon XIII , qui a lieu le samedi 25 juillet 1903 dans la basilique du Latran.

Léon XIII, pp.
Ils se rassemblent chaque jour en congrégations, sous l’autorité du cardinal Louis Oreglia di San Stefano, évêque d’Ostrie et Velietri, doyen du Sacré Collège et Camerlingue. La date d’entrée en Conclave a été fixée au vendredi 31 juillet à 17h00.

Depuis la mort de Léon XIII, les pronostics vont bon train dans les milieux journalistiques, diplomatiques et ecclésiaux. Sur les 62 cardinaux finalement présents , 58 appartiennent aux grandes puissances européennes de l’époque (Italie, France, Autriche-Hongrie, Allemagne, Espagne). Les "papabile" les plus souvent cités sont :
- le cardinal Mariano Rampolla, ex-Secrétaire d’Etat du feu pape, archi-favori, soutenu notamment par les "partis" français, espagnol, et russe ;
- le cardinal Girolamo Gotti, ex-préfet de la Congrégation de la Propagande (missions), carme, soutenu principalement par les partis allemand et autrichien ;
- le cardinal Serafino Vanutelli, ex-Grand Pénitencier, qui a également les faveurs des partis germaniques ; mais il a un frère également cardinal, Vincenzo, ce qui fait craindre un pontificat "népotique" ;
            - le cardinal Giuseppe Sarto, patriarche de Venise, qui n’est certes pas dans les grands favoris, mais qui est une personnalité très populaire en Italie et dans l’Eglise de la Péninsule.

Ce vendredi 31 juillet donc, à 17h00, la procession solennelle des cardinaux se forme pour entrer dans la chapelle Sixtine. Chaque cardinal n’a le droit qu’à deux accompagnateurs. Le cardinal Sarto a choisi son secrétaire, Monsignor Giovanni Bressan, comme "conclaviste", et le comte Stanislao Muccioli comme accompagnateur "garde noble".

Sur chaque côté de la chapelle ont été installées les stalles des cardinaux. Chaque siège est surmonté d’un baldaquin. Lorsque le nouveau Pape aura accepté le choix des urnes, tous les baldaquins seront abaissés sauf celui de l’élu.

Le conclave fonctionnera sous la maîtise d’œuvre du cardinal Oreglia, Doyen, assisté d’un secrétaire du conclave, Monseigneur Rafaël Merry del Val, archevêque métropolitain in partibus de Nicée, président de l’Académie des Nobles Ecclésisatiques, d’un Gouverneur du Conclave, Monseigneur Cagiado de Azevedo, et d’un Maréchal du Conclave, le prince Mario Chigi.

Conclave, dans la chapelle Sixtine
Après la cérémonie de prestation individuelle du serment d’entrée en Conclave, les cardinaux gagnent leurs cellules, la chambre n° 57 au troisième étage du palais pour le cardinal Sarto, puis se retrouvent pour un temps de prières. Puis, il est 20h00, les cérémoniaires parcourent les couloirs pour crier le troisième extra omnes (Tous dehors) tandis que le cardinal Oriegla et ses assistants vérifient que toutes les portes sont fermées et que toutes les ouvertures sont murées.

Les cardinaux sont désormais seuls avec le Saint-Esprit pour élire le successeur de Pierre.

Depuis qu’il est prêtre, et peut-être même depuis le séminaire, le cardinal Giuseppe Sarto ne dort que 4 à 5 heures par nuit.

Alors que veut-il dire lorsqu’au matin de ce samedi 1er août 1903, après sa première nuit dans sa cellule du Conclave, il confie à son secrétaire, Mgr Bressan, qu’il n’a pas pu trouver le sommeil et qu’il a passé une grande partie de la nuit en prières ?

Au matin, après avoir procédé à leur toilette et pris leur petit-déjeuner, éventuellement avec domestiques et barbier sous l’autorité de leur garde-noble, les cardinaux se retrouvent en la chapelle Sixtine pour assister "en communion" à une messe célébrée par le cardinal Doyen et communient de sa main.

Débutent ensuite les travaux du premier vote. Le cardinal Sarto est assis dans sa stalle ; à côté de lui, à gauche, selon l’ordre protocolaire, le cardinal Angelo di Pietro, ex-préfet de la Congrégation du Concile ; et à sa droite, le cardinal Domenico Stampa, archevêque de Bologne.

Il remplit soigneusement le bulletin de vote de 15 cm sur 12 cm sur lequel figure son chiffre et sa devise (Instaurare omnia in Christo). De sa belle écriture, il inscrit le nom de celui pour lequel il se prononce, puis il signe à l’emplacement indiqué, et rabat les volets de son identification, ne laissant apparaître que le nom choisi.

Son tour venu, le cardinal se lève et se dirige vers l’autel situé au fond de la chapelle Sixtine, sous la fresque monumentale du "Jugement dernier" de Michel-Ange.

Devant l’autel, qui porte un crucifix, il prononce le serment préalable au vote, puis dépose son bulletin sur la patène d’un grand calice, le fait glisser dans le calice, repose la patène sur le vase sacré et regagne sa place dans les stalles.

Dehors, devant la basilique Saint-Pierre, la foule s’est massée qui scrute avec attention et impatience le maigre tuyau de la cheminée du poêle de la chapelle Sixtine. Mais on sait bien, en fait, qu’il est fort improbable que le Pape soit élu dès ce premier jour de scrutin.

En fin de matinée, vers 11h30, quelques flocons de fumée apparaissent qui deviennent vite une épaisse fumée sombre. “Sfumata nera” : aucun des cardinaux n’a obtenu les deux tiers des voix nécessaires à son élection.

En fin d’après-midi, c’est encore de la fumée sombre qui s’échappe de la cheminée.

Les scrutins de la journée sont conformes à la liste des "papabile", sauf en ce qui concerne le cardinal Serafino Vanutelli qui n’obtient pas un score significatif.

Ces résultats font dire au cardinal Sarto, s’adressant en latin sous forme de boutade au cardinal Lecot, archevêque de Bordeaux, "Ils veulent s’amuser avec mon nom !".
                                                                                                             
S.Em.R. le Cardinal
Merry del Val
Mais, à nouveau, le doigt de Dieu était pointé sur le fils de paysan de Riese, celui que beaucoup, à commencer par lui-même, désignaient comme un "simple curé de campagne".

Ce dimanche 2 août 1903, la matinée s’est bien passée, mais le vote n’est toujours pas concluant. Le cardinal Rampolla fait le même score que la veille, 29 voix, mais le cardinal Gotti baisse fortement (9 voix) au profit du cardinal Sarto qui totalise désormais 21 voix.

Dans l’après-midi, premier coup de tonnerre sur le Conclave : le cardinal Puzyna Kniaz de Kozielsko, prince-archevêque de Cracovie en Pologne, alors sous domination autrichienne, lut une déclaration de l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie François-Joseph prononçant un "veto d’exclusion" contre le cardinal Rampolla. .

Le cardinal Rampolla s’était levé et avait calmement répliqué qu’au nom des principes il protestait "contre l’atteinte faite à la liberté et à la dignité du Sacré Collège" et maintenait donc sa candidature. Mais en ce qui le concernait personnellement "rien ne pouvait m’arriver de plus agréable et de plus honorable".

Le cardinal Oreglia, Doyen, fit également une déclaration de protestation solennelle contre cette intervention politique et affirma que le Conclave entendait garder sa pleine liberté.

Cela fut confirmé par le second vote du jour, auquel le cardinal Rampolla obtint 30 voix, soit une de plus que le matin. Le cardinal Gotti n’en avait plus que 3, et le cardinal Sarto 24 voix, progressant encore.

Mais ce sursaut du cardinal Rampolla n’était qu’un trompe-l’oeil, et tous le savaient. Il n’était malheureusement pas envisageable d’élire un pape qui ne serait pas reconnu par l’empire austro-hongrois, d’autant que le cardinal Rampolla ne progressait plus en voix et que ses "opposants" étaient somme toute nombreux et déterminés. La solution, évidente pour une grande partie des cardinaux, était donc de reporter les voix sur le cardinal Sarto ; il apparaissait aux uns et aux autres, pour des raisons souvent différentes, comme le plus adéquat ; il était déjà en deuxième position et son charisme et sa bonhomie en avaient séduits plus d’un depuis le début des congrégations.

Mais l’intéressé n’était pas de cet avis. Au fur et à mesure des scrutins, son angoisse grandissait, et sa très grande émotivité craignait au plus haut point ce que sa brillante intelligence lui indiquait : ce serait lui.

Ce même soir du dimanche 2 août (NB. Solennité de Notre-Dame des Anges), après le dépouillement du quatrième scrutin, un second coup de tonnerre s’abat sur la Sixtine. Le cardinal Sarto déclare "qu’il n’était pas fait pour la papauté, que l’on avait manifesté sur son nom sans le consulter".

Ce soir-là, lorsque les cardinaux regagnent leur cellule, le Conclave, que l’on prévoyait de courte durée, semble dans l’impasse ; et le cardinal Sarto est dans la détresse.

La soirée et la nuit ne furent pas bonnes, probablement pour aucun des cardinaux électeurs, et certainement furent-elles exécrables pour le cardinal Sarto.

Plusieurs cardinaux le rencontrèrent et s’entretinrent avec lui, qui dans les couloirs du palais, qui dans sa cellule du troisième étage.

Tous le pressaient d’accepter la direction que la Providence divine donnait au Conclave : son élection. En italien, ou en latin avec ceux qui ne le parlaient pas, le cardinal Sarto écoutait les arguments et leur opposait toujours le même "Je n’en suis pas capable, je n’en suis pas digne !".

La nuit se passa en prières, avec beaucoup de larmes pour le patriarche de Venise. Mais pas plus que les cardinaux, l’Esprit Saint ne réussit cette nuit à faire fléchir les terribles appréhensions du cardinal vénitien.

Au matin de ce lundi 3 août, le cinquième tour de scrutin ne laisse plus planer de doute : si le cardinal Rampolla obtient encore 24 voix, en baisse de 6 par rapport au scrutin précédent, le cardinal Sarto en totalise 27, et "passe en tête" !
 
Saint Pie X, à son bureau, avec son fidèle ami, le Cardinal
Merry del Val
A l’énoncé de ce scrutin, le cardinal Sarto se lève immédiatement ; tous les témoignages concordent : il est excessivement pâle, il tremble, et sa voix est mêlée de sanglots ; il déclare à ses pairs qu’il est "indigne du choix que plusieurs ont fait de sa personne" et supplie de façon pathétique "que l’on reporte sur d’autres les suffrages et la charge".
                                                                   
Pendant l’heure de midi, les cardinaux se dispersent. Le cardinal-doyen Oreglia, toujours préoccupé par l’impasse actuelle du Conclave, a l’intention de faire une déclaration rendant officiel le refus du cardinal Sarto d’accepter la charge s’il était élu. Il lui faut pour cela l’accord de ce dernier, et demande au secrétaire du Conclave, Monseigneur Merry del Val, d’aller en faire la proposition à l’intéressé.

Vers midi, Monseigneur Merry finit par trouver le cardinal Sarto dans la chapelle Pauline, absorbé dans une intense prière devant le tableau de la Vierge "Notre Dame du Bon Conseil".

 Dans une scène presque surnaturelle, le cardinal confirme à Monseigneur Merry qu’il souhaite bien que le Doyen fasse la déclaration officielle selon laquelle il refuserait la charge du ministère pétrinien s’il était élu. Puis Mgr Merry le quitte en lui disant "Eminence, soyez courageuse, le Seigneur vous aidera !"

Quel a été le poids exact de cette entrevue entre deux hommes que la Providence ne séparera plus ? Lorsque reprend la séance du Conclave pour l’après-midi, et avant que le cardinal Oreglia ne fasse la déclaration prévue, le cardinal Sarto cédae aux dernières instances pressantes de ses collègues.

Au scrutin du soir, le cardinal Rampolla n’obtient plus que 16 voix ; le cardinal Sarto, avec 35 voix, n’est plus qu’à 8 voix du pontificat suprême.

Dans son premier grand texte officiel, sa déclaration de programme pour le gouvernement de l’Eglise, le pape Pie X écrira dans les premières lignes : "... il est inutile de vous rappeler avec quelles larmes et quelles ardentes prières Nous Nous sommes efforcés de détourner de Nous la charge si lourde du Pontificat suprême ..."  !

Ce soir du lundi 3 août 1903, et cette nuit encore, larmes et prières ne viendront pas totalement à bout de l’angoisse et des appréhensions de celui qui est encore pour quelques heures Giuseppe cardinal Sarto, patriarche de Venise.

Au premier scrutin de ce mardi 4 août au matin, le cardinal Sarto obtient 50 voix, soit beaucoup plus que la majorité des deux tiers requise.

Saint Pie X, sur le trône de Saint Pierre
Sa réaction montre qu’il est encore partagé entre terreur et raison. Le cardinal Matthieu rapporte : "Le cardinal Sarto était accablé. Il avait les yeux pleins de larmes, des gouttes de sueur perlaient sur ses joues, et il parut prêt de s’évanouir." On l’entendit dire à ses pairs "Quelle croix vous m’imposez !" et, comme toujours, associer "Mamma Margherita" au choix de Dieu : "Oh ma chère mère, ma mère bien-aimée !"

Selon le rituel canonique, le cardinal-doyen Oreglia s’approche alors de lui et lui demande s’il accepte l’élection qui le fait souverain pontife. La réponse n’est pas celle attendue : "Quoniam calix non potest transire, fiat voluntas Dei !"
Afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté, le cardinal Oriegla repose la question, avec, dit-on, une nuance d’impatience. Cette fois le cardinal Sarto répond canoniquement "J’accepte", et ajoute "In crucem ! (comme une croix !)".

Lorsque le Doyen lui demande quel nom il souhaite prendre, le cardinal Sarto hésite un instant. Il a pensé à Benoît, notamment en souvenir du pape Benoît XI (1303-1304) qui était, comme lui, originaire du diocèse de Trévise. Mais son choix se porte finalement sur le nom "Pie" et il répond "Pius Decimus".

Le Conclave de cette année 1903 est terminé. Dans la chapelle Sixtine, tous les baldaquins sont abaissés, sauf celui qui est au-dessus du siège du cardinal élu. Ce mardi 4 août le cardinal Giuseppe Melchiorre Sarto est devenu le 257ième pape de l’Eglise catholique  sous le nom de Pie X. Il sera "couronné", selon l’expression en vigueur à l’époque, le dimanche suivant 9 août.




vendredi 15 août 2014

Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, Reine des Anges et des Hommes, Reine de France



Sa Sainteté le Pape Pie XII a composé, à l’occasion de la définition solennelle du dogme de l’Assomption,  cette prière qui fut récitée par lui en italien le 1er novembre 1950 en conclusion de son discours.


Le vénérable Pape Pie XII, priant
O Vierge immaculée, Mère de Dieu et Mère des hommes : Nous croyons avec toute la ferveur de notre foi en votre Assomption triomphale en âme et en corps, au Ciel où Vous êtes acclamée Reine par tous les chœurs des anges et par toutes les phalanges des saints ; et nous, nous nous unissons à eux pour louer et bénir le Seigneur, qui Vous a exaltée au-dessus de toutes les autres créatures, et pour Vous offrir l’élan de notre dévotion et de notre amour.

Nous savons que votre regard, qui maternellement enveloppait l’humble et souffrante Humanité de Jésus sur la terre, se rassasie au Ciel en voyant la glorieuse Humanité de la Sagesse incréée, et que la joie de votre âme à contempler face à face l’adorable Trinité fait tressaillir votre cœur de béatifiante tendresse ; et nous, pauvres pécheurs, nous dont le corps alourdit le vol de l’âme, nous Vous supplions de purifier nos sens, afin que nous apprenions, dès ici-bas, à goûter Dieu, Dieu seul, dans le charme des créatures ; Nous avons confiance que vos regards miséricordieux s’abaissent sur nos misères et nos angoisses, sur nos luttes et nos faiblesses ; que vos lèvres sourient à nos joies et à nos victoires ; que Vous entendez la voix de Jésus Vous dire de chacun de nous, comme jadis à Son disciple bien-aimé : « Voilà votre fils » ; et nous, qui Vous invoquons comme notre Mère, nous Vous prenons, comme Jean, pour guide, soutien et consolation de notre vie mortelle.

Abbaye Saint-Martin de Mondaye,
Assomption
Nous avons la vivifiante certitude que vos yeux, qui ont versé des larmes sur la terre baignée du sang de Jésus, se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l’oppression des justes et des faibles ; et nous, dans les ténèbres de cette vallée de larmes, nous attendons de votre céleste lumière et de votre douce pitié le soulagement des peines de nos cœurs, des épreuves de l’Eglise et de notre patrie.

Nous croyons enfin que, dans la gloire où Vous régnez, parée du soleil et couronnée d’étoiles, Vous êtes, après Jésus, la joie et l’allégresse de tous les anges et de tous les saints ; et nous, de cette terre où nous passons en pèlerins, réconfortés par la foi en la résurrection future, nous regardons vers Vous, notre vie, notre douceur, notre espérance ; attirez-nous par la suavité de votre voix, pour nous montrer un jour après notre exil, Jésus, le fruit béni de votre sein, ô clémente, ô bonne, ô douce Vierge Marie ! Amen.



Saint-Vincent - Saint-Remy,
vitrail de l'église de Pussay

lundi 11 août 2014

11 août - Saint Taurin, Apôtre d'Evreux




Du vénérable abbé Henri Marie Boudon,

« Vie de Saint Taurin », chap 12
Saint Taurin,
détail de la châsse


On a écrit avec bien du sujet que les saints sont les rédempteurs des villes et des lieux où ils sont patrons, que par leurs prières ils en détournent les calamités publiques et particulières, et qu’ils y attirent toutes sortes de bénédictions.

La préservation de la ville d’Evreux de l’hérésie en a été une très singulière et si considérable que les députés du clergé vers Charles IX en obtinrent pour ce sujet qu’elle serait exempte de prêche.

Allons donc avec confiance au glorieux saint Taurin : notre Père, notre pasteur, notre apôtre, notre patron, notre protecteur dans toutes nos nécessités et pour obtenir de la suradorable Trinité toutes sortes de grâces. Laissons-nous à Notre Seigneur Jésus-Christ, pour être renouvelés dans l’esprit de piété envers ce saint.

Procession
L’ancien cérémonial de plus de quatre cents ans, de l’abbaye qui porte son nom à Evreux, après avoir exhorté à célébrer sa grande fête avec une sainte joie, nous apprend que tous les religieux étaient revêtus d’aubes blanches - dont il y en avait quatre qui portaient des chapes à la solennité des vêpres, qu’il y en avait six des principaux qui les portaient à l’invitatoire des matines, que les chanoines de la cathédrale assistaient à l’office, que la Messe principale était célébrée pontificalement par l’Évêque et, en son absence, par le doyen ou une autre dignité, qu’il y avait trois diacres et trois sous diacres qui servaient la sainte Messe deux chanoines, deux religieux et deux chapelains de la cathédrale, que l’on portait solennellement à la procession le chef de Saint Taurin et le chef de saint Lau.

L’ancien Martyrologe de la même abbaye dit que l’on faisait la fête de la translation des reliques de ces deux saints le cinquième d’août. On voit aussi dans les anciennes leçons dont nous avons parlé plusieurs fois, que l’on célébrait la fête de l’invention du corps de saint Taurin, qui est le cinquième de septembre, avec octave.

La châsse précieuse de ses sacrées reliques que nous voyons présentement en son église et monastère des religieux de Saint-Benoit, dans l’un des faubourgs de la ville d’Evreux, a été donnée par vœu par Gilbert de Saint-Martin qui en était pour lors abbé, l’année 1239. L’église de Lezoux, en Auvergne, ayant pour patron Saint-Taurin fait la fête de sa translation le 21 de novembre. Il est aussi le patron de la célèbre abbaye de Fécamp qui en fait la fête de première classe.


Abbaye Saint-Taurin d'Evreux, gravure.


vendredi 8 août 2014

8 août - Saint Dominique, fondateur des frères prêcheurs

Saint Dominique, Apôtre du Rosaire

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, "Le triomphe de la Croix", partie III, chap. 4, le triomphe de la Croix dans sa dévotion aux anges et aux saints


Saint Dominique, l'un des plus zélés dévots de l'immaculée Mère de Dieu qui fut jamais, instituant le Rosaire, a été cause d'une infinité de biens qui en sont arrivés.

Tous les saints Dominicains, priez pour nous !
Mais pour le réciter selon le dessein de ce grand patriarche, il faut considérer, en le disant, les mystères de la vie et de la mort de notre bon Sauveur, ou ses mystères opérés après sa glorieuse résurrection ; et cette dévotion était un grand supplément au défaut des livres qui traitent de ces sujets pour les personnes ignorantes, et un grand secours même aux plus habiles ; car le rosaire de la très sacrée Vierge, pris dans son véritable esprit, donne une ample matière et d'une manière aisée et propre à toutes sortes de personnes pour s'occuper de notre bon Sauveur Jésus-Christ, de ce qu'il a fait et souffert pour nous, et la méditation de sa précieuse vie et mort est autant utile que nécessaire à tous les Chrétiens et apporte une grande gloire à Dieu, qui est la fin de toutes choses.

Il serait à désirer, qu'en apprenant le chapelet, l'on apprît les mystères de Jésus-Christ et de sa très pure Mère pour les considérer avec attention et avec amour et, sans cela, souvent, c'est un exercice qui se fait avec beaucoup de tiédeur, de distraction et qui n'est pas accompagné des grâces signalées qui y sont accordées. Mais c'est un malheur assez ordinaire, l'on s'arrête à l'extérieur ! 








mercredi 6 août 2014

Transfiguration du Seigneur

Homélie sur l'évangile de la Transfiguration, par saint Léon le Grand, pape

La Transfiguration, par Raphaël

Le Seigneur découvre Sa gloire à des témoins choisis, et la forme corporelle qu’Il a pareille à celle des autres hommes, Il l’illumine d’une telle splendeur que Son visage devient éclatant comme le soleil et Son vêtement blanc comme la neige.

En cette Transfiguration, son but principal était sans doute de détruire dans le cœur de Ses disciples le scandale de la Croix et d’empêcher, en leur révélant l’excellence de Sa dignité cachée, que leur foi ne fût troublée par les abaissements de Sa Passion volontaire. Mais Sa Providence avait un autre et non moindre dessein, celui de donner un fondement à l’espérance de la sainte Église. Elle voulait lui faire connaître de quelle transformation tout le corps du Christ devait être gratifié, en sorte que ses membres pussent se promettre d’avoir part un jour à la gloire qui avait resplendi dans le chef.

Mais pour affermir la foi des Apôtres et les conduire à une science parfaite, une autre instruction est donnée en ce miracle. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la Loi et les prophètes, apparurent, s’entretenant avec le Seigneur. La présence de ces 5 hommes (Moïse, Élie et les 3 Apôtres) remplit en toute vérité la condition posée par cette parole de l’Écriture : Le témoignage de 2 ou 3 hommes fait toujours foi (Deut. 19,15).

Quoi de plus solidement établi qu’un fait proclamé à la fois par les trompettes de l’Ancien et du Nouveau Testament, où se réunissent dans un commun accord la doctrine évangélique et les instruments des antiques témoignages? Les pages des 2 Alliances se corroborent mutuellement, mais ce que l’ancienne nous avait promis en symboles et sous le voile des mystères, la splendeur de la gloire présente nous le montre à découvert.

L’Apôtre Pierre, enflammé par la révélation de ces mystères sacrés, n’ayant plus que mépris pour le monde et dégoûté des choses de la terre, était comme ravi hors de lui par le désir des biens éternels. Tout plein de la joie de toute cette vision, il voulait habiter avec Jésus ce lieu même où la manifestation de Sa gloire le rendait heureux. C’est pour cela qu’il s’écrie "Seigneur, il nous est bon d’être ici. Si Tu le permets, faisons ici 3 tentes, une pour Toi, une pour Moïse et une pour Élie." Mais le Seigneur ne répondit pas à cette suggestion, signifiant par-là, non pas que ce désir était coupable, mais qu’il était désordonné.


Le monde, en effet, ne pouvait être sauvé que par la mort du Christ; et par l’exemple du Seigneur, la foi de ceux qui croient doit être telle assurément qu’ils n’aient aucun doute sur la réalité des promesses de bonheur qui leur ont été faites; mais il faut que nous comprenions aussi qu’au milieu des épreuves de la vie présente, nous devons solliciter la grâce de les supporter avec constance, avant de réclamer la gloire.

Basilique de la Transfiguration du Mont Thabor, mosaïques du chœur.