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lundi 15 août 2022

Dormition et Assomption de Notre Dame au plus haut des Cieux - Fête nationale de la France


Du Pape Benoît XVI

Marie est élevée corps et âme à la gloire du ciel et avec Dieu et en Dieu, elle est Reine du ciel et de la terre.

Est-elle si éloignée de nous? Bien au contraire. Précisément parce qu'elle est avec Dieu et en Dieu, elle est très proche de chacun de nous.

Lorsqu'elle était sur terre, elle ne pouvait être proche que de quelques personnes. Etant en Dieu, qui est proche de nous, qui est même "à l'intérieur" de nous tous, Marie participe à cette proximité de Dieu.

Etant en Dieu et avec Dieu, elle est proche de chacun de nous, elle connaît notre cœur, elle peut entendre nos prières, elle peut nous aider par sa bonté maternelle et elle nous est donnée - comme le dit le Seigneur, - précisément comme "mère", à laquelle nous pouvons nous adresser à tout moment.

Elle nous écoute toujours, elle est toujours proche de nous, et, étant la Mère du Fils, elle participe de la puissance du Fils, de sa bonté. Nous pouvons toujours confier toute notre vie à cette Mère, qui est proche de tous.



Etole sacerdotale, ornée d'inscriptions en l'honneur de la solennité de l'Assomption


mercredi 8 décembre 2021

Solennité de l'Immaculé Conception de Notre Dame

 

"Inviolata, integra et casta es..." de Josquin des Prez


Saint Bernard, De laudibus Virginis Matris,
Homélie 2, n. 3


Adam ! Que disais-tu ? « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! » Ce sont des paroles perfides. Par elles tu augmentes la faute plus que tu ne l’effaces. Cependant la Sagesse a vaincu la perfidie.


Il fut donné femme pour femme ; la prudente pour l’étourdie ; l’humble pour l’orgueilleuse. Au lieu du bois de la mort, qu’elle t’offre le goût de la vie, et au lieu de cet aliment empoisonné d’amertume, qu’elle engendre la douceur du fruit éternel.


Transforme donc la parole de malhonnête excuse en chant d’action de grâces, et dis : Seigneur, la femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre de vie, et j’ai mangé, et c’est devenu doux à mon palais plus que le miel, car par lui tu m’as rendu la vie.

Voilà pourquoi l’ange fut envoyé à la Vierge ! O Vierge admirable, la plus digne de tout honneur ! O femme singulièrement vénérable, merveilleuse au-delà de toutes les femmes ; pour les parents, réparatrice ; pour les enfants, vivificatrice.


jeudi 7 octobre 2021

Fête de Notre Dame du saint Rosaire

Notre Dame du saint Rosaire

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », 2e traité, chap. 18

Les saints mystères du Rosaire

Sans elle (la Très Sainte Vierge Marie) nous aurions fait perdre la foi à la plupart de ceux qui la conservent encore ; elle obtiendra le paradis à ceux qui lui seront véritablement dévots et qui s’acquitteront dignement du saint Rosaire. Après cela le fidèle serviteur de la glorieuse Vierge, saint Dominique, fit réciter le saint Rosaire à haute voix et posément par tout le peuple et les diables sortaient en troupes du corps de ce malheureux en paraissant comme des charbons de feu. Cet exemple admirable tiré des Annales ecclésiastiques fait bien voir le pouvoir des prières adressées à l’auguste souveraine du paradis. Mais c’est tout dire que d’assurer que le Tout Puissant qui est son Fils ne lui peut rien refuser.





mercredi 15 septembre 2021

Les sept douleurs de Notre Dame



Des Apophtegmes des Pères du désert


Abba Isaac se rendit chez abba Poemen et, tandis qu’ils étaient assis, il le vit en extase. Et il le supplia, en disant: «Où était ta pensée, abba?» Le vieillard dit: «Là où était sainte Marie à pleurer près de la croix du Sauveur. Et moi, je voudrais toujours pleurer.»

dimanche 12 septembre 2021

Et le nom de la Vierge était MARIE

Je suis l'Immaculée Conception

De même que quelques jours après Noël on célèbre le Saint Nom de Jésus, ainsi après la fête de la Nativité de Marie, on glorifie son Saint Nom.

Huit jours après la naissance de la Vierge comme cela se pratiquait chez les Juifs, ses saints Parents, inspirés de Dieu, disent saint Jérôme et saint Antonin, l’appelèrent Marie.

Aussi, au cours de l’Octave de la Nativité, la liturgie a-t-elle une fête qui nous fait honorer ce saint Nom.

L’Espagne, avec l’approbation que lui donna Rome, en 1513, fut la première à la célébrer, et en 1683, elle fut étendue par le Bienheureux Innocent XI à toute l’Église pour remercier Marie de la victoire que Jean Sobieski, roi de Pologne, venait de remporter contre les Turcs qui assiégeaient Vienne et menaçaient l’Occident.

« Le nom de la Vierge, dit l’Évangile, était Marie ».

« Le nom hébreu de Marie en latin Domina, signifie Dame ou Souveraine ; en effet l’autorité de son Fils Dominateur du monde la constitue Souveraine de fait et de nom dès sa naissance ».

Aussi, comme nous appelons Jésus Notre-Seigneur, nous disons de Marie qu’elle est Notre-Dame.

Prononcer son Nom, c’est affirmer sa toute-puissance.

Offrons le saint Sacrifice à Dieu pour honorer le très saint Nom de Marie et obtenir par sa prière d’éprouver en tous lieux sa protection sur nous.

Et les boulangers de Vienne, pour célébrer la victoire contre les musulmans,
inventèrent le croissant à dévorer à pleine dents.

dimanche 15 août 2021

Fête nationale de la Dormition et de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, Reine des Anges et des Saints, modèle de tous les baptisés

icône contemporaine de la Dormition de Marie

Antiennes des Offices de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie au plus haut des Cieux. Sainte Mère, intercède pour nous, la France dont tu es la première Patronne céleste, l'Eglise et le monde entier !

1ères Vêpres :

Le Christ est monté au ciel, il a préparé pour sa mère une demeure éternelle, alléluia.

À cause d'Ève, l'ange ferma la porte du Paradis ; grâce à Marie, s'est ouverte pour nous la porte de la vie, alléluia.

Vierge Marie, Dieu fait pour toi des merveilles !

(Magnificat) Exaltons le Seigneur : il s'est penché sur son humble servante pour l'élever dans la gloire du ciel, alléluia.


Office de Vigiles :

(invitatoire) Venez, adorons le Roi des rois : aujourd'hui la Vierge sa mère est élevée dans les cieux.

Élève-toi, Marie, reine du ciel, entre dans la demeure illuminée du Roi de gloire.

Chante ta joie, Jérusalem, car tu es la maison du Seigneur.

On raconte ce qui fait ta gloire, Vierge Marie.


Office de Laudes :

Sainte Vierge Marie, par toi le salut est entré dans le monde. Réjouis-toi près du Seigneur.

La Vierge Marie est élevée au-dessus des anges. Réjouissons-nous. Bénissons le Seigneur.

Le Seigneur a magnifié ton nom : tous les anges diront ta louange.

(Benedictus) Tu es belle et radieuse, fille de Sion, tu surgis comme l'aurore.

Reine des Anges et des Saints,
intercède pour nous

Tierce, Sexte et None :

Heureuse Mère de Dieu ! Tu es pareille au cèdre du Liban, au cyprès sur la montagne de Sion.

Louange à toi, Marie, reine du ciel : de toi nous est venu le Soleil de justice.

La sainte Mère de Dieu est élevée au-dessus des anges.


2e Vêpres :

La Vierge Marie est élevée au ciel ; tous les anges bénissent le Seigneur.

Elle resplendit de la gloire de Dieu, elle a l'éclat d'une pierre précieuse.

Tu es bénie du Seigneur, toi qui nous as donné le fruit de la vie.

(Magnificat) Aujourd'hui, la Vierge Marie est montée au ciel. Soyez dans l'allégresse : avec le Christ elle règne à jamais.



Salut, Reine des cieux !
Salut, souveraine des anges !
Salut, tige de Jessé ! Salut, porte
d’où la lumière s’est levée sur le monde !
Réjouis-toi, Vierge glorieuse,
qui l’emportes sur toutes en beauté !
Adieu, ô toute belle,
et prie le Christ pour nous.


jeudi 5 août 2021

Notre-Dame des neiges, fête de Sainte-Marie Majeure

Notre-Dame de Tindari

Prière à la Mère de Dieu de Saint Nicolas de Jichtra

Des vagues de passion perturbent mon esprit, une grande tristesse et une grande angoisse ont submergé mon âme. 

Embaume mon âme dans la paix de ton fils, ô Très Sainte, et par Sa Grâce éloigne tout doute et tout désespoir. 

Calme la tempête de mes péchés, qui, comme un ver de feu, me brûle, et éteins en moi sa flamme.

Remplis mon cœur de joie, ô Très Pure, et disperse le brouillard de mes iniquités, qui me trouble. 

Illumine-moi de la Lumière de Ton Fils. 

Impuissante est mon âme, et tout m'est ardu, même la prière. 

Me voici, froid comme une pierre, ma bouche murmurant des prières, tandis que mon cœur reste immobile, car il est étouffé dans l'angoisse. 

Fais fondre la glace qui entoure mon âme et réchauffe mon cœur de ton amour.

Je me fie pas à la protection humaine, mais je me prosterne devant Toi, ô Très Pure souveraine Mère de Dieu, ne me rejette pas, mais prête l'oreille à la prière de ton serviteur. 

La tristesse m'a vaincu; je ne puis plus supporter les attaques démoniaques.

Notre-Dame du Puy
Je n'ai nulle protection; il n'est nul refuge pour le misérable que je suis, et dans ce combat, je suis toujours blessé ne bénéficiant d'aucune protection, il n'existe pas de refuge pour moi, pauvre homme, et dans cette bataille, je suis à jamais blessé. 

Je n'ai d'autre consolation que toi, ô Souveraine. 

Ô espérance et protection de tous les croyants, ne rejette pas ma prière. Amen!

Ô Très Sainte Mère du Christ, Très Pure, Très Sainte Génitrice de Dieu, Satan me bat comme les vagues de la mer contre un navire, me poursuivant le jour et me tourmentant la nuit. 

Je n'ai pas de paix; en turbulence est mon âme, mon esprit tremble. 

Entends-moi, ô Très Sainte et aide-moi. 

Intercède devant le cher Seigneur, afin qu'Il aie pitié de moi et me pardonne les péchés que j'ai commis. 

Ô Très Sainte Mère de Jésus, ta grâce est grande, elle est le plus puissant adversaire des pouvoirs de l'Hadès. 

Tu es capable de sauver même le plus grand des pécheurs qui, ayant été jeté dans les profondeurs de l'enfer par les puissances impures, ferait appel à toi. 

Ainsi, sauve-moi, car vois, Satan me fera trébucher et détruira ma foi, mais j'ai confiance dans le Seigneur. 

Je te magnifie, toi Qui es plus Sainte que les Chérubins et les Séraphins.


Notre-Dame de Montserrat

mercredi 14 juillet 2021

France, fille aînée de l'Eglise, reviens à ton Dieu par les prières de Marie, ta Reine


De Sa Sainteté le Pape Pie XI,
extrait de la Lettre apostolique proclamant Notre-Dame de l'Assomption patronne principale de la France, Rome, 2 mars 1922

Les pontifes romains nos prédécesseurs ont toujours, au cours des siècles, comblé des marques particulières de leur paternelle affection la France, justement appelée la fille aînée de l'Eglise. […]

Il est certain, selon un ancien adage, que le Royaume de France a été appelé le Royaume de Marie, et cela à juste titre.

Car depuis les premiers siècles de l'Eglise jusqu'à notre temps, Irénée et Eucher de Lyon, Hilaire de Poitiers, Anselme, qui de France passa en Angleterre comme archevêque, Bernard de Clairvaux, François de Sales, et nombre d'autres saints docteurs, ont célébré Marie et ont contribué à promouvoir et amplifier à travers la France le culte de la Vierge Marie de Dieu. A Paris, dans la très célèbre université de Sorbonne, il est historiquement prouvé que dès le XIII° siècle, la Vierge a été proclamée conçue sans péché.

[…] La Vierge-Mère en personne, trésorière de toutes grâces de Dieu, a semblé, par des apparitions répétées, approuver et confirmer la dévotion du peuple français.

Bien plus, les principaux et les chefs de la nation se sont fait gloire longtemps d'affirmer et de défendre cette dévotion envers la Vierge. Converti à la vraie foi du Christ, Clovis s'empresse, sur les ruines d'un temple druidique, de poser les fondements de l'église Notre-Dame, qu'acheva son fils Childebert. Plusieurs temples sont dédiés à Marie par Charlemagne. Les ducs de Normandie proclament Marie reine de la nation. Le roi saint Louis récite dévotement chaque jour l'office de la Vierge. Louis XI, pour l'accomplissement d'un vœu, édifie à Cléry un temple à Notre-Dame. Enfin, Louis XIII consacre le royaume de France à Marie et ordonne que chaque année, en la fête de l'Assomption de la Vierge, on célèbre dans tous les diocèses de France de solennelles fonctions : et ces pompes solennelles, nous n'ignorons pas qu'elles continuent de se dérouler chaque année. […]

C'est pourquoi, […] nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie, mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité.



samedi 12 juin 2021

Cœur immaculé de Marie


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu seul ou le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », chap. 3, Honorer arec toute sorte de respect la maternité divine, et l'amour incomparable du précieux cœur de la glorieuse Vierge

Mais il a plu à Dieu de susciter en nos jours en son Église une très sainte congrégation de missionnaires ; instituée par le révérend P. Jean Eudes, l'un des plus zélés et fervents serviteurs de notre auguste princesse, qui est toute dévouée et consacrée en l'honneur de cet aimable cœur. Ces dignes missionnaires, très recommandables pour la pureté de leur doctrine, et leur zèle incroyable pour le salut des âmes, prêchant l'Évangile avec une vertu sans pareille dans les villes et campagnes, y établissant à même temps la dévotion solide du cœur virginal de Marie : ils procurent que l'on y érige une association ou confrérie en son honneur par la permission de nos seigneurs les prélats, ayant dressé à cette fin de beaux statuts et d'excellents règlements : ils obtiennent le pouvoir d'en faire la fête tous les ans le 8 de février ; et comme leur amour est grand, ils inspirent quantité de moyens pour bénir et louer cet aimable cœur. Ils ont fait bâtir un magnifique temple sous l'invocation de ce saint cœur en la ville de Coutances en Normandie, où l'on en célèbre la fête tous les ans, comme il a été dit, le 8° jour de février, avec une octave solennelle. Ils en font mémoire dans l'office comme de patron, et leur zèle a reçu tant de bénédictions du ciel, que cette dévotion, malgré toutes les oppositions de l'enfer et de la terre, et même de quelques gens de bien, commence à se répandre en grand nombre de lieux de différentes provinces.

Les séminaires de Rouen, de Lisieux et de Bayeux en font une haute profession, aussi bien que celui de Dijon, ville qui, conservant encore l'esprit de dévotion envers la sainte Vierge, qu'elle a autrefois reçue de saint Bernard, se rend considérable par les honneurs extraordinaires qu'elle rend à son précieux cœur.

L'office de ce sacré cœur composé par le révérend P. Jean Eudes, que nous avons loué ci-dessus, remplit les langues, dit un grand archevêque, du miel et du lait de la sainte épouse ; et le cœur de la tendresse des plus saintes affections, et il l'appelle un recueil, et comme une empreinte de toutes les suavités que les saintes lettres et les saints Pères ont laissées à l'Église, tirées avec tant de pureté que les vérités de notre foi ni les pratiques des bonnes mœurs n'y courent aucun hasard, mais y peuvent être goûtées comme en leur source. L'on peut dire avec vérité que c'est un office des plus dévots que nous ayons, et qu'il semble que la sainte Vierge en ait inspiré la douceur ; il est bien difficile de le lire avec attention sans avoir le cœur saintement attendri. Grand nombre de prélats ont reçu cette dévotion en leurs diocèses, en ont approuvé l'office, et permis aux prêtres de le faire et d'en célébrer la fête le jour que nous avons marqué. Il s'en fait une grande solennité en la célèbre abbaye de Montmartre, par la singulière piété, de la princesse qui en est la très digne abbesse. La même dévotion se pratique chez les religieuses Bénédictines du Saint-Sacrement de Paris, qui étant toutes dédiées à l'amour de Jésus au très-saint Sacrement, ne respirent que la gloire de la Mère de cet adorable Dieu-Homme, qu'elles honorent comme leur abbesse, ayant mis leur maison, leurs personnes, tout ce qu'elles ont, tout ce qu'elles font, sous la direction et dépendance très particulière de la glorieuse Mère de Dieu, par les soins de leur vertueuse et zélée supérieure, l'une des plus fidèles esclaves de notre auguste maîtresse.

 


lundi 31 mai 2021

Fête de la Visitation


Sermon de Saint Ambroise de Milan sur l’Evangile de S. Luc,
« Heureuse, toi qui as cru »

Lorsque l’ange annonce à Marie le mystère de sa maternité virginale, il lui apprend, pour éclairer sa foi par un exemple, qu’une femme âgée et stérile a conçu, ce qui fait comprendre que Dieu peut accomplir tout ce qu’il a décidé. Dès que Marie l’eut appris, elle partit vers la montagne de Judée. Ce n’était de sa part ni incrédulité en la prophétie, ni incertitude sur cette annonce, ni doute sur l’exemple proposé. Elle partait dans l’allégresse de son désir, pour l’accomplissement d’un service, avec l’empressement de sa joie.

Elle qui était maintenant remplie de Dieu, où pouvait-elle se rendre avec empressement, sinon vers les hauteurs ? La grâce du Saint-Esprit ne connaît pas les hésitations ni les retards. L’arrivée de Marie et la présence du Seigneur manifestent aussitôt leurs bienfaits, car, au moment même où Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle, et elle fut remplie de l’Esprit Saint. ~ Élisabeth est comblée après avoir conçu, Marie, avant d’avoir conçu. Heureuse, lui dit Élisabeth, toi qui as cru. Heureux, vous aussi qui avez entendu et qui avez cru ; car toute âme qui croit conçoit et engendre le Verbe et le reconnaît à ses œuvres.

Que l’âme de Marie soit en chacun de vous, pour qu’elle exalte le Seigneur ; que l’esprit de Marie soit en chacun de vous, pour qu’il exulte en Dieu. S’il n’y a, selon la chair, qu’une seule mère du Christ, tous engendrent le Christ selon la foi. Car toute âme reçoit le Verbe de Dieu, pourvu qu’elle soit irréprochable et préservée des vices en gardant la chasteté dans une pureté intégrale. Toute âme qui peut vivre ainsi exalte le Seigneur, comme l’âme de Marie a exalté le Seigneur, et comme son esprit a exulté en Dieu son Sauveur.

En effet, le Seigneur est exalté, comme vous l’avez lu ailleurs : Exaltez le Seigneur avec moi. Certes, la parole humaine ne peut faire grandir le Seigneur, mais c’est en nous qu’il est exalté ; en effet, le Christ est l’image de Dieu. Par conséquent, si l’âme agit de façon juste et religieuse, elle exalte cette image de Dieu, à la ressemblance de qui elle a été créée ; et par conséquent, en exaltant cette image, elle s’élève par une certaine participation à sa sublimité.

La Visitation, par Giovanni Francesco da Rimini

dimanche 2 mai 2021

Mois de Marie


Extraits de l'office de Vêpres orthodoxes du Vendredi de la semaine du Renouveau

Merveille inouïe, ce que le Maître des cieux en toi, ô Vierge immaculée, a commencé d’accomplir; car du ciel il est tombé comme pluie en ton sein, divine Épouse, faisant de toi la Source d’où jaillissent tous les biens, d’où s’épanche en abondance le flux des bienfaits, des guérisons, pour ceux dont l’âme a besoin d’être affermie ou sollicitent la guérison de leur corps dans les flots de la grâce. 

Ô Vierge, tu fais sourdre le flot des guérisons sur les fidèles qui accourent en tout temps à ta source, Épouse de Dieu; comme un don généreux et abondant, sur les malades tu répands les remèdes guérisseurs; tu rendis la vue aux aveugles s’approchant de toi, tu redressas de nombreux estropiés et pansas les blessures de tant de cœurs brisés; des hydropiques, des asthmatiques tu as guéri les maux; celui qui était mort, tu l’as vivifié par une triple effusion.

Ô Source, qui pourrait dire ton pouvoir souverain, tes miracles, cet inépuisable trésor, tes interventions surnaturelles pour nous guérir? Sublimes bienfaits que tu répands sur nous tous, car tu n’écartes pas seulement les graves maladies de ceux qui accourent avec ardeur auprès de toi, mais de leurs âmes tu laves aussi les passions, leur conférant ta pureté, toi qui procures au monde la grâce du salut. 

Réjouis-toi, Source vivifiante submergeant, comme flot de la mer, de tes miracles l’entier univers; spirituel Océan surpassant l’abondance du Nil en l’effusion de la grâce de Dieu; nouvelle fontaine de Siloé faisant sourdre comme du rocher l’eau des miracles étonnants; toi qui possèdes la vertu du Jourdain, tu es en outre la manne du salut, riche et abondante pour qui se trouve dans le besoin, Vierge et Mère du Christ, qui répands sur le monde la grâce du salut. 

Fidèles, en des chants sublimes célébrons la céleste Nuée, la Vierge qui sur terre a fait pleuvoir, comme l’eau du ciel, le Christ source-de-vie, eau vive, flot divin, jaillissant et faisant sourdre l’immortalité, ambroisie et céleste nectar qui ne s’épuise pas lorsqu’on en boit, mais désaltère les âmes consumées par la soif; ceux qui en boivent sobrement de leur propre sein font jaillir les flots divins qui répandent sur tous l’inépuisable ondée de la grâce de Dieu.  

Amis de la fête, faisons retentir les sonneries de trompe au milieu de nos chants, dans l’exultation et les danses de joie; près des flots intarissables de la vivifiante Source que se rassemblent les princes et les rois pour puiser à la source la grâce abondamment ! Elle a sauvé maint empereur, son contact a fait lever les malades de leur lit; venez tous, fidèles et pasteurs, buvons à la Nuée porteuse de pluie, puisons à la source le flot du salut: il procure la délivrance des maladies, la force au milieu des dangers, le rafraîchissement à ceux qui ont soif; les aveugles y recouvrent la vue, les sourds y trouvent l’ouïe, les patients, la guérison; ceux qui souffrent mille morts y découvrent la vie et nous tous, la source qui verse à tout croyant en tout lieu les ondes du salut; aussi, battant des mains, nous chantons: Vierge pure dont la Source répand l’eau vive en un flot qui ne tarit, pour tes serviteurs intercède sans répit. 

Tropaire de la Source vivifiante, ton 1 

Ton temple, ô Mère de Dieu, est devenu le Paradis, faisant sourdre l’intarissable flot des guérisons, et nous fidèles, comme à la Source vivifiante nous puisons la santé et l’éternelle vie, car tu intercèdes auprès de celui qui est né de toi, le Christ notre Sauveur, pour le salut de nos âmes.

Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a triomphé de la mort, il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie.



jeudi 25 mars 2021

Annonciation du Seigneur


Saint Pierre Chrysologue, sermon 142

Vous avez entendu aujourd’hui, mes très chers frères, l’ange qui s’entretenait avec la femme de la réparation du genre humain. Vous avez entendu que son mandat consistait à ce que l’homme retourne à la vie par le même parcours par lequel il avait chuté dans la mort. Il pactise, l’ange, il discute avec Marie au sujet du salut, comme le démon avait trafiqué avec Ève la ruine de l’humanité. Vous avez entendu que, du limon de notre chair, l’ange, avec un art ineffable, construisait le Temple de la divine Majesté. Vous avez entendu que, par un mystère incompréhensible, Dieu était logé sur la terre, et l’homme dans le ciel. Vous avez entendu que, d’une façon inouïe, Dieu et l’homme étaient comme mélangés dans un seul corps. Vous avez entendu que, par l’exhortation angélique, la nature fragile de notre chair a été fortifiée pour porter toute la gloire de la Déité. Et enfin, pour que la terre sablonneuse de notre corps délicat ne succombe pas sous le poids de la Construction céleste érigée en Marie, et pour que ne casse pas la branche fragile qui, dans la vierge, devait porter tout le Fruit du genre humain, la voix de l’ange invite aussitôt Marie à fuir la crainte en disant : Ne crains pas, Marie.


Ne crains pas, Marie. Avant de donner la raison de son ambassade, l’ange proclame la dignité de la vierge en la nommant par son nom : Marie, car en hébreu et en latin, Marie signifie dame. L’ange l’appelle donc madame, pour que l’agitation et le tremblement qui sont le propre de l’esclavage s’éloignent de la mère du Dominateur. Qu’elle ait été dame à sa naissance et qu’elle en ait porté le nom, elle le doit à la dignité royale de ses ancêtres. Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce. Il n’est que trop vrai que qui a trouvé la grâce ne saurait craindre. Tu as trouvé la grâce. Auprès de qui ? Auprès de Dieu. Bienheureuse est-elle celle qui, parmi les hommes, a mérité d’entendre ce qui la place avant tous. Tu as trouvé la grâce. En quelle quantité ? Autant qu’il a été dit : la plénitude. Grâce qu’elle ferait pleuvoir avec abondance sur toute créature.

Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. En disant cela, l’ange se demande avec émerveillement si la femme est seule à avoir mérité la vie, ou si tous les hommes l’ont méritée par la femme. L’ange est dans la stupeur à la pensée que la totalité de la Divinité descend dans l’exiguïté de l’utérus de la vierge, Elle pour qui tout l’ensemble de la création est un iota. Voilà pourquoi l’ange procède lentement. Il l’appelle vierge parce qu’elle le méritait, il l’interpelle en se référant à la grâce, sans avoir auparavant indiqué à celle qui l’écoutait la raison de sa visite. Il laisse son esprit dans l’attente pour attirer son attention. Considérez, mes frères, quelle révérence et quelle crainte il convient que nous apportions à un tel mystère, quand ce n’est pas sans crainte que l’ange lui-même parle de la crainte à son interlocutrice.

 


jeudi 31 décembre 2020

Mère Mère de Dieu. Invoquons souvent le cœur maternel et immaculé de Notre Dame

Sainte Marie proclamée Mère de Dieu au saint Concile d'Ephèse (431)

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu seul ou le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », chap. 3, Honorer arec toute sorte de respect la maternité divine, et l'amour incomparable du précieux cœur de la glorieuse Vierge

C'est une chose qui n'avait jamais été ouïe, dit le dévot saint Bernard, qu'une Vierge fût mère et vierge tout ensemble : mais si vous considérez de qui elle est Mère, où est-ce que nous portera l'admiration d'une si éminente dignité ? N'est-ce pas Marie, qui peut sans crainte appeler le Dieu et le Seigneur des anges, son fils, disant : Mon Fils, pourquoi avez-vous fait cela ? (Luc, II, 48) Qui est-ce des anges qui oserait parler de la sorte ? Mais Marie se connaissant mère, donne avec assurance le nom de fils à cette sublime Majesté que les anges adorent avec respect ; ce Dieu à qui les anges font hommage, à qui les principautés et puissances obéissent, était sujet à Marie, et non-seulement à Marie, mais aussi à Joseph pour l'amour de Marie.

Qu'une Vierge, poursuit ce Père, domine dessus un Dieu, c'est une sublimité qui n'a jamais eu et qui n'aura jamais de pareille. Mais toutes ces élévations si éminentes ont pris leur origine de ses humiliations abyssales : c'est par l'humilité qu'elle a conçu, disent les Pères, s'abîmant devant l'infinie majesté de Dieu, qui s'anéantissait pour nous dans ses pures entrailles au moment de l'incarnation : et ce fut pour lors qu'étant élevée à une dignité presque infinie par la qualité de Mère de Dieu, que le ciel lui donnait, elle ne prit que celle de sa servante, et l'on peut bien croire qu'elle choisit même le plus bas et vil degré de servitude, qui est celui de l'esclavage. Dieu ayant arrêté les yeux sur cette humilité de sa servante, comme elle le chante elle-même dans son divin cantique (Luc., I, 46 et seq.), c'est la cause pour laquelle toutes les nations la disent bienheureuse : mais plus grand bonheur, et qui est la source de toutes les autres faveurs dont le ciel l’a comblée, est sa maternité divine, qui, lui donnant la qualité de souveraine des anges et des hommes, de reine du ciel et de la terre, fait le fondement de la dévotion de son saint esclavage. C'est pourquoi tous ses esclaves doivent avoir tous les respects possibles pour sa maternité ; ils doivent vivre et mourir dans une dépendance très étroite d'une dignité si glorieuse ; invoquer souvent la très-sainte Vierge sous le nom de Mère de Dieu : qualité admirable, qui a fait le sujet de toutes les plus tendres et plus fortes affections des premiers fidèles, et de tous les plus zélés catholiques.

Les fidèles esclaves doivent de plus honorer grandement l'amour de cette mère de la belle dilection, et son cœur virginal, qui a été le siège de cet amour et le principe de la vie humaine et sensible du saint enfant Jésus, puisque pendant que l'enfant est dans le ventre de sa mère, le cœur de la mère est tellement la source de la vie de l'enfant, aussi bien que de sa propre vie, que la vie de l'enfant n'en dépend pas moins que celle de la mère. Cœur, principe de deux vies si nobles et si précieuses, principe de la vie très pure et très sainte de la Mère de Jésus, principe de la vie humainement divine, et divinement humaine du fils de Marie : cœur sur lequel le divin enfant Jésus a pris tant de fois son repos, qui par sa chaleur naturelle a produit et formé le très pur lait dont il a été nourri ; cœur, la partie la plus noble et la plus vénérable du corps virginal qui a donné un corps au Verbe éternel, qui sera éternellement l'objet des adorations de tous les esprits bienheureux. C'est ce qui donne à ce cœur, lorsqu'il est considéré non-seulement comme matériel et corporel, mais encore en tant qu'il signifie tout l'intérieur de l'admirable Vierge Mère de Dieu, des grandeurs qui sont entièrement ineffables : car je rencontre dans ce cœur l'amour des séraphins, la plénitude de la science chérubins, la paix des trônes, la grandeur des dominations, la force des puissances, le gouvernement des principautés, l'excellence des vertus, le soin, le zèle, la charité, la pureté des archanges et des anges. Ô cœur ! Que tu es admirable ! J'y trouve la justice des patriarches, la connaissance des prophètes, la religion d'Abel, la piété d'Enoch, l'a foi d'Abraham, l'obéissance d'Isaac, la constance de Jacob, le zèle de Moïse et d'Elie, et tous les plus fervents désirs des anciens Pères. Ô cœur glorieux, qui renferme en toi seul toutes les excellences et vertus de l'Ancien Testament ! Je remarque dans ce cœur la charité des apôtres, la force des martyrs, la fidélité des confesseurs, la pureté des vierges, la retraite des solitaires et toute la sainteté des âmes les plus éminentes. Ô cœur tout divin, rempli de toutes les grâces de la loi nouvelle ! Est totum quod vides, tout ce qui s'entend, tout ce qui se lit, tout ce qui se voit, tout ce qui y a de grand au ciel et en la terre, c'est ce cœur sacré et tout précieux. Ramassez en un toutes les lumières du soleil, de la lune et des étoiles ; mettez vous devant les yeux toutes les clartés des corps des bienheureux : ô mon Dieu quel spectacle ! Il n'y a point de corps de bienheureux qui n'ait plus de clarté que le soleil. Mais combien y en aura-t-il dans l'Empyrée ? Combien donc d'aimables soleils dans ce séjour de félicité ? Cependant ce cœur glorieux a plus lui seul de lumières. Figurez-vous toute la puissance des anges, dont un seul vaut plus qu'une armée, selon le témoignage de l'Écriture. Considérez la force du moindre des démons, qui n'ayant plus de grâce ne jouit plus que de ce qu'il a en sa nature, et ne laisse pas d'être terriblement redoutable ; méditez ensuite qu'elle doit être la puissance d'un bon ange, et de tous les saints anges ensemble ; ce grand et digne cœur est lui seul plus puissant. Joignez en eux tous les amours, ce cœur très aimant en a plus et pour Dieu et pour les hommes : Est totum quod vides, et totum quod non vides. Hélas ! après avoir tout dit, nous n'avons rien dit encore. Ce cœur n'aime pas comme les séraphins, ne connaît pas comme les chérubins, n'est pas saint comme les plus grands saints, puisque tous ces amours, toutes ces lumières, toutes ces saintetés ne sont que des amours, des lumières et des saintetés de serviteurs ou d'amis ; mais les grandeurs de Marie sont des grandeurs d'une mère qui a pour fils un Dieu : et ces grandeurs sont plus hautes que le ciel, plus profondes que les abîmes, plus larges que la région des airs, et aussi longues que l'éternité même. Il n'y a que celui-là seul qui l'a faite, qui la connaisse pleinement. Si l'on mettait d'un coté ce cœur virginal, et de l'autre tous les anges et tous les saints ensemble, ce seul cœur, le très uniquement unique cœur entre tous les bons cœurs des pures créatures l'emporterait. Dieu fait plus d'état de lui seul, Dieu en est plus glorifié, et il est plus cher à Dieu.

Ah ! Cœur donc la merveille de tous les cœurs ! Ah ! Cœur dont l'amour est le miracle de tous les amours ! Cœur le plus ravissant de tous les cœurs, puisque tu as ravi le cœur du Père éternel, son Fils bien-aimé ; cœur, le roi de tous les cœurs, puisque tu es le cœur de la Mère d'un Dieu ; cœur béni entre tous les cœurs, puisque tu es une source inépuisable de bénédictions ; cœur le plus obligeant de tous les cœurs après l'incomparable cœur de Jésus, puisque les obligations que nous lui avons, sont presque infinies et en quantité et en qualité. Qu'un chacun porte ses dévotions où il voudra : pour moi, j'entends qu'après mon Dieu, ô aimable, ô doux, ô ravissant objet, tous les désirs qui s'écloront dans mon cœur, tous les mouvements qui s'élèveront dans mon âme, tous les actes qui se formeront dans ma volonté, toutes mes actions soient consacrées à ta gloire pour la gloire de Jésus, qui doit lui seul être aimé et loué en tous les amours et en toutes les louanges.

Ô cœur inestimable ! Je t'aime plus que mes yeux, plus que mon cœur, plus que ma propre vie, plus que les anges, plus que les saints. Mais c'est ici, mon cœur, où il faut s'élargir dans l'aveu que ce cœur mérite plus d'amour que tous les cœurs, puisqu'il y a plus de Dieu seul. Repassons par notre esprit, considérons toutes les dévotions des âmes les plus ferventes de l'ancienne et de la nouvelle loi. Quel zèle pour les saints anges, quelle ferveur pour tant de saints et de saintes dans les cœurs de leurs dévots ! Mettons en suite et joignons ensemble tout ce zèle, toutes ces ferveurs, ce n'est pas encore assez pour ce cœur admirable, qui mérite l'empire de tous les cœurs. S'ils étaient tous en mon pouvoir, ils en deviendraient bientôt la conquête, ils en seraient bientôt les esclaves, puisque Dieu même s'y est bien voulu assujettir : et c'est ce qui l'a rendu un abîme de grâces, qui contient en soi un nombre presque infini de toutes sortes de bénédictions. Il faudrait être sans cœur pour ne pas honorer d'une manière très spéciale ce cœur maternel de notre très bonne mère et très glorieuse dame, particulièrement après que Notre-Seigneur a bien voulu de sa propre bouche en enseigner la dévotion, en la personne de sainte Mathilde, de l'ordre de Saint-Benoit, qui, étant en peine quelle dévotion elle pratiquerait pour se rendre plus agréable à la très sainte Vierge, cet adorable Sauveur lui apprit à saluer son béni cœur. Le bienheureux Herman, de l'ordre de Saint-Dominique, l'honorait tous les jours par quelque pratique pieuse : sainte Gertrude lui était singulièrement dévote.