mercredi 15 août 2018

Dormition et Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, Reine de France et du monde, Reine des Anges et des Hommes, modèle de tous les Saints

Icône moderne de la Dormition de
Notre Dame.

La Dormition et l'Assomption de la Très Sainte Mère de Dieu, selon la tradition orientale

Lorsqu’il plut au Christ notre Dieu de rappeler à Lui Sa Mère, Il envoya un Ange, trois jours à l’avance, pour lui annoncer cette nouvelle. En s’approchant, l’Ange dit à la Pleine de Grâce : « Voici ce que déclare ton Fils : “le temps est venu de rappeler auprès de moi ma Mère.” Ne te trouble pas à cette nouvelle, mais réjouis-toi plutôt, car tu vas partir vers la vie éternelle. » Accueillant ce message avec grande joie, la Mère de Dieu, emplie du désir ardent de s’élever vers son Fils, se rendit au mont des Oliviers pour y prier dans la quiétude, ainsi qu’elle en avait coutume. Il se produisit alors un miracle étonnant : au moment où la Toute-Sainte atteignait le sommet de la colline, les arbres qui s’y trouvaient plantés inclinèrent leur ramure, se prosternant et rendant gloire à la Souveraine du monde, tels des serviteurs doués de raison.

Statue de la Dormition de Notre Dame, crypte de l'église des
bénédictins du Mont Sion, Jérusalem
Après avoir prié, la Toute-Sainte retourna chez elle, sur le mont Sion (lieu de Cénacle). Comme elle entrait dans la maison, tout se mit soudain à trembler. Rendant grâces à Dieu, elle fit éclairer la demeure, et appeler ses parents et ses voisins. Elle mit elle-même tout en ordre, arrangea son lit funèbre et ordonna de préparer ce qui était nécessaire pour les funérailles. Aux femmes qui étaient venues à son appel, elle révéla la nouvelle de son départ vers le Ciel et, en guise de preuve, elle leur remit la branche de palmier, symbole de victoire et d’incorruptibilité, que l’Ange lui avait donnée. Encore attachées par les liens de ce monde, ses compagnes reçurent cette nouvelle avec force larmes et gémissements, suppliant la Mère de Dieu de ne pas les laisser orphelines. Celle-ci les rassura : certes, elle partait vers le Ciel, mais elle n’en continuerait pas moins à les protéger, elles et le monde entier, par sa prière. À ces paroles, les femmes cessèrent leurs pleurs et s’empressèrent de faire les préparatifs. La Toute-Sainte ordonna en outre de donner les deux seules robes qu’elle possédait aux deux pauvres veuves qui étaient ses compagnes habituelles et ses amies. À peine avait-elle prononcé ces paroles, que la maison fut de nouveau ébranlée par un bruit semblable à celui du tonnerre, et elle se trouva remplie de nuées qui amenaient les Apôtres, rassemblés de toutes les extrémités du monde. C’était donc toute l’Église qui, en leurs personnes, était mystiquement présente pour célébrer les funérailles de sa Souveraine. Au chœur des Apôtres s’était joint celui des saints hiérarques, tels que saint Hiérothée, saint Denys l’Aréopagite et saint Timothée. Les yeux pleins de larmes, ils dirent à la Mère de Dieu : « Si tu demeurais dans le monde et vivais parmi nous, nous en aurions, bien sûr, une grande consolation, ô Souveraine : ce serait comme si nous voyions ton Fils et notre Maître. Mais puisque maintenant, c’est selon Sa volonté que tu vas être transportée au Ciel, nous nous lamentons et pleurons, comme tu le vois. Mais nous nous réjouissons cependant de tout ce qui a été disposé pour toi. » Elle leur répondit : « Ô Disciples et amis de mon Fils et de mon Dieu, ne transformez pas ma joie en tristesse, mais ensevelissez mon corps et gardez-le dans la position que je prendrai sur mon lit de mort. » À ces mots, arriva à son tour sur les lieux le Vase d’Élection, saint Paul. Il se jeta aux pieds de la Toute-Sainte pour la vénérer et lui adressa cette louange : « Réjouis-Toi, Mère de la Vie et objet de ma prédication. Car, quoique je n’aie point vu le Christ corporellement, en te voyant, c’est Lui-même que je crois contempler. »
 
La Dormition de Notre Dame et son Assomption, par le
bienheureux Fra Angelico, op.
Après avoir fait ses derniers adieux à tous les assistants, la Toute-Immaculée s’allongea elle-même sur son lit de mort, disposant son corps comme elle le voulait, et elle offrit d’ardentes prières à son Fils pour la conservation et la paix du monde entier. Puis, ayant donné sa bénédiction aux Apôtres et aux hiérarques, souriante, elle remit paisiblement son âme, blanche et plus resplendissante que toute lumière, entre les mains de son Fils et de son Dieu, qui était apparu en compagnie de l’Archange Michel et d’une troupe angélique. Sa mort s’accomplit en effet sans souffrances ni angoisse, de même que son enfantement avait eu lieu sans douleurs. Pierre, le Coryphée des Apôtres, entonna alors l’hymne funèbre et ses compagnons soulevèrent la litière, précédés par d’autres assistants qui portaient des flambeaux et accompagnaient le cortège de leurs chants, avec à leur tête saint Jean le Théologien tenant en main la palme de victoire, et suivis en silence par la foule des disciples. On pouvait aussi entendre les anges, qui joignaient leurs voix à celles des hommes, de sorte que le ciel et la terre étaient tout remplis de cette thrène en l’honneur de la Souveraine du monde. L’air se trouva purifié par l’ascension de son âme, la terre allait être sanctifiée par la déposition de son corps, et de nombreux malades recouvrèrent alors la santé. Ne pouvant supporter ce spectacle, les chefs des Juifs excitèrent des gens du peuple et les envoyèrent renverser la litière sur laquelle reposait le corps vivifiant. Mais la justice divine devança leur sombre dessein, et ils furent tous frappés d’aveuglement. L’un d’eux, le prêtre Jéphonias qui, plus audacieux que les autres, était parvenu à saisir la sainte couche, eut en plus les deux mains coupées à la hauteur du coude par le glaive de la colère divine, et ses bras mutilés restèrent accrochés au lit, offrant un spectacle pitoyable. Porté au repentir par ce châtiment, Jéphonias adhéra de tout son cœur à la foi ; et à la parole de Pierre, il se trouva guéri et devint pour ses compagnons un instrument de Salut et de guérison. En effet, comme on lui avait remis un rameau de la palme de la Mère de Dieu, il l’appliqua sur les yeux de ses compagnons, et les guérit tous à la fois de leur cécité corporelle et de leur aveuglement spirituel.

Dormition de Notre Dame, Reine des Anges.
Parvenus au jardin de Gethsémani, les Apôtres ensevelirent le corps très saint de la Mère de Dieu et demeurèrent là pendant trois jours, leurs prières étant sans cesse accompagnées des hymnes angéliques. Conformément à une disposition de la Providence, l’un des Apôtres (Thomas selon certains) ne se trouvait pas aux funérailles. Il n’arriva à Gethsémani que le troisième jour et ne pouvait se consoler de n’avoir pu contempler une dernière fois le corps déifié de la Toute-Sainte. Aussi, d’un commun accord, les autres Apôtres décidèrent-ils d’ouvrir le tombeau, afin qu’il puisse vénérer le saint corps. Une fois qu’on eut enlevé la pierre qui en fermait l’entrée, ils restèrent tous saisis de stupeur en constatant que le corps avait disparu et que seul le suaire qui l’enveloppait restait là, vide, mais gardant la forme du corps. C’était une preuve irréfutable du transfert au Ciel de la Mère de Dieu, c’est-à-dire de sa résurrection et de l’ascension de son corps, de nouveau réuni à son âme, au-delà des cieux, dans l’intimité de son Fils, pour être notre représentante et notre avocate auprès de Dieu. Marie, fille d’Adam, mais devenue véritablement Mère de Dieu et Mère de la Vie en enfantant Celui qui est la Vie substantielle (Jn 14, 6), est donc passée par la mort. Mais sa mort n’est en rien déshonorante, car, vaincue par le Christ, qui s’y est soumis volontairement pour notre Salut, la condamnation d’Adam est devenue « mort vivifiante » et principe d’une existence nouvelle. Et le Tombeau de Gethsémani, de même que le Saint Sépulcre, est apparu comme une « chambre nuptiale », où se sont accomplies les noces de l’incorruptibilité.

L'Assomption, Ippolito Andreasi
Il convenait en effet que, conforme en tout au Christ-Sauveur, la très sainte Vierge passe par toutes les voies que le Christ a empruntées pour répandre la sanctification en notre nature. Après l’avoir suivi dans sa Passion et avoir « vu » sa Résurrection, elle a donc fait l’expérience de la mort. Dès qu’elle se sépara de son corps, son âme très pure se trouva unie à la Lumière Divine, et son corps, étant resté peu de temps en terre, ressuscita bientôt, par la grâce du Christ ressuscité. Ce corps spirituel fut reçu au Ciel comme le tabernacle du Dieu-Homme, comme le trône de Dieu. Il est la partie la plus éminente du Corps du Christ, et il a souvent été assimilé par les saints Pères à l’Église elle-même, la demeure de Dieu parmi les hommes, prémices de notre état futur et source de notre divinisation. Des entrailles très chastes de Marie, Mère de Dieu, le Royaume des cieux nous a été ouvert, c’est pourquoi son transfert au Ciel est cause de joie pour tous les croyants qui ont ainsi acquis la garantie, qu’en sa personne, c’est toute la nature humaine, devenue porteuse du Christ, qui est appelée à habiter en Dieu.

Eglise du tombeau de Marie, à Gethsémani, Jérusalem

samedi 11 août 2018

Saint Taurin, apôtre d'Evreux et son premier Evêque, priez pour nous !

Saint Taurin d'Evreux, église du Plessis-Hebert


Tropaire à saint Taurin d’Evreux (natalice au 5ème siècle)


Venu de Rome, tu apportas la Lumière
Dans les ténèbres du paganisme à Evreux.
Par toi les âmes se tournèrent vers le Christ,
Et tu accomplis des miracles sans nombre
Avant de rejoindre le Royaume du Père.
Saint Taurin prie Dieu qu’Il ait pitié de nos âmes !

mercredi 8 août 2018

La notoriété de M. Boudon

Portrait du vénérable abbé
Henri Marie Boudon

« La Vie de M. Henri Marie Boudon, Grand Archidiacre d’Evreux », par M. ***, tome 1er

La première fut Mademoiselle de Bouillon ; c’est-à-dire une des plus sages et des plus vertueuses Princesses qui fût jamais. Dès qu’elle eut connu Boudon, et il était aisé de le connaître, elle le regarda comme un Ange qui lui avait été envoyé du Ciel pour la conduire dans les voies du salut.

Elle se mit sous sa direction, elle s’y mit comme une argile disposé à devenir un vase de gloire et d’honneur. Pour prendre et pour suivre ses avis à mesure qu’elle en avait besoin, elle l’engagea contre son inclination à loger dans son Hôtel pendant le temps qu’elle avait coutume de passera Evreux. 

Toute la ville voyait avec autant de surprise que d’édification une Princesse jeune et délicate suivre à pied, dans les rues, le Serviteur de Dieu, lui donner toujours la droite pour faire connaître, par un exemple frappant, le respect qui est dû aux Ministres de Jésus-Christ et l’accompagner humblement dans tous les lieux où la présence de l’un et l’autre pouvait contribuer à la gloire de Dieu et au salut du prochain.

samedi 4 août 2018

Saint Jean-Marie Vianney, saint Patron des prêtres, priez pour nous et tous les prêtres ! Aidez-nous à grandir dans l'amour de l'Eglise.


« Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon », par S.Exc.R. Mgr Matthieu, Archevêque de Besançon

Telle était la soumission de Boudon envers l’Eglise : l’enfant le plus tendre n’en pourrait pas porter à sa mère une plus sincère et plus inviolable.

Au respect aveugle que lui inspiraient ses décisions, il joignait un sentiment de zèle pour tout ce qui pouvait contribuer à sa gloire et à l’affermissement de son autorité, si désintéressé et si pur que tous ceux qui y travaillaient quelles que fussent d’ailleurs les routes différentes qu’ils prissent pour arriver à ce noble but acquéraient des droits égaux à son estime. Ainsi la conformité de pensées et de sentiments qui le portait à aimer Fénelon ne l’empêcha jamais de payer à Bossuet le tribut d’admiration que méritait ce grand homme : il citait souvent sa doctrine et ses lettres prouvant qu’il eut toujours en ses lumières une confiance pleine de respect.


jeudi 2 août 2018

Que l'âme de sa servante fidèle repose en paix ! Notre Dame des Anges, priez pour elle !




En cette fête de Notre-Dame des Anges, l'Archiconfrérie du Très saint Sacrement de l'Autel et des saints Anges a la douleur de vous faire part du décès de Mlle Claire de Champchesnel, à l'âge de 93 ans. 

Entrée dans la confrérie le 16 octobre 2009 au Mont Saint-Michel, elle s'est éteinte ce midi alors que s'achevait la Messe chantée à l'autel de Notre-Dame d'Evreux, en la cathédrale d'Evreux.

Requiem aeternam dona ei Domine, et lux perpetua luceat ei.

Une Messe de Requiem sera célébrée  à Evreux  et une autre à Paris, ce soir, pour le repos de son âme.
Les obsèques devraient avoir lieu en la maison de retraite du Brémien.

Solennité de Notre Dame des Anges


Le 2 août, l'Ordre de Saint François et toute l'Eglise célèbrent la solennité de Notre Dame des Anges. 


Celle-ci apparu au pauvre d'Assise dans la chapelle de la Portioncule qu'il rebattît pour la gloire du Seigneur Jésus. Il obtint du Sauveur et de sa sainte Mère environnée des neuf chœurs des Esprits bienheureux la grâce de l'indulgence plénière pour tous ceux qui :
Chapelle de la Portioncule, à l'intérieur de la Basilique
Notre-Dame des Anges, Assise
+ prieraient en visitant une église ou une chapelle, dûment confessés, 
+ ayant assisté et communié à la Messe, 
+ ayant prié pour le Pape, l'Eglise et l'unité du genre humain dans le Cœur de Jésus.

En ce jour de sainte joie, exultons avec les Anges et les Archanges. Confions à notre Reine et notre Mère toutes nos intentions pour qu'elle les porte auprès du trône de notre divin Maître.

Sainte et joyeuse fête !

Simone Martini, Notre Dame entourée de toute la cour céleste

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dévotion aux neuf chœurs des Anges », 11e motif

La divine Marie est la générale des armées de Dieu et les anges en sont les troupes glorieuses ; ce sont donc les soldats de celle qui seule parait terrible comme une armée tout entière rangée en bataille, et ils ont fortement combattu pour sa gloire dès la création du monde ; s’opposant à Lucifer et aux anges apostats qui n’ont pas voulu se soumettre à son empire, Dieu leur ayant révélé qu’elle devait être quelque jour leur souveraine.

Marie aux Anges, par Jan Provost
Elle est l’auguste et triomphante reine du paradis : les anges sont les fidèles et généreux sujets qui l’ont honorée comme nous venons de le dire auparavant, qu’elle fût et qui tiennent à grande gloire d’être assujettis aux lois de son royaume.

Elle est Dame des anges et souvent elle est invoquée sous cette qualité de Notre Dame des Anges ; ils sont donc ses serviteurs, mais des serviteurs si zélés qu’ils ne font qu’attendre la manifestation de ses volontés pour les exécuter au moindre signe avec une promptitude inénarrable

Elle est même leur amie, c’est pourquoi dans les Cantiques (des Cantiques) le divin époux la prie de parler et de faire entendre sa voix parce que, dit-il, les amis écoutent. Or ces amis sont les saints anges ! L’on peut dire de plus : qu’elle est leur mère, en quelque manière, et c’est le sentiment de plusieurs graves théologiens.

Tous ces titres font assez voir qu’il y va de la gloire de cette reine, de cette générale d’une si glorieuse et si puissante dame, que ses sujets, ses soldats, ses serviteurs, soient considérés. L’amour qu’elle a pour eux, les traitant comme ses fidèles amis et même comme ses enfants, demande par toutes sortes de raisons que nous aimions ce qu’elle aime, que nous ayons de profonds respects pour ceux qu’elle désire d’être honorés.

Louons donc et bénissons les saints anges parce que la très pure Vierge, l’auguste reine et dame des anges, en est louée et bénie ;
mais louons et bénissons le Seigneur qui a fait tout ce qu’il y a de grand et de louable, et en la dame des anges, et dans les saints anges, et c’est 
Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul !

Frsque centrale de la chapelle de la Portioncule. En haut, l'apparition du Seigneur et de Notre Dame des Anges à S. François.

dimanche 29 juillet 2018

A Jésus par Marie


« Vie de Boudon », par Collet

A ces sentiments d’admiration se joignaient ceux du plus tendre et du plus respectueux dévouement :
« O mon âme ! disait le saint homme, quand serons-nous tout à Marie pour être, par elle, tout à Jésus Christ.
Vierge pure ! je veux vous aimer autant que Dieu le désire.
O sainte Mère de Dieu ! montrez que vous êtes ma mère !
O mon cœur ! souvenons-nous bien que nous ne sommes plus à nous, qu’appartenant à la reine du ciel nous ne pouvons plus disposer de nos affections.
O mon âme ! tout est à Marie pour la gloire de Jésus et si cela est, il n’y a donc plus rien en nous pour aucune créature. »


jeudi 26 juillet 2018

Sainte Anne et saint Joachim, priez pour nous !

Statue actuelle de Sainte Anne et de la Vierge Marie.
Dans le socle, on aperçoit les restes de l'antique statue
retrouvée par le vénérable Yvon Nicolazic
détruite par les révolutionnaires.

La découverte de la statue de sainte Anne à Auray

Dans la nuit du 7 au 8, vers onze heures, ses domestiques veillaient encore dans la pièce voisine, Nicolazic récitait comme d’habitude son chapelet en attendant le sommeil.

Soudain sa chambre se trouve toute éclairée comme elle l’avait été si souvent ; sur la table apparaît un cierge dont la flamme brillait d’un éclat très vif ; et la Sainte se montrant aussitôt, arrête sur son messager un regard plein de douceur : l’heure attendue était arrivée. Sainte Anne dit d’une voix agréable et engageante : « Yves Nicolazic, appelez vos voisins, comme on vous l’a conseillé ; menez-les avec vous au lieu où ce flambeau vous conduira, vous trouverez l’image qui vous mettra à couvert du monde, lequel connaîtra enfin la vérité de ce que je vous ai promis. »

Après ces paroles, sainte Anne disparaît, mais la lumière reste. Nicolazic, l’âme toute à la joie, se lève et s’habille à la lueur du flambeau qui semble l’attendre.

Quand il se dispose à sortir, le flambeau marche devant lui ; quand il arrive dehors, le flambeau lui-même l’a précédé. Il était déjà en route vers le Bocenno, quand tout à coup, se ravisant, le paysan se rappelle qu’on lui a dit de prendre des témoins. Il retourne donc sur ses pas, rentre chez lui, appelle son beau-frère Louis Le Roux qui veillait encore, et lui commande de se munir d’une tranche. Puis tous deux, ils se mettent en mesure d’aller chercher des voisins : Jacques Lucas, François Le Bléavec, Jean Tanguy et Julien Lézulit.

Tous s’empressèrent de répondre à cet appel. Cependant le flambeau brillait toujours, à la même place, et les deux beaux-frères ne tardèrent pas à le rejoindre. Les autres arrivaient aussi par derrière, pressés de voir eux-mêmes le cierge mystérieux.
Où donc est-il ? demandèrent les quatre paysans. Nicolazic le montra du doigt : deux d’entre eux l’aperçurent aussitôt ; les deux autres ne le virent point. Plus tard on sut pourquoi, et ce sont eux-mêmes qui en ont avoué la cause : ils n’étaient pas en état de grâce !
Allons, mes amis, dit Nicolazic, « extasié de joie », allons où Dieu et Madame sainte Anne nous conduiront.

Le flambeau se mit alors en mouvement. Il allait en avant, à la distance de quinze pas environ, et à trois pieds d’élévation au-dessus du sol. Le chemin qu’il prit était la voie charretière qui conduisait du village à la fontaine ; et les paysans suivaient, heureux et pleins d’espoir comme jadis les Mages guidés par l’étoile.

Arrivé en face du Bocenno, le flambeau sort du chemin, pénètre dans le champ, et se dirige, par-dessus le blé en herbe, jusqu’à l’endroit de l’ancienne chapelle. Là, il s’arrête.
Les paysans, qui ont toujours les yeux sur lui, le voient alors s’élever et redescendre par trois fois, comme pour attirer leur attention sur cet emplacement, puis disparaître dans le sol.

Nicolazic, qui observait tous ces mouvements, se précipita le premier jusqu’à l’endroit où s’était évanouie la lumière, et, mettant le pied dessus, il dit à son beau-frère de creuser là. Jean Le Roux, qui portait la tranche, n’eut pas plus tôt donné cinq ou six coups dans la terre meuble des sillons, qu’on entendit sous le choc de l’instrument résonner une pièce de bois qui s’y trouvait enfouie. Tous eurent immédiatement l’intuition que c’était l’image qu’ils cherchaient.

Comme ils se trouvaient dans l’obscurité, Nicolazic commanda à l’un d’eux d’aller vite chercher de la lumière : « Prenez, lui dit-il, le cierge bénit de la Chandeleur, avec un tison pour l’allumer. »
Ce qui fut fait. Alors tous se mirent à l’œuvre, et ils ne tardèrent pas à retirer du sol la vieille statue toute défigurée, qui gisait là depuis 900 ans.

Après l’avoir considérée pendant quelques instants, ils l’adossèrent avec respect contre le talus voisin et se retirèrent, surpris et heureux à la fois, en se promettant bien de revenir la voir plus à loisir quand il ferait jour.
Nicolazic enfin au comble de ses vœux, croyait-il, ne se possédait pas de joie.

Au lever du jour, il revint de très bonne heure au Bocenno, accompagné de son ami Lézulit, qu’il était allé chercher lui-même.
Tous deux examinèrent assez longuement l’objet qu’ils avaient déterré : c’était bien une statue, très endommagée par ce long séjour en terre humide et rongée aux extrémités, mais néanmoins conservant quelques traits assez frustes et des ombres de couleur.


dimanche 22 juillet 2018

Sainte Marie-Madeleine, ''Apostola Apostolorum''


Sainte Marie Madeleine, détail,
Maino Pentecote, musée du Prado

O Marie, douce mère,
ton nom veut dire Etoile de la mer ;
tes œuvres ont mérité un tel nom.

Tu partages l’honneur de ce nom
avec la Mère du Christ ;
mais tes honneurs s’effacent devant les siens.

L’une est l’impératrice du monde ;
l’autre, l’heureuse pécheresse :
toutes deux furent le principe
de la joie dans l’Église.

La première est la Porte
par laquelle le salut est venu ;
la seconde a rempli le monde d’allégresse
en proclamant la Résurrection.



 


jeudi 19 juillet 2018

Le vénérable abbé Boudon et le Carmel

Sainte Thérèse d'Avila entourée de ses sœurs

« Vie de Boudon », par Collet

Le plus fameux pèlerinage qu’il ait fait en ce temps-là fut celui de Beaune.
Il n’y avait pas longtemps que la vénérable sœur Marguerite du Saint-Sacrement, religieuse carmélite, y était décédée en odeur de sainteté. Ce fut le tombeau de cette admirable fille qui perpétuait par ses miracles la réputation qu’elle s’était faite par ses vertus que Boudon voulut visiter.

Son dessein était de participer aux grâces qui coulaient nuit et jour dans ce respectable sanctuaire et surtout d’y puiser cet amour de Jésus-Christ enfant qui avait été le caractère propre de cette humble et parfaite servante du Seigneur. Ses espérances ne furent point trompées. La rosée du ciel tomba sur lui en abondance et il en reçut assez pour en répandre sur les autres.

Vue des cellules du monastère carmélitain de Bethléem. Celui-ci fut construit
sur les instructions de sainte Maryam de Jésus Crucifié, ocd., à la demande
du Seigneur et de la Vierge Marie.
Les Carmélites, formées par les ouvrages de leur sainte fondatrice au plus sublime langage de la charité, furent extrêmement édifiées de la beauté et de l’élévation de ses sentiments, et il rapporta de chez elles avec un redoublement de tendresse pour les sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, une dévotion incomparable pour l’époux vierge de la plus pure Vierge qui ait jamais été, dévotion qu’il a depuis étendue autant qu’il a pu comme nous le dirons dans la suite.


lundi 16 juillet 2018

Notre Dame du Mont Carmel

Détails d'une icône moderne en l'honneur de Notre Dame de Palestine,
patronne principale du Patriarcat latin de Jérusalem

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix », partie II

La haine qu’en marquaient ces esprits malins faisait assez connaître combien cette dévotion est agréable à Notre Seigneur et à son immaculée Mère.
L’une de leurs plus ordinaires insolences à l’égard de ceux qui venaient aux exorcismes était de rompre les chapelets et, quoique ensuite ils fussent contraints de réparer leur impiété, ils ne pouvaient contenir leur rage. Je suis témoin oculaire de la même chose arrivée en ma présence.

Ceux qui blâment les instruments de piété comme le chapelet, le scapulaire de Notre Dame du mont Carmel et les autres choses qui servent à la dévotion peuvent voir ce qu’ils font (NB les démons). Nous avons écrit des privilèges du scapulaire de Notre Dame dans le traité que nous donnons au public intitulé « Avis catholiques touchant la véritable dévotion de la sacrée Vierge » où nous apportons les raisons qui en montrent la vérité, qui en éclaircissent les difficultés, les approbations authentiques des prélats et les bulles des Souverains Pontifes.


samedi 14 juillet 2018

Prier seul ou à l'église ?

Quand vous priez, dites : "Notre Père...", enluminure

De Saint Jean Chrysostome

Ils disent : "Nous pouvons prier à la maison."
Tu te trompes toi-même ô homme ! Bien sûr, on peut prier à la maison. Mais il est impossible d'y prier comme à l'église, où une telle multitude de cœurs est élevée vers Dieu, fusionnant en un seul cri unanime.

Tu ne seras pas aussi vite entendu en priant le maître par toi-même, comme en le faisant ensemble avec tes frères, car ici dans l'église il y a quelque chose de supérieur à ta chambre : un accord, une unanimité, un lien d'amour, et, enfin, ici sont les  prières des prêtres.

Prier en communion avec les apprentis saints de la
terre et tous les saints du Ciel.
Les prêtres se tiennent alors devant nous, de sorte que les prières du peuple, qui sont faibles, soient unies à leurs prières plus puissantes et avec elles montent au ciel. L'apôtre Pierre a été libéré de prison, grâce aux prières communes  offertes pour lui .... Si la prière de l'Église a été si bénéfique pour l'Apôtre Pierre et a délivré  de la prison un tel pilier de la foi, pourquoi, dis-moi, dédaignes-tu son pouvoir et quel genre de justification peux-tu avoir pour cela ?

Dieu Lui-même exauce, Lui qui a dit qu'une multitude des gens qui le prient avec ferveur le poussent à la miséricorde. Il  a dit au Prophète Jonas: "N'aurai-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où habitent plus de 120 000 personnes ?"
Il n'a pas dit cela simplement pour mentionner la multitude de personnes, mais pour que tu reconnaisses que la prière ensemble a une grande puissance.


vendredi 13 juillet 2018

Saint Henri, saint Patron terrestre du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Couronne de Saint Henri II

Bonne fête Monsieur Boudon !

Sur la terre, votre grand saint Patron a veillé sur vous et vous a guidé, ainsi que votre bon Ange gardien.

Maintenant dans la gloire du Ciel avec lui, ne nous oubliez pas.
Intercédez pour nous.
Priez pour les diacres, les Prêtres, l'Evêque de votre diocèse de la terre.
Priez et intercédez pour le peuple de Dieu du diocèse d'Evreux.

Que tous soient des Saints qui rendent gloire à Dieu et témoignent de la bonté infinie de notre Dieu.

Saint Henri II, Empereur d'Allemagne (972-1024)

Saint Henri, surnommé le Pieux, appartenait à la famille impériale des Othons d'Allemagne, qui joua un si grand rôle au moyen âge. Touché d'une grâce spéciale de Dieu, il fit, jeune encore, un acte de hardiesse que lui eût dissuadé la prudence humaine, en promettant à Dieu de ne s'attacher qu'à Lui et en Lui vouant la continence perpétuelle. Héritier du royaume de Bavière par la mort de son père, il se vit obligé de prendre une épouse, pour ne pas s'exposer à la révolte de son royaume; le choix du peuple et le sien se porta sur la noble Cunégonde, digne en tous points de cet honneur. Elle avait fait, dès son adolescence, le même vœu que son mari.

Saint Henri et sainte Cunégonde
Henri, devenu plus tard empereur d'Allemagne, justifia la haute idée qu'on avait conçue de lui par la sagesse de son gouvernement ainsi que par la pratique de toutes les vertus qui font les grands rois, les héros et les Saints. Il s'appliquait à bien connaître toute l'étendue de ses devoirs, pour les remplir fidèlement, il priait, méditait la loi divine, remédiait aux abus et aux désordres, prévenait les injustices et protégeait le peuple contre les excès de pouvoirs et ne passait dans aucun lieu sans assister les pauvres par d'abondantes aumônes. Il regardait comme ses meilleurs amis ceux qui le reprenaient librement de ses fautes, et s'empressait de réparer les torts qu'il croyait avoir causés.

Cependant son âme si élevée gémissait sous le poids du fardeau de la dignité royale. Un jour, comme il visitait le cloître de Vannes, il s'écria: "C'est ici le lieu de mon repos; voilà la demeure que j'ai choisie!" Et il demanda à l'abbé de le recevoir sur-le-champ. Le religieux lui répondit qu'il était plus utile sur le trône que dans un couvent; mais, sur les instances du prince, l'abbé se servit d'un moyen terme:

"Voulez-vous, lui dit-il, pratiquer l'obéissance jusqu'à la mort?
– Je le veux, répondit Henri.

– Et moi, dit l'abbé, je vous reçois au nombre de mes religieux; j'accepte la responsabilité de votre salut, si vous voulez m'obéir.
Je vous obéirai.

– Eh bien! Je vous commande, au nom de l'obéissance, de reprendre le gouvernement de votre empire et de travailler plus que jamais à la gloire de Dieu et au salut de vos sujets." Henri se soumit en gémissant.

Sa carrière devait être, du reste, bientôt achevée. Près de mourir, prenant la main de Cunégonde, il dit à sa famille présente :
"Vous m'aviez confié cette vierge, je la rends vierge au Seigneur et à vous."

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.




mercredi 11 juillet 2018

Ce qui est valable pour un moine est valable pour tout hommes. Prions sans cesse !

Prions sans cesse. Dans ce cœur à cœur avec le Seigneur, l'Amour infini de notre Dieu se donne à nous.
De l’Archimandrite Basile d’Iviron, "Le coup de foudre du Feu éternel"

Sainte Mère Térésa de Calcutta en prière
Il y a un temps où le moine est aux offices ecclésiaux, et il y a un temps où il est dans sa propre cellule, où il dit sa prière personnelle - la Prière de Jésus - et il étudie.

Et il y a un temps pour son travail physique, pour le service - que ça soit de l’artisanat ou n’importe quel autre service qu’il offre au monastère. 

Lorsqu’il acquiert de la maturité spirituelle, alors il reconnaît sa propre faiblesse et l’ineffable amour de Dieu, il en devient apaisé, et tout va de soi. Tout devient prière. Et dès lors, il ne prie plus seulement lorsqu’il est à l’église, mais sa vie toute entière devient une prière.


lundi 9 juillet 2018

Les vacances, un temps de repos et de recréation


« Vie de Boudon », livre III

Il y est donc avec une Providence qui accable de ses bienfaits les faibles créatures ;
qui étend ses ailes sur elles comme un aigle sur ses petits ;
qui les charge sur ses épaules ;
qui les porte dans son sein comme une tendre mère ;
qui tient leur nom écrit dans ses mains et qui proteste qu’elle ne les oubliera jamais ;
qu’elle veille à leur garde avec des soins admirables et que, chez elle, le dernier de leurs cheveux est en ligne de compte.

Quel moyen après cela de ne pas mettre toutes ses espérances dans un Dieu si puissant, si bon, si libéral, et de ne s’y pas reposer avec un parfaite tranquillité ?