dimanche 19 novembre 2017

Prière à Notre Dame du Purgatoire


Notre-Dame Libératrice
Prends en pitié tous nos frères défunts,
spécialement ceux qui ont le plus besoin
de la miséricorde du Seigneur.

Intercède pour tous ceux qui nous ont quittés
afin que s’achève en eux
l’œuvre de l’amour qui purifie.
Détail. Chapelle des Âmes du Purgatoire.
Paroisse Sainte-Marguerite.

Que notre prière, unie à celle de toute l’Église,
leur obtienne la joie qui surpasse tout désir
et apporte ici-bas consolation et réconfort
à nos frères éprouvés ou désemparés.

Mère de l’Église, aide-nous, pèlerins de la terre,
à mieux vivre chaque jour
notre passage vers la résurrection.
Guéris-nous de toute blessure du cœur et de l’âme.

Fais de nous des témoins de l’Invisible,
déjà tendus vers les biens que l’œil ne peut voir,

des apôtres de l’espérance
semblables aux veilleurs de l’aube.
Détail. Chapelle des Âmes du Purgatoire.
Paroisse Sainte-Marguerite.

Refuge des pécheurs et Reine de tous les saints,
rassemble-nous tous un jour,
pour la Pâque éternelle,
dans la communion du Père avec Jésus, le Fils,
dans l’Esprit Saint, pour les siècles des siècles. Amen.


Notre-Dame de Montligeon, priez pour les âmes du purgatoire.

vendredi 17 novembre 2017

Memento mori - Prions pour tous nos frères défunts

Du staretz Jean de Valaam, Mes pensées, 1956

Aujourd'hui je suis allé au cimetière. Il faisait beau et la route était sèche. J'ai fait le tour de toutes les tombes et lu les inscriptions qui y étaient gravées qui était mort, quand, combien d'années chacun avait passé au monastère et à quel âge chacun était mort.

Il y a maintenant 154 moines qui reposent au cimetière du Nouveau Valaam. Je les connaissais tous. A présent leurs corps reposent dans ces tombes car la loi de la mort est une loi inexorable. Nous savons où et quand nous sommes nés, mais où et quand nous mourons, il ne nous appartient pas de le savoir. L'homme vient de la terre et il y doit retourner. Mais son esprit vient de Dieu et il retournera auprès de Dieu.

Où êtes-vous maintenant nobles Pères ?
Quelle sorte de vie menez-vous ?

Saint Sisoës se lamentant devant les restes d'Alexandre le Grand
Je crois fermement que vous n'êtes pas morts. Vous êtes seulement partis pour un autre monde invisible. Mais les morts restent sourds à mes paroles ! Où ils sont et quelle vie ils mènent est un grand mystère. Le saint apôtre Paul dit que "nous marchons par la foi et non par la vue". Notre fraternité a décliné vers la vieillesse. La plupart d'entre nous marchent avec un bâton. Quelques tombes sont déjà creusées et il y des cercueils en réserve.

Bientôt, très bientôt, mon corps terrestre sera étendu dans un de ces cercueils, descendu dans le froid tombeau et recouvert de sable. Ils feront un petit tas au sommet de la tombe et y mettront une croix. Peut-être y aura-t-il quelque bonne personne qui écrira mon nom sur une plaque et la fixera à la croix.

Nobles Pères qui demeurez, je vous en supplie, lorsque vous viendrez à ma tombe, priez pour mon âme pécheresse.



mardi 14 novembre 2017

Être chrétien aujourd'hui, devenir un saint

Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix...
D’une homélie contemporaine pour le 3ème dimanche de Saint Matthieu et la commémoration de Saint Joseph de Damas dans l’Église orthodoxe

Il y en a qui pensent que le chemin du Christ est une béquille pour les faibles, une source de soutien pour les mauviettes, les lâches et les perdants pour se sentir mieux dans leur misérable condition. Bien sûr, cette attitude reflète seulement la faiblesse de ceux qui sont spirituellement aveugles, qui sont asservis à leur propre désir de puissance et qui refusent de montrer de la pitié envers leur prochain dans leurs souffrances. Au lieu d’embrasser les ténèbres en adorant les faux dieux de la domination et de la vengeance, les chrétiens fidèles s’ouvrent à la force divine qui peut faire de nos défis les plus amers des points d’entrée dans la béatitude du Royaume.

Il va sans dire que nous connaissons tous trop bien la douleur, le chagrin et le manque de paix. Les attaques terroristes dans notre propre pays et à l’étranger, les guerres sans fin, les meurtres et autres formes de violence et d’injustice, les conflits raciaux et politiques, les souffrances de nos frères et sœurs du Moyen-Orient et d’ailleurs persécutés pour leur foi et contraints de quitter leur patrie, notre propre perte d’êtres chers et d’autres problèmes personnels difficiles nous tentent aujourd’hui de permettre aux ténèbres de s’emparer des âmes.

Il est facile et souvent tentant de remplir nos cœurs de haine, de peur et de désespoir en acceptant le mensonge selon lequel nous trouverons le salut en damnant les autres, en rendant le mal pour le mal et en abandonnant l’espoir. Mais le faire reviendrait à se détourner de la victoire sur la mort et le péché que le Christ a accomplie à travers Sa Croix et Son tombeau vide. C’est aussi répudier le pouvoir transformateur du Saint-Esprit répandu à la Pentecôte, dont les fruits sont "amour, joie, paix, patience, gentillesse, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi." Comme l’écrivait saint Paul: "La loi n’est pas contre. Et ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs." (Galates 5: 22-24)

Afin de crucifier notre corruption et d’ouvrir les yeux de nos âmes à la Lumière rayonnante du Christ au milieu de toutes les tentations qui nous assaillent, nous devons avoir la détermination obstinée des soldats, des athlètes et des fermiers. Saint Paul a utilisé ces exemples avec saint Timothée parce qu’ils ont tous des entreprises très exigeantes qui exigent une discipline, un sacrifice et une persévérance quotidiens. Personne ne peut réussir dans ces vocations en se laissant aller, en cédant à des désirs égocentriques ou en s’abandonnant à la peur. Il a dit à Timothée de "participer à la souffrance comme un bon soldat du Christ Jésus." Ce n’est pas parce qu’il plaît à Dieu de souffrir, mais parce que vivre une vie chrétienne fidèle exige que nous luttions pour la guérison de nos âmes et au service de notre prochain, d’autant plus que nous résistons aux tentations qui menacent de nous consumer. Il y aura une certaine douleur, car nous devons prendre nos croix dans l’obéissance à la voie de notre Seigneur. Notre foi exige d’être fidèle chaque jour, quel qu’en soit le coût.

Icône de la parabole des vierges sages et des vierges folles.
Un jour la porte sera fermée et il sera trop tard !
Aujourd’hui, nous commémorons Saint Joseph de Damas, un prêtre qui a été martyrisé lors des émeutes anti-chrétiennes de 1860. Au milieu des attaques violentes par des foules qui ont tué 2.500 personnes, il a sauté de toit en toit pour entendre les confessions et donner la Communion aux personnes âgées et malades qui ne pouvaient pas quitter leur foyer. Il leur a raconté la vie des martyrs en préparation à ce qui allait advenir. Après que la cathédrale où les chrétiens s’étaient rassemblés ait été brûlée avec ceux qui étaient pris au piège à l’intérieur, saint Joseph erra dans les rues à la recherche d’autres personnes à qui il pourrait administrer les sacrements. Il a consommé ce qui restait du Corps et du Sang du Seigneur avant qu’une foule ne le mette à mort avec des haches, après quoi son corps a été traîné dans les rues et jeté dans la décharge de la ville.

Sans doute, les persécuteurs vicieux se sentaient puissants ce jour-là, mais ils étaient en réalité les plus faibles de tous, asservis à leurs passions et complètement aveugles à l’humanité fondamentale de leur prochain, sans parler de la voie miséricordieuse du Seigneur. Le Christ a dit : "L’œil est la lampe du corps. Donc, si ton œil est sain, tout ton corps sera plein de lumière; mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera rempli de ténèbres. Si donc la lumière en vous est ténèbres, comme les ténèbres sont grandes !" L’exemple de saint Joseph de Damas brille par son lumineux contraste avec les âmes obscurcies qui se sont précipitées pour le tuer, lui et tant d’autres. Il n’a pas essayé de fuir une mort certaine ou de ne penser qu’à lui-même ou à sa famille. Il "partage la souffrance en tant que bon soldat du Christ Jésus" alors qu’il exerçait son ministère de son mieux auprès de Son peuple. Lui, comme tous les martyrs, brille de lumière comme une icône de la grande force que le Seigneur fournit pour nous soutenir à travers les plus grands défis de la vie, même à travers la mort elle-même.

La plupart des chrétiens ne deviennent pas des martyrs dans le sens d’être littéralement tués pour leur foi. Cependant, le Christ nous appelle tous à mourir à notre tendance à embrasser les ténèbres du péché et de la passion au lieu de Sa sainte Lumière. Nous pouvons tous le faire en réponse aux défis et aux tentations apparemment minimes auxquels nous sommes confrontés quotidiennement. Que nous le reconnaissions ou non, nous affrontons tous les jours de notre vie une version plus subtile de l’épreuve à laquelle sont confrontés les martyrs. A savoir, refuserons-nous d’abandonner notre Seigneur ? Comme le Sauveur l’a dit, "Personne ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il sera dévoué à l’un et méprisera l’autre. Tu ne peux pas servir Dieu et Mammon."

Jésus nous appelle à porter la croix,
par Thomas de Coloswar
Le Christ nous dit ici qu’adorer l’argent, la richesse et les possessions est une forme d’idolâtrie qui nous détourne de Son service. Non, ce n’est pas une tentation seulement ressentie par des gens extrêmement riches, car il dit alors : "Ne vous inquiétez pas de votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez; ni à propos de votre corps, de ce que vous allez mettre." Nous adorons un faux dieu chaque fois que nos âmes sont si obscurcies que nous ne faisons plus confiance à la miséricorde du Seigneur pour nous soutenir à travers la vie, mais devenons plutôt obsédés par le fait de nous établir et de nous protéger nous-mêmes selon nos propres termes et par nos propres méthodes. Ce n’est pas un chemin vers la paix, mais seulement vers l’inquiétude et la peur. Comme le Seigneur l’a enseigné: "Qui d’entre vous, en étant anxieux, peut ajouter une coudée à sa taille ?" Il est Celui qui a vaincu la mort, mais nous nous inquiétons encore comme si tout était à notre portée, comme si nous pouvions résoudre tous nos problèmes et ceux de nos familles et du monde. C’est simplement une illusion qui nous attire parce que les yeux de nos âmes ne sont pas encore pleinement illuminés par la Lumière du Christ. Et céder à cela ne mène qu’à l’idolâtrie, à l’anxiété et à la déception.

Le Christ a dit : "Ne vous inquiétez pas, en disant: que mangerons-nous ? Ou que boirons-nous ? Ou que ferons-nous ? Les païens cherchent toutes ces choses; et votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Mais cherchez d’abord Son royaume et Sa justice, et toutes ces choses seront aussi les vôtres." Aucun d’entre nous ne peut prédire ou contrôler pleinement ce qui arrivera dans le monde, dans nos familles ou dans nos propres vies. Mais nous savons que si nous purifions nos cœurs et nos âmes avec la détermination inébranlable des soldats, des athlètes et des fermiers, nous obtiendrons la clarté et la force spirituelles nécessaires pour servir le Christ à travers tous les défis auxquels nous et nos proches seront confrontés

Nous éviterons la tentation attrayante de nous abandonner dans la faiblesse à nos passions, nos angoisses et nos peurs quand nous rejetons les pensées et les désirs qui nous encouragent à placer notre engagement envers n’importe qui ou n’importe quoi avant notre engagement envers le Seigneur

Quand nous considérons saint Joseph de Damas et tous les martyrs, nous nous souviendrons que le chemin que nous suivons n’est pas celui de répondre en nature à ceux qui nous menacent ou qui sont submergés par la peur, mais de voir courageusement le Royaume de Dieu et Sa justice. C’est ainsi que, même au milieu de toutes les ténèbres qui nous entourent, nous pouvons devenir rayonnants de la gloire divine et remplis de Lumière sainte comme signe du salut du monde.



samedi 11 novembre 2017

Saint Martin de Tours, priez pour nous et pour la France !



La mort de Saint Martin de Tours, Apôtre des Gaules
« Vie de Saint Martin de Tours » par Sulpice Sévère

XXI. — C’est un fait constant que Martin vit souvent des anges s’entretenir, ensemble devant lui. Il voyait aussi le démon si clairement, qu’il le distinguait toujours par quelque signe sensible, soit qu’il voulut se renfermer dans sa propre substance, soit qu’il prît les formes diverses que revêt l’esprit de malice. Aussi, le diable, ne pouvant dissimuler sa présence, ni le tromper, l’accablait-il souvent d’outrages.
Un jour, tenant une corne de bœuf ensanglantée, il entra précipitamment dans sa cellule avec de grands cris, lui montrant sa main dégouttante de sang ; et, faisant éclater la joie que lui causait le crime qu’il venait de commettre, il dit : « Martin, qu’est devenue ta puissance ? je viens de tuer l’un des tiens. » Aussitôt Martin, rassemblant les frères, leur raconte ce que vient de lui apprendre le démon, et leur ordonne d’aller examiner soigneusement dans chaque cellule quel est celui que ce malheur vient de frapper. Ils reviennent, et lui disent qu’aucun des moines ne manque, mais qu’un paysan, qu’on a loué pour transporter du bois sur un chariot, est parti pour la forêt. Il ordonne donc à quelques frères d’aller à sa rencontre. Étant partis, ils le trouvent, presque inanimé, non, loin du monastère. Sur le point d’expirer, il leur découvre la cause de sa mort et de ses blessures. « Pendant que, près de mes bœufs, je renouais le joug, dont les liens s’étaient relâchés, l’un d’eux, dégageant sa, tète, m’a donné un coup de corne dans l’aine. » Peu de temps après il expira ; il aura su sans doute par quel secret jugement le Seigneur, avait donné au démon une telle puissance : Ce qu’il y avait de merveilleux en Martin, c’est qu’il prédit aux frères non seulement l’événement que nous venons de rapporter, mais encore beaucoup d’autres du même genre.

Tombeau de Saint Martin, abritant les reliques retrouvées après la
profanation des révolutionnaires.
XXII. — Le démon, usant de mille artifices pour tromper le saint homme, se présentait fréquemment à lui sous les formes les plus variées, quelquefois sous celle de Jupiter, la plupart du temps sous celle de Mercure, et même souvent de Vénus ou de Minerve. Martin luttait intrépidement contre lui, soutenu par le signe de la croix et la prière. On entendait très souvent dans sa cellule une troupe de démons l’insulter grossièrement ; mais, sachant que tout cela n’était qu’illusion et mensonge, il ne s’en inquiétait nullement.
Quelques-uns des frères attestent qu’ils ont entendu le démon reprocher à Martin, d’une manière injurieuse, d’avoir introduit dans le monastère des frères qui avaient perdu la grâce du baptême en tombant dans diverses erreurs, de les avoir reçus après leur conversion ; et en même temps le malin esprit énumérait leurs crimes.
Martin, lui résistant toujours, répondait que les anciennes fautes sont effacées par une vie meilleure, et que, comptant sur la miséricorde du Seigneur, l’Église doit absoudre ceux qui renoncent à leurs péchés. Le démon osa le contredire, prétendit que les pécheurs ne peuvent obtenir leur pardon, et que le Seigneur n’a aucune indulgence, pour ceux qui une fois sont tombés. Alors Martin s’écria : « Si toi-même, misérable que tu es, tu cessais de tenter les hommes et si tu faisais pénitence de tes crimes, même en ce moment que le jour du jugement est proche, me confiant dans le Seigneur Jésus, je te promettrais miséricorde. »
Un poilu de la guerre de 1914
Oh ! quelle sainte présomption de la miséricorde du Seigneur ! Si ces paroles de Martin ne peuvent faire autorité en cela ; elles montrent du moins la bonté de son cœur. Puisque j’ai commencé à parler du diable et de ses artifices, quoique je semble m’éloigner ici de mon sujet, il ne sera cependant pas hors de propos de raconter le fait suivant, parce qu’il nous aidera à mieux connaître la puissance de Martin, et qu’il est bon de conserver la mémoire d’un fait si digne d’admiration, qui nous fera tenir sur nos gardes, si jamais quelque chose de pareil nous arrivait.

Prière du Pape Benoît XVI
pour les soldats morts au combat


O Dieu notre Père, source inépuisable de vie et de paix, accueillez dans vos bras miséricordieux les soldats morts durant la guerre qui, ici, a fait rage, les soldats morts de chaque guerre qui a ensanglanté la terre. Accordez leur de jouir de la lumière sans déclin, qu’ils ont entrevue dans la foi et désirée durant leur pèlerinage terrestre.

Vous, qui en Jésus Christ, votre Fils, avez offert à l’humanité souffrante le plus haut témoignage de votre amour, et qui à travers sa Croix avez racheté le monde de la domination du péché et de la mort, donnez à tous ceux qui souffrent encore à cause de guerres fratricides la force de l’espérance invincible, le courage d’actions quotidiennes de paix, une confiance laborieuse dans la civilisation de l’amour.

Répandez votre Esprit-Saint Paraclet sur les hommes d’aujourd’hui, afin qu’ils comprennent que la paix est plus précieuse que tout trésor corruptible, et travaillent tous ensemble infatigablement pour préparer aux nouvelles générations un monde où règnent la justice et la paix.

Amen.

Les bleuets pour la France. Les marguerites pour la Belgique. Les coquelicots pour le Royaume Uni.

vendredi 10 novembre 2017

Des indulgences pour nos frères défunts. Ne méprisons pas la bonté et l'indulgence de Dieu ! Servons-nous en pour nous-mêmes et nos frères

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 210

A l’égard des indulgences, je crois qu’il est nécessaire de les faire imprimer avec l’avis qui est aussi très nécessaire.
La plupart des personnes et presque toutes ne pensent pas à l’application de ces Indulgences aux âmes du Purgatoire ; elles n’en connaissent ni l’obligation ni l’importance.

Vous rendrez un grand service à ces pauvres âmes et c’est la plus grande charité que l’on puisse faire à raison qu’il n’y a point de maux pareils à ceux qu’elles souffrent sans pouvoir ni y remédier ni même demander du secours.



jeudi 9 novembre 2017

9 novembre, fête de la dédicace de la Cathédrale du Pape, la Basilique Saint-Jean du Latran, Mère de toutes les Eglises

Jésus, le Fils de Dieu, enseignant aux Apôtres le "Notre Père"
 Cette fête nous rappelle qu'en dehors de l'Eglise, point de Salut !
L'Eglise, par grâce et volonté divines de son Sauveur et Rédempteur, Jésus-Christ, Roi de l'Univers, a reçu la plénitude des grâces et des dons divins.
L'Ecriture Sainte, la Tradition des Pères de l'Eglise et des Saints qui l'interprètent authentiquement, les 7 Sacrements, tout nous est donné. Quand on y réfléchit un peu, il y a de quoi tomber à genoux et remercier notre Dieu - Trinité pour tant de grâces !
Le péché nous avait fait perdre l'amour et la communion divine. Il nous faisait nous affronter les uns les autres. Il nous a emprisonné dans un égoïsme et un hédonisme mortifères.
Par la vie de grâce, dans l'Eglise, nous communions à la Trinité Sainte, anticipant la vision béatifique du Paradis. Par l'amour qui nous anime les uns les autres et que nous puisons à la source du Baptême et de la divine Eucharistie, une sainte communion de charité nous fait anticiper la communion des Saints.
Pour être catholique, nous rappelle le Code de Droit Canonique, il faut être baptisé, vivre des Sacrements comme notre Sauveur nous l'a enseigné, et être en union avec les successeurs des Apôtres, c'est-à-dire avoir une obéissance religieuse et un respect particulier pour les Évêques dont le Pontife romain est le premier, même quand nous ne les comprenons pas.
Ainsi, en ce jour de fête et de sainte joie, nous sommes appelés à prier d'une manière particulière pour le Successeur de Pierre, le Pape. Puisse son magistère être aussi ferme et éclairant que ce que nous enseigne l'Apôtre des nations.

De l'épître de Saint Paul, Apôtre aux Galates, chap. I,1-12
Cathèdre du Pape à Saint-Jean du Latran
Paul, Apôtre, – envoyé non par des hommes, ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus Christ et par Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts, – ainsi que tous les frères qui sont avec moi : aux Églises du pays galate.
À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ, qui s’est donné pour nos péchés, afin de nous arracher à ce monde mauvais, selon la volonté de Dieu notre Père, à qui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Je m’étonne que vous abandonniez si vite celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, et que vous passiez à un Évangile différent. Ce n'en est pas un autre : il y a seulement des gens qui jettent le trouble parmi vous et qui veulent changer l’Évangile du Christ.
Pourtant, si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème !
Nous l’avons déjà dit, et je le répète encore : si quelqu’un vous annonce un Évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème !
Maintenant, est-ce par des hommes ou par Dieu que je veux me faire approuver ? Est-ce donc à des hommes que je cherche à plaire ? Si j’en étais encore à plaire à des hommes, je ne serais pas serviteur du Christ.
Frères, je tiens à ce que vous le sachiez, l’Évangile que j’ai proclamé n’est pas une invention humaine. Ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ. "


mercredi 8 novembre 2017

Désirons le Ciel. Désirons devenir des saints.

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu inconnu »

Le soleil qui part du plus haut des cieux et qui retourne encore jusqu’au lieu qui en est le plus élevé, comme parle l’Écriture, sans qu’il y ait personne qui se cache à sa chaleur ; qui est si admirable dans la vitesse de sa course, si réglé dans ses mouvements, si brillant dans ses clartés ; ne montre-t-il pas dans un grand jour la magnificence et la grandeur de son Créateur et ne publie-t-il pas, avec la lune et les étoiles, qu’il est le Dieu de la lumière et la lumière même ?

Qu’il est doux à la vue de ces astres pleins de clartés, et à la vue des cieux, de se souvenir de la Jérusalem céleste, du ciel de gloire dans lequel Dieu habite qui renferme des beautés inénarrables, et qu’il destine à tous ceux qui l’aiment en vérité !

Quelle consolation et quelle joie d’apprendre de ses promesses, que nous irons dans la maison de ce Seigneur, laquelle sera notre demeure pour jamais !

"Le juste grandira comme un palmier". Mosaïques de l'église
Notre-Dame de la Garde.

dimanche 5 novembre 2017

Fête des saintes reliques

Des Saintes Reliques. Le 5 novembre.

Dans un certain nombre de calendriers propres, l’un des premiers jours « libres » (c’est-à-dire sans célébration particulière) après la fête de tous les Saints – souvent le 5 novembre (en forme extraordinaire du rite romain) -, est un jour consacré à honorer les Saintes Reliques conservées dans l’église ou dans l’oratoire.

~ Si notre situation actuelle ne nous permet pas de faire, dans l’oratoire du Mesnil-Marie, une exposition solennelle de toutes les reliques qui sont conservées dans la grande armoire de la sacristie, afin qu’une communauté ou un groupe de fidèles se relaye devant elles toute la journée dans une espèce de « garde d’honneur », notre Frère a tout de même tenu à les vénérer ce matin à la fin de l’oraison… ~ dès les premiers temps de l’Eglise, dans les catacombes, on avait pris l’habitude de célébrer les Saints Mystères sur la tombe des martyrs, particulièrement au jour anniversaire de leur glorieux trépas.

La foi de l’Eglise manifestait ainsi que le sacrifice des martyrs était uni à celui de leur divin Rédempteur et que si « aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur départ de ce monde a semblé un malheur… ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité… Car Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui : il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et les a agréés comme un parfait holocauste » (Sap. III, 2-5).


Dès les premiers temps aussi, les fidèles conservaient avec ferveur les objets qui avaient trait aux supplices des martyrs (on voit ainsi dans le récit du martyre de Sainte Cécile, par exemple, que les gens de sa maison imbibent des toiles avec le sang que la Sainte est en train de répandre).

Après la pacification qui suivit l’édit de Milan (en 313), le culte se développa et on éleva de grandes églises sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, et sur celles d’autres saints particulièrement vénérés comme Saint Sébastien, Sainte Agnès… etc.
Sainte Hélène, mère de Saint Constantin 1er le Grand, fit rechercher en Terre Sainte les lieux et les objets qui étaient liés à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les basiliques qu’on éleva à cette époque furent donc comme de grands reliquaires dans lesquels étaient conservés les tombeaux des Saints ou des objets particulièrement précieux pour la foi chrétienne (la Sainte Croix et les objets de la Passion, le Saint Sépulcre, la grotte de la Nativité… etc.).

Dès ce moment-là aussi on procéda à des « translations » de corps ou d’objets saints : lorsque le lieu de la sépulture ne se prêtait pas à la construction du lieu de culte envisagé, ou quand (en raison de la longueur et des difficultés des voyages) on préféra dédoubler les lieux de vénération et que l’on commença pour cela à partager les reliques.

Un peu plus tard, au moment des invasions barbares ou normandes, les craintes liées aux destructions et aux pillages furent également l’occasion de translations des reliques, donnant parfois lieu à des processions solennelles, à des miracles retentissants aussi, et à une extension de la dévotion envers le saint dont on avait transporté le corps.

La célébration des Saints Mystères sur la tombe même des martyrs est aussi à l’origine de l’usage de la translation des reliques pour les cérémonies de consécration des églises et des autels : il devint même obligatoire d’insérer des reliques des saints dans la table de pierre consacrée, au creux d’une petite cavité (appelée tombeau) que l’évêque consécrateur scelle solennellement.


Le développement des fruits de sainteté dans l’Eglise et l’accroissement du nombre des Saints entraînèrent aussi bien sûr le développement du culte des reliques.

On a distingué les reliques par « classes » :
a) sont considérées comme reliques de « première classe » les corps des saints ou les fragments importants de ces corps (crâne – on parle du chef – , ossements entiers) ;
b) les reliques de « deuxième classe » sont les fragments d’os, les parcelles des cendres funéraires, les cheveux, ou encore les objets qui ont appartenu aux saints – comme leurs vêtements – ou enfin les instruments mêmes de leur martyre ;
c) les reliques de « troisième classe » sont des objets qu’on a mis en contact avec le corps du saint, son tombeau ou sa châsse, ou encore le liquide parfumé (souvent appelé myrrhe) qui coule parfois de leur dépouille mortelle.

La vénération des saintes reliques appartient au culte de « dulie » - ce n’est pas un culte d’adoration mais de vénération, l’adoration n’étant due qu’à Dieu seul – , mais c’est en outre un culte que l’on dit « relatif », parce que, à travers la relique, il s’adresse en réalité à la personne du Saint, et non à l’objet lui-même.

La vérification de l’authenticité des reliques est indispensable avant de les proposer à la vénération des fidèles : cette authentification est confiée aux cardinaux, aux évêques, à certains prêtres spécialement autorisés (supérieurs majeurs des religieux ou vicaires généraux dans certains cas).

Cette authenticité est certifiée par un document écrit – qu’on nomme  un « authentique » - et par les sceaux qui ferment le reliquaire. Il est admis que l’on peut continuer à proposer des reliques à la vénération des fidèles lorsque ce certificat d’authenticité a été détruit ou perdu, à la condition que les sceaux du reliquaire soient intacts.

Toutes ces reliques constituent comme une « présence » de tous ces Saints ~, et c’est un vrai bonheur de redire aujourd’hui la collecte de la messe propre en leur honneur :

Augmentez en nous, Seigneur, la foi en la résurrection, ô Vous qui opérez des merveilles par les reliques de vos Saints : et rendez-nous participants de la gloire immortelle dont nous vénérons le gage dans leurs cendres : nous Vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il !


in http://leblogdumesnil.unblog.fr


jeudi 2 novembre 2017

Prions pour tous nos frères défunts !

Enluminure, absoute
« Vie nouvelle de Henri Marie Boudon », par S. Exc. R. Mgr Matthieu, Archevêque de Besançon

Quelque pure que fût la vie de Boudon, il avait trop d’humilité pour croire qu’il entrerait dans la jouissance de Dieu sans passer par les souffrances dont sa foi lui avait inspiré une peinture si vive et si frappante.

Non seulement il craignait le purgatoire, mais il pensait qu’il ne fallait rien moins qu’un miracle de la bonté de Dieu pour l’arracher aux tourments éternels dont il se croyait digne.

Il l’écrivait à M. Bosguérard en pensant à sa mort prochaine :
« Je vous assure que je suis saisi de frayeur à l’égard de l’enfer et que je vois bien que c’est tout ce qui m’appartient, que sans une miséricorde extraordinaire ce sera mon partage. Cependant j’ai une certaine joie pensant à la mort, dans la pensée que j’irai dans le pays de Dieu seul, dans lequel toutes les créatures connaîtront clairement qu’il est le grand tout et que tout le reste n’est rien, et cela ou par force ou par amour. »





mercredi 1 novembre 2017

Solennité de la Toussaint



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 199


Crions cependant et au ciel et à la terre ; appelons à notre secours la très pure Vierge, la Mère du bel amour, les Anges et les Saints du pur amour !

~ S’il y a des animaux qui vivent au milieu des feux et qui ne se nourrissent que de flammes, vivons, vivons au milieu des feux sacrés du divin amour, qu’il soit la nourriture de nos âmes, notre respiration pour la vie.


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Du 1er au 8 novembre, l'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière  quotidienne aux intentions de tous les fidèles défunts.

Pour cela, il faut être en état de grâce, confessés et absous, ayant assistés à la Messe et ayant communiés aux intentions du Pape et de l'Eglise, visitant un cimetière et prier aux intentions des âmes bénies du Purgatoire.

Ne négligeons pas cette grande grâce. Tant d'âmes sont aux portes du Paradis et désirent devenir nos intercesseurs privilégiés !


lundi 30 octobre 2017

Les Saints et les Anges nous préparent à la solennité de la Toussaint

Icône moderne du Jugement dernier, Brampton, Ontario

Opuscule « A la Vierge Marie », du vénérable abbé Henri Marie Boudon

O Anges de Jésus ! O Saints de Jésus ! 
Venez, venez à notre secours ; hâtez-vous de nous aider dans les désirs, dans les desseins que la grâce nous inspire pour l’établissement du règne du pur amour de votre Roi et du nôtre. 

Combattez pour nous, combattez avec nous, mais combattez pour l’empire de l’amour de notre commun Souverain dans tous les cœurs !

Chassez-en en sa force son ennemi : l’amour-propre ; détruisez, ruinez, anéantissez tout ce qui s’y oppose, que le grand Roi Jésus en soit le Maître absolu, que tout lui soit soumis, que tout y reconnaisse son divin pouvoir.

C’est dans cette vue que je vous présente ce petit Ouvrage afin qu’il serve à l’avènement du règne du pur amour de JÉSUS.

Ah ! qu’il soit aimé, qu’il soit aimé ce tout aimable Jésus ! Quiconque n’aime pas notre Seigneur Jésus-Christ, qu’il soit anathème.




vendredi 27 octobre 2017

Du saint esclavage à Notre Dame - "Totus Tuus"

Annonciation, porte de tabernacle
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu seul ou le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », chap. 12, Ce que c'est que la dévotion du saint esclavage de la Mère de Dieu

Pour bien concevoir ce que c'est que la dévotion d'esclavage dont nous traitons, il est nécessaire de remarquer ce que c'est que la condition d'esclave : or, la condition d'esclave consiste en ce que l'esclave n'a plus rien à soi, et même n'est plus à soi, mais à son seigneur ou maître ; c’est pourquoi tous les biens que les esclaves peuvent avoir, tout ce qu'ils peuvent gagner, tous leurs travaux, toute leur industrie, et même leurs enfants, tout cela appartient à leurs maîtres, qui estiment leur faire grâce, que de leur laisser la vie, et quand ils leur ôtent, ils ne pensent pas commettre d'injustice. Il n'y a rien parmi les hommes qui nous fasse plus être à un autre que l'esclavage. Ceci supposé, il est facile d'entendre ce que c'est que la dévotion de l'esclavage de la Souveraine des anges et des hommes ; qui n'est pas seulement de porter des chaînettes, de faire écrire son nom dans les livres de l'association, de réciter quelques prières, de donner quelques aumônes ou faire quelques présents aux églises, de pratiquer quelques mortifications, ou prendre la qualité d'esclave de la sainte Vierge ; mais c'est une sainte transaction que l'on fait avec la Reine du ciel et de la terre, par laquelle on lui consacre sa liberté pour passer au nombre de ses esclaves, la faisant la maîtresse absolue de son cœur, lui cédant le droit que l'on a en toutes les bonnes actions, se dévouant entièrement au service de sa grandeur, et en faisant une haute protestation.

~ Or, il faut remarquer, pour l'éclaircissement du sujet que nous traitons : premièrement, que l'on peut honorer la sainte Vierge par ses bonnes actions, sans lui en donner la valeur, par exemple, on jeûne en son honneur, cela ne lui donne pas le droit que l’on a en cette action du jeûne ; ainsi se sont deux choses distinctes d'honorer la sainte Vierge par quelque bonne œuvre, ou lui en donner la valeur. Secondement, quand on dit que l'on donne la valeur de ses bonnes actions, on n'entend pas par là le mérite, car il n'y a eu que Jésus-Christ seul qui l'ait pu faire, tellement que, lorsque l'on dit communément que l’on se fait part les uns aux autres des mérites, cela n'est pas vrai, si l'on prend le terme de mérite en rigueur ; ce n'est qu'en tant que nos actions sont satisfactoires ou impétratoires, que l'on peut en donner la valeur ; et c'est en ce sens que le terme de mérite étant pris, on dit qu'il y en a communication. La dévotion de l'esclavage, ne se réservant rien, donne tout, ainsi le dessein qu'elle inspire, est de ne passer pas un moment de la vie, soit que l'on veille, soit que l'on dorme, soit que l'on agisse, soit que l'on souffre, qui ne soit tout consacré à Notre-Dame et Maîtresse, et de lui dédier de telle sorte tout le droit que l'on peut avoir en toutes ses bonnes actions, qu'elle en dispose pleinement, selon son bon plaisir, le donnant à qui elle le voudra, comme une chose qui est entièrement à elle, par la qualité d'esclave que l'on prend, dont le propre est de n'être plus à soi, de n'avoir rien à soi, mais d'être tout absolument à son maître.

La Visitation
C'est ici que l'on peut remarquer la différence des serviteurs de la Mère de Dieu, et de ses esclaves. Le serviteur à de certains moments où il se repose, où il n'agit pas pour son maître, où il peut travailler pour lui : l'esclave agit en toute sorte de temps et de choses pour son seigneur. Le serviteur peut changer de condition, l'esclave y demeure toujours engagé. Le serviteur peut acquérir du bien de ses gages ; tout l'argent de l'esclave, tous les intérêts qu'il en peut tirer, tout ce qu'il en peut acheter est à son maître. Si le serviteur a des enfants, il en peut disposer : les enfants de l'esclave sont au pouvoir du maître, et sa propre vie même. Ces différences font assez voir qu'il n'y a point de dévotion qui nous engage au service de la Mère de Dieu comme celle de l'esclavage, puisque de toutes les servitudes, il n'y a que l'esclavage qui ôte la liberté ; et elles donnent beaucoup de lumières de la condition des personnes qui sont véritablement esclaves de la reine du ciel, et qui le sont par état et non-seulement par paroles, ou par quelques marques extérieures.

Écoutez donc, dit le Saint-Esprit en l'Ecclésiastique (VI, 24-26), écoutez, mon fils, un sage conseil que je veux vous donner, et ne cessez jamais d'en faire état, mettez-vous ses fers aux pieds et son collier au cou, et n'ayez point de difficulté à porter ses chaînes. Ce Dieu d'amour désire que nous lui soyons attachés sans réserve ; c'est pourquoi il veut que nous en portions les marques aux principales parties de notre corps, afin qu'il n'y ait rien en nous qui ne soit à son service.

Faisons-lui servir notre tête, l'inclinant dévotement, ou la découvrant à la rencontre de ses images ; les cheveux, en retranchant le soin que la vanité en donne ; les oreilles, les fermant aux entretiens peu honnêtes ; aux paroles équivoques, aux chansons mondaines, aux discours inutiles ; les yeux, en les détournant des objets sensuels ; les lèvres, en baisant avec respect ses saintes images ; la langue et la bouche, en s'abstenant, et mortifiant le goût, et parlant de ses grandeurs ; les bras et les mains, en travaillant pour elle, donnant l'aumône, ornant ses temples et chapelles, ne les souillant par aucune impureté ; les genoux par des révérences et génuflexions ; les pieds, allant visiter les lieux dédiés à Dieu en son honneur. Il est bien juste que nous servions cette grande reine en toutes les manières possibles, non seulement parce que ses grandeurs l'exigent, mais encore à raison de ses bontés incomparables, qui l'ont obligée amoureusement de nous rendre des services, qui feront l'étonnement de toute l'éternité bienheureuse.

Notre Dame à l'Enfant. Vierge aux lys de France
Elle nous a servis de toute son âme par l'abondance de ses grâces, dont ayant été plus que pleine, dit le dévot saint Bernard, elle a regorgé heureusement sur tous les fidèles ; de son corps en ayant donné la matière au Verbe incréé en l'incarnation ; de son cœur précieux par la foi, ce qui a donné le commencement à notre salut ; de sa tête, l'ayant  tant de fois inclinée devant la majesté de Dieu pour nous en obtenir les miséricordes ; de ses cheveux dont elle a blessé le cœur du divin Époux pour l'attirer en notre terre ; de ses oreilles, obéissant à la voix de l'ange, ce qui a été la cause de tout notre bonheur ; des yeux par les larmes pour nous impétrer le pardon de nos crimes ; de ses lèvres par les chastes baisers qu'elle a donnés à son divin enfant, pour le réconcilier avec les hommes ; de sa bouche et de sa langue, nous servant d'avocate ; de son cœur sacré, y portant celui qui soutient toute la machine du monde, et lui ôtant les armes des mains, et les foudres qu'il devait lancer sur nos têtes criminelles ; de ses mains et ses bras, en servant notre débonnaire Sauveur, pour nous acquérir la glorieuse qualité de ses serviteurs ; de ses chastes mamelles allaitant celui qui nous nourrit de sa grâce et de son précieux corps et sang ; de son ventre sacré, qui l'a porté pour nous délivrer de l'enfer ; de ses pieds par les voyages qu'elle a faits de sa maison aux montagnes de Judée, de Nazareth en Bethléem, de la Palestine en Égypte, accompagnant son Fils bien-aimé pendant les jours de sa conversation avec les hommes, visitant après sa mort les lieux saints, et suivant saint Jean l'Évangéliste son fils adoptif en Éphèse, et tout cela pour nous obtenir tant de dons et de grâces dont le ciel nous favorise continuellement.