lundi 25 mars 2019

Solennité de l'Annonciation

En l'honneur de Jésus vivant en Marie dans l'Incarnation, par S. Louis-Marie Grignon de Montfort

Adorons tous Jésus vivant
Dans le sein de Marie.
Voyons avec étonnement
La Grandeur raccourcie.
Adorons un Dieu fait enfant
Pour nous donner la vie.

Ce sein est un temple sacré
Où Dieu prend ses délices.
C'est un ciel toujours éclairé
Du Soleil de justice.

C'est notre refuge assuré
Où Dieu se rend propice.
C'est en ce sein que nuit et jour
Alfons Maria Mucha, Notre Dame aux lys
Il prend ses complaisances.

Marie aussi l'aime à son tour
De toutes ses puissances.
Ce n'est qu'un amoureux retour
De leurs reconnaissances.

Oh! que Jésus est libéral
A sa mère très pure!
Il met dans son sein virginal
Sa grâce sans mesure.

Son cœur est son trône royal
Et sa demeure sûre.

Tandis qu'il est tout attaché
A son cœur sans partage,
Dans lequel le moindre péché
N'a fait aucun ravage,
Il y peint sans être empêché
Sa véritable image.

 Leurs cœurs unis très fortement
Par des liens intimes
S'offrent, tous deux, conjointement
Pour être deux victimes,
Pour arrêter le châtiment
Que méritent nos crimes.

Dans ce mystère, les élus
Ont reçu leur naissance.
Marie unie avec Jésus
Les ont pris par avance,
Pour avoir part à leurs vertus,
Leur gloire et leur puissance.

Que ce mystère est merveilleux!
Quels transports admirables!
Quels ravissements bienheureux
De ces deux cœurs aimables!
 Nous ne verrons que dans les cieux
Ces secrets ineffables.

Ils semblent tous deux confondus.
Que l'alliance est belle!
Marie est toute dans Jésus,
Son amant très fidèle,
Ou, pour mieux dire, elle n'est plus,
Mais Jésus seul en elle.

Allons tous, entre ces deux cœurs,
Faire fondre nos glaces,
Participer à leurs ardeurs,
Leurs vertus et leurs grâces.
Allons, ils aiment les pécheurs,
Nous y trouverons place.

Mère de l'amour divin,
O riche sanctuaire
Qui portez notre Souverain
Et notre salutaire,
Faites venir en notre sein
Cet agneau débonnaire.

O Jésus, notre cher époux,
Notre Dieu, notre frère,
Venez, venez maître dans nous
Par votre Sainte Mère,
Afin que nous puissions par vous Aller à votre Père.

Venez par votre humilité
Nous réduire à l'enfance,
Venez par votre sainteté
Nous rendre l'innocence.
Venez par votre charité Régner sans résistance.
DIEU SEUL.


Saint Louis Marie Grignon de Montfort

dimanche 24 mars 2019

Solennité de la saint Gabriel, Archange


Je vous salue, ô Gabriel, sublime esprit de lumière et de beauté.
Le Seigneur vous bénit lorsqu'il vous créa
plus parfait que toutes les créatures,
dans une gloire céleste, en vous insufflant l'esprit de force.
Vous êtes l'élu entre tous les Anges,
envoyé par le Roi des rois pour annoncer la grande oeuvre de l’Éternel,
l'incarnation du Verbe et la rédemption de l'humanité.

Saint Gabriel Archange,
ambassadeur de Dieu et ange gardien de la Vierge Marie,
qui vous tenez devant son trône dans le sanctuaire de Pompéi,
priez pour nous pécheurs, afin qu'après avoir,
avec le Rosaire, salué votre Reine
comme vous l'avez salué à Nazareth,
nous puissions avec Elle, Vous voir à l'heure de notre mort.
Ainsi soit-il.


vendredi 22 mars 2019

Bienheureux le pécheur repentant


De Saint Antoine le Grand

Les véritables bienheureux, ce ne sont pas ceux qui accomplissent des miracles, ou qui voient les Anges : les véritables bienheureux sont ceux qui sont capables de voir leurs propres péchés.

mardi 19 mars 2019

19 mars, solennité de Saint Joseph, époux de Marie, père adoptif du Seigneur et premier protecteur de l'Eglise

Mariage de Joseph et de Marie au Temple de Jérusalem


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Exhortation sur S. Joseph

Qui pourrait expliquer les chastes embrassements, les saints baisers de saint Joseph avec son cher Jésus, avec un Dieu ? Y a-t-il un séraphin qui puisse nous déclarer la grandeur de saint Joseph qui commande à un Dieu : et erat subditus illis (et il lui était soumis).

Tout ce que le Saint Esprit déclare de la vie cachée de Jésus est qu’il était sujet à Marie et à Joseph. Voilà ses merveilles, voilà ses grandeurs, voilà ses miracles, voilà ses opérations, voilà la meilleure partie de la vie d’un Dieu : il était sujet à saint Joseph.

Saint Joseph et l'Enfant Jésus
Joseph appelait Dieu, Jésus répondait ; Joseph commandait, Jésus obéissait ; Jésus était envoyé et Jésus allait, Dieu aidant au saint à exercer le métier de charpentier. Il balayait et nettoyait la maison et faisait quantité d’autres choses domestiques et tout cela pour moi, pour nous, et un Dieu !

Vous pouvez voir de là la facilité que saint Joseph avait à l’oraison et sa grande solitude intérieure pour toutes les choses créées car, quand il aidait à Jésus, qu’il lui apportait quelque morceau de bois, il ne cessait de prier Dieu ; quand il mangeait, quand il se reposait, toujours avec Jésus, Dieu incarné, et avec la reine de toutes les grandeurs du paradis.

Le saint trépas de Joseph
Pour ce qui regarde les choses créées, il n’y pensait pas et, si Moïse paraissait si lumineux par les heureuses communications avec Dieu et si éclatant que les Israélites ne pouvaient le regarder ; de même saint Joseph, par la continuelle présence de Jésus et de Marie, recevait tant de rayons et d’éclats de lumière du Saint Esprit, et de si grands embrassements d’amour en son âme, qu’il ne pouvait plus vivre ni converser avec les hommes en terre, il ne pouvait plus rien voir et encore moins aimer de toutes les choses créées, et c’était de ce même principe qu’il était une perpétuelle abstraction des choses créées.

Il ne pouvait pas parler parce qu’il était entièrement recueilli avec Jésus, il était toujours en la présence de Dieu et c’est ce qui le séparait des créatures ; et dans cette solitude intérieure, il a passé de toutes les vertus dans un degré qui surpasse toute imagination. Son respect pour Dieu a été le plus grand qui ait jamais été, après celui de la très sainte Vierge qu’il faut toujours excepter en toutes choses. Il était toujours dans une humilité profonde et aimable devant la souveraine majesté, dans un continuel état d’adoration.



dimanche 17 mars 2019

Avoir une vie véritablement pieuse. Quelques conseils



Règles pour une vie pieuse, par Mgr. Platon, archevêque de Kostroma

Forcez-vous à se lever tôt et sur un horaire fixe. Dès que vous vous réveillez, tournez votre esprit vers Dieu : faire le signe de la Croix, et le remercier pour la nuit qui a passé et pour tous ses compassions envers vous. Demandez-lui de guider toutes vos pensées, sentiments et désirs, de sorte que tout ce que vous dites ou faites sera agréable à Lui.
Comme vous vous habillez, rappeler la présence du Seigneur et de votre ange gardien. Demandez au Seigneur Jésus-Christ pour vous mettre sur la robe de salut.
Après vous laver, descendre à la prière du matin. Priez à genoux, avec la concentration, et avec respect et douceur, comme il convient devant les yeux du Tout-Puissant. Demandez-lui de vous donner la foi, l'espérance et la charité, ainsi que la force calme à accepter tout ce que la journée à venir peut vous apporter - ses difficultés et les ennuis. Demandez-Lui de bénir vos travaux. Demandez de l'aide : pour accomplir une tâche particulière que vous faites face ; rester à l'écart d'un péché particulier.
Si vous le pouvez, lire quelque chose de la Bible, en particulier dans le Nouveau Testament et les Psaumes. Lire avec l'intention de recevoir une illumination spirituelle, inclinant votre cœur à la componction. Après avoir lu un peu, pause et de réfléchir sur ce que vous lisez, et ensuite aller plus loin, l'écoute de ce que le Seigneur donne à penser à votre cœur.
Essayez de consacrer au moins quinze minutes à contempler spirituellement les enseignements de la foi et le bénéfice à votre âme dans ce que vous avez lu.
Toujours remercier le Seigneur qu'Il ne vous a pas laissé périr dans vos péchés, mais prend soin de vous et dans tous les sens possible, vous conduit à le Royaume des Cieux. Commencez chaque matin, comme si vous aviez décidé de devenir chrétien et de vivre selon les commandements de Dieu.

Lorsque vous entrez sur vos droits, s’efforcer de faire tout à la gloire de Dieu. Rien sans la prière commencer, parce que tout ce que nous faisons sans la prière se avère plus tard être inutile ou nuisible. Les paroles du Seigneur sont vraies : «Sans moi, vous ne pouvez rien faire. »
Imitez notre Sauveur, qui a travaillé aider Joseph et sa Mère très pure. Tout en travaillant, gardez un bon esprit, en se appuyant toujours sur l'aide du Seigneur. Ce est une bonne chose à répéter sans cesse la prière : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur."
Si vos travaux sont couronnés de succès, rendre grâce au Seigneur ; et se ils ne sont pas, placez-vous dans sa volonté, car il prend soin de nous et dirige tout vers le mieux. Accepter toutes les épreuves comme une pénitence pour vos péchés - dans l'esprit de l'obéissance et de l'humilité.

Avant chaque repas, priez que Dieu bénira la nourriture et la boisson ; et après le repas rendre grâce à lui et lui demander de ne pas vous priver de bénédictions spirituelles. Il est bon de quitter la table et de sentir un peu la faim. En tout, éviter les excès. Suivant l'exemple des anciens chrétiens, prendre un repas rapide les mercredis et vendredis.
Ne pas être gourmand. Soyez contenu avoir de la nourriture et des vêtements, en imitant le Christ qui se est fait pauvre pour nous.

Efforcez-vous de plaire au Seigneur en toutes choses, afin que vous ne soyez pas outragés par votre propre conscience. Rappelez-vous que Dieu vous voit toujours, et ainsi être soigneusement vigilant sur les sentiments, les pensées et les désirs de votre cœur.
Évitez même les plus petits péchés, de peur que vous tombiez dans de plus grands. Chassez de votre cœur chaque pensée ou de la conception qui vous éloigne du Seigneur. S’efforcer en particulier contre le désir impur ; le chasser de votre cœur comme une étincelle brûlant tombée sur votre manteau. Si vous ne voulez pas être troublé par les mauvais désirs, accepter docilement l'humiliation des autres.
Ne pas trop en dire, rappelez-vous que pour chaque parole nous rendra compte devant Dieu. Il est préférable d'écouter que de parler : dans la verbosité il est impossible d'éviter le péché. Ne soyez pas curieux d'entendre les nouvelles, qui ne divertit et distrait l'esprit. Ne condamnons personne, mais considérez-vous être pire que tout le monde. Celui qui condamne une autre personne se condamne de prendre les péchés de l'autre sur lui-même ; il est préférable de déposer un grief sur le pécheur, et prier pour que Dieu le corrige à sa manière. Si quelqu'un ne écoute pas vos conseils, ne vous disputez pas avec lui. Mais si ses actes sont une tentation pour les autres, prendre les mesures appropriées, parce que leur bonne mesure doit avoir plus de poids que la sienne, étant seul.
Ne jamais discuter ou faire des excuses. Soyez doux, calme et humble ; tout endurer, selon l'exemple de Jésus. Il ne vous charge avec une croix qui dépasse votre force. Il vous aidera également à porter la croix que vous avez.
Demandez au Seigneur de vous donner la grâce pour accomplir ses commandements saints ainsi que vous le pouvez, même si elles semblent trop difficiles à conserver. Après avoir fait une bonne action, ne vous attendez pas la reconnaissance, mais à la tentation : votre amour envers Dieu est testé par des obstacles. N’espérez pas acquérir des vertus sans souffrir de douleurs. Au milieu de tentations ne désespérez pas, mais s’adresser à Dieu par des prières courtes : "Seigneur, aide ... Apprends-moi à ... Ne laisse pas ... Protège-moi..." Le Seigneur permet tentations et épreuves ; Il donne aussi la force de les surmonter.
Demandez à Dieu de vous enlever tout ce qui nourrit votre fierté, même si elle sera amère. Évitez d'être rude, sombre, lancinant, méfiant, soupçonneux ou hypocrite, et éviter la rivalité. Soyez sincère et simple dans votre attitude. Humblement accepter les remontrances des autres, même si vous êtes plus sage et expérimenté.
Ce que vous ne voulez pas pour vous, ne le faites pas à d'autres. Plutôt, faites pour eux ce que vous souhaitez être fait pour vous. Si quelqu'un vous rend visite, être tendre envers lui, être modeste, sage, et, parfois, selon les circonstances, être aussi aveugle et sourd.
Lorsque vous vous sentez lâche, ou un certain sang-froid, ne pas laisser tomber l’ordre habituel de la prière et les pratiques pieuses que vous avez établies. Tout ce que vous faites au nom du Seigneur Jésus, même les petites et imparfaites des choses, devient un acte de piété.
Si vous désirez trouver la paix, vous engager complètement sur Dieu. Vous ne trouverez pas la paix jusqu'à ce que vous vous calmiez en Dieu, l'aimer lui seul.

De temps en temps vous isoler, suivant l'exemple de Jésus, à la prière et à la contemplation de Dieu. Contemplez l'amour infini de notre Seigneur Jésus-Christ, ses souffrances et sa mort, sa résurrection, sa seconde venue et le Jugement dernier.
Visite de l'église aussi souvent que possible. Confessez-vous plus souvent et recevoir les Saints Mystères. Demeurez en Dieu, c’est la plus haute bénédiction. Au cours de la confession : repentir et confesser franchement et avec contrition tous vos péchés ;  le péché sans repentance conduit à la mort.
Consacrer le dimanche à des œuvres de charité et de miséricorde ; par exemple, rendre visite à quelqu'un qui est malade, consoler quelqu'un qui est dans la douleur, sauf celui qui est perdu. Si quelqu'un l'aide à se tourner vers Dieu, il recevra une grande récompense dans cette vie et dans le siècle à venir. Encouragez vos amis à lire de la littérature spirituelle chrétienne et à participer à l'examen des questions spirituelles.

Que le Seigneur Jésus Christ soit votre professeur en tout. Lui répondre constamment en tournant votre esprit vers Lui ; demandez-vous : « Que ferait-Il dans des circonstances similaires ? »

Avant d'aller dormir, prier franchement et de tout ton cœur, regardez, scrutez vos péchés cours de la dernière journée. Vous devriez toujours vous obliger à se repentir avec un cœur contrit, avec de la souffrance et des larmes, de peur que vous répétiez vos péchés passés. 
Quand vous allez au lit, faire le signe de la Croix, embrasser la croix, et vous confier au Seigneur Dieu, qui est votre Bon Pasteur. Considérez que peut-être cette nuit, vous aurez à comparaître devant lui.
Rappelez-vous l'amour du Seigneur envers vous et l'aimer de tout votre cœur, votre âme et votre esprit.

En agissant ainsi, vous arriverez à la vie bienheureuse dans le royaume de la lumière éternelle. La grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous. Amen.


samedi 16 mars 2019

L'Eglise persécutée par nos propres péchés. Convertissons-nous et croyons enfin à l'Evangile !

L'échelle mystique et les tentations des démons pour nous faire tomber.
Sans cesse, recommençons encore et encore. Il est notre victoire !

De Mgr Ambroise Cantacuzène

Les démons
Actuellement, on peut observer que de toutes parts, des attaques sont portées contre l'Église du Christ et le troupeau de Dieu.

Quand une lutte ouverte ou des persécutions s'exercent contre l'Eglise, l'ennemi du genre humain est manifeste et l'on voit tout de suite de quel côté il faut se défendre. Le danger s'accroît considérablement quand vient la «douce pression» de l'accommodement progressif à ce monde. Elle s'impose peu à peu, insensiblement, car on ne saurait appeler apostasie aucun élément de cette pression pris séparément, mais la conjonction de ces «détails» révèle soudain combien nous nous éloignons de l'Eglise, si l'on ne demeure constamment vigilant.

Mais le plus terrible et le plus affligeant, c'est « ceux qui viennent vêtus de peaux de brebis et qui au-dedans sont des loups ravisseurs », c'est-à-dire ceux qui se donnent pour zélateurs de l'Orthodoxie et qui, profitant de leur haute position dans l'Eglise, s'efforcent de détruire de l'intérieur l'Eglise du Christ, en se soumettant «aux princes et aux fils des hommes» ou bien en enseignant la compromission avec les hérésies par une fausse piété au nom de l'amour mutuel et de la piété ou encore par l'esprit de domination humaine.

Le démon n'a de pouvoir sur nous que si nous lui ouvrons la porte. Claquons-lui là au nez
et, comme la Vierge Mère de Dieu, écrasons-lui la tête. Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !


jeudi 14 mars 2019

Le chrétien a une vie houleuse mais le Christ n'a-t-Il pas vaincu le monde ?

La tempête apaisée

De Saint Théodore le Studite, IXe s., extrait de la 4e petite catéchèse

Celui qui navigue sur la mer perceptible par les sens affronte sans le vouloir les orages et les vagues énorme ; mais celui qui traverse la mer de l'esprit est maître de l'orage et du calme. En effet, s'il renverse courageusement les raisonnements déplacés, il est rempli de calme, ayant le Saint-Esprit pour compagnon de voyage, comme on le raconte de saint Arsène.

Mais celui qui laisse libre cours à ses sensations et qui introduit en lui-même ses désirs à la façon des torrents, éveille en lui-même la houle la plus mauvaise. S'il ne calme pas rapidement ses pensées houleuses, il ne tardera pas à prononcer cette phrase pitoyable : "Je suis allé dans les profondeurs de la mer et la tempête m'a submergé" (Ps. 68,3). Que la raison commande donc et que le meilleur ne soit pas tiré en bas par le pire, mais que l'esprit gouverne souverainement et conduise à ce qui est meilleurs.

Ne savez-vous pas ce qu'a produit le péché ?
N'a-t-il pas introduit la mort ?
N'a-t-il pas corrompu la terre ?
N'a-t-il pas rempli le monde habité de cimetières et de sépulcres depuis le commencement des âges jusqu'à présent ?

Le Christ marchant sur les eaux
Car l'Homme était incorruptible avant la faute et rien de ce que nous venons de dire n'aurait commencé si le premier modèle (Adam) était resté fidèle à l'ordre donné (par Dieu). (...) Il faut donc choisir la vertu qui assimile l'Homme aux Anges, se tient en garde contre la mort, résiste au démon, s'élève au rang supérieur aux chefs de ce monde et finalement ambitionne le Royaume des Cieux.

Puissiez-vous l'atteindre tous par la Grâce et la Bonté de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui appartiennent la Gloire, la Puissance, l'Honneur avec le Père et le Saint-Esprit maintenant et toujours et pour les éternités d'éternités.





mardi 12 mars 2019

"Pour moi vivre, c'est le Christ" - mourir au monde pour vivre de Dieu seul

Pèlerins vers le Saint-Sépulcre de Jérusalem

Extraits du 7e sermon pour le Temps du Carême par Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l’Eglise


Heureux ceux qui, dans ce siècle pervers, se conduisent en voyageurs et en étrangers, et se conservent purs de toutes les souillures ! « D'ailleurs ce n'est point ici qu'est notre ville permanente, nous cherchons encore celle où nous devons habiter un jour » (Hébreux XIII, 14). 

Abstenons-nous donc de tous ces désirs charnels, comme il convient à des voyageurs et à des étrangers. En effet, tout voyageur suit la voie royale, et ne s'écarte ni à droite ni à gauche : s'il aperçoit sur son chemin des hommes qui se querellent, il ne fait point attention à eux ; s'il en voit d'autres qui se marient, qui se livrent aux plaisirs de la danse, ou qui font autre chose de semblable, il n'en continue pas moins sa route ; il est voyageur et tout cela ne l'intéresse point. Il soupire après la patrie, il y tend de toutes ses forces.

Notre Patrie, c'est le Ciel !
[…] Qui donc peut être encore plus étranger à ce qui se passe dans le monde qu'un voyageur ? Ce sont sans doute ceux à qui l'Apôtre s'adressait en ces termes : « Pour vous, vous êtes morts au monde, et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ » (Colossiens III, 3). Il est certain qu'un voyageur peut facilement se trouver retenu ou attardé, en cherchant ou en prenant sur ses épaules, un peu plus de bagages qu'il ne faut ; un mort, au contraire, ne s'aperçoit même point qu'il manque de sépulture. Pour lui, le blâme ou la louange, les compliments flatteurs ou les paroles dénigrantes, il entend tout de la même oreille, ou plutôt il n'entend rien, puisqu'il est mort. O mort mille fois heureuse que celle qui nous conserve ainsi sans tache, ou plutôt qui nous rend si complètement étrangers à ce monde […] ».


samedi 9 mars 2019

Samedi après les Cendres


Extraits du livre "Le Grand Carême", du Père Alexander Schmemann

Quand un homme part pour un voyage, il doit savoir où il va. Ainsi en est-il avec le Grand Carême. Par-dessus tout, le Grand Carême est un voyage spirituel, et sa destination, c'est Pâque, "la Fête des fêtes". C'est la préparation pour "l'accomplissement de Pâque, la véritable Révélation." Nous devons dès lors commencer en tenant de comprendre cette relation entre le Grand Carême et Pâques, car elle nous révèle à propos de notre foi et vie Chrétienne quelque chose de tout à fait essentiel, de tout à fait crucial.

Est-il nécessaire d'expliquer que Pâques est bien plus qu'une des fêtes, bien plus qu'une commémoration annuelle d'un événement du passé? Quiconque a déjà, ne fut-ce qu'une fois, participé à cette nuit qui est "plus radieuse que le jour", qui a déjà goûté à cette joie unique, le sait. [...] A Pâques, nous célébrons la Résurrection du Christ comme quelque chose qui a eu lieu et nous advient encore. Car chacun d'entre nous a reçu le don de cette nouvelle vie et le pouvoir de l'accepter et d'en vivre. C'est un don qui transforme radicalement notre attitude envers tout en ce monde, y compris la mort. Il nous met en état d'être capables d'affirmer avec joie "La mort n'est plus!" Oh certes, la mort est encore là, c'est sûr, et nous lui faisons face, et un jour elle viendra et nous emportera. Mais c'est notre foi pleine et entière que par Sa propre mort, le Christ a changé la nature même de la mort, en faisant un passage, une "Pâques", entrée dans le Royaume de Dieu, transformant la tragédie des tragédies en une victoire ultime. [...]

Telle est la foi de l'Église, affirmée et rendue évidente par ses innombrables saints. Cependant, est-ce que notre expérience quotidienne n'est pas que cette foi est très rarement nôtre, que sans cesse nous perdons et trahissons cette "nouvelle vie" que nous avons reçue en don, et qu'en fait nous vivons comme si le Christ n'était pas relevé d'entre les morts, comme si cet événement unique n'avait pas la moindre signification pour nous? [...] Nous oublions cela tout simplement, si affairés que nous sommes, si plongés dans nos préoccupations quotidiennes – et parce que nous oublions, nous échouons. Et à travers cet oubli, cet échec, et le péché, notre vie redevient "vieille" à nouveau – mesquine, sombre, et pour finir sans signification – un voyage vide de sens vers une fin absurde. [...] Nous pouvons de temps à autre reconnaître et confesser nos divers "péchés", et cependant, nous cessons de rapporter notre vie à cette nouvelle vie que le Christ nous a révélée et donnée. En effet, nous vivons comme s'Il n'était jamais venu. C'est le seul véritable péché, le péché de tous les péchés, la tristesse sans fond et la tragédie de notre christianisme nominal.

Le Christ outragé pour nous, par amour
Si nous réalisons ceci, alors nous pourrons comprendre ce qu'est Pâques, et pourquoi cela requiers et présuppose le Grand Carême. Car alors nous pourrons comprendre que les traditions liturgiques de l'Église, tous ses cycles et offices, existent en tout premier lieu afin de nous aider à retrouver la vision et le goût de cette nouvelle vie, que nous avons si facilement perdue et trahie, afin que nous puissions nous repentir et y revenir. […] Et cependant, la "vieille" vie, celle de péché et d'insignifiance, n'est pas facilement vaincue et changée. L'Évangile attend et requiers un effort de la part de l'homme, ce que dans son état présent il est virtuellement incapable de faire. [...] C'est ici que vient le Grand Carême. C'est l'aide qui nous est envoyée par l'Église, l'école de repentance qui seule rendra possible d'accueillir Pâques non pas comme une simple permission de manger, boire et se détendre, mais en effet comme la fin de ce qui est "vieux" en nous, comme notre entrée dans ce qui est "nouveau." […] Car chaque année, le Grand Carême et Pâques sont, à nouveau, la redécouverte et la récupération par nous de ce que nous avons été fait à travers notre propre mort et résurrection baptismale.

Un voyage, un pèlerinage! Et cependant, alors que nous l'entamons, alors que nous avons fait le premier pas dans la "radieuse tristesse" du Grand Carême, nous voyons – loin, très loin – la destination. C'est la joie de Pâques, c'est l'entrée dans la gloire du Royaume. Et c'est cette vision, l'avant-goût de Pâques, qui rend radieuse la tristesse du Carême et transforme notre effort de carême en un "printemps spirituel." La nuit peut bien être noire et longue, mais tout au long du chemin, une aube mystérieuse et lumineuse semble briller à l'horizon.

Ne nous prive pas de notre espoir, O Ami de l'homme ! Gloire à Dieu !



Illustration de la vie cachée en Jésus Christ. Elle seule porte du fruit.

vendredi 8 mars 2019

Vendredi après les Cendres

Le buis béni de l'an passé devient cendres et poussière

Méditation de S.Exc.R. Mgr Dominique Lebrun, Archevêque de Rouen

« Il n’y a pas de dimanche sans vendredi », écrivait avec bon sens le cardinal G. Daneels, il y a quelques années.  Chaque semaine, nous essayons de nous souvenir de ce jour où Jésus a donné sa vie pour ses amis, pour le monde et donc pour la France, dans la joie profonde de son union au Père : c’est le vendredi !

Y a-t-il, pour le chrétien, un vrai dimanche sans vendredi ? Comment vivons-nous le vendredi ? Comme la fin de la semaine, pour ceux  qui travaillent ? Comme un jour ordinaire pour ceux qui sont en vacances ? Comme le jour de la neuvaine ? Dans un texte toujours en vigueur, les évêques de France ont demandé de « marquer les vendredis de l’année par des œuvres de pénitence (privation de friandises, tabac, loisirs), des attitudes de charité fraternelles  (dons pris sur les privations, pardons, etc.) ; des actes de piété (messe, prière, visite au Saint-Sacrement), suivant des choix personnels, familiaux, communautaires … ».

L'imposition des Cendres, Missel napolitain, 1370
La neuvaine pour la France est entrée dans son dernier mois. N’est-ce pas une occasion providentielle pour revisiter notre manière chrétienne de vivre chaque semaine, et chaque jour de la semaine ? Le dimanche est-il vraiment le jour du Ressuscité ? Le jour où notre cœur se remplit de la joie de la victoire définitive de Jésus sur la mort et sur tout mal ? Est-ce possible de le vivre ainsi, si je n’ai pas pris au sérieux le vendredi !

Heureusement, il y a le samedi ! Jour de rencontre plus intime avec la Vierge Marie. L’Eglise a pris l’habitude de favoriser la prière à la mère de Jésus, mère de Dieu, le samedi, veille du dimanche. Elle nous introduit dans l’espérance du Jour de Dieu. Elle est l’aurore du salut, la première en chemin, chantons-nous parfois. Avec tendresse, elle me fait passer du vendredi au dimanche, un vendredi sans doute pas à la hauteur de l’amour du cœur de Jésus, au dimanche qu’elle ne veut surtout pas que nous manquions !
Pénitence !

Faut-il se lamenter que notre pays perde ses repères dans le calendrier commun toujours plus éclectique, ou sécularisé ? Avec humilité, reprenons le chemin indiqué par les évêques de France pour le vendredi. Essayons de le vivre dans la joie de l’Evangile, plus que dans la lamentation qui risque de nous faire revenir au temps du bouc émissaire, le temps de l’Ancien Testament, avant la venue de la Vierge Marie !

Haut les cœurs ! S’il n’y a pas de dimanche sans vendredi, il n’y a pas, pour les disciples de Jésus, de vendredi sans dimanche. Notre pays vit un temps d’épreuve, il s’approche donc d’un vrai dimanche ! 

Prions de tout cœur en sachant que nous sommes déjà exaucés !



Le fils prodigue, loin de son Père et de la maison paternelle