lundi 21 janvier 2019

Naissance au Ciel du roi Louis XVI de France, mort en haine de la foi et de la France



Allocution du Pape Pie VI au Consistoire secret du 17 juin 1793 sur l'assassinat de Louis XVI

La condamnation à mort
«Le Roi Très Chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie, et ce jugement s'est exécuté (…) 

Qui pourra jamais douter que ce Monarque ait été principalement immolé en haine de la Foi et par esprit de fureur contre les dogmes catholiques (...) 

Ah ! France ! Ah ! France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la Chrétienté et l'inébranlable appui de la foi ; toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marche pas à la suite des nations, mais les précède toutes, combien tu nous es contraire aujourd'hui ! 
La dernière confession

Ah ! Encore une fois, France ! Tu demandais toi-même auparavant un roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du royaume ne permettaient pas de reconnaître un roi qui ne fut pas catholique. Et maintenant que tu l'avais, ce roi catholique, c'est précisément parce qu'il était catholique que tu viens de l'assassiner ! (...)

Jour de triomphe pour Louis XVI, à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations et la victoire au milieu de son supplice ! »


Sa Majesté le roi Louis XX de France en présence du Pape Benoît XVI

samedi 19 janvier 2019

Voici les noces de Cana, les noces de la Croix


Sermon de Fauste de Riez pour l’Epiphanie* du Seigneur

Le troisième jour, il y eut des noces. Que sont ces noces, sinon les vœux et les joies de l’humanité sauvée, célébrées le troisième jour, dans le mystère de ce chiffre qui désigne soit la confession de la Trinité, soit la foi en la résurrection.

Car, dans un autre passage de l’Évangile, c’est avec la musique et les danses et la robe des noces que l’on accueille le retour du fils cadet, c’est-à-dire la conversion du peuple païen.

Aussi, tel un époux sortant de la chambre nuptiale, le Verbe descend jusqu’à la terre, jusqu’à l’Église qui doit rassembler les nations ; en assumant l’incarnation, il va s’unir à celle qu’il a gratifiée d’un contrat de mariage et d’une dot. Un contrat, quand Dieu s’est uni à l’homme ; une dot, quand il a été immolé pour le salut de l’homme. Le contrat, c’est la rédemption présente ; par la dot, nous entendons la vie éternelle. ~ Aussi était-ce des miracles pour ceux qui voyaient, des mystères pour ceux qui comprenaient. C’est pourquoi, si nous regardons bien, on découvre d’une certaine manière, dans les eaux elles-mêmes, une ressemblance avec le baptême et la nouvelle naissance. En effet, lorsqu’une chose se transforme intérieurement en une autre, lorsque la créature inférieure, par un changement invisible, se transmue en une nature meilleure, le mystère de la seconde naissance s’accomplit. Les eaux, tout à coup, sont changées, elles qui plus tard doivent changer les hommes. ~
Les noces de Cana, par Véronèse

Par l’action du Christ en Galilée, voici du vin. C’est-à-dire que la loi touche à sa fin et la grâce lui succède : le reflet est écarté, la vérité est rendue présente ; les réalités charnelles conduisent aux spirituelles, l’observance ancienne se transforme en la Nouvelle alliance. Comme dit l’Apôtre : Ce qui est ancien a passé, voici que du nouveau est advenu. De même que l’eau contenue dans les cuves ne perd rien de ce qu’elle était, mais reçoit alors une existence qu’elle ne possédait pas auparavant, ainsi la loi ne disparaît pas, mais se perfectionne par l’avènement du Christ. ~

Le vin venant à manquer, un autre vin est procuré ; le vin de l’Ancienne alliance était bon, mais celui de la Nouvelle est meilleur. L’Ancienne alliance, celle que les Juifs observent, s’évapore dans la lettre. La Nouvelle alliance, celle qui nous concerne, restitue le goût de la vie en donnant la grâce.

Le bon vin, c’est-à-dire le bon commandement, est celui de la loi, lorsque tu entends : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais le vin de l’Évangile est meilleur et plus fort, lorsque tu entends : Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.


*L'Epiphanie signifie "la manifestation". En cette fête nous célébrons tout à la fois l'adoration des Mages venus d'Orient, le Baptême du Christ Jésus dans les eaux du Jourdain et le premier miracle du Sauveur, l'eau changée en vin.


mercredi 16 janvier 2019

16 janvier, Notre Dame des Victoires, refuge des pécheurs


Charles Péguy

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu'il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l'absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons râlé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappeler votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.


mardi 15 janvier 2019

15 janvier, Saint Rémi de Reims, Evêque qui baptisa la France en son roi, Clovis



Du R.P. Henri-Dominique Lacordaire, op. : Discours sur la vocation de la nation française prononcé à la Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 14 février 1841

Non loin des bords du Rhin, un chef barbare livrait bataille à d'autres barbares : ses troupes plient ; il se souvient dans le péril que sa femme adore un Dieu dont elle lui a vanté la puissance. Il invoque ce Dieu, et, la victoire ayant suivi sa prière, il court se prosterner devant le ministre du Dieu de Clotilde : «Doux Sicambre, lui dit saint Remy, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré». Ce Dieu, Messieurs, c'était le Christ ; ce roi, cette reine, cet évêque, cette victoire, c'était la nation franque, et la nation franque était la première nation catholique donnée par Dieu à Son Église.

Ce n'est pas moi qui décerne cette louange magnifique à ma patrie ; c'est la papauté, à qui il a plu, par justice, d'appeler nos rois les fils aînés de l'Église. De même que Dieu a dit à Son Fils de toute éternité : Tu es Mon premier né, la papauté a dit à la France : Tu es ma fille aînée. Elle a fait plus, s'il est possible ; afin d'exprimer plus énergiquement ce qu'elle pensait de nous, elle a créé un barbarisme sublime : elle a nommé la France le Royaume christianissime, - Christianissimum regnum. Ainsi, primogéniture dans la foi, excellence dans la foi, tels sont nos titres, telle était notre vocation.

Simon Vouet, saint Louis recevant la sainte Couronne d'épines
Y avons-nous répondu ? Car il ne suffit pas d'être appelé, il faut répondre à sa vocation. Avons-nous répondu à la nôtre ? C'est demander ce que notre patrie a fait pour Jésus-Christ et Son Église.

L'Église a couru trois périls suprêmes : l'arianisme, le mahométisme, le protestantisme ; Arius, Mahomet, Luther, les trois grands hommes de l'erreur, si toutefois un homme peut être appelé grand lorsqu'il se trompe contre Dieu.

(…) Après ces deux honteuses défaites (l’arianisme et l’Islam défait à Poitiers par Charles Martel), le démon comprit qu'il n'atteindrait jamais son but en s'attaquant directement à Jésus-Christ. Car Jésus-Christ et l'Évangile, c'est la même chose, et l'Évangile va trop droit au cœur des hommes pour espérer de l'y détrôner. Mais l'Église, ce n'est plus Jésus-Christ qu'indirectement ; elle est composée d'hommes sujets aux faiblesses et aux passions de l'humanité : on pouvait peut-être, dans ce côté humain, ruiner l'œuvre divine.

(…) La France n'eut pas seulement la gloire de se tenir ferme dans la foi ; elle eut à combattre dans son propre sein l'expansion de l'erreur représentée par Calvin, et la révolte d'une partie de sa noblesse, un moment appuyée de la royauté. L'élan national la sauva ; on la vit, confédérée dans une sainte ligue, mettre sa foi plus haut que tout, plus haut même que la fidélité à ses souverains, et ne consentir à en reconnaître l'héritier légitime qu'après que lui-même eut prêté serment au Dieu de Clovis, de Charlemagne et de saint Louis.



Pour ne pas perdre le sens du bien ni son bon sens, regardons la fleur de lys

lundi 14 janvier 2019

Fête de la naissance et du Baptême du vénérable abbé Henri Marie Boudon, ami des Anges et des Esprits bienheureux


« Vie de Boudon », par Collet


Le quatorzième jour de janvier, qui était celui de son baptême, était pour lui une fête annuelle en l’honneur de son fidèle gardien.

Ce jour-là, il l’honorait par autant d’actes de vertus qu’il avait vécu d’années. Il célébrait les divins mystères pour remercier Dieu de l’avoir mis sous la protection d’un des ministres de son amour. Il le remerciait lui-même des charitables soins qu’il avait jusqu’alors pris de sa personne. Il ne pensait qu’avec une joie pleine de reconnaissance qu’il avait le bonheur d’être sous la protection d’un de ces soldats du Dieu des armées, et qu’à celui-là s’en joignaient des légions d’autres, toujours prêts à combattre en faveur de ceux qui doivent posséder l’héritage du salut.

C’est à la suite de ces réflexions, qui jamais ne furent oisives chez lui, qu’il s’écriait :

« Ô mon âme, quelle consolation pour vous ! Après une si grande faveur, pourquoi êtes-vous triste, pourquoi vous laissez-vous aller au trouble et à l’inquiétude ? Un seul de ces princes suffirait pour relever votre courage abattu et voilà qu’au lieu d’un, vous en avez un nombre innombrable toujours disposés à vous défendre. »

« Non, poursuivait-il, je ne saurais penser aux saints anges que je n’en reçoive de la force. Le Psalmiste, après avoir dit que Dieu leur a donné ordre de nous garder dans toutes nos voies, assure qu’en conséquence nous marcherons sur l’aspic et sur le basilic, et que terrassés sous nos pieds, le lion et le dragon ne pourront nous nuire. »

« Il faut donc, concluait le saint archidiacre, ou ne savoir plus raisonner ou tomber d’accord que rien n’est plus juste que la dévotion aux saints anges. Il faut les aimer à quelque prix que ce soit. »

« Aimables esprits, ma plus grande ambition sera toujours d’avoir le très grand honneur de votre sainte amitié. Je vous aime, je veux vous aimer, faites que je vous aime encore davantage. Je n’ai rien qui m’intéresse plus que mon cœur, et ce cœur je vous le remets entre les mains pour le présenter au pur amour et pour l’aimer comme vous aimez-vous-mêmes. Je n’ai rien de plus précieux que ma vie ; et cette vie, je la consacre à votre gloire pour l’honneur de Dieu. Je n’ai rien de plus étendu que mes désirs ; ah ! ces désirs sont tout à vous. Je voudrais que toute la terre retentit de vos louanges, que partout il y eût des temples consacrés sous votre nom à la majesté divine et des congrégations établies pour glorifier Dieu des grâces qu’il vous a accordées. »




dimanche 13 janvier 2019

Fête du Baptême du Seigneur - Le Christ Jésus se met librement au rang des pécheurs pour aller à la recherche de la brebis perdue que nous sommes

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Science et pratique du chrétien »

Le Prêtre lui a demandé par trois fois s’il ne renonçait pas au diable et à ses pompes, c’est à dire aux choses vaines du monde corrompu, dont le diable est appelé le Prince, par le Fils de Dieu même, et l’entrée ne lui en a été accordée par le saint Baptême qu’après y avoir renoncé.

C’est pour lors que l’habit du vieil homme lui a été ôté et qu’il a été revêtu glorieusement de l’homme nouveau, c’est à dire de Jésus-Christ. Grâce inestimable marquée par la robe ou le vêtement blanc que lui a donné le Prêtre dans la cérémonie du Baptême en lui disant ces paroles : « Recevez cette robe blanche et portez-la devant le tribunal de Jésus Christ. »

Or cette grâce est commune à tous les Chrétiens, comme nous l’enseigne le Saint Esprit par l’Apôtre écrivant aux Galates au chapitre troisième : « Vous qui avez reçu le Baptême de Jésus Christ, dit l’homme Apostolique, vous avez été tous revêtus de Jésus Christ. » Ainsi tous les Chrétiens sans aucune exception ont pris ce saint habit de la religion chrétienne et cet habit est pour tous les fidèles de tout âge, de tout sexe, de tout état et de toute dignité.

Baptême du Christ, par Francesco Albani
Or tous les fidèles ayant été ainsi reçus en la sainte religion chrétienne, et en ayant pris l’habit tous en même temps, ont contracté l’obligation d’en garder les lois et les règles. Il me prendrait ici envie de crier à tous les Chrétiens comme l’Apôtre aux Corinthiens : « Considérez votre vocation, prenez garde et estimez convenablement l’état auquel vous êtes appelés. » Je veux que vous ne soyez pas de l’institut de saint Augustin, de saint Benoît, de saint François ou de quelque autre Ordre régulier mais ce que vous avez de commun avec les personnes qui en sont c’est que vous êtes de la religion Chrétienne dont un Dieu homme est le fondateur.


samedi 12 janvier 2019

Préparons-nous à la fête du Baptême du Seigneur. L'humilité de Dieu s'est manifestée dans notre chair


Sermon de Saint Pierre Chrysologue pour l’Epiphanie

~ Aujourd’hui, le Christ, qui va laver le péché du monde, est entré dans le Jourdain. Jean lui-même atteste qu’il est venu pour cela : Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde
Aujourd’hui, le serviteur s’empare du Seigneur ; l’homme, de Dieu ; Jean, du Christ ; il s’en empare pour recevoir le pardon, non pour le donner.
Aujourd’hui, comme dit le Prophète : La voix du Seigneur domine les eaux. Que dit cette voix ? Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. ~ 
Aujourd’hui, l’Esprit Saint survole les eaux sous l’apparence d’une colombe. De même qu’une autre avait annoncé à Noé que le déluge du monde se retirait, c’est ainsi qu’en voyant cette colombe, on apprenait que le naufrage inéluctable du monde avait cessé. Elle n’apportait pas, comme celle d’autrefois, un rameau d’olivier, mais elle répandit sur la tête de notre chef toute la richesse d’une onction nouvelle, pour accomplir la prédiction du Prophète : Dieu, ton Dieu, t’a consacré d’une onction de joie, comme aucun de tes semblables. ~

Aujourd’hui, le Christ fait commencer les signes du ciel en changeant l’eau en vin. ~ Mais l’eau devait être changée pour le sacrement du sang, lorsque le Christ verserait des coupes de vin à ceux qui boiraient au vase de son corps, afin que s’accomplît cette prophétie : La coupe qui me donne l’ivresse, elle est incomparable !


Les noces de Cana, en Galilée, fresque de Saint-Sauveur de Tsalendjikha - Géorgie


vendredi 11 janvier 2019

R.I.P



Normandie : un prêtre bénit des croix dédiées à la mémoire des Gilets Jaunes décédés pendant le mouvement

À la Croix du Parc à Mauquenchy devant l’oratoire Saint-Blaise, les Gilets jaunes ont fait bénir et ont disposé ce 8 janvier des croix, en mémoire des victimes du mouvement social.

Désormais, le pays de Bray a un lieu pour se souvenir des victimes du mouvement des Gilets jaunes. Le groupe des Gilets jaunes de Mauquenchy a demandé à l’abbé Savarin, curé de la paroisse de Neufchâtel-en-Bray de bénir 11 croix en mémoire de ceux qui sont décédés en manifestant.

Une action qui fait suite à l’enlèvement des croix qu’ils avaient placées sur le rond-point et qui avaient été enlevées lors du démantèlement de leur  nouvelle construction sur le domaine public, vendredi 4 janvier.

Les croix ont été placées sur un terrain jouxtant le rond-point. Propriété du Département, l’espace est loué à l’hippodrome de Mauquenchy par un bail de longue durée.

Avant de bénir les croix, l’abbé Savarin a rappelé le sens de cet acte :
"Se souvenir c’est important, et nous avons besoin de lieux pour cela. Les cimetières sont des lieux où l’on vient se recueillir mais aussi se rappeler de ce que nous avons vécu avec telle ou telle personne. De même nous avons tous aperçu sur le bord des routes ces petites croix pour témoigner qu’une personne a eu ici un accident mortel. Les croix témoignent que des hommes et des femmes sont morts pendant les actions menées sur les ronds-points pour réclamer plus de justice sociale. Certaines portaient un gilet jaune, d’autres non. La mort d’un être humain est toujours une tragédie et l’expression d’un échec."

Et de distiller un message d’apaisement avant d’inviter le groupe à disposer les croix  sur le terrain bordant l’oratoire Saint-Blaise : 
"Se souvenir, ce n’est pas non plus enfermer le passé. Car enfermer le passé c’est laisser la rancune triompher, ou oublier d’être présent dans ce monde. Ce qui est passé, nous devons nous en souvenir non pour le momifier, mais pour vivre le présent et construire le futur."

Les croix ont été disposées après la bénédiction sur un terrain privé qui surplombe le rond-point de Mauquenchy. 

(©MGD/L’Eclaireur-La Dépêche)


jeudi 10 janvier 2019

La gracieuse Mère


Frère Jacopone da Todi, ofm. (dans le style du Stabat Mater qu’il écrivit comme séquence de la Messe en l’honneur des douleurs de Notre Dame au pied de la Croix)

Elle était debout, la gracieuse Mère ;
Auprès de la paille, elle se tenait joyeuse,
tandis que gisait son Enfant.

Son âme réjouie,
tressaillante et tout embrasée,
était traversée d’un rayon d’allégresse.

Quel est l’homme qui ne se réjouirait pas,
s’il voyait la Mère du Christ
dans un si doux passe-temps ?

Qui pourrait ne point partager Sa félicité,
s’il contemplait la Mère du Christ,
jouant avec Son jeune Fils ?

Pour les péchés de Sa nation,
Elle vit le Christ au milieu des bêtes et livré à la froidure.
Elle vit le Christ, son doux Enfant, vagissant, mais adoré,
sous un vil abri.

Devant le Christ, né dans la crèche,
les citoyens du ciel viennent chanter
avec une immense joie.

Debout, se tenaient le vieillard et la Vierge,
sans parole et sans langage,
le cœur muet de surprise.

Ah ! Mère, Source d’amour,
faites que j’aime comme Vous :
faites que mon cœur brûle comme le Vôtre pour le Seigneur Jésus !




mardi 8 janvier 2019

Heureux les Mages qui découvrent l'Enfant Dieu et L'adorent en acte et en vérité


Sermon de Saint Pierre Chrysologue pour l’Epiphanie

Le Mystère de l’incarnation du Seigneur apporte par lui-même des marques toujours bien reconnaissables de la Divinité. Cependant, la solennité de l’Épiphanie nous découvre et nous révèle de plusieurs manières que Dieu est venu dans un corps d’homme ; ainsi notre condition mortelle, toujours enveloppée d’obscurités, ne risque pas de perdre par son ignorance la richesse qu’elle a pu saisir et posséder par la grâce.
Car celui qui a voulu naître pour nous n’a pas voulu être ignoré de nous, et c’est pourquoi il se découvre de telle sorte que ce grand mystère de la bonté divine ne devienne pas l’occasion d’une grande erreur.

Aujourd’hui, les mages, cherchant celui qui brillerait parmi les étoiles, le trouvent vagissant au berceau.
Aujourd’hui, les mages s’étonnent de découvrir glorieux dans ses langes celui qui s’était longtemps dissimulé dans le ciel où il demeurait obscur.
Aujourd’hui, les mages considèrent avec une profonde stupeur ce qu’ils voient ici : le ciel sur la terre, la terre dans le ciel ; l’homme en Dieu, Dieu dans l’homme ; et celui que le monde entier ne peut contenir, enfermé dans le corps d’un tout-petit ! ~ Et dès qu’ils voient, ils proclament qu’ils croient sans discuter, en offrant leurs dons symboliques : par l’encens, ils confessent Dieu ; par l’or, le roi ; par la myrrhe, sa mort future. ~ C’est ainsi que les païens, qui étaient les derniers, deviennent premiers ; car c’est alors que la venue des païens à la croyance est inaugurée par la foi des mages. ~




dimanche 6 janvier 2019

Épiphanie du Seigneur

G.S. Watson, l'adoration des Mages

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », 2e traité

Saint Bonaventure considérant les présents que les rois mages avaient offerts à Notre Seigneur faisaient assurément une somme très notable et que la très sainte Vierge avait distribués en peu de jours aux pauvres car, autrement, elle eût été obligée d’acheter un agneau pour offrir au temple et non pas deux tourterelles ; ce saint homme s’écrie : « Que pensez-vous que cette sainte dame ait fait de cet or ? Croyez-vous qu’elle l’ait mis en dépôt pour le garder, ou qu’elle en ait acheté des maisons, des terres et des vignes ? Il est très certain qu’il n’en a pas été ainsi. Celle qui avait un amour parfait pour la pauvreté ne se souciait guère de ces choses. »

Saint Bède et l’abbé Rupert assurent qu’après l’Ascension de son Fils, elle ne vivait que d’aumônes, qu’elle venait même recevoir avec les autres pauvres femmes, ou bien qui lui étaient portées par son cher favori saint Jean l’Evangéliste à qui l’on donnait pour ce sujet une double portion.

C’est pourquoi Dominique Solo, enseignant que les pauvres volontaires et qui le sont par une profession libre seront au nombre de ceux qui jugeront au dernier jour, dit que la glorieuse Vierge sera toute la première de ces bienheureux pauvres.





jeudi 3 janvier 2019

Saint Nom de Jésus

Le saint Nom de Jésus adoré par les Anges, IHS
Iesus Hominum Salvator : Jésus Sauveur des Hommes

Quelques conseils pour que le Saint Nom, béni entre tous et seul sauveur, soit toujours sur nos lèvres, dans nos pensées et dans nos cœurs :

Essayez de toujours veiller à ce que la prière de Jésus-Christ s’intègre à votre cycle quotidien, à votre travail, à chacun de vos souffles et à tous vos sens. Alors oui, comme votre cœur va se réjouir ! Quel bonheur vous allez ressentir parce que votre esprit s’élèvera vers les cieux. C’est pourquoi il ne faut pas oublier de toujours dire : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Quand vous chanterez, vous aurez la compréhension des hymnes ; ce qui aura pour conséquence que vous aurez le désir et probablement la voix et l’humilité pour donner en retour les paroles de Dieu. Ainsi, ne faites pas davantage injure à votre âme, mais dans le secret de votre intimité dîtes la prière « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. » ...

Lorsque vous travaillez, ne laissez pas votre travail absorber toutes vos pensées et votre énergie, mais dites la prière à voix basse. Il s’en suivra que vos travaux seront bons, sans erreur, que vos idées seront claires, et que les performances de votre travail en seront améliorées. Allez-y, alors, dites la prière de Jésus-Christ, afin que vos travaux soient bénis, « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Le Saint-Esprit protège l’âme qui prie. Il entre dans les profondeurs de l’âme, Il a le contrôle sur le monde intérieur de l’âme et l’oriente vers la sainte volonté de Dieu. Ce n’est qu’alors que l’âme a le pouvoir de dire, avec le Prophète : « Bénis le Seigneur, ô mon âme, et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom ! » (Ps. 103, 1). Allez-y, priez : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. », vous aurez ainsi la protection du Saint-Esprit.

Lorsque le Saint-Esprit protège votre âme, vous vous sentez rempli et humble. Vous n’êtes pas affectés par l’injustice, l’ironie ou la louange. Vous vivez dans une atmosphère spirituelle, que le virus du péché ne peut pas pénétrer. Seul l’Esprit Saint peut juger nos âmes, personne d’autre n’a ce droit. L’Esprit Saint nous donne un regard neuf et un raisonnement neuf. Dites la prière souvent ainsi vous pourrez vivre dans l’assurance quel que soit votre environnement « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »



mardi 1 janvier 2019

Sainte Marie, Mère de Dieu



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », traité I, chap. 8

Les premiers Chrétiens avaient une dévotion si grande pour cette digne Mère du grand roi Jésus qu’ils venaient à Jérusalem des lieux les plus éloignés pour avoir le bonheur de la voir ; mais comme plusieurs ne pouvaient pas faire un si long voyage, quoiqu’ils en eussent un très grand désir, saint Luc fit divers tableaux de la sainte Vierge pour satisfaire à leur dévotion.

Saint Pierre, prince des apôtres et le chef de tous les premiers Chrétiens, consacra une chapelle à Tortose en son honneur. Albert le Grand estime que le disciple très aimant, saint Jean l’évangéliste, parmi les hauts mystères qu’il a proposés en son Apocalypse, a eu un dessein particulier d’y faire voir sous diverses figures et emblèmes les excellences et grandeurs de sa très chère Mère et que ce qu’il a dit de ce trône admirable de Dieu, de cet autel mystérieux, de cette princesse revêtue d’un soleil et couronnée d’étoiles, se doit entendre de Marie, mère de Jésus Christ.



dimanche 30 décembre 2018

La prime enfance cachée de Notre Seigneur. Célébrons dans la joie la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

La fuite en Egypte, par Carducho Bartolome

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion à la Très Sainte Trinité », 2e traité

La gloire de son corps lui est due dès ce moment et il s’en prive volontairement durant sa vie voyagère. Il veut naître à trente lieues de Nazareth où il doit passer la plus grande partie de sa très sainte vie afin que l’on n’y sache rien des merveilles qui arrivent à sa naissance : de la musique, des anges et des adorations, des mages.

Il naît même hors de la petite ville de Bethléem, dans une grotte, et par ce moyen la très heureuse Vierge et saint Joseph passent quarante jours sans être visités de personne. S’il se découvre dans ce lieu, c’est à des bergers qui sont des gens solitaires, privés de conversation, dans la pénitence, exposés aux rigueurs du froid et du chaud et il ne s’y manifeste pas aux grands ni aux sages d’Israël ; ce sont de pauvres bergers à qui il veut faire ressentir le premier effet de sa naissance.

Il est vrai qu’il se manifeste ensuite aux mages mais, comme c’étaient des personnes très éloignées, ce qui se passa entre eux et le saint Enfant fut bientôt oublié et même c’est ce qui a été ignoré à l’égard du particulier.

Icône de l'arrivée en Egypte. Les idoles païennes se brisent et tombent de
leurs piédestaux face au Roi des rois et Seigneur des seigneurs.
Notre bon Sauveur se cache toujours : il ne dit point à saint Joseph de s’enfuir en Egypte, c’est par un ange qu’il l’avertit et aussitôt la sainte Vierge et cet incomparable saint partent la nuit sans dire adieu à personne et en temps d’hiver par un chemin où il y avait beaucoup de montagnes à traverser, et ainsi leur voyage demeura caché à leurs plus proches même.

Mais ce qui est plus étonnant c’est qu’étant âgé de sept ans et qu’il parle, lui qui est la parole éternelle et la sagesse infinie, ce n’est pourtant pas lui qui déclare qu’il faut retourner en Judée : il veut encore que ce soit un ange.




vendredi 28 décembre 2018

Saints Innocents, priez pour nous, ayez pitié de nous

La fuite en Egypte

Discours de Sainte Mère Teresa de Calcutta pour la réception du prix Nobel de la paix

Remercions Dieu pour cette merveilleuse circonstance grâce à laquelle nous pouvons, tous ensemble, proclamer la joie de répandre la paix, la joie de nous aimer les uns les autres et la joie de savoir que les plus pauvres des pauvres sont tous nos frères et sœurs.

Comme nous sommes réunis ici pour remercier Dieu de ce don de paix, je vous ai fait remettre la « Prière de la paix » que saint François d’Assise a dite il y a de nombreuses années. Je me demande s’il n’a pas ressenti, alors, exactement ce que nous ressentons aujourd’hui, ce pourquoi nous prions.

Je pense que vous avez tous un texte. Nous allons dire ensemble :
« Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Afin que là où il y a de la haine, je puisse apporter l’amour ;
là où règne le mal, je puisse apporter l’esprit de pardon ;
là où est la discorde, je puisse apporter l’harmonie ;
là où est l’erreur, je puisse apporter la vérité ;
là où il y a le doute, je puisse apporter la foi ;
là où il y a le désespoir, je puisse apporter l’espérance ;
là où il y a les ténèbres, je puisse apporter la lumière ;
là où règne la tristesse, je puisse apporter la joie ;
Seigneur, faites que je cherche plutôt
à réconforter qu’à être réconforté ;
à comprendre qu’à être compris ;
à aimer qu’à être aimé ;
car c’est en s’oubliant soi-même que l’on trouve ;
en pardonnant qu’on est pardonné ;
en mourant qu’on s’éveille à la vie éternelle. Amen ! »

Icône moderne. Le Christ bénissant un petit enfant
dans le sein de sa mère.
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils ». Et il l’a donné à une Vierge, la Sainte Vierge Marie. Et elle, dès l’instant où il vint au monde, s’empressa de le donner aux autres. Et que fit-elle alors ? Elle travailla pour les malheureux ; elle répandit simplement cette joie d’aimer en prodiguant des bienfaits.
Et Jésus-Christ vous a aimés et m’a aimée et il a donné sa vie pour nous. Et comme si ce n’était pas encore assez, il n’a cessé de dire : « Aimez comme je vous ai aimés, comme je vous aime maintenant. » Et il nous a dit comment nous devons aimer en donnant. Car il a donné sa vie pour nous et il continue de la donner. Et il continue de la donner ici même et partout, dans nos propres vies et dans la vie des autres.

Ce ne fut pas assez, pour lui, de mourir pour nous. Il a voulu que nous nous aimions les uns les autres, que nous le reconnaissions dans tous nos prochains. C’est la raison pour laquelle il a dit : « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. » Et pour être sûr que nous comprenions sa pensée, il a dit que, à l’heure de notre mort, nous serons jugés sur ce que nous aurons été pour les pauvres, les affamés, les nus, les sans-logis. Et il se fait lui-même cet affamé, ce nu, ce sans-logis. Pas seulement affamé de pain, mais affamé d’amour; pas seulement dénué d’un morceau de tissu, mais dénué de dignité humaine ; pas seulement sans-logis par manque d’un lieu où vivre, mais sans-logis pour avoir été oublié, mal aimé, mal soigné, pour n’avoir été personne pour personne, pour avoir oublié ce qu’est l’amour humain, le contact humain, ce que c’est que d’être aimé par quelqu’un.

Et il a dit encore : « Ce que vous avez fait pour le plus petit de mes frères, vous l’avez fait pour moi. » C’est si merveilleux, pour nous, de devenir saints par cet amour ! Car la sainteté n’est pas un luxe réservé à un petit nombre, c’est simplement un devoir pour chacun de nous et, à travers cet amour, nous pouvons devenir saints — par cet amour des uns pour les autres.

Icône moderne. Le Christ recueillant
un petit enfant victime de l'avortement
Et aujourd’hui, lorsque j’ai reçu ce prix — dont, personnellement, je suis indigne —, et ayant approché la pauvreté d’assez près pour être à même de comprendre les pauvres, je choisis la pauvreté de nos pauvres gens. Mais je suis reconnaissante, je suis très heureuse de le recevoir au nom des affamés, des nus, des sans-logis, des infirmes, des aveugles, des lépreux, de tous ces gens qui ne se sentent pas voulus, pas aimés, pas soignés, rejetés par ta société, ces gens qui sont devenus un fardeau pour la société et qui sont humiliés par tout le monde.

C’est en leur nom que j’accepte ce prix. Et je suis sûre que ce prix va susciter un amour compréhensif entre les riches et les pauvres. Et c’est là-dessus que Jésus a tellement insisté. C’est la raison pour laquelle Jésus est venu sur la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Et par ce prix, et à travers notre présence ici, nous voulons tous annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres : que Dieu les aime, que nous les aimons, qu’ils sont quelqu’un pour nous, que, eux aussi, ont été créés par la même main amoureuse de Dieu pour aimer et pour être aimés.

Nos pauvres gens, nos splendides gens, sont des gens tout à fait dignes d’amour. Ils n’ont pas besoin de notre pitié ni de notre sympathie. Ils ont besoin de notre amour compréhensif, ils ont besoin de notre respect, ils ont besoin que nous les traitions avec dignité. Et je pense que nous faisons là l’expérience de la plus grande pauvreté ; nous la faisons devant eux, eux qui risquent de mourir pour un morceau de pain. Mais ils meurent avec une telle dignité !

Je n’oublierai jamais l’homme que j’ai ramassé un jour dans la rue. Il était couvert de vermine, son visage était la seule chose propre. Et cependant cet homme, lorsque nous l’avons amené à notre mouroir, a dit cette phrase : « J’ai vécu comme une bête dans la rue, mais je vais mourir comme un ange, aimé et soigné. » Et il mourut merveilleusement bien. Il s’en alla dans sa maison, chez Dieu, car la mort n’est pas autre chose que de rentrer chez soi, dans la maison de Dieu. C’est parce qu’il avait éprouvé cet amour, parce qu’il avait eu le sentiment d’être désiré, d’être aimé, d’être quelqu’un pour quelqu’un, que, dans ses derniers instants, il a ressenti cette joie dans sa vie.

Et je ressens quelque chose que je voudrais partager avec vous. Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naîtrE.
Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu’est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ? L’Écriture déclare elle-même : « Même si une mère peut oublier son enfant, moi, je ne vous oublierai pas. Je vous ai gardés dans la paume de ma main. » Même si une mère pouvait oublier... Mais aujourd’hui on tue des millions d’enfants à naître. Et nous ne disons rien. On lit dans les journaux le nombre de ceux-ci ou de ceux-là qui sont tués, de tout ce qui est détruit, mais personne ne parle des millions de petits êtres qui ont été conçus avec la même vie que vous et moi, avec la vie de Dieu. Et nous ne disons rien. Nous l’admettons pour nous conformer aux vues des pays qui ont légalisé l’avortement. Ces nations sont les plus pauvres. Elles ont peur des petits, elles ont peur de l’enfant à naître et cet enfant doit mourir ; parce qu’elles ne veulent pas nourrir un enfant de plus, élever un enfant de plus, l’enfant doit mourir.

Et ici, je vous demande, au nom de ces petits... car ce fut un enfant à naître qui reconnut la présence de Jésus lorsque Marie vint rendre visite à Elisabeth, sa cousine. Comme nous pouvons le lire dans l’Evangile, à l’instant où Marie pénétra dans la maison, le petit qui était alors dans le ventre de sa mère tressaillit de joie en reconnaissant le Prince de la Paix.

C’est pourquoi, aujourd’hui, je vous invite à prendre ici cette forte résolution : nous allons sauver tous les petits enfants, tous les enfants à naître, nous allons leur donner une chance de naître. Et que ferons-nous pour cela ? Nous lutterons contre l’avortement par l’adoption. Le Bon Dieu a déjà si merveilleusement béni le travail que nous avons fait, que nous avons pu sauver des milliers d’enfants. Et des milliers d’enfants ont trouvé un foyer où ils sont aimés. Nous avons apporté tant de joie dans les maisons où il n’y avait pas d’enfant !

C’est pourquoi, aujourd’hui, en présence de Sa Majesté et devant vous tous qui venez de pays différents, je vous le demande : prions tous d’avoir le courage de défendre l’enfant à naître et de donner à l’enfant la possibilité d’aimer et d’être aimé. Et je pense qu’ainsi —avec la grâce de Dieu — nous pourrons apporter la paix dans le monde. Nous en avons la possibilité. Ici, en Norvège, vous êtes — avec la bénédiction de Dieu — vous êtes assez à l’aise. Mais je suis sûre que dans les familles, dans beaucoup de nos maisons, peut-être que nous n’avons pas faim pour un morceau de pain, mais peut-être qu’il y a quelqu’un dans la famille qui n’est pas désiré, qui n’est pas aimé, qui n’est pas soigné, qui est oublié. Il y a l’amour. L’amour commence à la maison. Un amour, pour être vrai, doit faire mal.

Le massacre des Saints Innocents. Mais jusqu'où ira la barbarie humaine ?
Je n’oublierai jamais le petit enfant qui m’a donné une merveilleuse leçon. Les enfants avaient entendu dire, à Calcutta, que la Mère Teresa n’avait pas de sucre pour les enfants. Or une petit garçon hindou, de 4 ans, rentra à la maison et dit à ses parents : « Je ne veux pas manger de sucre pendant trois jours. Je veux donner mon sucre à Mère Teresa. » Combien un petit enfant peut-il manger ? Après trois jours, ses parents l’amenèrent chez moi et je vis ce petit Il pouvait à peine prononcer mon nom. Il aimait d’un grand amour ; il aimait à en avoir mal.

Et voici ce que je vous propose : nous aimer les uns les autres jusqu’à en avoir mal. Mais n’oubliez pas qu’il y a beaucoup d’enfants, beaucoup d’enfants, beaucoup d’hommes et de femmes qui n’ont pas ce que vous avez. Souvenez-vous de les aimer jusqu’à en avoir mal.

Il y a quelque temps — cela peut vous sembler très étrange — j’ai recueilli une petite fille dans la rue. Je pus voir sur son visage que cette enfant avait faim. Dieu sait depuis combien de jours elle n’avait pas mangé ? Je lui ai donné un morceau de pain. Et la petite fille se mit à manger ce pain miette par miette. Et comme je lui disais : « Mange ce pain », elle me regarda et dit : « J’ai peur de manger ce pain parce que j’ai peur d’avoir de nouveau faim quand il sera fini. » Telle est la réalité.

Les âmes des saints Innocents accompagnant
la Sainte Famille fuyant en Egypte, par William Holman Hunt
Et puis il y a encore cette grandeur des pauvres. Un soir, un monsieur vint chez nous pour nous dire : « Il y a une famille hindoue de huit enfants qui n’a pas eu à manger depuis longtemps. Faites quelque chose pour eux. » J’ai pris du riz et je m’y suis rendue immédiatement. Et j’ai trouvé là cette mère et ces visages de petits enfants, leurs yeux brillants de réelle faim. Elle me prit le riz des mains, le divisa en deux parts et sortit. Lorsqu’elle revint, je lui demandai : « Où êtes-vous allée ? Qu’avez-vous fait ? » Et l’une des réponses qu’elle me fit fut : « Ils ont aussi faim. » Elle savait que ses voisins, une famille musulmane, étaient affamés. Qu’est-ce qui m’a le plus surpris ? Non pas qu’elle ait donné le riz, mais ce qui m’a le plus étonnée c’est que, dans sa souffrance, dans sa faim, elle savait que quelqu’un d’autre avait faim. Et elle avait le courage de partager ; et elle avait l’amour de partager.

Et c’est cela que je vous souhaite : aimer les pauvres. Et ne jamais tourner le dos aux pauvres. Car, en tournant le dos aux pauvres, vous vous détournez du Christ. Parce qu’il s’est fait lui-même l’affamé, le misérable, le sans- logis, afin que vous, comme moi, ayez l’occasion de l’aimer.

Car où est Dieu ? Comment pouvons-nous aimer Dieu ? Il ne suffit pas de dire : « Mon Dieu, je vous aime. » Mais il faut dire : « Mon Dieu, je vous aime ici. Je puis jouir de cela, mais j’y renonce. Je pourrais manger ce sucre, mais, ce sucre, je le donne. »

Si je restais ici toute la journée et toute la nuit, vous seriez étonnés par les merveilles que font les gens pour partager la joie de donner. C’est pourquoi je prie Dieu pour vous, afin qu’il apporte la prière dans vos foyers et que le fruit de cette prière soit, en vous, la conviction que, dans les pauvres, se trouve le Christ. Et, alors, vous croirez vraiment, vous commencerez d’aimer ; puis vous aimerez tout naturellement et vous essayerez de faire quelque chose. Tout d’abord dans votre propre maison, puis chez votre voisin, dans le pays où vous vivez et dans le monde entier.

Et maintenant, unissons-nous tous dans cette prière : « Seigneur, donnez-nous le courage de protéger l’enfant à naître ! »

Car l’enfant est le plus beau présent de Dieu à une famille, à un pays et au monde entier. Dieu vous bénisse !