vendredi 23 juin 2017

Coeur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous et sauvez nous ! Apprenez-nous à aimer et nous offrir à vous

La Basilique du Sacré-Coeur et du Christ-Roi, Voeu national de la France en expiation des erreurs de la Révolution et de la Commune de Paris. Adoration, Offrande, Expiation !
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 155
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DIEU SEUL

Il est l'heure d'aimer !
Mon cher Monsieur ;

Vous m’avez donné une consolation bien grande de m’apprendre les saints mouvements que la grâce inspire pour honorer le très saint Cœur.

~ C’est une grande marque que Dieu tout bon a dessein de se servir de ces bons messieurs pour sa gloire en leur donnant une application si spéciale au Cœur qui a attiré le Fils bien aimé du Père éternel en notre terre, et dont il a bien voulu recevoir sa vie humaine après son incarnation, dans les pures entrailles de la très sainte Vierge.

Si un Dieu a bien voulu se servir de ce Cœur très aimant et tout aimable pour en tirer sa vie humaine, il n’y a pas à s’étonner s’il s’en sert pour donner la vie à toutes les âmes ; si donc ce Cœur admirable est le canal sacré par lequel la grâce de la vie divine est communiquée aux hommes, sans doute que les personnes qui en sont plus proches et qui y sont plus unies en reçoivent des secours plus efficaces et plus puissants pour le salut du cher prochain.

mercredi 21 juin 2017

Le miracle eucharistique de Bolsena

De la consécration du pain au Corps du Christ...
Les doutes d’un prêtre, le prodige à Bolsena, Italie, 1264

Vers la fin de l’été 1264, un prêtre germanique, pieux et de grande vertu, fut assailli de doutes sur le mystère de la transsubstantiation, c'est-à-dire de la transformation du pain et du vin en Corps et en Sang du Christ. Comme il souffrait trop, il décida d’aller en pèlerinage à Rome. À son retour chez lui, il s’arrêta dans la ville de Bolsena, pour célébrer la messe en l’Église Sainte-Christine. En élevant l’hostie pendant la consécration, il implora, de tout son cœur, le Sauveur de lui enlever ses doutes sur l’Eucharistie, lorsque tout d’un coup, l’hostie consacrée se mit à saigner.

... à l'adoration eucharistique.
Impressionné par l’extraordinaire phénomène, il se hâta d’essuyer le sang avec le corporal. À la fin, le drap sacré était couvert de vingt-cinq taches de sang. Stupéfait par cette manifestation extraordinaire, il s’empressa d’aller à Orvieto rencontrer le pape Urbain IV, qui y résidait depuis deux ans. Le pape ordonna de déposer le corporal miraculeux à la cathédrale Santa-Maria d’Orvieto, où il l’exposa à l’adoration des fidèles. Une multitude de gens commença à venir adorer le sang du corporal et cette église devint un haut lieu de pèlerinage dans tout le moyen-âge et jusqu’à nos jours. Ce miracle eucharistique encouragea le pape Urbain IV à instituer la fête de Corpus Christi que l’on appelle aussi la Fête-Dieu dans l’Église universelle. Il demanda aussi à saint Thomas d’Aquin de composer l’office de Corpus Domini pour honorer le Saint-Sacrement.

Ce prodige fut une récompense extraordinaire pour ce prêtre loyal. Alors qu’il était pieux, ses doutes durent le faire souffrir terriblement mais il fit tout pour recouvrer la foi. Sans trouver de repos, il est parti jusqu’à Rome en pèlerinage. Il a ainsi répondu à l’invitation de Jésus à ses apôtres à Gethsémani: « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Lc 22, 40).Ce prêtre qui passait par un vrai Gethsémani s’est battu pour sa foi avec les armes de la foi. Et Jésus s’est rendu visible à ses yeux.

Calice du XIIe s.
Le peu de foi qui restait à ce bon prêtre, hanté par ses doutes, le poussa tout de même à réagir. Mais qui veut servir le Seigneur doit se préparer à l’épreuve, car la foi doit être amené à la perfection : « Courrons avec constance l'épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le chef de notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus » (He 12, 1-2). En effet, l’épreuve fait partie de notre cheminement spirituel, et la manière de persévérer jusqu’à la fin se fait à travers la prière, et en particulier l’adoration.

L’adoration est une prière pleine d’humilité et d’abandon face à l’Amour de Dieu. En faisant un geste de soumission en s’inclinant, nos couronnes d’orgueil tombent à terre. Et avec cette disposition du cœur, Dieu se donne tout à nous. Voilà pourquoi l’adoration peut tout. La grâce divine tombe sur nous comme une pluie, ouvrant notre esprit et notre cœur à sa lumière. C’est justement ce qui s’est passé pour notre prêtre à Bolsena: tandis qu’il adorait, en élevant le Corps de Jésus, il a été délivré, au même instant, de tous ses doutes. Le Seigneur versait sur lui une pluie abondante de grâces, le guérissant et le libérant.

La communion du chevalier, cathédrale de Reims
Jésus nous attend en permanence au Saint-Sacrement, où il se donne à nous dans l’intimité de son Amour. Dans cette proximité, il nous libère de nos chaînes et de nos souffrances et nous comble de son bonheur. Il est notre Bonheur. Venons, adorons-le !
 
Enrique Munita




dimanche 18 juin 2017

Fête-Dieu, solennité du Corps et du Sang du Christ

Vitrail de la Fête-Dieu

Solennité et Fête titulaire de l'Archiconfrérie du Très Saint Sacrement de l'Autel et des Saints Anges !


Très sainte fête à tous.





Procession à S.-Pierre du Vatican

Rien n’est beau comme cet instant solennel des cérémonies catholiques, alors que les prêtres, vêtus de leurs blancs surplis ou de chapes étincelantes, marchent lentement, précédant le dais et suivant la croix d’argent qu’éclairent les cierges par-dessous, et qui coupe de son éclat l’ombre des voûtes dans laquelle elle semble nager, comme la croix, il y a dix-huit siècles, sillonna les ténèbres qui couvraient le monde.


Jules Barbey d’Aurevilly


Encensement dans le rite oriental


jeudi 15 juin 2017

De la communion spirituelle et de la communion sacramentelle

Voici mon Corps, livré pour vous
L’Imitation de Jésus-Christ – livre IV – Du sacrement de l'Eucharistie, n.10. Qu'on ne doit pas facilement s'éloigner de la sainte Communion

Voix du Bien-Aimé
1. Il faut recourir souvent à la source de la grâce et de la divine miséricorde, à la source
de toute bonté et de toute pureté, afin que vous puissiez être guéri de vos passions et de vos vices, et que, plus fort, plus vigilant, vous ne soyez ni vaincu par les attaques du démon, ni surpris par ses artifices.
L'ennemi des hommes, sachant quel est le fruit de la sainte communion et combien est grand le remède qu'y trouvent les âmes pieuses et fidèles, s'efforce en toute occasion et par tous les moyens de les en éloigner autant qu'il peut.

2. Aussi est-ce au moment où ils s'y disposent que quelques-uns éprouvent les plus vives attaques de Satan. Cet esprit de malice, comme il est écrit au livre de Job, vient parmi les enfants de Dieu pour les troubler par les ruses ordinaires de sa haine, cherchant à leur inspirer des craintes excessives et de pénibles perplexités, pour affaiblir leur amour, ébranler leur foi, afin qu'ils renoncent à communier, ou qu'ils ne communient qu'avec tiédeur.
Mais il ne faut pas s'inquiéter de ses artifices et de ses suggestions, quelques honteuses, quelques horribles qu'elles soient, mais les rejeter toutes sur lui. Il faut se rire avec mépris de cet esprit misérable et n'abandonner jamais la sainte communion à cause de ses attaques et des mouvements qu'il excite en nous.

3. Souvent aussi l'on s'en éloigne par un désir trop vif de la ferveur sensible et parce qu'on a conçu de l'inquiétude sur sa confessions.
Agissez selon le conseil des personnes prudentes et bannissez de votre cœur l'anxiété et les scrupules, parce qu'ils détruisent la piété et sont un obstacle à la grâce de Dieu.
L'allégorie de la foi
Ne vous privez point de la sainte communion dès que vous éprouverez quelque trouble ou une légère peine de conscience; mais confessez-vous au plus tôt et pardonnez sincèrement aux autres les offenses que vous avez reçues d'eux. Que si vous avez vous-même offensé quelqu'un, demandez-lui humblement pardon, et Dieu aussi vous pardonnera.

4. Que sert de tarder à se confesser et de différer la sainte communion ? Purifiez-vous promptement, hâtez-vous de rejeter le venin et de recourir au remède; vous vous en trouverez mieux que de différer longtemps.
Si vous différez aujourd'hui pour une raison, peut-être s'en présentera-t-il demain une plus forte; et vous pourriez ainsi être sans cesse détourné de la communion, et sans cesse vous y sentir moins disposé. Ne perdez pas un moment, secouez votre langueur, déchargez-vous de ce qui vous pèse; car à quoi revient-il de vivre toujours dans l'anxiété, toujours dans le trouble, et d'être éloigne chaque jour par de nouveaux obstacles de la Table sainte ?
Rien, au contraire, ne nuit davantage que de s'abstenir longtemps de communier; car d'ordinaire l'âme tombe par-là dans un profond assoupissement. Ô douleur ! il se rencontre des chrétiens si tièdes et si lâches qu'ils saisissent avec joie tous les prétextes pour différer à se confesser, et dès lors aussi à communier, afin de n'être pas obligés de veiller avec plus de soin sur eux-mêmes.

Voici mon Sang, versé pour vous
5. Hélas ! qu'ils ont peu de piété, peu d'amour, ceux qui se privent si aisément de la sainte communion ! Qu'il est heureux, au contraire, et agréable à Dieu, celui qui vit de telle sorte et qui conserve sa conscience si pure, qu'il serait préparé à communier tous les jours et communierait en effet, s'il lui était permis et qu'il pût le faire sans singularité !
Si quelqu'un s'en abstient quelquefois par humilité ou pour une cause légitime, on doit louer son respect. Mais si sa ferveur s'est refroidie, il doit se ranimer et faire tout ce qu'il peut: et Dieu secondera ses désirs, à cause de la droiture de sa volonté qu'il considère principalement.

6. Que si des motifs légitimes l'empêchent d'approcher de la sainte Table, il conservera toujours l'intention et le saint désir de communier, et ainsi il ne sera pas entièrement privé du fruit du Sacrement.
Quoique tout fidèle doive, à certains jours et au temps fixé, recevoir avec un tendre respect le Corps du Sauveur dans son Sacrement, et rechercher en cela plutôt la gloire de Dieu que sa propre consolation, cependant il peut aussi communier en esprit tous les jours, à toute heure, avec beaucoup de fruit. Car il communie de cette manière et se nourrit invisiblement de Jésus-Christ toutes les fois qu'il médite avec piété les mystères de son Incarnation et de sa Passion, et qu'il s'enflamme de son amour.

7. Celui qui ne se prépare à la Communion qu'aux approches des fêtes et quand la coutume l'y oblige, sera souvent mal préparé.
Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en
moi, et moi en lui.
Heureux celui qui s'offre au Seigneur en holocauste toutes les fois qu'il célèbre le sacrifice ou qu'il communie ! Ne soyez, en célébrant les saints mystères, ni trop lent ni trop prompt; mais conformez-vous à l'usage ordinaire et régulier de ceux avec qui vous vivez. Il ne faut point fatiguer les autres ni leur causer d'ennui, mais suivre l'ordre commun établi par vos pères, et consulter plutôt l'utilité de tous que votre attrait et votre piété particulière.



mardi 13 juin 2017

Ordination sacerdotale pour le diocèse d'Evreux, une joie pour toute l'Eglise


Grande joie pour le diocèse d’Évreux !

Ludovic Bazin sera ordonné prêtre le 18 juin 2017 en la cathédrale Notre-Dame d’Evreux à 15h30 par S.Exc.R. Mgr Nourrichard.


Au sein de l’Eglise catholique, le service de la communauté est assuré plus particulièrement par les évêques, les prêtres et les diacres, que l’on appelle « ministres ordonnés ».

Leur mission dans l’Eglise leur est confiée, au nom de Jésus Christ, par le sacrement de l’ordre, généralement appelé « ordination »
Le sacrement de l’ordre se caractérise par l’imposition des mains et la prière de consécration prévue
Le sacrement est conféré une fois pour toutes.
Le ministre ordonné manifeste à tous que c’est le Christ qui appelle, rassemble et envoie sur les chemins du monde.

Qui est Ludovic Bazin ? 
Ludovic est né à Évreux il y a 29 ans. C’est dans cette ville qu’il a suivi ses études. Après un baccalauréat littéraire spécialité musique au lycée Aristide Briand, une hypokhâgne au lycée Léopold Sédar Senghor et l’obtention d’une licence d’Histoire à Rouen, il est rentré au Séminaire des Carmes en septembre 2008. Il est l’ainé de trois enfants.

Quel appel a t-il entendu ?
Plusieurs fois la question s’est posée à lui.
Cela ne lui est pas tombé dessus du jour au lendemain. La première fois, à l’âge de 7 ans. Un petit moment de distraction pendant la séance de catéchisme avec le père Jean-Marie Vermelin. Il lui paraissait très vieux (il est toujours vivant aujourd’hui!) et il s’est dit: «Quest-ce quil est vieux ce prêtre, il faut peut-être penser un jour à le remplacer. Pourquoi pas moi» Or, le père Jean-Marie lui proposait la semaine suivante de devenir servant d’autel. Ce qu’il accepta avec grand plaisir. 

La crise d’adolescence est ensuite passée par là. C’est par la musique qu’il renoue avec la foi en terminale. Avec un peu d’audace, on lui propose alors de venir chanter à la messe du Jeudi Saint à l’église Saint-Taurin à Évreux (NB. Saint Taurin est le fondateur du diocèse d’Evreux, très aimé et prié de l’abbé Henri Marie Boudon. Quant au Jeudi Saint, c’est le jour où le Christ institua prêtres ses Apôtres et leur donna la capacité de célébrer les Sacrements de l’Alliance nouvelle et éternelle. Cette Messe nous fait entrer dans le Triduum pascal et c’est au cours de cette Messe que les prêtres renouvellent leur engagement à servir le Christ dans son Eglise). Il manquait de choristes.
Heureux de chanter, il eut une profonde envie de communier. Il se senti alors en paix profonde, ressentant le désir de revenir chanter à la cathédrale pour revivre cette expérience.
Très rapidement, le curé de l’époque lui a proposé d’animer les chants sur la paroisse. (Il a accompli ce service avec beaucoup de joie jusqu’à son entrée au séminaire en 2008).
C’est pendant cette période que la question de la prêtrise se pose à nouveau. Mais il ne sait avec qui en parler jusqu’à ce que le père Pascal Le Roux, alors curé de la paroisse, ose lui poser la question : «Bon quand est-ce que tu rentres au Séminaire? Pour Ludovic cela ne pouvait tomber mieux : "Il fallait que je vous en parle !».
Un cheminement de discernement commence, avec le père Le Roux, aidés de l’Esprit Saint. Se préparer à devenir prêtre pour un diocèse c’est aussi apprendre à le connaître. Ludovic en fait l’expérience avec le père Pascal qui lui fait découvrir assez régulièrement.

Les rencontres :
C’est à l’occasion d’une semaine de retraite à l’abbaye du Bec et un entretien avec le Père Abbé qui l’ont aidé à discerner ce à quoi le Seigneur l’appelle. Ensuite, les découvertes humaines et géographiques :
- humaines dans les différentes personnes en responsabilité diocésaine et paroissiale. Ce sont toujours de belles rencontres gratuites et simples. 
- géographiques en allant découvrir les paroisses, mais aussi les paysages de l’Eure.

Le cheminement après ces rencontres?
C’est grâce à cela que son goût profond de servir le Christ comme prêtre dans notre diocèse est né. L’entretien avec Mgr Nourrichard, évêque d’Evreux,  pour lui faire part de son désir fut une étape. A la suite duquel, l’évêque l’envoya se former au Séminaire des Carmes à Paris. (NB lieu du martyre de trois Evêques et de nombreux prêtres le 2 septembre 1792 pendant la Révolution française)

Sacerdos alter Christus. Le Prêtre, un autre Christ !
La vie en paroisse?
Après avoir été à Saint-Vincent de Paul (Paris 10e), puis à Saint-Étienne d’Issy-les-Moulineaux, il est à présent à la paroisse Saint-Hippolyte dans le 13e à Paris. Il a été également en paroisse d’accueil  dans le diocèse à Gaillon après avoir été à Bernay et à Vernon. Il y a découvert notamment la joie de l’accompagnement. Rejoindre les personnes là où elles en sont, les faire grandir, un peu à l’exemple des disciples d’Emmaüs.
Pendant sa formation, Ludovic a vécu une année de stage en République Démocratique du Congo dans le diocèse de Boma. Pendant un semestre, dans le cadre de son master en Théologie, il a pu aller étudier à l’Université Laval à Québec (NB Université sous le haut patronage spirituel de Saint François de Montmorency Laval, illustre prédécesseur du vénérable abbé Boudon pour l’archidiaconé d’Evreux et grand ami de celui-ci). Depuis son ordination diaconale le 26 juin 2016, Ludovic est à la paroisse Saint-Nicaise du Vexin Normand. Il est également référent pour les établissements catholiques de la ville de Vernon.

Quelles joies dans son ministère diaconale ?
Le Christ bon Pasteur.
Basilique Saint-Laurent-hors-les-murs, Rome
" Sur mon image d’ordination diaconale, j’avais repris cette phrase « … dans la joie de servir le Serviteur de l’Homme ». J’ai pu mesurer combien cette joie nous était donnée par l’action pastorale. Avec ses mots simples, elle résume profondément ce que j’ai ressenti au cœur de l’exercice du ministère diaconal et de ma prière. Durant cette année, grâce à ma nomination sur la paroisse Saint-Nicaise du Vexin Normand et sur les établissements d’enseignement catholique de la ville de Vernon, j’ai pu mesurer la joie que me procurait l’annonce de l’Evangile, la sanctification du peuple chrétien qui m’était confié dans mon ministère, mais aussi la découverte progressive du gouvernement dans le travail en équipe avec les laïcs en responsabilité et les ministres ordonnés. J’ai eu à cœur de m’y consacrer pleinement en ne cessant de découvrir la soif de notre monde, et notamment des jeunes, de connaître le Christ Jésus. "
"Je suis émerveillé de la joie suscitée par l’annonce de mon ordination diaconale et de l’ordination presbytérale de Jimmy et de Frère Samuel. Notre diocèse est dans la fête pour accueillir de nouveaux ministres pour l’annonce du Christ et de son Évangile en terre de l’Eure. J’ose lancer un appel aux jeunes de notre diocèse : « suivre Jésus » rend heureux, n’ayez pas peur de vous engager à sa suite en devenant prêtre. Cela rend heureux et je peux vous l’assurer ! Je crois que nos communautés paroissiales devraient être plus audacieuses dans la pastorale des vocations : si vous ressentez le besoin de prêtre pour notre Église diocésaine, il faut oser poser la question aux jeunes de nos paroisses et les accompagner dans la prière."


J.Faivre du Paigre d’après l’article de Eglise d’Evreux - pour l’ordination diaconale 2016


dimanche 11 juin 2017

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, Trinité Sainte, un seul Dieu

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion à la sainte Trinité »

Glorieuse Trinité, vous êtes un abîme infini dans lequel il faut que tout esprit du ciel et de la terre se perde, car il n’y a point d’esprit, soit humain, soit angélique, qui puisse pénétrer entièrement ce que vous êtes et ce que vous faites.
L’hymne du silence vous est dû, même dans la sainte Sion dans laquelle les séraphins se voilent la face pour marquer qu’ils sont dans l’impuissance de comprendre et d’expliquer parfaitement vos grandeurs et vos bienfaits incompréhensibles. L’obscurité et les nuages vous environnent comme nous le déclare votre divine parole, car comment pourrions-nous découvrir entièrement vos éternelles bontés ? Ici mon âme, ô très sainte Trinité, se trouve tout abîmée en votre suradorable présence.

Que vous rendrai-je pour tous les bienfaits que j’ai reçus de votre aimable Providence ? Vous m’avez donné tout ce que je suis ; je tiens mon être et toutes les opérations de mon être de votre divine main. Vous avez pensé à moi de toute éternité, vous y pensez incessamment avec autant d’affection que si j’étais seul au monde. Vous n’êtes pas un seul instant sans me regarder et vous me considérez avec bonté quand je ne pense pas à vous, et lors même que je suis dans l’impuissance d’y penser.

Retable de la Très Sainte Trinité, d'après l'icône de la philoxénie d'Abraham
de Saint André Roublev.
Vous voyez toutes mes actions, tous mes gestes, tous mes mouvements avec une patience et une douceur incroyables. Il n y a pas une seule de mes pensées qui ne demeure à toute éternité dans votre connaissance. Mais le bienfait immense de la rédemption, les effets précieux et immuables qui en arrivent, la vocation au Christianisme, tant de grâces singulières dont vous m’avez prévenu si miséricordieusement, la longue patience que vous avez exercée en me souffrant dans mes énormes ingratitudes, les soins si assidus et extraordinaires que votre Providence adorable a pris de tout ce qui regarde mon corps et mon âme, le temporel et le spirituel, devraient me consumer d’amour sans aucune réserve.

Mais hélas ! bien loin d’avoir fait un bon usage de tant de dons et de tant de faveurs, je ne remarque que des ingratitudes qui n’ont jamais rien eu de semblable et je suis obligé d’avouer en votre présence et celle de vos saints anges et de toute la cour céleste et de tous les hommes, s’il m’était possible, que je suis la créature la plus ingrate qui fut jamais, et que je mérite d’être au plus profond des enfers, au-dessous de tous les damnés.

C’est un aveu sincère que je vous fais de tout mon cœur, ne pouvant assez expliquer ni la grandeur, ni la multitude de mes ingratitudes. Qui me donnera des torrents de larmes pour pleurer jour et nuit inconsolablement mes épouvantables infidélités ? Mais qui me donnera une voix assez forte pour publier vos miséricordes, pour raconter vos bienfaits ? Je vois bien que c’est ce que je ne puis jamais faire dignement !

La Trinité sainte entourée d'Anges et adorée par la cour céleste.
Adorable Jésus qui êtes notre tout en toutes choses, venez à mon secours Trinité sainte, prenez-en lui toute la reconnaissance qui vous est due, prenez en lui toutes les satisfactions que demande votre justice ! Qu’il soit mon oraison pour obtenir la continuation et l’augmentation de vos miséricordes. Et comme c’est lui seul qui peut vous satisfaire, qui peut vous remercier autant que vous le méritez, je vous le présente, je vous l’offre en autant de lieux qu’il y a d'autels où il s’immole tous les jours à votre suprême grandeur.

C’est par le culte qu’il vous rend par la gloire que vous eut, recevez ce que vous en avez reçue et que vous en recevrez éternellement, que je désire vous honorer et vous glorifier. C’est par ses mains sacrées que je vous offre ce petit ouvrage que vous m’avez fait la grâce d’écrire à votre honneur et que votre divine Providence, sans laquelle rien n’arrive, me fait vous présenter dans le jour que toute l’Église célèbre votre fête. Bénissez-le au nom de cet aimable Sauveur pour votre plus grande gloire ! C’est en qualité de l’un de ses membres, car vous m’avez comblé de cette grâce inestimable que je vous demande en toute humilité et par tous ses mérites, celle de vous glorifier incessamment, souverainement et uniquement dans tous les moments qui me restent de vie, dans le moment de ma mort, pour ne cesser jamais de vous glorifier après ma mort.

Ah ! Dieu seul ! Dieu seul en trois personnes ! toujours Dieu seul dans l’union de notre bon Sauveur, Jésus-Christ, pour le temps et pour l’éternité ! Ainsi soit-il !




vendredi 9 juin 2017

Se préparer à bien communier

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « De l’amour de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’Autel »

Dieu est le Saint des Saints, et il veut loger en nos cœurs, mais quel rapport entre les ténèbres avec la lumière ?

J’entends bien à présent pourquoi il nous dit qu’il veut que nous soyons saints, parce qu’il est saint. Pourquoi entre toutes ses perfections divines qui sont égales, les anges adorent-ils particulièrement sa sainteté ? C’est qu’il désire demeurer en nous pour y être reçu : il faut qu’il trouve des âmes pures et nettes, il faut que nous l’imitions en une perfection qui lui est si chère.
 
Car, quel moyen de recevoir avec des lèvres polluées, avec une bouche puante et infectée la pureté même ? S’il a reproché au pécheur, chez le Psalmiste, sa témérité d’entreprendre de parler de lui, que doit-il dire, hélas ! que fera-t-il à celui qui le logera en son cœur ?

~ O pères et mères, apportez des lis à l’aimable Jésus, conduisant vos enfants à la sainte Communion les y ayant disposés par l’innocence et la pureté. O prêtres du Seigneur, préparez-lui de dignes demeures en n’omettant rien de vos soins pour conserver les âmes de vos pénitents et de vos ouailles dans la sainteté des voies du christianisme.



mardi 6 juin 2017

1er mardi du mois de juin

Prière à mon saint Ange, du vénérable abbé Henri Marie Boudon :

Ô saint Ange que Dieu m’a donné par sa grande bonté, et tous ceux qu’il a chargé de ma conduite, de mon assistance, de tous mes besoins spirituels et corporels ; qui par sa bonté me consolez, me soutenez dans mes peines, m’obtenez les grâces, et me défendez de mes ennemis ; je vous rends, comme à l’envoyé de Dieu de profonds hommages reconnaissance, respects, amour et fidélité.

Éloignez de moi les occasions de péché et toute infidélité aux mouvements de la grâce, formez mon cœur à la pureté de l’amour de Jésus et de Marie, à la simplicité de pensée.

Considérez moi par les vues de la foi et de la confiance en Dieu, que je vous sois soumis et fidèle. Tenez-moi sans cesse, mon aimable confident, prosterné d’esprit et de cœur au Saint Sacrement et, lorsque je n’y serai point en corps, tenez-y ma place, je vous en conjure, ne m’abandonnez ni en ma vie, ni après ma mort, jusqu’à ce que je jouisse avec vous de la vue de mon Dieu.



dimanche 4 juin 2017

Dimanche de la Pentecôte : l'Esprit Saint vient dans le cœur des Apôtres et Il renouvelle la face de la terre

L'Esprit Saint descend du Ciel au jour de la Pentecôte,
Missel  d'Aix en Provence, XIVe
Ô Esprit semblable au Père et au Fils et de la même essence, tu n’as pas été fait, mais tu coexistes, procédant du Père d’une façon mystérieuse, et recevant du Fils d’une manière inénarrable ; tu es descendu aujourd’hui dans le Cénacle pour donner à tes convives le breuvage de ta grâce : daigne nous abreuver aussi dans ta miséricorde au calice de la sagesse.

Créateur de tous les êtres, toi qui étais porté sur les eaux, tu te montres caressant comme la colombe dans les eaux du bain sacre qu’a daigné instituer pour nous celui qui t’est coexistant ; là tu enfantes des hommes qui ont la forme de Dieu : daigne nous abreuver aussi dans ta miséricorde au calice de la sagesse.

Lectionnaire de Cluny. Le Christ envoie d'auprès
du Père l'Esprit de Sainteté.
Toi qui instruis à la fois les intelligences célestes et nous qui venons sous les organes corporels ; toi qui prends des bergers pour en faire des Prophètes, des pécheurs pour en faire des Apôtres, des publicains pour en faire des Evangélistes, des persécuteurs pour en faire des prédicateurs de ta parole, daigne nous abreuver aussi dans ta miséricorde au calice de la sagesse.

Comme un vent redoutable, au bruit violent d’une tempête, o Esprit, tu es apparu dans le Cénacle au chœur des douze ; tu les as baptisés dans le feu, tu les as purifiés comme l’or dans la flamme ; chasse loin de nous les ténèbres du péché, et revêts-nous de la lumière de gloire.

Celui qui est amour t’a envoyé par amour, toi qui es amour ; par toi il s’est uni ses membres, il a établi sur tes sept colonnes son Église qu’il a bâtie ; il a établi en elle, pour l’administrer, ses Apôtres décorés de tes sept dons ; chasse loin de nous les ténèbres du péché, et revêts-nous de la lumière de gloire.

Très Sainte Vierge Marie, priez pour nous. Que nous soyons fidèles aux dons reçus dans la foi.


mercredi 31 mai 2017

Visitation de Notre-Dame à Sainte Elisabeth.

Visitation, livre d'heures

Venez, glorieuse souveraine ; Marie, vous-même visitez-nous : illuminez nos âmes malades, donnez-nous de vivre saintement.
Venez, vous qui sauvâtes le monde, enlevez la souillure de nos crimes ; dans cette visite à votre peuple, écartez tout péril de peine.
Venez, reine des nations, éteignez les flammes du péché ; quiconque s'égare, redressez-le , donnez à tous vie innocente.
Venez, visitez les malades ; Marie, fortifiez les courages par la vertu de votre impulsion sainte, bannissez les hésitations.
Venez, étoile, lumière des mers, faites briller le rayon de la paix ; que Jean tressaille devant son Seigneur.
Venez, sceptre des rois, ramenez les foules errantes à l'unité de foi qui est le salut des citoyens des cieux.
Venez, implorez pour nous ardemment les dons de l'Esprit-Saint, afin que nous suivions une ligne plus droite dans les actes de cette vie.
Venez, louons le Fils, louons l'Esprit-Saint, louons le Père : unique Dieu, qu'il nous donne secours. Amen.


Voile de la Vierge Marie, Cathédrale de Chartres


mardi 30 mai 2017

Sainte Jeanne d'Arc, priez pour la France !

Lunéville. Vitrail de la prise d'Orléans
55e SÉANCE, MARDI 29 MAI 1431. 
Dans la chapelle de l’archevêché, à Rouen.

Dernière délibération.
N. de Venderès : Jeanne doit être et est considérée hérétique. La sentence ayant été portée par les juges, Jeanne doit être abandonnée au bras séculier, avec prière de la vouloir traiter bien doucement.
Gilles, abbé de Fécamp : Jeanne est relapse. Cependant il est bon de lui relire la cédule comminatoire qui lui a été lue dernièrement et de la lui expliquer en lui prêchant la parole divine. Cela fait, les juges ont à la déclarer hérétique, puis à l’abandonner au bras séculier avec prière de la traiter bien doucement.
J. Pinchon: Elle est relapse. Pour le reste s’en rapporte aux théologiens. G. Erard : Relapse, et partant doit être abandonnée (comme M. de Fécamp).
R. Gilbert, comme G. Erard. L’abbé de Saint-Ouen, J. de Châtillon, E. Emengard, G. Boucher, le prieur de Longueville, G. Haiton, A. Marguerie, J. Alépée, J. Garin, comme M. de Fécamp. D. Gastinel : Cette femme est hérétique et relapse ; elle doit être abandonnée au bras séculier sans recommandation de la traiter doucement.
P. de Vaux: idem.
P. de Houdenc, J. Nibat, Guillaume abbé de Mortemer, J. Guesdon, N. Coppequesne, G. du Desert, P. Maurice, Baudribosc, Cavai, Loyseleur, Desjardins, Tiphaine, du Livet, du Crotoy, P. Correl, Ledoux, Colombel, Morel, Ladvenu, Dugrouchet, Pigache, Delachambre médecin, comme M. de Fécamp.
Th. de Courcelles, Is. de la Pierre, comme M. de Fécamp. Ils ajoutent que cette femme doit être encore avertie charitablement pour le salut de son âme, en lui représentant qu’elle n’a plus rien à espérer de sa vie temporelle.
J. Mauget, comme M. de Fécamp.

56e SÉANCE, MERCREDI 30 MAI 1431, VERS 9 HEURES DU MATIN, A ROUEN, SUR LE VIEUX MARCHÉ.

Par exploit de Jean Massieu, prêtre, Jeanne, ayant été citée, comparaît.
Présents et assistants : Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, et fr. Jean Lemaître, de l’ordre de Saint-Dominique, juges.
Henri de Beaufort, cardinal d’Angleterre.
Les évêques de Thérouanne et de Noyon.
J. de Châtillon, A. Marguerie, N. de Venderès, R. Rousse!, D. Gastinel, G. le Bouchier, Th. de Courcelles, J. Alépée, P. de Houdenc, P. Maurice, G. Haiton, le prieur de Longueville, R. Gilebert, J. Lefebvre, J. Garin et beaucoup d’autres seigneurs et maîtres, ecclésiastiques, fut amenée ladite Jeanne par-devant nous, par Jean Massieu, à la vue du peuple réuni en foule, et placée sur un échafaud ou ambon. Pour l’admonester salutairement et édifier les peuples, une prédication solennelle a été faite par illustre docteur en théologie M. Nicolas Midi. Celui-ci a pris pour thème la parole de l’apôtre écrite au chapitre XIe de la Ière aux Corinthiens « Si un membre souffre, tous les autres membres souffrent. »

La prédication finie, nous avons de nouveau averti ladite Jeanne qu’elle pourvût au salut de son âme; qu’elle songeât à ses méfaits pour en faire pénitence avec vraie contrition. Nous l’avons exhortée de croire aux conseils des clercs et notables hommes qui l’instruisaient et enseignaient touchant son salut; spécialement des deux vénérables frères qui l’assistaient et que nous y avions commis pour cet effet. Cela fait, nous évêque et vicaire, eu égard à ce qui précède. D’où il résulte que ladite femme, obstinée dans ses erreurs, ne s’est jamais sincèrement désistée de ses témérités et crimes infâmes; que, bien plus et loin de là, elle s’est montrée évidemment plus condamnable, par la malice diabolique de son obstination en feignant une contrition fallacieuse et une pénitence et amendement hypocrite, avec parjure du saint nom de Dieu et blasphème de son ineffable majesté; attendu qu’elle s’est montrée ainsi, — comme obstinée, incorrigible, hérétique et relapse — indigne de toute grâce et communion que nous lui avions miséricordieusement offertes dans notre première sentence; tout considéré, sur la délibération et conseil de nombreux consultants, nous avons procédé à notre sentence définitive, en ces termes :
« Au nom de Dieu, Amen. 
Toutes les fois que le venin pestilentiel de l’hérésie s’attache à l’un des membres de l’Eglise, et le transfigure en un membre de Satan, il faut s’étudier avec un soin diligent à ce que l’infâme contagion de cette lèpre ne puisse gagner les autres parties du corps mystique de Jésus-Christ. Les préceptes des saints Pères ont en conséquence prescrit qu’il valait mieux séparer du milieu des justes les hérétiques endurcis que de réchauffer un serpent aussi pernicieux pour le reste des fidèles dans le sein de notre pieuse mère l’Eglise. 
C’est pourquoi nous, Pierre, etc., Jean, etc., juges compétents en cette partie, nous t’avons déclarée par juste jugement, toi, Jeanne, vulgairement appelée la Pucelle, être tombée en diverses erreurs et crimes de schisme, idolâtrie, invocation des démons et beaucoup d’autres délits. Néanmoins comme l’Eglise ne ferme pas son sein au pécheur qui y retourne, nous, pensant que tu avais de bonne foi abandonné ces erreurs et ces crimes, attendu que certain jour tu les as désavoués, que tu as publiquement juré, voué et promis de n’y plus retourner sous aucune influence ou d’une manière quelconque, mais que tu préférais demeurer fidèlement et constamment dans la communion, ainsi que dans l’unité de l’Eglise catholique et du pontife romain, comme il est plus explicitement contenu dans ta cédule souscrite de ta propre main; attendu néanmoins que, après cette abjuration, séduite dans ton coeur par l’auteur de schisme et d’hérésie, tu es retombée dans ces délits, ainsi qu’il résulte de tes déclarations, ô honte! itératives, comme le chien retourne à son vomissement; attendu que nous tenons pour constant et judiciairement manifeste que ton abjuration était plutôt feinte que sincère.
Pour ces motifs, nous te déclarons retombée dans les sentences d’excommunication que tu as primitivement encourues, relapse et hérétique, et par cette sentence émanée de nous siégeant au tribunal, nous te dénonçons et prononçons, par ces présentes, comme un membre pourri, qui doit être rejeté et retranché de l’unité ainsi que du corps de l’Eglise, pour que tu n’infectes pas les autres. Comme elle, nous te rejetons, retranchons et t’abandonnons à la puissance séculière, en priant cette puissance de modérer son jugement envers toi en deçà de la mort et de la mutilation des membres, priant aussi que le sacrement de pénitence te soit administré, si en toi apparaissent les vrais signes de repentir. »

Lunéville. Vitrail du bûcher
Suit la sentence spéciale d’excommunication.

Déposition de Guillaume Manchon, greffier.
Le mercredi, au point du jour, avant la sentence et le (départ du château, Jeanne communia suivant sa demande. Pouvait-on donner la communion à une personne ainsi déclarée excommuniée et hérétique? Ne fallait-il pas absolution en forme de l’Eglise ? Les juges et conseillers mirent ce point en délibération et décidèrent de lui accorder, sur sa requête, le sacrement de l’Eucharistie, avec l’absolution.
Jeanne fut menée à son supplice avec une grande troupe d’hommes d’armes, au nombre d’environ quatre-vingts, partant épées et bâtons. Je la vis amener à l’échafaud. Sur la place étaient rangés sept à huit cents hommes de guerre. Ils entouraient Jeanne, si bien que personne n’eût été assez hardi pour lui parler, excepté frère Martin Ladvenu et maître Jean Massieu.
Jeanne ouït patiemment le sermon tout au long. Après, elle fit ses prières et lamentations, bien notablement et dévotement, de telle sorte que les juges, les prélats et tous les autres assistants furent provoqués à grands pleurs et larmes en la voyant exprimer ses pitoyables regrets et faire ses douloureuses complaintes. La sentence de l’Eglise venait d’être prononcée et Jeanne savait qu’elle allait mourir. Elle fit ses plus belles oraisons, recommandant son âme à Dieu, à la sainte Vierge et à tous les saints, les invoquant et demandant pardon et à ses juges et aux Anglais et au roi de France et à tous les princes du royaume. Je me retirai et ne vis pas le reste. Jamais je ne pleurai tant pour chose qui m’advint. Encore un mois après je ne m’en pouvais bonnement apaiser. C’est pourquoi de l’argent que j’avais eu du procès en rémunération de mes peines et labeurs, j’achetai un petit missel, que j’ai encore, comme souvenir de Jeanne et afin d’avoir occasion de prier pour elle.
J’ai ouï dire qu’à la suite de la sentence du juge d’Eglise qui la livrait au bras séculier, Jeanne fut conduite au bailli là présent, et que celui-ci sans autre délibération ou sentence, faisant signe de la main, dit « Menez ! Menez! » Et Jeanne fut menée au bûcher.
J’ai ouï dire encore par les témoins que Jeanne, à sa fin, avait invoqué le nom de Jésus. Elle ne voulut jamais révoquer ses révélations et y persista jusqu’à la dernière heure. De l’avis de tous, sa mort fut bien chrétienne. Pour moi, oncques ne vis aucun chrétien, plus grand signe de pénitence finale.

Déposition de Jean Massieu, huissier. 
Le mercredi suivant eut lieu l’exécution. Dès le matin, après avoir ouï deux fois Jeanne en confession, frère Martin Ladvenu m’envoya trouver l’évêque de Beauvais pour l’informer qu’elle s’était confessée et demandait la communion. L’évêque réunit quelques docteurs. Après qu’ils eurent délibéré il revint me dire : « Dites à frère Martin de lui donner la communion et tout ce qu’elle demandera ». Je revins nu château et avisai frère Martin.
Lunéville. Vitrail de la communion de Sainte Jehanne
dans sa prison
Certain clerc, messire Pierre apporta à Jeanne le corps de Notre-Seigneur, mais avec bien de l’irrévérence, sur une patène enveloppée du conopée dont on couvre le calice, sans lumière, sans cortège, sans surplis et sans étole. Frère Martin en fut mécontent. Il envoya quérir une étale et de la lumière, puis il communia Jeanne. J’y étais. Elle reçut l’hostie très dévotement et en répandant beaucoup de larmes.
Cela fait, Jeanne fut conduite au Vieux-Marché; frère Martin et moi nous la conduisîmes. Il y avait plus de 800 hommes d’escorte portant haches et glaives. Sur le chemin, Jeanne faisait de si pieuses lamentations que frère Martin et moi ne pouvions nous tenir de pleurer.
Au Vieux-Marché, Jeanne ouït le sermon de maître Nicolas Midi bien paisiblement. Le sermon fini, maître Midi dit à Jeanne : « Jeanne, va en paix, l’Eglise ne peut plus te défendre et te livre au bras séculier. » A ces mots, Jeanne, s’étant agenouillée, fit à Dieu les plus dévotes oraisons. Elle eut une merveilleuse constance, montrant apparences évidentes et grands signes de contrition, pénitence et ferveur de foi, tant par ses piteuses et dévotes lamentations que par ses invocations de la benoîte Trinité, de la benoîte glorieuse Vierge Marie et de tous les benoîts saints du paradis, parmi lesquels elle en nommait expressément plusieurs. Au milieu de ses lamentations, dévotions et attestations de vraie foi, elle demandait merci très humblement à toute manière de gens, de quelque condition ou état qu’ils fussent, tant de l’autre parti que du sien, en requérant qu’ils voulussent prier pour elle et en leur pardonnant le mal qu’ils lui avaient fait. Elle continua ainsi longtemps, environ une demi- heure. A cette vue les juges assistants se mirent à pleurer avec abondance. Plusieurs des Anglais présents reconnaissaient et confessaient le nom de Dieu au spectacle d’une si notable fin. Ils étaient joyeux d’y avoir assisté, disant que ç’avait été une bonne femme.
Quand Jeanne fut abandonnée par l’Eglise, j’étais encore avec elle. Elle requit avec grande dévotion qu’on lui donnât une croix. Un Anglais en fit une avec le bout d’un bâton et la lui donna. Jeanne la reçut dévotement, la baisa tendrement, faisant de piteuses lamentations et oraisons à Dieu notre Rédempteur qui souffrit en la croix pour notre salut; de laquelle croix elle avait le signe et la représentation. Elle mit cette croix en son sein, entre sa chair et son vêtement. De plus, elle me demanda humblement de lui faire avoir la croix de l’église afin qu’elle la vît continuellement jusqu’à la mort. Je fis tant que le clerc de la paraisse Saint-Sauveur la lui apporta. Quand on la lui eut apportée, Jeanne l’embrassa bien fort et longuement en pleurant, et elle la serra dans ses mains jusqu’à ce que son corps fût lié au poteau.
Pendant que Jeanne faisait ses dévotions et pieuses lamentations, les soldats anglais et plusieurs de leurs capitaines nous harcelaient, ayant hâte qu’elle fût mise entre leurs mains pour la faire plus tôt mourir. Je réconfortais Jeanne sur l’échafaud du mieux que je pouvais quand ils me dirent : « Comment, prêtre, nous ferez-vous dîner ici ? » Et incontinent, sans aucune forme ni signe de jugement, ils l’envoyèrent au feu en disant au bourreau : « Fais ton office. » Accompagnée de frère Martin, Jeanne fut conduite et liée, et jusqu’au dernier moment elle continua les louanges et lamentations dévotes envers Dieu, saint Michel, sainte Catherine et tous les saints. En mourant, elle cria à haute voix: JÉSUS !
Je tiens de Jean Fleury, clerc et greffier du bailli, qu’au rapport du bourreau, le corps étant réduit en cendres, le coeur de Jeanne était resté intact et plein de sang.
On donna ordre au bourreau de recueillir tout ce qui restait de Jeanne et de le jeter à la Seine, il le fit.

Déposition de frère Jean Toutmouillé, des frères prêcheurs.
Le jour où Jeanne fut brûlée, je me trouvai dès le matin en la prison avec frère Martin Ladvenu que l’évêque de Beauvais lui avait envoyé pour l’induire à vraie pénitence et l’entendre en confession; ce que ledit Ladvenu fit bien soigneusement et charitablement.
Quand il annonça à Jeanne la sentence des juges et qu’elle ouït la dure et cruelle mort qui l’attendait, elle cria douloureusement et piteusement, se tira et arracha les cheveux: « Hélas, me traite-t-on ainsi horriblement et cruellement qu’il faille que mon corps net et entier qui ne fut jamais corrompu soit aujourd’hui consumé et réduit en cendres! Ah! ah! j’aimerais mieux être décapitée sept fois que d’être ainsi brûlée. Hélas si j’eusse été en la prison ecclésiastique à laquelle je m’étais soumise et que j’eusse été gardée par les gens d’Eglise, non pas par mes ennemis et adversaires, il ne me fût pas si misérablement arrivé malheur. Oh! j’en appelle devant Dieu, le grand juge, des grands torts et ingravances qu’on me fait. » Et elle se plaignait merveilleusement des oppressions et violences qu’on lui avait faites.
Lunéville. Les voix de Sainte Jehanne
Après ces plaintes survint l’évêque de Beauvais auquel elle dit incontinent : « Evêque, je meurs par vous. » Il commença à lui faire des remontrances, disant: « Ah! Jeanne, prenez tout en patience, vous mourez pour ce que vous n’avez pas tenu ce que vous aviez promis et que vous êtes retournée à votre premier maléfice. » Et la pauvre Pucelle lui répondit : « Hélas! si vous m’eussiez mise aux prisons de cour d’Eglise et rendue entre les mains de concierges ecclésiastiques compétents et convenables, ceci ne fût pas advenu. C’est pourquoi j’en appelle de vous devant Dieu. » Pour lors je sortis et n’ouïs plus rien.

Déposition de frère Martin Ladvenu, frère prêcheur.
La Pucelle me révéla qu’après son abjuration, on l’avait tourmentée violemment en la prison, molestée et battue, et qu’un lord anglais avait tenté de la violer. Elle disait publiquement et elle me dit à moi que c’était la cause pour laquelle elle avait repris l’habit d’homme.

Avec la permission des juges, avant le prononcé de la sentence, j’entendis Jeanne en confession et je lui administrai le corps de Notre-Seigneur. Elle le reçut avec grande dévotion et beaucoup de larmes. Son émotion était telle que je ne saurais l’exprimer.

Le matin de ce jour qui était un mercredi, tandis que j’étais avec Jeanne pour la préparer au salut, l’évêque de Beauvais et quelques chanoines de Rouen entrèrent: Quand elle vit l’évêque, Jeanne lui dit : « Vous êtes cause de ma mort, vous m’aviez promis de me mettre aux mains de l’Eglise et vous m’avez remise aux mains de mes pires ennemis. » Près de sa fin elle disait encore à l’évêque : « Hélas je meurs par vous, car si vous m’eussiez donnée à garder aux prisons d’Eglise, je ne serais pas ici. »

Au lieu de procéder régulièrement, on s’en tint à la sentence épiscopale et il n’y eut pas de sentence laïque. C’est là un fait dont je suis certain, car je ne quittai pas Jeanne depuis sa sortie du château jusqu’au moment où elle rendit l’esprit. Après qu’elle eut été abandonnée par l’Eglise au bras séculier, deux sergents anglais la contraignirent de descendre de l’échafaud, la menèrent au lieu de l’exécution et la livrèrent au bourreau. Pourtant le bailli et la cour séculière étaient présents, assis sur un échafaud. Mais, je le répète, il n’y eut pas de condamnation portée par eux.

Le bourreau disait: « Jamais l’exécution d’aucun criminel ne m’a donné tant de crainte que l’exécution de cette pucelle; d’abord à cause de sa réputation et du grand bruit fait autour d’elle, puis à cause de la manière cruelle dont elle a été liée et affichée. » De fait les Anglais avaient fait faire un haut échafaud en plâtre, et au dire du bourreau, il ne la pouvait bonnement ni facilement expédier, ayant peine à atteindre jusqu’à elle. De tout cela il était fort marri et il avait grande compassion de la façon atroce dont on faisait mourir Jeanne.

Je puis attester la grande et admirable contrition de Jeanne, sa continuelle confession et repentance. Elle prononçait toujours le nom de Jésus et elle invoquait dévotement l’aide des saints et saintes du paradis.

Jusqu’à sa dernière heure, comme toujours, Jeanne affirma et maintint que ses voix étaient de Dieu, que tout ce qu’elle avait fait elle l’avait fait par ordre de Dieu, et qu’elle ne croyait pas avoir été trompée par ses voix; enfin que ses révélations étaient de Dieu.


Déposition de frère Jean de Lenozoles, prêtre de l’ordre des Célestins.
J’ai souvenir d’avoir été présent au prêche du Vieux-Marché. Dès le matin avant le prêche, je vis porter à Jeanne le corps du Christ, en grande solennité. On chantait les litanies ; on disait: « Priez pour elle! » et il y avait une grande multitude de flambeaux. Je n’assistai point à la communion de Jeanne. Mais depuis, j’ai entendu dire qu’elle avait reçu le bon Dieu fort dévotement et avec grande abondance de larmes.

Domrémy. Sainte Jehanne écoutant Sainte Marguerite.
Déposition de frère Isambard de la Pierre, frère prêcheur.
A son dernier jour, Jeanne se confessa et communia. La sentence ecclésiastique fut ensuite prononcée. Ayant assisté à tout le dénouement du procès, j’ai bien et clairement vu qu’il n’y eut pas de sentence portée par le juge séculier. Celui-ci était à son siège, mais il ne formula pas de conclusion. L’attente avait été longue. A la fin du sermon, les gens du roi d’Angleterre emmenèrent Jeanne et la livrèrent au bourreau pour être brûlée. Le juge se borna à dire au bourreau, sans autre sentence: « Fais ton office

Frère Martin Ladvenu et moi suivîmes Jeanne et restâmes avec elle jusqu’aux derniers moments. Sa fin fut admirable tant elle montra grande contrition et belle repentance. Elle disait des paroles si piteuses, dévotes et chrétiennes que la multitude des assistants pleurait à chaudes larmes. Le cardinal d’Angleterre et plusieurs autres Anglais ne purent se tenir de pleurer; l’évêque de Beauvais, même lui, versa quelques pleurs.

Comme j’étais près d’elle, la pauvre pucelle me supplia humblement d’aller à l’église prochaine et de lui apporter la croix pour la tenir élevée tout droit devant ses yeux jusqu’au pas de la mort, afin que la croix où Dieu pendit, fût, elle vivante, continuellement devant sa vue.

C’était bien une vraie et bonne chrétienne. Au milieu des flammes, elle ne s’interrompit pas de confesser à haute voix le saint nom de Jésus, implorant et invoquant l’aide des saints du paradis. En même temps elle disait qu’elle n’était ni hérétique, ni schismatique comme le partait l’écriteau. Elle m’avait prié de descendre avec la croix, une fois le feu allumé, et de la lui faire voir toujours. Ainsi je fis. A sa fin, inclinant la tête et rendant l’esprit, Jeanne prononça encore avec force le nom de Jésus. Ainsi signifiait-elle qu’elle était fervente en la foi de Dieu, comme nous lisons que le firent saint Ignace d’Antioche et plusieurs autres martyrs. Les assistants pleuraient.

Un soldat anglais qui la haïssait mortellement avait juré qu’il mettrait de sa propre main un fagot au bûcher de Jeanne. Il le fit. Mais à ce moment, qui était celui où Jeanne expirait, il l’entendit crier le nom de Jésus. Il demeura terrifié et comme foudroyé. Ses camarades l’emmenèrent dans une taverne près du Vieux-Marché pour le ragaillardir en le faisant boire. L’après-midi, le même Anglais confessa en ma présence à un frère prêcheur de son pays, qui me répéta ses paroles, qu’il avait gravement erré, qu’il se repentait bien de ce qu’il avait fait contre Jeanne, qu’il la réputait maintenant bonne et brave pucelle; car au moment où elle rendait l’esprit dans les flammes il avait pensé voir sortir une colombe blanche valant du côté de la France.

Le même jour, l’après-midi, peu de temps après l’exécution, le bourreau vint au couvent des frères prêcheurs trouver frère Martin Ladvenu et moi. Il était tout frappé et ému d’une merveilleuse repentance et angoissante contrition. Dans son désespoir il redoutait de ne jamais obtenir de Dieu indulgence et pardon pour ce qu’il avait fait à cette sainte femme. « Je crains fort d’être, damné, nous disait-il, car j’ai brûlé une sainte. »

Ce même bourreau disait et affirmait que nonobstant l’huile, le soufre et le charbon qu’il avait appliqués contre les entrailles et le coeur de Jeanne, il n’avait pu venir à bout de consumer et réduire en cendres ni les entrailles ni le coeur. Il en était très perplexe, comme d’un miracle évident.
 
Déposition de maître Nicolas de Houppeville.
Je me trouvais là quand Jeanne sortit du château pour se rendre au lieu de son supplice. Il y avait environ cent vingt hommes qui la conduisaient, ayant haches et glaives. Jeanne pleurait très fort. La compassion me prit. Je n’eus pas la force d’aller jusqu’au lieu du supplice.

Déposition de Guillaume de la Chambre, médecin.
J’ouïs dire que les Anglais avaient amené Jeanne à reprendre l’habit d’homme. On racontait que les habits de femme lui avaient été soustraits et les habits d’homme mis à la place : d’où cette conclusion qu’on l’avait injustement condamnée. J’assistai à la dernière prédication qui fut faite au Vieux-Marché, à Rouen, par maître Nicolas Midi, après laquelle Jeanne fut brûlée. Les fagots étaient tout prêts et Jeanne faisait de si pieuses lamentations et exclamations que beaucoup pleuraient. Quelques Anglais riaient ; j’entendis Jeanne prononçant ces mots ou d’autres semblables : « Ha ! Rouen ! j’ay grant paour que tu ne ayes à souffrir de ma mort! » Un moment elle se mit à crier « Jésus » et à invoquer saint Michel. Puis elle expira dans les flammes.

Déposition de Guillaume Boisguillaume, greffier
J’ouïs dire en ce temps-là que le jour où il vit Jeanne condamnée à mort, Loyseleur eut le coeur torturé par le remords et voulut monter sur la charrette pour crier pardon à Jeanne. Cela indigna les nombreux Anglais présents, si bien que sans l’intervention du comte de Warwick, Loyseleur eût été tué. Le comte enjoignit à Loyseleur de sortir de Rouen au plus vite s’il tenait à la vie.

Déposition de Jean Riquier, curé d’Heudicourt.
Maître Pierre Morice visita Jeanne dès le matin avant qu’on la conduisît au prêche du Vieux-Marché. « Maître Pierre, lui dit-elle, où serai-je ce soir? — N’avez-vous pas banne espérance dans le Seigneur? répondit maître Pierre. — Oui, reprit-elle. Dieu aidant je serai en paradis. » Maître Pierre m’a raconté cela.

Quand Jeanne vit mettre le feu au bûcher, elle se mit à crier d’une voix forte : JÉSUS ! et toujours, jusqu’à son trépas, cria : JÉSUS !

Une fois morte, les Anglais, redoutant qu’on ne fît courir le bruit qu’elle s’était échappée, ordonnèrent au bourreau d’écarter un peu les flammes pour que les assistants la pussent voir morte.

Pendant l’exécution, maître Jean Alépée, alors chanoine de Rouen, était à mes côtés. Il pleurait que c’était merveille et je lui entendis dire : « Plut à Dieu que mon âme fût au lieu où je crois être l’âme de cette femme. »

Extrait du « Journal de Paris »:

Jeanne fut bientôt estainte et sa robe toute arse (toute brûlée) ; et fut veue de tout le peuple-toutte nue et tous les secrets qui peu[v]ent estre ou doibvent en femme, pour aster les doubtes du peuple. Et quand ils l’[eu]rent assez à leur gré veue, toutte morte, le bourrel remist le feu grant sur sa p[a]u[v]re charongne qui tantôt fut toutte comburée et os et cha[i]r mis en cendre.