mercredi 19 septembre 2018

Les saints et les anges, en chœur glorieux...


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme intérieur », partie III


Je ne m’étonne pas ensuite si la divine Providence s’est servie si fréquemment de ces esprits tout d’amour pour élever les âmes au pur amour dont on peut dire qu’ils sont les patrons et les prophètes.

Et, à vrai dire, qui considérera bien les choses verra que les plus grands saints ont eu une particulière dévotion pour tous les chœurs de ces bienheureux esprits, ce qui peut faire inférer justement qu’elle est la marque, non seulement de prédestination, mais d’une haute prédestination, l’on verra que c’est par leur dévotion que les plus hautes faveurs du ciel ont été accordées : comme il est très évident en la personne du séraphique Père saint François qui a reçu les sacrées stigmates de notre bon Sauveur et Seigneur Jésus Christ par un séraphin et dans le temps qu’il faisait un carême de quarante jours en l’honneur des anges.
L'ange gardien qui veille sur nous, chaque jour de notre vie

L’on peut remarquer la même chose en la personne de l’aimable sainte Thérèse dont le cœur fut transpercé d’une flèche du pur amour par les mains d’un séraphin.

Mais ce qui est considérable est l’ordre qu’elle reçut du ciel de ne plus converser qu’avec les anges lorsqu’il plut à la divine Miséricorde de la délivrer de ses imperfections comme si Dieu tout bon eût voulu par là nous instruire que la conversation avec ces célestes esprits, au contraire de celle que l’on a avec les créatures d’ici-bas qui est bien dangereuse, et qui pour l’ordinaire, laisse toujours quelque tache ou souillure et ne sert qu’à nous enflammer des plus vives flammes du pur amour.

L'ange gardien qui suscite la charité auprès des malades
Il me semble que c’est parce qu’ils n’ont jamais commis aucune offense, qu’ils ne se sont jamais tirés hors de l’ordre de Dieu, qu’ils ont toujours été remplis de son seul amour ; ainsi qu’ils sont très propres à conduire, à faire avancer, à perfectionner les âmes dans les voies du pur amour. C’est ce que le bon Père Chrysostome désirait que l’on considérât dans la mission des anges gardiens qui ne sont envoyés que pour cette glorieuse fin.

samedi 15 septembre 2018

Notre Dame des 7 douleurs

Notre Dame au pied de la Croix, par Joseph Aubert, détail

Procession en Espagne lors de la Semaine Sainte

De sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la sainte Face, ocd.,
« Carnet jaune », 25 juillet 1897, 6

Je lui disais que la mort était bien triste en apparence et que j'aurais tant de peine de la voir morte. Elle me répondit d'une voix attendrie :

La Sainte Vierge a bien tenu son Jésus mort sur ses genoux, défiguré, sanglant ! 
C'était autre chose que ce que vous verrez ! Ah ! je ne sais pas comment elle a fait!... Je suppose qu'on me rapporte à vous en cet état, que deviendriez-vous ? Responde mihi ?... (Répondez-moi)


Détail. Notre Dame de Compassion recueillant son Fils mort au pied de la Croix.

vendredi 14 septembre 2018

Victoire, tu régneras ! Ô Croix, tu nous sauveras


Du saint Pape Jean Paul II, Dives in Misericordia, n.7 

Les événements du Vendredi Saint, et auparavant encore la prière à Gethsémani, introduisent dans tout le déroulement de la révélation de l’amour et de la miséricorde, dans la mission messianique du Christ, un changement fondamental. Celui qui «est passé en faisant le bien et en rendant la santé» (Act. 10, 38), «en guérissant toute maladie et toute langueur» (Mt. 9, 35), semble maintenant être lui-même digne de la plus grande miséricorde, et faire appel à la miséricorde, quand il est arrêté, outragé, condamné, flagellé, couronné d’épines, quand il est cloué à la croix et expire dans d’atroces tourments (Cf. Mc. 15, 37; 10. 19, 30). C’est alors qu’il est particulièrement digne de la miséricorde des hommes qu’il a comblés de bienfaits, et il ne la reçoit pas. Même ceux qui lui sont les plus proches ne savent pas le protéger et l’arracher aux mains des oppresseurs. Dans cette étape finale de la fonction messianique, s’accomplissent dans le Christ les paroles des prophètes, et surtout celles d’Isaïe, au sujet du serviteur de Yahvé : «Dans ses blessures, nous trouvons la guérison» (Is. 53, 5).

Le Christ, en tant qu’homme qui souffre réellement et terriblement au jardin des Oliviers et sur le Calvaire, s’adresse au Père, à ce Père dont il a annoncé l’amour aux hommes, dont il a fait connaître la miséricorde par toutes ses actions. Mais la terrible souffrance de la mort en croix ne lui est pas épargnée, pas même à lui : «Celui qui n’avait pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous» (2 Cor. 5, 21), écrira saint Paul, résumant en peu de mots toute la profondeur du mystère de la croix et en même temps la dimension divine de la réalité de la rédemption ~

Sainte Hélène trouve la sainte Croix,
fresque du monastère de Stavrovouni, Chypre
La croix plantée sur le calvaire, et sur laquelle le Christ tient son ultime dialogue avec le Père, émerge du centre même de l’amour dont l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, a été gratifié selon l’éternel dessein de Dieu. Dieu, tel que le Christ l’a révélé, n’est pas seulement en rapport étroit avec le monde en tant que Créateur et source ultime de l’existence. Il est aussi Père : il est uni à l’homme, qu’il a appelé à l’existence dans le monde visible, par un lien encore plus profond que celui de la création. C’est l’amour qui non seulement crée le bien, mais qui fait participer à la vie même de Dieu Père, Fils et Esprit Saint. En effet, celui qui aime désire se donner lui-même.

La croix du Christ au Calvaire se dresse sur le chemin de cette admirable communication de Dieu à l’homme qui contient en même temps l’appel qui lui est adressé à participer, en s’offrant lui-même à Dieu et en offrant avec lui le monde visible, à la vie divine : à participer en tant que fils adoptif à la vérité et à l’amour qui sont en Dieu et proviennent de Dieu. Sur le chemin de l’élection éternelle de l’homme à la dignité de fils adoptif de Dieu, surgit précisément dans l’histoire la croix du Christ, Fils unique, qui, «lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu» (Credo de Nicée-Constantinople), est venu donner l’ultime témoignage de l’admirable alliance de Dieu avec l’humanité, de Dieu avec l’homme – avec chaque homme. Ancienne comme l’homme, puisqu’elle remonte au mystère même de la création, puis rétablie bien des fois avec un seul peuple élu, cette alliance est également l’alliance nouvelle et définitive ; établie là, sur le Calvaire, elle n’est plus limitée à un seul peuple, à Israël, mais elle est ouverte à tous et à chacun.

Reliquaire de la sainte Croix, chapelle "Mater Dolorosa" du Golgotha,
basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem
Que nous dit la croix du Christ, qui est le dernier mot pour ainsi dire de son message et de sa mission messianiques ? Certes, elle n’est pas encore la parole ultime du Dieu de l’Alliance, qui ne sera prononcée qu’aux lueurs de cette aube où les femmes d’abord puis les Apôtres, venus au tombeau du Christ crucifié, le trouveront vide et entendront pour la première fois cette annonce : «Il est ressuscité». Ils la rediront à leur tour, et ils seront les témoins du Christ ressuscité. Toutefois, même dans la glorification du Fils de Dieu, la croix ne cesse d’être présente, cette croix qui – à travers tout le témoignage messianique de l’Homme-Fils qui a subi la mort sur elle – parle et ne cesse jamais de parler de Dieu-Père, qui est toujours fidèle à son amour éternel envers l’homme, car «Il a tellement aimé le monde – donc l’homme dans le monde – qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle» (Jn 3, 16).


La Croix de Jérusalem, flottant sur le jardin des Oliviers à Gethsémani.

mercredi 12 septembre 2018

Saint Nom de Marie


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La gloire de la sainte Trinité dans le secours des âmes du Purgatoire »

O Reine Mère de miséricorde, Dame de tonte consolation, me voici à mon ordinaire à vos pieds sacrés, vous dédiant ce petit ouvrage comme tous les autres que la divine Providence m’a fait donner au public.

Quand je considère ce que je voudrais faire en votre honneur et le peu que je puis faire, j’ai recours à toutes les créatures du Ciel et de la terre afin de m’unir à tous les honneurs qu’elles vous ont rendus et à tous ceux qu’ elles vous rendront jamais ; et c’est par tous ces honneurs que je désire de vous honorer, mais au moins n’ayant qu’une chétive vie, il n’y en a pas un seul instant dans lequel je ne désire glorifier la très sainte Trinité en vous magnifiant son saint Nom pour les choses grandes qu’ elle y a faites.

Ensuite il n y a rien que je vous puisse donner, que je ne vous donne, laissant entre vos bénites mains sans aucune réserve l’application des bonnes œuvres que votre Fils adorable opérera dans son indigne serviteur, et encore ce que les autres feront pour moi après ma mort ; étant content que vous me l’étiez, si vous voulez ainsi en disposer, pour le donner à qui bon vous semblera quelques souffrances qu’il m’en arrive, parce que ce que vous ferez sera toujours à la plus grande gloire de la suradorable Trinité, et c’est uniquement ce que je veux pour le temps et pour l’éternité. Ainsi soit il.


lundi 10 septembre 2018

Le miracle de la Marne. Notre Dame a sauvé la France


Certains historiens parlent de l’événement militaire du 8 septembre 1914 comme d’un « miracle », toujours entre guillemets, ou du « petit miracle ».
« Miracle » entre guillemets qu’ils attribuent à diverses causes, mais jamais à Celle qui seule pouvait accomplir un (vrai) miracle, et qui l’a fait : la Sainte Vierge.


Le Courrier de la Manche, le 9 janvier 1917, avait compilé plusieurs témoignages.
« Un prêtre allemand, blessé et fait prisonnier à la bataille de la Marne, est mort dans une ambulance française où se trouvaient des religieuses. Il leur a dit : Comme soldat, je devrais garder le silence ; comme prêtre, je crois devoir dire ce que j’ai vu. Pendant la bataille, nous étions surpris d’être refoulés car nous étions légion comparés aux Français, et nous comptions bien arriver à Paris. Mais nous vîmes la Sainte Vierge toute habillée de blanc, avec une ceinture bleue, inclinée vers Paris… Elle nous tournait le dos et, de la main droite, semblait nous repousser.” »

Un officier allemand :
« Si j’étais sur le front, je serais fusillé, car défense a été faite de raconter, sous peine de mort ce que je vais vous dire : vous avez été étonnés de notre recul si subit quand nous sommes arrivés aux portes de Paris. Nous n’avons pas pu aller plus loin, une Vierge se tenait devant nous, les bras étendus, nous poussant chaque fois que nous avions l’ordre d’avancer. Pendant plusieurs jours nous ne savions pas si c’était une de vos saintes nationales, Geneviève ou Jeanne d’Arc. Après, nous avons compris que c’était la Sainte Vierge qui nous clouait sur place. Le 8 septembre, Elle nous repoussa avec tant de force, que tous, comme un seul homme, nous nous sommes enfuis. Ce que je vous dis, vous l’entendrez sans doute redire plus tard, car nous sommes peut-être 100.000 hommes qui l’avons vue. »

Deux officiers allemands blessés sont accompagnés par une infirmière. Entrés à l’hôpital, ils aperçoivent une statue de la Vierge de Lourdes et l’un d’eux s’écrie : « Die Frau von der Marne ! » (Oh ! La Vierge de la Marne !). Son compagnon lui désigna l’infirmière afin qu’il se taise car elle les écoutait. Elle tenta vainement de les faire parler.

Une religieuse qui soignait des blessés à Issy-les-Moulineaux :
« C’était après la bataille de la Marne. Parmi les blessés soignés à l’ambulance d’Issy, se trouvait un Allemand très grièvement atteint et jugé perdu. Grâce aux soins qui lui furent prodigués, il vécut encore plus d’un mois. Il était catholique et témoignait de grands sentiments de foi. Les infirmiers étaient tous prêtres. Il reçut les secours de la religion et ne savait comment témoigner sa gratitude. Il disait souvent : “Je voudrais faire quelque chose pour vous remercier.” Enfin, le jour où il reçut l’extrême-onction, il dit aux infirmiers : “Vous m’avez soigné avec beaucoup de charité, je veux faire quelque chose pour vous en vous racontant ce qui n’est pas à notre avantage mais qui vous fera plaisir. Je payerai ainsi un peu ma dette. Si j’étais sur le front, je serais fusillé car défense a été faite d’en parler. »
Et il parla de cette visite de la Vierge qui épouvanta les soldats allemands et provoqua leur fuite.

Dans une ambulance, un soldat allemand dit à la religieuse française qui le soignait :
— Ma sœur, c’est fini, bientôt je serai mort. Je voudrais vous remercier de m’avoir si bien soigné, moi un ennemi. Alors je vais vous dire une chose qui vous fera grand plaisir. En ce moment, nous avançons beaucoup en France mais, malgré tout, à la fin c’est votre pays qui gagnera.
— Comment le savez-vous ?
 À la bataille de la Marne, nous avons vu la Sainte Vierge nous repousser. Elle vous protège contre nous. Les officiers nous ont défendu, sous peine de mort, de parler de cette vision. Mais maintenant je suis fini. Quand je serai mort vous pourrez raconter la chose, pourvu que vous ne me nommiez pas.

Témoignage d’un Allemand sur la bataille de l’Ourcq :
« Pendant plusieurs jours, toute notre division a vu devant elle, dans le ciel, une Dame blanche avec une ceinture bleue flottant et un voile blanc. Elle nous tournait le dos et nous effrayait beaucoup. Le 5 septembre 1914, nous avons reçu l’ordre d’avancer et nous avons essayé de le faire : mais la Dame a paru tellement éblouissante et nous repoussait de ses deux mains de façon si terrifiante que nous nous sommes tous enfuis. »

Témoignage d’un soldat, à Liège, après l’armistice :
« Oh ! dès le commencement de la guerre je savais bien qu’à la fin nous serions battus. Je peux bien vous dire ça car je sais bien que vous ne le répéterez pas à nos officiers. À la première bataille de la Marne, nous avions devant nous, dans le ciel, une Dame blanche qui nous tournait le dos et nous repoussait de ses deux mains. Malgré nous, nous étions pris de panique, nous ne pouvions plus avancer. Trois de nos divisions au moins ont vu cette apparition. C’était sûrement la Sainte Vierge !  À un moment, Elle nous a tellement épouvantés que nous nous sommes tous enfuis, les officiers comme les autres. Seulement, le lendemain ils ont défendu d’en parler sous peine de mort : si toute l’armée l’avait su, elle aurait été démoralisée. Pour nous, nous n’avions plus le cœur à nous battre puisque Dieu était contre nous. C’était sûr qu’on allait à la mort pour rien mais il fallait bien marcher quand même. Nous ne pouvions pas faire autrement. C’est dur la guerre ! »



samedi 8 septembre 2018

Fête de la Nativité de Notre Dame

Sainte Anne et Notre Dame enfant

Homélie de Saint Jean de Damas pour la Nativité de la Vierge, 7, 10

Aujourd’hui le Créateur de toutes choses, Dieu le Verbe, a composé un ouvrage nouveau, jailli du cœur du Père pour être écrit, comme avec un roseau, par l’Esprit qui est la langue de Dieu ~ Fille toute sainte de Joachim et d’Anne, qui as échappé aux regards des Principautés et des Puissances et « aux flèches enflammées du Mauvais » (Col 1,16 ; Ep 6,16), tu as vécu dans la chambre nuptiale de l’Esprit, et as été gardée intacte pour devenir épouse de Dieu et Mère de Dieu par nature. ~

Fille aimée de Dieu, l’honneur de tes parents, les générations des générations te disent bienheureuse, comme tu l’as affirmé avec vérité (Lc 1,48). Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d’Ève notre première mère ! Car par ta naissance, celle qui était tombée est relevée. ~

L'immaculée Conception de Notre Dame, préservée du péché
d'Adam et Eve, le péché originel.
Si, par la première Eve « la mort a fait son entrée » (Sg 2,24 ; Rm 5,12), parce qu’elle s’était mise au service du serpent, Marie, elle, qui s’est fait la servante de la volonté divine, a trompé le serpent trompeur et introduit dans le monde l’immortalité. Tu es plus précieuse que toute la création, car de toi seule le Créateur a reçu en partage les prémices de notre humanité. Sa chair a été faite de ta chair, son sang de ton sang ; Dieu s’est nourri de ton lait, et tes lèvres ont touché les lèvres de Dieu. ~

Dans la prescience de ta dignité, le Dieu de l’univers t’a aimée ; comme il t’aimait, il t’a prédestinée et « dans les derniers temps » (1 P 1,20) il t’a appelée à l’existence ~ Que Salomon le très sage se taise ; qu’il ne dise plus : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil » (Eccl 1,9).

mardi 4 septembre 2018

1er mardi du mois des saints Anges et Archanges


 O Saint Michel,
Qui avez entendu les battements du Cœur de Jésus,
Qui avez pénétré le mystère de ce Divin Cœur transpercé par la lance,
Faites nous connaître les sentiments de ce Cœur adorable,
Conduisez nous à cette source de bénédiction.
Nous vous prions pour la France,
La nation privilégiée à laquelle il a montré son amour.
Obtenez-lui du Cœur de Jésus les grâces qui la relèveront.
O Prince de la Paix,
Regardez avec bienveillance ce pays qui vous est confié,
Apportez-lui la paix et la concorde,
Secourez les peuples chrétiens,
Reléguez en enfer les guerres qui font couler tant de larmes.
Descendez des sommets du ciel, jusque dans nos demeures,
Pour faire régner la paix parmi nous,
Grand Prince de la Milice Céleste,
Établi par la Providence Divine le protecteur spécial de la France,
Souvenez-vous que vous l'avez faite grande entre toute les nations,
Que vous l'avez établie la sentinelle de la foi et le soldat de Dieu dans le monde.
Obtenez-lui un prompt et sincère retour à l'antique foi, source de sa force et de sa grandeur.
Éclairez les incrédules, rassurez les timides, fortifiez les faibles, encouragez les bons,
Secourez nous tous et rendez-nous meilleurs et plus chrétiens.
Ainsi soit-il.


dimanche 2 septembre 2018

2 septembre 1792, saints Martyrs du Couvent des Carmes à Paris, priez pour nous et pour notre pays


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie I

Le nombre de ces martyrs qui ont souffert pour Jésus-Christ est étonnant si l’on considère qu’il n’y a guère plus d’un siècle qu’elle est établie (la religion chrétienne) : mais la vertu de celui qui combat et qui triomphe dans les martyrs y éclate d’une manière admirable ;

Ils ont souffert tout ce que la plus cruelle barbarie et tout ce que la rage des démons ont pu inventer : ils ont passé par toutes sortes de supplices ;

Ils ont été tourmentés en toutes manières et c’est avec grande raison que feu monsieur Vincent (Saint Vincent de Paul), décédé en odeur de sainteté et très digne instituteur et général des Pères de la Mission de France, disait que l’esprit apostolique leur avait été donné car ils peuvent dire avec la merveille des apôtres, saint Paul, qu’ils ont été souvent en prison pour la cause de Jésus-Christ, qu’ils ont beaucoup de blessures, qu’ils ont été souvent proches de la mort, qu’ils ont été battus de coups de fouets et de verges, qu’ils ont été lapidés, qu’ils ont fait des naufrages, qu’ils ont fait beaucoup de voyages, qu’ils ont été en péril sur les rivières, en péril de tomber entre les mains des voleurs, en péril de la part de ceux de la nation, en péril de la part des gentils, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, qu’ils ont été dans l’affliction et dans la douleur dans de longues veilles, dans la faim, dans la soif, dans beaucoup de jeûnes, dans le froid et la nudité, enfin qu’ils ont servi de spectacle au monde, aux anges et aux hommes.


samedi 1 septembre 2018

Grande joie pour le diocèse d'Évreux avec l'ordination diaconale en vue du sacerdoce de Jordan PÉRÉTEL


Quand ? le 16/09/2018 de 15h30 à 17h30
Où ? à l’église Ste-Croix à Bernay.

Au sein de l’Église catholique, le service de la communauté est assuré plus particulièrement par les évêques, les prêtres et les diacres, que l’on appelle «ministres ordonnés».

Leur mission dans l’Eglise leur est confiée, au nom de Jésus Christ, par le sacrement de l’ordre, généralement appelé « ordination ». Le sacrement de l’ordre se caractérise par l’imposition des mains et la prière de consécration prévue. Le sacrement est conféré une fois pour toutes.

Le ministre ordonné manifeste à tous que c’est le Christ qui appelle, rassemble et envoie sur les chemins du monde.


Les diacres
Par leur ordination, les diacres signifient et rappellent à tout le peuple de Dieu, que l’Église ne doit cesser de manifester la charité du Christ pour tout homme. En particulier les plus pauvres, ceux qui sont à la marge.
Ils sont au sein de l’Église, et pour le monde, le signe du Christ serviteur « lui qui s’est anéanti en prenant la condition de serviteur et devenant semblable aux hommes » (Ph 2,7). Le geste du lavement des pieds (Jn 13) est le signe par excellence du Dieu qui vient à la rencontre de l’homme par un chemin bouleversant, celui du service.


vendredi 31 août 2018

31 août, naissance au Ciel de notre Père, l'abbé Henri Marie Boudon


Nous célébrons aujourd'hui la naissance au Ciel de celui que nous aimons tant et dont nous vénérons la vie et les paroles : le vénérable abbé Henri Marie Boudon.

Sa vie et ses écrits nous inspirent et nous enseignent.
Maintenant qu'il est, nous le croyons et l'espérons, dans la gloire céleste, nous nous confions à ses prières. Nous le prions plus particulièrement pour son diocèse, celui d'Evreux, pour son Évêque, ses confrères prêtres et diacres, les religieux et les vocations.

Confions-lui aussi toutes nos intentions personnelles. Soyons certains qu'il les présentera à notre Dieu et à sa sainte Mère.

Messe de Requiem, Heures d'Anne de Bretagne


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 75

Je demande pardon à mon bon ange pour toutes mes infidélités et le supplie, en vue de la douloureuse Passion de mon Sauveur Jésus-Christ, de me les pardonner, et de me continuer ses soins, spécialement à ma mort.

J’invoque aussi particulièrement saint Michel, saint Joseph, saint Joachim, sainte Anne et mon glorieux Père saint François.

Et pour ce qui regarde les biens temporels, comme le Seigneur m’a fait la grâce de n’en point avoir, je n’ai rien à disposer de ce côté-là.

Enfin je supplie en toute humilité tous mes frères et sœurs de se souvenir de ma pauvre âme devant Notre Seigneur, et de lui demander miséricorde pour moi.



mercredi 29 août 2018

Fête du martyre de Saint Jean Baptiste

Icône moderne. Saint Jean Baptiste prêchant dans le désert et sa décollation

Homélie de Saint Jean Chrysostome sur la décollation de Saint Jean Baptiste

Je vous prie de considérer avec plus d’attention quelle est la demande de cette fille. «Donnez-moi, » dit-elle, « dans ce plat la tête de Jean-Baptiste. » Voyez-vous l’effronterie? Entendez-vous l’organe du diable? Elle sait bien quel est celui dont elle demande la tête, puisqu’elle l’appelle « Jean-Baptiste, » et elle la demande néanmoins.
Elle veut qu’on lui apporte dans un plat cette tête sacrée et bienheureuse, et elle en parle comme s’il ne s’agissait que d’un mets qu’on servirait sur une table. Elle ne donne aucune raison de cette demande barbare, parce qu’elle n’en a point. Elle met seulement sa gloire à se faire donner une satisfaction si cruelle et si malheureuse. Elle ne demande point qu’on fasse venir saint Jean et qu’on le tue devant tout le monde. Elle appréhendait trop sa force et sa liberté. La moindre de ses paroles l’aurait fait trembler, et la vue du glaive qui allait lui trancher la tête n’eût point empêché ce courageux prophète de parler. C’est pourquoi elle dit: « Donnez-moi ici dans ce plat la tête de Jean-Baptiste. »

Elle veut voir sa tête, mais lorsque sa bouche sera muette. Elle la veut voir toute sanglante, non seulement pour s’assurer qu’elle ne lui fera plus de reproches, mais encore pour satisfaire sa vengeance en l’insultant. Dieu voit cela, mes frères, et Il l’accepte. Il ne lance point ses foudres sur cette malheureuse. Il ne réduit point en cendres ce front insolent et cette langue homicide. Il ne commande point à la terre de s’ouvrir pour abîmer ce prince et tous ses conviés avec lui. Il retient Sa justice en cette rencontre pour préparer à Son serviteur une couronne plus illustre, et pour laisser à tous ceux qui le suivraient une plus grande consolation dans leurs maux.

Écoutons ceci, nous que la pratique de la vertu expose aux mauvais traitements des méchants. Un homme si admirable, un saint qui avait passé sa vie dans un désert, sous un habit si austère, sous un cilice; un prophète et le plus grand des prophètes, à qui le Fils de Dieu avait rendu ce témoignage qu’entre tous ceux qui étaient nés des femmes, il n’y en avait point de plus grand que lui: ce saint, dis-je, est sacrifié à la rage d’une femme impudique; sa tête est le prix de la danse d’une fille effrontée, et il est abandonné à ces furieuses, parce qu’il a soutenu avec vigueur la loi de Dieu.

La danse de Salomé et la tête du Précurseur
dans un plat à ses pieds
Pensons à ce grand exemple, et souffrons généreusement tout ce qui nous pourra arriver. Cette malheureuse femme était altérée du sang de l’innocent, et elle a le plaisir de le répandre. Elle voulait se venger de l’injure qu’elle croyait que saint Jean lui avait faite, et Dieu permet qu’elle se satisfasse comme elle l’avait désiré, et qu’elle se rassasie de sa vengeance. Qu’avait-elle à reprocher à ce saint homme? Il ne lui avait jamais fait la moindre réprimande, et il s’était toujours adressé à Hérode. Mais sa conscience criminelle lui fait sentir l’aiguillon du remords. C’est le bourreau qui la tourmente et qui la déchire. Ce qu’elle endure au dedans la rend comme furieuse au dehors. Elle remplit sa maison de confusion et d’infamie. Elle déshonore tout ensemble en elle-même sa fille et son mari mort, et découvre son adultère vivant; elle veut surpasser ses premiers excès par d’autres encore plus horribles. Il semble qu’elle dise à saint Jean: si vous ne pouvez souffrir de voir Hérode adultère, je le rendrai même homicide; et pour faire cesser vos reproches, je le forcerai à vous ôter la vie.

Je vous appelle ici, vous tous qui donnez aux femmes un si grand pouvoir sur votre esprit. Vous qui faites des serments indiscrets sur des choses douteuses et incertaines, et qui creusez ainsi la fosse où vous devez être précipités, en rendant les autres les maîtres de votre perte. Car n’est-ce pas ainsi que périt Hérode?

Il crut que dans une fête et dans un jour de joie, cette fille lui demanderait quelque chose qui fût proportionné à elle, au lieu où elle était, et au temps de cette réjouissance publique; bien loin de s’imaginer qu’elle dût demander une tête. Et cependant il fut trompé malheureusement, et sa surprise ne l’excuse point. Car si cette fille instruite par sa mère osa lui faire une demande plus digne d’une tigresse que d’une femme, c’était à lui à s’opposer à cette furieuse, et non pas à se rendre le ministre d’une cruauté si odieuse et si inouïe. Qui n’aurait été frappé d’horreur de voir au milieu d’un festin paraître dans un plat cette tête sacrée toute dégoutante de son sang? ~ C’est par cet esprit de sang et de meurtre que se conduisit alors cette femme, croyant qu’après qu’elle aurait fait mourir saint Jean, son crime serait enseveli avec lui. Mais il arriva tout le contraire, parce qu’après sa mort même, le prophète parla plus haut que jamais.

Les méchants se conduisent dans leurs desseins comme les malades, qui mourant de soif ne pensent qu’à boire pour se rafraîchir, sans considérer qu’ils se trouveront ensuite beaucoup plus mal. Si cette femme n’eût point fait mourir saint Jean, pour l’empêcher de lui reprocher son impudicité, on aurait beaucoup moins parlé contre elle. Car lorsque saint Jean fut mis en prison, ses disciples d’abord demeurèrent dans le silence. Mais lorsqu’ils le virent tué si cruellement, ils furent contraints enfin de dire qu’elle avait été la cause de sa mort. Ils voulaient d’abord épargner la réputation de cette femme adultère, en ne publiant point ce qui aurait pu la déshonorer. Mais ils furent forcés enfin de découvrir toute cette intrigue, de peur qu’on ne crût que leur maître eût été un séditieux comme Theudas et Judas, et qu’il eût été exécuté comme eux, pour avoir fait quelque entreprise contre l’État. On voit par-là, que plus on s’efforce de cacher son péché plus on le publie; et que le moyen de couvrir un crime n’est pas d’y en ajouter un autre, mais de l’expier par une sincère pénitence.



samedi 25 août 2018

Saint Louis, ayez pitié de la France. Priez pour nous.

Oraison tirée d'un missel Carolingien – Prière de Saint Louis IX de France
Sacre de Saint Louis par Charles-Amédée Van-Loo


Dieu Tout-Puissant et éternel, 
Qui avez établi l'empire des Francs pour être dans le monde 
L'instrument de vos divines volontés, 
Le glaive et le bouclier de votre sainte Église, 
Nous vous en prions, prévenez toujours et partout de votre céleste lumière, 
Les fils suppliants des Francs, 
Afin qu'ils voient ce qu'il faut faire pour réaliser votre règne en ce monde, 
Et que pour accomplir ce qu'ils ont vu, 
Ils soient remplis de charité, de force et de persévérance, 
Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Amen 



Anneau de Saint Louis IX

mercredi 22 août 2018

Marie - Reine du Ciel et de la Terre

Le couronnement de Marie

De Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, « Traité de la vraie dévotion à la très sainte Vierge Marie »

C'est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'il doit régner dans le monde

Marie a été très cachée dans sa vie : c'est pourquoi elle est appelée par le Saint-Esprit et l'Eglise Alma Mater : Mère cachée et secrète. Son humilité a été si profonde qu'elle n'a point eu sur la terre d'attrait plus puissant et plus continuel que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n'être connue que de Dieu seul.



mardi 21 août 2018

Saint Pie X, priez pour le Pape et l'Eglise

Sa Sainteté le Pape Jean Paul Ier

Homélie du Serviteur de Dieu Jean Paul Ier, pape, le jour de sa prise de possession de la Catherda Romana, en la Basilique Patriarcale Saint-Jean-de-Latran, le Samedi 23 septembre 1978

Je remercie de tout cœur le Cardinal-Vicaire pour les délicates paroles par lesquelles ~ il a voulu exprimer sa dévotion ~. Oui, vraiment, merci de tout cœur.

Le Maître des Cérémonies a choisi les trois lectures bibliques pour cette liturgie solennelle. Il a estimé qu’elles étaient bien adaptées et, moi, je cherche à vous les expliquer.

La première lecture (Is 60, 1-6) peut être mise en relation avec Rome. Chacun sait que le Pape tient son autorité sur toute l’Eglise du fait qu’il est Evêque de Rome, successeur donc, en cette ville de l’Apôtre Pierre. Et grâce spécialement à Pierre, la Jérusalem, dont parlait Isaïe, peut être comparée à une image, comme une lointaine annonce de Rome. De Rome, aussi, en tant que siège de Pierre, lieu de son martyre et centre de l’Eglise Catholique, on peut dire : "au-dessus de toi, resplendira le Seigneur et sa gloire se manifestera... les peuples marcheront à ta lumière" (Is 60, 2).
~ Ceci est un honneur pour l’Evêque de Rome et pour vous tous. Mais aussi une responsabilité. Les pèlerins trouveront-ils ici un modèle de véritable communauté chrétienne ?
Le Saint Pape Pie X, offrant la grâce à tous
les chrétiens en état de grâce de pouvoir
communier plus souvent. 
~ Rome sera une vraie communauté chrétienne si Dieu y est honoré non seulement par l’affluence des fidèles dans les églises, non seulement par la vie privée vécue moralement, mais encore par l’amour pour les pauvres. Comme le disait le diacre romain Laurent, ceux-ci sont les vrais trésors de l’Eglise ; ils doivent donc être aidés, par ceux qui le peuvent, à avoir plus et à être plus sans être humiliés ou offensés par des richesses étalées, par de l’argent gaspillé en choses futiles au lieu d’être investi, quand c’est possible, dans des entreprises d’intérêt commun.

La deuxième lecture (Hb 13, 7-8; 15-17; 20-21) s’adapte aux fidèles de Rome.
~ Prions pour que le Seigneur aide tant l’évêque que les fidèles ~. Que le Seigneur nous aide tous à constituer à Rome une communauté chrétienne vive et active. ~ Les prêtres, les religieux et les religieuses ont une position particulière, liés comme ils le sont par le vœu ou la promesse d’obéissance. Je me souviens, comme de l’un des points essentiels de mon existence, du moment où, ayant mis mes mains dans celles de l’Evêque, j’ai dit : "Je promets". Dès lors, je me suis senti engagé pour toute la vie et je n’ai jamais pensé qu’il s’était agi d’une cérémonie sans importance. J’espère que les prêtres de Rome le pensent également. A eux et aux religieux saint François de Sales rappellerait l’exemple de Saint Jean Baptiste qui vécut dans la solitude, loin du Seigneur, bien qu’il eût un si grand désir de se trouver près de lui. Pourquoi ? Par obéissance ; "il savait, écrit le Saint, que trouver le Seigneur en dehors de l’obéissance signifiait le perdre".

La troisième lecture (Mt 28, 16-20) rappelle ses devoirs à l’Evêque de Rome. Le premier est "d’enseigner", en proposant la parole du Seigneur, en toute fidélité soit à Dieu soit à ceux qui l’écoutent, avec humilité mais aussi avec une franchise sans timidité.
~ Le deuxième devoir de l’évêque, rendu par le mot "baptiser", se réfère aux sacrements et à toute la liturgie. ~ Je voudrais également que Rome donne le bon exemple en fait de liturgie célébrée pleinement et sans "créations" hors de propos. De tels abus en matière liturgique ont pu favoriser, par réaction, des attitudes qui ont entraîné des prises de position insoutenables en elles-mêmes et en contradiction avec l’Evangile. En faisant appel, avec affection et avec espoir, au sens de responsabilité de chacun devant Dieu et devant l’Eglise, je voudrais pouvoir assurer que toute irrégularité liturgique sera diligemment évitée.
Et me voici au dernier devoir épiscopal : "apprendre à observer" : c’est la diaconie, le service de guider et de gouverner. ~ Qu’il me soit permis d’ajouter encore quelque chose : c’est la loi de Dieu que nul ne peut faire du bien à autrui sans que d’abord on l’aime.

C’est pourquoi, devenant Patriarche à Venise, Saint Pie X s’était exclamé à St-Marc : "Qu’en serait-il de moi, Vénitiens, si je ne vous aimais pas ?".
Aux Romains, je dirai quelque chose de semblable ; je puis vous assurer que je vous aime, que je désire seulement entrer à votre service et mettre à votre disposition, toutes mes pauvres forces, le peu que j’ai et le peu que je suis.