vendredi 22 juin 2018

Prière pour les prêtres

Vitrail de l'église Saint-Taurin, Evreux.
La première Messe

Cardinal George William Mundelein, Archevêque de Chicago (1872-1939)

Dieu tout puissant et éternel, daignez regarder le visage de votre Christ, l’éternel Souverain Prêtre, et, par amour pour Lui, ayez pitié de vos prêtres.

Souvenez-vous, ô Dieu miséricordieux, qu’ils ne sont que de faibles et fragiles créatures. Maintenez vivant en eux le feu de votre amour. Gardez-les près de vous pour que l’ennemi ne prévale pas contre eux et pour qu’ils ne soient jamais indignes de leur sublime vocation.

O Jésus ! Je vous prie pour vos prêtres fidèles et fervents ; pour vos prêtres tièdes et infidèles ; pour vos prêtres qui travaillent proches de nous ou dans les missions lointaines ; pour vos prêtres qui subissent la tentation ; pour vos prêtres qui souffrent de la solitude et du délaissement ; pour vos jeunes prêtres, pour vos prêtres âgés ; pour vos prêtres infirmes ; pour vos prêtres agonisants ; pour les âmes de vos prêtres qui souffrent dans le purgatoire.

Mais surtout, je vous recommande les prêtres qui me sont les plus chers : le prêtre qui m’a baptisé, ceux qui m’ont absout de mes péchés ; les prêtres aux messes desquels j’ai assisté et qui m’ont donné votre Corps et votre Sang dans la Sainte Communion ; les prêtres qui m’ont enseigné et instruit, m’ont encouragé et conseillé ; tous les prêtres auxquels me lie une dette de gratitude.

O Jésus ! Gardez-les près de votre cœur et accordez-leur d’abondantes bénédictions pour le temps et pour l’éternité. Amen.


mardi 19 juin 2018

La Messe de Monsieur Boudon


« La Vie de M. Henri Marie Boudon, Grand Archidiacre d’Evreux », par M. ***, tome 1er

Dans la célébration actuelle (de la Messe), il prenait tout le temps nécessaire pour faire avec décence les cérémonies prescrites par l’Eglise.
Il laissait à d’autres le talent de courir, d’anticiper, de manger les mots. Il les prononçait tous distinctement, posément, dévotement.

Au Canon, où la mémoire n’aide que trop la volubilité naturelle, il entrait dans un recueillement si profond qu’il paraissait alors plus différent de lui-même qu’il ne l’était des autres hommes dans tout le cours de cette grande action

A l’une et l’autre élévation, on voyait son visage enflammé, ses yeux étincelants, tout l’homme extérieur si transformé en un autre homme que, placé par miracle sur le Calvaire où le Sauveur s’immola la première fois, il n’eût changé ni de sentiments ni d’attitude.

Bréviaire de Besançon, procession de la Fête-Dieu
Au sortir de l’Autel, il donnait encore un temps considérable à son bien-aimé, Il se perdait dans le sein de son amour, il s’unissait intimement à lui, il le priait avec instance pour les besoins de l’Eglise et de l’Etat. Rien n’échappait à l’étendue de sa charité, parce que rien n’a échappé à l’étendue de la charité de ce Prêtre éternel qu’il se proposait pour modèle.

Il était si fidèle à célébrer tous les jours avec la même dévotion qu’un Officier d’un grand Prince, l’ayant une fois prié de n’être pas plus long à sa Messe que les Aumôniers de son Altesse, il lui répondit avec une sainte et noble fermeté : « Vous pouvez compter, Monsieur, que je ferai ce que je dois faire. Je parlerai à mon Dieu à mon ordinaire, avec toute la vénération, toute l’attention possible, et je n’en prononcerai pas une parole plus vite. »


dimanche 17 juin 2018

Gloire, honneur au Sacré-Coeur


Prière fondée sur les promesses faites par Notre Seigneur Jésus Christ  à Sainte Marguerite Marie

O Cœur de jésus, nous voici prosternés devant vous, pour vous adorer, vous louer, vous remercier, réparer nos fautes passées et nous consacrer à votre amour.
Nous souvenant de vos magnifiques promesses, nous osons vous dire avec la plus entière confiance.
Cœur de Jésus, donnez-nous tous les secours nécessaires à notre état; Seigneur vous nous l’avez promis.
Cœur de Jésus, mettez la paix dans nos familles; Seigneur vous nous l’avez promis.
Cœur de Jésus, soulagez nous dans nos travaux et consolez nous dans nos peines; Seigneur…..
Cœur de Jésus, soyez notre asile assuré pendant la vie, mais surtout à la mort;
Cœur de Jésus, répandez vos abondantes bénédictions sur toutes nos entreprises;
Cœur de Jésus, soyez pour les pécheurs un océan de miséricorde;
Cœur de Jésus, rendez ferventes les âmes tièdes;
Cœur de Jésus, faites que les âmes ferventes fassent de rapide progrès dans la perfection;
Cœur de Jésus, bénissez les maisons ou votre image sera exposée et honorée;
Cœur de Jésus, donnez à ceux qui travaillent au salut des âmes, la grâce de toucher les cœurs les plus endurcis;
Cœur de Jésus, gravez en vous à jamais le nom de ceux qui propagent cette dévotion;
Cœur de Jésus, donnez à ceux qui communieront sans interruption neuf premiers vendredis, la grâce de la pénitence finale et la réception des sacrements. Soyez leur asile assuré à cette heure dernière;
Cœur de Jésus, régnez malgré Satan et les efforts de vos ennemis, Seigneur vous nous l’avez promis.

Prions.
Seigneur Jésus daignez vous souvenir des promesses que dans l’infinie Miséricorde, de votre divin Cœur vous nous avez faites par Sainte Marguerite Marie, soyez le protecteur de notre vie, le soutien de notre faiblesse, le réparateur de toutes nos fautes, le supplément de toutes nos vertus et surtout notre asile assuré à l’heure de la mort.



jeudi 14 juin 2018

Prions pour les futurs prêtres, qu'ils revêtent le Christ pour l'offrir à tous les hommes


Extraits de l’homélie du Pape Benoît XVI, le Jeudi Saint, 5 avril 2007

In persona Christi - au moment de l’Ordination sacerdotale, l’Eglise a rendu visible et tangible pour nous cette réalité des "vêtements nouveaux", même extérieurement, car nous avons été revêtus des ornements liturgiques.

Dans ce geste extérieur, celle-ci veut mettre pour nous en évidence l’événement intérieur et la tâche qui en découle pour nous : revêtir le Christ ; se donner à Lui comme Il s’est donné à nous. Cet événement, "se revêtir du Christ", est représenté toujours à nouveau lors de chaque Messe à travers le fait que nous nous revêtons des ornements liturgiques. Les mettre doit représenter plus qu’un fait extérieur pour nous : c’est entrer toujours à nouveau dans le "oui" de notre charge - dans ce "non plus moi" du baptême que l’Ordination sacerdotale nous donne de manière nouvelle et, dans le même temps, nous demande.

Le fait que nous soyons à l’autel, revêtus des ornements liturgiques, doit immédiatement rendre visible aux personnes présentes et à nous-mêmes que nous sommes là "en la personne d’un Autre". Les habits sacerdotaux, tels qu’ils se sont développés au cours du temps, sont une profonde expression symbolique de ce que le sacerdoce signifie. Chers confrères, je voudrais donc expliquer en ce Jeudi Saint l’essence du ministère sacerdotal en interprétant les ornements liturgiques qui, pour leur part, veulent précisément illustrer ce que signifie "se revêtir du Christ", parler et agir "in persona Christi".

L’acte de revêtir les vêtements sacerdotaux était autrefois accompagné par des prières qui nous aident à mieux comprendre chaque élément du ministère sacerdotal. En commençant par l’amict. Par le passé - et aujourd’hui encore dans les ordres monastiques -, il était tout d’abord placé sur la tête, comme une sorte de capuche, devenant ainsi un symbole de la discipline des sens et de la concentration de la pensée nécessaire pour une juste célébration de la Messe. Les pensées ne doivent pas errer ici et là derrière les préoccupations et les attentes de ma vie quotidienne ; mes sens ne doivent pas être attirés par ce qui, à l’intérieur de l’église, voudrait fortuitement attirer les yeux et les oreilles. Mon cœur doit docilement s’ouvrir à la parole de Dieu et être recueilli dans la prière de l’Eglise, afin que ma pensée reçoive son orientation des paroles de l’annonce et de la prière. Et le regard de mon cœur doit être tourné vers le Seigneur qui est parmi nous : voilà ce que signifie ars celebrandi - la juste façon de célébrer. Si je suis ainsi avec le Seigneur, alors avec mon écoute, ma façon de parler et d’agir j’attire également les autres personnes dans la communion avec Lui.

Les textes de la prière qui interprètent l’aube et l’étole vont tous deux dans la même direction. Ils évoquent le vêtement de fête que le maître donne au fils prodigue revenu à la maison, sale et en haillons. Lorsque nous nous approchons de la liturgie pour agir en la personne du Christ, nous nous apercevons tous combien nous sommes loin de Lui ; combien il existe de saleté dans notre vie. Lui seul peut nous donner le vêtement de fête, nous rendre digne de présider à sa table, d’être à son service. Ainsi, les prières rappellent également les paroles de l’Apocalypse selon lequel les vêtements des 144.000 élus, non par leurs mérites, étaient dignes de Dieu. L’Apocalypse commente qu’ils avaient lavé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau et que, de cette façon, ils étaient devenus blancs comme la lumière (cf. Ap 7, 14). Dès l’enfance, je me suis demandé : mais lorsqu’on lave une chose dans le sang, elle ne devient certainement pas blanche ! La réponse est : le "sang de l’Agneau" est l’Amour du Christ crucifié. C’est cet amour qui rend propres nos vêtements sales ; qui rend vrai notre esprit obscurci et l’illumine ; qui, malgré toutes nos ténèbres, nous transforme en "lumière du Seigneur". En revêtant l’aube, nous devrions nous rappeler : Il a souffert pour moi aussi. Ce n’est que parce que son amour est plus grand que tous mes péchés, que je peux le représenter et être témoin de sa lumière.

Mais avec le vêtement de lumière que le Seigneur nous a donné lors du Baptême et, de manière nouvelle, lors de l’Ordination sacerdotale, nous pouvons aussi penser au vêtement nuptial, dont Il nous parle dans la parabole du banquet de Dieu. Dans les homélies de saint Grégoire le Grand, j’ai trouvé à ce propos une réflexion digne d’intérêt. Grégoire distingue entre la version de Luc de la parabole et celle de Matthieu. Il est convaincu que la parabole de Luc parle du banquet nuptial eschatologique, alors que - selon lui - la version transmise par Matthieu traiterait de l’anticipation de ce banquet nuptial dans la liturgie et dans la vie de l’Eglise. En effet, chez Matthieu - et seulement chez Matthieu - le roi vient dans la salle remplie de monde pour voir ses hôtes. Et voilà qu’au sein de cette multitude, il trouve aussi un hôte sans habit nuptial, que l’on jette ensuite dehors dans les ténèbres. Alors Grégoire se demande : "Mais quelle espèce d’habit lui manquait-il ? Tous ceux qui sont réunis dans l’Eglise ont reçu l’habit nouveau du baptême et de la foi ; autrement ils ne seraient pas dans l’Eglise. Que manque-t-il donc encore ? Quel habit nuptial doit encore être ajouté ?".
Le Pape répond : "Le vêtement de l’amour. Et, malheureusement, parmi ses hôtes auxquels il avait donné l’habit nouveau, le vêtement blanc de la renaissance, le roi en trouve certains qui ne portent pas le vêtement de couleur pourpre du double amour envers Dieu et envers le prochain."
 "Dans quelle condition voulons-nous nous approcher de la fête du ciel, si nous ne portons pas l’habit nuptial - c’est-à-dire l’amour, qui seul peut nous rendre beaux ?", demande le Pape. Sans l’amour, une personne est obscure intérieurement. Les ténèbres extérieures, dont parle l’Evangile, ne sont que le reflet de la cécité intérieure du cœur (cf. Hom. 38, 8-13).

A présent, alors que nous nous apprêtons à célébrer la Messe, nous devrions nous demander si nous portons cet habit de l’amour. Demandons au Seigneur d’éloigner toute hostilité en nous, de nous ôter tout sens d’autosuffisance et de nous revêtir véritablement du vêtement de l’amour, afin que nous soyons des personnes lumineuses et qui n’appartiennent pas aux ténèbres.

Pour finir, encore quelques mots à propos de la chasuble. La prière traditionnelle, lorsque l’on revêt la chasuble, voit représenté en celle-ci le joug du Seigneur qui, en tant que prêtres, nous a été imposé. Et elle rappelle la parole de Jésus qui nous invite à porter son joug et à apprendre de Lui, qui est "doux et humble de cœur" (Mt 11, 29). Porter le joug du Seigneur signifie tout d’abord : apprendre de Lui. Etre toujours disposés à aller à son école. De Lui, nous devons apprendre la douceur et l’humilité - l’humilité de Dieu qui se montre dans son être homme. Saint Grégoire de Nazianze s’est demandé une fois pourquoi Dieu avait voulu se faire homme. La partie la plus importante, et pour moi la plus touchante de sa réponse est : "Dieu voulait se rendre compte de ce que signifie pour nous l’obéissance et il voulait tout mesurer sur la base de sa propre souffrance, cette invention de son amour pour nous. De cette façon, Il peut directement connaître en lui-même ce que nous ressentons - combien il nous est demandé, combien d’indulgence nous méritons - en calculant, sur la base de sa souffrance, notre faiblesse" (Discours 30,6). Nous voudrions parfois dire à Jésus : Seigneur, ton joug n’est pas du tout léger. Il est même terriblement lourd dans ce monde. Mais, ensuite, en Le regardant, Lui qui a tout porté - qui a éprouvé en lui l’obéissance, la faiblesse, la douleur, toute l’obscurité -, toutes nos plaintes se taisent.

Son joug est d’aimer avec Lui. Et plus nous L’aimons, plus nous devenons avec Lui des personnes qui aiment, plus son joug apparemment lourd devient léger pour nous.

Prions-le de nous aider à devenir avec Lui des personnes qui aiment, pour ressentir ainsi toujours davantage comme il est beau de porter son joug. Amen.



mardi 12 juin 2018

Coeur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs, aie pitié de nous


Du Cardinal Raymond Leo Burke, le lundi de Pentecôte en la cathédrale de Chartres

~ Par la prière et la pénitence, quintessence du pèlerinage, nous recevons la grâce de connaître plus profondément et d’embrasser plus entièrement la Foi, notre vie dans le Christ, et de faire réparation pour ce qui a été contraire à cette vertu en nos vies personnelles et dans le monde.

La grâce de rencontrer Notre-Seigneur au cours du pèlerinage est, en même temps celle de rencontrer nos frères et sœurs en Lui, dans Son Corps Mystique, l’Église. Lors d’un pèlerinage, nous devenons plus profondément conscients de notre communion fraternelle dans le Seigneur. Nous offrons notre prière et notre pénitence pour notre prochain qui marche à notre côté, pour ceux qui nous ont confié des intentions et pour le salut du monde.

En faisant le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté pendant cette année du centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima au Portugal, nous entendons, d’une façon particulière, l’appel de son Cœur Immaculé. Elle nous y accompagne, plaçant nos propres cœurs près du sien, pour nous permettre de les placer totalement, unis avec son Cœur Immaculé, dans le glorieux Cœur transpercé de Jésus, son Fils Divin. Comme elle l’a fait avec les sommeliers en détresse des noces de Cana, la Vierge Marie nous mène au Christ, nous qui subissons tant de tentations et privations dans le monde, par ce conseil maternel : « faites tout ce qu’il vous dit ».

À Fatima, la Mère de Dieu, donnée à chacun de nous comme notre Mère par son divin Fils au moment de sa mort sur la Croix, nous avertit aussi bien des punitions physiques associées à la désobéissance de l’homme envers Dieu, que des punitions spirituelles infiniment plus horribles, la mort éternelle en fin de compte, qui est le résultat du péché grave. Par ses petits messagers, les saints bergers Francisco et Jacinta Marto et la Servante de Dieu Lucia dos Santos, la Sainte Vierge nous enseigne encore une fois que seule la Foi qui place, par la médiation de son Cœur Immaculé, l’homme dans la relation d’unité de cœur avec le Sacré-Cœur de Jésus, peut sauver l’homme des punitions que la rébellion contre Dieu apporte nécessairement tant aux pécheurs, à l’ensemble de la société et qu’à l’Eglise.

La Mère de la Grâce Divine nous presse et nous assiste par ses prières, nous garantissant du triomphe de la Foi, de celui de son Cœur Immaculé, qui mettra fin aux temps d’apostasie et aux grands défauts des pasteurs de l’Eglise. En ces temps troublés pour le monde et pour l’Eglise, prions particulièrement, par l’intercession de Notre Dame de Fatima, pour une nouvelle évangélisation dans l’Eglise et dans le monde, pour que les vérités de la Foi puissent s’étendre jusqu’aux confins de la terre et dans les profondeurs de chaque cœur humain.

Prions fidèlement le saint rosaire pour la restauration dans la société et dans l’Eglise de l’ordre juste en accord avec la Loi Divine. Imitons nos frères et sœurs dans la Foi qui, en 1571, avant la menace d’une invasion islamique de l’Europe, ont prié le saint rosaire, sur les conseils du saint pape Pie V. Par l’intercession de la Sainte Vierge Marie, le 7 octobre de cette même année, Dieu accorda à la Chrétienté la miraculeuse victoire de la bataille de Lépante. A partir de cet événement, l’Eglise commença à célébrer fidèlement le jour du 7 octobre comme fête de Notre-Dame des Victoires, devenant plus tard la solennité de Notre-Dame du Saint Rosaire. A nous aussi, par l’intercession de Notre Dame de Fatima, Notre Dame du Rosaire, Dieu accordera la victoire sur Satan, « meurtrier depuis le commencement », « menteur et père du mensonge » et sur ses cohortes qui veulent détruire l’Eglise et toute l’humanité

~ Cœur de Jésus, formé par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie, ayez pitié de nous.
Notre Dame de Fatima, Reine du très saint Rosaire, priez pour nous.
Saint Joseph, Protecteur de la sainte Eglise, priez pour nous.





samedi 9 juin 2018

Cœur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs, priez pour nous




Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu inconnu »

O bienheureuse Vierge, la Mère du bel amour dont le précieux Cœur a été entre les pures créatures le cœur le plus aimé, le plus aimant et le plus aimable qui fut jamais.

O la Reine de tous les divins amants, prosternés à vos pieds sacrés, le lieu ordinaire de notre refuge, nous vous demandons en toute humilité par les bontés du Cœur adorable de Jésus votre Fils bien aimé, que tous les moments de notre vie soient pleins du pur amour de Dieu seul ; que nous vivions continuellement dans ce pur amour ; que nous y mourions pour être abîmés dans l’amour éternel de la sainte Sion où Dieu seul fera toutes choses en tous.

Anges du pur amour, Saints et Saintes du pur amour, après vous avoir salués avec tous les respects dont la grâce nous rend capables, obtenez-nous le seul amour de Dieu seul, pour la seule gloire de Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité suradorable, la fin aussi bien que le principe de toutes choses.



vendredi 8 juin 2018

Solennité du Sacré-Coeur de Jésus, notre Roi

Détail d'une chape, Sacré Coeur de Jésus

De Sa Sainteté le vénérable Pape Pie XII, lettre encyclique Haurietis Aquas


n.28. (…) Nous devons pareillement méditer avec beaucoup d'amour les battements de son très saint Cœur, dont il a comme mesuré le temps de son passage sur cette terre jusqu'au moment suprême où, au témoignage des Évangélistes, " poussant un grand cri, il dit : " Tout est consommé. " Et ayant incliné la tête, il rendit l'esprit ".

Alors, son Cœur s'arrêta et cessa de battre et son amour sensible fut suspendu jusqu'au jour où, triomphant de la mort, le Christ ressuscita du tombeau. Depuis que son Corps, revêtu de l'état de gloire éternelle, s'est réuni à l'âme du divin Rédempteur vainqueur de la mort, son Cœur très saint n'a jamais cessé et ne cessera de battre d'un mouvement paisible et imperturbable. Il ne cessera jamais pareillement de signifier le triple amour qui lie le Fils de Dieu à son Père céleste et à toute la communauté des hommes, dont il est de plein droit le Chef mystique.

n.29. Maintenant, Vénérables Frères, afin de recueillir des pieuses considérations que Nous venons de faire des fruits abondants et salutaires, il convient de méditer un moment sur les nombreuses manifestations d'affections divines et humaines de notre Sauveur Jésus‑Christ et de les contempler, affections que son Cœur a exprimées pendant sa vie mortelle, qu'il exprime maintenant et qu'il exprimera pendant toute l'éternité. Des pages de l'Évangile, tout particulièrement, nous vient une lumière qui nous éclaire et nous réconforte pour nous permettre de pénétrer dans le sanctuaire de ce divin Cœur et d'admirer avec l'Apôtre des gentils " l'infinie richesse de la grâce (de Dieu) par sa bonté envers nous en Jésus‑Christ ".

n.30. C'est un amour à la fois humain et divin qui habite le Cœur de Jésus‑Christ, après que la Vierge Marie eut prononcé son " Fiat " magnanime et que le Verbe de Dieu, selon les paroles de l'Apôtre : " dit en entrant dans le monde : Vous n'avez voulu ni sacrifice ni oblation, mais vous m'avez formé un corps ; vous n'avez agréé ni holocauste ni sacrifices pour le péché. Alors j'ai dit : " Me voici (car il est question de moi dans le rouleau du livre), je viens, ô Dieu, pour faire votre volonté... C'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l'oblation que Jésus‑Christ a faite, une fois pour toutes, de son propre corps. "

Il était animé du même amour, en parfaite harmonie avec les désirs de sa volonté humaine et l'amour divin, lorsque dans la maison de Nazareth il s'entretenait des choses divines avec sa très douce Mère et Joseph, son père putatif, qu'il secondait laborieusement et avec obéissance dans son métier de charpentier.

Et il était animé de ce triple amour dont Nous avons parlé dans ses continuelles courses apostoliques ; dans les innombrables miracles qu'il accomplissait, ressuscitant les morts ou guérissant des maladies de toutes sortes ; dans ses travaux épuisants ; dans la sueur, la faim, la soif ; dans les veilles au cours desquelles il priait avec beaucoup d'amour son Père céleste ; dans les prières qu'il faisait, dans les paraboles qu'il proposait et expliquait ; dans celles, particulièrement, qui ont trait à la miséricorde, celle de la drachme perdue, de la brebis égarée et du fils prodigue ; c'est dans ces actes et ces paroles, comme le dit saint Grégoire le Grand, que se manifeste le Cœur même de Dieu : " Apprends à connaître le Cœur de Dieu par les paroles de Dieu, afin que tu aspires plus ardemment aux choses éternelles. "


mardi 5 juin 2018

Une vie eucharistique

Saint Jean XXIII célébrant la Messe

Du saint Pape Jean XXIII, le 9 décembre 1962. Homélie pour la canonisation des Saints Pierre-Julien Eymard, Antonio-Maria Pucci et Francesco da Camprosso

Vie eucharistique avant tout, car la sainte Eucharistie est la source et l'aliment de toute sainteté. Notre Prédécesseur saint Léon le Grand disait : La participation au Corps et au Sang du Christ n'a pas d'autre effet que de nous transformer en Celui que nous recevons (Sermon LXIII 7).

Cette transformation progressive en la vie-même du divin Sauveur, oh ! combien elle est visible dans l'admirable développement des vertus des saints canonisés aujourd'hui.

Et quels rapports d'intimité particulière avec Jésus Eucharistie ne découvre-t-on pas dans leurs ascensions ! Le nom de Pierre-Julien Eymard suffit pour dévoiler à nos yeux les splendides triomphes eucharistiques auxquels, malgré des épreuves et des difficultés en tout genre, il voulut consacrer sa vie, qui se prolongea au sein de la famille fondée par lui. Ce petit enfant de cinq ans qu'on trouva sur l'autel, le front appuyé à la petite porte du tabernacle, c'est le même qui, en son temps, fondera la Société des Prêtres du Saint-Sacrement, ainsi que les Servantes du Saint-Sacrement, et fera rayonner en d'innombrables phalanges de Prêtres-Adorateurs son amour et sa tendresse pour le Christ vivant dans l'Eucharistie.



dimanche 3 juin 2018

Solennité de la Fête-Dieu : "Les choses saintes aux saints !" (divine liturgie de S. Jean Chrysostome)

Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II

Extraits de la lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia vivit du Saint Pape Jean Paul II

n.36.  La communion invisible, tout en étant par nature toujours en croissance, suppose la vie de la grâce, par laquelle nous sommes rendus « participants de la nature divine » (2 P 1, 4), et la pratique des vertus de foi, d’espérance et de charité. En effet, c’est seulement ainsi que s’établit une vraie communion avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. La foi ne suffit pas; il convient aussi de persévérer dans la grâce sanctifiante et dans la charité, en demeurant au sein de l’Église « de corps » et « de cœur »; il faut donc, pour le dire avec les paroles de saint Paul, « la foi opérant par la charité » (Ga 5, 6).

Le respect de la totalité des liens invisibles est un devoir moral strict pour le chrétien qui veut participer pleinement à l’Eucharistie en communiant au corps et au sang du Christ. Le même Apôtre rappelle ce devoir au fidèle par l’avertissement: « Que chacun, donc, s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe » (1 Co 11, 28). Avec toute la force de son éloquence, saint Jean Chrysostome exhortait les fidèles: « Moi aussi, j’élève la voix, je supplie, je prie et je vous supplie de ne pas vous approcher de cette table sainte avec une conscience souillée et corrompue. Une telle attitude en effet ne s’appellera jamais communion, même si nous recevions mille fois le corps du Seigneur, mais plutôt condamnation, tourment et accroissement des châtiments ».

Dans cette même perspective, le Catéchisme de l’Église catholique établit à juste titre: « Celui qui est conscient d’un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d’accéder à la communion ».

Je désire donc redire que demeure et demeurera toujours valable dans l’Église la norme par laquelle le Concile de Trente a appliqué concrètement la sévère admonition de l’Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l’Eucharistie, « si quelqu’un est conscient d’être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés ».

n.37.  L’Eucharistie et la Pénitence sont deux sacrements intimement liés. Si l’Eucharistie rend présent le Sacrifice rédempteur de la Croix, le perpétuant sacramentellement, cela signifie que, de ce Sacrement, découle une exigence continuelle de conversion, de réponse personnelle à l’exhortation adressée par saint Paul aux chrétiens de Corinthe: « Au nom du Christ, nous vous le demandons: laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).

Si le chrétien a sur la conscience le poids d’un péché grave, l’itinéraire de pénitence, à travers le sacrement de la Réconciliation, devient le passage obligé pour accéder à la pleine participation au Sacrifice eucharistique.

Évidemment, le jugement sur l’état de grâce appartient au seul intéressé, puisqu’il s’agit d’un jugement de conscience. Toutefois, en cas de comportement extérieur gravement, manifestement et durablement contraire à la norme morale, l’Église, dans son souci pastoral du bon ordre communautaire et par respect pour le Sacrement, ne peut pas ne pas se sentir concernée.

Cette situation de contradiction morale manifeste est traitée par la norme du Code de Droit canonique sur la non-admission à la communion eucharistique de ceux qui « persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste ».


Du livre de l’Exode (chap. 20, 1…17) :
Alors Dieu prononça toutes les paroles que voici :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.
Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.
Tu ne feras aucune idole.
…Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu.
…Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage. 
…Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
Tu ne commettras pas de meurtre.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne commettras pas de vol.
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni … rien de ce qui lui appartient. »

De l’Epître de Saint Paul, aux Romains (chap. 7, 2-3) :
Ainsi, la femme mariée est liée par la loi à son mari s’il est vivant ; mais si le mari est mort, elle est dégagée de la loi du mari.
Donc, du vivant de son mari, on la traitera d’adultère si elle appartient à un autre homme ; mais si le mari est mort, elle est libre à l’égard de la loi, si bien qu’elle ne sera pas adultère en appartenant à un autre.

De l’Apocalypse de Saint Jean (chap. 22, 10-16) :
Puis Jésus me dit : « ~ Le temps est proche, en effet. Que celui qui fait le mal fasse encore le mal, et que l’homme sali se salisse encore ; que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore. Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait.
Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville.
Dehors les chiens, les sorciers, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres, et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge !
Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. »



jeudi 31 mai 2018

Fête de la Visitation du Seigneur



Quelle est celle-ci, qui s'avance belle comme l'aurore à son lever, terrible comme une armée rangée en bataille (Cant. VI, 9.? Ô Marie, c'est aujourd'hui que, pour la première fois, votre douce clarté réjouit la terre. Vous portez en vous le Soleil de justice ; et sa lumière naissante frappant le sommet des monts, tandis que la plaine est encore dans la nuit, atteint d'abord le Précurseur illustre dont il est dit qu'entre les fils des femmes il n'est point de plus grand. Bientôt l'astre divin, montant toujours, inondera de ses feux les plus humbles vallées. Mais que de grâce en ces premiers rayons qui s'échappent de la nuée sous laquelle il se cache encore ! Car vous êtes, Ô Marie, la nuée légère, espoir du monde, terreur de l'enfer (III Reg. XVIII, 44 ; Isai. XIX, 1.) ; en sa céleste transparence, contemplant de loin les mystères de ce jour, Elie le père des prophètes et Isaïe leur prince découvrirent tous deux le Seigneur. Ils vous voyaient hâtant votre course au-dessus des montagnes, et ils bénissaient Dieu ; car, dit l'Esprit-Saint, lorsque l'hiver a enchaîné les névés, desséché les vallées, brûlé les montagnes, le remède à tout est dans la hâte de la nuée (Eccli. XLIII, 21-24.).

Hâtez-vous donc, Ô Marie ! Venez à nous tous, et que ce ne soient plus seulement les montagnes qui ressentent les bienfaits de votre sereine influence : abaissez-vous jusqu'aux régions sans gloire où la plus grande partie du genre humain végète, impuissante à s'élever sur les hauteurs ; que jusque dans les abîmes de perversité les plus voisins du gouffre infernal, votre visite fasse pénétrer la lumière du salut. Oh ! puissions-nous, des prisons du péché, de la plaine où s'agite le vulgaire, être entraînés à votre suite ! Ils sont si beaux vos pas dans nos humbles sentiers (Cant. VII, 1.), ils sont si suaves les parfums dont vous enivrez aujourd'hui la terre (Ibid. I, 5.! Vous n'étiez point connue, vous-même vous ignoriez, Ô la plus belle des filles d'Adam, jusqu'à cette première sortie qui vous amène vers nos pauvres demeures (Ibid, 7.et manifeste votre puissance. Le désert, embaumé soudain des senteurs du ciel, acclame au passage, non plus l'arche des figures, mais la litière du vrai Salomon, en ces jours mêmes qui sont les jours des noces sublimes qu'a voulu contracter son amour (Ibid. III, 6-11.). Quoi d'étonnant si d'une course rapide elle franchit les montagnes, portant l'Epoux qui s'élance comme un géant de sommets en sommets (Psalm. XVIII, 6-7.) ?

Vous n'êtes pas, Ô Marie, celle qui nous est montrée dans le divin Cantique hésitante à l'action malgré le céleste appel, inconsidérément éprise du mystique repos au point de le placer ailleurs que dans le bon plaisir absolu du Bien-Aimé. Ce n'est point vous qui, à la voix de l'Epoux, ferez difficulté de reprendre pour lui les vêtements du travail, d'exposer tant qu'il le voudra vos pieds sans tache à la poussière des chemins de ce monde (Cant. V, 2-10.). Bien plutôt : à peine s'est-il donné à vous dans une mesure qui ne sera connue d'aucune autre, que, vous gardant de rester absorbée dans la jouissance égoïste de son amour, vous-même l'invitez à commencer aussitôt le grand œuvre qui l'a fait descendre du ciel en terre : "Venez, mon bien-aimé, sortons aux champs, levons-nous dès le matin pour voir si la vigne a fleuri, pour hâter l'éclosion des fruits du salut dans les âmes ; c'est là que je veux être à vous." (Cant. VII, 10-13.).

Et, appuyée sur lui, non moins que lui sur vous-même, sans rien perdre pour cela des délices du ciel, vous traversez notre désert (Ibid. VIII, 5.; et la Trinité sainte perçoit, entre cette mère et son fils, des accords inconnus jusque-là pour elle-même ; et les amis de l'Epoux, entendant votre voix si douce (Ibid. 13.), ont, eux aussi, compris son amour et partagé vos joies. Avec lui, avec vous, de siècle en siècle, elles seront nombreuses les âmes qui, douées de l'agilité de la biche et du faon mystérieux, fuiront les vallées et gagneront les montagnes où brûle sans fin le pur parfum des cieux (Ibid. 14.).

Bénissez, Ô Marie, ceux que séduit ainsi la meilleure part. Protégez le saint Ordre qui se fait gloire d'honorer spécialement le mystère de votre Visitation ; fidèle à l'esprit de ses illustres fondateurs, il ne cesse point de justifier son titre, en embaumant l'Eglise de la terre de ces mêmes parfums d'humilité, de douceur, de prière cachée, qui furent pour les anges le principal attrait de ce grand jour, il y a dix-huit siècles. Enfin, ô Notre-Dame, n'oubliez point les rangs pressés de ceux que la grâce suscite, plus nombreux que jamais en nos temps, pour marcher sur vos traces à la recherche miséricordieuse de toutes les misères ; apprenez-leur comment on peut, sans quitter Dieu, se donner au prochain : pour le plus grand honneur de ce Dieu très-haut et le bonheur de l'homme, multipliez ici-bas vos fidèles copies. Que tous enfin, vous ayant suivie en la mesure et la manière voulues par Celui qui divise ses dons à chacun comme il veut (I Cor. XII, 11.), nous nous retrouvions dans la patrie pour chanter d'une seule voix avec vous le Magnificat éternel !