dimanche 9 décembre 2018

2e dimanche de l'Avent



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique, 2e semaine de l’Avent

L’Épouse se prépare. Le Seigneur vient dans sa ville de Jérusalem. Jérusalem, la ville et en même temps l’épouse du grand Roi, se pare et s’apprête à le recevoir solennellement. C’est le second message de l’Avent ; c’en est en même temps le progrès et le développement.

L’Église. — Le Sauveur raconta un jour une parabole singulière. Un homme trouva, dans le champ qu’il avait loué, un grand trésor ; il s’en alla alors rapidement, rassembla tout son avoir, afin d’acheter le champ et d’entrer ainsi en possession du trésor. Le Seigneur raconte encore une parabole semblable à la première. Un marchand eut connaissance d’une perle grosse et rare ; il vendit tout ce qu’il possédait, afin d’acquérir la perle

Je comparerais volontiers les paraboles du Seigneur à des noix ; elles ont souvent une écorce rude et grise, sans apparence et dure ; mais elles ont un noyau délicieux qui reste intact pendant tous les siècles. Quand on sait briser ces noix, on a la révélation d’un grand et profond mystère du royaume de Dieu. Combien de fois, au cours des dernières années, avons-nous pensé à cette double parabole ! Il nous est arrivé ce qui arriva au cultivateur et au marchand. Nous avons trouvé un grand trésor. Nous osons le dire avec une sainte fierté. Devons nous répandre ce trésor devant le monde ? C’est un grand coffre rempli d’or et de pierres précieuses. 

Qu’y trouvons-nous ? La messe, l’année liturgique, la Bible, le Christ, l’Église, la vie divine ; bref, la vie dans l’Église. Tels sont les trésors que nous avons déterrés. Que les pharisiens n’aillent pas nous dire : Oh ! il y a longtemps que tout cela existait. Non, cela n’existait pas, cela était oublié. Et vous qui parlez ainsi, vous n’avez pas encore découvert le trésor. Réjouissons-nous, ce sera là une grande partie de notre joie de l’Avent, réjouissons-nous d’avoir trouvé le trésor. Aujourd’hui est le jour d’honneur de l’Église, de notre Mère l’Église. Allons à sa rencontre et disons-lui : O Mère, nous ne faisons que commencer à te connaître. Tu es notre royaume de Dieu, tu es le corps du Christ ; c’est toi qui nous donnes ce que nous avons de plus grand, la vie divine ; tu es plus que notre mère selon la chair, tu es notre Mère, celle qui a enfanté en nous la vie divine. Et la promesse que nous t’apportons, en ce jour qui est ton jour d’honneur, est celle-ci : nous voulons vivre avec l’Église.



samedi 8 décembre 2018

Solennité de l'Immaculée Conception



O Marie, Mère immaculée de Jésus et notre Mère, ravis par la splendeur de votre céleste beauté et pressés par les angoisses de ce temps, nous nous jetons dans vos bras, certains de trouver dans votre Cœur très aimant le repos de nos ferventes aspirations et le refuge assuré dans les tempêtes qui de toutes parts nous assaillent.
Nous sommes accablés sous nos fautes et succombons sous le poids d’infinies misères, et pourtant nous admirons et chantons l’incomparable richesse des dons sublimes dont Dieu vous a comblée plus que toute autre créature, depuis le premier instant de votre Conception jusqu’au jour où, élevée au Ciel, Il vous a couronnée Reine de l’univers.
O limpide Source de foi, abreuvez nos esprits des vérités éternelles !
O Lis odorant de toute sainteté, captivez nos cœurs par votre céleste parfum !
O Triomphatrice du mal et de la mort, inspirez-nous une profonde horreur pour le péché qui rend l’âme abominable à Dieu et esclave de l’enfer !
Ecoutez, ô Bien-Aimée de Dieu, le cri fervent qui s’élève de chaque cœur fidèle (…).
Penchez-vous sur nos plaies douloureuses. 
Changez le cœur des méchants, séchez les larmes des affligés et des opprimés, réconfortez les pauvres et les petits, éteignez les haines, adoucissez la dureté des mœurs, gardez à la jeunesse sa fleur de pureté, protégez la Sainte Eglise, faites que tous les hommes ressentent l’attrait de la bonté chrétienne.
Qu’en votre nom, qui retentit harmonieusement dans les Cieux, les hommes se reconnaissent frères et les nations membres d’une seule famille, sur laquelle resplendisse le soleil d’une paix sincère et universelle.
Accueillez, ô très douce Mère, nos humbles prières, et obtenez-nous par-dessus tout de pouvoir un jour, partageant votre bonheur, redire devant votre trône, l’hymne qui monte aujourd’hui sur la terre autour de vos autels : « Vous êtes toute belle, ô Marie ! Vous êtes la gloire, la joie, l’honneur de notre peuple. » Ainsi soit-il.

vénérable Pie XII, pp



jeudi 6 décembre 2018

Saint Nicolas de Myre


Prière pour les enfants et pour tout le peuple chrétien

Saint Père et Pontife Nicolas, vous nous enseignez la douceur et l’humilité du Christ notre Dieu ; vous Lui présentez nos prières, nos supplications et nos chants de gratitude. Par votre vie, vous nous donnez l’exemple d’un vrai disciple de Jésus Christ, en proclamant la vérité de Dieu et en vous montrant tendre et compatissant avec tous, riches et pauvres. Vous êtes aussi, par votre puissante prière, celui qui protège, qui garde les enfants et les inspire pour tout ce qui est bien, bon et beau.
En ce jour et à cette heure, nous vous prions pour les enfants du monde entier, ceux qui connaissent Dieu et ceux qui ne le connaissent pas encore, en particulier pour… (les nommer).
Nous te prions également pour nos évêques…, pour nos prêtres…, pour nos diacres…, pour notre Roi… , pour nos parents… , pour nos parrains…, et pour tous nos frères dans la vraie foi.

Nous vous prions pour nous-mêmes… (si l’on a quelque intention particulière on la cite ici).

Et nous vous prions enfin pour tous ceux qui se sont endormis dans la foi, en premier lieu pour les membres de notre famille, et pour tous les défunts du monde entier.
Saint Père Nicolas, glorifiez et priez avec nous le Père, le Fils et le Saint-Esprit, unique et seul Dieu, Trinité dans l’Unité, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


mardi 4 décembre 2018

Hymne de l'Avent




Salus aeterna indeficiens mundi vita,
Lux sempiterna et redemptio vera nostra,
Condolens humana perire saecula
per tentantis numina,
Non linquens excelsa,
adisti ima propria clementia.
Salut éternel, inépuisable vie du monde,
Lumière perpétuelle et notre vraie rédemption,
Emu de pitié devant la perte de la race humaine
Par les idoles du tentateur,
sans abandonner les hauteurs
Tu t’es approché du plus bas par la clémence qui t’es propre.

Mox tua spontanea gratia assumens humana,
Quae fuerant perdita omnia salvasti terrea,
Ferens mundo gaudia.
Bientôt par l’élan de ta grâce, assumant l’humanité,
Tu as sauvé tout ce qui était perdu sur la terre,
En apportant la joie au monde.

Tu animas et corpora
Nostra Christe, expia
Ut possideas lucida
Nosmet habitacula.
Toi, ô Christ ! purifie nos âmes et nos corps
Afin de posséder en nous-mêmes
De resplendissantes demeures.

Adventu primo justifica,
In secundo nosque libera,
Ut cum, facta luce magna, judicabis omnia,
Compti stola incorrupta,
Nosmet tua subsequamur
Mox vestigia quocumque visa. Amen.
Au premier Avent, justifie-nous,
Au second, délivre-nous,
Afin qu’au jour de la grande lumière, où tu jugeras l’univers,
Ornés de la robe inaltérable,
Nous marchions sur tes traces, partout où nous les verrons. Amen.



dimanche 2 décembre 2018

1er dimanche de l'Avent

Benoît XVI, homélie des premières vêpres de l’Avent 2008

Chers frères et sœurs ;

Avec cette liturgie des vêpres, nous commençons l’itinéraire d’une nouvelle année liturgique, en entrant dans le premier des temps qui la composent : l’Avent. Dans la lecture biblique que nous venons d’écouter, tirée de la Première Lettre aux Thessaloniciens, l’apôtre Paul utilise précisément ce terme : “venue”, qui en grec se dit “parusia” et en latin “adventus” (1 Ts 5, 23). Selon la tradition commune de ce texte, Paul exhorte les chrétiens de Thessalonique à demeurer irrépréhensibles “pour la venue” du Seigneur. Mais dans le texte original on lit “dans la venue” , comme si l’avent du Seigneur était, plus qu’un point du temps dans l’avenir, un lieu spirituel où cheminer déjà dans le présent, pendant l’attente, et au sein duquel être justement parfaitement gardés dans toutes nos dimensions personnelles. En effet, c’est précisément cela que nous vivons dans la liturgie : en célébrant les temps liturgiques, nous actualisons le mystère – dans ce cas-là, la venue du Seigneur – de manière à pouvoir, pour ainsi dire, “cheminer en elle” vers sa pleine réalisation, à la fin des temps, mais en puisant déjà sa vertu sanctificatrice, étant donné que les temps derniers ont déjà commencé avec la mort et la résurrection du Christ.

Le terme qui résume cet état particulier, où l’on attend quelque chose qui doit arriver, mais que dans le même temps l’on entrevoit et l’on pressent, est “espérance”. L’Avent est par excellence la saison spirituelle de l’espérance, et en lui, l’Eglise tout entière est appelée à devenir espérance, pour elle-même et pour le monde. Tout l’organisme spirituel du Corps mystique assume, pour ainsi dire, la “couleur” de l’espérance. Tout le peuple de Dieu se remet en chemin attiré par ce mystère : que notre Dieu est “le Dieu qui vient” et qui appelle à aller à sa rencontre. De quelle manière ? Tout d’abord sous cette forme universelle de l’espérance et de l’attente qui est la prière, qui trouve son expression éminente dans les Psaumes, paroles humaines à travers lesquelles Dieu lui-même a placé et place continuellement sur les lèvres et dans le cœur des croyants l’invocation de sa venue. Arrêtons-nous donc quelques instants sur les deux Psaumes sur lesquels nous venons de prier et qui se suivent également dans le Livre biblique : le 141 et le 142, selon la numérotation juive.
 
“Seigneur, je t’appelle : accours vers moi ! / Ecoute mon appel quand je crie vers toi ! / Que ma prière devant toi s’élève comme un encens, / et mes mains comme l’offrande du soir” (Ps 141, 1-2). C’est ainsi que commence le premier psaume des premières vêpres de la première semaine du Psautier : des paroles qui, au début de l’Avent, prennent une nouvelle “couleur”, parce que l’Esprit Saint les fait résonner en nous toujours à nouveau, dans l’Eglise en chemin entre le temps de Dieu et le temps des hommes. “Seigneur… accours vers moi” (v. 1). C’est le cri d’une personne qui se sent en grave danger, mais c’est aussi le cri de l’Eglise parmi les multiples pièges qui l’entourent, qui menacent sa sainteté, cette intégrité irrépréhensible dont parle l’apôtre Paul, qui doit en revanche être conservée pour la venue du Seigneur. Et dans cette invocation résonne également le cri de tous les justes, de tous ceux qui veulent résister au mal, aux séductions d’un bien-être inique, de plaisirs qui offensent la dignité humaine et la condition des pauvres. Au début de l’Avent, la liturgie de l’Eglise fait à nouveau sien ce cri, et elle l’élève à Dieu “comme un encens” (v. 2). L’offrande des Vêpres de l’encens est en effet le symbole de la prière, de l’effusion des cœurs tournés vers Dieu, vers le Très-Haut, ainsi que “les mains que j’élève, en offrande du soir” (v. 2). Dans l’Eglise, l’on n’offre plus de sacrifices matériels, comme cela advenait également dans le temple de Jérusalem, mais on élève l’offrande spirituelle de la prière, en union avec celle de Jésus Christ, qui est dans le même temps Sacrifice et Prêtre de l’Alliance nouvelle et éternelle. Dans le cri du Corps mystique, nous reconnaissons la voix même de la Tête : le Fils de Dieu qui s’est chargé de nos épreuves et de nos tentations, pour nous donner la grâce de sa victoire.

Cette identification du Christ avec le Psalmiste est particulièrement évidente dans le deuxième Psaume (142). Ici, chaque parole, chaque invocation fait penser à Jésus dans la passion, en particulier à sa prière au Père sur le Gethsémani. Lors de sa première venue, à travers l’incarnation, le Fils de Dieu a voulu partager pleinement notre condition humaine. Naturellement, il n’a pas partagé le péché, mais pour notre salut il en a souffert toutes les conséquences. En priant le Psaume 142, l’Eglise revit chaque fois la grâce de cette compassion, de cette “venue” du Fils de Dieu dans l’angoisse humaine jusqu’à en toucher le fond. Le cri d’espérance de l’Avent exprime alors, dès le début et de la manière la plus forte, toute la gravité de notre état, notre besoin extrême de salut. Comme pour dire : nous attendons le Seigneur non à la manière d’une belle décoration sur un monde déjà sauvé, mais comme unique voie de libération d’un danger mortel. Et nous savons que Lui-même, le Libérateur, a dû souffrir et mourir pour nous faire sortir de cette prison (cf. v. 8).

Ces deux Psaumes nous mettent, pour ainsi dire, à l’abri de toute tentation d’évasion et de fuite de la réalité ; ils nous préservent d’une fausse espérance, qui consisterait à entrer dans l’Avent et aller vers Noël en oubliant le caractère dramatique de notre existence personnelle et collective. En effet, une espérance fiable, qui ne soit pas trompeuse, ne peut qu’être une espérance “pascale”, comme nous le rappelle chaque samedi soir le cantique de la Lettre aux Philippiens, avec laquelle nous louons le Christ incarné, crucifié, ressuscité et Seigneur universel. Tournons vers Lui notre regard et notre cœur, en union spirituelle avec la Vierge Marie, Notre Dame de l’Avent. Plaçons notre main dans la sienne et entrons avec joie dans ce nouveau temps de grâce que Dieu offre à son Eglise, pour le bien de l’humanité tout entière. Comme Marie et avec son aide maternelle, soyons dociles à l’action de l’Esprit Saint, pour que le Dieu de la paix nous sanctifie pleinement, et que l’Eglise devienne signe et instrument d’espérance pour tous les hommes. Amen !


vendredi 30 novembre 2018

Se préparer au saint temps de l'Avent et à Noël


 Entamons le périple vers la Fête de la Nativité d'un cœur joyeux !

Ne jeûnons pas seulement de nourriture, mais aussi de haine et de peur.

Apportons bonté et gentillesse à tous.

Pardonnons. Soyons généreux.

En toutes choses, rendons grâce à Dieu !





mardi 27 novembre 2018

En l'honneur des apparitions de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse à Sainte Catherine Labouré

Le 27 novembre, à cinq heures et demie, heure d’oraison pour la communauté, la Vierge Marie de nouveau se manifeste à Sœur Catherine agenouillée dans la chapelle parmi ses compagnes. Elle lui apparaît à droite, dans le chœur de la Chapelle, là où se trouve actuellement l’autel de la Vierge au Globe.

Dressée sur le globe terrestre, le pied écrasant le serpent, Marie tient dans ses mains, à hauteur de poitrine, surmonté d’une croix, un globe plus réduit, qu’elle offre à Dieu dans un geste implorant. Les traits graves de son visage, durant la vision, s’illuminent de clartés radieuses, surtout à l’instant de sa prière. Sœur Catherine s’entend dire en elle : «Ce globe que vous voyez représente le monde entier, particulièrement la France, et chaque personne en particulier».

Tout à coup, les doigts de la Vierge se comblent d’anneaux et de pierreries magnifiques ; les rayons qui en jaillissent brillent tout autour et illuminent sa personne. Dans le récit qu’a écrit Sœur Catherine sur l’ordre de son confesseur, nous lisons : «Les pierreries étaient plus belles les unes que les autres, les unes plus grosses, les autres plus petites jetaient des rayons plus beaux les uns que les autres et toujours en s’élargissant en bas». Comme la Sœur contemple la vision, la Vierge abaisse les yeux sur elle et la même voix intérieure lui dit : «Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent».

Il se forme alors autour de la Vierge un tableau ovale, sur lequel est écrit en lettres d’or : «Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !»Bientôt, chargées des grâces que symbolisent les rayons, les mains de Marie s’abaissent et s’étendent, comme sur la Médaille ; puis une voix se fait entendre : «Faites frapper une Médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour les personnes qui auront confiance».

Ainsi, après avoir offert le monde à Dieu, la Vierge tend aux humains ses mains rayonnantes. A cet instant, elle fait comprendre à sa messagère «combien elle est généreuse envers les personnes qui la prient ; que de grâces elle accorde aux personnes qui les lui demandent ; quelle joie elle éprouve en les accordant !». Enfin Sœur Catherine ajoute que quelques‑unes des pierres précieuses fixées aux doigts de la Vierge, ne donnent aucun rayon ; comme elle s’en étonne, une voix intérieure lui dit : «Ces pierreries, qui restent dans l’ombre, figurent les grâces qu’on oublie de me demander».

Bientôt, le tableau se retourne, et la Sœur voit au revers la lettre M surmontée d’une croix, et au‑dessous du monogramme de Marie, deux cœurs, l’un entouré d’épines, le second transpercé d’un glaive. Les notes de la voyante ne mentionnent pas les douze étoiles que l’on voit toujours autour du monogramme de Marie. Mais ce détail a été attesté par Sainte Catherine un peu plus tard. Comme elle se demande un jour, pendant sa méditation, ce qu’il faut graver au revers de la Médaille, la Vierge lui répond : «Le M avec la Croix et les deux Cœurs en disent assez».

Dans le courant de décembre, elle a une nouvelle apparition très semblable à celle du 27 novembre, et au même moment, pendant l’oraison du soir : la messagère choisie par l’Immaculée reçoit de nouveau l’ordre de faire frapper la Médaille par l’entremise de son confesseur, le prudent Père Aladel. Ce sera quand même fait en 1832 avec la permission de l’archevêque de Paris, Monseigneur de Quélen.

Symbole suffisamment clair, cette Médaille nous rappelle que nous sommes des chrétiens rachetés par un Dieu crucifié en face de sa mère douloureuse ; que nous sommes les enfants d’un Dieu qui nous aime, qui nous donne son cœur et qui demande en retour le nôtre pour étendre son royaume d’amour et de paix parmi les hommes, et en priorité parmi les plus souffrants, comme va le faire Sœur Catherine. Méditons ce langage convaincant de la Médaille ! Elle est un saisissant raccourci de notre foi chrétienne.


dimanche 25 novembre 2018

Solennité du Christ-Roi de l'univers



Cet acte de consécration a été donné par Léon XIII, le 11 juin 1899, et modifié par Pie XI le 17 octobre 1925. A réciter chaque 1er vendredi du mois ainsi que pour la Solennité du Christ-Roi (indulgences accordées par l'Eglise) :



Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous, qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous sommes à vous, nous voulons être à vous ; et afin de pouvoir nous être plus fermement unis, voici qu'en ce jour, chacun de nous se consacre spontanément à votre Sacré-Cœur. Beaucoup ne vous ont jamais connu ; beaucoup ont méprisé vos commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres, et ramenez-les tous à votre Sacré-Cœur.

Seigneur, soyez le roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné ; faîtes qu'ils rentrent bientôt dans la maison paternelle, pour qu'ils ne périssent pas de misère et de faim. Soyez le roi de ceux qui vivent dans l'erreur ou que la discorde a séparés de vous ; ramenez-les au port de la vérité et à l'unité de la foi, afin que bientôt il n'ait plus qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur.

Accordez, Seigneur, à votre Église, une liberté sûre et sans entraves ; accordez à tous les peuples l'ordre et la paix ; faites que d'un côté du monde à l'autre, une seule voix retentisse : « Loué soit le divin cœur qui nous a acquis le salut, à lui gloire et honneur dans tous les siècles ». Amen.


Récitation le jour de la Solennité du Christ-Roi : Indulgence partielle accordée aux conditions habituelles
Récitation publique le jour de la Solennité du Christ-Roi : Indulgence plénière accordée aux conditions habituelles



samedi 24 novembre 2018

Se préparer au jour où nous entrerons dans la Vie éternelle

Du Pape saint Jean XXIII , « Journal de l'âme », juin 1957

« Au soir, donne-nous la lumière. » Seigneur, nous sommes au soir. Je suis dans la soixante-seizième année de cette vie qui est un grand don du Père céleste. Les trois quarts de mes contemporains sont passés sur l'autre rive. Je dois donc, moi aussi, me tenir préparé pour le grand moment. La pensée de la mort ne me donne pas d'inquiétude... Ma santé est excellente et encore robuste, mais je ne dois pas m'y fier ; je veux me tenir prêt à répondre « présent » à tout appel, même inattendu. La vieillesse — qui est aussi un grand don du Seigneur — doit être pour moi un motif de silencieuse joie intérieure et d'abandon quotidien au Seigneur lui-même, vers qui je me tiens tourné comme un enfant vers les bras que lui ouvre son père.

Mon humble et maintenant longue vie s'est déroulée comme un écheveau, sous le signe de la simplicité et de la pureté. Il ne me coûte rien de reconnaître et de répéter que je ne suis et ne vaux qu'un beau néant. Le Seigneur m'a fait naître de pauvres gens et a pensé à tout. Moi, je l'ai laissé faire... Il est bien vrai que « la volonté de Dieu est ma paix ». Et mon espérance est tout entière dans la miséricorde de Jésus...

Je pense que le Seigneur Jésus me réserve, pour ma complète mortification et purification, pour m'admettre à sa joie éternelle, quelque grande peine ou affliction du corps et de l'esprit avant que je ne meure. Eh bien, j'accepte tout et de bon cœur, pourvu que tout serve à sa gloire et au bien de mon âme et de mes chers fils spirituels. Je crains la faiblesse de ma résistance, et je le prie de m'aider, parce que j'ai peu ou pas du tout confiance en moi-même, mais j'ai une confiance totale dans le Seigneur Jésus.

Il y a deux portes au paradis : l'innocence et la pénitence. Qui peut prétendre, pauvre homme fragile, trouver grande ouverte la première ? Mais la seconde aussi est tout à fait sûre. Jésus est passé par celle-là, avec sa croix sur les épaules, en expiation de nos péchés, et il nous invite à le suivre.


mercredi 21 novembre 2018

21 novembre, Présentation de la Vierge Marie au Temple de Jérusalem


Saint Épiphane de Salamine, Homélie n°5


Comment parler ? Quel éloge pourrais-je faire de la Vierge glorieuse et sainte ? Elle surpasse tous les êtres, Dieu seul excepté ; par nature, elle est plus belle que les chérubins, les séraphins et toute l'armée des anges. Ni la langue du ciel, ni celle de la terre, ni même celle des anges ne suffiraient à la louer.

Bienheureuse Vierge, colombe pure, épouse céleste..., temple et trône de la divinité ! Le Christ, soleil resplendissant au ciel et sur terre est à toi. Tu es la nuée lumineuse qui a fait descendre le Christ, lui l'éclair étincelant qui illumine le monde.

Réjouis-toi, comblée de grâce, porte des cieux ; c'est de toi que parle l'auteur du Cantique des Cantiques... quand il s'exclame : « Tu es un jardin clos, ma sœur, mon épouse, un jardin fermé, une source scellée » (4,12)... Sainte Mère de Dieu, brebis immaculée, tu as mis au monde l'Agneau, le Christ, le Verbe incarné en toi... Quelle merveille étonnante dans les cieux : une femme, revêtue du soleil (Ap 12,1), portant en ses bras la lumière !...

Quelle merveille étonnante dans les cieux : le Seigneur des anges, devenu petit enfant de la Vierge. Les anges accusaient Ève ; maintenant ils comblent Marie de gloire car elle a relevé Ève de sa chute et fait entrer aux cieux Adam chassé du Paradis...

Immense est la grâce donnée à cette Vierge sainte. C'est pourquoi Gabriel lui adresse d'abord ce salut : «Réjouis-toi, comblée de grâce», resplendissante comme le ciel.
« Réjouis-toi, comblée de grâce », Vierge ornée de vertus sans nombre...
«Réjouis-toi, comblée de grâce», tu désaltères les assoiffés à la douceur de la source éternelle.

Réjouis-toi, sainte Mère immaculée ; tu as engendré le Christ qui te précède.
Réjouis-toi, pourpre royale ; tu as revêtu le roi du ciel et de la terre.
Réjouis-toi, livre scellé ; tu as donné au monde de lire le Verbe, le Fils du Père.




dimanche 18 novembre 2018

La mort, source de béatitude

Jan van Eyck, le Paradis, la résurrection
des morts et l'Enfer

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Science et pratique du Chrétien », chap. 6

Parmi les grands amants du Fils de Dieu, non seulement on y désire la mort, mais on est dans une certaine douleur de ce qu’elle tarde à venir !
Sainte Thérèse était dans cet état lorsqu’elle chantait si souvent dans un cantique que l’amour de Jésus lui avait inspiré : Je meurs de ce que je ne meurs pas.

Mais les ardeurs du zèle de l’amour de Notre Seigneur qu’avait ce religieux de la Compagnie de Jésus dont il est parlé dans la vie du grand serviteur de Dieu, le Père Balthazar Alvarez, étaient bien admirables puisqu’il protestait qu’il serait mort de douleur s’il avait été assuré de ne pas mourir chaque jour. Ah ! disait ce zélé amant du Fils de Dieu, serait-il bien possible de pouvoir vivre si l’on était certain d’être douze ou vingt-quatre heures sans aimer Jésus parfaitement, et dans l’entière pureté du Divin amour, ce qui n’arrivera dans toute son étendue qu’après la mort ?

(…) Ainsi ces désirs de l’amour consommé se reposent dans Jésus aimé et laissent l’âme parmi ses plus grands efforts, dans une paix toute divine car, étant inspirés par l’Esprit de Dieu, ils sont accompagnés du repos sacré qui le suit ; au contraire de ces désirs qui viennent de l’esprit de la nature et qui laissent le trouble et l’inquiétude.

Cependant, ces grandes âmes qui vivaient dans les feux et les flammes de l’amour de Jésus et qui n’eussent pas voulu ou avancer ou retarder leur mort d’un moment hors de son ordre, quand ce Souverain de toutes choses leur en aurait donné le pouvoir, ne pouvaient pas, sans se tirer de cette conformité, s’empêcher de temps en temps de soupirer après sa bienheureuse vue.

C’est ce qui faisait dire à sainte Thérèse, quand elle entendait sonner l’horloge : Voilà qui va bien, ô la bonne chose, ces heures qui abrègent le temps de ma vie me font approcher plus près de la mort.

J’entendis un jour un homme, qui aspirait beaucoup à l’amour de l’adorable Jésus, dire ces paroles comme on lui demandait à l’ordinaire comment il se portait : Ô que ma santé m’est une grande maladie, puisqu’ elle m’éloigne de la mort et que la maladie me serait une grande santé, puisqu’en me faisant mourir elle me mettrait dans le parfait amour de Jésus.

Là-dessus il témoignait un grand étonnement de la joie que l’on se marque les uns aux autres de la bonne santé, ce qu’il estimait être une désolation sans pareille. Ah ! Dieu, disait-il, encore quelle douceur et quelle consolation dans tous les accès des maladies qui surviennent, puisque ce sont autant de sujets d’espérer que la vie présente pourra bientôt finir.

Mais, ô les agréables nouvelles, quand le médecin assure que la maladie est mortelle et qu’il n y a plus d’apparence que l’on puisse vivre plus longtemps.
O aimable Jésus, que mon âme languisse et se consume du désir de vous voir dans la sainte Sion.
Que mon cœur et ma chair brûlent d’ardeur de vous y aimer éternellement !
Heureux celui qui habite dans votre maison, heureux celui qui a mis en vous seul tout son appui !
O Seigneur, disposez vous-même dans mon cœur les moyens d’avancer vers vous dans cette vallée de larmes et, cependant que mon âme soupire après vous comme le cerf soupire avec ardeur après les sources des eaux.
Que mes larmes deviennent mon pain durant le jour et durant la nuit, jusqu’à ce que je paraisse devant votre face, ô mon Dieu.
Je me suis souvenu de choses et j’ai répandu mon âme en moi, même parce que j’espère entrer jusques dans votre maison où, parmi les chants de louange des saints Anges, je vous bénirai à jamais.
O mon âme donc, pourquoi êtes-vous triste et pourquoi me troublez-vous ?
Espérons en Jésus notre Dieu et notre miséricorde, car nous lui rendrons encore nos actions de grâces, il est le salut et la joie de notre visage, il est notre Dieu.





jeudi 15 novembre 2018

La mort et le jugement particulier

Une âme s'en remet à son Créateur et Sauveur, retable de Perella
De Saint Théophane le Reclus

Maintenant la Sainte Eglise oriente notre attention au-delà des frontières de notre vie présente, à nos pères et frères qui sont partis de cette terre.
L'Eglise espère, en nous rappelant de leur état (auquel nous n'échapperons pas), nous préparer à passer correctement la semaine de la tyrophagie, ainsi que le Grand Carême qui suit.
Ecoutons notre mère l'Eglise, et pour commémorer nos pères et nos frères, prenons soin de nous préparer pour notre passage dans l'autre monde.

Les âmes en Purgatoire, par Rogier van der Weyden,
triptyque du jugement, Beaune
Ayons à l'esprit nos péchés et pleurons-les, décidant à l'avenir de nous garder purs de toute souillure. Car rien d'impur n'entrera dans le Royaume de Dieu, et au jour du jugement, personne d'impur ne sera justifié. Après la mort, tu ne peux pas attendre de purification. Tu resteras comme tu es quand tu traverses.

Tu dois préparer ici ta purification. Hâtons-nous, car qui peut prédire combien de temps on va vivre ? La vie pourrait être coupée à cette heure. Comment pouvons-nous paraître impurs dans l'autre monde ? Avec quels yeux regarderons-nous nos pères et nos frères qui nous rencontrerons ? Comment allons-nous répondre à leurs questions : "Qu'est-ce que cette méchanceté en toi ? Qu'est-ce que ceci ? Et qu'est-ce que cela ?" Quelle honte nous couvrira ! Hâtons-nous de redresser tout ce qui est incorrect, d'arriver au moins quelque peu tolérables et supportables dans l'autre monde.