dimanche 26 mars 2017

4e Dimanche de Carême : Le bruit ou le silence

Moine, grand schème, méditant la Passion qu'il porte
sur son habit par la grâce d'une consécration particulière.
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le Règne de Dieu en l’oraison mentale », livre II


On entend que bruits, tumulte, on ne voit qu’irrévérences, chacun parle et un Dieu mourant pour l’homme n’a pas tant de pouvoir sur cet homme, pour le tenir dans le respect et l’application de son amour, comme un misérable plaisir d’entendre une belle voix. Répétons-le encore : dureté du cœur ingrat de l’homme !


Idem, « Exhortation sur Saint Joseph »

L’amour n’a que faire de tant de paroles. S’il parle, c’est dans le silence et jamais l’amour qui aime ne crie si haut aux oreilles de son divin amant que quand son amour lui ferme la bouche et la tient si serrée qu’il ne lui reste plus rien à dire, sinon qu’il ne peut rien dire du tout.



samedi 25 mars 2017

Annonciation du Seigneur

Saint Germain Ier, patriarche de Constantinople de 715 à 730, homélie sur la Présentation de la Mère de Dieu (bréviaire, office des lectures pour le samedi, en l’honneur de la TS Vierge Marie)

Salut, Marie, pleine de grâce, plus sainte que les Saints, plus élevée que les cieux, plus glorieuse que les Chérubins, plus digne d’honneur que les Séraphins, et vénérable au-dessus de toute créature.

Salut, ô colombe qui nous apportez le fruit de l’olivier et nous annoncez Celui par qui nous sommes préservés du déluge spirituel, et qui est le port du salut ; vous dont les ailes ont la blancheur de l’argent et dont le dos brille de l’éclat de l’or et des rayons de l’Esprit très saint et illuminateur.

Salut, paradis de Dieu, jardin raisonnable et très agréable, planté aujourd’hui à l’Orient par la main toute bienveillante et toute puissante de ce même Dieu, exhalant pour lui l’odeur suave du lis, et produisant la rosée d’une inaltérable beauté pour la guérison de ceux qui avaient, du côté de l’Occident, bu jusqu’à la lie l’amertume d’une mort désastreuse et funeste à l’âme ; paradis, dans lequel l’arbre de vie fleurit pour la connaissance de la vérité, donnant l’immortalité à ceux qui goûtent de son fruit.

Salut, édifice sacro-saint, immaculé, palais très pur de Dieu le souverain Roi, orné tout autour par la magnificence de ce même Roi divin. Ce palais offre à tous l’hospitalité, et les réconforte par de mystérieuses délices ; dans son enceinte se trouve la couche nuptiale de l’Époux spirituel, elle n’a pas été faite à la main et elle brille d’ornements divers ; c’est là que le Verbe, voulant rappeler dans la voie droite l’humanité errante, s’est uni la chair, afin de réconcilier avec son Père ceux qui s’étaient exilés par l’effet de leur propre volonté.

Salut, montagne de Dieu très fertile et ombragée, sur laquelle a été nourri l’agneau plein de sagesse qui a porté nos péchés et nos infirmités ; montagne d’où a roulé, sans qu’aucune main la détachât, cette pierre qui a brisé les autels des idoles et qui est devenue le sommet de l’angle : fait admirable à nos yeux.

Couronnement de Marie,
par Jacopo di Mino, Montepulciano
Salut, trône sacré de Dieu, autel divin, maison de gloire, ornement d’une beauté incomparable, trésor choisi, propitiatoire de tout l’univers, ciel qui raconte la gloire de Dieu.

Salut, vase formé d’un or pur, contenant le plus suave attrait de nos âmes : le Christ, qui est la manne véritable.

O Vierge très pure et très digne de toute louange comme de tout respect, temple consacré à Dieu et surpassant en excellence toute créature, terre intacte, champ fécond sans culture, vigne entièrement fleurie, fontaine répandant des eaux abondantes, vierge féconde et mère sans union, trésor caché d’innocence et beauté toute sainte, intercédez pour nous auprès de celui qui est à la fois votre Fils né de vous, sans avoir de père terrestre, et le Seigneur notre Dieu, Créateur de toutes choses. Daignez, par vos prières toujours agréées et douées de la puissance que donne l’autorité maternelle, prendre en main le gouvernement de l’ordre ecclésiastique et nous conduire au port tranquille.


vendredi 24 mars 2017

Saint Gabriel, Archange

A quelque distance de Karyès, la capitale du Mont Athos, en direction du Monastère de Pantocrator, vivait un Hiéromoine vertueux et son jeune disciple.
Un samedi soir, l'ancien partit pour assister à la Vigile célébrée, comme chaque semaine, à l'église du Protaton, laissant seul son disciple. Le soir venu, un moine inconnu frappa à la porte et le disciple l'accueillit pour la nuit. Ils se retrouvèrent à l'aurore, pour chanter l'Office de l'Orthros dans la chapelle. Mais lorsqu'ils parvinrent à la neuvième ode, alors que le disciple entonnait l'hymne « Plus vénérable que les Chérubins » devant l'icône de la Mère de Dieu, l'étranger la fit précéder des paroles suivantes : « Il est vraiment digne de Te proclamer, Mère de Dieu, toujours bienheureuse et Tout-Immaculée, et Mère de notre Dieu... ».

Surpris d'entendre ce chant pour la première fois, le disciple demanda à son hôte de l'écrire, et comme ils ne trouvaient pas de papier, le moine grava profondément et sans peine, de son doigt, l'hymne sur une plaque de pierre. Il ajouta : « Qu'à partir de ce jour, tous les Orthodoxes chantent ainsi l'hymne à la Mère de Dieu » avant de disparaître.

Entendant à son retour le récit de cette apparition et voyant la plaque gravée, l'ancien comprit que le moine étranger n'était autre que l'Archange Gabriel, et il alla faire part du miracle au Prôtos de la Sainte Montagne et aux Anciens.

Ceux-ci envoyèrent la plaque au Patriarche et à l'Empereur, afin que l'hymne soit diffusée dans tout le monde Orthodoxe, et ils transfèrent l'Icône, devant laquelle avait eu lieu le miracle, dans l'église du Protaton, où elle siège depuis lors, derrière l'Autel, comme Souveraine, Higoumène et Protectrice de la Sainte Montagne. Cette icône de l'Axion Estin est, avec la Portaïtissa, la plus célèbre des icônes miraculeuses du Mont Athos, qui est « le Jardin de la Mère de Dieu ».

Elle n'en est sortie qu'à trois reprises, pour être vénérée par le peuple en 1963, 1985 et 1987, et elle reçut alors les honneurs dus à un chef d'Etat. Le lundi de Pâques, elle est portée en procession solennelle dans Karyès et ses environs, afin de sanctifier la nature et de protéger les habitants de tout mal et calamité.

Ce récit fut rédigé en 1548, par le Prôtos Séraphim, père spirituel de Saint Denys de l'Olympe.

Άξιον εστίν ως αληθώς
μακαρίζειν σε την Θεοτόκον,
την αειμακάριστον και παναμώμητον
και μητέρα του Θεού ημών.
Την τιμιωτέραν των Χερουβείμ
και ενδοξοτέραν ασυγκρίτως των Σεραφείμ
την αδιαφθόρως Θεόν Λόγον τεκούσαν,
την όντως Θεοτόκον,
Σε μεγαλύνομεν.

Axion estin os alèthos
makarizein se tèn Thoeotokon
tèn aeimakariston kai panamonèton
kai météra tou Théou mèon
tèn timiotéranon ton Kéroubein
kai endoxotéran asugkritos ton Séraphein
tèn adiphtoros Théon Logov tekousan
tèn ontos Théotokon
sé mégalunomén

"Il est digne en vérité
de te célébrer, ô Mère de Dieu, bienheureuse
et très pure et Mère de notre Dieu.
Toi plus vénérable que les Chérubins
et plus glorieuse incomparablement que les Séraphins,
toi qui sans tache enfantas Dieu le Verbe,
toi véritablement Mère de Dieu,
nous t'exaltons.


mercredi 22 mars 2017

La jalousie et la confiance

La jalousie, par Giotto



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 181

C’est un grand mal que l’esprit de jalousie parmi les femmes à l’égard de leurs directeurs et auquel il n’est pas aisé de remédier.

Je crois qu’il est bon de leur faire connaître leur mal, tâcher d’y remédier par des voies justes et raisonnables et ensuite faire ce que l’on doit indépendamment de leurs fantaisies.



Détail d'un vitrail représentant le Mariage de Notre-Dame et de Saint Joseph

lundi 20 mars 2017

Saint Joseph, époux de Marie, Protecteur de l'Eglise universelle

Vitrail représentant la proclamation du
dogme de l'Immaculée Conception.
Du bienheureux Pape Pie IX, extraits du Décret « Urbi et orbi » du 8 décembre 1870

De même que Dieu établit le patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l’Égypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie (Gn 41, 40 s.), ainsi, lorsque furent accomplis les temps où l’Éternel allait envoyer sur la terre son Fils unique pour racheter le monde, il choisit un autre Joseph dont le premier était la préfiguration : il l’établit seigneur et prince de sa maison et de ses biens, il commit à sa garde ses plus riches trésors.

Fresque représentant S. Joseph, Patron et protecteur
de l'Eglise universelle
En effet, Joseph épousa l’Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la puissance du Saint Esprit, est né Jésus Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis. Celui que tant de prophètes et de rois avaient souhaité de voir (Lc 10,24), non seulement Joseph le vit, mais il conversa avec lui, il le pressa dans les bras d’une paternelle tendresse, il le couvrit de baisers ; avec un grand soin et une sollicitude sans égale, il a nourri celui que les fidèles devaient manger comme le pain de l’éternelle vie.

En raison de cette dignité sublime, à laquelle Dieu éleva son très fidèle serviteur, toujours l’Église a exalté et honoré saint Joseph d’un culte exceptionnel, quoique inférieur à celui qu’elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance. ~

C’est pourquoi nous déclarons solennellement saint Joseph Patron de l’Église catholique.




dimanche 19 mars 2017

3e Dimanche de Carême : un saint détachement

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La science et la pratique du chrétien », partie II

Il ne faut donc pas s’imaginer qu’il n’y ait que les religieux qui soient des morts à l’égard du siècle présent : toute personne qui est baptisée, sans réserve, doit porter cet esprit.

Si donc un prince, un président, un homme d’affaires, la personne la plus engagée dans les négoces de la terre, une dame de la cour, si tous ces gens ont été baptisés, ce sont autant de personnes engagées à être mortes au monde par le détachement qu’ils en doivent avoir.

Ils doivent être tous morts au monde par la sainteté de leur vie. Doctrine certaine qui fait l’un des premiers principes de la religion chrétienne et qui, par un malheur très déplorable, est si peu connue des enfants mêmes de lumière. O mon Dieu ! qu’il y aurait lieu ici de s’écrier dans tous les lieux du christianisme avec l’Apôtre, au chapitre VI de son Epître aux Romains : « Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus Christ avons été baptisés dans sa mort, parce que nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour vivre avec lui. » O Chrétiens ! donc qui que vous soyez, sans aucune exception, regardez-vous comme des morts au péché et apprenez une bonne fois ce principe de notre religion !


vendredi 17 mars 2017

Les doutes, le scrupule ou la confiance en Dieu

Les tentations, Psautier.d'Ingeburge
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Les saintes voies de la croix », chap.5 : Des doutes et scrupules

Les scrupuleux sont très sujets à ces doutes, dont les scrupules, selon Grenade, viennent, ou de ce qu’ils ne peuvent pas faire la différence entre la pensée et le consentement de la volonté ; et à cela l’unique remède est l’obéissance, s’en rapportant au jugement du directeur ; ou de ce que les hommes ne comprennent pas assez la bonté de Dieu, et le désir extrême qu’il a de les sauver. Ils le traitent comme un juge rigoureux et bizarre, et ils sont infiniment injurieux à la bonté de Dieu, étant entièrement éloignés des sentiments qu’ils en doivent avoir. Ce sont les propres paroles de cet auteur.

Pour lors il faut, selon le commandement du Saint-Esprit, prendre des sentiments de bonté du Dieu de toute miséricorde, et le chercher en simplicité de cœur. (Sap. I, 1)

Il est vrai que les scrupuleux ont des pensées de la conduite de Dieu, qu’ils ne pourraient pas prendre d’un honnête homme sans l’offenser. Il leur semble que Dieu ne veille que sur leur perte. Oh ! Que ces miséricordes sont bien plus grandes que nous ne pouvons jamais penser !

Les scrupules viennent quelquefois d’une humeur mélancolique ; et en cet état on a besoin de récréations honnêtes et du secours de la médecine, ou de la qualité de l’esprit ; et en ce cas il est assez difficile d’y remédier ; cependant l’assujettissement du jugement y fera beaucoup.

La confiance en Dieu.
Les scrupules viennent aussi de la lecture des livres de théologie, et spécialement des matières de la prédestination, de la grâce, ou d’autres sujets qui ne sont ni propres ni nécessaires à ceux qui s’en occupent, soit par la lecture, soit par l’entretien, comme aux femmes ou aux hommes qui ne sont pas obligés par leur état d’étudier ces matières. Pour lors il n’y a point d’autre voie que de renoncer absolument à ces lectures, se défaire des livres que l’on en a, quitter les entretiens où l’on en parle, ne s’arrêter jamais volontairement aux raisonnements, ni aux pensées qui en arrivent, les éloignant doucement de son esprit, ou n’y pensant pas avec une entière vue, n’y donnant plus d’occasion ; autrement ces curiosités sont suivies d’étranges peines et malheurs ; et l’expérience fait voir que ces esprits, curieux ordinairement, ont toujours quelque peine, et ne sont jamais dans un parfait repos.

Les scrupules viennent encore par une conduite particulière de Dieu, pour purifier et humilier l’esprit. Dans cet état, le remède est la patience et la soumission aux ordres de Dieu. Ils viennent aussi du démon, qui les donne pour abattre, pour décourager, pour rendre la dévotion insupportable ; et il faut lui résister. Ils peuvent encore venir, ou être augmentés par les directeurs timides, peu résolus et expérimentés ; quand cela est, il faut nécessairement changer de confesseur, il n’y a point à cette rencontre à hésiter.



mardi 14 mars 2017

L'aumône ou l'avarice ?

Lazare et le riche. Vitrail

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 239

La parole de Dieu est infaillible qui dit que c’est un malheur d’être riche.
L’Apôtre, parlant par le Saint Esprit, dit aussi que l’avarice est une idolâtrie et, de vrai, l’argent est l’idole de grand nombre de riches dont le culte ne leur permet pas de recevoir la lumière de Dieu ; aussi le saint Evangile nous apprend que ceux qui se moquaient de la doctrine du Fils de Dieu le faisaient parce qu’ils étaient avares.
Cependant, Monsieur, le bon jugement, eu égard à toutes choses, doit décider du superflu comme je vous l’ai déjà dit, et il y a du superflu à l’égard de plusieurs qui ne l’est pas à l’égard des autres.

« Le Règne de Dieu en l’oraison mentale », chap.7

Si l’on assiste le prochain ce n’est pas ni pour la compassion de ses maux, ni pour les biens qui sont attachés à cette assistance soit spirituelle, soit corporelle, mais c’est pour l’intérêt de Dieu qui s’y rencontre.

Qui a ce motif pur ne se lasse point dans ce service ni ne se rebute jamais, quelque mauvais usage que les personnes assistées fassent des secours qu’elles reçoivent, car ce n’est pas elles qu’il regarde mais Dieu.



dimanche 12 mars 2017

2e Dimanche de Carême. De la colère à la douceur



La flagellation, par le maître de MeBkirch, 1535.
Tels sont les effets de la colère sur les membres du Corps du Christ.
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 8

Pour bien confesser ses fautes il est à propos de les faire connaître le mieux que l’on peut et les circonstances comme, par exemple, pour faire bien connaître des impatiences ou des mouvements de colère, il faut dire quand cela est, si l’on en a été beaucoup ému, si elles ont fâché le prochain, si on les a rebattues, si cela a duré une heure ou deux, ou un après dîner, si ensuite cela a été suivi d’autres impatiences, de mauvaises humeurs qui aient fait souffrir les autres, qui aient donné mauvaise édification, si dans ces impatiences on a cité les défauts d’autrui et devant des personnes qui ne les savaient pas, si l’on est habitué à cela depuis quelques années, si l’on ne se corrige point, si ces impatiences n’ont point fait faire des actions de dépit contre soi-même comme de ne pas vouloir manger ou travailler ou parler ou des choses pareilles.


Christ aux outrages, par Giotto, Padoue.
"Vie de Monsieur Boudon",
livre III

Dieu demande de vous, lui disait-il, que vous exerciez la douceur chrétienne.

Or la douceur chrétienne s’exerce principalement à l’égard de ces personnes fâcheuses qui nous contrarient, pour qui nous avons une aversion naturelle, qui ne font point ce que nous voulons, qui nous sont à charge, qui nous donnent occasion de sentir des mouvements de colère et d’impatience.

Toutes ces occasions vous sont offertes par la divine Providence ; c’est elle et non les actions des créatures que vous devez envisager pour pratiquer cette aimable vertu. Mais pour la pratiquer en vérité, il faut une patience qui ne se lasse point ; quoique que les occasions se réitèrent, Dieu est toujours le même Dieu, toujours également aimable. La vie est si courte que nous ne pouvons beaucoup souffrir pour lui, souffrons au moins à la fois ce que la brièveté de nos jours ne nous permettra pas de souffrir en détail.





vendredi 10 mars 2017

Orgueil et humilité

La parabole du publicain et du pharisien
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Vie cachée avec Jésus en Dieu »

(Notre Seigneur) Il a été caché en sa mort d’une manière si grande qu’il assure de lui-même qu’il paraissait plutôt un ver de terre qu’un homme. Il a été caché dans le Tombeau après sa mort. Mais il est encore plus caché incomparablement dans la demeure amoureuse qu’il fait avec nous jusqu’à la consommation des siècles au Très Saint Sacrement de l’Autel. Il est caché en ses mystères, il est caché en sa sainte Mère, en ses Apôtres, dans les membres de son corps mystique, dans les souffrances et les persécutions de son Eglise.


Jésus doux et humble de cœur.
Icône de la Vigne mystique


Enfin Jésus, le Dieu de toute grandeur, est caché en tout ce qu’il est pendant que l’homme, ce ver de terre, ce morceau de boue, ce rien, ce néant, fait tous ses efforts pour paraître en toutes choses, se produisant par sa naissance s’il est de bonne famille, par ses qualités naturelles s’il en est bien pourvu, faisant montre de son esprit, de sa mémoire, de son jugement, de sa facilité à bien parler de la beauté de son corps, de ses biens temporels, belles maisons, belles terres, beaux meubles, grands revenus, de son or et argent, de ses plaisirs, de ses honneurs, de ses charges et emplois, de son crédit et pouvoir, de l’heureux succès qu’il a dans ses affaires et, ce qui est bien déplorable, se servant quelquefois des choses spirituelles pour être considéré comme de la prédication du confessionnal, de la direction des bons livres, des bonnes œuvres, des emplois charitables, des fonctions Apostoliques, des charges qu’il a dans l’Eglise, s’élevant de la sorte en toutes sortes de manières, par toutes sortes de voies naturelles et  surnaturelles, ce chétif néant voulant toujours paraître pendant que Jésus, le grand Tout, demeure caché !