Affichage des articles dont le libellé est Société Henri-Marie Boudon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Société Henri-Marie Boudon. Afficher tous les articles

dimanche 30 avril 2023

1623-2023 : Jubilé de saint François de Laval - VIE DU SAINT (1)

400 ans de la naissance de
Mgr François de Montmorency-Laval
-Montigny,
 grand-archidiacre d'Evreux (1648-1653)
et 1er évêque de Québec

à Montigny-sur-Avre (diocèse de Chartres)
le 30 avril 1623



Château de Montigny-sur-Avre, Eure-et-Loir (France) vers 1900-1920,

Naissance du Saint de Montigny

 

La rivière Avre, au bord de laquelle est construit le village de Montigny, marquait autrefois la frontière entre le Duché de Normandie et la France, et maintenant entre le diocèse de Chartres et celui d’Évreux. De cette période subsistent des fortifications appelées « Les Fossés du Roi » dont certaines parties se sont conservées jusqu’à nos jours.

C’est pour se protéger des incursions des Français que Henri II Plantagenet, duc de Normandie, fit construire, entre 1160 et 1170, ce rempart de terre, binôme talus-fossé atteignant souvent 4 à 5 mètres de hauteur. 

Cette ligne de défense, établie côté Normandie, s’étendait depuis Le Mêle-sur-Sarthe, dans le Perche, jusqu’à Muzy en suivant le cours de la Sarthe, puis celui de l’Avre. Et c’est précisément dans ce qui était le parc de l’abbaye de l’Estrée, à Muzy dont Mgr François de Laval allait devenir abbé commendataire, que se termine le Fossé du Roi. Les châteaux de Verneuil ainsi que celui de Tillières constituaient les maillons de la défense de la Normandie ; face à eux les châteaux du Thymerais (Brezolles, La Ferté-Vidame, Senonches et Châteauneuf)) tenus par les puissants barons de Châteauneuf-en-Thymerais fidèles aux rois de France, défendaient le Royaume de France.

Créées en 1120 par Henri Ier Beauclerc pour renforcer les défenses de la rivière d’Avre au sud de son duché, Verneuil-sur-Avre et Tillières ont conservé de nombreux vestiges de leur passé militaire : château, donjon, fossés, fortifications.

Le duché de Normandie est dans les faits conquis par le roi de France, Philippe Auguste en 1204. Il entre dans le domaine royal. Les souverains anglais continuent d’y prétendre jusqu’au traité de Paris en 1259 mais ne conservent en fait que les îles Anglo-Normandes comme ancienne part du duché. Le duché de Normandie survit surtout par l’installation intermittente d’un duc à sa tête. En effet, le roi de France confie parfois cette portion de son royaume à un membre proche de sa famille. Celui-ci prête ensuite hommage au roi. Son caractère féodal sera supprimé en 1469.

 

François vécut 8 années à Montigny. La canonisation de saint François Xavier venant d’avoir lieu, François était un prénom très répandu. Il fut le quatrième d’une famille de neuf enfants, fils de Madame Michelle de Péricard, de noblesse normande, originaire de Saint-Etienne (près de Rouen) et de Hugues de Montmorency Laval, seigneur du lieu. Il est l’héritier d’une des plus prestigieuses familles françaises puisque sa famille porte pour le titre de premier baron de France, c’est dire qu’il descend du premier compagnon du roi Clovis baptisé par saint Remi en 496 à Reims. Le cri de guerre Dieu ayde au premier baron chrestien, qui fut aussi la devise de cette lignée et que l’on retrouve dans les armoiries de Mgr de Laval, perpétuait le souvenir de ce glorieux événement. A l’Église et au Royaume, cette famille donna plusieurs cardinaux, six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux, un grand nombre de généraux et d’officiers civils et militaires. Au XIIIe siècle, l'un de ses ancêtres, Mathieu de Montmorency ayant épousé en secondes noces Emme de Laval, de la noble famille de Laval, avec l'entente que ses enfants en porteraient le nom et les armes, son fils Guy de Montmorency, né de ce second mariage, laissa à la branche aînée issue du premier mariage de son père le nom de Montmorency, pour prendre celui de Laval. Il devint sous ce nom le chef de la branche cadette des Montmorency, à laquelle se rattachait Mgr de Laval. Le prélat lui-même ne porta jamais le nom de Montmorency ; il signait dans les registres ou ailleurs "François de Laval", comme appartenant à la branche cadette.

Son frère Henri deviendra prieur de l’abbaye de la Croix-Saint-Leufroi et sa sœur Anne-Charlotte, supérieure des filles du Saint-Sacrement, à Nantes.

Le seigneur de Montigny et son épouse, tous deux d’une piété et d’une vertu éprouvées, ne possédaient point, malgré leur noblesse, de grandes richesses : le fief de Montigny, le plus important des quatre qu’ils détenaient, n’était à vrai dire qu’un gros bourg. La situation financière de la famille allait bientôt devenir assez précaire, et François allait devoir se consacrer un jour à son rétablissement.

[à suivre]

Société Henri-Marie Boudon



Sources :

Bulletin des saints Anges ; Société Henri-Marie Boudon

François de Laval et son époque. Gilles Bureaux / Grand Séminaire de Québec.

https://www.françoisdelaval.com

Les Jésuites et la Nouvelle France : Desclée de Brouwer.

https://crc-canada.net

https://www.hgiguere.net

https://www.ecdq.org

https://www.jesuits.global.com

https://www.histoire-et-civilisations.com

Histoire de l’Église : Dom Charles Poulet, Beauchesne.

Le livre des merveilles : Mame/Plon.

Abbaye Saint-Joseph de Clairval : lettre du 16 juillet 2017.

samedi 29 avril 2023

1623-2023 : 400 ans de la naissance de S. François de Laval

 


Dimanche 30 avril 1623 – Dimanche 30 avril 2023

 

4e centenaire de la naissance de saint François de Laval,

Père de la Nouvelle France.

 

Les diocèses d’Évreux, Chartres et Québec en fête !



Une marche est à cette occasion organisée en guise de pèlerinage par la Société Henri-Marie Boudon :


12h30 devant l'
église Saint-Hilaire de Tillières-sur-Avre

Repas tiré du sac, 

Mini-conférence, 

puis 7 km de marche jusqu'à l'église de Montigny-sur-Avre,

Fin vers 16h-16h30.



mardi 31 août 2021

NAISSANCE AU CIEL DU VENERABLE ABBE HENRI-MARIE BOUDON

Vue de la Cathédrale Notre-Dame d'Evreux dont M. Boudon était chanoine

« Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon », par Mgr. Matthieu, Archevêque de Besançon
Chanoine en aumusse

Depuis cette époque jusqu’aux temps désastreux qui semblaient avoir anéanti dans les cœurs jusqu’aux traces de toute pensée édifiante et de tout pieux souvenir, on continua de révérer à Evreux la mémoire de Boudon et ses livres y furent recherchés avec empressement parmi les personnes d’une piété tendre et solide.

Les tristes jours de la révolution firent déserter sa tombe en même temps qu’ils souillèrent les autels près desquels il reposait mais ses restes ne furent point profanés et son cœur était resté dans la muraille de l’ancienne chapelle du séminaire, convertie depuis en tribunal criminel, sans que personne songeât à ce vénérable dépôt.

Ce fut alors que Mgr. Bourlier, que la Providence avait appelé à l’évêché d’Evreux pour y réparer les maux de l’Eglise désolée, résolut de le faire enlever d’un endroit où il ne pouvait convenablement rester pour être replacé, suivant l’honneur et le respect qui lui étaient dus. En conséquence il donna commission à M. de Narbonne, grand vicaire et archidiacre de la cathédrale d’Evreux, et à deux autres chanoines de la même église, d’aller reconnaître si le cœur de Boudon existait toujours au lieu où il avait été placé d’abord. Ces MM. ayant attesté que l’épitaphe qui le recouvrait n’avait subi aucune altération ni dérangement pendant la révolution, et que l’urne de plomb qu’ils avaient trouvée derrière renfermait sans aucun doute le cœur du serviteur de Dieu, Mgr l’évêque d’Evreux ordonna, le 6 juillet 1812, que la boîte et l’inscription qui la recouvrait seraient placées convenablement et le plus près que faire se pourrait de la chapelle où reposait le corps de Boudon.

Chapelle Notre-Dame des Anges,
Cathédrale d'Evreux, où repose le corps
de notre vénérable ami céleste

MM. les ecclésiastiques qui furent chargés de l’exécution de ses ordres en dressèrent un procès-verbal qui fut inséré dans les archives de l’évêché. Dès l’instant qu’il prit possession de l’évêché d’Evreux, ce prélat s’était empressé de relever la confrérie des saints Anges qui n’avait pas cessé d’être florissante depuis la mort de Boudon jusqu’ à la révolution. Il publia un mandement dans lequel il exhortait les âmes pieuses à faire partie de cette confrérie si longtemps respectable par le nombre la qualité et les vertus de ses associés mais bien plus encore par l’éminente piété de son premier fondateur : le vénérable Henri Marie Boudon, grand archidiacre d’Evreux. Il publia de nouveau les indulgences que pouvait gagner chacun des associés d’après les bulles des souverains pontifes Clément XIV, Pie VI et Pie VII, nomma deux chanoines administrateurs de l’association et en renouvela les statuts.

Mgr du Chatelier, maintenant évêque d’Evreux, jaloux d’encourager tout ce qui peut soutenir la piété dans sa ville épiscopale, accorde aux associés de la confrérie des saints Anges qui est fort nombreuse la même protection que lui avait accordée Mgr Bourlier.

Les mardis et vendredis de chaque semaine, on dit dans la chapelle où repose le corps de Boudon, près du pilier où est placé son cœur, une messe en l’honneur des saints Anges et pour le repos de l’âme des associés défunts. La fête et l’octave des saints Anges s’y célèbre avec beaucoup de solennité ; le Saint-Sacrement y réside toute l’année ; un grand nombre de personnes pieuses y reçoivent fréquemment les sacrements et s’y rendent journellement pour prier.

On doit croire qu’elles n’y oublient pas le serviteur de Dieu ; nous en connaissons plusieurs qui ne l’ont point invoqué en vain dans leurs incertitudes et dans leurs peines. Mais du moins son âme sainte doit être réjouie de voir du séjour de la gloire que sa pieuse institution s’est soutenue au milieu des tristes agitations qui ont bouleversé tant d’autres œuvres et qu’elle attire encore à Dieu dans ce sanctuaire, ainsi qu’aux anges qui entourent son trône, de fervents et respectueux hommages.

 

Stalle, église Saint-Taurin d'Evreux

dimanche 6 juin 2021

Solennité du Corps et du Sang eucharistiques de Notre Seigneur Jésus Christ

 

Séquence pour la Fête-Dieu, du Corps et du Sang du Christ, Lauda Sion

 

Sion, célèbre ton Sauveur,
chante ton chef et ton pasteur
     par des hymnes et des chants.

 

Tant que tu peux, tu dois oser,
car il dépasse tes louanges,
     tu ne peux trop le louer.

 

Le Pain vivant, le Pain de vie,
il est aujourd’hui proposé
     comme objet de tes louanges.

 

Au repas sacré de la Cène,
il est bien vrai qu’il fut donné
     au groupe des douze frères.

 

Louons-le

à voix pleine et forte,
que soit joyeuse et rayonnante
     l’allégresse de nos cœurs !

 

C’est en effet la journée solennelle
où nous fêtons de ce banquet divin
     la première institution.

 

À ce banquet du nouveau Roi,
la Pâque de la Loi nouvelle
     met fin à la Pâque ancienne.

 

L’ordre ancien le cède au nouveau,
la réalité chasse l’ombre,
     et la lumière, la nuit.

 

Ce que fit le Christ à la Cène,
il ordonna qu’en sa mémoire
     nous le fassions après lui.

 

Instruits par son précepte saint,
nous consacrons le pain, le vin,
     en victime de salut.

 

C’est un dogme pour les chrétiens
que le pain se change en son corps,
     que le vin devient son sang.

 

Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
notre foi ose l’affirmer,
     hors des lois de la nature.

 

L’une et l’autre de ces espèces,
qui ne sont que de purs signes,
     voilent un réel divin.

 

Sa chair nourrit, son sang abreuve,
mais le Christ tout entier demeure
     sous chacune des espèces.

 

On le reçoit sans le briser,
le rompre ni le diviser ;
     il est reçu tout entier.

 

Qu’un seul ou mille communient,
il se donne à l’un comme aux autres,
     il nourrit sans disparaître.

 

Bons et mauvais le consomment,
mais pour un sort bien différent,
     pour la vie ou pour la mort.

 

Mort des pécheurs, vie pour les justes ;
vois : ils prennent pareillement ;
     quel résultat différent !

 

Si l’on divise les espèces,
n’hésite pas, mais souviens-toi
qu’il est présent dans un fragment
     aussi bien que dans le tout.

 

Le signe seul est partagé,
le Christ n’est en rien divisé,
ni sa taille ni son état
     n’ont en rien diminué.

 

Le voici, le pain des anges,
il est le pain de l’homme en route,
le vrai pain des enfants de Dieu,
     qu’on ne peut jeter aux chiens.

 

D’avance il fut annoncé
par Isaac en sacrifice,
par l’agneau pascal immolé,
     par la manne de nos pères.

 

Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
ô Jésus, aie pitié de nous,
nourris-nous et protège-nous,
fais-nous voir les biens éternels
     dans la terre des vivants.

 

Toi qui sais tout et qui peux tout,
toi qui sur terre nous nourris,
conduis-nous au banquet du ciel
et donne-nous ton héritage,
     en compagnie de tes saints.


Amen. Alléluia.



vendredi 25 décembre 2020

Joyeux et saint Noël à tous !



L'Archiconfrérie des Saints Anges et du Très Saint Sacrement de l'Autel est heureuse de vous souhaiter un saint, un beau, un joyeux Noël !

En ces temps difficiles que nous avons traversés nous avons pu mesurer combien la plus grande des grâces est d'être chrétien : disciples de Notre Seigneur Jésus-Christ, comblés des dons du Saint Esprit, enfants adoptifs de Dieu notre Père depuis le jour de notre baptême.

Rendons gloire à l'adorable et très sainte Trinité qui nous a élue pour vivre au milieu de l'assemblée céleste pour l'éternité. Accueillons le Fils de Dieu venu dans la chair pour nous sauver. Remercions Notre Dame et Saint Joseph pour le Don qu'ils font au monde entier en nous offrant le Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Saint et joyeux NOËL !

Carlo Maratta, Sainte Vierge Marie, Théotokos

Conseils de Saint Charles de Foucauld à sa sœur, dans une lettre de Terre Sainte, où il résidait alors, datée du 17 décembre 1898

Bon Noël, bonne année, ma chérie, à toi et à tous tes enfants.

Je prierai l’Enfant Jésus pour vous tous en cette belle nuit de Noël. Te rappelles-tu les Noëls de l’enfance ? J’espère que tu fais à tes enfants une crèche et un arbre. Ce sont des souvenirs, qui font du bien toute la vie.

Ann Macbeth, la Nativité aux Anges

Tout ce qui fait aimer Jésus, tout ce qui fait aimer le foyer paternel est si salutaire ! Ces joies de l’enfance, où s’unit la religion dans ce qu’elle a de plus doux à la vie de famille dans ce qu’elle a de plus attendrissant, font un bien qui dure jusqu’à la vieillesse. Mais, il y aura des Noëls plus beaux encore, ce seront ceux du Ciel.

Ma chérie, fais à tes enfants une belle crèche et un bel arbre et un beau Noël, et fais tout ton possible pour que leurs fêtes de Noël leur soient douces, douces, leur laissant ce souvenir ineffaçable d’une suavité infinie. Mais, surtout, prépare-leur un beau Noël au Ciel, en te sanctifiant le plus possible et en les élevant non pour être du monde, cela ne vaut pas la peine ; le monde passe trop vite et il n’est d’ailleurs pas digne de nous, il ne mérite pas notre estime, ni même nos regards.

Nous sommes faits pour mieux que cela ; notre cœur a soif de plus d’amour que le monde ne peut lui en donner ; notre esprit a soif de plus de vérité que le monde ne peut lui en montrer ; tout notre être a soif d’une vie plus longue que celle que la terre peut lui faire espérer ; n’élève pas tes enfants pour ce qui est méprisable.


Crèche vivante à Gaza


mardi 8 décembre 2020

Solennité de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu

Concile Vatican et proclamation du dogme de l'Immaculée Conception
par le bienheureux pape Pie IX

Le bienheureux Pie IX projette l’institution de la solennité de l’Immaculée Conception, par le bienheureux Dom Guéranger, osb.

Nous ne devons pas omettre de rappeler ici que cette fête est le monument de l’une des plus éclatantes victoires de l’Église au dernier siècle. 

Marie immaculée, par Vittore
Crivelli, XIVe s.

Pie IX avait été chassé de Rome, en 1848, par la Révolution triomphante ; dans ces mêmes jours, l’année suivante, il voyait rétablir son pouvoir. Les 28, 29 et 30 juin, sous l’égide des Apôtres, la fille aînée de l’Église, fidèle à son glorieux passé, balayait les remparts de la Ville éternelle ; le 2 juillet, fête de Marie, s’achevait la conquête. Bientôt un double décret notifiait à la Ville et au monde la reconnaissance du Pontife, et la manière dont il entendait perpétuer par la sainte Liturgie le souvenir de ces événements. Le 10 août, de Gaète même, lieu de son refuge pendant la tourmente, Pie IX, avant d’aller reprendre le gouvernement de ses États, s’adressait au Chef invisible de l’Église et la lui confiait par l’établissement de la fête de ce jour, lui rappelant que, pour cette Église, il avait versé tout son Sang. 

Peu après, rentré dans sa capitale, il se tournait vers Marie, comme avaient fait en d’autres circonstances saint Pie V et Pie VII ; le Vicaire de l’Homme-Dieu renvoyait à celle qui est le Secours des chrétiens l’honneur de la victoire remportée au jour de sa glorieuse Visitation, et statuait que la fête du 2 juillet serait élevée du rite double-majeur à celui de seconde classe pour toutes les Églises : prélude à la définition du dogme de la Conception immaculée, que l’immortel Pontife projetait dès lors, et qui devait achever l’écrasement de la tête du serpent.


Mitre du pape Pie IX


dimanche 2 août 2020

Solennité de Notre Dame des Anges


Saint Bonaventure, prologue des "Louanges de la bienheureuse Vierge Marie"


Salut ! Ô Lis céleste, Rose épanouie, mère de l'humilité, Reine des anges, Sanctuaire de la divinité. En cette vallée de larmes, donnez-nous le courage, venez à notre secours, vous que le ciel nous offrit pour avocate au milieu de nos crimes.

Tendre Vierge, vous êtes incomparable, car vous avez mérité d'entendre la voix de l'Ange, et de concevoir le Fils de Dieu sous le souffle sacré de l'Esprit Saint. Vierge avant d'avoir conçu, vous l'êtes encore après. Refuge vraiment unique, hélas ! dans cette vie si inconstante, daignez consoler ceux qui vous servent.

La terre est dans l'étonnement en vous voyant Vierge et Mère à la fois. Notre fragilité ne peut comprendre des merveilles d'une puissance aussi magnifique. Il faut que notre foi s'élève jusqu'aux célestes hauteurs ; et là elle confesse dans la vérité que vous êtes la Mère du Christ, qu'en vous la divinité s'est revêtue de notre chair.

Chapelle de la Portioncule,
Basilique Notre-Dame des Anges, Assise
O Mère ! vous avez engendré un fils par excellence ; née dans le temps, vous avez mis au jour celui qui fut votre Père ; simple étoile, vous avez produit le soleil; faible créature vous avez donné la vie à celui qui est incréé ; petit ruisseau, vous avez fait jaillir la fontaine qui vous alimente ; vase fragile, vous avez formé le potier qui vous créa, et vous êtes demeurée toujours vierge, toujours immaculée ; et par vous, Mère du Christ, la vie que nous avions perdue, nous l'avons recouvrée.

Oh ! qu'elles sont glorieuses ces entrailles qui devinrent le temple sacré du Seigneur ! Qu'elles sont saintes ces mamelles qu'il daigna sucer ! Qu'il est suave ce lait dont il voulut être nourri ! Mère vraiment digne d'un salut de grâce, vous qui régnez au plus haut des cieux, délivrez-nous de la malédiction de la mort éternelle; délivrez-nous de tout malheur.

Rose pure, rose d'innocence, rose nouvelle et sans épine, rose épanouie et féconde, rose devenue pour nous un bienfait de Dieu, vous avez été établie Reine des cieux ; il n'est personne qui puisse jamais vous être comparé; vous êtes le salut du coupable, vous êtes le soutien de toutes nos entreprises.

La loi vous a montrée en ses figures; les pages saintes du Testament ancien vous ont annoncée par de nombreuses énigmes, et l'alliance nouvelle vous a rendue grande entre toutes les femmes; elle vous a élevée au-dessus de toute créature.

Avant l'origine du monde le Seigneur vous a choisie, alors que dans sa sagesse il jetait les fondements du ciel. Dès ce jour il arrêta, dans le secret de ses pensées, de combler par vous, Vierge et Mère, l'abîme ouvert par le péché de notre premier père.

Réjouissez-vous, ô Vierge ! ô Mère ! réjouissez-vous. C'est par vous que le monde voit ses ruines se réparer. Mêlez les accents de votre joie à ceux dont le ciel retentit. C'est à vous que la gloire est donnée de payer à Dieu sans réserve le prix de notre rançon; à vous qu'il a été accordé de délivrer l'homme des malheurs de la ruse infernale dont il fut la victime ; et cette gloire est au-dessus de tout éloge.



samedi 1 août 2020

Chantons avec les Anges et Monsieur Boudon

Chapelle de la Portioncule dans la basilique Notre-Dame des Anges, Assise

Demain, nous célébrerons la fête de la dédicace de la Basilique de Notre-Dame des Anges à la Portioncule, près d'Assise. Là, la sainte Mère de Dieu entourée des Anges et des Esprits bienheureux apparut près de son divin Fils à saint François qui avait rebâti cette petite chapelle. Là, le saint d'Assise demanda la grâce de la rémission complète des conséquences des péchés pour tous ceux qui prieraient en état de grâce pour eux, pour l'Eglise, pour la conversion des pécheurs, pour le Salut de tous les hommes.

Le Christ Jésus, unique Médiateur entre Dieu le Père et les hommes, grand Prêtre de l'Alliance nouvelle et éternelle, acquiesça à la demande du saint appuyée par sa Mère toute pure et toute sainte, la bienheureuse Vierge Marie.

C'est l'indulgence d'Assise ou de la Portioncule. 

L'enchiridion des indulgences rénové à la demande du Pape Paul VI rappelle que toute personne en état de grâce peut recevoir cette grâce des grâces (sans péché mortel sur la conscience, s'étant confessé sacramentellement et ayant reçu la sainte absolution, ayant assisté à la Messe et en ayant communié, ayant visité la maison de Dieu et y ayant prié aux intentions de l'Eglise et du Saint Père). 

Cette indulgence peut être reçue pour soi-même ou pour les âmes bénies en Purgatoire qui attendent d'entrer dans la lumière, la paix et la joie de la Jérusalem céleste. 

Pour nous y préparer, spécialement ceux qui aiment à prier le vénérable abbé Henri Marie Boudon, grand dévot de la sainte Vierge et des saints Anges, prions et chantons les louanges divines :

Angeli Archangeli Throni et Dominationes
Principatus et Potestates 
Virtutes caelorum.
Cherubim atque Seraphim
Dominum benedicite in aeternum.
Les Anges, les Archanges, les Trônes et Dominations,les Principautés et Puissances, les Vertus des cieux. Chérubins et Séraphins, bénissez le Seigneur à jamais.


Et voici quelques vidéos pour nous apprendre à chanter cette magnifique antienne de communion ou à l'écouter accompagnée du Magnificat de la Mère de Dieu.

En grégorien :


Avec le Magnificat :


A écouter sans modération !



dimanche 14 juin 2020

Solennité du Très Saint Sacrement - Fête-Dieu



D’une homélie pascale de Saint Gaudence de Brescia

Le sacrifice céleste institué par le Christ est vraiment l’héritage légué par son testament nouveau ; il nous l’a laissé la nuit où il allait être livré pour être crucifié, comme un gage de sa présence.

Il est le viatique de notre voyage, notre nourriture sur le chemin de la vie, jusqu’à ce que nous soyons parvenus à celle-ci, en quittant ce monde. C’est pourquoi le Seigneur disait : Si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Il a voulu que ses bienfaits demeurent parmi nous ; il a voulu que les âmes rachetées par son sang précieux soient toujours sanctifiées à l’image de sa propre passion.

La Messe, Séminaire d'Ars, vitrail
C’est pourquoi il donne l’ordre à ses disciples fidèles, qu’il établit les premiers prêtres de son Église, de célébrer sans fin ces mystères de la vie éternelle. Et il est nécessaire que tous les prêtres, de toutes les Églises du monde, les célèbrent jusqu’à ce que le Christ revienne du ciel. C’est ainsi que les prêtres eux-mêmes et tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la passion du Christ ; en la tenant dans nos mains, en la recevant dans notre bouche et notre cœur, nous garderions un souvenir ineffaçable de notre rédemption.

Ensuite, il faut que le pain soit fait avec la farine de nombreux grains de froment, mêlée à de l’eau, et reçoive du feu son achèvement. On y trouve donc une image ressemblante du corps du Christ, car nous savons qu’il forme un seul corps avec la multitude des hommes, et qu’il a reçu son achèvement du feu de l’Esprit Saint. ~

Le voici le pain des Anges
De même, le vin de son sang est tiré de plusieurs grappes, c’est-à-dire de raisins de la vigne plantée par lui, écrasés sous le pressoir de la croix ; versé dans le cœur des fidèles au moyen de grandes coupes, il y bouillonne par sa propre vertu.

C’est là le sacrifice de la Pâque, qui apporte le salut à tous ceux qui sont libérés de l’esclavage de l’Égypte et de Pharaon, c’est-à-dire du démon. Recevez-le en union avec nous, dans toute l’avidité d’un cœur religieux. Notre Seigneur Jésus Christ lui-même, que nous croyons présent dans ses sacrements, nous sanctifie en profondeur, et sa vertu sans prix demeure pour tous les siècles.



Séquence de la Fête-Dieu




vendredi 8 mai 2020

Fête des appartitions de saint Michel Archange au Mont Gargan, à Rome et à Colosses

Saint Michel du Mont Gargan, autel majeur

« Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon », par S.Exc.R. Mgr Matthieu, Archevêque de Besançon

L’amour que Boudon portait à Dieu était trop généreux et trop grand pour ne pas s’étendre à tous les lieux qu’il honora plus particulièrement de sa présence et à tout ce qui nous fait connaître sa charité pour nous et ses soins paternels.
Saint Grégoire le Grand processionnant à Rome contre
la peste, par H. le Blanc
C’est ainsi que content du succès de l’association pour le saint Sacrement de l’autel, il institua aussi de pieux pèlerinages à une chapelle de la sainte Vierge érigée à quelque distance d’Evreux sous le titre de Notre-Dame de bon secours et qu’on dut à son amour pour les anges la congrégation qu’il forma en leur honneur.

Il composa aussi un livre afin d’exciter à la dévotion envers ces purs esprits que tant de motifs devraient nous porter à aimer, soit que nous considérions Dieu ou que nous nous considérions nous-mêmes, qu’il appelle avec tant de justice les ambassadeurs célestes envers l’homme dont la mission lui est si douce et si avantageuse, dont l’amitié lui est si fidèle, que toutes ses ingratitudes ne peuvent en lasser la constance.

C’était dans une chapelle dédiée sous l’invocation de Saint Michel, sur une côte qui domine la ville, que les associés se réunissaient pour rendre leurs hommages aux hiérarchies angéliques tous les mardis et aux fêtes qui leur sont consacrées.
Apparitions de Saint Michel, à Colosses,
faisant jaillir une source miraculeuse
La révolution a enlevé ce lieu à sa sainte destination et maintenant il sert aux plus vils usages, de même qu’elle a anéanti jusqu’aux traces de la chapelle où se rassemblaient les confrères pour invoquer la sainte Vierge.

Mais le culte des saints anges subsiste encore à Evreux tel que l’a institué Boudon. Ceux qui s’y sont consacrés se réunissent pour continuer cette œuvre pieuse devant la chapelle où il célébrait la messe. On y offre le saint sacrifice tous les mardis aux mêmes intentions pour lesquelles il allait l’offrir à saint Michel et le Saint-Sacrement y réside toute l’année comme pour consoler ses cendres déposées sous le marchepied de l’autel.