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vendredi 21 janvier 2022

Le roi est mort, vive le roi !


Saint Pie X
, à Mgr Touchet, évêque d'Orléans, lors de la lecture du décret de béatification de Jeanne d'Arc, 13 décembre 1908

Vous direz aux français qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »

A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d'Israël : que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu.

Ce n'est pas un rêve, mais une réalité ; je n'ai pas seulement l'espérance, j'ai la certitude du plein triomphe.




jeudi 11 novembre 2021

Saint Martin de Tours, priez pour nous, la France et la paix !

 



Prière d’un Soldat du Général Bernard Montgommery, mort sur le champ de bataille en 1942

Sois près de moi, ô Dieu !

La nuit est sombre, la nuit est froide ; ma faible étincelle de courage meurt. La nuit est longue, sois près de moi, ô Dieu ! Et fais-moi fort !

J'aime le jeu, j'aime la bataille, je hais le doute, j'aime la clarté, j'aime mon enfant, j'aime ma femme, je ne suis pas un lâche et j'aime la vie.

Je sais que la mort n'est qu'une porte, je sais pourquoi je combats : pour la paix de nos enfants, pour la liberté des hommes, pour un monde meilleur, pour une race généreuse...

Aide-moi, ô Dieu, quand la mort sera proche.

Aide-moi à regarder en face son visage, sans peur, et si je tombe, ô Dieu, fais que mon âme triomphe et s'élève au-dessus des poussières terrestres. Amen.



jeudi 12 novembre 2020

Saint Martin, modèle des évêques et des prêtres

Sulpice Sévère, Vie de Saint Martin de Tours

IX. — C’est à peu près à cette époque que la ville de Tours demanda saint Martin pour évêque ; mais comme il n’était pas facile de le faire sortir de sa solitude, un des citoyens de la ville, nommé Ruricius, se jeta à ses pieds, et, prétextant la maladie de sa femme, le détermina à sortir. 

Un grand nombre d’habitants sont échelonnés sur la route ; ils se saisissent de Martin, et, le conduisent à Tours, sous bonne garde. Là, une multitude immense, venue non seulement de Tours mais des villes voisines, s’était réunie afin de donner son suffrage pour l’élection. L’unanimité des désirs, des sentiments et des votes, déclara Martin le plus digne de l’épiscopat, et l’Église de Tours heureuse de posséder un tel pasteur.

Un petit nombre cependant, et même quelques évêques convoqués pour élire le nouveau prélat, s’y opposaient, disant qu’un homme d’un extérieur si négligé, de si mauvaise mine, la tête rasée et si mal vêtu, était indigne de l’épiscopat. Mais le peuple, ayant des sentiments plus sages, tourna en ridicule la folie de ceux qui, en voulant nuire à cet homme illustre, ne faisaient qu’exalter ses vertus. Les évêques furent donc obligés de se rendre au désir du peuple, dont Dieu se servait pour faire exécuter ses desseins.

Parmi ceux qui s’opposaient à l’élection, il y avait un certain Défensor : on verra qu’il fut pour cette raison sévèrement blâmé par les paroles du Prophète ; car celui qui devait faire la lecture ce jour-là, n’ayant pu pénétrer à cause de la foule, les prêtres se troublèrent, et l’un d’eux, ne voyant point venir le lecteur, prit le Psautier, et lut le premier verset qui lui tomba sous les yeux ; c’était celui-ci: «Vous avez tiré une louange parfaite de la bouche des enfants ; et de ceux qui sont encore à la mamelle, pour confondre vos adversaires, et pour perdre votre ennemi et son défenseur.»

À ces paroles, le peuple pousse un cri ; les ennemis de Martin sont confondus. On resta convaincu que Dieu avait permis qu’on lut ce psaume, afin que Défensor y vit la condamnation de sa faute ; car c’est de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle que Dieu, en Martin, a tiré la louange la plus parfaite, et l’ennemi a été détruit aussitôt qu’il s’est montré.


mercredi 11 novembre 2020

Saint Martin de Tours, apôtre des Gaules, priez pour la France et la paix


D’après « Le Petit Journal » du 12 novembre 1918

 

Comme les horloges tintaient onze coups, hier matin, le ciel fut soudain ébranlé. « Ecoutez !... C’est le canon !... » Et puis les cloches égrenèrent leur carillon joyeux... La Savoyarde, du haut du Sacré-Cœur donnait le branle... Et désormais Paris, tout Paris savait ! Alors... Oh alors !... Ce fut une transfiguration. Une stupeur commença, une envie de pleurer, puis une joie profonde, infinie, qui montait du cœur débordé. Les canons et les cloches célébraient dans le brouillard léger le mariage de leurs sons. Mille canons et mille cloches tonnant et sonnant ensemble ! C’était la grande berloque de la fin de la guerre.

Paris s’est rajeuni de quatre ans en une minute. Il a repris son sourire d’autrefois. Il palpite et vibre. Dans la mer humaine qui roule ses vagues noires et drues de la Bastille à la Concorde, par rangs de cent personnes, qui prennent toute la largeur des boulevards et suppriment la circulation des voitures, il y a des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui chantent, qui rient, qui sautent, qui se pressent, qui se bousculent, s’entourent, se suivent, en groupes surmontés de drapeaux le jour, de lampions la nuit. J’ai vu des gens très sérieux chanter à tue-tête La Madelon. D’autres lancer à pleine voix – et de quel coeur – un refrain nouveau : « Guillaume II à Charenton / Ton taine / Guillaume II à Charenton / Ton ton. » Beaucoup de succès, cette chanson !

Paris a hissé son grand pavois. Les maisons ruissellent de drapeaux alliés. On en voit partout, même dans les cours les plus reculées où personne ne va. Vers 11 heures, lorsque le canon parla, un tas de gens qui faisaient queue pour acheter des pommes de terre désertèrent l’épicerie pour le bazar. Et l’on fit queue pour acheter des drapeaux. Les prix varièrent suivant les heures : à 10 heures, 3fr90 ; à 11 heures, 6 francs ; à 11h30, 10 francs.

 

C’est la fin. Chacun l’exprime à sa manière.

– Vive la classe ! crie un poilu.

– Vive l’armistice ! crie un gosse.

– Je vais rentrer en Amérique, prononce un sammie.

 

Et un ouvrier qui ignore tout de la langue de Mark Twain dit à un Américain qu’il ne connaît pas et à qui il serre vigoureusement la main : « Terminus ! » Ca, c’est l’anglais tel qu’on le parle. La devise de Foch : Veni, vidi, vici. C’est un poilu qui me l’a dit.

Les autobus de la Madeleine-Bastille et Saint-Lazare-Gare de Lyon sont détournés par la rue de Provence et les voies latérales. Des cortèges s’organisent spontanément. Des chants s’élèvent. La Marseillaise frémit, clamée par des milliers de bouches. Des vivats s’entrecroisent.

 

– Vive la France !

– Vive Clemenceau !

– Vive Foch !

– Vive l’armée !

 

Car on ne l’oublie pas la Grande Muette qui a tant saigné pour nous gagner ce jour de gloire ! Ah ! Les soldats sont choyés ! On les embrasse, on les félicite. Ils l’ont si bien gagné ! ~ Et devant de grouillement formidable d’êtres humains on pense instinctivement aux premiers jours de la mobilisation. L’évocation est fidèle. Et les drapeaux ! Les fenêtres, à partir de 11 heures, se sont transformées en bouquets d’étendards. Il y en avait partout. Qui donc disait qu’il n’y avait pas de drapeaux ?

Les taxis, les fiacres, les voitures diverses sont décorés de petits étendards. Les camions militaires anglais et américains dévalent à toute vitesse, recouverts d’un immense drapeau qui fait une bâche multicolore, et leurs capots sont drapés d’étoiles blanches sur fond bleu. Des gens s’abordent avec joie et effusion. On se serre les mains plus longtemps, comme si l’on se retrouvait après une longue absence ~ ou après un danger couru.

 

lundi 11 novembre 2019

Saint Martin de Tours, Apôtre de la Gaule, priez pour la France et la paix

Saint Martin, priez pour nous et pour la France !
Statue de Saint Martin, avant d'être remise
sur le toit de la basilique Saint-Martin
à Tours.

Du Cardinal Désiré Joseph Mercier

La religion du Christ fait du patriotisme une loi, il n'y a point de parfait chrétien, qui ne soit un parfait patriote. Elle surélève l'idéal de la raison païenne et le précise, en faisant voir qu'il ne se réalise que dans l'Absolu.
D'où vient, en effet, cet élan universel, irrésistible, qui emporte d'un coup toutes les volontés de la nation dans un même effort de cohésion et de résistance aux forces ennemies qui menacent son unité et son indépendance ?
Comment expliquer que, sur l'heure, tous les intérêts cèdent devant l'intérêt général ; que toutes les vies s'offrent à l’immolation ?

Il n'est pas vrai que l'Etat vaille essentiellement mieux que l'individu et la famille, attendu que le bien des familles et des individus est la raison d'être de son organisation.
La brutalité des mœurs païennes et le despotisme des Césars avaient conduit à cette aberration - et le militarisme moderne tendait à la faire revivre - que l'état est omnipotent et que son pouvoir discrétionnaire crée le Droit.

Poilus dans les tranchées

Non, réplique la théologie chrétienne, le Droit, c'est la Paix, c'est-à-dire l'ordre intérieur de la nation, bâti sur la Justice. Or la Justice elle-même n'est absolue, que parce qu'elle est l'expression des rapports essentiels des hommes avec Dieu et entre eux. Aussi la guerre pour la guerre est-elle un crime. La guerre ne se justifie qu'à titre de moyen nécessaire pour assurer la paix. "Il ne faut pas que la paix serve de préparation à la guerre, dit saint Augustin, il ne faut faire la guerre que pour obtenir la paix".

A la lumière de cet enseignement, que reprend à son compte saint Thomas d'Aquin, le patriotisme revêt un caractère religieux. Les intérêts de famille, de classe, de parti, la vie corporelle de l'individu sont dans l'échelle des valeurs, au-dessous de l'idéal patriotique, parce que cet idéal, c'est le Droit qui est absolu. Ou encore cet idéal, c'est la reconnaissance publique du Droit appliqué à la nation, l'Honneur national. Or, il n'y a d'Absolu, dans la réalité que Dieu.

Dieu seul domine par sa sainteté et par la souveraineté de son empire, tous les intérêts et toutes les volontés. Affirmer la nécessité absolue de tout subordonner au Droit, à la Justice, à l'Ordre, à la Vérité, c'est donc implicitement affirmer Dieu. Et quand nos humbles soldats, à qui nous faisions compliment de leur héroïsme, nous répondaient avec simplicité : "Nous n'avons fait que notre Devoir" ; "l'Honneur l'exige", ils exprimaient à leur façon, le caractère religieux de leur patriotisme.

Qui ne sent que le patriotisme est "sacré" et qu'une atteinte à la dignité nationale est une sorte de profanation sacrilège ? Un officier d'état-major me demandait naguère si le soldat qui tombe au service d'une cause juste - et la nôtre l'est à l'évidence - est un martyr. Dans l'acception rigoureuse et théologique du mot, non, le soldat n'est pas un martyr, car il meurt les armes à la main, tandis que le martyr se livre, sans défense à la violence de ses bourreaux. Mais si vous me demandez ce que je pense du salut éternel d'un brave qui donne consciemment sa vie pour défendre l'honneur de sa patrie et venger la justice violée, je n'hésite pas à répondre que sans aucun doute le Christ couronne la vaillance militaire, et que la mort, chrétiennement acceptée, assure au soldat le salut de son âme.

"Nous n'avons pas, dit Notre-Seigneur, de meilleur moyen de pratiquer la charité, que de donner notre vie pour ceux que nous aimons."Majorem hanc dilectionem nemo habet ut animam suam ponat pro amicis suis."
Le soldat qui meurt pour sauver ses frères, pour protéger les foyers et les autels de la patrie, accomplit cette forme supérieure de la charité.

Il n'aura pas toujours, je le veux, soumis à une analyse minutieuse la valeur morale de son sacrifice, mais est-il nécessaire de croire que Dieu demande au brave entraîné au feu du combat, les précisions méthodiques du moraliste ou du théologien ?
Nous admirons l'héroïsme du soldat : se pourrait-il que Dieu ne l'accueillit pas avec amour ? ~ Car telle est la vertu d'un acte de charité parfaite, qu'à lui seul il efface une vie entière de péché. D'un coupable, sur l'heure, il fait un saint. Et combien n'y en a-t-il pas, parmi ces jeunes gens de vingt ans, qui n'auraient pas eu, peut-être le courage de bien vivre, et dans l'entraînement patriotique, se sentent le courage de bien mourir ?

Le bleuet de France, symbole de la vie qui renaît malgré la haine et l'horreur de la guerre.
Prions pour tous les soldats morts pour la France, pour leurs familles, pour les orphelins et veuves de guerre !

mercredi 8 mai 2019

Aujourd'hui nous célébrons trois grandes fêtes...


L'apparition de l'archange sur le mausolée d'Hadrien


... toutes en l'honneur de l'Archange Saint Michel, premier parmi les neuf Chœurs des Esprits bienheureux.

Il s'agit des apparitions et miracles de l'Archange :
~ au Mont Gargan,
~ à Colosses,
~ et à Rome. 

Voici le récit des miracles romains.
Prions pour que l'Archange ne désespère pas de nous et n'abandonne ni Rome, ni la France, ni son Eglise.



Du haut de l’ambon de Saint-Jean-du-Latran, il (le Pape S. Grégoire le Grand) s’écrie :
Frères bien-aimés, la mort frappe à coups redoublés ... Nous à qui elle laisse encore le temps de pleurer, livrons-nous à la pénitence ! 
Puis il traça l’ordre et la manière dont devrait se faire la solennelle supplication :
L'apparition au Mont Gargan
Le clergé partira de l’église des Saints-Côme-et-Damien, avec les prêtres de la sixième région ; les abbés et les moines partiront de l’église des Saints-Gervais-et-Protais  avec les prêtres de la quatrième région ; les abbesses et leurs communautés partiront de l’église des Saints-Pierre-et-Marcellin avec les prêtres de la première région ; les enfants réunis dans l’église des Saints-Jean-et-Paul en sortiront avec les prêtres de la deuxième région ; les laïques assemblés dans l’église de Saint-Etienne, premier martyr, en sortiront avec les prêtres de la septième région ; les veuves partiront de l’église de Sainte-Euphémie avec les prêtres de la cinquième région ; enfin les femmes mariées partiront de l’église de Saint-Clément avec les prêtres de la troisième région.

Dans cet ordre connu depuis sous le nom de Litanie septiforme, selon le témoignage de saint Grégoire de Tours, pendant trois jours, à partir de neuf heures, de chacune de ces églises nous sortirons en récitant des prières et en versant des larmes : nous nous rejoindrons tous à la basilique de la Sainte Vierge Marie, et nous continuerons là nos prières et nos supplications.

L'apparition à Colosses
Le premier jour, quatre-vingt personnes meurent pendant la procession. Grégoire fait vénérer l’image de la Mère de Dieu, attribuée à saint Luc, puis, les jours suivants, pieds nus et couvert d’un sac, la porte en procession dans les rues de Rome, vers la basilique Saint-Pierre. Arrivés à la hauteur du mausolée d’Hadrien, tous perçoivent les accents d’un chœur angélique qui chante : Réjouissez-vous, Reine du ciel, Alléluia ! ; à quoi Grégoire répond : Car celui qu’il vous fut donné de porter est ressuscité comme il l’avait dit, Alléluia ! puis il s’écrie, imité par la foule : Priez pour nous, sainte Mère de Dieu, Alléluia ! 

L’archange saint Michel apparaît alors au sommet de l’édifice et remet son épée au fourreau ; la peste cesse et l’Eglise s’est enrichie d’une hymne à la Sainte Vierge, le Regina cæli, qu’elle chante toujours au temps de Pâques. Depuis, le mausolée d’Hadrien est appelé le château Saint-Ange.



"Notre" Mont Saint-Michel, gravure aquarellée de 1705. Sa fête est le 16 octobre.

mardi 16 avril 2019

Prions pour la France, prions pour le diocèse de Paris

Son Excellence, Mgr Michel Aupetit,
Archevêque de Paris

Hier soir, la Cathédrale Notre-Dame de Paris prenait feu. L'un des monuments les plus visités est quasiment ruiné. Plus qu'un monument, c'est une Cathédrale, une église, la Maison de Dieu parmi les hommes, l'Eglise - Mère d'un diocèse, celle de la capitale de notre pays, qui prenait feu. Elle fut le lieu de pèlerinage et de visite de tant de Saints. Elle fut le lieu de toutes les acclamations de joie et de victoire de notre pays.

Que n'avons-nous pas entendu de pleurs, de larmes mais aussi, parfois - pardonnez-moi ! - de jérémiades. On a pleuré sur les tableaux et les statues antiques, les œuvres d'art, les calices et les ornements précieux qui étaient irrémédiablement détruits ou outragés par les flammes et la fumée.

Est-ce un drame ? Oui. Et non.

Oui c'est un drame car c'est notre église Cathédrale. Oui c'est un drame parce qu'elle fut le lieu de tant de conversions, de confessions, de communions, de baptêmes et d'ordinations. J'y ai été converti le Mercredi Saint 1998. J'y ai été ordonné il y a presque 10 ans... Chapelain de l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, j'y ai été investi et j'y ai prié devant la sainte Couronne d'épines.

Pourtant, non ce n'est pas un drame car on a pas eu a déplorer de morts. Non, ce ne sont que des pierres, du métal et du tissu qui ont été abîmés, détériorés ou détruits. De nos temples de pierre, comme de celui de Jérusalem, il ne restera pas pierre sur pierre.

Détruisez ce temple, disait le Seigneur, et en trois jours, je le rebâtirai... A la fin des temps, ce monde disparaîtra. Toutes ces beautés, toutes ces richesses, tout disparaîtra pour laisser place au grand Jugement, à un monde nouveau, à des cieux nouveaux pour une humanité sainte et renouvelée, rachetée par le Sang précieux du Christ.

Non ce n'est pas un drame, car, comme Chrétiens, nous avons un temple indestructible, le Corps du Christ vivant, ressuscité, qui nous communique la foi, l'espérance et la charité dans ses Sacrements. Et l'Eglise du Ciel et de la terre à laquelle nous appartenons, celle-ci n'est-elle pas indestructible ? Ne le savez-vous pas, écrivait S. Paul, vos corps sont devenus le temple de Dieu ; glorifiez Dieu dans votre corps !

Dans quelques jours, le temple véritable sera réduit à rien sur la Croix. 
Mais dans quelques jours, nous chanterons la victoire du Ressuscité sur le Mal, le monde et son Prince qui anime tant de ses suppôts.

Revenons donc à l'Essentiel. Ayons la foi, l'espérance et la charité.

L'Archevêque de Paris a perdu sa Cathédrale ?
Sa cathèdre, elle, le lieu de son enseignement qui faisait de cette église un lieu si important, sera déplacée ailleurs le temps nécessaire.
Demain, ce sera la Messe chrismale, ailleurs.
Les huiles seront bénies et la vie continuera, ailleurs.
Et on rebâtira sur des bases plus solides. Pas avec des pierres, mais avec la foi vivante de tout le peuple chrétien.

Dieu nous donne un signe.
On ne compte plus les églises profanées et souillées, les tabernacles pillés, les statues, les tableaux et les icônes brisés ou ravagés. Qui s'en émeut ? Les hommes politiques et les garants de la paix publique ont l'émotion à géométrie très variable.
Au Christ et son Eglise, les crachats, les outrages et la Croix. Aux disciples de Barabbas, émeutiers, profanateurs ou meurtriers, outrageant Dieu et sa justice, sa Loi divine et la loi naturelle, la liberté et les louanges du monde. N'avons-nous pas eu des tags mentionnant : "Une église qui illumine est une église qui brûle" ? Et bien voilà qui est fait. Notre-Dame a brûlé.

Dieu nous donne un signe.
Il est temps, grand temps, que l'Eglise véritable, le peuple de Dieu tout entier, se réveille, que le peuple chrétien de Paris et de France sorte de sa torpeur, prie, se confesse, témoigne, agisse et vive en conscience selon les enseignements du seul Seigneur, du seul Sauveur. 

Rappelez-vous l'effondrement de la tour de Siloé, disait le Seigneur, convertissez-vous ou vous périrez de même... Les Lumières, la libre-pensée, les loges, l'athéisme, cet esprit bourgeois-bohème nihiliste et méprisant, n'aimant que pouvoir et argent ... Tout cela ne mènera qu'à la ruine.

Rappelons-nous cette question posée par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, le 1er juin 1980, au Bourget :

Alors permettez-moi ~ de vous interroger : 
France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? 


Permettez-moi de vous demander :
France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ?

Pardonnez-moi cette question.
Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. 
Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit.

Et les impropères du Vendredi Saint chantent ce chant déchirant :

O mon peuple que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi !

Alors maintenant, vivons notre foi. Prions. Offrons tout. Unissons-nous à la Passion, à la mort et à la Résurrection du Sauveur. Vivons intensément cette Semaine Sainte bénie entre toutes. Ainsi notre joie sera parfaite. Alors Paris et la France seront vraiment dignes de son Roi, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme.



lundi 21 janvier 2019

Naissance au Ciel du roi Louis XVI de France, mort en haine de la foi et de la France



Allocution du Pape Pie VI au Consistoire secret du 17 juin 1793 sur l'assassinat de Louis XVI

La condamnation à mort
«Le Roi Très Chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie, et ce jugement s'est exécuté (…) 

Qui pourra jamais douter que ce Monarque ait été principalement immolé en haine de la Foi et par esprit de fureur contre les dogmes catholiques (...) 

Ah ! France ! Ah ! France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la Chrétienté et l'inébranlable appui de la foi ; toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marche pas à la suite des nations, mais les précède toutes, combien tu nous es contraire aujourd'hui ! 
La dernière confession

Ah ! Encore une fois, France ! Tu demandais toi-même auparavant un roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du royaume ne permettaient pas de reconnaître un roi qui ne fut pas catholique. Et maintenant que tu l'avais, ce roi catholique, c'est précisément parce qu'il était catholique que tu viens de l'assassiner ! (...)

Jour de triomphe pour Louis XVI, à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations et la victoire au milieu de son supplice ! »


Sa Majesté le roi Louis XX de France en présence du Pape Benoît XVI

mardi 15 janvier 2019

15 janvier, Saint Rémi de Reims, Evêque qui baptisa la France en son roi, Clovis



Du R.P. Henri-Dominique Lacordaire, op. : Discours sur la vocation de la nation française prononcé à la Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 14 février 1841

Non loin des bords du Rhin, un chef barbare livrait bataille à d'autres barbares : ses troupes plient ; il se souvient dans le péril que sa femme adore un Dieu dont elle lui a vanté la puissance. Il invoque ce Dieu, et, la victoire ayant suivi sa prière, il court se prosterner devant le ministre du Dieu de Clotilde : «Doux Sicambre, lui dit saint Remy, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré». Ce Dieu, Messieurs, c'était le Christ ; ce roi, cette reine, cet évêque, cette victoire, c'était la nation franque, et la nation franque était la première nation catholique donnée par Dieu à Son Église.

Ce n'est pas moi qui décerne cette louange magnifique à ma patrie ; c'est la papauté, à qui il a plu, par justice, d'appeler nos rois les fils aînés de l'Église. De même que Dieu a dit à Son Fils de toute éternité : Tu es Mon premier né, la papauté a dit à la France : Tu es ma fille aînée. Elle a fait plus, s'il est possible ; afin d'exprimer plus énergiquement ce qu'elle pensait de nous, elle a créé un barbarisme sublime : elle a nommé la France le Royaume christianissime, - Christianissimum regnum. Ainsi, primogéniture dans la foi, excellence dans la foi, tels sont nos titres, telle était notre vocation.

Simon Vouet, saint Louis recevant la sainte Couronne d'épines
Y avons-nous répondu ? Car il ne suffit pas d'être appelé, il faut répondre à sa vocation. Avons-nous répondu à la nôtre ? C'est demander ce que notre patrie a fait pour Jésus-Christ et Son Église.

L'Église a couru trois périls suprêmes : l'arianisme, le mahométisme, le protestantisme ; Arius, Mahomet, Luther, les trois grands hommes de l'erreur, si toutefois un homme peut être appelé grand lorsqu'il se trompe contre Dieu.

(…) Après ces deux honteuses défaites (l’arianisme et l’Islam défait à Poitiers par Charles Martel), le démon comprit qu'il n'atteindrait jamais son but en s'attaquant directement à Jésus-Christ. Car Jésus-Christ et l'Évangile, c'est la même chose, et l'Évangile va trop droit au cœur des hommes pour espérer de l'y détrôner. Mais l'Église, ce n'est plus Jésus-Christ qu'indirectement ; elle est composée d'hommes sujets aux faiblesses et aux passions de l'humanité : on pouvait peut-être, dans ce côté humain, ruiner l'œuvre divine.

(…) La France n'eut pas seulement la gloire de se tenir ferme dans la foi ; elle eut à combattre dans son propre sein l'expansion de l'erreur représentée par Calvin, et la révolte d'une partie de sa noblesse, un moment appuyée de la royauté. L'élan national la sauva ; on la vit, confédérée dans une sainte ligue, mettre sa foi plus haut que tout, plus haut même que la fidélité à ses souverains, et ne consentir à en reconnaître l'héritier légitime qu'après que lui-même eut prêté serment au Dieu de Clovis, de Charlemagne et de saint Louis.



Pour ne pas perdre le sens du bien ni son bon sens, regardons la fleur de lys

lundi 12 novembre 2018

Saint Martin de Tours, priez pour nous, pour la France et la paix



Sulpice Sévère, « Vie de Saint Martin de Tours »

III. — Un jour, au milieu d’un hiver dont les rigueurs extraordinaires avaient fait périr beaucoup de personnes, Martin, n’ayant que ses armes et son manteau de soldat, rencontra à la porte d’Amiens un pauvre presque nu.

L’homme de Dieu, voyant ce malheureux implorer vainement la charité des passants qui s’éloignaient sans pitié, comprit que c’était à lui que Dieu l’avait réservé. Mais que faire ? il ne possédait que le manteau dont il était revêtu, car il avait donné tout le reste ; il tire son épée, le coupe en deux, en donne la moitié au pauvre et se revêt du reste. Quelques spectateurs se mirent à rire en voyant ce vêtement informe et mutilé ; d’autres, plus sensés, gémirent profondément de n’avoir rien fait de semblable, lorsqu’ils auraient pu faire davantage, et revêtir ce pauvre sans se dépouiller eux-mêmes.

La nuit suivante, Martin s’étant endormi vit Jésus-Christ revêtu de la moitié du manteau dont il avait couvert la nudité du pauvre ; et il entendit une voix qui lui ordonnait de considérer attentivement le Seigneur et de reconnaître le vêtement qu’il lui avait donné.
Vitrail de la Cathédrale de Chartres
Puis Jésus se tournant vers les anges qui l’entouraient leur dit d’une voix haute : « Martin n’étant encore que catéchumène m’a revêtu de ce manteau. » Lorsque le Seigneur déclara qu’en revêtant le pauvre, Martin l’avait vêtu lui-même, et que, pour confirmer le témoignage qu’il rendait à une si bonne action, il daigna se montrer revêtu de l’habit donné au pauvre, il se souvenait de ce qu’il avait dit autrefois : « Tout ce que vous avez fait au moindre des pauvres vous me l’avez fait à moi-même. »

Cette vision ne donna point d’orgueil au bienheureux ; mais, reconnaissant avec quelle bonté Dieu le récompensait de cette action, il se hâta de recevoir le baptême, étant âgé de dix-huit ans. Cependant il ne quitta pas aussitôt le service ; il céda aux prières de son tribun, avec qui il vivait dans la plus intime familiarité, et qui lui promettait de renoncer au monde aussitôt que le temps de son tribunat serait écoulé. Martin, se voyant ainsi retardé dans l’exécution de ses projets, resta sous les drapeaux et demeura soldat, seulement de nom, il est vrai, pendant les deux années qui suivirent son baptême.



Messe des poilus, le 14 février 1915