mardi 30 mai 2017

Sainte Jeanne d'Arc, priez pour la France !

Lunéville. Vitrail de la prise d'Orléans
55e SÉANCE, MARDI 29 MAI 1431. 
Dans la chapelle de l’archevêché, à Rouen.

Dernière délibération.
N. de Venderès : Jeanne doit être et est considérée hérétique. La sentence ayant été portée par les juges, Jeanne doit être abandonnée au bras séculier, avec prière de la vouloir traiter bien doucement.
Gilles, abbé de Fécamp : Jeanne est relapse. Cependant il est bon de lui relire la cédule comminatoire qui lui a été lue dernièrement et de la lui expliquer en lui prêchant la parole divine. Cela fait, les juges ont à la déclarer hérétique, puis à l’abandonner au bras séculier avec prière de la traiter bien doucement.
J. Pinchon: Elle est relapse. Pour le reste s’en rapporte aux théologiens. G. Erard : Relapse, et partant doit être abandonnée (comme M. de Fécamp).
R. Gilbert, comme G. Erard. L’abbé de Saint-Ouen, J. de Châtillon, E. Emengard, G. Boucher, le prieur de Longueville, G. Haiton, A. Marguerie, J. Alépée, J. Garin, comme M. de Fécamp. D. Gastinel : Cette femme est hérétique et relapse ; elle doit être abandonnée au bras séculier sans recommandation de la traiter doucement.
P. de Vaux: idem.
P. de Houdenc, J. Nibat, Guillaume abbé de Mortemer, J. Guesdon, N. Coppequesne, G. du Desert, P. Maurice, Baudribosc, Cavai, Loyseleur, Desjardins, Tiphaine, du Livet, du Crotoy, P. Correl, Ledoux, Colombel, Morel, Ladvenu, Dugrouchet, Pigache, Delachambre médecin, comme M. de Fécamp.
Th. de Courcelles, Is. de la Pierre, comme M. de Fécamp. Ils ajoutent que cette femme doit être encore avertie charitablement pour le salut de son âme, en lui représentant qu’elle n’a plus rien à espérer de sa vie temporelle.
J. Mauget, comme M. de Fécamp.

56e SÉANCE, MERCREDI 30 MAI 1431, VERS 9 HEURES DU MATIN, A ROUEN, SUR LE VIEUX MARCHÉ.

Par exploit de Jean Massieu, prêtre, Jeanne, ayant été citée, comparaît.
Présents et assistants : Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, et fr. Jean Lemaître, de l’ordre de Saint-Dominique, juges.
Henri de Beaufort, cardinal d’Angleterre.
Les évêques de Thérouanne et de Noyon.
J. de Châtillon, A. Marguerie, N. de Venderès, R. Rousse!, D. Gastinel, G. le Bouchier, Th. de Courcelles, J. Alépée, P. de Houdenc, P. Maurice, G. Haiton, le prieur de Longueville, R. Gilebert, J. Lefebvre, J. Garin et beaucoup d’autres seigneurs et maîtres, ecclésiastiques, fut amenée ladite Jeanne par-devant nous, par Jean Massieu, à la vue du peuple réuni en foule, et placée sur un échafaud ou ambon. Pour l’admonester salutairement et édifier les peuples, une prédication solennelle a été faite par illustre docteur en théologie M. Nicolas Midi. Celui-ci a pris pour thème la parole de l’apôtre écrite au chapitre XIe de la Ière aux Corinthiens « Si un membre souffre, tous les autres membres souffrent. »

La prédication finie, nous avons de nouveau averti ladite Jeanne qu’elle pourvût au salut de son âme; qu’elle songeât à ses méfaits pour en faire pénitence avec vraie contrition. Nous l’avons exhortée de croire aux conseils des clercs et notables hommes qui l’instruisaient et enseignaient touchant son salut; spécialement des deux vénérables frères qui l’assistaient et que nous y avions commis pour cet effet. Cela fait, nous évêque et vicaire, eu égard à ce qui précède. D’où il résulte que ladite femme, obstinée dans ses erreurs, ne s’est jamais sincèrement désistée de ses témérités et crimes infâmes; que, bien plus et loin de là, elle s’est montrée évidemment plus condamnable, par la malice diabolique de son obstination en feignant une contrition fallacieuse et une pénitence et amendement hypocrite, avec parjure du saint nom de Dieu et blasphème de son ineffable majesté; attendu qu’elle s’est montrée ainsi, — comme obstinée, incorrigible, hérétique et relapse — indigne de toute grâce et communion que nous lui avions miséricordieusement offertes dans notre première sentence; tout considéré, sur la délibération et conseil de nombreux consultants, nous avons procédé à notre sentence définitive, en ces termes :
« Au nom de Dieu, Amen. 
Toutes les fois que le venin pestilentiel de l’hérésie s’attache à l’un des membres de l’Eglise, et le transfigure en un membre de Satan, il faut s’étudier avec un soin diligent à ce que l’infâme contagion de cette lèpre ne puisse gagner les autres parties du corps mystique de Jésus-Christ. Les préceptes des saints Pères ont en conséquence prescrit qu’il valait mieux séparer du milieu des justes les hérétiques endurcis que de réchauffer un serpent aussi pernicieux pour le reste des fidèles dans le sein de notre pieuse mère l’Eglise. 
C’est pourquoi nous, Pierre, etc., Jean, etc., juges compétents en cette partie, nous t’avons déclarée par juste jugement, toi, Jeanne, vulgairement appelée la Pucelle, être tombée en diverses erreurs et crimes de schisme, idolâtrie, invocation des démons et beaucoup d’autres délits. Néanmoins comme l’Eglise ne ferme pas son sein au pécheur qui y retourne, nous, pensant que tu avais de bonne foi abandonné ces erreurs et ces crimes, attendu que certain jour tu les as désavoués, que tu as publiquement juré, voué et promis de n’y plus retourner sous aucune influence ou d’une manière quelconque, mais que tu préférais demeurer fidèlement et constamment dans la communion, ainsi que dans l’unité de l’Eglise catholique et du pontife romain, comme il est plus explicitement contenu dans ta cédule souscrite de ta propre main; attendu néanmoins que, après cette abjuration, séduite dans ton coeur par l’auteur de schisme et d’hérésie, tu es retombée dans ces délits, ainsi qu’il résulte de tes déclarations, ô honte! itératives, comme le chien retourne à son vomissement; attendu que nous tenons pour constant et judiciairement manifeste que ton abjuration était plutôt feinte que sincère.
Pour ces motifs, nous te déclarons retombée dans les sentences d’excommunication que tu as primitivement encourues, relapse et hérétique, et par cette sentence émanée de nous siégeant au tribunal, nous te dénonçons et prononçons, par ces présentes, comme un membre pourri, qui doit être rejeté et retranché de l’unité ainsi que du corps de l’Eglise, pour que tu n’infectes pas les autres. Comme elle, nous te rejetons, retranchons et t’abandonnons à la puissance séculière, en priant cette puissance de modérer son jugement envers toi en deçà de la mort et de la mutilation des membres, priant aussi que le sacrement de pénitence te soit administré, si en toi apparaissent les vrais signes de repentir. »

Lunéville. Vitrail du bûcher
Suit la sentence spéciale d’excommunication.

Déposition de Guillaume Manchon, greffier.
Le mercredi, au point du jour, avant la sentence et le (départ du château, Jeanne communia suivant sa demande. Pouvait-on donner la communion à une personne ainsi déclarée excommuniée et hérétique? Ne fallait-il pas absolution en forme de l’Eglise ? Les juges et conseillers mirent ce point en délibération et décidèrent de lui accorder, sur sa requête, le sacrement de l’Eucharistie, avec l’absolution.
Jeanne fut menée à son supplice avec une grande troupe d’hommes d’armes, au nombre d’environ quatre-vingts, partant épées et bâtons. Je la vis amener à l’échafaud. Sur la place étaient rangés sept à huit cents hommes de guerre. Ils entouraient Jeanne, si bien que personne n’eût été assez hardi pour lui parler, excepté frère Martin Ladvenu et maître Jean Massieu.
Jeanne ouït patiemment le sermon tout au long. Après, elle fit ses prières et lamentations, bien notablement et dévotement, de telle sorte que les juges, les prélats et tous les autres assistants furent provoqués à grands pleurs et larmes en la voyant exprimer ses pitoyables regrets et faire ses douloureuses complaintes. La sentence de l’Eglise venait d’être prononcée et Jeanne savait qu’elle allait mourir. Elle fit ses plus belles oraisons, recommandant son âme à Dieu, à la sainte Vierge et à tous les saints, les invoquant et demandant pardon et à ses juges et aux Anglais et au roi de France et à tous les princes du royaume. Je me retirai et ne vis pas le reste. Jamais je ne pleurai tant pour chose qui m’advint. Encore un mois après je ne m’en pouvais bonnement apaiser. C’est pourquoi de l’argent que j’avais eu du procès en rémunération de mes peines et labeurs, j’achetai un petit missel, que j’ai encore, comme souvenir de Jeanne et afin d’avoir occasion de prier pour elle.
J’ai ouï dire qu’à la suite de la sentence du juge d’Eglise qui la livrait au bras séculier, Jeanne fut conduite au bailli là présent, et que celui-ci sans autre délibération ou sentence, faisant signe de la main, dit « Menez ! Menez! » Et Jeanne fut menée au bûcher.
J’ai ouï dire encore par les témoins que Jeanne, à sa fin, avait invoqué le nom de Jésus. Elle ne voulut jamais révoquer ses révélations et y persista jusqu’à la dernière heure. De l’avis de tous, sa mort fut bien chrétienne. Pour moi, oncques ne vis aucun chrétien, plus grand signe de pénitence finale.

Déposition de Jean Massieu, huissier. 
Le mercredi suivant eut lieu l’exécution. Dès le matin, après avoir ouï deux fois Jeanne en confession, frère Martin Ladvenu m’envoya trouver l’évêque de Beauvais pour l’informer qu’elle s’était confessée et demandait la communion. L’évêque réunit quelques docteurs. Après qu’ils eurent délibéré il revint me dire : « Dites à frère Martin de lui donner la communion et tout ce qu’elle demandera ». Je revins nu château et avisai frère Martin.
Lunéville. Vitrail de la communion de Sainte Jehanne
dans sa prison
Certain clerc, messire Pierre apporta à Jeanne le corps de Notre-Seigneur, mais avec bien de l’irrévérence, sur une patène enveloppée du conopée dont on couvre le calice, sans lumière, sans cortège, sans surplis et sans étole. Frère Martin en fut mécontent. Il envoya quérir une étale et de la lumière, puis il communia Jeanne. J’y étais. Elle reçut l’hostie très dévotement et en répandant beaucoup de larmes.
Cela fait, Jeanne fut conduite au Vieux-Marché; frère Martin et moi nous la conduisîmes. Il y avait plus de 800 hommes d’escorte portant haches et glaives. Sur le chemin, Jeanne faisait de si pieuses lamentations que frère Martin et moi ne pouvions nous tenir de pleurer.
Au Vieux-Marché, Jeanne ouït le sermon de maître Nicolas Midi bien paisiblement. Le sermon fini, maître Midi dit à Jeanne : « Jeanne, va en paix, l’Eglise ne peut plus te défendre et te livre au bras séculier. » A ces mots, Jeanne, s’étant agenouillée, fit à Dieu les plus dévotes oraisons. Elle eut une merveilleuse constance, montrant apparences évidentes et grands signes de contrition, pénitence et ferveur de foi, tant par ses piteuses et dévotes lamentations que par ses invocations de la benoîte Trinité, de la benoîte glorieuse Vierge Marie et de tous les benoîts saints du paradis, parmi lesquels elle en nommait expressément plusieurs. Au milieu de ses lamentations, dévotions et attestations de vraie foi, elle demandait merci très humblement à toute manière de gens, de quelque condition ou état qu’ils fussent, tant de l’autre parti que du sien, en requérant qu’ils voulussent prier pour elle et en leur pardonnant le mal qu’ils lui avaient fait. Elle continua ainsi longtemps, environ une demi- heure. A cette vue les juges assistants se mirent à pleurer avec abondance. Plusieurs des Anglais présents reconnaissaient et confessaient le nom de Dieu au spectacle d’une si notable fin. Ils étaient joyeux d’y avoir assisté, disant que ç’avait été une bonne femme.
Quand Jeanne fut abandonnée par l’Eglise, j’étais encore avec elle. Elle requit avec grande dévotion qu’on lui donnât une croix. Un Anglais en fit une avec le bout d’un bâton et la lui donna. Jeanne la reçut dévotement, la baisa tendrement, faisant de piteuses lamentations et oraisons à Dieu notre Rédempteur qui souffrit en la croix pour notre salut; de laquelle croix elle avait le signe et la représentation. Elle mit cette croix en son sein, entre sa chair et son vêtement. De plus, elle me demanda humblement de lui faire avoir la croix de l’église afin qu’elle la vît continuellement jusqu’à la mort. Je fis tant que le clerc de la paraisse Saint-Sauveur la lui apporta. Quand on la lui eut apportée, Jeanne l’embrassa bien fort et longuement en pleurant, et elle la serra dans ses mains jusqu’à ce que son corps fût lié au poteau.
Pendant que Jeanne faisait ses dévotions et pieuses lamentations, les soldats anglais et plusieurs de leurs capitaines nous harcelaient, ayant hâte qu’elle fût mise entre leurs mains pour la faire plus tôt mourir. Je réconfortais Jeanne sur l’échafaud du mieux que je pouvais quand ils me dirent : « Comment, prêtre, nous ferez-vous dîner ici ? » Et incontinent, sans aucune forme ni signe de jugement, ils l’envoyèrent au feu en disant au bourreau : « Fais ton office. » Accompagnée de frère Martin, Jeanne fut conduite et liée, et jusqu’au dernier moment elle continua les louanges et lamentations dévotes envers Dieu, saint Michel, sainte Catherine et tous les saints. En mourant, elle cria à haute voix: JÉSUS !
Je tiens de Jean Fleury, clerc et greffier du bailli, qu’au rapport du bourreau, le corps étant réduit en cendres, le coeur de Jeanne était resté intact et plein de sang.
On donna ordre au bourreau de recueillir tout ce qui restait de Jeanne et de le jeter à la Seine, il le fit.

Déposition de frère Jean Toutmouillé, des frères prêcheurs.
Le jour où Jeanne fut brûlée, je me trouvai dès le matin en la prison avec frère Martin Ladvenu que l’évêque de Beauvais lui avait envoyé pour l’induire à vraie pénitence et l’entendre en confession; ce que ledit Ladvenu fit bien soigneusement et charitablement.
Quand il annonça à Jeanne la sentence des juges et qu’elle ouït la dure et cruelle mort qui l’attendait, elle cria douloureusement et piteusement, se tira et arracha les cheveux: « Hélas, me traite-t-on ainsi horriblement et cruellement qu’il faille que mon corps net et entier qui ne fut jamais corrompu soit aujourd’hui consumé et réduit en cendres! Ah! ah! j’aimerais mieux être décapitée sept fois que d’être ainsi brûlée. Hélas si j’eusse été en la prison ecclésiastique à laquelle je m’étais soumise et que j’eusse été gardée par les gens d’Eglise, non pas par mes ennemis et adversaires, il ne me fût pas si misérablement arrivé malheur. Oh! j’en appelle devant Dieu, le grand juge, des grands torts et ingravances qu’on me fait. » Et elle se plaignait merveilleusement des oppressions et violences qu’on lui avait faites.
Lunéville. Les voix de Sainte Jehanne
Après ces plaintes survint l’évêque de Beauvais auquel elle dit incontinent : « Evêque, je meurs par vous. » Il commença à lui faire des remontrances, disant: « Ah! Jeanne, prenez tout en patience, vous mourez pour ce que vous n’avez pas tenu ce que vous aviez promis et que vous êtes retournée à votre premier maléfice. » Et la pauvre Pucelle lui répondit : « Hélas! si vous m’eussiez mise aux prisons de cour d’Eglise et rendue entre les mains de concierges ecclésiastiques compétents et convenables, ceci ne fût pas advenu. C’est pourquoi j’en appelle de vous devant Dieu. » Pour lors je sortis et n’ouïs plus rien.

Déposition de frère Martin Ladvenu, frère prêcheur.
La Pucelle me révéla qu’après son abjuration, on l’avait tourmentée violemment en la prison, molestée et battue, et qu’un lord anglais avait tenté de la violer. Elle disait publiquement et elle me dit à moi que c’était la cause pour laquelle elle avait repris l’habit d’homme.

Avec la permission des juges, avant le prononcé de la sentence, j’entendis Jeanne en confession et je lui administrai le corps de Notre-Seigneur. Elle le reçut avec grande dévotion et beaucoup de larmes. Son émotion était telle que je ne saurais l’exprimer.

Le matin de ce jour qui était un mercredi, tandis que j’étais avec Jeanne pour la préparer au salut, l’évêque de Beauvais et quelques chanoines de Rouen entrèrent: Quand elle vit l’évêque, Jeanne lui dit : « Vous êtes cause de ma mort, vous m’aviez promis de me mettre aux mains de l’Eglise et vous m’avez remise aux mains de mes pires ennemis. » Près de sa fin elle disait encore à l’évêque : « Hélas je meurs par vous, car si vous m’eussiez donnée à garder aux prisons d’Eglise, je ne serais pas ici. »

Au lieu de procéder régulièrement, on s’en tint à la sentence épiscopale et il n’y eut pas de sentence laïque. C’est là un fait dont je suis certain, car je ne quittai pas Jeanne depuis sa sortie du château jusqu’au moment où elle rendit l’esprit. Après qu’elle eut été abandonnée par l’Eglise au bras séculier, deux sergents anglais la contraignirent de descendre de l’échafaud, la menèrent au lieu de l’exécution et la livrèrent au bourreau. Pourtant le bailli et la cour séculière étaient présents, assis sur un échafaud. Mais, je le répète, il n’y eut pas de condamnation portée par eux.

Le bourreau disait: « Jamais l’exécution d’aucun criminel ne m’a donné tant de crainte que l’exécution de cette pucelle; d’abord à cause de sa réputation et du grand bruit fait autour d’elle, puis à cause de la manière cruelle dont elle a été liée et affichée. » De fait les Anglais avaient fait faire un haut échafaud en plâtre, et au dire du bourreau, il ne la pouvait bonnement ni facilement expédier, ayant peine à atteindre jusqu’à elle. De tout cela il était fort marri et il avait grande compassion de la façon atroce dont on faisait mourir Jeanne.

Je puis attester la grande et admirable contrition de Jeanne, sa continuelle confession et repentance. Elle prononçait toujours le nom de Jésus et elle invoquait dévotement l’aide des saints et saintes du paradis.

Jusqu’à sa dernière heure, comme toujours, Jeanne affirma et maintint que ses voix étaient de Dieu, que tout ce qu’elle avait fait elle l’avait fait par ordre de Dieu, et qu’elle ne croyait pas avoir été trompée par ses voix; enfin que ses révélations étaient de Dieu.


Déposition de frère Jean de Lenozoles, prêtre de l’ordre des Célestins.
J’ai souvenir d’avoir été présent au prêche du Vieux-Marché. Dès le matin avant le prêche, je vis porter à Jeanne le corps du Christ, en grande solennité. On chantait les litanies ; on disait: « Priez pour elle! » et il y avait une grande multitude de flambeaux. Je n’assistai point à la communion de Jeanne. Mais depuis, j’ai entendu dire qu’elle avait reçu le bon Dieu fort dévotement et avec grande abondance de larmes.

Domrémy. Sainte Jehanne écoutant Sainte Marguerite.
Déposition de frère Isambard de la Pierre, frère prêcheur.
A son dernier jour, Jeanne se confessa et communia. La sentence ecclésiastique fut ensuite prononcée. Ayant assisté à tout le dénouement du procès, j’ai bien et clairement vu qu’il n’y eut pas de sentence portée par le juge séculier. Celui-ci était à son siège, mais il ne formula pas de conclusion. L’attente avait été longue. A la fin du sermon, les gens du roi d’Angleterre emmenèrent Jeanne et la livrèrent au bourreau pour être brûlée. Le juge se borna à dire au bourreau, sans autre sentence: « Fais ton office

Frère Martin Ladvenu et moi suivîmes Jeanne et restâmes avec elle jusqu’aux derniers moments. Sa fin fut admirable tant elle montra grande contrition et belle repentance. Elle disait des paroles si piteuses, dévotes et chrétiennes que la multitude des assistants pleurait à chaudes larmes. Le cardinal d’Angleterre et plusieurs autres Anglais ne purent se tenir de pleurer; l’évêque de Beauvais, même lui, versa quelques pleurs.

Comme j’étais près d’elle, la pauvre pucelle me supplia humblement d’aller à l’église prochaine et de lui apporter la croix pour la tenir élevée tout droit devant ses yeux jusqu’au pas de la mort, afin que la croix où Dieu pendit, fût, elle vivante, continuellement devant sa vue.

C’était bien une vraie et bonne chrétienne. Au milieu des flammes, elle ne s’interrompit pas de confesser à haute voix le saint nom de Jésus, implorant et invoquant l’aide des saints du paradis. En même temps elle disait qu’elle n’était ni hérétique, ni schismatique comme le partait l’écriteau. Elle m’avait prié de descendre avec la croix, une fois le feu allumé, et de la lui faire voir toujours. Ainsi je fis. A sa fin, inclinant la tête et rendant l’esprit, Jeanne prononça encore avec force le nom de Jésus. Ainsi signifiait-elle qu’elle était fervente en la foi de Dieu, comme nous lisons que le firent saint Ignace d’Antioche et plusieurs autres martyrs. Les assistants pleuraient.

Un soldat anglais qui la haïssait mortellement avait juré qu’il mettrait de sa propre main un fagot au bûcher de Jeanne. Il le fit. Mais à ce moment, qui était celui où Jeanne expirait, il l’entendit crier le nom de Jésus. Il demeura terrifié et comme foudroyé. Ses camarades l’emmenèrent dans une taverne près du Vieux-Marché pour le ragaillardir en le faisant boire. L’après-midi, le même Anglais confessa en ma présence à un frère prêcheur de son pays, qui me répéta ses paroles, qu’il avait gravement erré, qu’il se repentait bien de ce qu’il avait fait contre Jeanne, qu’il la réputait maintenant bonne et brave pucelle; car au moment où elle rendait l’esprit dans les flammes il avait pensé voir sortir une colombe blanche valant du côté de la France.

Le même jour, l’après-midi, peu de temps après l’exécution, le bourreau vint au couvent des frères prêcheurs trouver frère Martin Ladvenu et moi. Il était tout frappé et ému d’une merveilleuse repentance et angoissante contrition. Dans son désespoir il redoutait de ne jamais obtenir de Dieu indulgence et pardon pour ce qu’il avait fait à cette sainte femme. « Je crains fort d’être, damné, nous disait-il, car j’ai brûlé une sainte. »

Ce même bourreau disait et affirmait que nonobstant l’huile, le soufre et le charbon qu’il avait appliqués contre les entrailles et le coeur de Jeanne, il n’avait pu venir à bout de consumer et réduire en cendres ni les entrailles ni le coeur. Il en était très perplexe, comme d’un miracle évident.
 
Déposition de maître Nicolas de Houppeville.
Je me trouvais là quand Jeanne sortit du château pour se rendre au lieu de son supplice. Il y avait environ cent vingt hommes qui la conduisaient, ayant haches et glaives. Jeanne pleurait très fort. La compassion me prit. Je n’eus pas la force d’aller jusqu’au lieu du supplice.

Déposition de Guillaume de la Chambre, médecin.
J’ouïs dire que les Anglais avaient amené Jeanne à reprendre l’habit d’homme. On racontait que les habits de femme lui avaient été soustraits et les habits d’homme mis à la place : d’où cette conclusion qu’on l’avait injustement condamnée. J’assistai à la dernière prédication qui fut faite au Vieux-Marché, à Rouen, par maître Nicolas Midi, après laquelle Jeanne fut brûlée. Les fagots étaient tout prêts et Jeanne faisait de si pieuses lamentations et exclamations que beaucoup pleuraient. Quelques Anglais riaient ; j’entendis Jeanne prononçant ces mots ou d’autres semblables : « Ha ! Rouen ! j’ay grant paour que tu ne ayes à souffrir de ma mort! » Un moment elle se mit à crier « Jésus » et à invoquer saint Michel. Puis elle expira dans les flammes.

Déposition de Guillaume Boisguillaume, greffier
J’ouïs dire en ce temps-là que le jour où il vit Jeanne condamnée à mort, Loyseleur eut le coeur torturé par le remords et voulut monter sur la charrette pour crier pardon à Jeanne. Cela indigna les nombreux Anglais présents, si bien que sans l’intervention du comte de Warwick, Loyseleur eût été tué. Le comte enjoignit à Loyseleur de sortir de Rouen au plus vite s’il tenait à la vie.

Déposition de Jean Riquier, curé d’Heudicourt.
Maître Pierre Morice visita Jeanne dès le matin avant qu’on la conduisît au prêche du Vieux-Marché. « Maître Pierre, lui dit-elle, où serai-je ce soir? — N’avez-vous pas banne espérance dans le Seigneur? répondit maître Pierre. — Oui, reprit-elle. Dieu aidant je serai en paradis. » Maître Pierre m’a raconté cela.

Quand Jeanne vit mettre le feu au bûcher, elle se mit à crier d’une voix forte : JÉSUS ! et toujours, jusqu’à son trépas, cria : JÉSUS !

Une fois morte, les Anglais, redoutant qu’on ne fît courir le bruit qu’elle s’était échappée, ordonnèrent au bourreau d’écarter un peu les flammes pour que les assistants la pussent voir morte.

Pendant l’exécution, maître Jean Alépée, alors chanoine de Rouen, était à mes côtés. Il pleurait que c’était merveille et je lui entendis dire : « Plut à Dieu que mon âme fût au lieu où je crois être l’âme de cette femme. »

Extrait du « Journal de Paris »:

Jeanne fut bientôt estainte et sa robe toute arse (toute brûlée) ; et fut veue de tout le peuple-toutte nue et tous les secrets qui peu[v]ent estre ou doibvent en femme, pour aster les doubtes du peuple. Et quand ils l’[eu]rent assez à leur gré veue, toutte morte, le bourrel remist le feu grant sur sa p[a]u[v]re charongne qui tantôt fut toutte comburée et os et cha[i]r mis en cendre.


lundi 29 mai 2017

A la fin, mon Cœur immaculé triomphera

Par John-Henry Westen, publié le 4 mai 2017 sur le site LifeSiteNews

Comme je faisais des recherches sur Fatima afin de donner plusieurs conférences cette année, j’ai été confronté à maintes reprises devant l’insistance de Notre-Dame à la Consécration de la Russie. Lorsque cette Consécration sera réalisée ainsi que la pratique des cinq premiers samedis de réparation, Notre-Dame a promis que la Russie serait convertie et une période de paix serait donnée au monde. Sinon, a annoncé la Reine des Cieux, la Russie « répandra ses erreurs dans le monde entier, provoquant des guerres et des persécutions de l’Église ». Elle a ajouté : « Le bon sera martyrisé, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront anéanties ».

« À la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera » a-t-elle dit. « Le Saint-Père Me consacrera la Russie et elle sera convertie, et une période de paix sera accordée au monde ».

Bien sûr, le Pape Saint Jean-Paul II a consacré le monde au Cœur Immaculé en 1984, mais nous attendons encore cette période de paix. Nous avons vu plus de guerre, de massacres, de martyrs et d’avortement au cours du dernier demi-siècle que jamais. Par contre, nous n’avons pas encore vu de façon menaçante l’anéantissement de diverses nations. Mais qu’est-ce que tout cela a à voir avec la Russie ?

La Russie, dans l’esprit de la plupart des gens, est l’initiatrice du communisme — considéré principalement comme étant un système économique en concurrence avec le capitalisme. Cependant, lorsque nous comprenons vraiment le communisme, la propagation des erreurs de la Russie devient reconnaissable.

Couronnement de Marie
« The Naked Communist » [ « Le Communisme Nu » ] est la source la plus concise et directe décrivant les objectifs et l’idéologie communistes. Ce livre a été écrit par W. Cleon Skousen, un ancien agent du FBI qui a utilisé de nombreuses sources originales et les meilleurs renseignements du FBI lors de l’enquête sur l’infiltration communiste aux États-Unis. Le livre est enregistré au registre du Congrès et le Président Ronald Reagan l’a commenté en disant : « Personne n’est mieux qualifié pour discuter de la menace du communisme pour notre nation ».

Une sélection des objectifs du communisme énumérés par Skousen sert à illustrer sa propagation à toutes les nations, en particulier à l’Ouest :
1. Éliminer toutes les lois régissant l’obscénité en les appelant « censures » et une violation de la liberté d’expression individuelle et de celle de la presse.
2. Réduire les normes culturelles de la morale en favorisant la pornographie et l’obscénité dans les livres, les magazines, les films cinématographiques, la radio et la télévision.
3. Présenter l’homosexualité, la dépravation et la promiscuité comme « normales, naturelles, saines ».
4. Infiltrer les Églises et remplacer la religion Révélée par une religion « sociale ».
5. Discréditer la Bible et souligner le besoin de maturité intellectuelle qui n’a pas besoin d’une « béquille religieuse ».
6. Éliminer la prière ou toute phase d’expression religieuse dans les écoles au motif qu’elle viole le principe de « séparation de l’Église et de l’État ».
7. Discréditer la famille en tant qu’institution. Encourager la promiscuité, la masturbation et le divorce facile.
Le jeûne, la prière, l'offrande de soi et du monde.
Les Sacrements, le chapelet, le scapulaire.
Pauvres moyens, moyens surnaturels
du Salut et du triomphe des Coeurs de Jésus et de Marie
8. Souligner la nécessité d’élever les enfants hors de l’influence négative des parents. Attribuer des « préjugés, des blocages mentaux et des retards chez les enfants à cause l’influence répressive des parents ».

Au-delà du communisme, cependant, une autre des erreurs de la Russie s’est répandue dans le monde entier — l’avortement. L’avortement a d’abord été légalisé en Russie en 1920. À ce jour, la Russie a le taux d’avortement le plus élevé dans le monde par habitant. Avec une population de 143 millions d’habitants, il y a 1,2 million d’avortements par an.

Il ne fait aucun doute que les prédictions et les promesses de Marie seront réalisées. Notre-Dame de Fatima a prédit la Seconde Guerre mondiale et a même noté qu’un signe avertisseur la précéderait. Elle a mis en garde contre la peste massive de l’impureté qui a infesté la planète. Elle a donné aux fidèles des tâches à accomplir pour voir le Triomphe de Son Cœur Immaculé et elle sera fidèle à ces prophéties aussi.

Ainsi, comme nous honorons nos propres mères ce mois-ci, examinons à nouveau les demandes de Notre Sainte Mère et mettons-les en pratique. Elle a demandé la prière, en particulier le Saint-Rosaire et la dévotion du Scapulaire Brun (NB. Celui de Notre-Dame du Mont Carmel). Elle a exhorté à la réparation des péchés et des outrages perpétrés contre la Grâce de Dieu et des blasphèmes contre les Saints Cœurs de Jésus et de Marie, en particulier par la pratique des Cinq Premiers Samedis. Et enfin, elle a demandé la Consécration au Cœur Immaculé de Marie, à la fois sur le plan personnel et, sur le plan public, celle de la Russie par le Pape et tous les Évêques du monde.

Le saint Rosaire
La quasi-totalité de ces questions relèvent de notre contrôle personnel. Il n’y a pas de meilleur temps que cette année, surtout pendant la saison de la Résurrection, la saison de Pâques, pour mettre en œuvre ces pratiques dans nos vies.

Prenons l’arme du chapelet — notre cordon ombilical à notre Céleste Mère. Faisons la dévotion des Cinq Premiers Samedis et enseignons-la à nos enfants. Consacrons-nous au Cœur Immaculé comme Saint Louis de Montfort l’a enseigné et que Saint Jean-Paul II appelait « indispensable à quiconque veut se donner sans réserve au Christ et à l’œuvre de la rédemption ».


Coeur immaculé et douloureux de Marie


dimanche 28 mai 2017

Dimanche après l'Ascension

Sois donc béni, Ô Cierge de la Pâque, colonne lumineuse, qui nous as réjouis quarante jours par ta flamme joyeuse et brillante.

Tu nous parlais de Jésus, notre flambeau dans la nuit de ce monde ; maintenant ta lumière éteinte nous avertit qu'ici-bas on ne voit plus Jésus, et que pour le voir désormais, il faut s'élever au ciel.

Symbole chéri que la main maternelle de la sainte Eglise avait créé pour parler à nos cœurs en attirant nos regards, nous te faisons nos adieux ; mais nous conservons le souvenir des saintes émotions que ta vue nous fit ressentir dans tout le cours de cet heureux temps pascal que tu fus chargé de nous annoncer, et qui à peine te survivra de quelques jours.

Couronnement de Marie, Pinacothèque du Vatican

vendredi 26 mai 2017

Neuvaine à l'Esprit Saint


De l'Ascension à la Pentecôte, prions l'Esprit Saint. Il est Dieu tout puissant, l'adorable 3e Personne de la Trinité qui nous donne la connaissance et l'amour du Père, qui nous aide à comprendre et à mettre en pratique les paroles du Fils éternel.
Viens Esprit Saint ! Viens nous sauver et renouveler nos cœurs et la face de la terre !

de Dom Guéranger :
Qui procedis ab utroque,
Genitore Genitoque
Pariter, Paraclite,
Redde linguas eloquentes,
Fac ferventes in te mentes
Flamma tua divite.
O toi qui procèdes
du Père et du Fils,
divin Paraclet,
par ta flamme féconde,
viens rendre éloquent notre organe,
et embraser nos cœurs de tes feux.
Amor Patris Filiique,
Par amborum, et utrique
Compar et consimilis,
Cuncta reples, cuncta foves,
Astra regis, cœlum moves,
Permanens immobilis.
Amour du Père et du Fils,
l’égal des deux et
leur semblable en essence,
tu remplis tout, tu donnes la vie à tout ;
dans ton repos, tu conduis les astres,
tu règles le mouvement des cieux.
Lumen carum, lumen clarum,
Internarum tenebrarum
Effugas caliginem ;
Per te mundi sunt mundati ;
Tu peccatum, tu peccati
Destruis rubiginem.
Lumière éblouissante et chérie,
tu dissipes nos ténèbres intérieures ;
ceux qui sont purs,
tu les rends plus purs encore ;
c’est toi qui fais disparaître le péché
et la rouille qu’il apporte avec lui.
Veritatem notam facis,
Et ostendis viam pacis
Et iter justitiæ.
Perversorum corda vitas,
Et bonorum corda ditas
Munere scientiæ.
Tu manifestes la vérité,
tu montres la voie de la paix
et celle de la justice ;
tu fuis les cœurs pervers,
et tu combles des trésors de ta science
ceux qui sont droits.
Te docente nil obscurum,
Te præsente nil impurum ;
Sub tua præsentia,
Gloriatur mens jocunda ;
Per te læta, per te munda
Gaudet conscientia.
Si tu enseignes, rien ne demeure obscur ;
si tu es présent à l’âme,
rien ne reste impur en elle ;
tu lui apportes la joie et l’allégresse,
et la conscience que tu as purifiée
goûte enfin le bonheur.
Tu commutas elementa,
Per te suam sacramenta
Habent efficaciam :
Tu nocivam vim repellis,
Tu confutas et refellis
Hostium nequitiam.
Ton pouvoir transforme les éléments ;
par toi les sacrements
obtiennent leur efficacité ;
tu fais obstacle à la puissance mauvaise,
tu repousses les embûches
de nos ennemis.
Quando venis,
Corda lenis ;
Quando subis,
Atrae nubis
Effugit obscuritas ;
Sacer ignis,
Pectus uris ;
Non comburis,
Sed a curis
Purgas, quando visitas.
A ta venue,
nos cœurs sont dans le calme ;
à ton entrée,
le sombre nuage se dissipe ;
feu sacré,
tu embrases le cœur
sans le consumer,
et ta visite
l’affranchit de ses angoisses.
Mentes prius imperitas,
Et sopitas et oblitas
Erudis et excitas.
Foves linguas, formas sonum.
Cor ad bonum facit pronum
A te data charitas.
Des âmes jusqu’alors ignorantes,
engourdies et insensibles,
tu les instruis et les ranimes.
Inspirée par toi, la langue fait entendre
des accents que tu lui donnes ;
la charité que tu apportes avec toi
dispose le cœur à tout bien.
O juvamen oppressorum,
O solamen miserorum,
Pauperum refugium,
Da contemptum terrenorum :
Ad amorem supernorum
Trahe desiderium.
Secours des opprimés,
consolation des malheureux,
refuge des pauvres,
donne-nous de mépriser les objets terrestres ;
entraîne notre désir
à l’amour des choses célestes.
Consolator et fundator,
Habitator et amator
Cordium humilium,
Pelle mala, terge sordes,
Et discordes fac concordes,
Et affer præsidium.
Tu consoles et tu affermis
les cœurs humbles ;
tu les habites et tu les aimes ;
expulse tout mal, efface toute souillure,
rétablis la concorde entre ceux qui sont divisés
et apporte-nous ton secours.
Tu qui quondam visitasti,
Docuisti, confortasti
Timentes discipulos,
Visitare nos digneris ;
Nos, si placet, consoleris
Et credentes populos.
Tu visitas un jour
les disciples timides :
par toi ils furent instruits et fortifiés ;
daigne nous visiter aussi
et répandre ta consolation
sur nous et sur le peuple fidèle.
Par majestas personarum,
Par potestas est earum,
Et communis deitas :
Tu procedens a duobus
Coæqualis es ambobus :
In nullo disparitas.
Égale est la majesté des divines personnes,
égale leur puissance ;
commune aux trois est la divinité ;
tu procèdes des deux premières,
semblable à l’une et à l’autre,
et rien d’inférieur n’est en toi.
Quia tantus es et talis,
Quantus Pater est et qualis ;
Servorum humilitas
Deo Patri, Filioque
Redemptori, tibi quoque
Laudes reddat debitas.
Amen.
Aussi grand que l’est
le Père lui-même,
souffre que tes humbles serviteurs
rendent à ce Dieu-Père,
au Fils rédempteur et à toi-même
la louange qui vous est due.
Amen


Le Saint Esprit, plaque de l'Ordre sur le roi Louis XVI, musée Carnavalet