l'abbé Henri-Marie BOUDON,
grand-archidiacre d'Evreux (1624-1702)
Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : Je suis la voie, la vérité
et la vie ; on ne va au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous
connaîtriez aussi mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et d'ailleurs
vous l'avez déjà vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela
nous suffit. Jésus lui répondit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et
vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père (Jn.14,6-9).
Le Père habite une lumière inaccessible (1Tim.6,16) ; Dieu est esprit (Jn.4,24) ; personne n'a jamais vu Dieu (Jn.1,18).
Puisque Dieu est esprit, on ne peut donc le voir que par l'esprit,
car c'est l'esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien (Jn.6,64).
Il en va de même pour le Fils : en tant qu'il est égal au Père, on
ne peut le voir autrement que le Père, autrement que par l'Esprit.
Voilà pourquoi furent damnés tous ceux qui autrefois n'ont vu que
l'homme dans le Seigneur Jésus-Christ, sans voir ni croire, selon l'Esprit et
selon Dieu, qu'il est vraiment le Fils de Dieu. Pareillement sont damnés tous
ceux qui aujourd'hui leur ressemblent : ils
voient bien, sous forme de pain et de vin, le sacrement du Corps du Christ,
consacré sur l'autel par les mains du prêtre au moyen des paroles du Seigneur ;
mais ils ne voient ni ne croient, selon l'Esprit et selon Dieu, que ce sont là
réellement les très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, au
témoignage du Très-Haut lui-même qui affirme : Ceci est mon Corps, et le
Sang de la Nouvelle Alliance, qui sera versé pour la multitude (Mc.14,22-24),
et encore : Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle
(Jn.6,55).
Race charnelle, combien de temps encore aurez-vous le cœur si dur (Ps.4,3) ? Pourquoi ne pas reconnaître la vérité ? Pourquoi ne pas croire au Fils de Dieu ? Voyez : chaque jour il s'abaisse, exactement comme à l'heure où, quittant son palais royal (Sg.18,15), il s'est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c'est lui-même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l'autel entre les mains du prêtre. Et de même qu'autrefois il se présentait aux saints apôtres dans une chair bien réelle, de même se montre-t-il à nos yeux maintenant dans du pain sacré. Les apôtres, lorsqu'ils le regardaient de leurs yeux de chair, ne voyaient que sa chair, mais ils le contemplaient avec les yeux de l'esprit, et croyaient qu'il était Dieu. Nous aussi, lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c'est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu'il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l'a dit lui-même : Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde (Mt.28,20).
Que vos actions ne soient jamais indignes de vos paroles, qu'il ne se produise pas que, lorsque vous prêchez à l'église, quelqu'un se dise : "Pourquoi n'agit-il donc pas ainsi ?".
Comment un enseignant, à
jeun, discute-t-il du jeûne ? même un voleur peut blâmer l'avarice ;
mais chez le sacrificateur du Christ, l'esprit et les paroles doivent
s'harmoniser.
Saint Michel et Saint Gabriel, archanges
L’ange entra chez elle et dit : «Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi.»
Hymne Acathiste au Saint Archange Michel
Kondakion 7 Le Maître de tous désirant nous montrer* Que le sort des enfants des hommes n’est pas accidentel* Mais qu’il est toujours dans Sa dextre* Te donna à nous comme aide et protecteur du royaume de la terre* Afin que tu puisses préparer les tribus et les nations pour l’éternel Royaume de Dieu* C’est pourquoi conscients de ton grand ministère pour le salut de l’homme* Nous nous exclamons avec reconnaissance vers Dieu : Alléluia !
Ikos 7 Le Maître et Créateur de toutes merveilles* Nous
montra par toi un nouveau miracle sur terre* O suprême archistratège quand tu
sauvas le temple à toi dédié* De l’inondation par les eaux du fleuve* Ordonnant
aux flots du torrent de s’engouffrer dans la terre* Voyant cela le bienheureux
Archippe et ses fils spirituels s’exclamèrent avec gratitude vers toi :
Réjouis-toi,
Enceinte imprenable des saints temples de Dieu
Réjouis-toi,
Barrière infranchissable pour les ennemis de la foi chrétienne
Réjouis-toi,
Par qui les éléments de soumettent
Réjouis-toi,
Par qui échouent tous les complots du Malin
Réjouis-toi,
Qui apportas la joie aux fidèles depuis le Trône du Maître de tous
Réjouis-toi,
Qui conduis les incroyants sur le sentier de la rectitude et de la vérité
Réjouis-toi avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !
Ikos 8 Bien que tu te tiennes toujours en Haut devant le
Trône du Roi de gloire ô saint Michel* Tu n’es pourtant pas éloigné de ceux qui
sont ici bas* Combattant toujours contre les ennemis du salut de l’homme* C’est
pourquoi tous ceux qui veulent atteindre la patrie céleste ardemment souhaitée*
S’écrient ensemble vers toi :
Réjouis-toi,
Chef du chant angélique trois fois saint
Réjouis-toi,
Intercesseur et protecteur toujours prompt de ceux qui sont nés sur terre
Réjouis-toi,
Bouclier des pieux fidèles dans les attaques du Malin
Réjouis-toi,
Qui terrassas d’étrange manière le très orgueilleux Pharaon et les Egyptiens incrédules
Réjouis-toi,
Qui guidas très glorieusement les Juifs fidèles dans le désert
Réjouis-toi,
Par qui s’éteignirent les flammes de la fournaise de Babylone
Réjouis-toi avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !
Kondakion 9 Tous les moines de la Sainte Montagne de l’Athos furent saisis d’un tremblement joyeux* Voyant que tu sauvais le jeune homme craignant Dieu* Qui avait été précipité dans les profondeurs de la mer* Une pierre attachée au col par les hommes impies et avaricieux* C’est pourquoi le monastère orné de ton nom qui le reçut* S’écrie avec reconnaissance vers Dieu : Alléluia !
Réjouis-toi,
Invincible archistratège des armées orthodoxes
Réjouis-toi,
Crainte et ruine des forces des impies
Réjouis-toi,
Qui plantes la foi juste et la révérence de Dieu
Réjouis-toi,
Qui déracines les hérésies et les schismes nuisibles à l’âme
Réjouis-toi,
Qui raffermis maintes fois les pieux Macchabée sur le champ de bataille
Réjouis-toi,
Qui abattis dans le Temple même l’impie Héliodore, chef d’Antioche
Réjouis-toi avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !
Kondakion 10 Sois une aide ferme pour nous qui voulons être sauvés* O suprême archistratège de Dieu* Nous délivrant et nous préservant des épreuves et des tentations* Et plus encore de nos malignes habitudes et de nos péchés malsains* Afin que grandissant en foi, espérance et amour de Dieu* Nous puissions nous écrier vers le Maître des Anges et des hommes : Alléluia !
Ikos 10 Tu es un rempart pour les croyants* Et une colonne
de force dans nos batailles contre l’ennemi visible et invisible* O suprême
archistratège de Dieu* C’est pourquoi délivrés par toi des rets des démons*
Nous nous exclamons vers toi avec un cœur et des lèvres reconnaissantes :
Réjouis-toi,
Adversaire invaincu des ennemis de la foi et des adversaires de la Sainte
Eglise
Réjouis-toi,
Infatigable compagnon des humbles prédicateurs de l’Evangile
Réjouis-toi,
Qui illumines de la lumière de la foi du Christ ceux qui étaient assis dans les
ténèbres de l’impiété
Réjouis-toi,
Qui guides ceux qui sont devenus fous de la fausse sagesse au chemin de vérité
et de repentir
Réjouis-toi,
Justicier redoutable de ceux qui jurent en vain par le Nom de Dieu
Réjouis-toi,
Qui punis comme l’éclair ceux qui follement se gaussent des mystères de la
Sainte Foi
Réjouis-toi avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !
Kondakion 11 Toute hymne est impuissante à rendre compte de la
multitude de tes miracles* Que tu accomplis non seulement au ciel et sur terre*
Mais même dans les ombres noires du monde inférieur* Où tu lias le Serpent de
l’abîme* Avec les liens de la puissance du Seigneur* O suprême Archistratège de
Dieu* Afin que ceux qui sont délivrés de sa malice* Puissent bénir le Maître du
Ciel et de la terre en disant à pleine voix : Alléluia !
Réjouis-toi,
Qui aux jours de l’Ancienne Alliance préservas la pureté de la Connaissance
Divine parmi les Juifs
Réjouis-toi,
Qui souventes fois déracinas l’ivraie de l’erreur dans les jours nouveaux de la
Grâce
Réjouis-toi,
Destructeur des oracles et des idoles des païens
Réjouis-toi,
Qui affermis les ascètes chrétiens et ceux qui souffrent la passion
Réjouis-toi,
Qui emplis les pusillanimes de la puissance de la Grâce de Dieu
Réjouis-toi,
Qui revêts ceux qui sont faibles dans la chair de l’armure de la foi
Réjouis-toi avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !
Kondakion 12 Demande pour nous à Dieu la grâce du Ciel* Nous qui chantons la gloire de ton nom très honoré ô saint Michel* Afin qu’abrités sous ton aide* Nous puissions vivre en toute piété et pureté* Jusques au temps où délivrés des liens de la chair par la mort* Nous puissions nous voir accorder de nous tenir* Devant le trône flamboyant du Roi de Gloire* Et de nous exclamer avec les chœurs angéliques : Alléluia !
Ikos 12 Chantant en hymnes les multiples miracles accomplis
pour notre salut ô saint Michel* Nous supplions le Seigneur et Maître de tous*
Que l’esprit de zèle pour la gloire de Dieu qui est tien* Ne tiédissse pas en
nous qui crions vers toi :
Réjouis-toi,
Qui en temps opportun places merveilleusement les fidèles serviteurs de Dieu au
sommet du pouvoir
Réjouis-toi,
Qui mets à bas les arrogants et ceux qui sont indignes des hauteurs de la
puissance et de la gloire
Réjouis-toi,
Qui au Jour Ultime rassembleras les élus des quatre coins de la terre
Réjouis-toi,
Par qui sur un ordre de Dieu les pécheurs seront livrés comme l’ivraie au feu
éternel
Réjouis-toi,
Par qui Satan et ses anges seront jetés pour l’éternité dans le lac de Feu
Réjouis-toi,
Avec qui les justes cohabiteront glorieusement dans les demeures du Père
Céleste
Réjouis-toi avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !
Ikos 1 Il conviendrait de te louer avec la langue des
anges* O saint Michel toi le premier parmi les chœurs enflammés des anges* Mais
jusques au temps où par toi* Nous apprendrons à discourir comme les
incorporels* Ecoute de nos lèvres humaines mais néanmoins reconnaissantes ces
louanges :
Réjouis-toi,
Etoile du Monde première créée
Réjouis-toi,
Lampe de vérité et de droiture qui brille comme l’or
Réjouis-toi,
Premier parmi les chœurs angéliques à recevoir les rayons de la lumière incréée
Réjouis-toi,
Prince des Anges et des Archanges
Réjouis-toi,
en qui la gloire de la dextre du Créateur rayonne le plus
Réjouis-toi,
Ornement des assemblées de tous les incorporels
Réjouis-toi avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !
Kondakion 1 Invincible chef d’élite des armées célestes et
secours de l’humaine génération* Nous qui sommes délivrés par toi des épreuves*
Nous t’offrons cette hymne de reconnaissance* Puisque tu te tiens devant le
trône du Roi de Gloire* Libère-nous de toutes calamités* Afin que te louant
nous puissions t’acclamer avec foi et amour en te disant :
Réjouis-toi
avec les armées célestes, grand Archistratège Michel !

Vue de la Cathédrale Notre-Dame d'Evreux dont M. Boudon était chanoine
« Vie nouvelle de
Henri-Marie Boudon », par Mgr. Matthieu, Archevêque de BesançonChanoine en aumusse
Depuis cette époque jusqu’aux temps désastreux qui semblaient avoir anéanti dans les cœurs jusqu’aux traces de toute pensée édifiante et de tout pieux souvenir, on continua de révérer à Evreux la mémoire de Boudon et ses livres y furent recherchés avec empressement parmi les personnes d’une piété tendre et solide.
Les tristes jours de la révolution firent déserter sa tombe en même temps qu’ils souillèrent les autels près desquels il reposait mais ses restes ne furent point profanés et son cœur était resté dans la muraille de l’ancienne chapelle du séminaire, convertie depuis en tribunal criminel, sans que personne songeât à ce vénérable dépôt.
Ce fut alors que Mgr. Bourlier, que la Providence avait appelé à l’évêché d’Evreux pour y réparer les maux de l’Eglise désolée, résolut de le faire enlever d’un endroit où il ne pouvait convenablement rester pour être replacé, suivant l’honneur et le respect qui lui étaient dus. En conséquence il donna commission à M. de Narbonne, grand vicaire et archidiacre de la cathédrale d’Evreux, et à deux autres chanoines de la même église, d’aller reconnaître si le cœur de Boudon existait toujours au lieu où il avait été placé d’abord. Ces MM. ayant attesté que l’épitaphe qui le recouvrait n’avait subi aucune altération ni dérangement pendant la révolution, et que l’urne de plomb qu’ils avaient trouvée derrière renfermait sans aucun doute le cœur du serviteur de Dieu, Mgr l’évêque d’Evreux ordonna, le 6 juillet 1812, que la boîte et l’inscription qui la recouvrait seraient placées convenablement et le plus près que faire se pourrait de la chapelle où reposait le corps de Boudon.
| Chapelle Notre-Dame des Anges, Cathédrale d'Evreux, où repose le corps de notre vénérable ami céleste |
Mgr du Chatelier, maintenant évêque d’Evreux, jaloux d’encourager tout ce qui peut soutenir la piété dans sa ville épiscopale, accorde aux associés de la confrérie des saints Anges qui est fort nombreuse la même protection que lui avait accordée Mgr Bourlier.
Les mardis et vendredis de chaque semaine, on dit dans la chapelle où repose le corps de Boudon, près du pilier où est placé son cœur, une messe en l’honneur des saints Anges et pour le repos de l’âme des associés défunts. La fête et l’octave des saints Anges s’y célèbre avec beaucoup de solennité ; le Saint-Sacrement y réside toute l’année ; un grand nombre de personnes pieuses y reçoivent fréquemment les sacrements et s’y rendent journellement pour prier.
On
doit croire qu’elles n’y oublient pas le serviteur de Dieu ; nous en connaissons plusieurs qui ne l’ont
point invoqué en vain dans leurs incertitudes et dans leurs peines. Mais du
moins son âme sainte doit être réjouie
de voir du séjour de la gloire que sa pieuse institution s’est soutenue au
milieu des tristes agitations qui ont bouleversé tant d’autres œuvres et qu’elle attire encore à Dieu dans ce
sanctuaire, ainsi qu’aux anges qui entourent son trône, de fervents et
respectueux hommages.
Salut! Lis céleste, Rose épanouie, mère de l'humilité, Reine des anges, Sanctuaire de la divinité. En cette vallée de larmes, donnez-nous le courage, venez à notre secours, vous que le ciel nous offrit pour avocate au milieu de nos crimes.
Tendre Vierge, vous êtes incomparable, car vous avez mérité d'entendre la voix de l'Ange, et de concevoir le Fils de Dieu sous le souffle sacré de l'Esprit Saint. Vierge avant d'avoir conçu, vous l'êtes encore après. Refuge vraiment unique, hélas ! dans cette vie si inconstante, daignez consoler ceux qui vous servent.
O Mère ! vous avez engendré un fils par excellence ; née dans le temps, vous avez mis au jour celui qui fut votre Père; simple étoile, vous avez produit le soleil; faible créature vous avez donné la vie à celui qui est incréé ; petit ruisseau, vous avez fait jaillir la fontaine qui vous alimente; vase fragile, vous avez formé le potier qui vous créa, et vous êtes demeurée toujours vierge, toujours immaculée; et par vous, Mère du Christ, la vie que nous avions perdue, nous l'avons recouvrée.
Oh! qu'elles sont glorieuses ces entrailles qui devinrent le temple sacré du Seigneur! Qu'elles sont saintes ces mamelles qu'il daigna sucer ! Qu'il est suave ce lait dont il voulut être nourri ! Mère vraiment digne d'un salut de grâce, vous qui régnez au plus haut des cieux, délivrez-nous de la malédiction de la mort éternelle; délivrez-nous de tout malheur.
Rose pure, rose d'innocence, rose nouvelle et sans épine, rose épanouie et féconde, rose devenue pour nous un bienfait de Dieu, vous avez été établie Reine des cieux ; il n'est personne qui puisse jamais vous être comparé; vous êtes le salut du coupable, vous êtes le soutien de toutes nos entreprises.
Avant l'origine du monde le Seigneur vous a choisie, alors que dans sa sagesse il jetait les fondements du ciel. Dès ce jour il arrêta, dans le secret de ses pensées, de combler par vous, Vierge et Mère, l'abîme ouvert par le péché de notre premier père.
Réjouissez-vous, ô Vierge ! ô Mère ! réjouissez-vous. C'est par vous que le monde voit ses ruines se réparer. Mêlez les accents de votre joie à ceux dont le ciel retentit. C'est à vous que la gloire est donnée de payer à Dieu sans réserve le prix de notre rançon; à vous qu'il a été accordé de délivrer l'homme des malheurs de la ruse infernale dont il fut la victime ; et cette gloire est au-dessus de tout éloge.
Séquence
pour la Fête-Dieu, du Corps et du Sang du Christ, Lauda Sion
Sion,
célèbre ton Sauveur,
chante ton chef et ton pasteur
par des hymnes et des chants.
Tant
que tu peux, tu dois oser,
car il dépasse tes louanges,
tu ne peux trop le louer.
Le
Pain vivant, le Pain de vie,
il est aujourd’hui proposé
comme objet de tes louanges.
Au
repas sacré de la Cène,
il est bien vrai qu’il fut donné
au groupe des douze frères.
à voix pleine et forte,
que soit joyeuse et rayonnante
l’allégresse de nos cœurs !
C’est
en effet la journée solennelle
où nous fêtons de ce banquet divin
la première institution.
À
ce banquet du nouveau Roi,
la Pâque de la Loi nouvelle
met fin à la Pâque ancienne.
L’ordre
ancien le cède au nouveau,
la réalité chasse l’ombre,
et la lumière, la nuit.
Ce
que fit le Christ à la Cène,
il ordonna qu’en sa mémoire
nous le fassions après lui.
Instruits
par son précepte saint,
nous consacrons le pain, le vin,
en victime de salut.
C’est
un dogme pour les chrétiens
que le pain se change en son corps,
que le vin devient son sang.
Ce
qu’on ne peut comprendre et voir,
notre foi ose l’affirmer,
hors des lois de la nature.
L’une
et l’autre de ces espèces,
qui ne sont que de purs signes,
voilent un réel divin.
Sa
chair nourrit, son sang abreuve,
mais le Christ tout entier demeure
sous chacune des espèces.
On
le reçoit sans le briser,
le rompre ni le diviser ;
il est reçu tout entier.
Bons
et mauvais le consomment,
mais pour un sort bien différent,
pour la vie ou pour la mort.
Mort
des pécheurs, vie pour les justes ;
vois : ils prennent pareillement ;
quel résultat différent !
Si
l’on divise les espèces,
n’hésite pas, mais souviens-toi
qu’il est présent dans un fragment
aussi bien que dans le tout.
Le
signe seul est partagé,
le Christ n’est en rien divisé,
ni sa taille ni son état
n’ont en rien diminué.
Le voici, le pain des anges,
il est le pain de l’homme en route,
le vrai pain des enfants de Dieu,
qu’on ne peut jeter aux chiens.
D’avance
il fut annoncé
par Isaac en sacrifice,
par l’agneau pascal immolé,
par la manne de nos pères.
Ô
bon Pasteur, notre vrai pain,
ô Jésus, aie pitié de nous,
nourris-nous et protège-nous,
fais-nous voir les biens éternels
dans la terre des vivants.
Toi
qui sais tout et qui peux tout,
toi qui sur terre nous nourris,
conduis-nous au banquet du ciel
et donne-nous ton héritage,
en compagnie de tes saints.
Amen. Alléluia.
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| Apparitions à Rome sur le mausolée d'Hadrien qui deviendra "le château S. Ange" au temps de S. Grégoire le Grand |
Ces vues sont bien capables de donner un grand amour pour saint Michel et pour le reste des anges à tous ceux qui aiment Jésus puisque ce sont les premiers qui ont pris et qui ont soutenu son parti avec tant de zèle.
J’avoue en mon particulier que le zèle de ces sublimes esprits pour mon adorable Maître m’emporte et me ravit le cœur, que je suis fortement et tendrement touché d’amour pour saint Michel et pour toutes ses troupes glorieuses.
Ah ! comment aimer en vérité Jésus sans avoir de l’amour pour ses admirables esprits qui ont renoncé à leur propre amour pour n’en avoir que pour lui ? Je sais des personnes qui dans ces vues ne peuvent se lasser de témoigner aux saints anges la part qu’elles prennent à leurs victoires, les joies qu’elles ressentent de leur bonheur pour leur adhérence à l’Homme-Dieu (Jésus).
Je sais des personnes qui dans vues ne peuvent se lasser de témoigner aux saints anges la part qu’elles prennent aux victoires, les joies qu’elles ressentent du bonheur pour leur adhérence à l’Homme-Dieu.
Aimable Esprit que la Providence d’un Dieu a député à ma garde, les pensées manquent et je n’ai point de paroles pour pouvoir assez vous exprimer la joie de cœur pour la grâce qui vous a été donnée de tenir invisiblement le parti du roi Jésus, et entrer ensuite dans la gloire que vous possédez si heureusement.
Ah ! que mon esprit se trouve doucement satisfait quand il pense que vous jouissez d’un contentement achevé ! Certainement il me semble que toutes mes inclinations se portent avec vigueur pour vos saints intérêts qui me seront toujours plus chers que je ne puis dire. Jouissez, jouissez donc à jamais de ces plaisirs incompréhensibles qui vous inondent si glorieusement, que le Dieu d’amour et de bonté qui vous les donne augmente votre gloire accidentelle par tous les moyens qui lui sont connus et dont il voudra se servir, et particulièrement par l’obéissance fidèle que je dois rendre à votre angélique conduite. Mais surtout obtenez-moi quelque part à l’amour, à l’adoration, au zèle, à la fidélité que vous avez eus pour Jésus, que rien ne me sépare de son pur amour, que je vive et que je meure dans une entière et dernière fidélité à ses divins intérêts.
Ah ! faites que je l’aime ; ah ! que je l’aime avec vous pour toujours et durant toute l’éternité !