Affichage des articles dont le libellé est Dévotion eucharistique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dévotion eucharistique. Afficher tous les articles

mercredi 22 juin 2022

Gloire au Seigneur Jésus, présent dans la divine Eucharistie

Extraits d’une homélie de Saint Gaudence de Brescia 

Il faut que le pain soit fait avec la farine de nombreux grains de froment, mêlée à de l'eau, et reçoive du feu son achèvement. On y trouve donc une image ressemblante du corps du Christ, car nous savons qu'il forme un seul corps avec la multitude des hommes, et qu'il a reçu son achèvement du feu de l'Esprit Saint.

~ De même, le vin de son sang est tiré de plusieurs grappes, c'est-à-dire de raisins de la vigne plantée par lui, écrasés sous le pressoir de la croix ; versé dans le cœur des fidèles au moyen de grandes coupes, il y bouillonne par sa propre vertu.

C'est là le sacrifice de la Pâque, qui apporte le salut à tous ceux qui sont libérés de l'esclavage de l'Egypte et de Pharaon, c'est-à-dire du démon. Recevez-le en union avec nous, dans toute l'avidité d'un cœur religieux. Notre Seigneur Jésus Christ lui-même, que nous croyons présent dans ses sacrements, nous sanctifie en profondeur, et sa vertu sans prix demeure pour tous les siècles.


dimanche 19 juin 2022

Solennité reportée du Saint Sacrement - Fête Dieu - Corpus Christi

Dans les pays où le jeudi de la Fête-Dieu n'est pas chômé, celle-ci est reportée au dimanche qui suit  celui de la Très Sainte Trinité.

Sainte et joyeuse solennité !




jeudi 16 juin 2022

Solennité du Corps et du Sang du Christ - Fête Dieu


Législation, de S. François d’Assise

Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : Je suis la voie, la vérité et la vie ; on ne va au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et d'ailleurs vous l'avez déjà vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui répondit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père (Jn.14,6-9).

Le Père habite une lumière inaccessible (1Tim.6,16) ; Dieu est esprit (Jn.4,24) ; personne n'a jamais vu Dieu (Jn.1,18). 

Puisque Dieu est esprit, on ne peut donc le voir que par l'esprit, car c'est l'esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien (Jn.6,64).

Il en va de même pour le Fils : en tant qu'il est égal au Père, on ne peut le voir autrement que le Père, autrement que par l'Esprit.

Voilà pourquoi furent damnés tous ceux qui autrefois n'ont vu que l'homme dans le Seigneur Jésus-Christ, sans voir ni croire, selon l'Esprit et selon Dieu, qu'il est vraiment le Fils de Dieu. Pareillement sont damnés tous ceux qui aujourd'hui leur ressemblent : ils voient bien, sous forme de pain et de vin, le sacrement du Corps du Christ, consacré sur l'autel par les mains du prêtre au moyen des paroles du Seigneur ; mais ils ne voient ni ne croient, selon l'Esprit et selon Dieu, que ce sont là réellement les très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, au témoignage du Très-Haut lui-même qui affirme : Ceci est mon Corps, et le Sang de la Nouvelle Alliance, qui sera versé pour la multitude (Mc.14,22-24), et encore : Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle (Jn.6,55).

L’Esprit du Seigneur : il habite en ceux qui croient en lui ; c'est donc lui qui reçoit le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tous les autres, ceux qui n'ont point part à cet Esprit, s'ils ont l'audace de recevoir le Seigneur, mangent et boivent leur propre condamnation (1Co.11,29).

Race charnelle, combien de temps encore aurez-vous le cœur si dur (Ps.4,3) ? Pourquoi ne pas reconnaître la vérité ? Pourquoi ne pas croire au Fils de Dieu ? Voyez : chaque jour il s'abaisse, exactement comme à l'heure où, quittant son palais royal (Sg.18,15), il s'est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c'est lui-même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l'autel entre les mains du prêtre. Et de même qu'autrefois il se présentait aux saints apôtres dans une chair bien réelle, de même se montre-t-il à nos yeux maintenant dans du pain sacré. Les apôtres, lorsqu'ils le regardaient de leurs yeux de chair, ne voyaient que sa chair, mais ils le contemplaient avec les yeux de l'esprit, et croyaient qu'il était Dieu. Nous aussi, lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c'est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu'il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l'a dit lui-même : Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde (Mt.28,20).


samedi 21 août 2021

Saint Pie X - Pape de la divine Eucharistie


Prière avant la sainte Communion, par Saint Syméon Métaphrastes 

Seigneur toi qui seul es pur et sans péché, toi qui, dans l’indicible compassion de ton amour pour les hommes as assumé notre nature tout entière, la prenant du sang pur et virginal de celle qui t’a enfanté, d’une manière qui dépasse la nature, par la venue de l’Esprit divin et par la bienveillance du Père éternel, ô Christ Jésus, Sagesse, Paix et Puissance de Dieu, toi qui, ayant ainsi assumé notre humanité, as daigné souffrir ta Passion vivifiante et salutaire, la Croix, les clous, la lance et la mort, mets à mort les passions de mon corps qui tuent mon âme.

Toi qui, par ton ensevelissement, as dépouillé l’enfer de sa domination, ensevelis mes pensées mauvaises par tes bonnes inspirations et disperse les esprits du mal.

Toi qui, par ta résurrection vivifiante au troisième jour, a relevé notre premier père qui était tombé, relève-moi aussi, enfoncé que je suis dans le péché, en me suggérant les voies du repentir.

Toi qui, par ta glorieuse Ascension, as déifié la chair assumée par toi et l’as comblée d’honneur en la faisant siéger à la droite du Père, rends-moi digne, par la communion à tes Saints Mystères, de prendre place à ta droite parmi les sauvés.

Toi qui, par la descente de l’Esprit consolateur as fait de tes saints disciples des vases d’honneur, fais de moi un réceptacle digne de sa venue.

Toi qui dois venir à nouveau pour juger l’univers avec justice, permets que je vienne, moi aussi, au-devant de toi, sur les nuées avec tous les saints, ô mon Juge et mon Créateur, pour te louer et te chanter sans fin, ainsi que ton Père éternel et ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

samedi 19 juin 2021

Sainte Julienne Falconieri

Sainte Julienne, au soir de sa vie, ne peut plus communier. Elle obtient du prêtre qu'il dépose Jésus-Eucharistie sur son cœur, la sainte Hostie disparaît alors. Sainte Julienne a communié d'une manière incroyable et incomparable.

De Saint Grégoire Palamas, Triades 1, 3, 38

Puisque le Fils de Dieu, dans son incomparable amour pour les hommes, ne s’est pas borné à unir son Hypostase divine (sa Personne) à notre nature, en endossant un corps animé et une âme douée d’intelligence, pour apparaître sur terre et vivre avec les hommes, mais puisqu’il s’unit, ô miracle d’une incomparable surabondance, aux hypostases humaines elles-mêmes, en se confondant lui-même avec chacun des fidèles par la communion à son saint Corps, puisqu’il devient un seul corps avec nous et fait de nous un temple de la Divinité tout entière, car dans le Corps même du Christ habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, comment n’illuminerait-il pas ceux qui communient dignement au rayon divin de son Corps qui est en nous, en éclairant leur âme comme il illumina les corps mêmes des disciples sur le Thabor ? Car alors ce corps, source de la lumière de la grâce, n’était pas encore uni à nos corps : il illuminait du dehors ceux qui en approchaient dignement et envoyaient l’illumination à l’âme par l’intermédiaire des yeux sensibles ; mais aujourd’hui, puisqu’il est confondu avec nous et existe en nous, il illumine l’âme justement de l’intérieur.

 

mardi 8 juin 2021

Prière d'action de grâce après avoir reçu le Christ dans la sainte Communion


Saint Padre Pio de Pietrelcina

Restez avec moi, Seigneur, car il est nécessaire de Vous avoir présent pour ne pas Vous oublier. Vous savez avec quelle facilité je Vous abandonne.

Restez avec moi, Seigneur, parce que je suis faible et j'ai besoin de Votre force pour ne pas tomber si souvent.

Restez avec moi, Seigneur, parce que Vous êtes ma vie, et, sans Vous, je suis sans ferveur.

Restez avec moi, Seigneur, parce que Vous êtes ma lumière, et, sans Vous, je suis dans les ténèbres.

Restez avec moi, Seigneur, pour me montrer Votre volonté.

Restez avec moi, Seigneur, pour que j'entende Votre voix et Vous suive.

Restez avec moi, Seigneur, parce que je désire Vous aimer beaucoup et être toujours en votre compagnie.

Restez avec moi, Seigneur, si Vous voulez que je Vous sois fidèle.

Restez avec moi, Seigneur, parce que, si pauvre que soit mon âme, elle désire être pour Vous un lieu de consolation, un nid d'amour.

Restez avec moi, Jésus, parce qu'il se fait tard et que le jour décline… c'est-à-dire que la vie passe, la mort, le jugement, l'éternité approchent et il est nécessaire de refaire mes forces pour ne pas m'arrêter en chemin, et, pour cela, j'ai besoin de Vous. Il se fait tard et la mort approche. Je crains les ténèbres, les tentations, les sécheresses, les croix, les peines, et combien j'ai besoin de Vous, mon Jésus, dans cette nuit de l'exil.
Restez avec moi, Jésus, parce que, dans cette nuit de la vie et des dangers, j'ai besoin de Vous. Faites que je Vous reconnaisse comme Vos disciples à la fraction du pain, c'est-à-dire que la communion eucharistique soit la lumière qui dissipe les ténèbres, la force qui me soutienne et l'unique joie de mon cœur.

Restez avec moi, Seigneur, parce qu'à l'heure de la mort, je veux rester uni à Vous, sinon par la communion, du moins par la grâce et l'amour.

Restez avec moi, Jésus, je ne Vous demande pas les consolations divines, parce que je ne les mérite pas, mais le don de Votre présence, oh oui, je Vous le demande.

Restez avec moi, Seigneur, c'est Vous seul que je cherche, Votre amour, Votre grâce, Votre volonté, Votre Cœur, Votre Esprit, parce que je Vous aime et ne demande d'autre récompense que de Vous aimer davantage. D'un amour ferme, pratique, Vous aimer de tout mon cœur sur la terre, pour continuer à Vous aimer parfaitement pendant toute l'éternité. Amen.



dimanche 6 juin 2021

Solennité du Corps et du Sang eucharistiques de Notre Seigneur Jésus Christ

 

Séquence pour la Fête-Dieu, du Corps et du Sang du Christ, Lauda Sion

 

Sion, célèbre ton Sauveur,
chante ton chef et ton pasteur
     par des hymnes et des chants.

 

Tant que tu peux, tu dois oser,
car il dépasse tes louanges,
     tu ne peux trop le louer.

 

Le Pain vivant, le Pain de vie,
il est aujourd’hui proposé
     comme objet de tes louanges.

 

Au repas sacré de la Cène,
il est bien vrai qu’il fut donné
     au groupe des douze frères.

 

Louons-le

à voix pleine et forte,
que soit joyeuse et rayonnante
     l’allégresse de nos cœurs !

 

C’est en effet la journée solennelle
où nous fêtons de ce banquet divin
     la première institution.

 

À ce banquet du nouveau Roi,
la Pâque de la Loi nouvelle
     met fin à la Pâque ancienne.

 

L’ordre ancien le cède au nouveau,
la réalité chasse l’ombre,
     et la lumière, la nuit.

 

Ce que fit le Christ à la Cène,
il ordonna qu’en sa mémoire
     nous le fassions après lui.

 

Instruits par son précepte saint,
nous consacrons le pain, le vin,
     en victime de salut.

 

C’est un dogme pour les chrétiens
que le pain se change en son corps,
     que le vin devient son sang.

 

Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
notre foi ose l’affirmer,
     hors des lois de la nature.

 

L’une et l’autre de ces espèces,
qui ne sont que de purs signes,
     voilent un réel divin.

 

Sa chair nourrit, son sang abreuve,
mais le Christ tout entier demeure
     sous chacune des espèces.

 

On le reçoit sans le briser,
le rompre ni le diviser ;
     il est reçu tout entier.

 

Qu’un seul ou mille communient,
il se donne à l’un comme aux autres,
     il nourrit sans disparaître.

 

Bons et mauvais le consomment,
mais pour un sort bien différent,
     pour la vie ou pour la mort.

 

Mort des pécheurs, vie pour les justes ;
vois : ils prennent pareillement ;
     quel résultat différent !

 

Si l’on divise les espèces,
n’hésite pas, mais souviens-toi
qu’il est présent dans un fragment
     aussi bien que dans le tout.

 

Le signe seul est partagé,
le Christ n’est en rien divisé,
ni sa taille ni son état
     n’ont en rien diminué.

 

Le voici, le pain des anges,
il est le pain de l’homme en route,
le vrai pain des enfants de Dieu,
     qu’on ne peut jeter aux chiens.

 

D’avance il fut annoncé
par Isaac en sacrifice,
par l’agneau pascal immolé,
     par la manne de nos pères.

 

Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
ô Jésus, aie pitié de nous,
nourris-nous et protège-nous,
fais-nous voir les biens éternels
     dans la terre des vivants.

 

Toi qui sais tout et qui peux tout,
toi qui sur terre nous nourris,
conduis-nous au banquet du ciel
et donne-nous ton héritage,
     en compagnie de tes saints.


Amen. Alléluia.



jeudi 1 avril 2021

Jeudi Saint

 ACTE DE RÉPARATION A JÉSUS-HOSTIE

O Jésus-Hostie, que vingt siècles de froideur, d'indifférence, de mépris et de sacrilège, où les hommes ingrats vous délaissent dans vos tabernacles ! Nous venons aujourd'hui offrir à votre Cœur adorable, une solennelle réparation pour toutes les indignités que vous avez à subir dans le Sacrement de votre amour.

Cœur de Jésus, daignez agréer nos désirs de réparation et entendre les accents de notre amour et de notre douleur. Cœur de Jésus, affligé par la communion sacrilège de Judas, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par toutes les communions indignes de tant de mauvais chrétiens, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par les froideurs criminelles et l'indifférence des cœurs qui devraient le plus vous aimer, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par les communions tièdes, sans préparation, sans foi et sans amour, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par les communions faites par routine, par ostentation ou hypocrisie, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par les actions de grâces négligées ou faites sans amour et remplies de distractions, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par toutes les messes mal-célébrées et mal entendues, Pardon et amende honorable ! 

Cœur de Jésus, affligé par toutes les messes, communions ou visites omises par paresse et tiédeur, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par les entrées bruyantes dans les églises, par les sorties brusques et précipités et avant la fin des divins offices, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par les allées et venues, les tenues sans respect et le sans-gêne de nos manières en votre sainte présence, Pardon et amende honorable ! 

Cœur de Jésus, affligé par le peu de retenue de nos regards, les égarements de notre esprit et notre tiédeur pendant les saints mystères, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par tous les péchés commis dans les maisons que vous sanctifiez par votre présence réelle, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par l'abandon où l'on vous laisse dans tant d'églises, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par les blasphèmes des juifs, des hérétiques et des impies qui nient votre présence réelle, Pardon et amende honorable ! 

Cœur de Jésus, affligé par les profanations sans nombre de tant d'hostie foulées aux pieds et livrées aux plus vils usages, Pardon et amende honorable !

Cœur de Jésus, affligé par la violation de vos tabernacles et le vol horrible des saints ciboires, Pardon et amende honorable !

Cœur Sacré de notre aimable Sauveur, nous voudrions pouvoir embrasser dans un acte d'amour réparateur, tous les instants de votre vie sacramentelle, et couvrir de nos amendes honorables tous les endroits du monde où vous avez été outragé.

Pour suppléer à notre impuissance, agréez divin Jésus, l'offrande que nous vous faisons de tous les actes d'amour de votre Mère Immaculée, et en sa considération, ô Cœur de Jésus, faites-vous de plus en plus connaître et aimer. Ainsi soit-il.

dimanche 17 janvier 2021

La première Communion de M. Boudon

Sainte Hostie de Dijon

« Vie de Boudon » par Collet


Il la fit cette première communion, dès l’année suivante à l’âge de neuf ans, et ce fut alors que le torrent des faveurs célestes que les chutes dont nous venons de parler avaient arrêté pour un temps reprit chez lui son cours avec plus d’abondance et plus d’impétuosité qu’auparavant.

Il fit avec une nouvelle ferveur ses pieuses lectures et il y en eut une qui le porta à une action bien extraordinaire pour son âge. Ayant trouvé par hasard ou plutôt par une secrète disposition de la Providence un sermon à l’honneur de saint Jean l’Evangéliste qui traitait de la pureté de ce grand apôtre, son cœur en fut si touché, si attendri, qu’il conçut un violent désir d’imiter ce disciple bien-aimé de l’époux et du roi des vierges.

Il se retira donc à l’écart et, les yeux baignés de larmes, le cœur embrasé du divin amour, il se consacra sans réserve à la sainte Trinité et se mettant ensuite sous la protection de la Mère de Dieu et du grand apôtre dont les sublimes vertus venaient de faire sur lui une si vive impression ; il fit vœu de virginité perpétuelle.

Depuis ce jour qu’il regarda sans cesse comme le plus beau de ses jours, Boudon conçut pour le saint évangéliste de la charité, une tendresse qui ne s’altéra jamais ou plutôt qui crût et se multiplia beaucoup plus que l’âge et les années. Il ne se lassait ni de célébrer ses grandeurs ni de publier les grâces qu’il croyait en avoir reçues : « Grand saint, disait-il dans ces mouvements rapides dont il semblait n’être pas maître, puisse le ciel accroître le nombre de vos serviteurs et les combler de ses plus douces bénédictions ! Que le Seigneur répande de plus en plus dans ton Eglise un instinct d’amour pour vos excellentes perfections, que votre Nom soit grand dans toutes les nations, qu’il soit célébré depuis un bout du monde jusqu’à l’autre. »



mardi 5 janvier 2021

O Jésus, petite Hostie offerte dans la crèche

 

Récréations pieuses, Ste Thérèse de l’Enfant Jésus

 Jésus, le Bel Enfant Divin,

Pour vous communiquer sa vie

Transforme en Lui chaque matin

Une petite et blanche Hostie.

Avec bien plus d'amour encor

Il veut vous changer en Lui-même

Votre cœur est son cher trésor

Son bonheur et sa joie suprême.

Noël, Noël

Je descends du Ciel

Pour dire à votre âme ravie

L'Agneau si Doux

S'abaisse vers vous

Soyez sa blanche et pure Hostie.

 


jeudi 27 août 2020

La Messe, l'oeuvre de Dieu parmi les hommes et les anges

 Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie 2, chap.6

 

L’idée des anges m’est extrêmement douce et je ne saurais vous représenter combien mon esprit est occupé et rempli de la pensée de leurs chœurs célestes, et surtout de ceux que l’on appelle trônes par qui plusieurs de vos ennemis, c’est à dire les diables qui vous tourmentent, ont été chassés.

Il me semble souvent que je sacrifie à Dieu, assis sur ces esprits, en célébrant la sainte Messe ; dans cette pensée, il me vient dans l’esprit que la vraie résidence de Notre Seigneur est dans le fond de nos âmes.


vendredi 21 août 2020

Saint Pie X, Pape de la divine Eucharistie

Discours de saint Pie X aux premiers communiants français au cours de l'audience du 14 avril 1912

 

Je vous remercie, mes chers enfants, de la consolation que vous me procurez de me trouver au milieu de vous, quand je songe que je représente Jésus-Christ lui-même, qui se plaisait auprès de vos semblables et disait à ses apôtres : Laissez venir à moi les petits enfants, car le royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent (Lc 18, 16).

J'ai encore un motif spécial de vous remercier, mes chers enfants, parce que cette solennelle démonstration de votre amour pour le Pape, qui vous a coûté les fatigues d'un long voyage, me donne l'occasion de me réjouir de votre docilité à l'invitation que Notre-Seigneur vous a adressée par ma bouche, quand, pour la première fois, malgré la tendresse de votre âge, vous l'avez reçu dans la très sainte Communion. Nous lisons dans l'Évangile que le divin Rédempteur appela un jour un petit enfant semblable à vous et, le plaçant au milieu de ses apôtres, leur adressa ces paroles : Gardez-vous de mépriser un seul de ces enfants, parce que, je vous le dis, leurs anges contemplent sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux (Mt 18, 10). Hélas ! ces gardiens célestes trop souvent sont attristés et saisis d'horreur quand ils découvrent dans les âmes qui leur sont confiées la dépravation et les souillures du péché. Les anges des enfants, au contraire, sans être jamais distraits par leur sollicitude de la vision bienheureuse de Dieu, qu'ils voient face à face dans son éternelle lumière, le retrouvent encore dans leur âme, où il se reflète comme dans un miroir d'innocence, de pureté et de candeur.  

Le voici l'Agneau si doux qui enlève
le péché du monde

Mais si cela est vrai de tous aussi bien que de votre semblable que Notre-Seigneur appela au milieu de ses apôtres, qu'aurait-il dit de vous, chers petits-enfants, qui l'avez reçu lui-même avec sa divinité et son humanité sacrée dans la sainte communion, où vous avez uni votre chair avec sa chair, votre sang avec son sang, où votre cœur a palpité avec le sien ? Qu'aurait-il dit de vos saints anges, au-dessus desquels vous élève la participation à la sainte Eucharistie, puisqu'ils n'ont pas reçu cette grâce qui vous a été accordée de vous nourrir de Jésus-Christ, de ne faire qu'une même chose avec lui, de vous unir à lui au point de vous approprier en quelque manière sa nature divine et ses perfections infinies ? 

Et voyez, mes chers enfants, les grâces qui découlent de ce bienfait. Par cette communication de lui-même, il nous donne - cet aimable Sauveur - à notre intelligence la vérité, la justice et la sainteté à notre volonté, et la bonté à notre cœur, en sorte que le fidèle qui communie peut en toute vérité répéter avec saint Paul : Jésus-Christ est ma vie. Je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. Mihi vivere Christus est (Ph 1, 21). Vivo jam non ego, vivit vero in me Christus (Ga 2, 20). Ainsi, puisque Dieu est la pureté sans tache, celui qui s'unit à Jésus-Christ dans la sainte communion, s'élevant comme une innocente colombe des eaux fangeuses de ce monde misérable, s'envole et va se réfugier dans le sein de Dieu, de celui qui est plus pur que les neiges immaculées qui couronnent les montagnes. 

Si Dieu est la beauté infinie, celui qui s'unit à Jésus-Christ attire à lui l'admiration et les regards amoureux des anges qui, s'ils pouvaient souffrir quelque passion, seraient jaloux de son sort. Si Dieu est la charité par essence, le fidèle uni à Jésus-Christ est comme ravi en une bienheureuse extase. La charité le transfigure. Elle se trahit dans tout son extérieur et jusque dans son visage, dans les ardentes aspirations de son cœur et dans la suavité de ses paroles, qui distillent de ses lèvres comme le miel. Tout en lui rappelle et manifeste l'amour.

Enfin, si Dieu est la bonté même - et bonté, dans le langage des saintes Écritures, est la même chose que perfection, - le fidèle qui s'est uni à Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie trouve dans la vertu de ce sacrement toute perfection et toute sainteté. Il y puise la force pour s'élever au-dessus de lui-même, respirer à la félicité éternelle et mépriser les faux biens de ce monde, comme impuissants à satisfaire ses désirs. Semblable au char de feu du prophète Elie, elle l'entraîne loin d'ici-bas et, pendant qu'il vit encore sur la terre, elle le transforme en habitant du ciel, jouissant d'une paix et d'une félicité qu'aucune langue ne saurait expliquer, car, selon la parole des saintes Écritures : L’œil de l'homme n'a jamais vu, son oreille n'a jamais entendu, son cœur n'a jamais goûté les délices que Dieu réserve à ceux qui l'aiment (1 Co 2, 9). Et ainsi s'accomplit la promesse de Jésus-Christ : Celui qui se nourrit de ce pain a la vie éternelle. Qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem habet vitam æternam (Jn 6, 55). Il ne dit pas qu'il l'aura, qu'elle lui est réservée dans l'avenir, habebit, mais qu'il l'a déjà, habet, et qu'il en possède le gage certain. 
Mes bien chers enfants, je vous félicite de nouveau de la grande grâce que Dieu vous a faite, et je me plais de vous saluer comme des anges, que dis-je, comme leurs rivaux qui les surpassent en félicité par ce privilège de la sainte communion qui vous a unis intimement à Notre-Seigneur dans la participation de son corps et de son sang adorable, de sa nature divine et de ses perfections infinies. A ces félicitations je joindrai quelques avis, que je vous prie de bien graver dans votre mémoire. 

Ces bienfaits de Dieu dont je viens de vous parler, vous les avez goûtés avant d'en avoir la pleine et entière connaissance, parce que les saintes affections du cœur attendent encore à votre âge le parfait développement de l'intelligence. Aussi je vous recommande tout d'abord, comme fruit de votre visite au Pape, la résolution et la promesse solennelle de fréquenter encore longtemps le catéchisme. C'est là, en vous perfectionnant avec diligence et avec amour dans la connaissance de la doctrine chrétienne, que vous apprendrez, avec les autres vérités de notre sainte religion, que la divine Eucharistie est le centre de la foi, le but final de toute autre dévotion, la source de tout bien, la consommation de tous les autres sacrements, le résumé des divins mystères, le fleuve de toutes les grâces, le baume de toutes les douleurs, le pain de la vie, le viatique qui nous fortifie pour le voyage vers l'éternité, le gage et la jouissance anticipée du bonheur éternel. 

Mes chers enfants, chers premiers communiants, vous avez reçu Notre-Seigneur pour la première fois, mais ce n'est pas assez. Chaque jour nous demandons à Dieu le pain qui doit soutenir la vie de notre corps, ainsi avons-nous besoin du pain céleste qui donne la vie à notre âme. La seconde recommandation que je vous adresse sera donc de vous approcher fréquemment, si vous ne le pouvez tous les jours, de la Table eucharistique pour vous unir à votre Sauveur. Vous lui ferez encore de fréquentes visites dans la solitude et le silence de son tabernacle, d'où vous l'entendrez qui vous adresse cette invitation pleine d'amour : Venez à moi, vous tous qui avez faim, et je vous rassasierai ; vous tous qui êtes chargés et opprimés, et je vous donnerai le soulagement, la paix et la consolation. 

Enfin, mon dernier désir, mes chers enfants, c'est que l'amour de Notre-Seigneur règne tellement en vous qu'il vous transforme en autant d'apôtres, zélés pour sa gloire. Vous serez le trésor de vos familles, que vous consolerez par votre bonne conduite et que votre seul exemple gagnera à la fréquentation de la sainte Eucharistie. A l'école, vous provoquerez par votre piété l'émulation de vos jeunes condisciples. A la paroisse, tous vous regarderont comme des anges tutélaires. Enfin, partout autour de vous, par vos prières, par votre sagesse et par les seuls attraits de votre modestie, vous contribuerez, autant qu'il est en vous, à la conversion des pécheurs et au retour à Jésus-Christ des incrédules et des indifférents. 

En vous adressant ces recommandations et ces vœux, mes biens chers petits-enfants, je vous accorde de tout cœur, à vous, à vos jeunes compagnons de France, à vos pères et mères, et à tous vos parents, la bénédiction apostolique. 

 

samedi 18 juillet 2020


Prière de « l’Adieu à l’Autel » dite par le prêtre après la sainte liturgie en rite Syro-Maronite

Sois en paix, Autel de Dieu.
Puisse l'oblation que je t'ai prise
servir à la rémission des dettes et au pardon des péchés.
Qu'elle m'obtienne
de me tenir devant le tribunal du Christ
sans damnation et sans confusion.
Je ne sais pas s'il me sera donné
de revenir offrir sur toi un autre Sacrifice.
Protège-moi, Seigneur,
et garde ton Église,
qui est chemin de vérité et de salut.


dimanche 14 juin 2020

Solennité du Très Saint Sacrement - Fête-Dieu



D’une homélie pascale de Saint Gaudence de Brescia

Le sacrifice céleste institué par le Christ est vraiment l’héritage légué par son testament nouveau ; il nous l’a laissé la nuit où il allait être livré pour être crucifié, comme un gage de sa présence.

Il est le viatique de notre voyage, notre nourriture sur le chemin de la vie, jusqu’à ce que nous soyons parvenus à celle-ci, en quittant ce monde. C’est pourquoi le Seigneur disait : Si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Il a voulu que ses bienfaits demeurent parmi nous ; il a voulu que les âmes rachetées par son sang précieux soient toujours sanctifiées à l’image de sa propre passion.

La Messe, Séminaire d'Ars, vitrail
C’est pourquoi il donne l’ordre à ses disciples fidèles, qu’il établit les premiers prêtres de son Église, de célébrer sans fin ces mystères de la vie éternelle. Et il est nécessaire que tous les prêtres, de toutes les Églises du monde, les célèbrent jusqu’à ce que le Christ revienne du ciel. C’est ainsi que les prêtres eux-mêmes et tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la passion du Christ ; en la tenant dans nos mains, en la recevant dans notre bouche et notre cœur, nous garderions un souvenir ineffaçable de notre rédemption.

Ensuite, il faut que le pain soit fait avec la farine de nombreux grains de froment, mêlée à de l’eau, et reçoive du feu son achèvement. On y trouve donc une image ressemblante du corps du Christ, car nous savons qu’il forme un seul corps avec la multitude des hommes, et qu’il a reçu son achèvement du feu de l’Esprit Saint. ~

Le voici le pain des Anges
De même, le vin de son sang est tiré de plusieurs grappes, c’est-à-dire de raisins de la vigne plantée par lui, écrasés sous le pressoir de la croix ; versé dans le cœur des fidèles au moyen de grandes coupes, il y bouillonne par sa propre vertu.

C’est là le sacrifice de la Pâque, qui apporte le salut à tous ceux qui sont libérés de l’esclavage de l’Égypte et de Pharaon, c’est-à-dire du démon. Recevez-le en union avec nous, dans toute l’avidité d’un cœur religieux. Notre Seigneur Jésus Christ lui-même, que nous croyons présent dans ses sacrements, nous sanctifie en profondeur, et sa vertu sans prix demeure pour tous les siècles.



Séquence de la Fête-Dieu