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mardi 12 mars 2024

Visite épiscopale

Mgr de Cagny
sur la tombe de M. Boudon
pour le 4e centenaire de sa mort


Armes de Mgr de Cagny


 


Désireux de faire redécouvrir les figures spirituelles du diocèse d'Evreux, S.Exc.R. Mgr Olivier de Cagny, Evêque d'Evreux, s'est rendu le dimanche 14 janvier 2024 sur la tombe du vénérable abbé Henri-Marie Boudon, en la chapelle des saints Anges de sa cathédrale, à l'occasion du quatrième centenaire de sa naissance, à l'issue de la messe dominicale.

Le corps de l'abbé Henri-Marie Boudon (1624-1702) repose dans la chapelle des saints Anges , la deuxième en entrant (soit juste après celle des fonts baptismaux) par les portes d'entrée de la façade occidentale près de l'ancien évêché. Son coeur est conservé dans le mur droit de la chapelle, derrière une plaque de marbre noir.

A vendre


Les livrets retraçant la
vie de M. Boudon et de saint François de Laval

sont en vente à
la Librairie Saint-Augustin
,
près de la cathédrale d'Evreux :

21 rue Charles-Corbeau, 27000 Evreux.

dimanche 14 janvier 2024

1624-2024 : Jubilé de Monsieur Boudon

Dimanche 14 janvier 1624
Dimanche 14 janvier 2024
400 ans de la naissance de
l'abbé Henri-Marie BOUDON
,
 grand-archidiacre d'Evreux (1624-1702)


Chapelle des saints Anges de la cathédrale Notre-Dame d'Evreux

mercredi 31 août 2022

Naissance au Ciel de M. Boudon


« Vie nouvelle de Henri Marie Boudon, par S.Exc.R. Mgr Matthieu », Archevêque de Besançon

 

Ses maux devinrent bientôt si compliqués et sa faiblesse si grande qu’il fut presque toujours obligé depuis de se servir de M. Chanoine toutes les fois qu’il avait à communiquer avec ses amis. Il semblait que Dieu ne voulait laisser aucune partie de son corps sans souffrance de même que dans le temps de ses peines de cœur il ne lui avait laissé aucune affection qui ne fût cruellement blessée. La poitrine s’attaqua à la suite d’une vomique et il lui resta une toux violente et continuelle, ses pieds enflés ne lui permettaient plus de marcher qu’avec peine ; il eut un rhumatisme au bras et l’humeur portée sur les yeux et sur les oreilles lui causa des fluxions douloureuses, son estomac ne pouvait plus digérer rien de solide et on le soutint longtemps seulement avec du potage et de la pâte d’abricots.

Toutes ces privations le remplissaient de joie et lui semblaient la plus heureuse préparation à la mort qu’il pût obtenir de Dieu. Il regardait comme une faveur de la Providence de souffrir par nécessité les mortifications corporelles qu’il aurait aimé à lui offrir de toute la bonne volonté de son cœur. Il écrivait dans cette cruelle position à M Bosguérard :


« Je dois me perdre dans l’abîme des miséricordes du Cœur infiniment aimable et infiniment adorable de notre bon Sauveur pour les conduites de sa divine providence sur mon indigne et chétive personne. Je considère que les saints passaient quelquefois les nuits entières en oraison et ordinairement la plus grande partie qu’ils s’abstenaient dans leur nourriture de la plupart des choses dont les autres usaient et voici que cet aimable Sauveur vient à mon secours d’une manière infiniment miséricordieuse et pleine d’amour. Si je demandais avis s’il serait à propos que je passasse les nuits entières ou une grande partie sans dormir et que je me privasse de bien des choses pour la nourriture, apparemment on ne me le conseillerait pas ; mais Dieu tout bon et tout miséricordieux le veut faire par lui-même. Quelquefois mon mal me fait passer les nuits entières sans dormir du tout et d’autres fois jusqu’à deux heures après minuit il faut que je me prive de bien des choses et même des plus communes ; ainsi la divine Providence me fait faire nécessairement ce que je ne ferais pas si je n’y étais en nécessité. Hier je n’avais pas pu encore dîner jusqu’à six heures du soir, mon mal m’arrêtant sur un lit sans pouvoir prendre de nourriture ; tous les jours je suis dans cet exercice. Je ne doute point que ce ne soit la très sainte Mère de Dieu, ma bonne Mère et maîtresse, qui m’ait obtenu ces souffrances pour me préparer à la mort. »

Les derniers mois de l’année 1701 et tout l’hiver de 1702 se passèrent ainsi dans une alternative de mieux et de rechutes qui continuaient d’affaiblir ses forces et d’aggraver le danger de son infirmité. Souvent les accidents revenaient plusieurs fois dans un jour et recommençaient encore pendant la nuit. Il se trouvait à chaque crise en danger de mort et n’en sortait que dans un accablement extrême. Cependant il put encore, jusqu’au commencement du printemps, aller par intervalles célébrer la messe à la cathédrale.


mercredi 13 juillet 2022

Saint Henri II et vénérable Henri-Marie Boudon, priez pour nous

S. Henri II

« Vie de Boudon », par Collet 

Il comptait rendre le lendemain matin ses devoirs à messieurs (les chanoines) du chapitre mais, quand il eut tiré son manteau long de la valise où il l’avait enfermé, il le trouva percé dans tous les doubles. C’était un nouveau tour dont il n’a jamais connu les auteurs. Dès lors, une vive impression lui fit entrevoir qu’il serait un jour percé des traits de la calomnie et déchiré de toutes parts pour la gloire de son Maître.

Comme il n’était pas délicat sur le fait des vêtements, il en eut bientôt pris son parti. Son manteau fut rapiécé à la hâte et ce fut dans cet état qu’il alla saluer le doyen et les chanoines de la cathédrale.

L’histoire de ce manteau criblé fit bientôt la nouvelle du jour. Les uns en rirent, les autres en eurent pitié, les plus sages se souvinrent que saint Martin dont les habits grossiers avaient blessé les yeux de l’évêque Défenseur s’était fait un nom immortel dans toutes les églises. Ainsi, un chapitre extraordinairement assemblé installa Boudon. Ce fut un samedi 27 de juillet que la cérémonie s’en fit.

Le nouvel archidiacre ne resta pas longtemps à Evreux. Une affaire importante et, chez lui, il n’y en eut jamais d’autres que celles de la charité, l’appela à Rouen. Ce fut là qu’il écrivit à MM. les curés de la ville d’Evreux une lettre commune. Quoiqu’un peu obscure, elle est si pleine d’humilité et d’ardeur pour les intérêts de Dieu seul qu’on ne peut encore la lire aujourd’hui sans en être touché :

Sacramentaire de S. Henri

« C’est, leur dit-il, en propres termes, c’est la dernière des créatures qui vous adresse cette chétive lettre pour supplier votre charité d’avoir soin de sa misère devant la majesté du Dieu tout bon.


J’ai cru que l’adorable Crucifié serait glorifié si, ayant été appelé par un excès de son amour à l’archidiaconat d’Evreux, nous avions soin de nous recommander à vos saints sacrifices. Ce n’est pas, Messieurs, le pauvre pécheur que je recommande à votre souvenir, je vois devant Dieu que je mérite d’être effacé dans l’esprit de toutes les créatures ; ce sont les seuls intérêts de Dieu dont je vous prie d’avoir soin dans vos prières. C’est Jésus qui doit être l’archidiacre d’Evreux et non pas le dernier des hommes.

Tout ira bien si le pauvre archidiacre est bien détruit, bien anéanti par l’esprit de Dieu. C’est dans cette vue que j’ai offert l’archidiaconé d’Evreux à la très digne Mère de Dieu, sachant que si une fois elle l’a entre les mains, il sera tout au pouvoir de son Fils bien-aimé. »

Toute la lettre qui est longue est du même style. Ceux à qui elle était adressée y répondirent quelque-temps après mais, quoiqu’en peu de mots, ils le firent avec autant de dignité que de politesse.

Couronne de S. Henri


vendredi 6 mai 2022

S. François de Montmorency Laval


Vie nouvelle de Henri Marie Boudon, par S.Exc.R. Mgr Matthieu, Archevêque de Besançon

Nous voyons le vénérable évêque de Québec, que tant de titres recommandaient au respect et à l’amour des chrétiens, de son vaste diocèse y subir toutes les oppositions et les traverses que l’ambition et l’intrigue peuvent faire éprouver chez les peuples civilisés.

C’est Boudon lui-même, dépositaire de ses plus secrètes pensées, qui nous apprend dans une de ses lettres tout ce que son cœur dut avoir à souffrir, et par suite, les prêtres les plus zélés de son clergé. A peine arrivé dans le Canada, il vit les gouverneurs opposés à tous ses desseins. Louis XIV, pour lui donner une preuve de sa haute estime, ayant voulu en nommer un sur sa présentation, bientôt cet homme qu’il croyait avoir choisi parmi tout ce que le monde pouvait lui offrir de plus recommandable et de plus pieux, qui avait été l’ami intime de ce vertueux M. de Bernières dont le nom revient si souvent dans notre histoire, se tourne absolument contre le prélat qu’il avait élevé, et va jusqu’à écrire à la cour pour l’y peindre sous les couleurs les plus suspectes.

M. de Laval se persuade alors qu’il doit déposer une dignité dont il ne s’était chargé que pour le bien de la religion ; il choisit encore parmi ses amis l’ecclésiastique qu’il croit le plus digne d’en être revêtu, et le roi veut bien lui accorder cette nouvelle preuve de sa bienveillance ; mais, à peine ce nouveau prélat a-t-il pris possession du siège de son prédécesseur, qu’il change et abolit toutes ses institutions, renverse l’ordre qu’il a établi dans son séminaire, fait peser sa disgrâce sur tous les ecclésiastiques qui lui avaient été attachés, et va jusqu’à interdire ceux qui avaient été en même temps et ses plus zélés collaborateurs et les plus chers amis de Boudon. C’est ainsi que plusieurs années s’écoulèrent avant que ce prélat, dont les intentions étaient d’ailleurs irréprochables, ouvrit les yeux sur l’ingratitude dont il s’était rendu coupable envers son bienfaiteur et réparât l’injustice de ses procédés envers lui. Cependant, nous l’avons déjà dit, M. de Laval portait comme Boudon une de ces âmes nobles et généreuses que l’injustice des hommes ne saurait aigrir ni abattre. Il supporta ces épreuves sans laisser altérer un instant le calme de sa vertu : « Priez bien, mon cher monsieur, écrivait-il à Boudon, que nous fassions un bon usage des croix dont il plaît à Notre Seigneur de faire part à cette Eglise. Lorsque vous serez à Paris, vous apprendrez de nos amis les moyens dont il se sert pour cela. Vous verrez qu’ils sont d’autant plus extraordinaires qu’ils viennent de la part de ceux qui en devraient être tout l’appui. Notre Seigneur est aimable en tout et, en prenant tout de sa main, nous jouirons toujours d’une paix que tous les hommes ne peuvent ôter. »

On sent que le prélat qui écrivait ainsi devait être en effet l’ami de Boudon, et il n’est pas étonnant qu’ils se soient communiqué jusqu’à la mort avec tant de constance leurs pensées les plus intimes.



vendredi 14 janvier 2022

Naissance et renaissance sacramentelle du vénérable abbé Henri Marie Boudon


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 173

Vendredi 14 du mois (de janvier), fête du saint Nom de Jésus, est le jour de ma naissance & de ma renaissance par le saint Baptême car la divine Providence qui m’a fait différer les cérémonies sacrées jusqu’au 16 ou 26 de Mai (je ne saurais distinguer dans mon Baptistère lequel des deux chiffres cette divine Providence, dis-je) a voulu que je ne fusse pas un jour sans être à Jésus-Christ.

Ainsi, du côté de la divine Providence, toujours un accablement pour ainsi dire de grâces &, de mon côté, des infidélités & des ingratitudes inouïes sans que cependant elle se soit jamais lassée de me les continuer & augmenter, ce qui est étonnant & ce qui me doit confondre infiniment. En vérité, je mériterais que toutes les créatures s’élevassent contre moi, pour venger mes ingratitudes & mes rebellions envers notre commun Créateur ~ J’entre donc vendredi dans la 78e année de mon âge & de ma vie misérable. Oh Monsieur ! que ce ne soit plus pour vivre, mais pour continuer la vie de Jésus-Christ ~ Vivat, vivat, vivat !



samedi 18 septembre 2021

De la vertu d'humilité


« Vie de Boudon », par Collet

Ces idées si humiliantes, Boudon ne se contentait pas de les nourrir dans son cœur ; il s’efforçait de les inspirer à ceux qui le connaissaient et à ceux qui ne le connaissaient pas. Il aurait voulu que tout l’univers portât sur lui le jugement qu’il en portait lui-même. Ses écrits qui ont couru toute l’Europe sont remplis des sentiments qu’il avait de sa prétendue indignité :

« Je ne suis, y dit-il, je ne suis qu’un misérable aveugle, qu’un très grand pécheur et le dernier de tous les pécheurs.

Je le reconnais en votre présence, ô mon charitable gardien, je le veux dire devant tous les hommes. Je veux que toute la terre sache que je me vois mériter, non seulement la dernière place du monde, mais encore la dernière place de l’enfer. Je me vois au-dessous de tous les démons. »


 N.B. : M. Boudon se voyait mériter l'Enfer éternel. Etait-il janséniste ? Non, ses œuvres en témoignent. Ne croyait-il pas en la miséricorde divine ? Il en était un ardent défenseur. Il croyait de tout son cœur à la tendresse et à la bonté divines et il combattra ceux de son temps qui ne voulaient pas y croire. Alors pourquoi se dit-il mériter la dernière place dans l'Enfer éternel. Et bien parce que, sans la miséricorde divine, voilà ce que vaut le péché des hommes. 
Si Dieu est la Vie et que le péché nous détourne de Dieu, alors nous ne pouvons mériter que la mort et la mort éternelle.
Sainte Thérèse d'Avila disait que la plus grande grâce que Dieu lui aie faite était de lui avoir montrer la place en Enfer que ses péchés lui méritaient. Et Saint Ignace de Loyola, dans ses Exercices spirituels, fait méditer le retraitant sur les conséquences du péché originel et des péchés personnels. Mais parce que Dieu est miséricorde, qu'Il appelle les pécheurs à la conversion (c'est-à-dire à se détourner du mal et du Malin pour se tourner vers Dieu), alors nous pouvons être sauvés. Ce n'est pas pour rien que le Christ notre Dieu ne cesse de dire aux hommes : "Convertissez-vous et croyez à l'Evangile !" Sans cet effort, nous mourrons et nous périrons.
Humblement, M. Boudon se reconnaissait pauvre et misérable pécheur, et digne de l'Enfer. L'humilité est le premier pas pour briser le chemin d'orgueil qui mène à la mort. Et de l'humilité naît la conversion qui mène à la Vie. Imitons-le !


Détail de la statue de Notre-Dame de La Salette

mardi 31 août 2021

NAISSANCE AU CIEL DU VENERABLE ABBE HENRI-MARIE BOUDON

Vue de la Cathédrale Notre-Dame d'Evreux dont M. Boudon était chanoine

« Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon », par Mgr. Matthieu, Archevêque de Besançon
Chanoine en aumusse

Depuis cette époque jusqu’aux temps désastreux qui semblaient avoir anéanti dans les cœurs jusqu’aux traces de toute pensée édifiante et de tout pieux souvenir, on continua de révérer à Evreux la mémoire de Boudon et ses livres y furent recherchés avec empressement parmi les personnes d’une piété tendre et solide.

Les tristes jours de la révolution firent déserter sa tombe en même temps qu’ils souillèrent les autels près desquels il reposait mais ses restes ne furent point profanés et son cœur était resté dans la muraille de l’ancienne chapelle du séminaire, convertie depuis en tribunal criminel, sans que personne songeât à ce vénérable dépôt.

Ce fut alors que Mgr. Bourlier, que la Providence avait appelé à l’évêché d’Evreux pour y réparer les maux de l’Eglise désolée, résolut de le faire enlever d’un endroit où il ne pouvait convenablement rester pour être replacé, suivant l’honneur et le respect qui lui étaient dus. En conséquence il donna commission à M. de Narbonne, grand vicaire et archidiacre de la cathédrale d’Evreux, et à deux autres chanoines de la même église, d’aller reconnaître si le cœur de Boudon existait toujours au lieu où il avait été placé d’abord. Ces MM. ayant attesté que l’épitaphe qui le recouvrait n’avait subi aucune altération ni dérangement pendant la révolution, et que l’urne de plomb qu’ils avaient trouvée derrière renfermait sans aucun doute le cœur du serviteur de Dieu, Mgr l’évêque d’Evreux ordonna, le 6 juillet 1812, que la boîte et l’inscription qui la recouvrait seraient placées convenablement et le plus près que faire se pourrait de la chapelle où reposait le corps de Boudon.

Chapelle Notre-Dame des Anges,
Cathédrale d'Evreux, où repose le corps
de notre vénérable ami céleste

MM. les ecclésiastiques qui furent chargés de l’exécution de ses ordres en dressèrent un procès-verbal qui fut inséré dans les archives de l’évêché. Dès l’instant qu’il prit possession de l’évêché d’Evreux, ce prélat s’était empressé de relever la confrérie des saints Anges qui n’avait pas cessé d’être florissante depuis la mort de Boudon jusqu’ à la révolution. Il publia un mandement dans lequel il exhortait les âmes pieuses à faire partie de cette confrérie si longtemps respectable par le nombre la qualité et les vertus de ses associés mais bien plus encore par l’éminente piété de son premier fondateur : le vénérable Henri Marie Boudon, grand archidiacre d’Evreux. Il publia de nouveau les indulgences que pouvait gagner chacun des associés d’après les bulles des souverains pontifes Clément XIV, Pie VI et Pie VII, nomma deux chanoines administrateurs de l’association et en renouvela les statuts.

Mgr du Chatelier, maintenant évêque d’Evreux, jaloux d’encourager tout ce qui peut soutenir la piété dans sa ville épiscopale, accorde aux associés de la confrérie des saints Anges qui est fort nombreuse la même protection que lui avait accordée Mgr Bourlier.

Les mardis et vendredis de chaque semaine, on dit dans la chapelle où repose le corps de Boudon, près du pilier où est placé son cœur, une messe en l’honneur des saints Anges et pour le repos de l’âme des associés défunts. La fête et l’octave des saints Anges s’y célèbre avec beaucoup de solennité ; le Saint-Sacrement y réside toute l’année ; un grand nombre de personnes pieuses y reçoivent fréquemment les sacrements et s’y rendent journellement pour prier.

On doit croire qu’elles n’y oublient pas le serviteur de Dieu ; nous en connaissons plusieurs qui ne l’ont point invoqué en vain dans leurs incertitudes et dans leurs peines. Mais du moins son âme sainte doit être réjouie de voir du séjour de la gloire que sa pieuse institution s’est soutenue au milieu des tristes agitations qui ont bouleversé tant d’autres œuvres et qu’elle attire encore à Dieu dans ce sanctuaire, ainsi qu’aux anges qui entourent son trône, de fervents et respectueux hommages.

 

Stalle, église Saint-Taurin d'Evreux

dimanche 8 août 2021

Mémoire de S. Dominique, apôtre du rosaire. M. Boudon et la sainte Vierge


« Vie de Boudon », par Collet

D’abord il commença, comme nous l’avons déjà dit, par mettre son archidiaconé, sa personne et toutes les paroisses qu’il devait visiter sous la protection de la sainte Vierge et des saints évêques qui y ont planté et multiplié la foi.

Les beaux esprits et, parmi-eux, un grand vicaire, plaisantèrent beaucoup sur cette première démarche de notre vertueux prêtre ; quelques-uns même, pour le tourner en ridicule, en firent imprimer l’acte sur une feuille volante. Mais avec un peu moins de passion ils auraient pu voir le grand archidiacre en s’offrant, lui et siens, à la Mère de Dieu, n’avait fait en petit que ce que Louis le Juste (Louis XIII) avait fait en grand lorsqu’en 1638, ayant déposé son sceptre et sa couronne sur le grand autel de Notre-Dame (de Paris), il voulut apprendre à toute l’Europe que ni le prince ni les sujets ne pouvaient trop honorer celle dont le Fils dispose à son gré des rois et des royaumes.

Pour ne pas se borner à une simple oblation, l’archidiacre y joignit toutes les œuvres de piété et de pénitence que les saints pratiquent pour engager, pour forcer le ciel de bénir leurs travaux. Communions ferventes, pieux et pénibles pèlerinages, mortifications excessives, tout était mis en usage.



jeudi 29 juillet 2021

Pauvre, doux et humble de cœur


« La Vie de M. Henri Marie Boudon, Grand Archidiacre d’Evreux », par M.***, tome 1er

Pour ne se pas borner à une simple oblation, notre grand Archidiacre y joignit toutes les œuvres de piété et de pénitence que les Saints pratiquent pour engager, pour forcer le Ciel à bénir leurs travaux : communions ferventes, pieux et pénibles pèlerinages, mortifications excessives, tout était mis en usage.

Dans tous les temps de l’année, il jeûnait trois fois par semaine ; mais dans le temps de ses visites qu’il fit toujours à deux ou trois reprises, il jeûnait tous les jours sans y manquer, jamais quelques fatigues qu’il eût essuyées ou quelque instance qu’on pût lui faire. Il aurait voulu, si les mœurs du temps l’eussent souffert, n’avoir d’autre monture que celle dont se servit le Fils de Dieu au jour de son entrée à Jérusalem ; il y suppléa en se servant d’un cheval qui valait encore moins. C’est dans cet équipage qui faisait pitié que, suivi non d’un valet, car il n’en eut jamais, mais d’un homme presque aussi pauvre qu’il l’était lui-même, il parcourait et les villages et les villes du Diocèse.


mardi 13 juillet 2021

Fête de Saint Henri II, Patron du vénérable Henri-Marie Boudon

Saint Henri II, empereur du Saint-Empire et saint Patron du vénérable abbé Boudon

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 268

Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen et des personnes qui y sont.

J’espère que la divine Providence me fera retourner à Evreux dans l’octave de la glorieuse Assomption de Notre Dame au ciel en corps et en âme pour y faire mes visites sous la protection ordinaire de l’immaculée Vierge Mère de Dieu, de saint Joseph, des bons anges et saints patrons du diocèse d’Evreux, le mois de septembre avec toutes mes infirmités corporelles.


Saint Henri II et son épouse, Sainte Cunégonde


jeudi 17 juin 2021

Vivre d'amour


Du vénérable abbé Henri-Marie Boudon, Lettre 199

Hélas, Monsieur, étant encore bien jeune je demandais & redemandais, je criais après le divin amour, sans bien entendre la grandeur de cette grâce.

Ma grande fête était celle de la Pentecôte, sans en connaitre la raison. Celle de Pâques même ne me touchait pas comme celle-là. Je vois bien présentement où me portait l’attrait de ma grâce. Quand je fais réflexion sur tous les attraits que le Dieu de l’amour m’a donnés & sur le peu d’usage que j’en ai fait, quand de plus je considère que ce Dieu dont les miséricordes sont sans nombre ne s’est jamais rebuté de mes horribles ingratitudes & qu’il a augmenté ses grâces à mesure que j’ai multiplié mes infidélités sans exagérer ; je me vois la plus ingrate créature qui fut jamais & au-dessous de Judas.

Ah ! qu’il est donc grand temps, ne m’en restant presque plus, de ne plus vivre que du pur amour de Jésus. Qui me fera la grâce de mourir à force de l’aimer ? Autrefois je disais à la Reine du saint Amour, l’admirable Mère de Dieu : J’attends le coup de la mort de votre virginale main. Ah ! qu’elle grâce de mourir de la sorte ! Priez, Monsieur, que je commence à aimer Dieu seul de la bonne manière à n’aimer que lui seul.

 

jeudi 6 mai 2021

Saint François de Montmorency-Laval et le vénérable abbé Boudon


« Vie nouvelle de Henri Marie Boudon », par S. Exc. R. Mgr Matthieu, Archevêque de Besançon

Il se disposa à entrer dans le sacerdoce et à prendre possession de sa nouvelle dignité. Il était nécessaire, pour qu’il pût être reçu, qu’il fût gradué dans une université : il choisit celle de Bourges où il prit le bonnet de docteur le 7 octobre 1653.

Il se prépara ensuite à recevoir la tonsure, tandis que l’abbé de Laval lui obtenait à Rome un extra tempora et une dispense des interstices. Ce fut le nonce du Pape qui lui conféra, le 4 novembre 1653, ce premier degré de la cléricature, dans l’église de la congrégation de la sainte Vierge du noviciat des jésuites.

« Ce jour où l’on célèbre la fête de Saint Charles Borromée est devenu pour moi, écrivait Boudon, la fête de Dieu seul ; car y étant fait clerc, je veux dire sort, comme l’explique saint Jérôme, j’y ai pris Dieu pour mon sort et mon partage. C’est pour lors que j’ai dit en face de la sainte Eglise, entre les mains du nonce de Sa Sainteté, dans la maison de la Reine des saints, que le Seigneur était la part de mon héritage : Dominus pars haereditatis meae ; or c’est une part et une portion qui doit suffire entièrement, après l’avoir prise il n’y a plus rien à prendre ni à espérer. Dès lors je n’ai dû avoir rien que Dieu seul ! »

Le respect et la constance avec lesquels Boudon porta toujours depuis l’habit ecclésiastique prouvèrent avec quelle vénération il reçut ces livrées de l’Eglise. Il n’était que trop commun alors de voir des prêtres paraître dans le monde en habit séculier, comme s’il eût été des temps et des lieux où il convenait qu’ils se dépouillassent des marques de leur caractère sacré !

Boudon ne cessa point de montrer, par son extérieur comme par ses paroles, que ce caractère faisait toute sa gloire et qu’il n’en voulait point d’autre dans ce monde.


mercredi 21 avril 2021

Vivre à la suite du Christ

Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon, par S.Exc.R. Mgr Matthieu, Archevêque de Besançon

Depuis huit ans que durait son épreuve on ne l’avait pas vu dévier un instant de cette perfection à laquelle il n’est donné qu’aux saints d’arriver.

La sainteté de sa conduite, la pureté de sa vie, avaient toujours été dans l’opposition la plus marquée avec les calomnies dont on l’avait noirci et, en continuant à le persécuter, il fallait convenir que cet homme à qui on reprochait tant d’hypocrisie dans son extérieur et de perversité dans ses mœurs cachait constamment ses crimes sous les apparences d’une vertu plutôt angélique qu’humaine.



mardi 19 janvier 2021

La Providence est bonne


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 334

DIEU SEUL

Monsieur ;

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, etc… Enfin, Monsieur, son aimable et divine Providence m’a servi à son ordinaire et, comme elle l’a fait toujours selon la multitude de ses miséricordes infinies, de très bonne, de très douce et de très fidèle mère dans vos visites.

Nous y avons ressenti les incommodités de notre mal et, souvent et cependant, elle a ménagé toutes choses avec tant de douceur qu’elle nous a fait faire les visites de plus de quatre-vingts paroisses, et dans un froid très rigoureux et de telle manière que nous n’avons pas eu d’empêchement dans un seul dimanche de célébrer la messe de paroisse, et de monter en chaire trois fois en différentes églises pour y exhorter les peuples.

Aidez-moi, Monsieur, à chanter ses miséricordes. Elle nous a fait finir nos visites par trois églises dédiées à Dieu sous l’invocation de la très pure Vierge, dont l’une est un pèlerinage de dévotion à la sainte Vierge sous le titre de ‘‘Notre-Dame de Bon Secours’’, secours que j’ai expérimenté depuis que je suis au monde avec des bénédictions singulières, la très sainte Vierge ayant toujours été ma très bonne maîtresse et très miséricordieuse mère. Le dernier jour était dédié à ‘‘Saint-Jean l’évangéliste devant la Porte Latine’’, aimable et incomparable saint. Je voudrais crier à haute voix par toute la terre à sa dévotion ! Oh que j’ai reçu de grâces dès ma jeunesse par ce grand saint !

dimanche 17 janvier 2021

La première Communion de M. Boudon

Sainte Hostie de Dijon

« Vie de Boudon » par Collet


Il la fit cette première communion, dès l’année suivante à l’âge de neuf ans, et ce fut alors que le torrent des faveurs célestes que les chutes dont nous venons de parler avaient arrêté pour un temps reprit chez lui son cours avec plus d’abondance et plus d’impétuosité qu’auparavant.

Il fit avec une nouvelle ferveur ses pieuses lectures et il y en eut une qui le porta à une action bien extraordinaire pour son âge. Ayant trouvé par hasard ou plutôt par une secrète disposition de la Providence un sermon à l’honneur de saint Jean l’Evangéliste qui traitait de la pureté de ce grand apôtre, son cœur en fut si touché, si attendri, qu’il conçut un violent désir d’imiter ce disciple bien-aimé de l’époux et du roi des vierges.

Il se retira donc à l’écart et, les yeux baignés de larmes, le cœur embrasé du divin amour, il se consacra sans réserve à la sainte Trinité et se mettant ensuite sous la protection de la Mère de Dieu et du grand apôtre dont les sublimes vertus venaient de faire sur lui une si vive impression ; il fit vœu de virginité perpétuelle.

Depuis ce jour qu’il regarda sans cesse comme le plus beau de ses jours, Boudon conçut pour le saint évangéliste de la charité, une tendresse qui ne s’altéra jamais ou plutôt qui crût et se multiplia beaucoup plus que l’âge et les années. Il ne se lassait ni de célébrer ses grandeurs ni de publier les grâces qu’il croyait en avoir reçues : « Grand saint, disait-il dans ces mouvements rapides dont il semblait n’être pas maître, puisse le ciel accroître le nombre de vos serviteurs et les combler de ses plus douces bénédictions ! Que le Seigneur répande de plus en plus dans ton Eglise un instinct d’amour pour vos excellentes perfections, que votre Nom soit grand dans toutes les nations, qu’il soit célébré depuis un bout du monde jusqu’à l’autre. »



vendredi 15 janvier 2021

L'enfance de M. Boudon


« Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon », par Mgr. Matthieu, Archevêque de Besançon

L’innocence et la simplicité de son âge jointes à la beauté naturelle dont il était doué donnaient à sa piété quelque chose de tendre et de naïf qui le rendait aimable à tous ceux qui le connaissaient, il savait en inspirer le goût aux enfants qu’il était à portée de fréquenter. On les voyait suivre à son exemple des pratiques que leur pétulance naturelle aurait dû leur faire trouver bien gênantes. Il les conduisait à l’église et, s’ils n’y portaient point sa ferveur, ils imitaient du moins son maintien recueilli ; souvent aussi, il les rassemblait pour les exhorter à l’amour de Dieu et au repentir de leurs fautes, il leur enseignait la manière de se bien confesser et les moyens de retirer plus de fruits de cette action.

On doit croire que les discours de ce jeune missionnaire ne furent pas sans succès, nul autre n’aurait été plus capable de faire impression sur l’esprit de ses petits auditeurs. En même temps qu’il cherchait à exciter la ferveur des autres, il s’attachait surtout à entretenir la sienne par l’exemple des saints.

Ce fut saint Jean l’Evangéliste qui lui inspira le premier une dévotion particulière. Il avait trouvé son panégyrique chez ses parents et cette lecture lui inspira tant d’amour pour ce saint et d’admiration pour ses vertus que, retiré à l’écart, il se prosterna devant Dieu et lui fit la promesse de les imiter, toutes promesse dont il ne sentait pas bien alors l’importance, mais comme il le dit lui-même depuis, en parlant de cette circonstance de son enfance, il est des choses que Dieu veut que nous fassions sans réflexion, le permettant ainsi parce que si nous demandions avis selon les règles de la prudence, nous ne les ferions pas. La fidélité avec laquelle Boudon tint à ces premières résolutions prouve qu’elles étaient du nombre de celles dont l’attrait vient d’en haut. Aussi eut il toute sa vie la même vénération pour l’apôtre qui les lui avait inspirées : il l’appelait le saint de sa piété, il assurait qu’il avait commencé à ressentir les doux effets de sa protection presque en même temps qu’il avait commencé de vivre et, dans le dernier ouvrage qu’il composa, il terminait encore son éloge en l’appelant le disciple de l’amour, le disciple si aimant et si aimé, l’aimable saint Jean l’Evangéliste.

Ce fut dans ces dispositions qu’il se prépara à sa première communion. Il se reprochait avec amertume les plus légères imperfections dont il eût à s’accuser dans sa confession générale, mais deux fautes surtout qui avaient échappé à sa vigilance sur lui-même tourmentaient excessivement sa conscience délicate. Succombant à un mouvement de sensualité, il avait bu un reste de vin laissé dans les burettes après une messe qu’il venait de servir et, trop timide sans doute pour résister aux prières d’un religieux propriétaire, il avait, pendant qu’on faisait la visite de son monastère, gardé l’argent qu’il cachait contre le prescrit de la règle. La confusion qu’il en ressentait était si grande qu’elle l’avait empêché jusque-là de les déclarer au tribunal de la pénitence, il le fit avec un repentir qui dura jusqu’à la fin de sa vie. L’amertume avec laquelle il en parlait alors prouve dans quelle innocence il garda depuis son âme, et on peut attribuer sans doute à l’impression que ces chutes firent sur lui la rigueur excessive avec laquelle il pratiqua constamment les vertus de pauvreté et de mortification religieuse.



jeudi 14 janvier 2021

Anniversaire de la naissance et du baptême du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Ancienne catéchèse du diocèse de Jérusalem, aux nouveaux baptisés

Vous avez été baptisés dans le Christ, et vous avez revêtu le Christ ; vous avez donc été configurés au Fils de Dieu. En effet, Dieu qui nous a prédestinés à la filiation adoptive nous a configurés au corps de gloire du Christ. Puisque vous êtes maintenant participants du Christ, vous êtes à juste titre appelés vous-mêmes « christs », et c'est de vous que Dieu disait : Ne touchez pas à mes christs.

Or, vous êtes devenus des christs en recevant l'empreinte de l'Esprit Saint ; et tout s'est accompli pour vous en image, parce que vous êtes les images du Christ. Pour lui, quand il se fut baigné dans le fleuve du Jourdain et qu'il eut communiqué aux eaux le contact de sa divinité, il en remonta ; et la venue substantielle du Saint-Esprit sur lui se produisit, le semblable se reposant sur le semblable. Il en est pareillement pour vous : une fois que vous êtes remontés de la piscine sainte, eut lieu la chrismation, image exacte de celle dont fut marqué le Christ. Il s'agit de l'Esprit Saint. Le prophète Isaïe, faisant parler le Seigneur, disait de lui : L'Esprit du Seigneur est sur moi ; car il m'a consacré par la chrismation ; il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.

En effet, le Christ n'a pas été chrismé par les hommes d'une huile ou d'un parfum matériels. Mais c'est le Père qui, l'ayant consacré d'avance comme le Sauveur du monde l'a marqué de l'Esprit Saint, comme le dit saint Pierre : Jésus de Nazareth, que Dieu a chrismé d'Esprit Saint. Et le prophète David proclamait : O Dieu, ton trône est pour les siècles des siècles : c'est un sceptre de droiture, le sceptre de ta royauté. Tu aimes la justice et tu hais l'impiété ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a consacré d'une huile d'allégresse, de préférence à tes rivaux. ~

Le Christ a été marqué par l'huile spirituelle d'allégresse, c'est-à-dire par l'Esprit Saint, qui est appelé huile d'allégresse parce qu'il est l'auteur de l'allégresse spirituelle ; et vous, vous avez été oints de parfum, vous êtes devenus participants et compagnons du Christ. Mais ne va pas t'imaginer que ce parfum est quelque chose d'ordinaire. ~ Ce saint parfum, après l'invocation pour obtenir le Saint-Esprit, n'est plus un parfum ordinaire et, pourrait-on dire, commun. Il est don spirituel du Christ, devenu, par la présence de l'Esprit Saint, agent efficace de sa divinité. C'est de ce parfum qu'on te chrisme symboliquement sur le front et les autres organes des sens. Tandis que ton corps est oint de parfum visible, l'âme est sanctifiée par le saint et vivifiant Esprit.

Ampoule de Saint Chrême


mercredi 18 novembre 2020

Notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, modèle de toute sainteté


« Vie de Boudon », par Collet

Pour dédommager en quelque sorte le Seigneur Jésus d’une indifférence aussi outrageuse, Boudon l’étudiait tous les jours de sa vie.

C’est dans ce grand livre qu’il apprenait le mépris de soi-même, l’obéissance à ses supérieurs, la douceur envers ceux qui lui étaient soumis, la compassion envers les pécheurs, la libéralité envers les pauvres, la charité envers tous les hommes, le pénible amour des ennemis.

C’est sur ce divin modèle qu’il compassait toutes ses actions, qu’il réglait toutes ses démarches, qu’il dirigeait tous les mouvements de son cœur. Pour tout dire en un mot, Jésus Christ était sa vie, son trésor, son amour, ses espérances, ses délices, son médiateur, son Dieu, son tout.