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dimanche 14 janvier 2024

1624-2024 : Jubilé de Monsieur Boudon

Dimanche 14 janvier 1624
Dimanche 14 janvier 2024
400 ans de la naissance de
l'abbé Henri-Marie BOUDON
,
 grand-archidiacre d'Evreux (1624-1702)


Chapelle des saints Anges de la cathédrale Notre-Dame d'Evreux

dimanche 30 avril 2023

1623-2023 : Jubilé de saint François de Laval - VIE DU SAINT (1)

400 ans de la naissance de
Mgr François de Montmorency-Laval
-Montigny,
 grand-archidiacre d'Evreux (1648-1653)
et 1er évêque de Québec

à Montigny-sur-Avre (diocèse de Chartres)
le 30 avril 1623



Château de Montigny-sur-Avre, Eure-et-Loir (France) vers 1900-1920,

Naissance du Saint de Montigny

 

La rivière Avre, au bord de laquelle est construit le village de Montigny, marquait autrefois la frontière entre le Duché de Normandie et la France, et maintenant entre le diocèse de Chartres et celui d’Évreux. De cette période subsistent des fortifications appelées « Les Fossés du Roi » dont certaines parties se sont conservées jusqu’à nos jours.

C’est pour se protéger des incursions des Français que Henri II Plantagenet, duc de Normandie, fit construire, entre 1160 et 1170, ce rempart de terre, binôme talus-fossé atteignant souvent 4 à 5 mètres de hauteur. 

Cette ligne de défense, établie côté Normandie, s’étendait depuis Le Mêle-sur-Sarthe, dans le Perche, jusqu’à Muzy en suivant le cours de la Sarthe, puis celui de l’Avre. Et c’est précisément dans ce qui était le parc de l’abbaye de l’Estrée, à Muzy dont Mgr François de Laval allait devenir abbé commendataire, que se termine le Fossé du Roi. Les châteaux de Verneuil ainsi que celui de Tillières constituaient les maillons de la défense de la Normandie ; face à eux les châteaux du Thymerais (Brezolles, La Ferté-Vidame, Senonches et Châteauneuf)) tenus par les puissants barons de Châteauneuf-en-Thymerais fidèles aux rois de France, défendaient le Royaume de France.

Créées en 1120 par Henri Ier Beauclerc pour renforcer les défenses de la rivière d’Avre au sud de son duché, Verneuil-sur-Avre et Tillières ont conservé de nombreux vestiges de leur passé militaire : château, donjon, fossés, fortifications.

Le duché de Normandie est dans les faits conquis par le roi de France, Philippe Auguste en 1204. Il entre dans le domaine royal. Les souverains anglais continuent d’y prétendre jusqu’au traité de Paris en 1259 mais ne conservent en fait que les îles Anglo-Normandes comme ancienne part du duché. Le duché de Normandie survit surtout par l’installation intermittente d’un duc à sa tête. En effet, le roi de France confie parfois cette portion de son royaume à un membre proche de sa famille. Celui-ci prête ensuite hommage au roi. Son caractère féodal sera supprimé en 1469.

 

François vécut 8 années à Montigny. La canonisation de saint François Xavier venant d’avoir lieu, François était un prénom très répandu. Il fut le quatrième d’une famille de neuf enfants, fils de Madame Michelle de Péricard, de noblesse normande, originaire de Saint-Etienne (près de Rouen) et de Hugues de Montmorency Laval, seigneur du lieu. Il est l’héritier d’une des plus prestigieuses familles françaises puisque sa famille porte pour le titre de premier baron de France, c’est dire qu’il descend du premier compagnon du roi Clovis baptisé par saint Remi en 496 à Reims. Le cri de guerre Dieu ayde au premier baron chrestien, qui fut aussi la devise de cette lignée et que l’on retrouve dans les armoiries de Mgr de Laval, perpétuait le souvenir de ce glorieux événement. A l’Église et au Royaume, cette famille donna plusieurs cardinaux, six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux, un grand nombre de généraux et d’officiers civils et militaires. Au XIIIe siècle, l'un de ses ancêtres, Mathieu de Montmorency ayant épousé en secondes noces Emme de Laval, de la noble famille de Laval, avec l'entente que ses enfants en porteraient le nom et les armes, son fils Guy de Montmorency, né de ce second mariage, laissa à la branche aînée issue du premier mariage de son père le nom de Montmorency, pour prendre celui de Laval. Il devint sous ce nom le chef de la branche cadette des Montmorency, à laquelle se rattachait Mgr de Laval. Le prélat lui-même ne porta jamais le nom de Montmorency ; il signait dans les registres ou ailleurs "François de Laval", comme appartenant à la branche cadette.

Son frère Henri deviendra prieur de l’abbaye de la Croix-Saint-Leufroi et sa sœur Anne-Charlotte, supérieure des filles du Saint-Sacrement, à Nantes.

Le seigneur de Montigny et son épouse, tous deux d’une piété et d’une vertu éprouvées, ne possédaient point, malgré leur noblesse, de grandes richesses : le fief de Montigny, le plus important des quatre qu’ils détenaient, n’était à vrai dire qu’un gros bourg. La situation financière de la famille allait bientôt devenir assez précaire, et François allait devoir se consacrer un jour à son rétablissement.

[à suivre]

Société Henri-Marie Boudon



Sources :

Bulletin des saints Anges ; Société Henri-Marie Boudon

François de Laval et son époque. Gilles Bureaux / Grand Séminaire de Québec.

https://www.françoisdelaval.com

Les Jésuites et la Nouvelle France : Desclée de Brouwer.

https://crc-canada.net

https://www.hgiguere.net

https://www.ecdq.org

https://www.jesuits.global.com

https://www.histoire-et-civilisations.com

Histoire de l’Église : Dom Charles Poulet, Beauchesne.

Le livre des merveilles : Mame/Plon.

Abbaye Saint-Joseph de Clairval : lettre du 16 juillet 2017.

samedi 29 avril 2023

1623-2023 : 400 ans de la naissance de S. François de Laval

 


Dimanche 30 avril 1623 – Dimanche 30 avril 2023

 

4e centenaire de la naissance de saint François de Laval,

Père de la Nouvelle France.

 

Les diocèses d’Évreux, Chartres et Québec en fête !



Une marche est à cette occasion organisée en guise de pèlerinage par la Société Henri-Marie Boudon :


12h30 devant l'
église Saint-Hilaire de Tillières-sur-Avre

Repas tiré du sac, 

Mini-conférence, 

puis 7 km de marche jusqu'à l'église de Montigny-sur-Avre,

Fin vers 16h-16h30.



jeudi 21 janvier 2016

21 janvier, Sainte Agnès, martyre, et triste anniversaire du meurtre du Roi Louis XVI. Prions pour la France !




Le 21 juillet 1792, le vœu de Louis XVI est remis au père Hébert, supérieur général des Eudistes et confesseur du Roi.
C'est le vœu par lequel Louis XVI a dévoué sa personne, sa famille et tout son Royaume, au Sacré-Cœur de Jésus.


                 « Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l'abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m'environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m'avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n'ai pas réprimé la licence du peuple et l'irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j'ai fourni moi-même des armes à l'hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l'audace de tout oser.
La dernière confession de Sa Majesté Très Chrétienne,
le roi Louis XVI, lieu-tenant du Christ-Roi en France.

Je n'aurai pas la témérité, ô mon Dieu, de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l'idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis l'un et l'autre sur le trône de Juda ; vous les avez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd'hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur ? 0 Jésus-Christ, divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c'est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J'appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l'assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.

Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m'inspire et que je vous offre comme l'expression naïve des sentiments de mon cœur.

Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :
1° De révoquer le plus tôt possible toutes les lois qui me seront indiquées, soit par le pape, soit par quatre évêques choisis parmi les plus vertueux de mon royaume, comme contraires à la pureté et à l'intégrité de la foi, à la discipline et à la juridiction spirituelle de la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, et notamment la constitution civile du clergé ;
2° De rétablir sans délai tous les pasteurs légitimes et tous les bénéficiés institués par l'Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d'une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres de bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l'Etat ;
3° De prendre, dans l'intervalle d'une année, tant auprès du pape qu'auprès des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, suivant les formes canoniques, une fête solennelle en l'honneur du Sacré Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d'une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commis dans nos saints temples, pendant le temps des troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;
4° D'aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l'église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l'offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l'exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ;
5° D'ériger et de décorer à mes frais, dans l'église que je choisirai pour cela, dans le cours d'une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré;
6° Enfin, de renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu'on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l'acte de consécration exprimé dans l'article quatrième, et d'assister à la procession générale qui suivra la messe de ce jour.

Je ne puis aujourd'hui prononcer qu'en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s'il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.

Ô Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j'oublie ma main droite et que je m'oublie moi-même, si jamais j'oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il. »



samedi 26 juillet 2014

Sainte Anne et Saint Joachim, priez pour nous, la Bretagne et la France



Statue de Sainte Anne d'Auray


En ce jour, la Bretagne célèbre le centenaire de sa consécration à Sainte Anne par le Pape Saint Pie X (26 juillet 1914). 
Unissons-nous à leur joie en célébrant les saints parents de Notre Dame, les grands-parents selon la chair de Notre Seigneur, Jésus-Christ.







Cette année, c'est S.Exc.R. Mgr. le nonce apostolique Luigi Ventura qui viendra présider à Auray les festivités. 


S. Exc. R. Mgr. Centène, Evêque de Vannes, à publier l'indulgence plénière :

"A l’occasion du centième anniversaire de la Proclamation de sainte Anne Patronne de Bretagne, dans le cadre des célébrations du Grand Pardon de Sainte-Anne-d’Auray, Sa Sainteté le Pape François accorde l’indulgence plénière à tous les pèlerins présents au sanctuaire de sainte Anne les 25 et 26 juillet qui,après avoir reçu les sacrements de pénitence et d’eucharistie et prié aux intentions du Souverain Pontife, adresseront à Dieu de ferventes prières pour que, dans toute la Bretagne, soient préservées la solidité et la sainteté de la famille humaine et du mariage chrétien si souvent fragilisés.
En outre, tout au long de l’année jubilaire, du 26 juillet 2014 au 26 juillet 2015, Sa Sainteté le Pape François accorde une indulgence plénière à tous les pèlerins qui visiteront le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray et qui, après avoir reçu les sacrements de pénitence et d’eucharistie et prié aux intentions du Souverain Pontife, adresseront à Dieu de ferventes prières :
  1. - pour la fidélité de la Bretagne historique à sa vocation chrétienne,
  2. - pour les vocations sacerdotales et religieuses,
  3. - pour la défense de l’institution de la famille humaine dont sainte Anne et saint Joachim sont, après la Sainte Famille, les plus lumineux exemples.
  4. Cette indulgence est aussi accordée, aux conditions ordinaires,
  5. - à tous les fidèles du Christ issus de la Bretagne historique et vivant loin de leur patrie qui se réuniront dans une chapelle dédiée à sainte Anne ou devant son image pour prier aux mêmes intentions.
  6. - à tous les religieux et religieuses cloîtrés de la Bretagne historique qui prieront à ces intentions dans leur Eglise conventuelle ou dans leur propre cellule.
  7. - aux personnes dans l’impossibilité de se déplacer (personnes âgées, malades, handicapées ou détenues) qui prieront à ces mêmes intentions devant une image de sainte Anne en s’unissant spirituellement au pèlerinage et en offrant à Dieu leurs souffrances et leurs prières.
Toutes ces indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire."




Du protévangile de Saint Jacques


I. 1. Les histoires des douze tribus racontent qu'un homme fort riche, Joachim, apportait au Seigneur double offrande, se disant : " Le supplément sera pour tout le peuple et la part que je dois pour la remise de mes fautes ira au Seigneur, afin qu'il me soit propice. "
2. Vint le grand jour du Seigneur, et les fils d'Israël apportaient leurs présents. Or Ruben se dresse devant lui et dit : " Tu n'as pas le droit de déposer le premier tes offrandes, puisque tu n'as pas eu de postérité en Israël. "
3. Joachim eut grand chagrin, et il s'en alla consulter les registres des douze tribus du peuple, se disant : " Je verrai bien dans leurs archives si je suis le seul à n'avoir pas engendré en Israël ! " Il chercha, et découvrit que tous les justes avaient suscité une postérité en Israël. Et il se souvint du patriarche Abraham ; sur ses vieux jours, le Seigneur Dieu lui avait donné un fils, Isaac.
4. Alors, accablé de tristesse, Joachim ne reparut pas devant sa femme, et il se rendit dans le désert ; il y planta sa tente et, quarante jours et quarante nuits, il jeûna, se disant : " Je ne descendrai plus manger ni boire, avant que le Seigneur mon Dieu m'ait visité. La prière sera ma nourriture et ma boisson. "

II. 1. Et sa femme Anne avait deux sujets de se lamenter et de se marteler la poitrine. " J'ai à pleurer, disait-elle, sur mon veuvage et sur ma stérilité ! "
2. Vint le grand jour du Seigneur. Judith, sa servante, lui dit : " Jusqu'à quand te désespéreras-tu ? C'est aujourd'hui le grand jour du Seigneur. Tu n'as pas le droit de te livrer aux lamentations. Prends donc ce bandeau que m'a donné la maîtresse de l'atelier. Je ne puis m'en orner, car je ne suis qu'une servante, et il porte un insigne royal. "
3. Anne lui dit : " Arrière, toi ! Je n'en ferai rien, car le Seigneur m'a accablée d'humiliations. Et peut-être ce présent te vient-il d'un voleur et tu cherches à me faire complice de ta faute. " Et Judith la servante dit : " Quel mal dois-je te souhaiter encore, de rester sourde à ma voix ? Le Seigneur Dieu a clos ton sein et ne te donne point de fruit en Israël ! "
4. Alors Anne, malgré son désespoir, ôta ses habits de deuil, se lava la tête et revêtit la robe de ses noces. Et vers la neuvième heure, elle descendit se promener dans son jardin. Elle vit un laurier et s'assit à son ombre. Après un moment de repos, elle invoqua le Maître : " Dieu de mes pères, dit-elle, bénis-moi, exauce ma prière, ainsi que tu as béni Sarah, notre mère, et lui as donné son fils Isaac. "

III. 1. Levant les yeux au ciel, elle aperçut un nid de passereaux dans le laurier. Aussitôt elle se remit à gémir : " Las, disait-elle, qui m'a engendrée et de quel sein suis-je sortie ? Je suis née, maudite devant les fils d'Israël. On m'a insultée, raillée et chassée du temple du Seigneur mon Dieu. 2. Las, à qui se compare mon sort ? Pas même aux oiseaux du ciel, car les oiseaux du ciel sont féconds devant ta face, Seigneur. Las, à qui se compare mon sort ? Pas même aux animaux stupides, car les animaux stupides sont eux aussi féconds devant toi, Seigneur. Las, à quoi se compare mon sort ? Non plus aux bêtes sauvages de la terre, car les bêtes sauvages de la terre sont fécondes devant ta face, Seigneur. 3. Las, à quoi se compare mon sort ? A ces eaux non plus, car ces eaux sont tantôt calmes tantôt bondissantes, et leurs poissons te bénissent, Seigneur. Las, à qui se compare mon sort ? Pas même à cette terre, car la terre produit des fruits en leur saison et te rend gloire, Seigneur. "

IV. 1. Et voici qu'un ange du Seigneur parut, disant : " Anne, Anne, le Seigneur Dieu a entendu ta prière. Tu concevras, tu enfanteras et l'on parlera de ta postérité dans la terre entière. " Anne répondit : " Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. "
2. Et voici, deux messagers survinrent, qui lui dirent : " Joachim, ton mari, arrive avec ses troupeaux. Un ange du Seigneur est descendu auprès de lui, disant : "Joachim, Joachim, le Seigneur Dieu a exaucé ta prière. Descends d'ici. Voici que Anne ta femme a conçu en son sein".
3. Aussitôt Joachim est descendu, il a convoqué ses bergers, leur disant : " Apportez-moi ici dix agneaux sans tache ni défaut. Ces dix agneaux seront pour le Seigneur Dieu. Apportez-moi aussi douze veaux bien tendres et les douze veaux seront pour les prêtres et le Conseil des Anciens. Aussi cent chevreaux, et les cent chevreaux seront pour tout le peuple. "
4. Joachim arriva avec ses troupeaux. Anne l'attendait, aux portes de la ville. Dès qu'elle le vit paraître avec ses bêtes, elle courut vers lui, se suspendit à son cou et s'écria : " Maintenant je sais que le Seigneur Dieu m'a comblée de bénédictions ! Voici : la veuve n'est plus veuve et la stérile a conçue ! " Et Joachim, ce premier jour, resta chez lui à se reposer.
                               
V. 1. Le lendemain, il apportait ses offrandes : " Si le Seigneur Dieu m'a été favorable, pensait-il, la lame d'or du prêtre me le révélera. " Il présenta ses offrandes, et scruta la tiare du prêtre quand celui-ci monta à l'autel du Seigneur ; et il sut qu'il n'y avait pas de faute en lui. " Maintenant, dit-il, je sais que le Seigneur Dieu m'a fait grâce et m'a remis tous mes péchés. " Et il descendit du temple du Seigneur, justifié, et rentra chez lui.

2. Six mois environ s'écoulèrent ; le septième, Anne enfanta. " Qu'ai-je mis au monde ? " demanda-t-elle à la sage-femme. Et celle-ci répondit : " Une fille. " Et Anne dit : " Mon âme a été exaltée en ce jour ! " Et elle coucha l'enfant. Quand les jours furent accomplis, Anne se purifia, donna le sein à l'enfant et l'appela du nom de Marie.


Sainte Anne de Beaupré, Québec.

lundi 16 juin 2014

Anniversaire de l'arrivée de Saint François de Montmorency Laval en Nouvelle-France, le 16 juin 1659

Extrait du procès verbal de visite de l'abbaye de Méobecq et de ses dépendances établi par René Dorsanne, écuyer seigneur de Thizay, lieutenant général au baillage d'Issoudin, en présence de François de Laval le 22 septembre 1673. 
Archives départementales de l'Indre, H.320
Comment Saint François de Montmorency Laval offrit au vénérable abbé Henri Marie Boudon la charge de l'archidiaconé d'Evreux

Henri-Marie Boudon fait découvrir à son grand ami l’abbé de Montigny (futur Saint François de Montmorency Laval) le séminaire des Missions étrangères. Pressenti pour un évêché en Asie mais repoussé par le Portugal, puis choisi par Louis XIV comme vicaire apostolique en Nouvelle-France (qui ne comptait alors que 2000 âmes), l’abbé de Montigny demanda l’aide du P. Bagot, confesseur d’Henri, pour faire accepter à celui-ci de le remplacer dans sa dignité de grand-archidiacre d’Évreux.


Tant que le Père Bagot vécut, Boudon s’abandonna à ses conseils comme il l’aurait fait aux ordres de Dieu Lui-même, et après sa mort, il les citait comme des oracles. On comprend que Henri-Marie ait finalement accepté, malgré la faible estime qu’il avait de sa propre dignité, de revêtir le Sacerdoce du Christ. Le Père jésuite avait cette fois ordonné au nom de l’obéissance. Les principales raisons qui avaient toujours inspiré à Boudon le plus d’aversion pour les bénéfices et les dignités ecclésiastiques, étaient son amour pour la pauvreté et l’attrait qui le portait à travailler au service de Dieu dans tous les lieux où Sa volonté le conduirait, sans rester fixé à aucun. Il n’accepta qu’une fois assuré que ni la richesse, ni la résidence continuelle ne l’enchaîneraient.

Carte de la Nouvelle-France
L’archidiaconat requérait un grade universitaire. Opportunément, il arriva à Paris, des extrémités du Royaume, un homme de bien, qui connaissant l’embarras de Boudon, lui fournit libéralement tout ce dont il avait besoin. Il put ainsi prendre le bonnet de docteur en théologie le 7 octobre1653 à l’université de Bourges, moins onéreuse que celle de Paris. Puis, un mois plus tard, le 4 novembre, il recevait des mains du nonce apostolique la tonsure cléricale, en la chapelle de la congrégation mariale du noviciat des Jésuites. L’abbé de Laval lui avait obtenu un extra tempora et une dispense des interstices. Henri-Marie en dira :
Mgr François de Laval
« Ce jour ou l’on célèbre la fête de saint Charles Borromée, est devenu pour moi la fête de Dieu seul, car y étant fait clerc, j’y ai pris Dieu pour mon sort et mon partage. C’est pour lors que j’ai dit en face de la sainte église, entre les mains du nonce de Sa Sainteté dans la maison de la Reine des saints, que le Seigneur était la part de mon héritage : or c’est une part et une portion qui doit suffire entièrement : après l’avoir prise il n’y a plus rien à prendre ni à espérer. Dès lors je n’ai du avoir rien que Dieu seul. »


Depuis ce jour heureux jusqu’à sa mort, Henri ne quitta jamais les marques de son état. C’est, disait-il, que la soutane est le saint habit de la religion du clergé, la gloire et l’honneur de l’état ecclésiastique, et le signe visible du divorce parfait qu’ils doivent faire avec le monde, et tout ce qui lui appartient.


mardi 6 mai 2014

Le 6 mai 1708, Monseigneur François de Laval meurt à Québec

François de Montmorency-Laval est le premier des six évêques (jusqu'à Henri-Marie du Breil de Pontbriand) de l'époque française. Descendant à la fois des châtelains de Saint-Omer et des Créquy, béatifié en 1980 par Jean-Paul II, ses restes reposent depuis mai 1993 dans une chapelle funéraire dans la cathédrale de la ville de Québec.
Mgr. François de Montmorency Laval, après avoir été grand Archidiacre du Diocèse d’Evreux et avoir confié sa charge à l’abbé Henri-Marie Boudon, devient le premier évêque de Québec et de la Nouvelle-France en 1674.

Né François-Xavier de Montmorency-Laval de Montigny, il débarque à Québec à l'âge de 36 ans, il n'a plus jamais voulu quitter sa terre d'accueil.

«Une fois qu'il a vu Québec, il a voulu mourir ici», assure Jean-Marie Lebel, historien et conseiller pour les fêtes du 350e anniversaire de Notre-Dame de Québec. C'était le début d'une longue histoire d'amour entre Québec et celui qui devint son évêque, le premier d'ailleurs en Amérique du Nord.

Saint François de Montmorency-Laval
À son arrivée à Québec, en 1659, François de Laval a découvert une communauté chapeautée par les Jésuites, qui agissaient comme missionnaires. À l'époque, les relations entre Rome et les Jésuites étaient parfois tendues, et le roi de France, Louis XIV, voulait s'assurer que son représentant religieux en Nouvelle-France pourrait collaborer avec les Jésuites. Puisque François de Laval avait étudié au Collège des Jésuites, «il était l'homme tout désigné» pour la mission, exprime frère Thomas, directeur des expositions du 350e anniversaire de la paroisse. «D'envoyer un évêque qui n'est pas de front avec les Jésuites, ça facilite drôlement les relations. Louis XIV veut s'assurer que les relations aillent bien de l'autre bord. Il n'a pas le goût de gérer personnellement tous les problèmes», explique frère Thomas.

Certes, François de Laval venait d'une famille noble, mais là n'était pas un argument pour l'envoyer lui plutôt qu'un autre, selon frère Thomas. «Ce qui a vraiment fait la différence pour François de Laval, c'est le fait qu'il avait étudié au Collège des Jésuites.» Et à cause de son engagement en France, «il avait été repéré par Rome, et était sur une liste de personnes épiscopales».

 «L'homme était doux, patient, mais perspicace. Quand il jugeait qu'un dossier était important, il tenait son bout, et longtemps à part de ça!» mentionne frère Thomas. Ce fut le cas de la question de l'eau-de-vie vendue aux Amérindiens, une procédure qu'il jugeait immorale. «François de Laval a tellement tenu son bout qu'il s'est mis en chicane avec l'intendant [qui gérait le commerce]. Ça a créé des tensions, mais il s'est obstiné.» Il s'est tellement obstiné qu'il en est venu à écrire personnellement au roi, et à se déplacer à la Cour de France pour aller parler au roi de cette question particulière.

Mgr de Laval était un homme attentif aux membres de son diocèse. Il se déplaçait dans chacune des paroisses et au-delà, évaluant les besoins de ses communautés. «Il allait visiter tout le monde dans leur maison. Ça, c'est marquant chez lui. Il voulait aller voir tout le monde pour être sûr que tout allait bien», raconte frère Thomas.
Et dans son quotidien, c'était un homme pieux, simple et humble, selon M. Lebel et frère Thomas. «Le matin dans la cathédrale, c'était le premier arrivé», laisse entendre frère Thomas. «On raconte qu'il cassait la glace dans les bénitiers pour que tout soit prêt avant que les gens arrivent.»

Même après que Mgr de Saint-Vallier lui eut succédé à titre d'évêque de Québec, François de Laval est resté très attaché à sa cathédrale. Il assurait même l'intérim à Québec durant les absences du nouvel évêque, et assistait toujours aux offices de la cathédrale pour s'assurer de la qualité des cérémonies. François de Laval est d'ailleurs mort par l'aggravation d'une engelure au talon à l'âge de 85 ans, alors qu'il assurait l'intérim de Mgr de Saint-Vallier. Son tombeau est exposé à la basilique-cathédrale depuis 1993.

Il fonde le séminaire de Québec, avec sa fortune personnelle. L'héritage qu'il a laissé permet au séminaire, pendant trois siècles, de recevoir presque gratuitement des centaines de futurs prêtres pendant les 12 années de scolarité que duraient le cours classique et le grand séminaire. En outre, grâce à ce legs, le séminaire peut en 1852 fonder une université française à Québec, la future université Laval.

Mgr François de Montmorency Laval est inhumé dans la cathédrale Notre-Dame de Québec. En 1878, son corps est exhumé et transporté de la cathédrale à la crypte de la Chapelle du Séminaire de Québec.



Le Pape Jean-Paul II le béatifie le 22 juin 1980. 
Le Pape François Ier le canonise le 3 avril 2014.


lundi 21 avril 2014

Lundi de Pâques, Lundi de l'Ange - anniversaire du relèvement de l'Archiconfrérie du TS. Sacrement et des Saints Anges

Le R.P. Custode de Terre Sainte priant
dans la chapelle de l'Anastasis, lieu où
reposa le Corps de Notre Sauveur
avant  de ressusciter d'entre les morts.
Frère franciscain se recueillant
dans la  chapelle de l'Ange. Dans ce
autel-reliquaire se trouve un
morceau de la pierre ronde sur
laquelle l'Ange s'assit avant de
parler aux saintes femmes
myrrhophores.

L’œuf de Pâques, signe du tombeau
brisé qui ne pouvait retenir le Maître
de la Vie. Alléluia !

Le Christ est
ressuscité !


Il est vraiment
ressuscité !











D'un Sermon de Saint Augustin,
pour la fête de Pâques


1. Frères bien-aimés, dans ce jour saint, illustre et glorieux, dans ce jour dont le Psalmiste a dit : « C'est le jour que le Seigneur a fait », dans cet heureux jour la tristesse a disparu du cœur des disciples et le voile de la confusion s'est étendu sur les yeux des Juifs. En ce jour de la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les disciples étaient d'abord remplis de tristesse ; chacun d'eux s'éloignait où il pouvait, et personne n'était plus là pour les rassembler depuis que s'était accomplie cette parole : « Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées ».

Toutefois le tombeau était revêtu du sceau des Juifs et entouré de soldats qui en défendaient l'entrée; mais intérieurement ce tombeau était inondé d'une lumière dont rien ne pouvait empêcher la diffusion. Nous pouvons lier ce que nous revêtons de notre sceau; mais nous ne pouvons lier la lumière. Voilà pourquoi Jésus-Christ, lumière éternelle qui a éclairé le monde dès le commencement, Verbe coéternel au Père, lequel Verbe est et sera toujours avec le Père dans l'unité du Saint-Esprit, formant ainsi un seul Dieu dans la Trinité des personnes, et la Trinité dans l'unité ; Jésus-Christ, disons-nous, Dieu et homme tout ensemble, lumière admirable et vérité infinie, a daigné toucher nos cœurs afin d'illuminer ce qui était obscur et d'ouvrir ce qui était fermé.

La Résurrection du Seigneur.
C'est à la parole d'un Ange qu'il s'était incarné dans le sein de Marie, c'est encore un Ange qu'il prend pour témoin de sa résurrection, comme si le sceau apposé sur le sépulcre pouvait nuire à Celui que nulle imposture ne pouvait atteindre. Des gardiens étaient consignés et ils remplissaient leur mission. Ne savaient-ils pas que Celui qu'ils gardaient avait le pouvoir de faire des miracles, de chasser les démons, de guérir les lépreux, de ressusciter les morts ? Celui qui pouvait ressusciter les autres ne pouvait-il donc pas s'arracher lui-même au tombeau?

2. Mais dans l'aveuglement de leurs cœurs, la foule des juifs, armés de la loi qu'ils ne comprenaient pas, chantaient le psaume troisième, mais ne connaissaient pas l'unité de Dieu dans la trinité des personnes. Le psaume troisième porte : « J'ai dormi et j'ai pris mon sommeil, et je suis ressuscité parce que Dieu m'a reçu ». Or, pendant que ces Juifs, attentifs aux événements, se préparaient à couvrir de confusion les disciples, ils méritèrent de se sentir eux-mêmes écrasés sous le poids de la honte. Ils dirent à Pilate : « Scellons le tombeau, parce que ce séducteur a dit qu'il ressusciterait le troisième jour. Qu'on place donc des soldats, disent-ils, dans la crainte que les disciples ne viennent et ne l'emportent ».

Mais si le tombeau était fermé aux disciples, pouvait-il être fermé aux saints Anges ? Ne pouvait-il sortir du tombeau scellé, Celui qui avait pu naître d'une Vierge immaculée ? Votre Vierge a été scellée, votre sépulture l'a été également. Votre Vierge a engendré en dehors de tout concours de l'homme, et le sceau apposé sur le tombeau a été parfaitement inutile. Ces gardes que vous avez postés au sépulcre ne sont plus des gardes, mais des témoins. Ils pouvaient garder, mais Dieu avait envoyé sols Ange pour ressusciter son Fils. En effet, l'Ange du Seigneur était descendu du ciel; à cette vue les gardiens sont saisis de terreur et d'effroi; ils n'ont pu contempler la sublimité de cet Ange, parce qu'ils étaient tout remplis de la fourberie des Juifs.

Bx Fra Angelico, les saintes femmes au tombeau,
détail.
3. Les saintes femmes purent contempler l'Ange de la résurrection, parce qu'elles étaient venues en pleurant au tombeau, et elles purent entendre cette parole d'une joie indicible : « Je sais que vous cherchez Jésus crucifié : il n'est plus ici, il est ressuscité, comme il l'avait annoncé; venez et voyez la place où le Seigneur avait été déposé ». Quel sujet de joie non-seulement pour ces femmes, mais aussi pour tous les chrétiens et les vrais croyants ! Jésus est ressuscité, dit l'Ange, et David, rempli du Saint-Esprit, avait déjà prophétisé ce grand événement dans cette courte parole : « Le Seigneur est ressuscité comme s'il n'eût été qu'endormi ». Pourquoi recourir à de plus longs développements ? Que la foi suffise pour recevoir ce que le langage est impuissant à décrire. Qui peut comprendre l'œuvre salutaire accomplie dans cette nuit qui vient de s'écouler; qui peut concevoir la splendeur de ce jour? Ce jour a causé à tous les chrétiens une joie immense, et, grâce à Jésus-Christ, il restera pour nous le plus beau de tous les jours. « Réjouissons-nous, mes bien-aimés, et tressaillons d'allégresse ; car c'est le jour que le Seigneur a fait ».

Je crois, mes Frères, que c'est le seul jour qui mérite à nos yeux le nom de grand. Car ce jour brille dans les ténèbres, « et les ténèbres ne l'ont point compris ». J'appelle ténèbres ces Juifs qui, en niant Jésus-Christ la vraie lumière, et en criant : « Crucifiez, crucifiez-le », sont devenus en plein jour les ténèbres les plus épaisses. Parce que les Juifs ont voulu se saisir de Jésus-Christ pendant la nuit, ils ont été condamnés à rester dans les ténèbres.

Pourquoi chercher parmi les morts
Celui qui est vivant ? Il n'est pas ici,
Il est ressuscité !
4. Quant aux Gentils et aux nations étrangères, en renonçant aux ténèbres des idoles elles ont mérité de devenir le jour, selon cette parole de l'Apôtre : « Jésus-Christ nous a arrachés à la puissance des ténèbres et nous a transférés dans le royaume de sa majesté ». Nous lisons également: « Nous sommes les enfants de la lumière et les enfants du jour, et non pas les enfants de la nuit ou des ténèbres; marchons donc honnêtement à la lumière du jour ».

« Réjouissons-nous » donc, mes frères, avec tous ces gentils; car c'est le jour que le Seigneur a fait ». Serpent, à quoi vous a servi votre iniquité? et quels profits avez-vous retirés de votre cruauté? Juifs, Celui que vous avez cloué à la croix est ressuscité. Vous le croyiez mort, et il vient de se montrer plein de vie. Juif cruel, fais sceller avec soin le sépulcre; aposte des soldats de garde pour surveiller tous les secrets de la nuit, afin de prouver la mort de Celui que tu n'as pas voulu reconnaître vivant. A Judas tu as donné une somme d'argent, afin qu'il consentît à livrer son Maître à la mort; donne aussi de l'argent aux soldats de garde, afin qu'ils publient faussement que Jésus a été enlevé par ses disciples. Versez l'argent, Juifs endurcis, versez l'argent pour assurer la perpétration de votre crime; pourtant, c'est en vain que vous veillez autour de notre tombeau. Jésus est déjà ressuscité, il est déjà monté au ciel, il est déjà glorifié pour nous, lui qui pour nous s'était humilié profondément. Que ferez-vous donc, vous qui, après avoir été les amis de Dieu, vous êtes faits ses ennemis acharnés? Celui que, par jalousie, vous avez attaché à la croix, est maintenant assis dans le ciel à la droite de son Père; c'est lui qui nous « est venu au nom du Seigneur ».

5. « Le Seigneur Dieu a brillé du plus vif éclat à nos yeux », il nous a inondé de sa lumière et « il vous a foulés aux pieds ». Le Seigneur a fait plus en notre faveur, qu'il n'avait promis à son Fils. Car qu'a-t-il fait, et qu'a-t-il promis à son Fils? Le Psalmiste s'écrie : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à servir d'escabeau à vos pieds ». Voici donc que Jésus-Christ siège au ciel à la droite de son Père, et sur la terre il a soumis les Juifs à nos pieds. Pourquoi, ô Juif féroce, vous êtes-vous emparé du Sauveur pour le faire mourir? Si vous conserviez pour vous ce que vous aviez acheté, vous ne perdriez pas ce que vous aviez. Vous avez perdu votre argent, et Celui que vous avez acheté avec cet argent vient de vous échapper.

Christ ressuscité, par Rubens