mercredi 5 novembre 2014

Prions pour toutes les âmes du Purgatoire afin de les aider à rejoindre la gloire du Ciel, parmi les Saints

Notre Dame des Anges accueillant des âmes
du Purgatoire au Ciel
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, "Dieu Seul", 4e pratique, Assister les âmes du Purgatoire

Il suffit de savoir ce que c’est que la gloire de Dieu pour être excité fortement à soulager les âmes qui brûlent dans les feux et les flammes du Purgatoire, pour les assister de prières, de jeûnes, d’aumônes, de Messes, et de la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres.

Plusieurs motifs et très pressants sont plus que suffisants pour donner une dernière pitié et une charité ardente en faveur des Âmes rachetées par le précieux Sang d’un Dieu, qui sont dans une misère extrême et qui souffrent des tourments qui surpassent tout ce qu’on en peut dire. Mais le motif du pur amour est le seul intérêt de Dieu seul et sa seule gloire. C’est ce qui l’anime, c’est ce qui le fait agir.

(…) Les Âmes du Purgatoire sont assurées d’entrer dans ce lieu de la gloire de Dieu et,  aussitôt qu’elles seront nettes de la peine due à leurs péchés, en même temps elles seront reçues dans cette terre des vivants où Dieu seul est béni, est loué, est aimé, très uniquement en toutes choses.

Ce qui faisait assez remarquer que l’intérêt de Dieu se rencontre dans la délivrance de ces Âmes souffrantes et, quelquefois, il arrive qu’il y en a telle qui expie quelques imperfections dans ce lieu de feu qui, étant ornée d’une multitude de grâces toutes particulières, sera placée parmi les Séraphins, ce qui la mettra en état, lorsqu’elle sera purifiée et purgée de donner plus de gloire à la Majesté infinie de Dieu qu’un très grand nombre d’Âmes qui jouissent déjà de la Béatitude.
 
Anges portant une sainte âme au Ciel
Ces vues servent de motifs au pur amour et l’âme qui le possède en est tellement pénétrée qu’il n y a rien qu’elle ne voulût faire pour un sujet si glorieux à celui qui est le très unique. (…) Plusieurs, pour le faire d’une manière plus désintéressée, remettent tout ce qu’ils peuvent faire en la vertu de Jésus Christ, soit par jeûnes, soit par aumônes, soit par le moyen du très saint Sacrifice de la Messe, entre les mains et au pouvoir de la glorieuse Vierge Mère de Dieu pour en faire l’application aux Âmes selon sa sainte volonté.

Voilà une belle voie pour coopérer à l’intérêt de Dieu sans intérêt de la créature. Celui qui n’aime que Dieu seul ne se met en peine que de lui, c’est pourquoi comme sa seule gloire est tout ce qu’il regarde, il est ravi que ses œuvres qu’il a opérées par la miséricorde de Dieu soient au pouvoir de sa très digne Mère car elles les appliquera sans doute aux Âmes, selon le bon plaisir divin, surtout en celles où elle verra que son Fils en sera plus glorifié. Pour nous, nous pouvons bien nous y tromper et, en suivant notre pente, ne pas faire toujours les choses qui seraient à la plus grande gloire de notre Maître et, particulièrement en ces lieux d’où nous n’avons pas de connaissances de tous les états des Âmes en particulier.


Le Christ - Agneau de Dieu, trônant au milieu des Anges et des Saints dans la gloire du Ciel.
Coupole d'église.


dimanche 2 novembre 2014

Prions pour tous nos frères défunts qui ont tant besoin de nos prières

Testament de Madame Anne Lefebvre

Saint Michel Archange et les Saints Anges
venant au secours des âmes en Purgatoire
Je veux vivre et mourir en la foi catholique, apostolique et romaine ; reconnaissant que l’enfer m’appartient et que je ne suis digne que de la colère de Dieu pour un jamais ; je mets toute ma confiance aux mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ de qui j’attends la sainte miséricorde, le priant de me faire la grâce de vivre et mourir en sa divine union.

Je lui donne tout ce que je suis, mon corps, mon âme, je recommande entre ses bénites mains mon esprit.

Je prie la très sainte Mère de Dieu de me servir de mère durant toute ma vie et, particulièrement à ma mort, déclarant que je désire vivre et mourir sous sa protection.

Je demande pardon à mon bon ange pour toutes mes infidélités et le supplie, en vue de la douloureuse Passion de mon Sauveur Jésus-Christ, de me les pardonner et de me continuer ses soins spécialement à ma mort. J’invoque aussi particulièrement saint Michel, saint Joseph, saint Joachim, sainte Anne et mon glorieux Père saint François. Et pour ce qui regarde les biens temporels, comme le Seigneur m’a fait la grâce de n’en point avoir, je n’ai rien à disposer de ce côté-là. Enfin, je supplie en toute humilité tous mes frères et sœurs de se souvenir de ma pauvre âme devant Notre-Seigneur, et de lui demander miséricorde pour moi.


Tout est vanité ! Crâne de moine du Mont Athos.
"Ce que je suis, vous le deviendrez, vous aussi. Ce que vous êtes, moi aussi je l'ai été"


Jérôme Bosh. Une sainte âme portée par ses bons Anges gardiens jusque dans la gloire du Ciel.



samedi 1 novembre 2014

Toussaint : Devenons des Saints pour manifester au monde la sainteté de toute l'Eglise du Ciel et de la terre

Tous les Saints du Ciel entourant l'adorable Trinité, la Mère de Dieu et saint Jean Baptiste,
priant et intercédant pour nous.

L'Église n'a pas besoin de réformateurs, mais de saints, par Georges Bernanos,  in "Frère Martin"


Non, ce n'est pas le diplôme qui fait le prêtre, c'est le sacrement, c'est au nom du sacrement qu'il enseigne... 

La grande entreprise divine ne saurait être très compromise par la médiocrité de ses instruments... Le pharisaïsme est une suppuration sans fièvre, un abcès froid, indolore. Il y a dans le pharisaïsme une malfaisance particulière qui exerce très cruellement la patience des saints, alors qu'elle ne fait le plus souvent qu'aigrir ou révolter de pauvres chrétiens dans mon genre. 

Saintes filles de la charité,
dévouées à Jésus dans les plus pauvres
Je me méfie de mon imagination, de ma révolte, l'indignation n'a jamais racheté personne, mais elle a probablement perdu beaucoup d'âmes, et toutes les bacchanales simoniaques de la Rome du XVIème siècle n'auraient pas été de grands profit pour le diable si elles n'avaient réussi ce coup unique de jeter Luther dans le désespoir, et avec ce moine indomptable, les deux tiers de la douloureuse chrétienté.

Luther et les siens ont désespéré de l'Eglise, et qui désespère de l'Eglise, c'est curieux, risque tôt ou tard de désespérer de l'homme. A ce point de vue, le protestantisme m'apparaît comme un compromis avec le désespoir... Les gens d'Eglise auraient volontiers toléré qu'il joignît sa voix à tant d'autres voix plus illustres ou plus saintes qui ne cessaient de dénoncer ces désordres. Le malheur de Martin Luther fut de prétendre réformer... C'est, par exemple, un fait d'expérience qu'on ne réforme rien dans l'Eglise par les moyens ordinaires. Qui prétend réformer l'Eglise par ces moyens, par les mêmes moyens qu'on réforme une société temporelle, non seulement échoue dans son entreprise, mais finit infailliblement par se trouver hors de l'Eglise... avant que personne ait pris la peine de l'en exclure... Il en devient l'ennemi presque à son insu, et s'il tente de revenir en arrière, chaque pas l'en écarte davantage, il semble que sa bonne volonté elle-même soit maudite. 

C'est là, je le répète, un fait d'expérience, que chacun peut vérifier s'il prend la peine d'étudier la vie des hérésiarques, grands ou petits. On ne réforme l'Eglise qu'en souffrant pour elle, on ne réforme l'Eglise visible qu'en souffrant pour l'Eglise invisible. On ne réforme les vices de l'Eglise qu'en prodiguant l'exemple de ses vertus les plus héroïques

Saint Antoine de Padoue et l'Enfant Jésus,
Giovani Battista Urbinelli, Madonna in gloria,
église de Sant'Antonio da Padova
Il est possible que saint François d'Assise n'ait pas été moins révolté que Luther par la débauche et la simonie des prélats. Il est même certain qu'il en a plus cruellement souffert, car sa nature était bien différente de celle du moine de Weimar. Mais il n'a pas défié l'iniquité... il s'est jeté dans la pauvreté... Au lieu d'essayer d'arracher à l'Eglise les biens mal acquis, il l'a comblée de trésors invisibles, et sous la douce main de ce mendiant le tas d'or et de luxure s'est mis à fleurir comme une haie d'avril... L'Eglise n'a pas besoin de critiques, mais d'artistes… L'Eglise n'a pas besoin de réformateurs, mais de saints.

(…) Dès le commencement, mon Eglise a été ce qu'elle est encore (c'est sans doute le Seigneur qui est supposé parler), ce qu'elle sera jusqu'au dernier jour, le scandale des esprits forts, la déception des esprits faibles, l'épreuve et la consolation des âmes intérieures, qui n'y cherchent que moi. Oui, frère Martin, qui m'y cherche m'y trouve, mais il faut m'y trouver, et j'y suis mieux caché qu'on le pense, ou que certains de mes prêtres prétendent vous le faire croire - plus difficile encore à découvrir que dans la petite étable de Bethléem, pour ceux qui ne vont pas humblement vers moi, derrière les Mages et les Bergers....


La tempête apaisée. Jésus demeurera toujours dans la barque de l'Eglise,
nous guidant contre vents et maréees.

mercredi 29 octobre 2014

Cloturer le mois du Rosaire avec le "Salve Regina" - Salut, sainte Reine, notre Dame et notre Mère

Annonciation de Pordenone



De saint Bonaventure

Ordre des Frères Mineurs
Cardinal-Évêque d'Albano
Docteur de l'église, 
à propos du Salve Regina




Salve Regina, Mater misericordiae, vita dulcedo et spes nostra, salve.

Ad te clamamus, exules Filii Evæ.

Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac valle lacrymarum.

Eia ergo, Advocata nostra et Jesum benedictum fructum ventris tui.

Nobis post hoc exilium ostende.
O clemens ! O pia ! O dulcis,
Virgo Maria. 








Salve
Salut! Vierge des vierges, étoile du matin, remède véritable des crimes les plus infâmes, consolatrice des hommes en proie au malheur, ennemie irréconciliable du péché.

Regina
Reine de ceux qui règnent, Vierge immaculée, Mère unique entre les mères, vous avez mis au monde un Fils, et l'on vous appelle le palais sacré du Seigneur : versez donc sur nous les secours abondants du ciel. 

Mater misericordiae
Vous avez mérité d'être nommée la source de la miséricorde et la Mère de la grâce, car vous avez conçu le Roi suprême de gloire, vous lui avez donné la vie, et vous avez offert au monde l'auteur de tout pardon.
Marie, Mère de Dieu, la Nativité.

Vita
La vie, la voie, la vérité est sortie de la terre, et votre virginité est demeurée sans tache, car votre humilité vous a rendue digne d'être choisie de Dieu lorsqu'il se revêtit de notre chair.

Dulcedo
La douceur par excellence, Celui qui est appelé l'Agneau de Dieu, Celui dont le sang, comme un bain salutaire, a lavé les crimes de l'homme abandonné, Celui qui a vaincu le démon, est le fruit béni de votre sein. 

Et spes nostra
Vierge Marie, vous êtes notre espérance inébranlable, vous la tige fleurie de Jessé, vous que le Prophète nous a montrée couverte de la rosée du Ciel, vous qui êtes belle comme la neige la plus pure, tendre Mère de Dieu. 

Salve
Salut! lumière des Fidèles, brillante comme l'aurore, plus ravissante et plus suave que le lis. Eloignez de nous sans retard tout ce qui peut nous être un danger, et implorez pour nous le secours du Seigneur.

Ad te
Malheureux, plongés dans une infortune profonde, nous élevons nos cris jusqu'à vous; ouvrez à nos prières les oreilles de votre cœur sacré, afin que, délivrés par vous des gouffres de l'abîme, nous puissions librement suivre la voie montrée par votre Fils.

Clamamus
Nous poussons vers vous des soupirs pleins de ferveur, et nous vous supplions avec un tendre amour : « détruisez tout ce que nos pensées perverses ont pu produire au dehors d'actions criminelles. 

Exules
Nous sommes tous condamnés à un dur exil. En punition du crime de nos pères, nous avons été privés de la gloire et déshérités des félicités du ciel; mais le don de votre tendresse nous a rendu tous nos droits.

Filii
Vos enfants ne peuvent qu'exprimer par Leur gémissements les misères dont ils sont assiégés de toutes parts en ce monde. Sans cesse ils se sentent, entraînés vers des crimes clignes des châtiments éternels; mais ils sont affermis par votre miséricorde. 
Désolation de Notre Dame au pied de la Croix, 1465

Evæ
La chute d'Eve nous a causé un tort irréparable; elle nous a ravi la joie bienheureuse du ciel. Mais après Eve, elle nous a valu, incarné de la Vierge, Celui qui a brisé la mort et détruit le péché. 

Ad te
Vos serviteurs crient sans cesse vers vous et font entendre des soupirs fidèles; ils implorent humblement le secours de votre puissance. Que votre miséricorde écoute leurs prières. 

Suspiramus
Nous soupirons et nous versons des larmes, nous gémissons sans cesse sur les péchés que nous avons commis. Mais, ô Mère de piété! nous avons mis en vous notre confiance; vous obtiendrez grâce et miséricorde au pécheur brisé par un vrai repentir.

Gementes
Nous nous rappelons les fautes de nos jours anciens, les fautes dont notre esprit pervers s'est souillé librement, et nous en gémissons. Mais en même temps, ô Vierge immaculée ! nous espérons en vous, et nous vous demandons que nos vœux soient exaucés.

Et flentes
Nous pleurons et notre âme est en proie à la honte et à la douleur ; versez donc en nous la lumière. Vierge bienfaisante, purifiez avec amour les taches que le péché imprima en nos cœurs ; aimable Marie, veuillez nous réunir aux habitants de la céleste patrie.

In hac valle
En cette vallée misérable et environnée de ténèbres, je vois des hommes sans nombre dont la vie est détestable et hideuse; leurs exemples se propagent à raison des crimes qu'ils ont commis et des hontes dont ils sont couverts.

Lacrymarum
Assomption, vitrail, église Notre-Dame
du Rosaire de Saint-Ouen
Des larmes abondantes ont coulé vainement de nos yeux : « les vieillards, les enfants et le peuple tout entier craignent de perdre ce que l'ambitieux cherche avec ardeur et ce que l'homme du inonde poursuit en tous lieux.

Eia ergo
Relevez donc nos âmes de leurs chutes; dirigez leur course vers vous. Fortifiez ceux qui tremblent, redressez ceux qui se sont égarés et vous cherchent avec amour; soyez le guide assuré des malheureux qui se confient en vous. 

Advocata
Vous êtes notre puissante avocate auprès du Sauveur : « hâtez-vous donc d'intercéder pour nous, selon votre miséricorde accoutumée. Que votre amour maternel nous fasse sentir sa bénigne influence; qu'il apaise votre Fils en faveur d'un peuple infortuné.

Nostra
Toujours la Vierge Mère fut l'espoir des fidèles; elle l'est encore de nos jours, elle le sera à jamais. Elle est pour nous la cité royale qui nous met à l'abri des coups de nos ennemis; elle est le remède qui chasse tous les maux loin de nous.

Illos tuos misericordes oculos ad nos converte
Oui! tournez ces yeux pleins de tendresse et de miséricorde vers des serviteurs si peu unis dans le bien et si unanimes à courir au mal; détruisez l'aiguillon de noire chair, détruisez tous ses crimes.

Et Jesum benedictum
Jésus, votre Fils unique, est le fruit béni de votre sein ; daignez-le montrer à nos yeux : « il est glorieux, plein de tendresse et ennemi du mensonge. C'est par lui que le genre humain après s'être éloigné de Dieu et perdu pour un temps, s'est relevé invincible des liens de la mort.

Ventris tui
Vos entrailles ont porté Jésus, et vos mamelles bienheureuses ont allaité Celui que plus tard les Juifs couvrirent de blessures cruelles et qu'ils condamnèrent à la mort de la croix après l'avoir ainsi traité.

Nobis post hoc exilium ostende
Après cet exil montrez-nous plein de miséricorde, donnez-nous Jésus votre Fils. Etendez sur nous votre protection maternelle et puissante; daignez prendre notre défense en ce moment où nous serons jugés.
Couronnement de Notre Dame
entourée de Séraphins

O clemens !
O clémence ineffable de la souveraine bonté ! fille d'Adonaï, fleur de la virginité, pardon des pécheurs endurcis, mère de tendresse, joie des vierges et manteau de la charité !

O pia !
O pieuse et tendre Reine des cieux ! vous êtes la plus digne et la plus riche des créatures sorties des mains de Dieu; vous êtes la Vierge prudente par excellence, la gloire des Confesseurs et l'honneur le plus éclatant des Apôtres.

O dulcis
O Vierge d'une douceur inaltérable, plus douce que le miel et le rayon le plus suave, colombe très-pure, jamais le fiel le plus léger ne reposa en votre cœur. Mère de bénignité , repoussez loin de nous, nous vous en supplions, tout ce qui peut imprimer une tache à notre innocence. 

Virgo Maria
Bonne Marie , conjurez votre Fils de daigner recevoir en sa gloire quiconque, pour vous honorer, voudra redire avec amour ce que je viens d'écrire à votre louange.






vendredi 24 octobre 2014

Saint Raphaël, Archange

Zurbaran, l'Archange Raphaël
quitte Tobie et Sarah.
De L'Année liturgique,
de Dom Guéranger, au 24 octobre, fête de Saint Raphaël, Archange


Le voisinage de la grande solennité qui doit bientôt faire converger sur nous les splendeurs du ciel, inspire un  recueillement profond  à  l'Eglise. Sauf l'hommage qu'elle tient à rendre à leur date aux glorieux Apôtres Simon et Jude, c'est à peine si quelques fêtes clairsemées du rit simple viennent tempérer le silence de ces derniers jours d'octobre. Il convient d'adapter nos âmes aux dispositions de la Mère commune. Mais ce ne sera pas y déroger, que de donner un souvenir rapide à l'Archange célébré par nombre d'églises particulières en ce jour.

Le ministère que remplissent près de nous les esprits célestes, est admirablement  exprimé dans les scènes gracieuses qui revêtent d'un charme si pénétrant l'histoire de Tobie. Rappelant les bons offices du  guide et de l'ami qu'il appelle encore son frère Azarias, Tobie le jeune dit à son père : « Comment répondre à ses bienfaits? Il m'a conduit et ramené sain et sauf. Lui-même a recouvré l'argent que nous devait Gabélus. A lui je dois d'avoir rencontré l'épouse qui  m'était destinée, tandis qu'il chassait d'elle le démon, et remplissait de joie ses parents. Il m'a moi-même délivré du poisson qui allait m'engloutir. Il vous a fait voir enfin la lumière du ciel, et nous avons été remplis par lui de tous biens. »

Jacopo Vignali, Saint Raphaël, Tobie et le poisson.
Et père et fils voulant à la manière des hommes marquer leur gratitude à qui l'avait si bien méritée, l'ange se découvre alors pour reporter toute leur reconnaissance au bienfaiteur suprême. « Bénissez le Dieu du ciel, et glorifiez-le devant tout ce qui a vie ; car il a fait éclater sur vous sa miséricorde. Quand vous priiez dans les larmes et ensevelissiez les morts, je présentais votre prière au Seigneur. Et parce que vous étiez agréable à Dieu, il était nécessaire que vous fussiez éprouvé par la tentation. Et maintenant, le Seigneur m'a envoyé pour vous guérir et délivrer du démon l'épouse de votre fils. Car je suis l'ange Raphaël, l'un des sept qui nous tenons devant le Seigneur. Paix à vous ; ne craignez pas, et chantez à Dieu. »

Célébrons nous aussi les bienfaits du ciel. Car aussi sûrement que Tobie voyait de ses yeux l'archange Raphaël, nous savons par la foi que l'ange du Seigneur accompagne nos pas du berceau à la tombe. Ayons, pour lui, même confiant abandon : et la route de la vie, plus semée de périls que ne l'était celle du pays des Mèdes, n'aura cependant pour nous que sécurité; et les rencontres y seront heureuses, car elles seront celles que nous préparait le Seigneur ; et, rayonnement anticipé de la patrie, la bénédiction se répandra de nous par notre ange sur tous nos proches.

*** 

Nous  emprunterons au  Bréviaire  Ambrosien cette hymne à l'honneur du radieux Archange.

Raphaël, divin guide, reçois avec bonté l'hymne sacrée que te dédient nos voix suppliantes et joyeuses.
Dirige pour nous la course du salut, soutiens nos pas ; que nous n'errions jamais à l’aventure, ayant perdu le sentier du ciel.
Regarde-nous des cieux ; remplis nos âmes de la splendeur brillante qui descend du Père saint des lumières.
Rends aux malades la santé, fais cesser la nuit des aveugles ; en guérissant les corps, réconforte les cœurs.
Toi qui te tiens devant le souverain Juge, plaide la cause de nos crimes; apaise du Tout-Puissant la colère vengeresse, ô toi à qui nous confions nos prières.
Toi qui repris le grand combat, confonds notre ennemi superbe ; pour triompher des esprits de révolte, donne-nous force, augmente en nous la grâce.
Gloire soit à Dieu le Père, ainsi qu'à son Fils unique, avec l'Esprit Paraclet, et maintenant et toujours. Amen.


Domenico Feti, Saint Raphaël guérissant les
yeux de Tobit, 1620, Musée de l'Ermitage

jeudi 16 octobre 2014

16 octobre - Dédicace du Mont Saint-Michel. Prions les Saints Anges et les Esprits bienheureux de nous venir en aide !

Saint Michel Archange, Cathédrale Saint-Michel-Sainte-Gudule de Bruxelles

Du Synaxaire de l'Eglise Orthodoxe


Avant de créer le monde visible, le Seigneur notre Dieu amené à l'existence par Son Verbe et perfectionné en sainteté par Son Saint Esprit la nature angélique, faisant des Puissances célestes et incorporelles Ses serviteurs zélés et ardents comme un feu immatériel.
Ils sont des lumières secondes, qui reçoivent par la grâce du Saint Esprit les illuminations de la Lumière première et sans principe, et la participation à Son immortalité.

Fidèles images de l'essence divine, les saints Anges sont de nature spirituelle, dépourvus de la lourdeur du corps, toujours en mouvement, libres et raisonnables.

Ils voient Dieu dans la mesure où ils peuvent l'atteindre et trouvent dans Sa contemplation leur nourriture, leur stabilité et la raison même de leur existence.

Bien qu'ils soient libres de toutes affections du corps, ils ne sont pourtant pas impassibles comme Dieu, car ils ont été créés par un changement (le passage du non-être à l'être).

Sans corps, ils ne sont pourtant pas totalement immatériels : seul le divin est véritablement sans matière et incorporel (car impassible et au-delà de tout mouvement).
Ils sont circonscrits dans le temps et l'espace.

Chute et combat des anges,
de Frans Floris, 1554
Lorsqu'ils sont dans le ciel, ils ne sont pas sur la terre ; et envoyés par Dieu sur la terre, ils ne demeurent plus au ciel.

Leur nature subtile leur fait échapper aux limitations que sont pour nous les murs, les portes et les sceaux, lorsqu'ils sont envoyés par Dieu en mission auprès des hommes et que pour cela, ils empruntent une forme corporelle nous permettant de les voir.

Leur légèreté et leur extrême rapidité de mouvement leur permettent de traverser l'espace presque instantanément ou de deviner les pensées des hommes. Mais, comme êtres créés, ils ne sont toutefois ni doués d'omniscience, ni susceptibles de se trouver en deux endroits simultanément.
S'ils prophétisent, c'est par grâce et par ordre divin, non leur propre vertu.

Dieu les a faits Ses serviteurs et les envoie ("ange" signifie "envoyé") veiller sur la terre.

Ils président aux peuples, aux nations et aux Eglises (selon le Livre de l'Apocalypse, chaque Eglise locale possède un Ange protecteur), et ils assurent la marche des desseins de la Providence à notre égard.

Dieu a placé invisiblement auprès de chacun d'entre nous personnellement un Ange Gardien, qui veille constamment sur nous, sans cesser d'être auprès de Dieu. Il nous suggère le bien par la voix de notre conscience, nous aide à éviter les pièges du Diable et attise en nous le feu salutaire du repentir lorsque nous avons péché.

Nous ne pouvons pas dénombrer les Anges, c'est pourquoi la sainte Tradition a coutume de les ranger en neuf Ordres divisés en trois triades.

La première hiérarchie est celle qui est toujours auprès de Dieu, avant les autres et sans intermédiaire : 
Les anges adorant devant le tabernacle de
l'oratoire du Carmel, Lisieux
. Au premier rang : les SÉRAPHINS :
qui signifie en hébreu "brûlants".
. Au second rang : les CHÉRUBINS.
On dit qu'ils sont couverts d'yeux de toutes parts, en signe de leur aptitude à contempler la lumière divine.
. Troisième rang : Les TRÔNES, sur lesquels Dieu trouve repos impassible.

La seconde Triade, transmet avec bonté et ordres les décrets de la Providence, ce sont :
. Les DOMINATIONS.
. Les VERTUS.
. Les PUISSANCES.

La troisième Triade achève la hiérarchie céleste, ce sont :
. Les PRINCIPAUTÉS.
. Les ARCHANGES.
. Les ANGES.

C'est par ces derniers que Dieu nous communiques les décrets de Sa providence et, comme ils sont les plus proches de nous, c'est eux qu'IL envoie sous une forme corporelle lorsqu'IL le veut.





mardi 14 octobre 2014

De l'amour que nous devons à Notre Dame, la Vierge Marie

Notre-Dame des Anges, Ravenne
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, "L’homme de Dieu", partie II, chap. IV


C’est la grande doctrine des saints que la sacrée Vierge est le moyen dont Dieu se sert davantage pour exécuter les desseins de sa divine providence.

Heureuse l’âme qui lui est saintement liée par un amour fidèle ! Qu’elle se réjouisse en Dieu son Sauveur qui lui a fait une grâce qui est une source féconde de bénédictions !

Oh ! si l’on savait ce que c’est que d’avoir une solide dévotion à l’immaculée Mère de Dieu, que ne ferait-on pas, que ne souffrirait-on pas, pour posséder ce don de Dieu. Aimable Vierge qu’un chacun porte ses inclinations où il voudra ; pour moi, tout mon plaisir sera de vivre et de mourir à vos pieds comme aux pieds de ma bonne et chère maîtresse et de ma très douce et très fidèle mère.

Très aimable Vierge, il me semble que mon cœur vous aime ; mais faites qu’il vous aime davantage pour ne plus vivre et ne se plus nourrir que des vives flammes de votre pur amour, parce que c’est le pur amour de Jésus qui soit à jamais notre grand et unique tout en toutes choses.


Notre-Dame de lumière, de Natalya Tsarkova