dimanche 23 novembre 2014

Christ Roi de l'Univers : venez adorons le Roi des rois et Seigneur des seigneurs, Créateur et Rédempteur - Acclamations carolingiennes

Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, le Roi de l'univers

Pour l’Église universelle

Chantre. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Ecclésiæ sanctæ Dei, géntium magistræ, supra regnórum fines necténti ánimas, salus perpétua !
À la sainte Église de Dieu, maîtresse des nations, rassemblant les âmes par-delà les frontières des royaumes, salut perpétuel !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Pater de coelis Deus,
Dieu le Père qui es aux cieux,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Fili redémptor mundi Deus,
Dieu le Fils, rédempteur du monde,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Spiritus Sancte Deus,
Dieu le Saint-Esprit,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancta María,
Sainte Marie,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Joseph,
Saint Joseph,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Michael,
Saint Michel,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Gabriel,
Saint Gabriel,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Raphael,
Saint Raphaël,
Chœur. —
Tu illam ádjuva !

Viens à son aide !

Pour le pape 

Chantre. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
[Francisco], summo pontífici et universáli papæ, in unum pópulos doctrína congregánti caritáte, pastóri grátia gregi obsequéntia, pax, vita et salus perpétua !
À [François], souverain pontife et pape universel, rassemblant tous les peuples en un seul par la doctrine et la charité, grâce au pasteur et à l’obéissance du troupeau, paix, vie et salut éternel !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Salvátor mundi,
Sauveur du monde,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Petre,
Saint Pierre,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Páule,
Saint Paul,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Andrea,
Saint André,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Johannes,
Saint Jean,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Clemens,
Saint Clément,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Sixte,
Saint Sixte,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Pie décime,
Saint Pie X,
Chœur. —
Tu illum ádjuva !
Viens à son aide !

Pour les prélats et leur clergé

Chantre. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Epíscopis, abbátibus et omníbus pontificali honore sublimatis, et omníbus sibi commíssis, pax, virtus, salus et vera concórdia !
Aux évêques, aux abbés et à tous ceux qui sont élevés à l’honneur pontifical, et à tous ceux qui leur ont été confiés, paix, vertu, salut et véritable concorde !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Sancte Ambrosi,
Saint Ambroise,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Diónysi,
Saint Denis,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Mártine,
Saint Martin,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Augustíne,
Saint Augustin,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Rémigi,
Saint Rémi,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Benedicte,
Saint Benoît,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !

Pour l’extension du règne du Christ aux nations 

Chantre. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Devótis collaborántibus pro regno sacrórum córdium Jesu et Máriæ super Fránciam et omnes gentes, juvámen, vita et victória !
Aux dévoués collaborateurs du règne des sacrés cœurs de Jésus et de Marie sur la France et sur toutes les nations, aide, vie et victoire !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Sancte Diónysi,
Saint Denis,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Mártine,
Saint Martin,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Hilári,
Saint Hilaire,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancta Genóvefa,
Sainte Geneviève,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Rémigi,
Saint Rémi,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Johánnes,
Saint Jean Eudes,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancta Margárita-Mária,
Sainte Marguerite-Marie,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Ludóvice-Mária,
Saint Louis-Marie,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Johánnes-Mária,
Saint Jean-Marie Vianney,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancta Therésia a Jesu-Infánte,
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !

Pour les gouvernants chrétiens

Chantre. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Cunctis christiáne legis princípibus et judicibus, et omni exercítui Christianórum, honor illæsus, victória et salus eterna !
À tous les princes et les juges chrétiens, et à toute la milice du Christ, honneur sans tache, victoire et salut éternel !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Sancte Gregori,
Saint Grégoire,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Tiburci,
Saint Tiburce,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Frodmunde,
Saint Fromond,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Mauríti,
Saint Maurice,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Sebastiáne,
Saint Sébastien,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !
Chantre. —
Sancte Geórgi,
Saint Georges,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à leur aide !

Pour la France

Chantre. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Genti Fránciæ inclytæ et exercítui ejus, vita et victória !
À l’illustre nation française et à son armée, vie et victoire !
Chœur. —
Exáudi, Christe !
Ô Christ, exauce-nous !
Chantre. —
Sancta María,
Sainte Marie,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Michael,
Saint Michel,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Mártine,
Saint Martin,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Mauríci,
Saint Maurice,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Geórgi,
Saint Georges,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancte Carole Magne,
Saint Charlemagne,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à son aide !
Chantre. —
Sancta Johánna Arcénsis,
Sainte Jeanne d’Arc,
Chœur. —
Tu illos ádjuva !
Viens à son aide !

Invocations au Christ-Roi

Chantre. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Lux, via et vita nostra,
Notre lumière, notre voie et notre vie,
Chœur. —
Christus vincit.
Le Christ vainc.
Chantre. —
Rex regum et Dominus dominorum et Deus deorum,
Roi des rois, Seigneur des seigneurs et Dieu des dieux,
Chœur. —
Christus regnat.
Le Christ règne.
Chantre. —
Rex noster,
Notre roi,
Chœur. —
Christus imperat.
Le Christ commande.
Chantre. —
Glória et jubilacio nostra,
Notre gloire et notre joie,
Chœur. —
Christus vincit.
Le Christ vainc.
Chantre. —
Misericórdia et auxilium nostrum,
Notre miséricorde et notre secours,
Chœur. —
Christus regnat.
Le Christ règne.
Chantre. —
Spes semper et fiducia nostra,
Notre espérance pour toujours et notre foi,
Chœur. —
Christus imperat.
Le Christ commande.
Chantre. —
Fortitúdo et justicia nostra,
Notre force et notre justice,
Chœur. —
Christus vincit.
Le Christ vainc.
Chantre. —
Prudencia et temperancia nostra,
Notre prudence et notre tempérance,
Chœur. —
Christus regnat.
Le Christ règne.
Chantre. —
Liberátio et redémptio nostra,
Notre libération et notre rédemption,
Chœur. —
Christus imperat.
Le Christ commande.
Chantre. —
Arma nostra invictissima,
Notre arme très invincible,
Chœur. —
Christus vincit.
Le Christ vainc.
Chantre. —
Murus noster inexpugnábilis,
Notre muraille inexpugnable,
Chœur. —
Christus regnat.
Le Christ règne.
Chantre. —
Victoria nostra invictissima,
Notre victoire très invincible,
Chœur. —
Christus imperat.
Le Christ commande.
Chantre. —
Defénsio et exaltátio nostra,
Notre défense et notre exaltation,
Chœur. —
Christus vincit.
Le Christ vainc.
Chantre. —
Ipse soli regnum, impérium, potéstas et glória per immortália sæcula sæculórum, amen !
À lui seul le règne, l’empire, la puissance et la gloire pour l’immortalité des siècles des siècles, ainsi soit-il !
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Ipse soli sapienta, virtus, fortitúdo et victória per ómnia sæcula sæculórum, amen !
À lui seul la sagesse, la vertu, la force et la victoire pour tous les siècles des siècles, ainsi soit-il !
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Ipse soli honor, laus, claritas, jubilátio et benedictio per infínita sæcula sæculórum, amen !
À lui seul l’honneur, la louange, l’éclat, la joie et la bénédiction pour l’infinité des siècles des siècles, ainsi soit-il !
Chœur. —
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande.
Chantre. —
Christe audi nos !
Ô Christ, écoute-nous !
Chœur. —
Christe audi nos !
Ô Christ, écoute-nous !
Chantre. —
Kyrie eleison !
Seigneur, prends pitié !
Chœur. —
Kyrie eleison !
Seigneur, prends pitié !
Chantre. —
Christe eleison !
Ô Christ, prends pitié !
Chœur. —
Christe eleison !
Ô Christ, prends pitié !
Chantre. —
Kyrie eleison !
Seigneur, prends pitié !
Chœur. —
Kyrie eleison !
Seigneur, prends pitié !
Chantre. —
Tempora bona hábeant
Que viennent des temps heureux
Chœur. —
Redémpti sánguine Christi !
Pour ceux qu’a rachetés le sang du Christ !
Chantre. —
Feliciter !
Bonheur à tous !
Chœur. —
Feliciter !
Bonheur à tous !
Chantre. —
Pax Christi véniat !
Que vienne la paix du Christ !
Chœur. —
Regnum Christi véniat !
Que vienne le règne du Christ !
Chantre. —
Deo grátias !
Rendons grâce à Dieu !
Chœur. —
Amen !
Ainsi soit-il !

Christ Roi de l'Univers, bois peint, sacristie de
la Cathédrale Notre-Dame d'Evreux



vendredi 21 novembre 2014

21 novembre - Présentation de la Vierge Marie au Temple

La Présentation de Marie au Temple, par Vasili Belyaev, 1890
D'un sermon de Saint Pierre Chrysologue

Aujourd’hui, frères bien-aimés, vous avez entendu un Ange traiter avec une femme de la réhabilitation de l’homme. Vous avez entendu qu’il s’agissait de ramener l’homme à la vie, par le même chemin qui l’avait conduit à la mort. C’est un Ange qui traite avec Marie du salut du genre humain, parce qu’un ange avait traité de sa perte avec Eve. Vous avez entendu cet Ange révéler le moyen ineffable de construire, du limon de notre chair, un temple à la divine Majesté. Vous avez entendu comment un mystère incompréhensible place Dieu sur la terre et l’homme dans le ciel. Vous avez entendu par quelle combinaison merveilleuse Dieu s’unit à l’homme dans un seul corps. Vous avez entendu comment la frêle nature de notre corps est affermie par l’exhortation d’un Ange, l’animant à porter toute la gloire de la divinité.

Enfin, de peur qu’en Marie le limon friable de notre corps ne s’affaissât sous le poids énorme du céleste édifice ; de peur que cette branche délicate qui devait porter le fruit de tout le genre humain ne se rompit, l’Ange a bientôt pris les devants et dit à la Vierge : « Ne craignez pas, Marie. » Avant d’énoncer le motif de sa mission, il lui fait entendre par ce nom, quelle est sa dignité. Car le mot hébreu de Marie, en latin Domina, signifie souveraine. L’Ange l’appelle souveraine, pour lui ôter la crainte qui appartient à la servitude, destinée qu’elle est à devenir la Mère du Dominateur, celui qu’elle doit enfanter ayant obtenu, par son autorité même, qu’elle naquît et fût appelée souveraine.

« Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce. » C’est vrai : celui qui a trouvé grâce ne saurait craindre. Or, vous avez trouvé grâce. Bienheureuse celle qui, seule parmi les êtres humains et de préférence à tous, mérita d’entendre ces paroles : « Vous avez trouvé grâce. » Quel degré de grâce ? Une grâce aussi entière que le donne à entendre ce terme employé auparavant par l’Ange : « pleine. » Et vraiment elle était en sa plénitude, la grâce dont les flots abondants s’étaient versés sur cette créature, l’avaient pénétrée et remplie. « Vous avez trouvé grâce devant Dieu. »

Disant ces choses, l’Ange lui-même s’étonne, ou de ce qu’une femme l’ait méritée seule, ou de ce que tous les hommes aient mérité la vie par une femme ; oui, l’Ange est comme frappé de stupeur, en voyant venir se renfermer tout entier dans les étroites bornes d’un sein virginal, le Dieu pour qui toutes les choses créées réunies ne sont que petitesse. C’est pourquoi l’Ange tarde à préciser le but de sa mission ; de là vient qu’il nomme la Vierge par ce qui exprime son mérite, et la salue en mentionnant la grâce. A celle qui l’écoute, il ne livre que peu à peu son message, sans doute afin d’en faire ressortir la signification ; c’est aussi peu à peu qu’il achève de calmer sa crainte prolongée.




lundi 17 novembre 2014

Désirons le Ciel et prions pour les âmes bénies du Purgatoire


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, "La gloire de la Sainte Trinité", 7e pratique


Il est donc vrai qu’il y a un Purgatoire mais, en le croyant, comment le croyons-nous ? Est-il possible que nous nous mettions si peu en peine de ces brasiers ardents, nous qui, en ce monde, n’oserions pas toucher le feu du bout du doigt ? Comment s’amasser incessamment de la matière pour brûler si terriblement dans ce lieu de la Justice de Dieu ?

L’on entend dire : Je serai bienheureux si je vais en Purgatoire ; il est vrai que ce sera une miséricorde car nous méritons l’enfer mais, après tout, pensons-nous bien à ce que nous disons ? Hélas, quel bonheur de brûler dans des feux allumés par la colère de Dieu et, peut être pour un long temps, nous qui frémirions d’horreur, s’il nous fallait rester un quart d’heure dans ceux de cette vie, qui n’en sont que les ombres, cependant misérables et aveugles que nous sommes, nous commettons tous les jours les actions pour lesquelles on brûle au milieu de ces flammes.

Quelques mortifications extérieures ou intérieures, quelques maux soufferts avec conformité à la volonté de Dieu pourraient nous délivrer d’une partie de ces horribles souffrances, et nous disons que nous ne saurions nous mortifier ni souffrir. O ténèbres désolantes ! Comment donc pourrons-nous faire au milieu de ces tourments épouvantables ?

Mon cher Lecteur pensez-y et pensez-y bien, faites-y réflexion quand il s’agira de dompter votre humeur, vos passions, dans les occasions qui vous feront de la peine, faites en le sujet de vos méditations.


Philippe de Champaigne, allégorie de la mort.



samedi 15 novembre 2014

9 mois de prière pour la France

Méditation du cardinal Barbarin : 
15 novembre 2014-15 août 2015, neuf mois de prière pour la France.


Une neuvaine.
Des neuvaines, dans l’Eglise catholique, il en existe de toutes sortes. La Pologne en a vécu une pendant neuf ans, jusqu’en 1966, pour préparer le millénaire de son « baptême ». En 1970, le cardinal Wojtyla en a lancé une autre dans le diocèse de Cracovie, pour le 9ème centenaire du martyre de son évêque, saint Stanislas. Devenu pape, Jean-Paul II est venu lui-même la clôturer en 1979.

D’autres sont proposées sur neuf jours, par exemple avant une grande fête liturgique, comme l’Immaculée Conception. Début novembre, les évêques du Burkina Faso ont invité les fidèles à une neuvaine de prière, avec un jour de jeûne, pour que la paix revienne dans le pays, violemment ébranlé par un changement de régime et des répressions meurtrières (cf.www.catholique.bf).

Les neuvaines peuvent avoir un but particulier : obtenir de Dieu une guérison ou une naissance pour un couple en attente d’enfant. Parfois, la visée est pastorale : en 1970-79, le futur Jean-Paul II voulait que son diocèse accueille en profondeur l’élan missionnaire de Vatican II.

Celle-ci durera neuf mois ; comme toute neuvaine, elle demande fidélité et persévérance.

De prière.
Dans l’Evangile, le Seigneur invite « à prier sans cesse et sans jamais se décourager » et il loue la veuve qui vient « casser la tête » du juge, en réclamant justice (Lc 18, 1-8). Pour la prière, on peut dire que Jésus donne l’exemple : « Le matin, bien avant l’aube », on le voit sortir et aller prier « dans un endroit désert » (Mc 1, 35).

Prier, c’est espérer. Avec foi, on confie à Dieu une personne ou une famille en difficulté, une communauté, un pays et même le monde entier. Un chrétien, même s’il se sent démuni ou dépassé, sait que son cri est toujours écouté « car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

Cette neuvaine pour la France nous conduira jusqu’au 15 août, un jour qui a longtemps été notre fête nationale. On peut dire que l’Assomption de Marie fortifie notre espérance. Ce que Dieu a fait pour Jésus, en le ressuscitant des morts, il le promet à tous ses enfants. Et nous professons cette espérance dans le Credo : « J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir. » Quand la Toute Sainte connaît, la première, la joie de la Résurrection, nous sommes renforcés dans la certitude que Dieu tient ses promesses et que, jamais, Il ne nous abandonnera.

Dès le début, les Apôtres ont repris cette insistance du Seigneur sur la prière : « Soyez toujours dans la joie ; priez sans relâche ; rendez grâce en toutes circonstances : c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus» (1 Th 5, 16-18).

Pour la France.
Dans « les paroles de vie » que Dieu donne à son peuple, le 4ème commandement : « Honore ton père et ta mère » (Ex 20, 12) est la charnière entre le monde de Dieu et notre vie humaine. De même que nous prions pour nos parents, nous confions à Dieu la terre qui nous a nourris, façonnés, construits, et tous ceux qui y vivent aujourd’hui. En priant pour la France, nous commençons par dire merci. Que de cadeaux nous a transmis la longue histoire de notre patrie ! J’entends encore Jean-Paul II, à la Messe du Bourget, le 1er juin 1980, expliquer tout ce qu’il avait reçu de la France et de ses saints. Il a eu cette formule surprenante : « France, éducatrice des peuples… ». Jamais, je n’avais pensé qu’elle avait rendu un tel service aux nations. Il est vrai que, souvent, ce sont les autres qui nous montrent quelle est notre grâce, notre vraie mission.

Lorsque, du haut de la colline de Fourvière, je laisse mon regard aller sur Lyon, j’entends le Seigneur me dire dans la prière, comme à saint Paul devant Corinthe : « J’ai un peuple nombreux à moi dans cette ville » (Ac 18, 10). Je pense d’abord à ceux qui souffrent, les malades, les familles divisées, les personnes détenues ou isolées… Je prie pour la santé et la liberté, pour le bien-être, l’équilibre et le travail de chacun. Que tous les cœurs soient ouverts ! Puis, je fais mémoire de la longue histoire de cette ville : les martyrs et les missionnaires, les artisans de l’unité et du dialogue, les chercheurs de Dieu, les serviteurs des pauvres… Il y en a eu à tous les siècles. Et cela se transforme en une demande : « Seigneur, garde Lyon fidèle à sa vocation, et attentive aux nouveaux appels que tu voudras lui lancer. »

Avec cette neuvaine pour la France, nous pourrions suivre un chemin analogue. Que tous ceux qui vivent dans notre pays s’accueillent et se respectent, qu’ils avancent dans la paix. Nous demanderons pardon, comme Jean-Paul II l’a fait pendant l’Année jubilaire 2000, car nous portons ensemble une part de responsabilité dans les choix de notre pays. Nous demanderons qu’il soit guéri de ses errements dans l’accueil de la vie, qu’il revienne à la raison sur le mariage et sur la filiation. Les premières pages de la Bible en disent clairement la vérité. Que l’on sache aussi accompagner jusqu’au bout les personnes les plus âgées, si fragilisées.

Nous prierons et jeûnerons pour mille autres intentions importantes : éradiquer la misère, veiller à ce que la justice reste… juste, et respecte les plus petits. Que tous aient une place dans la société, un travail, car c’est à la fois un lieu d’épanouissement et de service pour chacun. Que les jeunes reçoivent l’héritage culturel et spirituel auquel ils ont droit et que se lèvent de nouvelles générations d’éducateurs pour le leur transmettre fidèlement. Et si, à la lumière de son histoire, nous voyons que la France a une « vocation », que le Seigneur veuille bien l’éclairer encore et nous montrer comment la renouveler aujourd’hui.

Nous n’oublierons pas les deux grandes intentions que Jésus a pris soin de préciser : « Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38) et « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44).

Naturellement, sa dernière parole reste notre phare : « Vous serez mes témoins à Jérusalem… et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Ceux qui ont entendu ces mots n’ont pas hésité à partir. Quelle merveille, car c’est grâce à leur foi et à leur courage que nous avons reçu le flambeau !

A nous, aujourd’hui et demain, de transmettre ce trésor.



Prière de la Neuvaine



Vierge Marie,
Notre-Dame de France,
Accueillez nos cœurs d'enfants
confiants en votre bienveillance.

Guidez nous vers Jésus notre Sauveur,
pour recevoir de son Cœur les grâces
de sa divine miséricorde.

Nous vous présentons notre pays,
ses souffrances, ses troubles
et ses conflits,
mais aussi ses ressources
et ses aspirations.

Accueillez-les, purifiez-les, 
présentez-les à votre Fils
afin qu'Il intercède en notre faveur,
qu'Il oriente nos actions vers le Bien
et nous guide dans la Vérité.

Nous vous consacrons la France
dans la fidélité à l'espérance
et à la force de l'Esprit Saint
reçues à notre baptême. Amen.