mardi 14 août 2012

Assomption de la Très Sainte Vierge Marie - Reine des Anges




Extraits de la bulle de proclamation solennelle 

du dogme de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, 

Munificentissimus Deus

de Sa Sainteté le Pape Pie XII



Le vénérable Pape Pie XII
Pastor angelicus
                        (...) Nous, qui avons confié Notre pontificat au patronage particulier de la Très Sainte Vierge, vers qui Nous Nous réfugions en tant de vicissitudes des plus tristes réalités, Nous qui avons consacré à son Coeur Immaculé le genre humain tout entier en une cérémonie publique, et qui avons éprouvé souvent sa très puissante assistance, Nous avons une entière confiance que cette proclamation et définition solennelle de son Assomption apportera un profit non négligeable à la société humaine, car elle tournera à la gloire de la Très Sainte Trinité à laquelle la Vierge Mère de Dieu est unie par des liens tout particuliers.

                        Il faut, en effet, espérer que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère ; que les âmes de tous ceux qui se glorifient du nom de chrétiens, seront poussées au désir de participer à l'unité du Corps mystique de Jésus-Christ et d'augmenter leur amour envers Celle qui, à l'égard de tous les membres de cet auguste corps, garde un coeur maternel. 

                        (...) C'est une très grande joie que cet évènement solennel arrive, par un dessein de la Providence de Dieu, alors que l'Année Sainte suit son cours, car ainsi nous pouvons, pendant la célébration du très grand Jubilé, orner le front de la Vierge Mère de Dieu de ce brillant joyau et laisser un souvenir plus durable que l'airain de Notre piété très ardente envers la Mère de Dieu.

Nous proclamons, déclarons et définissons que c'est un dogme divinement révélé que Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.

                        C'est pourquoi, si quelqu'un - ce qu'à Dieu ne plaise - osait volontairement nier ou mettre en doute ce que Nous avons défini, qu'il sache qu'il a fait complètement défection dans la foi divine et catholique. Et pour que Notre définition de l'Assomption au ciel de la Vierge Marie dans son corps parvienne à la connaissance de l'Eglise universelle, Nous voulons que Nos lettres apostoliques présentes demeurent pour en perpétuer la mémoire, ordonnant que les copies qui en seront faites, ou même les exemplaires qui en seront imprimés, contresignés de la main d'un notaire public, et munis du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, obtiennent foi absolument auprès de tous, comme le feraient les présentes Lettres elles-mêmes si elles étaient exhibées ou montrées.

                        Qu'il ne soit permis à qui que ce soit de détruire ou d'attaquer ou contredire, par une audacieuse témérité, cet écrit de Notre déclaration, décision et définition. Si quelqu'un avait la présomption d'y attenter, qu'il sache qu'il encourrait l'indignation du Dieu Tout-Puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, l'année du très saint Jubilé mil neuf cent cinquante, 1er premier novembre, en la fête de tous les Saints, de Notre pontificat la douzième année.



Voeu de Louis XIII

Le "Voeu de Louis XIII", par Ingres
Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

            Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté que d'accidents qui nous menaçaient. Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins.

            En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice ; la rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques. Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme sa Providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve, et sa puissance le défend. 

Statue en argent, offerte par le roi
Charles X, portée en procession
tous les 14 et 15 août pour la procession
fluviale et dans l'île de la Cité
            Tant de grâces si évidentes font que pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l'accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de " nous consacrer à la grandeur de Dieu " par son Fils rabaissé jusqu'à nous et à ce Fils par sa mère élevée jusqu'à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables, et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

Statue du Voeu de Louis XIII, au maître-autel de la Cathédrale Notre-Dame de Paris

            A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représentés aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

            Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente Déclaration à la Grande Messe qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les Vêpres dudit jour il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

L'Ordre Equestre des Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem,
gardiens de la Sainte Couronne d'épines, entourant Notre-Dame

            Exhortons pareillement tous les Archevêques et Evêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu'à ladite cérémonie les cours de parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents. Et d'autant qu'il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l'an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième.





samedi 11 août 2012

Anniversaire de la naissance au Ciel de S. Taurin - 1er Evêque d'Evreux


Châsse du saint
Voilà 1600 ans, Saint Taurin commençait sa mission céleste, pour son diocèse d’Evreux !

C’est ce grand saint Taurin qui fut l’instrument de ce magnifique don de l’évangélisation du diocèse d’Evreux, c’est lui que nous pouvons appeler le Pasteur, le Père de nos âmes.

En baptisant les habitants d’Évreux, saint Taurin a fait de nous les fils adoptifs de Dieu. Et voici qu’existe désormais, depuis ces temps reculés, une véritable fraternité entre nous. Nous sommes vraiment frères, naturellement, puisque nous sommes tous les descendants naturels d’Adam et Ève ; mais nous le sommes encore, surnaturellement : fils d’un même Père, qui est Dieu. Et si nous sommes fils de ce Père, c’est par le seul Baptême : ce Baptême que, grâce à saint Taurin et à ses successeurs, nous recevons.

Voilà donc pourquoi le culte à saint Taurin ne peut qu’être primordial pour nous, pour toute la ville d’Évreux, pour tout notre diocèse : car c’est lui, modeste apôtre, qui a fondé, planté, enraciné la charité régnant entre nous.

Détail de la châsse de S. Taurin
S. Taurin met en fuite les démons
Une famille, quoiqu’en disent certains, est fondée par un père et par une mère. Et personne ne peut avoir Dieu pour Père, s’il n’a pas l’Église pour mère, selon saint Cyprien. L’Église d’Évreux, personnifiée par Notre-Dame d’Évreux, doit donc compléter notre cercle de famille. Envers elle, manifestons notre piété, notre amour, notre respect, offrons pour elle nos prières de fils aimants, pour vivre véritablement d’un seul cœur et d’une seule âme, comme les premiers Chrétiens des Actes des Apôtres, comme les premiers Chrétiens d’Évreux, nos ancêtres.

Dieu nous a placés hic et nunc, ici et maintenant, en ce début de vingt-et-unième siècle, dans ce coin de France, pour y être les Saints du troisième millénaire, y établir la Chrétienté, et contribuer ainsi à la nouvelle évangélisation de la France.

À l’ermite saint Laudulphe, que nous célébrerons lundi 13 août, et dont les reliques se trouvent mêlées à celles de saint Taurin, à saint Laudulphe, donc, une voix se fit entendre, à la fin du sixième siècle : C’est aujourd’hui qu’il faut célébrer la fête de saint Taurin, dont le nom brille dans toute la France. Et il lui fut donné de retrouver le tombeau perdu de saint Taurin. Nous aussi, redécouvrons le culte de saint Taurin. Redécouvrons notre premier père dans la foi, et contribuons à le faire redécouvrir.

Un ange annonce sa mort à S. Taurin
Vitrail de l'abbatiale S. Taurin d'Evreux
Grand saint Taurin, recevez les hommages des descendants de ceux que vous avez conquis au doux joug du Seigneur Jésus ; faites-nous fleurir en sainteté et fructifier par toutes les vertus, particulièrement celles de foi, d’espérance et de charité.

Qu’avons-nous fait de notre baptême, nous, fidèles du diocèse d’Evreux, fils spirituels de saint Taurin ? à quelque diocèse que nous appartenions, sommes-nous fidèles au baptême reçu de son Saint fondateur ?
Voilà de quoi nourrir notre réflexion lors de nos pèlerinages jusqu’à la châsse de notre « premier évêque» en l’Abbatiale Saint-Taurin d’Evreux, où nous lui confierons la nouvelle évangélisation de notre diocèse.
Illustre confesseur, grand saint Taurin, qui avez été animé d’un zèle si pur et si éclairé, qui nous avez enseigné à marcher dans les sentiers de la justice : regardez vos enfants qui vous réclament, usez de tout votre crédit auprès de Dieu pour nous préserver contre les puissances des ténèbres ; demandez pour nous que nous soyons dociles aux inspirations du Saint-Esprit, que nous soyons fermes dans notre croyance, demeurant unis par les liens de la charité, dans l’attente des biens qui nous sont promis ; afin que, croissant de vertus en vertus, nous puissions vous être associés dans la gloire, par Jésus-Christ, Notre-Seigneur, qui vit et règne avec Dieu le Père dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen


Extraits de l'homélie du Chanoine Frédéric Goupil, icrsp

S. Taurin montant au ciel au jour de sa
mort sur la terre, il y a 1600 ans
Vitrail de l'abbatiale S. Taurin d'Evreux

vendredi 10 août 2012

Saint Taurin 412/2012

Pour nos lecteurs prêtres et sacristains souhaitant célébrer la Messe propre de saint Taurin...





Et la traduction pour les fidèles...



jeudi 9 août 2012

Saint Taurin 412/2012


Ode à saint Taurin


Refrain sur l’air de Chantons nos chants les plus joyeux de Michael Praetorius :

Chantons nos chants les plus joyeux
A Saint Taurin, évêque d’Evreux
Qui nous entend du haut des cieux

Il évangélisa Evreux
Où habitaient tous nos aïeux
Pour les conduire jusqu’aux cieux.

En parvenant à la cité :
Un ours, un lion, un sanglier
Lui représentèrent leurs péchés.

Refrain

Il exorcisa leurs démons
Et les baptisa dans l’Iton,
Ressuscitant même un garçon.

A l’heure d’entrer dans l’Au-delà
De son tombeau il se leva
Pour les exhorter à la foi.

Refrain

Lui succédèrent saints Mauxe et Gaud,
Laudulphe qui retrouva ses os,
Eterne, Aquilin et Gervold.

Monsieur Boudon ne voulut voir
S’étioler ensuite la mémoire
Du saint Apôtre dans la gloire.

Refrain

Mais sa mission n’est pas finie
Sa fête perdure à Balbigny,
Chartres, Lézoux comme Gigny.

En ce 11 août résonne encore
L’écho glorieux de ses efforts
Pour nous arracher à la mort.

Alléluia ! Alléluia !
Chantons nos chants les plus joyeux
A Saint Taurin, évêque d’Evreux !

Saint Taurin 412/2012

Du culte dû aux Saints

L’Eglise, dans tous les temps, a eu soin d’apprendre à ses enfants, que les saints qui règnent avec Jésus-Christ dans le ciel, adressent à Dieu des prières pour ceux qui sont encore sur la terre. « Les saints qui règnent avec Jésus-Christ offrent à Dieu des prières pour les hommes. C’est une chose bonne et utile de les invoquer et supplier humblement, et d’avoir recours à leurs prières, à leur aide et à leur assistance, pour obtenir les grâces et les faveurs de Dieu, par son Fils Jésus-Christ notre Seigneur, qui est seul notre Rédempteur et notre Sauveur. » C’est pourquoi nous devons avoir recours à leur protection et honorer leurs reliques.

« Les Fidèles doivent porter respect au corps des Saints, qui vivent avec Jésus-Christ, les corps ayant été, autrefois, les membres vivants de Jésus-Christ, et le temple du Saint-Esprit, et devant être un jour ressuscités pour la vie éternelle, et revêtus de la gloire de Dieu, et dieu même faisant beaucoup de bien aux hommes par leur moyen. » Mais si nous devons les honorer tous en général, avec quels sentiments de reconnaissance et de vénération ne devons-nous pas honorer saint Taurin, qui nous a donné les premières connaissances de la foi ? Quelles obligations n’avons-nous pas à cet homme apostolique, de nous avoir fait parvenir à la connaissance de la vérité ? C’est lui qui a jeté les fondements profonds du temple… les eaux vives de la vie éternelle ont commencé à couler de son temps. Nous étions, avant lui, ce peuple qui était assis dans les ténèbres, c’est lui qui a répandu cette lumière qui est venue éclairer ceux qui étaient dans les ombres de la mort, en nous tirant de la sombre nuit de l’idolâtrie. Mais quel moyen plus efficace d’honorer notre saint apôtre, que d’être fidèle à pratiquer les vérités saintes qu’il nous a enseignées, faire une sincère pénitence des fautes que nous avons commises, mener une vie plus chrétienne, et de demander, par son intercession, les grâces nécessaires pour nous sanctifier ; afin que, revêtus des mérites de Jésus-Christ, nous puissions jouir de la vue de Dieu, le louer et le bénir dans l’éternité bienheureuse.

mercredi 8 août 2012

Saint-Taurin 412/2012


Voici les photographies de l'église de Gigny (Jura), dont saint Taurin est le Patron depuis le passage il y a 1000 ans de ses reliques. Une partie y est toujours conservée. Merci à M. le Curé de la paroisse Saint-Taurin (diocèse de Saint-Claude).






samedi 4 août 2012

4/8 août - Saint Dominique

Blason et devise de l'Ordre Dominicain (dit, des Prêcheurs) :
"Louer - Bénir - Prêcher"


S.Exc.Mgr Jacques de Voragine, « La Légende dorée »

Détail de l'autel de S. Dominique,
église à Pérouse
Dominique, chef et fondateur illustre de l’ordre des Frères-Prêcheurs, naquit en Espagne, dans la ville de Calaruega, au diocèse d'Osma. Son père se nommait Félix et sa mère Jeanne. Avant sa naissance sa mère vit en songe, qu'elle portait dans son sein : un petit chien tenant dans sa gueule une torche allumée avec laquelle il embrasait tout l’univers. Quand elle l’eut mis au monde, une dame qui l’avait levé des fonts sacrés du baptême crut voir sur le front du petit Dominique une étoile très brillante qui éclairait toute la terre.

(…) Au concile de Latran (Latran IV, en 1215), il alla à Rome pour ce concile général avec Foulques, évêque de Toulouse, et demanda au souverain Pontife Innocent III, pour lui et ses successeurs, la confirmation de l’ordre qui serait appelé et qui serait effectivement les Prêcheurs. Le Pape se montra d'abord un peu difficile ; mais une nuit, il vit en songe l’église de Latran (la Cathédrale du Pape, Saint-Jean du Latran) menacée d'une ruine soudaine. Comme il regardait cela avec effroi, voilà saint Dominique qui se présente de l’autre côté soutenant avec les épaules tout cet édifice chancelant. A son l’éveil, le pontife comprit le sens de la vision et accueillit avec joie la demande de l’homme de Dieu.

Le Pape Honorius III, en 1216, donnant à saint Dominique son approbation,
par Leandro da Ponte
            (…) Sur ces entrefaites, Innocent mourut, et Honorius, son successeur au souverain pontificat, confirma l’ordre, l’an du Seigneur 1216. Comme saint Dominique priait à Rome dans une église de saint Pierre, pour la dilatation de son ordre, il vit venir à lui les glorieux princes des Apôtres Pierre et Paul : le premier, c'est-à-dire saint Pierre, semblait lui donner un bâton, et saint Paul un livre, en lui disant : « Va prêcher, parce que tu as été choisi de Dieu pour remplir ce ministère. » Et il lui sembla, en un clin d'œil, qu'il voyait ses fils dispersés par tout l’univers, et marchant deux à deux.

Saint Dominique par le
Bx. fra Angelico, op.
(…) Enfin le terme de son pèlerinage approchant, Dominique, qui était à Bologne, commença à tomber en langueur et en grande faiblesse ; la dissolution de son corps lui fut montrée dans une vision : un jeune homme d'une grande beauté lui apparut, et l’appela en disant : « Viens, mon bien-aimé, viens à la joie, viens. » Alors il fit venir douze des frères du couvent de Bologne, et pour ne pas les laisser déshérités et orphelins, il fit son testament en ces mots : « Voici ce que je vous laisse comme à mes enfants, afin que vous le possédiez à titre héréditaire : Ayez la charité, gardez l’humilité, et possédez la pauvreté volontaire » (…) Arriva ensuite son heure dernière et il s'endormit dans le Seigneur, l’an 1221.

Le jour et l’heure de son trépas furent révélés, ainsi qu'il suit, à frère Guali, alors prieur des frères Prêcheurs de Brescia et par la suite évêque de la même ville. Il dormait d'un léger sommeil, la tête appuyée sur le clocher des frères, quand il vit le ciel ouvert et deux échelles blanches qui en descendaient sur la terre ; Jésus-Christ avec sa Mère en tenait le haut, et les anges y montaient et descendaient en poussant des acclamations de joie. En bas entre les deux échelles était placé un siège sur lequel se trouvait assis un frère dont la tête était couverte d'un voile. Or, Jésus et sa mère tiraient les échelles en haut, jusqu'à ce que le frère eut été élevé au ciel dont l’ouverture fut alors refermée (…) il vit l’homme de Dieu Dominique ceint d'une couronne d'or, et tout resplendissant de lumière.

R.P. H-Dominique Lacordaire, op., « Vie de Saint Dominique »

            Lorsque les Frères habitaient encore auprès de l'église de Saint-Sixte, et étaient au nombre de cent, un certain jour le bienheureux Dominique commanda à frère Jean de Calabre et à frère Albert le Romain d'aller par la ville chercher des aumônes. Mais ils s'y employèrent inutilement depuis le matin jusqu'à la troisième heure du jour. Ils revenaient donc à la maison, et déjà ils atteignaient l'église de Sainte-Anastasie, quand une femme qui avait une grande dévotion à l'ordre les rencontra, et, voyant qu'ils ne rapportaient rien, leur donna un pain.

            Je ne veux pas, leur dit-elle, que vous retourniez tout à fait à vide. Un peu plus loin, ils furent accostés par un homme qui leur demanda instamment la charité. Ils s'excusèrent de lui donner, parce qu'ils n'avaient rien pour eux-mêmes. Mais l'homme insistant toujours davantage ils se dirent l'un à l'autre Que ferons-nous d'un pain ? Donnons-le-lui pour l'amour de Dieu. Ils lui donnèrent donc le pain, et aussitôt ils le perdirent de vue.
           
            Or, comme ils rentraient au couvent, le pieu Père, à qui le Saint-Esprit avait déjà révélé tout ce qui s'était passé, vint à leur rencontre, et leur dit d'un air joyeux : « Enfants, vous n’avez rien ? - Non, père, répondirent-ils ». Et ils lui racontèrent ce qui était arrivé, et comment ils avaient donné le pain au pauvre. Il leur dit : « C'était un ange du Seigneur ; le Seigneur saura bien nourrir les siens ; allons prier. » Là-dessus il entra dans l'église, et, en étant sorti au bout de peu de temps, il dit aux Frères d'appeler la communauté au réfectoire.
           
Les Anges servant à table S. Dominique et ses frères au réfectoire
            Ceux-ci lui répondirent : « Mais, père saint, comment voulez-vous que nous les appelions, puisqu'il n'y a rien à leur servir ? » Et ils tardaient exprès d'accomplir l'ordre qui leur avait été donné. C'est pourquoi le bienheureux père fit venir frère Roger, le cellérier, et lui commanda de rassembler les Frères pour le dîner, parce que le Seigneur pourvoirait à leurs besoins. 
On couvrit donc les tables ; on posa les coupes, et, à un signal donné, tout le couvent entra au réfectoire. Le bienheureux père prononça la bénédiction, et, tout le monde s'étant assis, frère Henri le Romain commença la lecture. Cependant le bienheureux Dominique priait, les mains jointes sur la table et voilà que tout à coup, selon qu'il l'avait promis, par l'inspiration de l'Esprit Saint, deux beaux jeunes hommes, ministres de la divine Providence, apparurent au milieu du réfectoire, portant des pains dans deux nappes blanches qui leur pendaient de l'épaule devant et derrière. Ils commencèrent la distribution par les rangs inférieurs, l'un à droite, l'autre à gauche et mirent devant chaque frère un pain entier d'une admirable beauté. Puis lorsqu'ils furent parvenus jusqu'au bienheureux Dominique, et qu'ils eurent mis semblablement devant lui un pain entier, ils inclinèrent la tête et disparurent, sans qu’on n’ait jamais su jusqu'aujourd'hui où ils allaient ni d'où ils venaient. Le bienheureux Dominique dit aux Frères : « Mes frères, mangez le pain que le Seigneur vous a envoyé ». Il dit ensuite aux frères servants de verser du vin. Mais ceux-ci répondirent Père saint, il n'y en a pas. 


           Alors le bienheureux Dominique, plein de l'esprit de prophétie, leur dit : « Allez au muid, et versez aux Frères le vin que le Seigneur leur a envoyé. » 
Ils y allèrent, en effet, et trouvèrent le muid plein jusqu'au bord d'un vin excellent qu'ils s'empressèrent d'apporter. Et le bienheureux Dominique dit : « Buvez, mes frères, du vin que le Seigneur vous a envoyé ». Ils mangèrent donc et burent tant qu'il leur plut ce jour-là, le lendemain et le surlendemain. Mais après le repas du troisième jour, il fit donner aux pauvres tout ce qui restait du pain et du vin, et ne voulut pas qu'on en conservât davantage à la maison. Pendant ces trois jours personne n'était allé demander l'aumône parce que le Seigneur avait envoyé du pain et du vin en abondance. Le bienheureux père fit ensuite un très beau sermon aux Frères, pour les avertir de ne jamais se défier de la divine Providence, même dans la plus grande pénurie.


 

4 août - Saint Jean Marie Baptiste Vianney, Curé d'Ars

Voici comme le saint Curé d'Ars, Patron de tous les Curés et Prêtres du monde, aimait à saluer son saint Ange gardien :

Saint Curé d'Ars, vitrail

" Bonjour, mon Ange gardien.
Je vous aime tendrement ; vous m'avez gardé cette nuit pendant que je dormais, gardez-moi s'il vous plaît, pendant ce jour, sans malheur, ni accident et sans offenser Dieu, au moins mortellement.


Bonsoir, mon Ange gardien.
Je vous remercie de m'avoir gardé pendant ce jour ; offrez à Dieu tous les battements de mon cœur pendant que je dormirai.


O mon Ange gardien, dites, je vous en conjure, à mon Bien-Aimé, que je languis d'amour pour lui et que j'ai un désir infini de le posséder... Amen. "


Le saint Curé confessant
En ce jour de sa fête et de la fête de tous les Prêtres, prions pour nos Prêtres. Et demandons à Dieu de nombreuses et saintes vocations sacerdotales. 
Là où se trouve un clocher, là se trouve aussi un tabernacle (parfois vide faute d'adorateurs et d'amoureux du Seigneur), là se trouve, ou devrait se trouver aussi, un Prêtre pour confesser et célébrer la sainte Messe...
 
 
Mon Dieu, donnez-nous des Prêtres !
Mon Dieu, donnez-nous de saints Prêtres !
Mon Dieu, donnez-nous de nombreux saints Prêtres !
Mon Dieu, donnez-nous des vocations religieuses et consacrées !
Mon Dieu, donnez-nous des foyers chrétiens !
Mon Dieu, faites de chacun d'entre nous des Saints !
 

Saint Jean Marie Vianney devant le Saint Sacrement
Acte d'amour du Saint Curé d'Ars


Je vous aime,
ô mon Dieu,
et mon seul désir
est de vous aimer
jusqu'au dernier soupir de ma vie.


Je vous aime,
ô Dieu infiniment aimable
et j'aimerais mieux
mourir en vous aimant
que de vivre un seul instant
sans vous aimer.


Je vous aime,
ô mon Dieu,
et je ne désire le Ciel
que pour avoir le bonheur
de vous aimer parfaitement.


Je vous aime,
ô mon Dieu,
et je n'appréhende l'enfer
que parce qu'on n'y aura jamais
la douce consolation de vous aimer.


O mon Dieu,
si ma langue ne peut dire
à tout moment que je vous aime,
du moins je veux
que mon cœur vous le répète
autant de fois que je respire.


Ah, faites-moi la grâce
de souffrir en vous aimant,
de vous aimer en souffrant
et d'expirer un jour en vous aimant
et en se sentant que je vous aime.


Et plus j'approche de ma fin,
plus je vous conjure
d'accroître mon amour et de le perfectionner.
Ainsi soit-il !

vendredi 3 août 2012

Notre Dame des Anges

Notre sainte Mère, la Bienheureuse Vierge Marie, Reine des Anges et des neufs choeurs des Esprits bienheureux, a été bien honorée hier par la prière du chapelet, puis par la Messe célébrée dans la chapelle des SS. Anges où repose M. Boudon, dans la Cathédrale Notre-Dame d'Evreux.

Nous étions un peu plus d'une vingtaine au rendez-vous.

Après la Messe, nous avons bien sûr récité ensemble les prières de l'Archiconfrérie en l'honneur de Notre-Dame d'Evreux, pour la béatification de M. Boudon et spécialement pour le Diocèse d'Evreux, son Evêque, S.Exc.R. Mgr Christian Nourrichard, son clergé (et spécialement pour l'archiprêtre de la Cathédrale, M. l'abbé Philippe Dubos qui nous a autorisé à célébrer dans la chapelle de M. Boudon), et tout le peuple de Dieu qui lui est confié.

Pour poursuivre par une belle action de grâce, nous pouvons dire de tout notre coeur cette prière qui était récitée hier à la Portioncule, à Assise, en l'honneur de la Vierge Marie :

Notre-Dame des Anges, tableau peint à la demande du vénérable
abbé Henri-Marie Boudon, dans la chapelle des
SS. Anges à la Cathédrale d'Evreux

Ô Vierge des anges, vous qui depuis tant de siècles avez posé votre trône de miséricorde à la Portioncule, écoutez la prière de vos enfants qui font recours à vous avec confiance.

De ce lieu vraiment saint et habitation de Dieu, particulièrement cher au cœur de saint François, Vous avez toujours rappelé les hommes à l’Amour.

Vos yeux, pleins de tendresse, nous assurent une continuelle assistance maternelle et ils promettent l’aide divine à tous ceux qui se prosternent aux pieds de votre trône ou à ceux qui de loin s’adressent  à vous, en vous appelant à leur secours.

Vous êtes vraiment notre douce Reine et notre espérance. Ô notre Dame des anges obtenez-nous, par la prière du bienheureux François, le pardon de nos fautes, aidez notre volonté à nous garder loin du péché et de l’indifférence pour que nous soyons dignes de vous appeler notre Mère.

Bénissez nos maisons, notre travail, notre repos en nous donnant la paix sereine, celle que l’on expérimente entre les murs de la Portioncule, où la haine, le péché et les pleurs se changent en chants de joie comme ceux de vos anges et  du Séraphique François.

Aidez ceux qui n’ont aucun soutien, ceux qui n’ont pas de pain, ceux qui sont en danger ou dans la tentation, dans la tristesse ou dans le découragement, ceux qui sont malades ou sur le point de mourir.

Bénissez nous, comme vos enfants de prédilection, et avec nous, nous vous prions de bénir, par le même élan maternel, les innocents, les coupables, les fidèles et les égarés, les croyants et les hésitants.

Bénissez toute l’humanité afin que les hommes, en se reconnaissant enfants de Dieu et vos enfants, retrouvent dans l’Amour, la vraie paix et le bien véritable. Amen.