dimanche 11 février 2018

Notre-Dame de Lourdes, journée de prière pour les malades

Notre Dame de Lourdes

De l’encyclique Spe Salvi du Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

n.40. La pensée de pouvoir "offrir" les petites peines du quotidien, qui nous touchent toujours de nouveau comme des piqûres plus ou moins désagréables, leur attribuant ainsi un sens, était une forme de dévotion, peut-être moins pratiquée aujourd'hui, mais encore très répandue il n'y a pas si longtemps.

Dans cette dévotion, il y avait certainement des choses exagérées et peut-être aussi malsaines, mais il faut se demander si quelque chose d'essentiel qui pourrait être une aide n'y était pas contenu de quelque manière.

Que veut dire "offrir" ?
Ces personnes étaient convaincues de pouvoir insérer dans la grande compassion du Christ leurs petites peines, qui entraient ainsi d'une certaine façon dans le trésor de compassion dont le genre humain a besoin.
De cette manière aussi les petits ennuis du quotidien pourraient acquérir un sens et contribuer à l'économie du bien, de l'amour entre les hommes.

Peut-être devrions-nous nous demander vraiment si une telle chose ne pourrait pas redevenir une perspective judicieuse pour nous aussi.

Jésus guérissant les malades

vendredi 9 février 2018

Le Carême approche, préparons-nous !

Voici une « petite » liste de péchés d’après S. Pierre de Damas extraite de « La Philocalie » compilée par les saints Nicodème l’Hagiorite et Macaire de Corinthe.

Le Carême est un temps de grâce qui approche à grand pas.
N’hésitons pas à faire un peu de ménage… Et même si nous n’avons pas tous ces péchés à notre actif, intercédons pour ceux qui les commettent afin qu’ils se repentent et se convertissent.

Détail d'une icône, le pénitent

La dureté,
la fourberie,
la malice,
la perversité,
l’inconséquence,
la licence,
la tentation,
l’esprit borné,
l’absence de compréhension,
l’oisiveté,
la mollesse,
le manque de jugement,
la flatterie,
la fatuité,
l’inconséquence,
la démence,
le dérèglement,
la grossièreté,
l’irréflexion,
la lâcheté,
la léthargie,
l’absence de bonnes actions,
les fautes morales,
l’avidité,
la sur-frugalité,
la manque d’éducation,
l’extravagance,
les connaissances fausses,
l’oubli,
le manque de discernement
l’entêtement,
l’injustice,
la malveillance,
l’excès de scrupule,
la paresse,
le vain bavardage,
le manque de foi,
les méfaits,
l’immoralité,
le mépris de la loi,
l’esprit criminel,
la passion,
la séduction,
le consentement au mal,
les associations inconsidérées,
la provocation démoniaque,
le goût de la badinerie,
la recherche du confort corporel au-delà de ce qui est nécessaire,
le vice,
les faux-pas,
l’infestation de l’âme,
l’affaiblissement,
la faiblesse de l’intellect,
la négligence,
la paresse,
un découragement déplorable,
le dédain de Dieu,
l’aberration,
la transgression,
l’incroyance,
le manque de foi,
les mauvaises croyances,
la pauvreté de la foi,
l’hérésie,
l’association à  l’hérésie,
le polythéisme,
l’idolâtrie,
l’ignorance de Dieu,
l’impiété,
la magie,
l’astrologie,
la divination,
le spiritisme,
le déni de Dieu,
l’amour des idoles,
la dissipation,
la débauche,
la volubilité,
l’indolence,
l’amour de soi,
l’inattention,
le manque de progrès,
la tromperie,
l’illusion,
la témérité,
la sorcellerie,
la profanation,
le fait de manger de la nourriture impure,
la mollesse,
une vie dissolue,
la voracité,

L’avarice,
l’absence de chasteté,
la colère,
l’abattement,
l’apathie,
l’amour propre,
l’orgueil,
la présomption,
l’auto-exaltation,
la vantardise,
l’excès d’enthousiasme,
la grossièreté,
la recherche de la satiété
le dol,
la torpeur,
la voracité,
la gloutonnerie,
la goinfrerie,
l’insatiabilité,
manger à l’insu des autres,
l’indifférence,
l’inconstance,
la volonté propre,
la légèreté,
l’auto-satisfaction,
l’amour de la popularité,
l’ignorance de la beauté,
la vulgarité,
le simplisme,
le manque de prévenance,
la grossièreté,
l’impolitesse,
l’esprit de polémique,
le goût de la querelle,
l’insulte,
les cris,
l’esprit bagarreur,
la violence physique,
la rage,
le désir insensé,
l’impudence,
l’exaspération,
l’offense,
l’hostilité,
la méchanceté,
la chicanerie,
la brusquerie,
la diffamation,
la censure,
la calomnie,
la condamnation,
l’accusation,
la haine,
la plainte incessante,
l’insolence,
déshonorer quelqu’un,
la férocité,
la frénésie,
la dureté,
l’agressivité,
se parjurer,
l’offense,
le manque de compassion,
la haine de ses frères,
la partialité,
le parricide,
le matricide,
la rupture des jeûnes,
le laxisme,
l’acceptation de pots-de-vin,
le vol,
la rapine,
la jalousie,
le conflit,
l’envie,
l’indécence,
la plaisanterie,
la diffamation,
la moquerie,
la dérision,
l’exploitation,
l’oppression,
le dédain de son prochain,
la fustigation,
la pendaison,
l’étranglement,
sans coeur,
l’implacabilité,
la rupture de contrat,
l’ensorcellement,
la dureté,
l’impudence,
le sans-gêne,
obscurcissement des pensées,
L'aveuglement mental,
le goût de ce qui est éphémère,
la passion,
la frivolité,
la désobéissance,
la préoccupation des choses sans intérêt,
la somnolence de l’âme,
le sommeil excessif,
les fantasmes,
la consommation abusive d’alcool,
l’ivresse,
l’incompétence,
la négligence,
le plaisir insouciant,
l’auto-indulgence,
l’obsession sexuelle,
l’utilisation d’un langage grossier,
l’efféminement,
le désir effréné,
le désir brûlant,
la masturbation,
le proxénétisme,
l’adultère,
la sodomie,
la bestialité,
la souillure,
le libertinage,
l’inceste,
la malpropreté,
la pollution,
la saleté,
l’affection feinte,
le rire,
les blagues,
la danse érotique,
les applaudissements,
les chansons inappropriées,
la licence de langue,
l’amour excessif de l’ordre,
l’insubordination,
le désordre,
la conspiration,
la guerre,
le meurtre,
le brigandage,
le sacrilège,
les gains illicites,
l’usure,
la ruse,
le vol de tombes, 
la dureté du cœur,
l’opprobre,
la plainte,
le blasphème,
le reproche,
l’ingratitude,
la malveillance,
le mépris,
la mesquinerie,
le désordre,
le mensonge,
les mots vides,
la joie stupide,
la rêvasserie,
l’amitié insensée,
les mauvaises habitudes,
l’absurdité,
les conversations idiotes,
la loquacité,
la dépravation,
l’intolérance,
l’irritabilité,
la richesse,
la rancune,
le mauvais caractère,
l’ostentation,
l'affectation,
la pusillanimité,
l’amour satanique,
la curiosité,
l’absence de crainte de Dieu,
l’inaccessibilité,
la prétention,
l’auto-inflation,
le mépris pour le prochain,
le jugement impitoyable,
l’insensibilité,
le désespoir,
la paralysie spirituelle,
la haine de Dieu,
le désespoir,
le suicide, 
etc…



"Aujourd'hui, ne fermez pas votre
coeur mais écoutez la voix du Seigneur"
~ Voilà donc les passions que j’ai trouvées nommées dans les Saintes Ecritures. Je les ai inscrites sur une seule liste, comme je l’ai fait au début de mon discours avec les différents livres que j’ai utilisés.

Je n’ai pas essayé et je n’aurais pas pu les organiser tous dans l’ordre; cela aurait été au-dessus de mes forces, pour la raison donnée par saint Jean Climaque :

« Si vous cherchez la compréhension chez les méchants, vous ne la trouverez pas. En effet, tout ce que les démons produisent est désordonné. En commun avec les impies et les injustes, les démons n’ont qu’un but : détruire les âmes de ceux qui acceptent leurs mauvais conseils.
Pourtant, parfois, ils aident réellement les hommes à atteindre la sainteté. Dans de tels cas, ils sont vaincus par la patience et la foi de ceux qui placent leur confiance dans le Seigneur et qui, par leurs bonnes actions et leur résistance aux mauvaises pensées, s’opposent aux démons et leur font tomber des malédictions. »



mardi 6 février 2018

L'origine de la fête des Anges gardiens

Portrait du Pape Léon X
Bulle "Admonet nos" du Pape Léon X, le 18 avril 1518

Notre vénérable Frère, François d’Estaing, évêque de Rodez, nous a dernièrement présenté une requête d’où il résulte que, comme il convient à un sage et heureux administrateur de l’Eglise de Rodez, dont il a la charge, et selon les talents à lui donnés par Dieu, le distributeur de toutes les grâces, après s’être entouré des lumières de plusieurs ecclésiastiques très versés dans la connaissance des heures canoniales et des autres divins offices, et après avoir pris l’assentiment et le suffrage de ses chers fils, les chanoines de son église cathédrale, il avait à peu près réduit à l’usage, au rite et au calendrier romain, les usages et les rites suivis pour les heures canoniales du jour et de la nuit dans les diverses églises du diocèse de Rodez, de même que l’antique calendrier usité dans la ville et le diocèse.

Pareillement, dans le nouveau calendrier il avait ajouté la fête du "Propre ange de chaque fidèle", en la fixant au 1er mars, et avait prescrit la récitation et l’observation, pour chaque année à pareil jour, depuis les premières vêpres, y compris la messe solennelle, d’un office spécial composé et édité par les soins de son cher fils Jean Colombi, évêque de Troie, de l’ordre des frères mineurs et professeur de théologie, ainsi qu’il est relaté plus au long dans des pièces authentiques réunies en forme de brochure.

C’est pourquoi, de la part du même François, évêque, nous avons été humblement supplié de daigner, par une faveur de notre bienveillance apostolique, pour leur donner une valeur plus ferme, ajouter à ces réductions, réforme, édition, institution, lettres et écrits, la force de notre confirmation apostolique.
Ange au Saint Sacrement

Nous donc, après avoir absous et déclaré tel, mais seulement pour l’effet des présentes, et à supposer qu’il y ait lieu, le susdit évêque de toute excommunication, suspense, interdit, et autres sentences ecclésiastiques, censures et peines portées, soit par le droit, soit par une autorité spéciale, et après avoir expressément approuvé toutes les lettres et écrits rédigés sur ce sujet, faisant droit très volontiers à ces supplications, de notre autorité apostolique et par la teneur des présentes, approuvons et confirmons la réforme, le changement, l’addition et l’institution de la fête et de l’office du propre ange, ainsi que tous et chacun des points contenus dans ces lettres et ces écrits, et nous y ajoutons la garantie d’une perpétuelle valeur, suppléant à tous les défauts de droit et de fait qui ont pu s’y glisser, nonobstant les constitutions et ordonnances apostoliques ainsi que celles du diocèse de Rodez et autres églises, quelles soient confirmées par serment, confirmation apostolique ou autre, nonobstant aussi tous statuts, coutumes ou autres choses contraires.

Qu’il ne soit donc permis à personne d’aller contre nos présentes absolution, approbation, confirmation, addition et supplétion, etc. Si quelqu’un par conséquent...

Donné à Rome, à Saint-Pierre, l’an de l’Incarnation du Seigneur 1518, à la veille des ides d’avril, de notre pontificat le sixième.



dimanche 4 février 2018

"Vous êtes la lumière du monde."



Du Métropolite Vitaly d'Ustinov

Le cierge allumé représente toute la vie des fidèles, de la naissance à la mort. Il est synonyme de la flamme intérieure de l'amour et la dévotion à Dieu. 

Un chrétien doit brûler comme un cierge devant Dieu et son être tout entier devrait être progressivement consumé par cette flamme divine marquant ainsi la fin de sa vie terrestre.




vendredi 2 février 2018

Fête de la Chandeleur - Présentation de l'Enfant Jésus au Temple de Jérusalem

Andrea Mantegna, la Présentation de l'Enfant Jésus


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « De l’amour de Jésus au Très Saint Sacrement de l’Autel »


Il y a des lieux où chaque personne, pendant son heure, tient un cierge allumé en la main pour faire réparation à l’Être infini de Dieu de tous les sacrilèges, profanations, de tous les attentats commis contre sa divine Majesté en la divine Eucharistie.


Ceux qui ne pourront pas avoir des cierges ne laisseront pas de se souvenir, pendant leur heure, des excès énormes qui ont été faits contre le Dieu d’amour au très saint Sacrement, pour en demander pardon, soupirant amèrement sur des crimes que les diables n’oseraient pas faire par eux-mêmes, et dont le moindre mérite soit la mort de tous les hommes et la destruction de tout l’univers.


O que le Dieu que nous adorons est bon, et infiniment bon, de ne nous avoir pas anéantis ! Quelle merveille de voir subsister encore le monde après un tel comble de malice ! Ô amour, ô amour que tu es admirable, et que l’on te connait peu ! Cette pratique est bien sainte, mais le zèle des amants de Jésus ne s’arrête pas là, ils ne peuvent souffrir qu’il s’écoule un moment, non seulement le jour, mais encore la nuit, où Jésus ne soit pas adoré.

Entre la galette des rois et les crêpes... Qu'il est bon d'être chrétien !

mercredi 31 janvier 2018

Saint Gaud d'Evreux, priez pour nous

Gisant de Saint Gaud, à Saint-Pair-sur-mer
Vie de Saint Gaud, évêque d'Evreux (400-491)

Le 31 janvier l'Église orthodoxe vénère la mémoire de saint Gaud, qui fut de 440 à 480 le 3e évêque d’Évreux, successeur de saint Taurin et de saint Mauxe.

Élu en 440 au siège épiscopal de ce diocèse, alors que la Gaule était dévastée par les invasions, il y rétablira l'Église; À l’époque des invasions franques en Gaule, en effet, de courageux apôtres pénétraient peu à peu les campagnes, mais l’idolâtrie reprenait souvent le dessus, et dans la jeunesse de Gaud, on ne rencontrait plus que quelques chrétiens dispersés. Cependant monastères et abbayes vont s’implanter, défricher la forêt, cultiver la terre, venir en aide aux populations.

C’est dans ce contexte, au Ve siècle, que Gaud naquit à Évreux. Confié pour son éducation et sa formation religieuse à un fidèle serviteur de Dieu, nommé Léonce, cet enfant intelligent souffre de voir les églises profanées et les chrétiens persécutés. Il conçoit alors le désir profond de consacrer sa vie à relever la foi chrétienne dans la région. Avec Léonce, il vient souvent prier au tombeau de saint Taurin qui, le premier, avait apporté l’évangile à Evreux.

Saint Evêque, vitrail de la Cathédrale
Notre-Dame d'Evreux
Aussi, lorsque l’agitation causée par la guerre commença à s’apaiser, et que le comte Egidius eut ramené quelque tranquillité dans les Gaules par la défaite des Goths, le jeune Gaudus (ou Waldus) parcourt les campagnes, regroupe les chrétiens et les persuade de revenir en ville autour des quelques prêtres restés à Évreux. Malheureusement, il n’y a pas d’évêque pour exhorter ce petit peuple chrétien.

Après une assez longue interruption dans le service divin, à Évreux, vers 440, avec quelques compagnons, Gaud se rend à Rouen pour obtenir du Métropolitain qu’il leur envoie un évêque. Saint Germain, qui a entendu parler du jeune Gaud, les reçoit avec sympathie et se montre touché par l’éloquence, la foi, le zèle et l’air de sainteté de Gaud. L’archevêque convoqua une réunion d’évêques à Évreux, où après une mûre délibération, il nomma, avec le commun suffrage du peuple et du clergé, Gaud lui-même comme évêque, comme successeur de saint Taurin. L’ayant sacré solennellement avec le concours d’Ereptiole, évêque de Coutances et de Sigisbode, évêque de Sées, il le fit asseoir sur le trône épiscopal, aux acclamations de la foule.

Alors Gaud se met à l’œuvre : "il renverse les temples des faux dieux ; et sur leurs ruines, il bâtit des églises au Dieu vivant" ; il soutient et forme le clergé ; il éclaire le peuple par sa prédication. Il travaille ainsi pendant 40 ans, jusqu’au jour où, trop fatigué, il pense devoir laisser sa charge épiscopale à un successeur plus jeune, Maurisson.

Quant à lui, il désire terminer sa vie dans la prière et la solitude. Il se retire alors quelque temps dans un ermitage à plusieurs milles d’Évreux. C’est là que se trouve l’antique chapelle de Notre-Dame-du-Gaud.
Armoiries modernes de Saint-Pair-sur-mer
avec les 5 auréoles des saints
On peut encore voir les vestiges de cette chapelle, appelée maintenant chapelle Saint Gaud, au sud de la forêt d’Évreux, près du village des Baux-Sainte-Croix. Les fidèles d’Évreux viennent nombreux le saluer et reconnaître ses vertus ; très vite il décide de s’éloigner vers l’ouest, et se retire au diocèse de Coutances, près de la mer, à Scissy, où la forêt recouvre une partie de la baie actuelle. Cette solitude était alors habitée par plusieurs ermites : tels que saint Pair (482-565), appelé aussi Paterne, venu de Poitiers en compagnie de saint Subilion fonder l’abbaye de Scissy, dont il fut le premier abbé avant de devenir évêque d’Avranches ; saint Senier, qui devint évêque d’Avranches à la suite de saint Pair, saint Aroaste et saint Scubilion. Ces 5 saints se trouvent maintenant réunis par leurs tombeaux et sarcophages dans l’église paroissiale du bourg de Scissy devenue depuis Saint-Pair-sur-Mer. Les armoiries de la paroisse de Saint-Pair-sur-Mer reflètent cette histoire : elles représentent cinq auréoles flottant au-dessus des eaux, le blason étant décoré de la mitre et la crosse des abbés.

Saint Gaud construit la cathédrale d'Evreux,
vitrail de l'église de Saint-Pair-sur-mer
Auprès du cimetière, Gaud se bâtit une cellule où il célèbre la messe ; il prend la robe de bure des ermites et mène une vie cachée, dans la pénitence et la prière. Il ne sort que par nécessité, mais tous ceux qui le rencontrent sont frappés par son rayonnement et sa sainteté. À sa mort, il fut enterré dans un sarcophage de pierre, en l’église de Scissy.

Sources : Petits Bollandistes sur le site paroissial de Verneuil-sur-Avre



dimanche 28 janvier 2018

Septuagésime

La septuagésime est un temps de préparation au saint Carême, cette sainte retraite préparatoire à la solennité des solennités, Pâques.

70 jours pour les 70 années d'Exil à Babylone. La forme extraordinaire du rite romain a gardé ces 30 jours pénitentiels. Le Gloria, l'Alléluia et le Te Deum sont réservés pour le dimanche de la Résurrection.

Que ce temps béni, de notre rite ou pas, nous permette de revenir au Christ de tout notre cœur !

Le péché originel, ou le début des problèmes de l'humanité

Maquette du Temple de Jérusalem. 
Extraits de la Synaxe des saints Hiérarques

Afin de rappeler aux chrétiens, de façon plus vive, leur éloignement de leur Patrie céleste et leur asservissement au péché, l’Église, aux matines, après les psaumes du Polyéléos, chante le psaume 136.

Celui-ci était chanté par les Juifs lors de leur captivité à Babylone, après la chute de Jérusalem et la destruction du premier Temple. La première partie du psaume (versets 1-6) manifeste l’affliction des Juifs pour la perte de leur patrie, tandis que la seconde (versets 7-9), exprime l’espoir du châtiment des agresseurs. Les « fleuves de Babylone » mentionnées dans le texte sont l’Euphrate, le Tigre et, peut-être, le Chobar (mentionné par Ezéchiel), sur les rives desquels les Juifs affligés se rappelaient du Temple de Jérusalem et des offices qui y étaient célébrés. Les Juifs refusaient de « chanter un cantique au Seigneur sur une terre étrangère » parce qu’il était interdit de chanter les cantiques sacrés hors du Temple.

Saint Jean Chrysostome commente: « Les Juifs refusèrent de chanter. Vois-tu la force que donne l’affliction ? La componction, la contrition qu’elle opère ? Ils pleuraient, et ils observaient la Loi ; ils avaient  vu les larmes des prophètes, ils en avaient ri, ils s’en étaient  joués, ils s’en étaient moqués ; et maintenant, sans personne pour leur adresser des exhortations, ils versaient des larmes et faisaient entendre des gémissements. Les ennemis, de leur côté, retiraient, de cette conduite, de précieux avantages ; ils voyaient, en effet, que ces captifs ne pleuraient pas, parce qu’ils étaient captifs, parce qu’ils étaient en servitude, parce qu’ils habitaient une terre étrangère, mais parce qu’ils étaient privés du culte de leur Dieu. Voilà pourquoi le Psalmiste ajoute : « Au souvenir de Sion ». Ils ne pleurent pas en effet seulement par hasard ; mais pleurer est leur principale occupation ; voilà pourquoi le Psalmiste dit en commençant : « Nous étions assis et nous pleurions » (…) Mais pourquoi ne leur était-il pas permis de chanter sur la terre étrangère ? C’est parce que des oreilles profanes ne devaient pas entendre ces cantiques secrets. « Comment chanterions-nous un cantique du Seigneur, sur la terre étrangère ? » (v. 4) Ce qui veut dire : Il ne nous est pas permis de chanter ; quoique nous soyons déchus de notre patrie, nous voulons observer toujours la Loi, avec une scrupuleuse fidélité. Vous avez beau exercer votre domination sur nos corps, vous ne triompherez pas de notre âme ».

Caïn et Abel
La Droite qui abandonnera celui qui oublie Jérusalem est, selon les Pères, l’aide divine qui vient des hauteurs. Celui qui oubliera Jérusalem et, par voie de conséquence, l’alliance entre Dieu et Son peuple, sera lui-même oublié par Dieu.

Les Iduméens et les Édomites, sont les descendants d’Esaü, frère de Jacob (Israël), surnommé Édom.  Ils entretenaient une haine particulière à l’endroit des Juifs, considérant que par leur faute, ils avaient été privés des magnifiques terres de Canaan. Pour cette raison, à chaque occasion, ils se vengeaient et ce de la façon la plus violente. Ils ne prenaient pas seulement part à toutes les guerres conduites contre les Juifs, mais ils achetaient aux Assyriens et aux autres peuples des prisonniers juifs, qu’ils enfermaient dans leurs forteresses pour les torturer. Avec les Babyloniens, les Iduméens participèrent au siège et à la destruction de Jérusalem. Selon le commentaire des Saints Pères, les différents qualificatifs appliqués, dans l’Ancien Testament (notamment le Psautier) au combat physique contre l’ennemi, dont l’assassinat de qui que ce soit ou l’appel à le faire, ou encore la description admirative de ce qui est fait aux ennemis du peuple d’Israël, sont appliqués non à des personnages concrets, mais aux passions et aux vices qui affectent la nature humaine. C’est ainsi que les «petits enfants» dont il est ici question sont les pensées pécheresses qui sont brisées par la Pierre de la Foi, le Christ Sauveur.

Arc de Titus, le pillage du second Temple par les romains

jeudi 25 janvier 2018

25 janvier, fête de la conversion de Saint Paul

L'Eglise terrassant l'hérésie. Eglise du Saint Nom de Jésus, Rome
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Science et pratique du Chrétien », 1ère partie, chap.1er, De la Religion chrétienne & catholique

La Religion chrétienne et catholique est la véritable Religion car elle fait rendre à Dieu le culte qui lui est dû mais elle le fait même de la maniéré la plus parfaite que l’on puisse concevoir puisqu’elle ne lui immole pas de pures créatures en témoignage de la souveraineté et des grandeurs infinies de son Être suradorable, comme l’on faisait dans l’ancienne Loi, mais elle lui offre en sacrifice un Homme – Dieu, l’adorable Jésus.

C’est donc une Religion toute divine dans la sainteté, dans la dignité, dans l’excellence infinie de son sacrifice.

Elle est toute divine dans ses principes, n’ayant pas reçu seulement les vérités qu’elle croit par le ministère des Patriarches, des Prophètes ou des Anges, mais de la bouche d’un Dieu.
Elle est toute divine dans sa fin, puisqu’elle fait adorer Dieu en esprit et en vérité de la manière la plus sainte qu’il puisse être honoré.
Elle est toute divine dans ses Lois, puisqu’elles ont été publiées pas le Fils de Dieu, qui a bien voulu pour ce sujet se faire homme par un excès d’un amour incompréhensible.
Elle est toute divine dans ses maximes qui surpassent toutes les plus vives lumières naturelles et qui sont beaucoup élevées au-dessus de la raison la plus éclairée.
Seul le chapelet protégera et relèvera l'Eglise et le monde
Elle est toute divine dans sa conduire puisqu’ elle est gouvernée par le Saint Esprit qui n’abandonnera jamais son Eglise et qui la soutiendra toujours contre toutes les erreurs et ses hérésies.
Mais elle est toute divine dans ses grâces, et qui en pourrait jamais assez pénétrer les grandeurs et les excellences, puisque tous ceux qui en font profession ont l’honneur d’être membres de Jésus Christ, et, par suite, d’être une même science chose avec un Dieu fait homme ?

O vérité infaillible de la dernière certitude et incontestable, puisqu’elle nous est révélée par le Saint Esprit Dieu qui est la vérité même ! O vérité d’une douceur et d’une consolation infinie ! O vérité capable de faire mourir d’amour tous les Chrétiens ! Mais ô vérité sainte et terrible, puisque le Chrétien ayant Jésus pour son chef et étant son véritable membre doit vivre de sa vie et marcher par le même chemin par lequel il a marché.

O Chrétien, ô Chrétien, avez-vous jamais été bien pénétré de cette grande et divine vérité ?

Le Christ envoyant la légion de démons dans les porcs. Notre monde est bien infesté.
Que la bénédiction du Sauveur nous garde et nous protège.

mardi 23 janvier 2018

Le combat spirituel

Apophtegme de Saint Pimen, Père du désert

Aussi longtemps que la casserole est sur le feu, aucune mouche ni autre animal ne sait s'en approcher. Mais aussitôt qu'elle est refroidie, ces créatures savent y entrer.

Il en est de même pour le moine : aussi longtemps qu'il vit dans les activités spirituelles, l'Ennemi ne sait pas trouver de moyen pour le faire chuter.


dimanche 21 janvier 2018

Anniversaire de la mort de Louis XVI de France. Du sacre de nos rois



Don Besse dans Eglise et Monarchie (pp. 235-261, ed° Jouve et Cie)

«La France assiste au Sacre de son Roi. Elle a pleine conscience de ce qui se passe devant ses yeux. C’est Jésus-Christ qui va lui donner son souverain. Sa présence est un acte de foi qui s’élève jusqu’à Dieu, source du pouvoir dans les Sociétés... la France entière, Roi et sujets, fait hommage d’elle-même à Dieu, Jésus-Christ. Tous communient à la même pensée catholique qui rayonne sur l’ordre politique et social. Les idées et les sentiments entraînent l’union des cœurs et des esprits. Cette union des âmes concourt nécessairement à l’unité Nationale.»

La famille royale martyrisée, au départ du roi pour la mort
Puis le Roi prête les serments suivants :
«Je promets de conserver à chacun de vous (les Évêques), et aux Églises qui vous sont confiées, les privilèges canoniques, les droits et la juridiction dont vous jouissez, et de vous protéger et défendre autant que je le pourrai, avec le secours de Dieu, comme il est du devoir d’un Roi, dans son Royaume, de protéger chaque Évêque, et l’Eglise qui est commise à ses soins.»

Et après que le Peuple a accepté le Roi pour son Souverain, celui-ci la main sur l’Évangile :
«Je promets, au nom de Jésus-Christ, au Peuple Chrétien qui m’est soumis :
Premièrement de faire conserver en tous temps à l’Eglise de Dieu, la paix par le peuple chrétien.
D’empêcher les personnes de tous rangs de commettre des rapines et des iniquités de quelque nature qu’elles soient.
De faire observer la justice et la miséricorde dans les jugements, afin que Dieu, qui est la source de la clémence et de la miséricorde, daigne la répandre sur moi et sur vous aussi.
De m’appliquer sincèrement, et selon mon pouvoir, à expulser de toutes les terres soumises à ma domination les hérétiques nommément condamnés par l’Eglise.
Je confirme par serment toutes les choses énoncées ci-dessus : Qu’ainsi Dieu et Ses Saints Évangiles me soient en aide».

Le serment lie le souverain à Dieu, dont il est le représentant sur terre. Dieu lui a donné le Royaume ; il promet de le gouverner conformément à ses volontés. Il y a entre eux un contrat. L’Eglise en est le témoin.

[…] Après le serment, le Roi se «prosterne tout de son long, les Évêques, le Clergé, tout le monde fléchit les genoux. Le spectacle est grandiose. C’est la France entière qui est là, suppliante. Le Ciel est entrouvert au-dessus de la Basilique. Dieu, entouré de la Cour de Ses Saints, contemple. Il bénit. C’est la France qu’il bénit en la personne de son Chef. Il lui donne tout ce qui peut rendre son Gouvernement prospère».

Puis, avant de procéder à l’onction sainte, le Prélat consécrateur remet l’épée entre les mains du Roi et dit :
«Prenez cette épée, qui vous est donnée avec la Bénédiction du Seigneur; afin que par elle et par la force de l’Esprit-Saint, vous puissiez résister à tous vos ennemis, et les surmonter, protéger et défendre la sainte Eglise, le Royaume qui vous est confié et le camp du Seigneur, par le secours de Jésus-Christ, le triomphateur invincible. Prenez, dis-je de nos mains consacrées par l’autorité des saints Apôtres, cette épée dont nous vous avons ceint, ainsi qu’on en a ceint les rois, et qui, bénite par notre ministère, est destinée de Dieu pour la défense de Sa sainte Eglise.
Souvenez-vous de celui dont le prophète Daniel a parlé ainsi dans ses psaumes : O vous qui êtes le fort d’Israël! Prenez votre épée et disposez-vous au combat :
afin que par son secours vous exerciez la justice, vous brisiez la mâchoire des injustes;
que vous protégiez et défendiez la sainte Eglise de Dieu et de ses enfants ;
que vous n’ayez pas moins d’horreur pour les ennemis secrets du nom chrétien que pour ceux qui le sont ouvertement, et que vous travailliez à les perdre ;
que vous protégiez avec bonté les veuves et les orphelins ;
que vous répariez les désordres ;
que vous conserviez ce qui a été établi ;
que vous punissiez l’injustice ;
que vous affermissiez tout ce qui a été mis dans l’ordre ;
afin que, couvert de gloire par la pratique de toutes ces vertus et faisant régner la justice, vous méritiez de régner avec notre Sauveur, dont vous êtes l’image, et qui règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il».

Et un peu plus loin, en ceignant le Roi de son épée :
«Passe le glaive autour de tes reins, ô très puissant, et souviens-toi que les saints ont vaincu les royaumes, non avec le glaive, mais avec leur foi...»

Puis :
«Seigneur, daignez le combler des bénédictions de Votre grâce spirituelle et revêtez-le de la plénitude de Votre puissance. Que la rosée du Ciel, la graisse de la terre, procure dans ses états une abondance de blé, de vin et d’huile, et que par Vos divines largesses la terre soit couverte de fruits pendant de longues années... afin que sous son règne les peuples jouissent de la santé. Qu’il soit le plus puissant des rois... Que pour la suite des siècles, il naisse de lui des Successeurs à son trône».