mercredi 28 avril 2010

Fête du Disciple de Monsieur Boudon

Le 28 avril est la fête liturgique de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), lecteur assidu du vénérable Henri-Marie Boudon (1624-1702) : il suffit pour s´en convaincre de lire les références auxquelles il puise en bas de page de ses ouvrages, notamment sa Lettre circulaire aux amis de la Croix, qui reprend parfois mot pour mot Les saintes Voies de la Croix. C´est également chez Boudon que Louis-Marie a puisé sa dévotion à l´esclavage - bien compris - de la Sainte Vierge. Henri-Marie doit se réjouir du succès d´un tel disciple, qui est actuellement proposé comme candidat au Doctorat de l´Église : et pourquoi pas également le grand-archidiacre d´Évreux ? À nous de le faire connaître, ainsi que ses ouvrages. Rappelons encore que c'est dans sa maison natale de Montfort-sur-Meu qu'une délégation de l'Archiconfrérie célébra la Messe de S. Jean-Marie Vianney, le 8 août dernier, coeur de l'Année sacerdotale décrétée par Notre Saint-Père le Pape.

Litanies de saint Louis-Marie Grignion de Monfort

Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, ayez pitié de nous,
Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous,
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, priez pour nous.
Médiatrice de toutes les grâces, priez pour nous.
Reine des coeurs, priez pour nous.
Saint Louis-Marie de Monfort, priez pour nous,
Saint Louis-Marie,  fidèle imitateur de Jésus-Christ, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, prédicateur éloquent de la Croix, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, chantre du Sacre-Coeur, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, dévot esclave de Jésus en Marie, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, apôtre du très saint Rosaire, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, homme d'oraison, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, prodige de mortification, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, amant passionné de la pauvreté, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, champion intrépide de la vérité, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, défenseur ardent de la foi catholique, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, zélateur infatigable de la gloire de Dieu et du salut des âmes, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, restaurateur des temples du Seigneur, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, père des pauvres, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, secours des infirmes et des malades, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, instituteur de l'enfance et de la jeunesse, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, fondateur de congrégation religieuses, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, modèle des prêtres et des missionnaires,
Obtenez-nous la véritable sagesse, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'esprit de foi, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'esprit de prière, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'esprit d'humilité, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'amour de la croix, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre vraie dévotion à Marie, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre amour pour l'Église, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre dévouement au Vicaire de Jésus-Christ, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre obéissance filiale au Pape infaillible, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre courage dans les épreuves, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre amour de la vie cachée, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre zèle pour la conversion des pécheurs, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous la persévérance dans le bien, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous la grâce d'une bonne mort, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous le règne de Jésus par Marie, saint Louis-Marie,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
V. Priez pour nous, saint Louis-Marie Grignion de Monfort.
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de N.S. J.-C..

PRIONS
Ô Dieu, qui avez fait de saint Louis-Marie un prédicateur éminent du Règne de votre Fils unique, et par lui avez suscité dans votre Église une double famille religieuse; daignez nous accorder, selon son enseignement et à son exemple, la grâce de servir toujours sous le joug suave de la bienheureuse Vierge Mère, ce même Fils bien-aimé qui vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Chant Vive Jésus composé par S. Louis-Marie
1.Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Oh ! Qu'il est bien juste qu'on L'aime,
Puisqu'en expirant sur ce bois, Il nous aima plus que Lui-même.
Chrétiens chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! (bis)
2. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! C'est l'étendard de la victoire ;
De ce trône Il donne Ses lois, Il conquiert le ciel et sa gloire.
3. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! De nos biens la source féconde !
Saint autel où le Roi des rois En mourant rachète le monde.
4. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! La chaire de son éloquence,
Où me prêchant ce que je crois, Il m'apprend tout par son silence.
5. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Ce n'est pas le bois que j'adore,
Mais c'est mon Sauveur, sur ce bois, Que je révère et Que j'implore.
6. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Dans la main du Juge inflexible.

Les damnés tremblant à sa voix, Te verront, ô croix invincible !
7. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Prenons-la pour notre partage
Ce juste, cet aimable choix Conduit au céleste héritage.

Lien vers les ouvrages en ligne de saint Louis-Marie : Oeuvres de S. Louis-Marie

Voici la suite des Saintes Voies de la Croix, au chapitre VIe.

Les croix sont une marque de prédestination et d'une haute prédestination

Ô éternité ! Ô éternité, que tu entres peu dans l'esprit des hommes ! Leur aveuglement est si déplorable qu'ils sont tous plongés dans la pensée de ce qui ne fait que passer, et ils ne s'occupent de rien moins que de ce qui est éternel. Il est bien vrai encore que l'éternité entre peu dans les âmes qui en sont même les plus pénétrées, parce que tous les hommes ne peuvent la comprendre ; mais en même temps il est aussi vrai qu'elle comprendra tous les hommes. Ô éternité, tous les hommes entreront, pour n'en sortir jamais, dans les abîmes dont la profondeur n'a point de fin. Mon âme, voilà de grandes vérités qui nous regardent, dont nous aurons l'expérience, et dans peu. Bientôt nous allons entrer dans cette éternité, après quelques années qui nous restent, s'il nous en reste encore. Sera-ce dans l'éternité bienheureuse ou malheureuse ! C'est ce que nous ne savons pas. Ô incertitude épouvantable : j'aperçois les colonnes du ciel qui en tremblent : je vois que ceux qui doivent juger le monde en pâlissent d'effroi. Cependant, tremblons tant qu’il nous plaira, faisons de nos yeux des sources intarissables de larmes, il en faut passer par là. Ô mon âme, dans peu, encore une fois, nous y allons passer.
C'est donc en ce sujet qu'il faut prendre des mesures bien justes : s'y tromper, c'est se perdre sans ressource. Hélas ! Ô pensée terrible ! c'est une damnation assurée. Les docteurs se présentent, et les saints Pères, qui nous donnent des signes de prédestination, c'est-à-dire, des marques pour connaître si l'on possédera la bienheureuse éternité. Ils en apportent plusieurs qui demandent de profonds respects, qui sont bien capables de consoler. Mais écoutons celui qui ne peut se tromper et qui ne peut tromper, le Saint-Esprit, l'Esprit de vérité. Assurément les choses qu'il révèle sont infaillibles.
J'entends donc qu'Il dit dans l'Écriture : Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec leur vie et leurs convoitises. (Galat. V, 24) Ô mon âme, il faut donc être crucifié pour être à Jésus-Christ. J'entends qu'Il dit que celui qui hait son âme en ce monde la garde pour la vie éternelle. (Joan. XII, 25) Voilà qui nous apprend qu'il faut se haïr pour être sauvé ; et si certainement, qu'Il assure, pour ôter tout doute, que celui qui s'aime se perdra. J'entends qu'Il dit, que les élus sont des gens que le Père éternel a prédestinés pour être conformes à l'image de Son Fils. Donc la véritable marque de la prédestination se trouve dans la ressemblance que l'on a avec ce Fils bien-aimé. Arrêtons, arrêtons donc nos yeux sur ce divin original, pour en devenir de véritables copies ; et de temps en temps regardons-nous pour voir si nous lui ressemblons. C'est ce qui doit faire notre règle en matière de salut ! Vous qui lisez ceci, prenez-y garde. Êtes-vous semblable à Jésus-Christ ? Ô mon âme, nous qui écrivons ces vérités, lui sommes-nous semblables ! On entendit, dit l'Écriture, une voix des cieux, qui disait : Vous êtes mon Fils bien-aimé (Matth. XVII, 15) : et incontinent l'Esprit Le chassa dans le désert, et il y était avec les bêtes, comme le rapporte saint Marc. Aussitôt que le ciel déclare que l'adorable Jésus est Fils bien-aimé du Père éternel, aussitôt le voilà dans la souffrance. Mais hélas ! toute sa vie n'a été qu'une continuelle croix. Si l'on demande au Fils de Dieu que Son favori, saint Jean l'Évangéliste, soit assis auprès de lui en son royaume, Il demande s'il peut boire Son calice. Voilà la condition nécessaire dont les favoris ne sont pas exempts. Benjamin, dans l'ancienne loi, était la figure des prédestinés ; aussi la coupe ou calice lui est donnée ; présent, dit saint Ambroise, qui ne se fait qu'à l'un de tous les enfants de Jacob. On donne bien du blé à tous ; mais le calice est réservé pour un seul. Enfin, notre grand docteur du salut, l'adorable Jésus, nous enseigne que ses disciples pleureront, et que le monde se réjouira, ce monde qui ne connaît pas Dieu et qui est Son ennemi. On ne peut donner des marques plus visibles du salut. Les pleurs et les larmes, selon la doctrine d'un Dieu-Homme, sont le partage des prédestinés.
Mais ces marques sont-elles si certaines et si générales qu'elles conviennent à tous les élus ? Il n'y a point à douter, puisque le Saint-Esprit nous assure très clairement, en l'épître des Hébreux, que Dieu reprend et châtie tous Ses enfants. Qui dit tous n'en excepte pas un. Et afin de ne laisser aucun subterfuge à l'esprit humain, Il appelle ceux qui ne sont pas châtiés des illégitimes, et non pas de véritables enfants. L'Écriture peut-elle parler plus clairement ? C'est pourquoi saint Augustin ne fait pas difficulté de dire que celui qui n'est pas au nombre des personnes qui souffrent n'est pas au nombre des enfants de Dieu : qu'il ne faut pas espérer l'héritage du salut, sans participer à la croix ; que c'est bien se tromper que de vouloir s'exempter des peines en cette vie, aucun des élus n'en ayant pas été exempt. Voulez-vous l'entendre, dit ce Père ? Dieu n'a qu'un Fils naturel, Qui est l'innocence-même, et Qui est impeccable, et cependant Il ne L'a pas exempté de la loi des souffrances. Un saint évêque, bien pénétré de cette vérité, ayant rencontré un homme qui lui dit qu'il avait toujours été dans l'honneur et dans l'aise, jouissant d'une bonne santé, au milieu d'une abondance de biens, et d'une famille qui était toute dans la prospérité : Hélas ! s'écria ce prélat, voilà de grands signes de la colère de Dieu ; fuyons bien vite d'une maison où il ne paraît aucune croix. À peine était-il sorti que la colère de Dieu tomba sur cet homme et sur sa famille, qui furent tous accablés sous les ruines de leur maison.
Il faut dire de plus que les croix non seulement sont les marques de la prédestination, mais d'une haute prédestination : cela se voit manifestement en la personne de Notre-Seigneur, de la très-Sainte Vierge, et des plus grands Saints, qui ayant été élevés à une plus haute sainteté, ont été chargés de plus pesantes croix. Ces pierres vives, dont le Tout-Puissant bâtit la Jérusalem céleste, sont, comme le chante l'Église, polies par le coup des afflictions. Or, dans cette grande cité de la Jérusalem céleste, tous les prédestinés y ont chacun une demeure particulière, qui, à proportion qu'elle doit être ample et élevée, demande plus ou moins de travail. Le peu de travail que l'on fait pour commencer et achever est une marque bien évidente que ce n'est pas grand-chose. Courage donc, ô mon âme qui souffrez : toutes vos peines ne servent qu'à l'accroissement de votre gloire. Voyez-vous tous ces gens qui s'unissent pour vous faire souffrir ; ces démons qui vous attaquent avec rage ; ces hommes méchants qui vous font des persécutions si injustes, ces bons qui s’y mêlent, pensant bien faire ; ces amis qui vous laissent, ces proches qui vous rebutent ? Ce sont autant d'ouvriers qui travaillent à vous faire de glorieuses couronnes. Oh ! les bons ouvriers ! Et qu'ils sont aimables, si vous les connaissez bien, et si vous les regardez par les yeux de la foi, et non par les yeux de la chair ? Oh ! Que bienheureux sont ceux qui pleurent ! Demeurons-en aux sentiments d'un Dieu, quoi qu'en pensent les créatures. Ô mon âme, les heureuses nouvelles ! Nous régnerons, nous régnerons avec le grand Roi Jésus, si nous souffrons avec lui.

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