jeudi 18 avril 2013

En cette Année de la Foi, soyons toujours dans la joie !


Message du Pape Benoît XVI à l’occasion de la XXVIIe journée mondiale de la jeunesse à Rio



n.1. «Soyez toujours dans la joie du Seigneur! » (Ph 4,4) ~ La joie, en effet, est un élément central de l’expérience chrétienne. Et ~ nous faisons l’expérience d’une joie intense, la joie de la communion, la joie d’être chrétiens, la joie de la foi. C’est une des caractéristiques de ces rencontres. Et nous voyons combien cette joie attire fortement : dans un monde souvent marqué par la tristesse et les inquiétudes, la joie est un témoignage important de la beauté de la foi chrétienne et du fait qu’elle est digne de confiance.

L’Église a pour vocation d’apporter au monde la joie, une joie authentique qui demeure, celle que les anges ont annoncé aux bergers de Bethléem la nuit de la naissance de Jésus (cf. Lc 2, 10) : Dieu n’a pas seulement parlé, il n’a pas seulement accompli des signes prodigieux dans l’histoire de l’humanité, Dieu s’est fait tellement proche qu’il s’est fait l’un de nous et a parcouru toutes les étapes de la vie humaine. Dans le difficile contexte actuel, tant de jeunes autour de vous ont un immense besoin d’entendre que le message chrétien est un message de joie et d’espérance ! Aussi, je voudrais réfléchir avec vous sur cette joie, sur les chemins pour la trouver, afin que vous puissiez en vivre toujours plus profondément et en être les messagers autour de vous.

Le Sacré-Coeur apparaissant à sainte
Marguerite Marie.
L’aspiration à la joie est imprimée dans le cœur de l’homme. Au-delà des satisfactions immédiates et passagères, notre cœur cherche la joie profonde, parfaite et durable qui puisse donner du “goût” à l’existence. ~ Chaque jour, nombreuses sont les joies simples que le Seigneur nous offre : la joie de vivre, la joie face à la beauté de la nature, la joie du travail bien fait, la joie du service, la joie de l’amour sincère et pur. Et si nous y sommes attentifs, il y a de nombreux autres motifs de nous réjouir : les bons moments de la vie en famille, l’amitié partagée, la découverte de ses capacités personnelles et ses propres réussites, les compliments reçus des autres, la capacité de s’exprimer et de se sentir compris, le sentiment d’être utile à d’autres. ~ Chaque jour, pourtant, nous nous heurtons à tant de difficultés et notre cœur est tellement rempli d’inquiétudes pour l’avenir, qu’il nous arrive de nous demander si la joie pleine et permanente à laquelle nous aspirons n’est pas une illusion et une fuite de la réalité. De nombreux jeunes s’interrogent : aujourd’hui la joie parfaite est-elle vraiment possible ? Et ils la recherchent de différentes façons, parfois sur des voies qui se révèlent erronées, ou du moins dangereuses. Comment distinguer les joies réellement durables des plaisirs immédiats et trompeurs ? Comment trouver la vraie joie dans la vie, celle qui dure et ne nous abandonne pas, même dans les moments difficiles ?

n.2. En réalité, les joies authentiques, que ce soient les petites joies du quotidien comme les grandes joies de la vie, toutes trouvent leur source en Dieu, même si cela ne nous apparaît pas immédiatement. La raison en est que Dieu est communion d’amour éternel, qu’il est joie infinie qui n’est pas renfermée sur elle-même mais qui se propage en ceux qu’il aime et qui l’aiment. Dieu nous a créés par amour à son image afin de nous aimer et de nous combler de sa présence et de sa grâce. Dieu veut nous faire participer à sa propre joie, divine et éternelle, en nous faisant découvrir que la valeur et le sens profond de notre vie réside dans le fait d’être accepté, accueilli et aimé de lui, non par un accueil fragile comme peut l’être l’accueil humain, mais par un accueil inconditionnel comme est l’accueil divin : je suis voulu, j’ai ma place dans le monde et dans l’histoire, je suis aimé personnellement par Dieu. Et si Dieu m’accepte, s’il m’aime et que j’en suis certain, je sais de manière sûre et certaine qu’il est bon que je sois là et que j’existe.

C’est en Jésus Christ que se manifeste le plus clairement l’amour infini de Dieu pour chacun. C’est donc en lui que se trouve cette joie que nous cherchons. Nous voyons dans les Évangiles comment chaque événement qui marque les débuts de la vie de Jésus est caractérisé par la joie. ~ La première cause de notre joie est la proximité du Seigneur, qui m’accueille et qui m’aime.

En réalité une grande joie intérieure naît toujours de la rencontre avec Jésus. Nous le remarquons dans de nombreux épisodes des Évangiles. ~ Cette joie profonde est un fruit de l’Esprit Saint qui fait de nous des fils de Dieu, capables de vivre et de goûter sa bonté, en nous adressant à lui avec l’expression “Abba”, Père (cf. Rm 8,15). La joie est le signe de sa présence et de son action en nous.

            n.3. A présent nous nous demandons : comment recevoir et garder ce don de la joie profonde, de la joie spirituelle ?
~ Trouver et conserver la joie spirituelle procède de la rencontre avec le Seigneur, qui demande de le suivre, de faire un choix décisif, celui de tout miser sur lui. Chers jeunes, n’ayez pas peur de miser toute votre vie sur le Christ et son Évangile : c’est la voie pour posséder la paix et le vrai bonheur au fond de notre cœur, c’est la voie de la véritable réalisation de notre existence de fils de Dieu, créés à son image et à sa ressemblance.

Adrien Ysenbrand, la Messe
de saint Grégoire le Grand
Mettre sa joie dans le Seigneur : la joie est un fruit de la foi, c’est reconnaître chaque jour sa présence, son amitié : « Le Seigneur est proche » (Ph 4,5). C’est mettre notre confiance en lui, c’est grandir dans la connaissance et dans l’amour pour lui. L’“Année de la foi”, dans laquelle nous allons bientôt entrer, nous y aidera et nous encouragera. Chers amis, apprenez à voir comment Dieu agit dans vos vies, découvrez-le caché au cœur des événements de votre quotidien. Croyez qu’il est toujours fidèle à l’alliance qu’il a scellé avec vous au jour de votre Baptême. Sachez qu’il ne vous abandonnera jamais. Et tournez souvent les yeux vers lui. Sur la croix, il a donné sa vie par amour pour vous. La contemplation d’un tel amour établit en nos cœurs une espérance et une joie que rien ne peut vaincre. Un chrétien ne peut pas être triste quand il a rencontré le Christ qui a donné sa vie pour lui.

Chercher le Seigneur, le rencontrer dans notre vie signifie également accueillir sa Parole, qui est joie pour le cœur. Le prophète Jérémie écrit : « Quand tes paroles se présentaient je les dévorais : ta parole était mon ravissement et l’allégresse de mon cœur » (Jr 15,16). Apprenez à lire et à méditer l’Écriture Sainte, vous y trouverez la réponse aux questions profondes de vérité qui habitent votre cœur et votre esprit. La Parole de Dieu nous fait découvrir les merveilles que Dieu a accomplies dans l’histoire de l’homme et elle pousse à la louange et à l’adoration, pénétrées par la joie : « Venez crions de joie pour le Seigneur, …prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits » (Ps 94, 1.6).

La liturgie est par excellence le lieu où s’exprime cette joie que l’Eglise puise dans le Seigneur et transmet au monde. Ainsi chaque dimanche, dans l’Eucharistie, les communautés chrétiennes célèbrent le Mystère central du Salut : la mort et la résurrection du Christ. C’est le moment fondamental du cheminement de tout disciple du Seigneur, où se rend visible son Sacrifice d’amour. C’est le jour où nous rencontrons le Christ Ressuscité, où nous écoutons sa Parole et nous nourrissons de son Corps et de son Sang. Un Psaume proclame : « Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie ! » (Ps 117, 24). Et dans la nuit de Pâques, l’Église chante l’Exultet, expression de joie pour la victoire du Christ Jésus sur le péché et sur la mort : « Exultez de joie, multitude des anges… sois heureuse aussi, notre terre, irradiée de tant de feux… entends vibrer dans ce lieu saint l’acclamation de tout un peuple ! ». La joie chrétienne naît de se savoir aimé d’un Dieu qui s’est fait homme, qui a donné sa vie pour nous, a vaincu le mal et la mort ; et c’est vivre d’amour pour lui. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, jeune carmélite, écrivait : « Jésus, ma joie, c’est de t’aimer ! » (Ps 45, 21 janvier 1897).

            n.4. Chers amis, la joie est intimement liée à l’amour : ce sont deux fruits de l’Esprit inséparables (cf. Ga 5, 23). L’amour produit la joie et la joie est une forme d’amour. La bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, faisant écho aux paroles de Jésus : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35), disait : «La joie est une chaîne d'amour, pour gagner les âmes. Dieu aime qui donne avec joie. Et celui qui donne avec joie donne davantage ». Et le Serviteur de Dieu Paul VI écrivait : « En Dieu lui-même, tout est joie parce que tout est don » (Exhort. Ap. Gaudete in Domino, 9 mai 1975).

Vitrail. Le Sacrement
du Mariage.
En pensant aux différents aspects de votre vie, je voudrais vous dire qu’aimer requiert de la constance et de la fidélité aux engagements pris. Cela vaut d’abord pour les amitiés : nos amis attendent de nous que nous soyons sincères, loyaux et fidèles, parce que l’amour vrai est persévérant surtout dans les difficultés. Cela vaut aussi pour le travail, les études et les services que vous rendez. La fidélité et la persévérance dans le bien conduisent à la joie, même si elle n’est pas toujours immédiate.

Pour entrer dans la joie de l’amour, nous sommes aussi appelés à être généreux, à ne pas nous contenter de donner le minimum, mais à nous engager à fond dans la vie, avec une attention particulière pour les plus pauvres. Le monde a besoin d’hommes et de femmes compétents et généreux, qui se mettent au service du bien commun. Engagez-vous à étudier sérieusement ; cultivez vos talents et mettez-les dès à présent au service du prochain. Cherchez comment contribuer à rendre la société plus juste et plus humaine, là où vous êtes. Que dans votre vie tout soit guidé par l’esprit de service et non par la recherche du pouvoir, du succès matériel et de l’argent.

A propos de générosité, je ne peux pas ne pas mentionner une joie particulière : celle qui s’éprouve en répondant à la vocation de donner toute sa vie au Seigneur. Chers jeunes, n’ayez pas peur de l’appel du Christ à la vie religieuse, monastique, missionnaire ou au sacerdoce. Soyez certains qu’il comble de joie ceux qui, lui consacrant leur vie dans cette perspective, répondent à son invitation à tout laisser pour rester avec lui et se dédier avec un cœur indivisé au service des autres. De même, grande est la joie qu’il réserve à l’homme et à la femme qui se donnent totalement l’un à l’autre dans le mariage pour fonder une famille et devenir signe de l’amour du Christ pour son Église.
  
Vitrail. Le Sacrement
de l'Ordre.
Je voudrais mentionner un troisième élément pour entrer dans la joie de l’amour : faire grandir dans votre vie et dans la vie de votre communauté la communion fraternelle. Il y a un lien étroit entre la communion et la joie. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’exhortation de saint Paul est un pluriel : il ne s’adresse pas à chacun individuellement, mais affirme « soyez toujours dans la joie du Seigneur ! » (Ph 4,4). C’est seulement ensemble, en vivant la communion fraternelle, que nous pouvons faire l’expérience de cette joie. Le livre des Actes des Apôtres décrit ainsi la première communauté chrétienne : « Ils partageaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur » (Ac 2, 46). Vous aussi, engagez-vous pour que les communautés chrétiennes puissent être des lieux privilégiés de partage, d’attention et de prévenance les uns envers les autres.

            n.5. Chers amis, pour vivre la vraie joie, il faut aussi repérer les tentations qui vous en éloignent. La culture actuelle pousse souvent à rechercher des objectifs, des réalisations et des plaisirs immédiats, favorisant plus l’inconstance que la persévérance dans l’effort et la fidélité aux engagements. Les messages que vous recevez vous poussent à entrer dans la logique de la consommation en vous promettant des bonheurs artificiels. Or l’expérience montre que l’avoir ne coïncide pas avec la joie : beaucoup de personnes ne manquant pourtant d’aucun bien matériel sont souvent affligées par la désespérance, la tristesse et ressentent la vacuité de leur vie. Pour rester dans la joie, nous sommes invités à vivre dans l’amour et la vérité, à vivre en Dieu.

Le retour du fils prodigue.
La volonté de Dieu, c’est que nous soyons heureux. C’est pour cela qu’il nous donné des indications concrètes pour notre route : les Commandements. En les observant nous trouvons le chemin de la vie et du bonheur. Même si à première vue ils peuvent apparaître comme un ensemble d’interdictions, presque un obstacle à la liberté, en réalité si nous les méditons un peu plus attentivement à la lumière du Message du Christ, ils sont un ensemble de règles de vie essentielles et précieuses qui conduisent à une existence menée selon le projet de Dieu. A l’inverse, et nous l’avons constaté tant de fois, construire en ignorant Dieu et sa volonté provoque la déception, la tristesse et le sens de l’échec. L’expérience du péché comme refus de le suivre, comme offense à son amitié, jette une ombre dans notre cœur.

Si parfois le chemin du chrétien est difficile et l’engagement de fidélité à l’amour du Seigneur rencontre des obstacles et même des chutes, Dieu, dans sa miséricorde, ne nous abandonne pas. Il nous offre toujours la possibilité de retourner à lui, de nous réconcilier avec lui, de faire l’expérience de la joie de son amour qui pardonne et accueille à nouveau.

Chers jeunes, recourez souvent au Sacrement de Pénitence et de Réconciliation ! C’est le sacrement de la joie retrouvée. Demandez à l’Esprit Saint la lumière pour savoir reconnaître votre péché et la capacité de demander pardon à Dieu en vous approchant souvent de ce sacrement avec constance, sérénité et confiance. Le Seigneur vous ouvrira toujours les bras, il vous purifiera et vous fera entrer dans sa joie : « Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 7).

~ n.7. Chers amis, pour terminer, je voudrais vous exhorter à être missionnaires de la joie. On ne peut pas être heureux si les autres ne le sont pas : la joie doit donc être partagée. Allez dire aux autres jeunes votre joie d’avoir trouvé ce trésor qui est Jésus lui-même. Nous ne pouvons pas garder pour nous la joie de la foi : pour qu’elle puisse demeurer en nous, nous devons la transmettre. Saint Jean l’affirme : « Ce que nous avons vu et entendu nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous [...] Tout ceci nous vous l'écrivons pour que notre joie soit complète » (1 Jn 1, 3-4).

La Foi, la Charité et l'Espérance,
par Julius Schorr von Carolsfeld
Parfois, une image du Christianisme est donnée comme une proposition de vie qui opprimerait notre liberté et irait à l’encontre de notre désir de bonheur et de joie. Mais ceci n’est pas la vérité ! Les chrétiens sont des hommes et des femmes vraiment heureux parce qu’ils savent qu’ils ne sont jamais seuls et qu’ils sont toujours soutenus par les mains de Dieu ! Il vous appartient, surtout à vous, jeunes disciples du Christ, de montrer au monde que la foi apporte un bonheur et une joie vraie, pleine et durable. Et si, parfois, la façon de vivre des chrétiens semble fatiguée et ennuyeuse, témoignez, vous les premiers, du visage joyeux et heureux de la foi. L’Évangile est la “bonne nouvelle” que Dieu nous aime et que chacun de nous est important pour lui. Montrez au monde qu’il en est ainsi !

Soyez donc des missionnaires enthousiastes de la nouvelle évangélisation ! Allez porter à ceux qui souffrent, à ceux qui cherchent, la joie que Jésus veut donner. Portez-la dans vos familles, vos écoles et vos universités, vos lieux de travail et vos groupes d’amis, là où vous vivez. Vous verrez qu’elle est contagieuse. Et vous recevrez le centuple : pour vous-même la joie du salut, la joie de voir la Miséricorde de Dieu à l’œuvre dans les cœurs. Et, au jour de votre rencontre définitive avec le Seigneur, il pourra vous dire : «Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton maître!» (Mt 25, 21)

Que la Vierge Marie vous accompagne sur ce chemin. Elle a accueilli le Seigneur en elle et elle l’a annoncé par un chant de louange et de joie, le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Marie a pleinement répondu à l’amour de Dieu par une vie totalement consacrée à lui dans un service humble et total. Elle est appelée “cause de notre joie” parce qu’elle nous a donné Jésus. Qu’elle vous introduise à cette joie que nul ne pourra vous ravir !

Du Vatican, le 15 mars 2012
Benoît XVI, pp



dimanche 14 avril 2013

3e Dimanche de Pâques


Les femmes "myrrophores" rencontrent l'Ange devant le tombeau

Homélie de Saint Maxime de Turin pour la Pâque  


Par la résurrection du Christ, les enfers s’ouvrent, par les nouveaux membres de l’Église, la terre est renouvelée, et le ciel est ouvert par le Saint-Esprit. Car les enfers en s’ouvrant laissent sortir les morts, la terre renouvelée fait germer ceux qui ressuscitent, le ciel ouvert accueille ceux qui y montent.

Enfin le malfaiteur monte au paradis, les corps des saints entrent dans la Cité sainte, les morts reviennent à la vie ; à la résurrection du Christ, tous les éléments sont comme transfigurés.

Les enfers font remonter ceux qu’ils détenaient, la terre envoie au ciel ceux qu’elle avait ensevelis, le ciel présente au Seigneur ceux qu’il accueille ; par une seule et même action la passion du Sauveur fait remonter des abîmes, élève au-dessus de la terre, fait trouver place dans les hauteurs.

Car la résurrection du Christ est vie pour les morts, pardon pour les pécheurs, gloire pour les saints. Le saint Prophète invite toutes les créatures à fêter la résurrection du Christ, car il dit qu’il faut exulter et se réjouir en ce jour que le Seigneur a fait. ~

La lumière du Christ est un jour qui n’a pas de nuit, un jour qui n’a pas de fin. ~ Que le Christ soit lui-même ce jour, l’Apôtre nous le dit : « La nuit est partie, le jour est arrivé ». La nuit est partie, dit-il, donc elle ne viendra plus ; comprenez-le : lorsque survient la lumière du Christ, elle dissipe les ténèbres du démon, et elle n’est pas suivie par la nuit du péché ; elle chasse par sa splendeur permanente l’obscurité présente, elle arrête la progression sournoise du péché. ~

Raphaël, Jésus ressuscité montre ses sacrés stigmates.
Palais du Vatican
C’est le Fils en personne qui est le jour, car le Père qui est aussi le jour lui dévoile son mystère. Je dis bien : il est le jour, lui qui a dit par la bouche de Salomon : « J’ai fait se lever dans le ciel la lumière sans déclin ».

De même que la nuit ne succède jamais à ce jour céleste, de même les ténèbres du péché ne succèdent pas à la justice du Christ. C’est pour toujours que la lumière céleste resplendit, éclaire et brille, et aucune obscurité ne peut l’emprisonner. De même, c’est pour toujours que la lumière du Christ étincelle, rayonne, illumine, et ne peut être arrêtée par aucune obscurité des péchés, ce qui fait dire à saint Jean : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ». ~

Donc, mes frères, nous devons tous exulter en ce saint jour. Que personne ne se soustraie à la joie commune parce qu’il a conscience de ses péchés, que personne ne soit écarté des prières communes par le fardeau de ses fautes ! En un tel jour, même le pécheur ne doit pas désespérer du pardon ; c’est en effet un grand privilège. Si un malfaiteur a obtenu le paradis, pourquoi le chrétien n’obtiendrait-il pas le pardon ?




mardi 9 avril 2013

Solennité reportée de Saint Gabriel Archange, pour l'Archiconfrérie

Le Greco, Annonciation.

À mon Ange gardien, du vénérable abbé Henri Marie Boudon

            Monseigneur et fidèle guide de ma vie, quand je pense à ce que vous êtes, à ce que je suis, à mes ingratitudes, à vos incroyables bontés, mon esprit se trouve comme dans un abîme : je ne sais que devenir et je ne puis que dire.
            Vous êtes une belle intelligence de la bienheureuse éternité, un pur esprit, un esprit tout de lumière et de clarté, un esprit du pur amour, un grand prince de l'empyrée et l'un des grands rois du paradis ; et je ne suis que poussière et que cendre, qu'un chétif morceau de boue, qu'un misérable aveugle, qu'un très grand pécheur et le dernier de tous les pécheurs. Je reconnais en votre sainte présence, et je le veux dire devant tous les hommes et le donner au public, que je me vois non-seulement mériter la dernière place de la terre, mais la dernière place de l'enfer ; je me vois au-dessous de tous les démons et me reconnais pour la dernière créature de tout le monde.

            Cependant vous voulez bien aimer une telle créature, vous voulez bien vous appliquer avec soin à tout ce qui la regarde, vous voulez bien l'assister dans tous ses besoins intérieurs et extérieurs, vous voulez bien la défendre contre tout ce qui lui est opposé, vous voulez bien la soutenir contre la puissance de l'enfer ; vous voulez bien, le conçoive qui pourra, l'accompagner inséparablement, lui tenir compagnie sans la quitter, et vous prenez plaisir à l'accabler de vos bienfaits, nonobstant tous ses mépris, toutes ses infidélités et toutes ses ingratitudes. Après l'amour de Jésus et Marie, qui a jamais ouï parler d'un tel amour ? Il faut bien dire que c'est l'amour incomparable en sa constance, en sa fidélité ; que c'est l'amour le plus désintéressé qui fut jamais ; l'amour le plus doux, le plus patient et le plus charitable ; l'amour le plus miséricordieux, le plus libéral, le plus fort et le plus généreux.

            Grand prince, pourquoi m'aimez-vous de la sorte ? Pourquoi n'y a-t-il pas un seul moment de ma vie qui ne soit marqué de quelqu'un de vos bienfaits ? Ô mon âme ! Il t'est bien doux de penser à ces coups de miséricorde qu'a faits pour toi ce cher prince de ta vie ! Il t'est bien doux de te souvenir comme il t'a délivré de l'enfer, des grâces qu'il t'a obtenues, des secours indicibles qu'il t'a donnés en toutes sortes de choses, des soins amoureux qu'il a pris de tout ce qui regarde le temporel et le spirituel. Monseigneur, que vous rendrai-je pour tous ces biens ? Ah ! Je vois bien qu'il m'est impossible de dignement reconnaître vos excessives faveurs. Quand je vous remercierais autant de fois que je respire, ce ne serait pas grand’chose ! Ô mon âme, que devenir donc ici ? Entrons dans les puissances du Seigneur, et prenons dans le cœur sacré de Jésus et de Marie une digne reconnaissance de tant de bontés. Quand nous aurions tout pensé et tout dit, ce ne serait pas assez ; quand nous aurions donné notre vie pour un prince si obligeant, nous ne pourrions pas lui satisfaire, ayant été remplis de toutes sortes de biens par sa faveur et délivrés de toutes sortes de maux.

Vue sur le chœur et de la maison des saints Anne et Joachim
où eut lieu l'Annonciation. Basilique de l'Annonciation de Nazareth.
            Mais, aimable prince, les paroles donc me manquant et les forces, je veux vous parler par le précieux cœur de l'adorable Jésus et de sa très digne Mère. Hélas ! Je sais bien que je ne puis pas entendre les paroles ineffables de ces divins chœurs, mais au moins tout ce qu'ils vous diront à mon sujet, c'est tout ce que je veux vous dire. Tous les remercîments qu'ils vous feront, ce sont les actions de grâces que je veux vous rendre et que je ne puis. Qu'à jamais ils soient la juste récompense de vos services et la belle reconnaissance de tous vos amours. Après cela, mon cœur prend une résolution inviolable de vous aimer de la bonne manière. Monseigneur, donnez, s'il vous plaît, votre bénédiction à ces bons désirs et à la sincère volonté qu'il a de vous honorer par toutes les actions de sa vie en Dieu seul et pour Dieu seul, voulant vivre votre serviteur, et le serviteur de tous les neuf chœurs des anges, le reste de mes jours. Notre sainte Dame sera bien aise que son serviteur soit aussi le vôtre, soit aussi serviteur de tous les autres princes du ciel vos semblables, et que toute sa vie soit une vie qui vous honore tous avec elle, dans tous ses instants et jusqu'au dernier moment de la mort, et dans toute l'éternité, et que tous mes jours soient comme autant de fêtes de tout le paradis.

            Présentez, cher gouverneur de mon cœur, cette résolution que vous savez qu'il y a longtemps que j'ai prise, avec ce petit ouvrage, à toutes les trois hiérarchies, à tous les neuf chœurs angéliques, aux aimables séraphins, aux savants chérubins, aux glorieux trônes, aux puissantes dominations, aux divines vertus, aux puissances redoutables, aux sacrées principautés, aux saints archanges, aux charitables anges ; et dites-leur là-dessus ce que vous savez bien dire à votre mode angélique et ce que je ne pourrais pas. L'offrande d'une chétive vie comme la mienne et de ce petit ouvrage est bien indigne de leur mérite ; mais suppléez à mes misères et à mes défauts. Venant de votre main, d'une main angélique, elle ne pourra qu'être bien reçue des anges. Dites-leur encore que mon cœur a bien d'autres désirs de les honorer et aimer, et qu'il voudrait tenir tous les cœurs des hommes pour les donner à tous les chœurs des anges, pour être ensuite donnés sans réserve au cœur tout aimable de Jésus et Marie, où il n'y a et il n'y a jamais eu que Dieu seul. C'est ce Dieu seul, ô le plus fidèle, le plus constant et le plus aimable de mes amis, que je désire par tous ces désirs ; mais, monseigneur, encore une fois, pour un si digne sujet, votre sainte bénédiction pour tous les jours de ma vie et au moment redoutable de ma mort. Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul : la fin de toutes les dévotions à la très sainte Vierge, aux anges et aux saints ; et que je désire honorer incessamment dans tous les honneurs que je leur rends.


lundi 8 avril 2013

Solennité de l'Annonciation

Mosaïque de l'annonciation à la fontaine de la Vierge. Nazareth.
Pour cause de Semaine Sainte et d'octave pascale, la solennité de l'Annonciation a été reportée. En effet, rien ne prévaut sur le mystère pascal du Christ où s'est réalisé notre Salut. Ce lundi 8 avril, l'Eglise offre à tous les fidèles de contempler ce mystère en ces commencements, l'Incarnation du Verbe éternel en notre chair pour s'offrir pour notre Salut.
 


Maison d'Anne et Joachim dans la Basilique de l'Annonciation à Nazareth. ICI, à l'invitation de l'Archange, le Verbe éternel s'est fait chair dans le sein de la Vierge Marie.

De l’Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc
(chap. 1,26-38)

Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie.

Il entra et lui dit: "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi."

L'Ange Gabriel annonce à Marie qu'elle sera la Mère
de Dieu. Vitrail dans la Basilique haute de Nazareth.
A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. Et l'ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin."
 
Mais Marie dit à l'ange: "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme?" L'ange lui répondit: "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; car rien n'est impossible à Dieu."
 
 
 
Marie dit alors: "Je suis la servante du Seigneur; qu'il m'advienne selon ta parole!" Et l'ange la quitta.
 
 
 



Le Tintoret. L'Annonciation par l'Archange Gabriel.
Les anges font cortège au Saint Esprit.







dimanche 7 avril 2013

2e Dimanche de Pâques, "in albis deposito"

Rubens, la résurrection du Christ et l'apparition à saint Thomas

A Jérusalem, la messe du dimanche de Pâques a été célébrée au matin du 31 mars 2013 au Saint-Sépulcre, devant le Tombeau. Elle a été présidée par Sa Béatitude Monseigneur Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem. 

Le Patriarche Twal célébrant la Messe le jour de Pâques au Saint-Sépulcre, la semaine dernière. Bénédiction finale.

Excellences,
Chers frères dans l’épiscopat et le sacerdoce,
Chers amis,

            Sainte fête de Pâques à tous ! Le Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia ! Pâques illumine ! Le ressuscité nous enveloppe de sa lumière, il donne à nos cœurs une joie immense et une grande espérance et il les remplit de son amour.

Aujourd’hui nous est relatée dans l’évangile la course haletante de Pierre et Jean qui suivent Marie-Madeleine vers le tombeau où le corps de Jésus a été déposé. Mais ils découvrent un tombeau vide avec le linceul. Pourtant, instantanément Jean vit et crut que Jésus n’a pas été enlevé mais qu’il est ressuscité. La foi est donc un don et elle est aussi personnelle. C’est pourquoi une relation intime avec Dieu est nécessaire.  Elle s’établit par la prière dans le secret des cœurs devant une “présence absente”, dont témoigne le tombeau vide.  Le tombeau vide comme on le voit aujourd’hui ici-même, est le chemin de la foi qui commence. Cette foi – notre foi – s’appuie sur le témoignage des Apôtres. Il nous est demandé de croire sans voir : «Heureux ceux qui croient sans avoir vu.»  (Jean 20, 29). 

La résurrection est au centre de la foi chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1Co 15,17).
(…) Dans cette Année de la foi, qui se prête très bien à ce défi, il nous est aussi demander de redynamiser notre foi et notre enthousiasme.
 

Le feu nouveau au cœur de la Vigile pascale autour de l'édicule, la chapelle du Sépulcre et de l'Anastasis (la Résurrection). Ce feu est appelé à se répandre : "Je suis venu allumer un feu sur la terre - dit Jésus - et comme j'ai hâte qu'il soit déjà allumé !"
 
(…) Dans l’évangile de Saint Jean, Jésus nous dit qu’il est la lumière ; qui le suit «ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie» (Jn 8, 12). En tant que chrétiens, le Seigneur nous invite aussi à être une lumière pour le monde ; à porter la lumière de l’espérance au milieu des violences, des souffrances, des guerres, de l’injustice. Il nous invite ici à porter la lumière de la foi au milieu de notre région du Proche-Orient, là où le christianisme est né, là où l’Eglise-Mère de Jérusalem est née, là où naît tout chrétien. 

(…) Depuis le matin de Pâques, l’espérance chrétienne est sans limite. Toute nuit noire peut être illuminée par le vainqueur du tombeau. Ce ne sont plus des terres qu’il faut reconquérir, mais des cœurs. Des cœurs qu’il faut convertir et éduquer à la paix.

(…) Chers frères et sœurs, recevez mes meilleurs souhaits de joyeuses Pâques ; que ce soit l’occasion d’une belle résurrection de nous-mêmes, de nos Eglises et de notre Terre Sainte. Qu’en ce matin de Pâques germe un printemps nouveau.
Que cette fête radieuse de la Résurrection du Christ vous apporte la bénédiction du Seigneur ! Amen. 


‡ Fouad Twal, Patriarche


Œufs de Pâques bulgares.
  

lundi 1 avril 2013

1er Mardi du mois d'avril : Messe en la Chapelle des saints Anges

 
 
 
 
 
 
 
 
 
1er Mardi du mois d'Avril 2013
 
la Messe sera célébrée à 16 heures dans la Cathédrale d'Evreux, à la chapelle des Saints-Anges où repose le vénérable abbé Henri Marie Boudon pour notre pays qui a bien besoin de nos prières.
Puis pèlerinage à Saint-Michel des Vignes.
 
 
 
 

Lundi de l'Ange

Giotto. Les Anges annoncent à Marie Madeleine la Résurrection du Sauveur.

Traditionnellement, le lundi de Pâques porte le nom de "Lundi de l'Ange" car ce sont les Anges, comme dans la nuit de Noël, qui annoncèrent la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Sauveur.

A tous, très saintes fêtes de Pâques. A la suite des Anges, annonçons à tous la grande joie pascale.

Nous anticipons le 1er mardi du mois d'avril avec cette belle catéchèse de notre regretté Pape Benoît XVI :

Détail. L'Ange assis sur la pierre montre
le tombeau vide et les linges à leur place.

De Sa Sainteté le Pape BENOÎT XVI
 
REGINA CÆLI

Castel Gandolfo
Lundi de l'Ange, 5 avril 2010


Chers frères et sœurs,

 Dans la lumière de Pâques, que nous célébrons toute la semaine, je vous renouvelle mes vœux de paix et de joie les plus cordiaux. Comme vous le savez, le lundi suivant le Dimanche de la Résurrection est traditionnellement appelé le «lundi de l'Ange». Il est très intéressant d'approfondir cette référence à «l'Ange».

Naturellement, la pensée se porte immédiatement vers les récits évangéliques de la résurrection de Jésus, où apparaît la figure d'un messager du Seigneur. Saint Matthieu écrit : «Voici qu'il y eut un grand tremblement de terre. Un ange du Seigneur, en effet, descendit du ciel, s'approcha, roula la pierre et s'y assit. Son aspect était celui de la foudre et son vêtement était blanc comme la neige» (Mt 28, 2-3).

Tous les évangélistes précisent ensuite que, lorsque les femmes se rendirent au sépulcre et qu'elles le trouvèrent ouvert et vide, c'est un ange qui leur annonça que Jésus était ressuscité. Chez Matthieu, ce messager du Seigneur leur dit: «N'ayez pas peur! Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n'est pas ici. Car il est ressuscité, comme il l'avait dit» (Mt 28, 5-6); il leur montre ensuite le tombeau vide et il les charge de l'annoncer aux disciples.
 
Chez Marc, l'ange est décrit comme «un jeune homme, vêtu d'un vêtement blanc», qui donne le même message aux femmes (cf. Mc 16, 5-6).

Chapelle basse de la Basilique du Mont Thabor. Les Anges au dessus
du tombeau vide.
 
Luc parle de «deux hommes aux vêtements resplendissants», qui rappellent aux femmes comment Jésus avait annoncé, longtemps auparavant, sa mort et sa résurrection (cf. Lc 24, 4-7).

Saint Jean aussi parle de «deux anges aux vêtements blancs»; c'est Marie de Magdala qui les voit, alors qu'elle pleure près du tombeau, et ils lui disent: «Femme, pourquoi pleures-tu?» (Jn 20, 11-13).

Mais l'ange de la résurrection rappelle aussi une autre signification. Il faut se souvenir en effet que le terme «ange», non seulement définit les Anges, créatures spirituelles douées d'intelligence et de volonté, serviteurs et messagers de Dieu, mais que c'est aussi l'un des titres les plus anciens attribués à Jésus lui-même.

Nous lisons par exemple chez Tertullien, au IIIe siècle: «Il – le Christ – a été aussi appelé "ange du conseil", c'est-à-dire annonciateur, un terme qui désigne une charge, et non la nature. En effet, il devait annoncer au monde le grand dessein du Père pour la restauration de l'homme» (De carne Christi, 14). Ainsi disait Tertullien.
 
La chapelle dite de l'Ange correspond au "vestibule" de la chapelle de l'Anastasis
("la Résurrection", que nous apercevons au fond, derrière la porte) du Saint-Sépulcre
de Jérusalem. Au premier plan, le petit monument carré renferme un morceau de
a pierre qui était roulée et sur laquelle l'Ange s'assit.

Jésus Christ, le Fils de Dieu est donc appelé aussi l'Ange de Dieu le Père: Il est le messager par excellence de son amour.

Chers amis, nous pensons maintenant à ce que Jésus ressuscité a dit à ses apôtres: «Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie» (Jn 20, 21); et il leur a communiqué son Esprit Saint. Cela signifie que, comme Jésus a été annonciateur de l'amour du Père, nous aussi nous devons l'être de la charité du Christ: nous sommes des messagers de sa résurrection, de sa victoire sur le mal et sur la mort, porteurs de son amour divin.

Certes, nous demeurons par nature des hommes et des femmes, mais nous recevons la mission des «anges», messagers du Christ: elle nous est donnée à tous dans le baptême et dans la confirmation. Par le sacrement de l'ordre, les prêtres, ministres du Christ, la reçoivent de façon spéciale; il me plaît de le souligner en cette Année Sacerdotale.

Chers frères et sœurs, nous nous adressons maintenant à la Vierge Marie, en l'invoquant comme Regina Caeli, Reine du Ciel. Qu'elle nous aide à accueillir pleinement la grâce du mystère pascal, et à devenir des messagers courageux et joyeux de la résurrection du Christ.