vendredi 15 janvier 2021

L'enfance de M. Boudon


« Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon », par Mgr. Matthieu, Archevêque de Besançon

L’innocence et la simplicité de son âge jointes à la beauté naturelle dont il était doué donnaient à sa piété quelque chose de tendre et de naïf qui le rendait aimable à tous ceux qui le connaissaient, il savait en inspirer le goût aux enfants qu’il était à portée de fréquenter. On les voyait suivre à son exemple des pratiques que leur pétulance naturelle aurait dû leur faire trouver bien gênantes. Il les conduisait à l’église et, s’ils n’y portaient point sa ferveur, ils imitaient du moins son maintien recueilli ; souvent aussi, il les rassemblait pour les exhorter à l’amour de Dieu et au repentir de leurs fautes, il leur enseignait la manière de se bien confesser et les moyens de retirer plus de fruits de cette action.

On doit croire que les discours de ce jeune missionnaire ne furent pas sans succès, nul autre n’aurait été plus capable de faire impression sur l’esprit de ses petits auditeurs. En même temps qu’il cherchait à exciter la ferveur des autres, il s’attachait surtout à entretenir la sienne par l’exemple des saints.

Ce fut saint Jean l’Evangéliste qui lui inspira le premier une dévotion particulière. Il avait trouvé son panégyrique chez ses parents et cette lecture lui inspira tant d’amour pour ce saint et d’admiration pour ses vertus que, retiré à l’écart, il se prosterna devant Dieu et lui fit la promesse de les imiter, toutes promesse dont il ne sentait pas bien alors l’importance, mais comme il le dit lui-même depuis, en parlant de cette circonstance de son enfance, il est des choses que Dieu veut que nous fassions sans réflexion, le permettant ainsi parce que si nous demandions avis selon les règles de la prudence, nous ne les ferions pas. La fidélité avec laquelle Boudon tint à ces premières résolutions prouve qu’elles étaient du nombre de celles dont l’attrait vient d’en haut. Aussi eut il toute sa vie la même vénération pour l’apôtre qui les lui avait inspirées : il l’appelait le saint de sa piété, il assurait qu’il avait commencé à ressentir les doux effets de sa protection presque en même temps qu’il avait commencé de vivre et, dans le dernier ouvrage qu’il composa, il terminait encore son éloge en l’appelant le disciple de l’amour, le disciple si aimant et si aimé, l’aimable saint Jean l’Evangéliste.

Ce fut dans ces dispositions qu’il se prépara à sa première communion. Il se reprochait avec amertume les plus légères imperfections dont il eût à s’accuser dans sa confession générale, mais deux fautes surtout qui avaient échappé à sa vigilance sur lui-même tourmentaient excessivement sa conscience délicate. Succombant à un mouvement de sensualité, il avait bu un reste de vin laissé dans les burettes après une messe qu’il venait de servir et, trop timide sans doute pour résister aux prières d’un religieux propriétaire, il avait, pendant qu’on faisait la visite de son monastère, gardé l’argent qu’il cachait contre le prescrit de la règle. La confusion qu’il en ressentait était si grande qu’elle l’avait empêché jusque-là de les déclarer au tribunal de la pénitence, il le fit avec un repentir qui dura jusqu’à la fin de sa vie. L’amertume avec laquelle il en parlait alors prouve dans quelle innocence il garda depuis son âme, et on peut attribuer sans doute à l’impression que ces chutes firent sur lui la rigueur excessive avec laquelle il pratiqua constamment les vertus de pauvreté et de mortification religieuse.



jeudi 14 janvier 2021

Anniversaire de la naissance et du baptême du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Ancienne catéchèse du diocèse de Jérusalem, aux nouveaux baptisés

Vous avez été baptisés dans le Christ, et vous avez revêtu le Christ ; vous avez donc été configurés au Fils de Dieu. En effet, Dieu qui nous a prédestinés à la filiation adoptive nous a configurés au corps de gloire du Christ. Puisque vous êtes maintenant participants du Christ, vous êtes à juste titre appelés vous-mêmes « christs », et c'est de vous que Dieu disait : Ne touchez pas à mes christs.

Or, vous êtes devenus des christs en recevant l'empreinte de l'Esprit Saint ; et tout s'est accompli pour vous en image, parce que vous êtes les images du Christ. Pour lui, quand il se fut baigné dans le fleuve du Jourdain et qu'il eut communiqué aux eaux le contact de sa divinité, il en remonta ; et la venue substantielle du Saint-Esprit sur lui se produisit, le semblable se reposant sur le semblable. Il en est pareillement pour vous : une fois que vous êtes remontés de la piscine sainte, eut lieu la chrismation, image exacte de celle dont fut marqué le Christ. Il s'agit de l'Esprit Saint. Le prophète Isaïe, faisant parler le Seigneur, disait de lui : L'Esprit du Seigneur est sur moi ; car il m'a consacré par la chrismation ; il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.

En effet, le Christ n'a pas été chrismé par les hommes d'une huile ou d'un parfum matériels. Mais c'est le Père qui, l'ayant consacré d'avance comme le Sauveur du monde l'a marqué de l'Esprit Saint, comme le dit saint Pierre : Jésus de Nazareth, que Dieu a chrismé d'Esprit Saint. Et le prophète David proclamait : O Dieu, ton trône est pour les siècles des siècles : c'est un sceptre de droiture, le sceptre de ta royauté. Tu aimes la justice et tu hais l'impiété ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a consacré d'une huile d'allégresse, de préférence à tes rivaux. ~

Le Christ a été marqué par l'huile spirituelle d'allégresse, c'est-à-dire par l'Esprit Saint, qui est appelé huile d'allégresse parce qu'il est l'auteur de l'allégresse spirituelle ; et vous, vous avez été oints de parfum, vous êtes devenus participants et compagnons du Christ. Mais ne va pas t'imaginer que ce parfum est quelque chose d'ordinaire. ~ Ce saint parfum, après l'invocation pour obtenir le Saint-Esprit, n'est plus un parfum ordinaire et, pourrait-on dire, commun. Il est don spirituel du Christ, devenu, par la présence de l'Esprit Saint, agent efficace de sa divinité. C'est de ce parfum qu'on te chrisme symboliquement sur le front et les autres organes des sens. Tandis que ton corps est oint de parfum visible, l'âme est sanctifiée par le saint et vivifiant Esprit.

Ampoule de Saint Chrême


dimanche 10 janvier 2021

Au Baptême, nous avons reçu la vie nouvelle des enfants de Dieu

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu inconnu », chap. II

Un Dieu s’est fait homme afin que les hommes ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité, pour eux, pour qu’ils entrent dans les dispositions de Jésus-Christ, et particulièrement de son esprit de sacrifice pour qu’ils défèrent avec lui les respects, les adorations et les louanges qu’il donne au Père éternel.

Dès qu’il vient au monde, il ne se présente devant lui qu’en esprit d’anéantissement et chétives et pauvres créatures que nous sommes ; véritables néants, nous voudrions toujours subsister en nous-mêmes par nos attachements, toujours être quelque chose dans l’esprit et dans le cœur des créatures, par leur estime et par leur amitié, et bien loin de nous réjouir et de bénir la divine Providence quand elle nous donne des occasions d’en être dégagés, nous nous en faisons de grandes peines et nous n’oublions rien pour les éviter.

O Dieu si vous vouliez ouvrir les cieux et en descendre, s’écrie le Prophète Isaïe, les montagnes s’écouleront devant vous ; lorsque vous ferez éclater vos merveilles, nous ne les pourrons supporter. 

La seule révélation qui en est faite à ce Prophète lui fait connaître que les cœurs des hommes, quelque glacés qu’ils soient lorsque Dieu paraîtra sur la terre, doivent se fondre comme de la cire aux feux de son divin amour, que toute leur grandeur doit s’abîmer comme des montagnes en sa présence suradorable ; et nous qui sommes nés après l’Incarnation du Sauveur, qui savons les merveilles qu’il a fait éclater dans ce mystère, nous demeurons toujours en nous-mêmes, notre orgueil subsiste toujours, et nos corps que nous devons immoler à Dieu comme une victime vivante et sainte par la mortification, sont réservés aux plaisirs et à la satisfaction des sens.

Le Verbe s’incarne et en même temps s’anéantit pour apprendre la grandeur infinie de Dieu et le néant des créatures et qu’elles doivent toujours se tenir dans leur rien en sa divine présence, n’occuper ni l’esprit ni le cœur des autres et ne pas y remplir la place qu’il y doit tenir, c’est ce que l’on ne comprend guère et à quoi peu de personnes s’appliquent, et ainsi Dieu est peu connu dans l’Incarnation.


jeudi 7 janvier 2021

Préparons nous à la fête du Baptême du Seigneur

Du Pape saint Sixte III, 432-440. Inscription sur le Baptistère du Latran

Ici naît pour le ciel un peuple de race divine.

Dans les eaux fécondes l’Esprit donne vie.

 En ces flots, l’Eglise-Mère enfante ses fils comme un fruit virginal qu’elle a conçu du Saint Esprit.

Vous, qui en cette source renaissez, des cieux espérez le Royaume, car pour ceux qui une seule fois sont nés point de part à la vie bienheureuse.

Ici se trouve la source de vie qui lave le monde entier.

De la blessure du Christ elle a jailli.

Plonge dans la sainte fontaine, pécheur, pour laver ton péché.

L’eau accueille le vieil homme et fait ressurgir l’homme nouveau.

Innocent tu veux être : en ce bain purifie-toi.

Que ton fardeau soit péché d’origine ou péché personnel, ceux qui renaissent n’ont pas de différence : ils sont un par un seul baptême, un seul Esprit, une seule foi.

De la quantité ou de la gravité de ses péchés que nul n’ait peur : qui naîtra de ce fleuve, sanctifié deviendra.


mardi 5 janvier 2021

O Jésus, petite Hostie offerte dans la crèche

 

Récréations pieuses, Ste Thérèse de l’Enfant Jésus

 Jésus, le Bel Enfant Divin,

Pour vous communiquer sa vie

Transforme en Lui chaque matin

Une petite et blanche Hostie.

Avec bien plus d'amour encor

Il veut vous changer en Lui-même

Votre cœur est son cher trésor

Son bonheur et sa joie suprême.

Noël, Noël

Je descends du Ciel

Pour dire à votre âme ravie

L'Agneau si Doux

S'abaisse vers vous

Soyez sa blanche et pure Hostie.

 


lundi 4 janvier 2021

Saint Nom de Jésus

Litanies du Saint Nom de Jésus de saint Bernardin de Sienne

Seigneur, ayez pitié de nous. O Christ, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous. 

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous. 
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous. 
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous. 
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous. 

Jésus, Fils du Dieu vivant, ayez pitié de nous. 
Jésus, splendeur du Père, ayez pitié de nous. 
Jésus, splendeur de la lumière éternelle, ayez pitié de nous. 
Jésus, roi de gloire, ayez pitié de nous. 
Jésus, soleil de justice, ayez pitié de nous. 
Jésus, Fils de la Vierge Marie, ayez pitié de nous. 
Jésus, aimable, ayez pitié de nous. 
Jésus, admirable, ayez pitié de nous. 
Jésus, Dieu fort, ayez pitié de nous. 
Jésus, Père des siècles à venir, ayez pitié de nous. 
Jésus, Ange du grand conseil, ayez pitié de nous. 
Jésus, très puissant, ayez pitié de nous. 
Jésus, très patient, ayez pitié de nous. 
Jésus, très obéissant, ayez pitié de nous. 
Jésus, doux et humble de coeur, ayez pitié de nous. 
Jésus, qui aimez la chasteté, ayez pitié de nous. 
Jésus, qui nous aimez, ayez pitié de nous. 
Jésus, Dieu de paix, ayez pitié de nous. 
Jésus, auteur de la vie, ayez pitié de nous. 
Jésus, modèle des vertus, ayez pitié de nous. 
Jésus, zélateur des âmes, ayez pitié de nous. 
Jésus, notre Dieu, ayez pitié de nous. 
Jésus, notre refuge, ayez pitié de nous. 
Jésus, Père des pauvres, ayez pitié de nous. 
Jésus, trésor des fidèles, ayez pitié de nous. 
Jésus, bon pasteur, ayez pitié de nous. 
Jésus, vraie lumière, ayez pitié de nous. 
Jésus, sagesse éternelle, ayez pitié de nous. 
Jésus, bonté infinie, ayez pitié de nous. 
Jésus, notre voie et notre vie, ayez pitié de nous. 
Jésus, joie des anges, ayez pitié de nous. 
Jésus, roi des patriarches, ayez pitié de nous. 
Jésus, maître des apôtres,ayez pitié de nous. 
Jésus, docteur des évangélistes, ayez pitié de nous. 
Jésus, force des martyrs, ayez pitié de nous. 
Jésus, lumière des confesseurs, ayez pitié de nous.
Jésus, pureté des vierges, ayez pitié de nous. 
Jésus, couronne de tous les saints, ayez pitié de nous.

Soyez-nous propices, pardonnez-nous, Jésus. 
Soyez-nous propices, exaucez-nous, Jésus. 

De tout mal, délivrez-nous, Jésus. 
De tout péché, délivrez-nous, Jésus. 
De votre colère, délivrez-nous, Jésus. 
Des embûches du démon, délivrez-nous, Jésus. 
De l'esprit de fornication, délivrez-nous, Jésus. 
De la mort éternelle, délivrez-nous, Jésus. 
Du mépris de vos inspirations, délivrez-nous, Jésus. 
Par le mystère de votre sainte Incarnation, délivrez-nous, Jésus.
Par votre Nativité, délivrez-nous, Jésus.
Par votre Enfance, délivrez-nous, Jésus. 
Par votre vie toute divine, délivrez-nous, Jésus.
Par vos travaux, délivrez-nous, Jésus. 
Par votre Agonie et votre Passion, délivrez-nous, Jésus.
Par votre Croix et votre abandonnement, délivrez-nous, Jésus.
Par vos langueurs, délivrez-nous, Jésus. 
Par votre mort et votre sépulture, délivrez-nous, Jésus. 
Par votre Résurrection, délivrez-nous, Jésus. 
Par votre Ascension, délivrez-nous, Jésus. 
Par l'institution de la sainte Eucharistie, délivrez-nous, Jésus. 
Par vos joies, délivrez-nous, Jésus. 
Par votre gloire, délivrez-nous, Jésus. 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Jésus. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Jésus. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Jésus. 

Jésus, écoutez-nous. Jésus, écoutez-nous. 
Jésus, exaucez-nous. Jésus, exaucez-nous. 

Prions : Seigneur Jésus-Christ qui avez dit : "Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira" : donnez-nous, nous vous en supplions, un tel attrait de votre amour tout divin, que nous vous aimions de tout cœur, de bouche et d'action, et que nous ne cessions jamais de vous louer. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi Soit-il.

dimanche 3 janvier 2021

Epiphanie du Seigneur

 

Saints Mages, mosaïques de Ravennes, VIe s.

Saint Alphonse-Marie de Liguori, Méditations pour l'octave de l'Épiphanie, n°1

« Ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui »

Les mages trouvent une pauvre jeune fille avec un pauvre enfant couvert de pauvres langes... mais, en entrant dans cette grotte, ils ressentent une joie qu'ils n'ont jamais éprouvée...

Le divin Enfant prend un air joyeux : signe de la satisfaction affectueuse avec laquelle il les accueille comme les premières conquêtes de son œuvre rédemptrice. Les saints rois regardent ensuite Marie, qui ne parle pas ; elle se tient en silence ; mais son visage qui reflète la joie et respire une douceur céleste, prouve qu'elle leur fait bon accueil et qu'elle les remercie d'être venus les premiers reconnaître son Fils pour ce qu'il est : leur souverain Maître... Enfant digne d'amour, je te vois dans cette grotte, couché sur la paille, très pauvre et très méprisé ; mais la foi m'enseigne que tu es mon Dieu descendu du ciel pour mon salut.

L'or pour le Roi des rois, l'encens pour Dieu le Verbe,
la myrrhe pour l'humanité offerte en sacrifice.

Je te reconnais pour mon souverain Seigneur et mon Sauveur ; je te proclame tel mais je n'ai rien à t'offrir. 

Je n'ai pas l'or de l'amour, puisque j'ai aimé les choses de ce monde ; je n'ai aimé que mes caprices, au lieu de t'aimer toi, infiniment digne d'amour.

Je n'ai pas l'encens de la prière, puisque j'ai malheureusement vécu sans penser à toi.

Je n'ai pas la myrrhe de la mortification, puisque, pour ne m'être pas abstenu de plaisirs misérables, j'ai tant de fois contristé ta bonté infinie.

Que t'offrirai-je donc ? Mon Jésus, je t'offre mon cœur, tout souillé, tout dénué qu'il est : accepte-le et change-le, puisque tu es venu ici-bas laver dans ton sang nos cœurs coupables et nous transformer ainsi de pécheurs en saints.

Donne-moi donc cet or, cet encens, cette myrrhe qui me manquent.

Donne-moi l'or de ton saint amour ; donne-moi l'encens, l'esprit de prière ; donne-moi la myrrhe, le désir et la force de me mortifier en tout ce qui te déplaît... Ô Vierge sainte, tu as accueilli les pieux rois mages avec une vive affection et tu les as comblés ; daigne aussi m'accueillir et me consoler, moi qui viens, à leur exemple, faire visite et m'offrir à ton Fils.



vendredi 1 janvier 2021

''Te Deum laudamus'' en action de grâce - ''Veni Creator'' pour consacrer la nouvelle année

 

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Science et pratique du Chrétien », chap.3, Les grandeurs admirables de la vocation chrétienne

Que le Dieu d’Israël est bon ! Qu’il soit béni, lui qui fait seul des choses admirables !

Que son nom est glorieux, et plein de majesté, soit béni dans tous les siècles !

Que les cieux, la terre et la mer et tout ce qui se meut en eux célèbrent ses louanges !

O Dieu que les peuples vous louent, qu’ils entrent dans la joie et l’allégresse, qu’ils bénissent la sainteté de votre nom dans la durée de toute l’éternité !

Que vos Anges et tout ce qui respire vous louent !

Mais, ô Jérusalem, ô Sion, ô âme chrétienne, chante les louanges de ton Seigneur et de ton Dieu qui a établi la paix dans toute ton étendue. Chante un nouveau Cantique à se gloire !

Réjouis-toi en ton Roi qui te couronne de miséricorde et de grâce.

Souviens-toi des merveilles et des prodiges qu’il a faits en ta faveur ; n’oublie jamais les grâces que tu en as reçues.

Mais qui racontera les miracles de l’amour qu’il a porté à son peuple ? Qui pourra dire les choses grandes qu’il lui a faites, lui qui est tout puissant et dont le nom est saint ?

O Seigneur, qu’elles sont admirables, qu’elles sont élevées au-dessus de toute pensée, ô Dieu, qui est égal à vous ?

Mais, ô Dieu de bonté et de miséricorde, faites nous luire votre lumière des montagnes éternelles pour raconter les merveilles que vous avez faites au peuple chrétien que vous avez si chèrement aimé, à ce peuple que vous avez racheté des mains de l’ennemi et que vous avez comblé de l’abondance de vos biens ; enfin, que vous soyez loué par ceux qui sont votre héritage !

O Dieu qui comprendra vos miséricordes ?



jeudi 31 décembre 2020

Mère Mère de Dieu. Invoquons souvent le cœur maternel et immaculé de Notre Dame

Sainte Marie proclamée Mère de Dieu au saint Concile d'Ephèse (431)

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu seul ou le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu », chap. 3, Honorer arec toute sorte de respect la maternité divine, et l'amour incomparable du précieux cœur de la glorieuse Vierge

C'est une chose qui n'avait jamais été ouïe, dit le dévot saint Bernard, qu'une Vierge fût mère et vierge tout ensemble : mais si vous considérez de qui elle est Mère, où est-ce que nous portera l'admiration d'une si éminente dignité ? N'est-ce pas Marie, qui peut sans crainte appeler le Dieu et le Seigneur des anges, son fils, disant : Mon Fils, pourquoi avez-vous fait cela ? (Luc, II, 48) Qui est-ce des anges qui oserait parler de la sorte ? Mais Marie se connaissant mère, donne avec assurance le nom de fils à cette sublime Majesté que les anges adorent avec respect ; ce Dieu à qui les anges font hommage, à qui les principautés et puissances obéissent, était sujet à Marie, et non-seulement à Marie, mais aussi à Joseph pour l'amour de Marie.

Qu'une Vierge, poursuit ce Père, domine dessus un Dieu, c'est une sublimité qui n'a jamais eu et qui n'aura jamais de pareille. Mais toutes ces élévations si éminentes ont pris leur origine de ses humiliations abyssales : c'est par l'humilité qu'elle a conçu, disent les Pères, s'abîmant devant l'infinie majesté de Dieu, qui s'anéantissait pour nous dans ses pures entrailles au moment de l'incarnation : et ce fut pour lors qu'étant élevée à une dignité presque infinie par la qualité de Mère de Dieu, que le ciel lui donnait, elle ne prit que celle de sa servante, et l'on peut bien croire qu'elle choisit même le plus bas et vil degré de servitude, qui est celui de l'esclavage. Dieu ayant arrêté les yeux sur cette humilité de sa servante, comme elle le chante elle-même dans son divin cantique (Luc., I, 46 et seq.), c'est la cause pour laquelle toutes les nations la disent bienheureuse : mais plus grand bonheur, et qui est la source de toutes les autres faveurs dont le ciel l’a comblée, est sa maternité divine, qui, lui donnant la qualité de souveraine des anges et des hommes, de reine du ciel et de la terre, fait le fondement de la dévotion de son saint esclavage. C'est pourquoi tous ses esclaves doivent avoir tous les respects possibles pour sa maternité ; ils doivent vivre et mourir dans une dépendance très étroite d'une dignité si glorieuse ; invoquer souvent la très-sainte Vierge sous le nom de Mère de Dieu : qualité admirable, qui a fait le sujet de toutes les plus tendres et plus fortes affections des premiers fidèles, et de tous les plus zélés catholiques.

Les fidèles esclaves doivent de plus honorer grandement l'amour de cette mère de la belle dilection, et son cœur virginal, qui a été le siège de cet amour et le principe de la vie humaine et sensible du saint enfant Jésus, puisque pendant que l'enfant est dans le ventre de sa mère, le cœur de la mère est tellement la source de la vie de l'enfant, aussi bien que de sa propre vie, que la vie de l'enfant n'en dépend pas moins que celle de la mère. Cœur, principe de deux vies si nobles et si précieuses, principe de la vie très pure et très sainte de la Mère de Jésus, principe de la vie humainement divine, et divinement humaine du fils de Marie : cœur sur lequel le divin enfant Jésus a pris tant de fois son repos, qui par sa chaleur naturelle a produit et formé le très pur lait dont il a été nourri ; cœur, la partie la plus noble et la plus vénérable du corps virginal qui a donné un corps au Verbe éternel, qui sera éternellement l'objet des adorations de tous les esprits bienheureux. C'est ce qui donne à ce cœur, lorsqu'il est considéré non-seulement comme matériel et corporel, mais encore en tant qu'il signifie tout l'intérieur de l'admirable Vierge Mère de Dieu, des grandeurs qui sont entièrement ineffables : car je rencontre dans ce cœur l'amour des séraphins, la plénitude de la science chérubins, la paix des trônes, la grandeur des dominations, la force des puissances, le gouvernement des principautés, l'excellence des vertus, le soin, le zèle, la charité, la pureté des archanges et des anges. Ô cœur ! Que tu es admirable ! J'y trouve la justice des patriarches, la connaissance des prophètes, la religion d'Abel, la piété d'Enoch, l'a foi d'Abraham, l'obéissance d'Isaac, la constance de Jacob, le zèle de Moïse et d'Elie, et tous les plus fervents désirs des anciens Pères. Ô cœur glorieux, qui renferme en toi seul toutes les excellences et vertus de l'Ancien Testament ! Je remarque dans ce cœur la charité des apôtres, la force des martyrs, la fidélité des confesseurs, la pureté des vierges, la retraite des solitaires et toute la sainteté des âmes les plus éminentes. Ô cœur tout divin, rempli de toutes les grâces de la loi nouvelle ! Est totum quod vides, tout ce qui s'entend, tout ce qui se lit, tout ce qui se voit, tout ce qui y a de grand au ciel et en la terre, c'est ce cœur sacré et tout précieux. Ramassez en un toutes les lumières du soleil, de la lune et des étoiles ; mettez vous devant les yeux toutes les clartés des corps des bienheureux : ô mon Dieu quel spectacle ! Il n'y a point de corps de bienheureux qui n'ait plus de clarté que le soleil. Mais combien y en aura-t-il dans l'Empyrée ? Combien donc d'aimables soleils dans ce séjour de félicité ? Cependant ce cœur glorieux a plus lui seul de lumières. Figurez-vous toute la puissance des anges, dont un seul vaut plus qu'une armée, selon le témoignage de l'Écriture. Considérez la force du moindre des démons, qui n'ayant plus de grâce ne jouit plus que de ce qu'il a en sa nature, et ne laisse pas d'être terriblement redoutable ; méditez ensuite qu'elle doit être la puissance d'un bon ange, et de tous les saints anges ensemble ; ce grand et digne cœur est lui seul plus puissant. Joignez en eux tous les amours, ce cœur très aimant en a plus et pour Dieu et pour les hommes : Est totum quod vides, et totum quod non vides. Hélas ! après avoir tout dit, nous n'avons rien dit encore. Ce cœur n'aime pas comme les séraphins, ne connaît pas comme les chérubins, n'est pas saint comme les plus grands saints, puisque tous ces amours, toutes ces lumières, toutes ces saintetés ne sont que des amours, des lumières et des saintetés de serviteurs ou d'amis ; mais les grandeurs de Marie sont des grandeurs d'une mère qui a pour fils un Dieu : et ces grandeurs sont plus hautes que le ciel, plus profondes que les abîmes, plus larges que la région des airs, et aussi longues que l'éternité même. Il n'y a que celui-là seul qui l'a faite, qui la connaisse pleinement. Si l'on mettait d'un coté ce cœur virginal, et de l'autre tous les anges et tous les saints ensemble, ce seul cœur, le très uniquement unique cœur entre tous les bons cœurs des pures créatures l'emporterait. Dieu fait plus d'état de lui seul, Dieu en est plus glorifié, et il est plus cher à Dieu.

Ah ! Cœur donc la merveille de tous les cœurs ! Ah ! Cœur dont l'amour est le miracle de tous les amours ! Cœur le plus ravissant de tous les cœurs, puisque tu as ravi le cœur du Père éternel, son Fils bien-aimé ; cœur, le roi de tous les cœurs, puisque tu es le cœur de la Mère d'un Dieu ; cœur béni entre tous les cœurs, puisque tu es une source inépuisable de bénédictions ; cœur le plus obligeant de tous les cœurs après l'incomparable cœur de Jésus, puisque les obligations que nous lui avons, sont presque infinies et en quantité et en qualité. Qu'un chacun porte ses dévotions où il voudra : pour moi, j'entends qu'après mon Dieu, ô aimable, ô doux, ô ravissant objet, tous les désirs qui s'écloront dans mon cœur, tous les mouvements qui s'élèveront dans mon âme, tous les actes qui se formeront dans ma volonté, toutes mes actions soient consacrées à ta gloire pour la gloire de Jésus, qui doit lui seul être aimé et loué en tous les amours et en toutes les louanges.

Ô cœur inestimable ! Je t'aime plus que mes yeux, plus que mon cœur, plus que ma propre vie, plus que les anges, plus que les saints. Mais c'est ici, mon cœur, où il faut s'élargir dans l'aveu que ce cœur mérite plus d'amour que tous les cœurs, puisqu'il y a plus de Dieu seul. Repassons par notre esprit, considérons toutes les dévotions des âmes les plus ferventes de l'ancienne et de la nouvelle loi. Quel zèle pour les saints anges, quelle ferveur pour tant de saints et de saintes dans les cœurs de leurs dévots ! Mettons en suite et joignons ensemble tout ce zèle, toutes ces ferveurs, ce n'est pas encore assez pour ce cœur admirable, qui mérite l'empire de tous les cœurs. S'ils étaient tous en mon pouvoir, ils en deviendraient bientôt la conquête, ils en seraient bientôt les esclaves, puisque Dieu même s'y est bien voulu assujettir : et c'est ce qui l'a rendu un abîme de grâces, qui contient en soi un nombre presque infini de toutes sortes de bénédictions. Il faudrait être sans cœur pour ne pas honorer d'une manière très spéciale ce cœur maternel de notre très bonne mère et très glorieuse dame, particulièrement après que Notre-Seigneur a bien voulu de sa propre bouche en enseigner la dévotion, en la personne de sainte Mathilde, de l'ordre de Saint-Benoit, qui, étant en peine quelle dévotion elle pratiquerait pour se rendre plus agréable à la très sainte Vierge, cet adorable Sauveur lui apprit à saluer son béni cœur. Le bienheureux Herman, de l'ordre de Saint-Dominique, l'honorait tous les jours par quelque pratique pieuse : sainte Gertrude lui était singulièrement dévote.



lundi 28 décembre 2020

Saints Innocents d'hier et d'aujourd'hui, ayez pitié, pardonnez nous et intercédez pour notre conversion

 

Fuite en Egypte, aquarelle

Massacre des saints Innocents à Bethléem

Du Pape François Ier 

 

Jésus est présent et caché dans ces jeunes, dans ces enfants, dans ces personnes.

Sur l’autel, nous adorons la Chair de Jésus : en eux, nous trouvons les plaies de Jésus. Jésus caché dans l’Eucharistie et Jésus caché dans ces plaies. Elles ont besoin d’être écoutées ! Sans doute pas tant sur les journaux, comme des nouvelles ; c’est une écoute qui dure un, deux, trois jours, et puis en vient une autre, et encore une autre... Elles doivent être écoutées par ceux qui se disent chrétiens.

Le chrétien adore Jésus, le chrétien cherche Jésus, le chrétien sait reconnaître les plaies de Jésus. Et aujourd’hui, nous tous ici, avons la nécessité de dire : « Ces blessures doivent être écoutées ! ». Mais c’est une autre chose qui nous donne l’espérance. Jésus est présent dans l’Eucharistie, là se trouve la Chair de Jésus ; Jésus est présent parmi vous, c’est la Chair de Jésus : ce sont les plaies de Jésus dans ces personnes.

La société hélas est polluée par la culture du rebut qui s'oppose à la culture de l'accueil. Et les victimes de la culture du rebut sont précisément les personnes les plus faibles.



dimanche 27 décembre 2020

Sainte Famille de Nazareth, priez pour nous, nos familles, la sainte Eglise, notre pays

 

Nativité de la Renaissance

De Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, « Carnet jaune », 20 août 1897, n.14

Que ce sera gentil de connaître au Ciel tout ce qui s'est passé dans la Sainte Famille !

Quand le petit Jésus commença à grandir, peut-être qu'en voyant jeûner la Sainte Vierge, il lui disait : « Moi je voudrais bien jeûner aussi. » Et la Sainte Vierge répondait : « Non, mon petit Jésus, tu es trop petit encore, tu n'as pas la force. » Ou bien peut-être n'osait-elle pas l'en empêcher.

Et le bon St Joseph ! Oh ! que je l’aime ! Lui ne pouvait pas jeûner à cause de ses travaux. Je le vois raboter, puis s'essuyer le front de temps en temps. Oh ! qu'il me fait pitié ! Comme il me semble que leur vie était simple !

Les femmes du pays venaient parler à la Sainte Vierge familièrement. Quelquefois elles lui demandaient de leur confier son petit Jésus pour aller jouer avec leurs enfants. Et le petit Jésus regardait la Sainte Vierge pour savoir s'il devait y aller. Quelquefois même les bonnes femmes allaient tout droit à l'Enfant Jésus et lui disaient sans cérémonie : « Viens jouer avec mon petit garçon » etc...

Ce qui me fait du bien quand je pense à la Sainte Famille, c'est de m'imaginer une vie toute ordinaire. Pas tout ce qu'on nous raconte, tout ce qu'on suppose. Par exemple que l'Enfant Jésus après avoir pétri des oiseaux de terre soufflait dessus et leur donnait la vie. Ah ! mais non, le petit Jésus ne faisait pas de miracles inutiles comme ça, même pour faire plaisir à sa Mère. Ou bien alors pourquoi n'ont-ils pas été transportés en Egypte par un miracle qui eût été autrement nécessaire et si facile au bon Dieu. En un clin d'œil, ils auraient été rendus là. Mais non, tout dans leur vie s'est fait comme dans la nôtre. Et combien de peines, de déceptions ! Combien de fois a-t-on fait des reproches au bon St Joseph ! Combien de fois a-t-on refusé de payer son travail ! Oh ! comme on serait étonné si on savait tout ce qu'ils ont souffert ! etc… etc…

[Elle m'a parlé très longuement sur ce sujet et je n'ai pu tout écrire.]

 

Noël en famille

samedi 26 décembre 2020

Prière à la crèche

La crèche de S. François d'Assise

O Saint Enfant-Jésus

qui répandez vos grâces sur ceux qui vous invoquent,
regardez-nous prosternés devant votre sainte image
et écoutez notre prière.

Nous vous recommandons tous les nécessiteux
qui se confient à votre Divin Cœur.

Etendez sur eux votre main toute-puissante
et venez au secours de leur indigence.

Etendez la main sur les malades
pour les guérir et sanctifier leurs peines ;
sur les affligés pour les consoler ;
sur les pécheurs pour les attirer
à la lumière de votre grâce ;
sur ceux qui, accablés par la douleur et la misère,
invoquent avec confiance votre  aide pleine d’amour.

Etendez la main encore sur nous pour nous bénir,

bénir ceux que l'on aime.

Accordez ô Petit Roi,
les trésors de votre miséricorde au monde entier
et gardez-nous maintenant et toujours
dans la grâce de votre  amour !

Amen.