jeudi 24 octobre 2019

Saint Raphaël archange

Saint Raphaël, mosaïques, église de la
Theotokos Pammakaristos, Constantinople

Paul Claudel, Corona benignitatis anni Dei

Nul ne s'agenouille et ne prie,
Nul ne donne raison à Dieu,
Nul ne pleure et ne voit sa vie,
Nul avec un cri douloureux
Ne s'ouvre au Fils de Marie,
Sans que son âme ensevelie
Ne se pénètre peu à peu
De l'aimable compagnie
Des Anges délicieux :
O éclosion de l'Ami !
Du frère spirituel,
Du guide qui nous est choisi
Pour nous communiquer le Ciel
Et nous fondre à la hiérarchie
De ceux-là dont il est dit
Qu'ils ne prennent ni ne sont pris
En mariage corporel !
Nul du Père n'est accueilli
Qui n'est semblable à ses petits. (…)
Saint Michel et saint Raphaël, vitrail
C'est pourquoi que nul ne méprise
A cause qu'il ne la voit pas
Cette main que Dieu a commise
Pour tenir la nôtre ici-bas.
Nulle route n'est si raide
Qu'un Ange ne nous précède.
Près de l'infirme et du vieux
Se tient quelqu'un qui voit Dieu.
Malheur à qui le scandalise !
L'innocent ne pardonne pas.
Le Cœur obscur ne déçoit pas
L'œil limpide qui le garde
Du virginal compagnon
Et rien ne fait attention,
Comme un enfant qui regarde !
Quand entre la mort et la vie
Dans l'agonie graduelle
L'âme frémissante étudie
L'amer commencement du Ciel,
Ah ! puissions-nous, comme Tobie,
Au jour de son pèlerinage,
Quand il allait, modeste et sage,
Vers la fille de Raguél,
Voir un instant qui sourit
Fièrement et nous appelle,
Parmi les ombres épaissies
De notre Mésopotamie,
Compatissante et fidèle,
La face de Raphaël !


mardi 22 octobre 2019

Père des miséricordes, modèle de toute paternité

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion à la Très Sainte Trinité », IIe traité, 8e pratique

Le grand Apôtre nous crie qu’il est riche en miséricorde (Rom X 12), qu’il en est le Père et le Dieu de toute consolation ; mais c’est un Père qui n’a rien de pareil entre tous les pères et les meilleurs qui furent jamais.

Aussi il proteste en sa divine parole qu’il étendra ses ailes sur son peuple comme un aigle sur ses petits (Matth XXIII 37), qu’il les portera délicatement sur ses épaules (Luc XV 5).

Vraiment, dit-il en la personne d’Ephraïm, mon peuple est mon fils honorable, mon fils délicat, mes entrailles se sont attendries sur lui (Jer XXXI 20). Ne craignez point, lui dit-il, ô mon peuple que je porte dans mon sein, que je puisse jamais venir à vous mettre en oubli. Votre nom est écrit dans mes mains et encore que les mères vinssent à oublier leurs enfants, je ne ferai pourtant jamais comme elles car à jamais je conserverai votre souvenir et les siècles ne le pourront effacer, rien ne vous pourra ôter de ma pensée ni de mon cœur (Is XLIX 14-16).

C’est pourquoi notre divin Maître nous dit dans l’Evangile : N’appelez personne en la terre du nom de votre père parce qu’il n’y en a qu’un seul qui soit votre Père qui est dans les cieux (Matth XXIII 9) ; il n y a que lui seul qui ait une miséricorde si surabondante.



samedi 19 octobre 2019

La vie vertueuse de Monsieur Boudon

Chanoines cathédraux

« Vie de Boudon », par Collet

A LA REINE

Madame ;

~ J’ai l’honneur de dédier aujourd’hui à Votre Majesté la Vie d’un archidiacre que la voix de tous ceux qui aiment la vertu a depuis longtemps canonisé.

~ Mais quoique la vie de M. Boudon ne présente pas des traits si grands, Votre Majesté apercevra du premier coup d’œil qu’il a réuni toutes les vertus qui en sont le germe et qu’il ne lui a manqué que le pouvoir ou l’occasion de les faire éclater. Elle trouvera dans le même homme une charité qui n’a de bornes que celles de la plus rigoureuse impuissance, un zèle ardent pour les intérêts de Dieu et de son Eglise, mais un zèle toujours tempéré par la douceur et par la prudence, le rare talent de soulager ces âmes souffrantes que Dieu conduit à lui par les plus pénibles sentiers, une confiance si parfaite en la Providence que, quoique dénué de tout le lendemain ne lui donna jamais la plus légère inquiétude, un détachement si absolu de toutes les créatures que Dieu seul et très seul, fut toujours le centre et le terme de son cœur, de ses pensées, de ses entreprises.

Allégorie de l'humilité
Mais j’ose le dire, Madame, quelque accoutumée que vous soyez aux plus sublimes vertus, vous ne pourrez voir sans une sorte d’émotion, je ne dis pas la patience invincible, je dis la joie, les transports avec lesquels ce saint prêtre souffrit une des plus violentes persécutions qu’on puisse imaginer, persécution qui, quoique suscitée contre sa foi, fut si souplement ménagée quelle parut ne l’attaquer que pour les mœurs.

Les Etats les plus brillants ont leurs croix. Le joug pesant qui accable les enfants d’Adam n’épargne pas plus les rois qu’il n’épargne les derniers de leurs sujets. Quelle consolation pour l’Eglise de présenter en tout temps des modèles d’une parfaite soumission aux ordres les plus sévères du premier des maîtres ! Quel plaisir pour une reine qui, tout occupée de la grandeur de Dieu, gémit comme Esther du poids de la sienne, de voir dans ce dernier âge du monde un homme plus content d’être le rebut et l’opprobre d’un peuple qui l’avait si souvent admiré, qu’il ne l’était en se rappelant que les trois plus grandes princesses du monde avaient versé des fleurs sur son berceau.

Votre Majesté n’aura pas besoin de cette dernière grâce qui fait vaincre la calomnie par la patience. Le monde, tout monde qu’il est, a rendu un hommage constant et aux vertus dont le ciel vous a comblée dès l’enfance et à la manière dont vous avez su les transmettre à votre auguste famille.

Puissiez-vous, comme les anciens amis de Dieu, les y voir régner jusqu’à la quatrième génération. C’est l’unique vœu que puisse former un ministre de Jésus Christ. Et c’est le seul qu’adoptera une princesse qui sait que le monde passe avec sa gloire et ses plaisirs, mais que la vertu subsiste éternellement.

Je suis avec un très profond respect, MADAME,
DE VOTRE MAJESTÉ, le très humble, très obéissant, très fidèle serviteur et sujet,

Pierre Collet


mercredi 16 octobre 2019

Dédicace de la basilique de Saint-Michel du Mont Tombe, le Mont Saint-Michel

Statue de Saint Michel, jardins du Vatican

Du bienheureux Bartolo Longo

Esprit souverainement beau et resplendissant, saint Michel, soyez la lumière qui éclaire nos pas, notre force quand nous sommes abattus, faites-nous remporter la victoire dans la tourmente des passions, soyez notre réconfort dans les peines de la vie, notre refuge dans le monde qui nous persécute, la santé dans les maux qui nous affligent, préservez-nous des pièges que nous tendent nos ennemis pour nous surprendre, soyez notre soutien contre les tentations du démon. Avec le chœur des trônes, nous vous honorons, en adorant le Seigneur.



dimanche 13 octobre 2019

Notre Seigneur, Jésus Christ

"Pourquoi dors-tu, Seigneur ?" - le Seigneur dormant
dans la barque avant d'apaiser la tempête,
par Jules Joseph Meynier

De Charles Péguy

Puissions-nous contempler l’homme de Nazareth,
L’ouvrier du bois d’orme et du bois de bouleaux.
Et l’homme de la barque et de Génésareth,
Et la procession de Ses pieds sur les eaux.
Puissions-nous Le revoir comme Il était sur la terre,
L’homme du bois de charme et du bois de bouleau.
Comme Il se gouvernait dans cette humble misère,
Assis dessus la barque errante au fil de l’eau.


jeudi 10 octobre 2019

A Jésus, par le Coeur immaculé de Marie


De Saint Maximilien Kolbe, ofm., extraits des conférences du 5 juillet 1936, des 3 et 4 septembre 1937 et du 14 mai 1936

« Voici ta mère » (Jn 19,27)

Efforçons-nous d'aimer le Seigneur Jésus avec le cœur de l'Immaculée, de le recevoir avec son cœur, de le louer avec ses attitudes à elle, de réparer, remercier, même si nous ne le comprenons pas, cependant c'est la réalité. C'est par son cœur, par ses attitudes que nous louons le Seigneur Jésus. Si vraiment c'est elle qui aime et glorifie Jésus par nous, alors nous sommes ses instruments.

Elle seule va nous apprendre comment aimer le Seigneur Jésus, bien mieux, sans comparaison, que tous les livres et tous les maîtres. Elle nous apprend à l'aimer comme elle l'aime. Et tout notre effort doit tendre à ce qu'elle seule aime le Seigneur Jésus avec notre cœur.

Seule l'âme possédée par l'amour de Dieu retire d'elle tout ce qui l'encombre. Tout se concentre sur l'amour de Dieu. Et maintenant qui donc aime plus Jésus pauvre et crucifié, dans la crèche, que la Mère très sainte ! Personne au monde, même parmi les anges, n'a aimé et n'aime aussi ardemment le Seigneur Jésus que la Mère de Dieu... L'Immaculée est l'épanouissement de l'amour divin dans nos âmes et le moyen de nous approcher du cœur de Jésus.


lundi 7 octobre 2019

Notre Dame du Rosaire ayez pitié de nous, de l'Eglise et de notre monde

La Vierge Marie confiant le rosaire à Saint Dominique et Sainte Catherine de Sienne,
par Guglielmo Caccia



vendredi 4 octobre 2019

Saint François d'Assise, Apôtre de Notre-Dame des Anges

San-Francesco-abbraccia-i-piedi-di-Cristo
Thomas de Celano, biographe de saint François et de sainte Claire, 
« Vita Prima » de Saint François, § 29

Saint François et Sainte Claire recevant
une jeune novice
Une nouvelle recrue de qualité est entrée dans l'Ordre, et leur nombre a été porté ainsi à huit. Alors le bienheureux François les a réunis tous et leur a parlé longuement du Royaume de Dieu, du mépris du monde, du renoncement à la volonté propre et de la docilité à exiger du corps. Puis il les a divisés en quatre groupes de deux et leur a dit :
« Allez, mes bien-aimés, parcourez deux à deux les diverses régions du monde, annoncez la paix aux hommes et prêchez-leur la pénitence qui obtient le pardon des péchés.
Soyez patients dans l'épreuve, sûrs que Dieu accomplira ce qu'il a décidé et qu'il tiendra ses promesses. Répondez humblement à ceux qui vous interrogent, bénissez ceux qui vous persécutent, remerciez ceux qui vous insultent et vous calomnient : à ce prix, le Royaume des cieux est à vous ! » (Mt 5,10-11).

Ils ont reçu avec joie la mission que leur confiait la sainte obéissance et se sont prosternés aux pieds de saint François qui a embrassé chacun tendrement en lui disant avec foi : « Abandonne au Seigneur tout souci, et il prendra soin de toi ! » (1P 5,7)

C'était sa phrase habituelle quand il envoyait un frère en mission.


Notre Dame des Anges, fresque

mercredi 2 octobre 2019

Fête des saints Anges gardiens


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie II, chap. 6

Nous avons traité amplement du culte de ces bienheureux esprits dans notre livre de la « Dévotion aux neuf chœurs des anges ».

Je dirai seulement encore ici qu’il serait bon, outre les fêtes de saint Michel qui se célèbrent deux fois l’année, celle de saint Gabriel qui se fait le 18 ou le 24 de mars, celle de saint Raphaël que l’on célèbre le troisième dimanche après Pâques ou le 20 de novembre, de prendre tous les mardis qui sont des jours dans l’usage de l’Eglise appliqués à la mémoire de ces aimables intelligences, pour les honorer spécialement en assistant à la sainte messe, ou y communiant, ou la faisant célébrer en leur honneur en y pratiquant quelque mortification intérieure ou extérieure, en y faisant quelque œuvre de charité spirituelle ou corporelle, en visitant quelque église ou chapelle dédiée à Dieu sous leur invocation, en pensant à leurs bontés et en s’entretenant avec eux.
*Aujourd’hui, les mémoires liturgiques se célèbrent :
-pour la S. Michel : 29 septembre, 16 octobre (dédicace du Mt S. Michel) et 8 mai (S. Michel du Mt Gargan) ;
-pour la S. Gabriel : 24 mars (vigile de l’Annonciation) ;
-pour la S. Raphaël : 24 octobre ;
-pour les SS. Anges gardiens : 2 octobre.




mardi 1 octobre 2019

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, co-patronne de la France, patronne de la Normandie


De sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, « Carnet jaune », 17 juillet 1897, 1 et 2

Samedi - A 2 heures du matin elle avait craché le sang.

Je sens que je vais entrer dans le repos... Mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le bon Dieu comme je l'aime, de donner ma petite voie aux âmes.
Si le bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel se passera sur la terre jusqu'à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. 
Ce n'est pas impossible, puisqu'au sein même de la vision béatifique, les Anges veillent sur nous. Je ne puis pas me faire une fête de jouir, je ne peux pas me reposer tant qu'il y aura des âmes à sauver... Mais lorsque l'Ange aura dit : « Le temps n'est plus ! » alors je me reposerai. Je pourrai jouir, parce que le nombre des élus sera complet et que tous seront entrés dans la joie et dans le repos. Mon cœur tressaille à cette pensée... ... 
Le bon Dieu ne me donnerait pas ce désir de faire du bien sur la terre après ma mort ; s'il ne voulait pas le réaliser ; il me donnerait plutôt le désir de me reposer en lui.
Je n'ai que des incommodités à supporter, pas des souffrances.



dimanche 29 septembre 2019

Saint Michel Archange, tous les Anges, tous les Esprits bienheureux, bénissez le Seigneur et prier pour nous, pauvres pécheurs en chemin vers le Royaume



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dévotion aux neuf chœur des Anges », 2nd traité, 1ère pratique, Avoir une dévotion singulière aux anges, archanges et principautés

Ô anges du paradis, je m'adresse à vous, sachant bien que les hommes sont des endurcis : ayez donc soin, je vous en conjure, je vous demande cette grâce, prosterné à vos pieds, dans le regret de mon cœur, et baigné de larmes ; ayez soin du corps de notre Souverain. Ayez soin de toutes les parcelles des saintes hosties ; donnez de saints mouvements aux prêtres pour les bien nettoyer avant de les consacrer, et pour se servir ensuite de tous les moyens possibles, afin que celles qui restent après la consécration ne soient pas profanées. 
Saint Michel, saint Raphaël, saint Gabriel archanges,
vitrail de l'église de Fougères
Inspirez de fortes vues aux prélats, aux archidiacres et aux visiteurs, pour tenir la main pour trouver des moyens à ce que le corps d'un Dieu soit traité, soit gardé avec toute sorte de respect. Donnez de plus en plus des lumières à ceux qui élèvent les ecclésiastiques dans les séminaires, à y donner les instructions nécessaires sur un sujet de telle importance ; faites que dans les conférences des ecclésiastiques l'on s'en entretienne, l'on en parle, l'on avise aux remèdes ; touchez le cœur des personnes qui ont quelque commodité, à ce que dans les diocèses l'on s'unisse ensemble pour faire quelque fonds pour avoir des ciboires, calices, corporaux. Je sais, dans l'expérience que j'en ai, par un grand nombre de visites que mon ministère m'oblige de faire tous les ans, que si l'on avait un peu de zèle, il serait facile en quelques années, par les soins d'un prélat, des archidiacres, des curés, de la noblesse et de quelques personnes accommodées, d'avoir des tabernacles décents, des ciboires d'argent ; ou dans les lieux qui sont sujets à être volés, des ciboires de cuivre, dont la concavité serait remplie d'une façon de coupe d'argent, qu'il est facile d'approprier au ciboire fort au juste, et de l'y attacher proprement pour y mettre les saintes hosties, et cela pour peu de dépense, deux écus y pouvant suffire. Ces sortes de ciboires sont aussi propres que les petites boites d'argent, et sont plus d'usage, à raison qu'ils contiennent un plus grand nombre d'hosties, qui n'y sont pas exposées, comme dans les petites boîtes, à plusieurs périls que l'on voit en arriver, lorsque l'on s'en sert pour communier à Pâques, ou en d'autres fêtes solennelles, quand il y a grand nombre de personnes qui approchent de la sainte table ; il serait aisé, dis-je, d'avoir des tabernacles raisonnables, aussi bien que des ciboires, et de ne se servir plus que de calices d'argent, et de fournir toutes les églises et chapelles de corporaux et purificatoires qui seraient en bon ordre.

Sublimes intelligences, aimables gardiens des chapelles, faites connaître le désordre où elles sont ; faites-en faire la visite exacte ; car très souvent on ne les visite point, l'on se contente de celles des paroisses, ce qui fait qu'à peine sait-on ceux qui en sont les titulaires, qui souvent n'y viennent point, qui en mangent le revenu impunément, qui laissent les fondations, qui ne s'en acquittent que d'une partie et qui ne font aucune dépense pour ces chapelles ou prieurés qui sont dans un état pitoyable, sans ornements, sans décoration, qui paraissent plutôt des étables ou des granges, que des chapelles destinées à la consécration du corps et du sang d'un Dieu.

Saint Michel terrassant le démon. Enluminure des
heures du duc de Bedford (Sainte Jehanne d'Arc,
pardonnez-moi !)
Oh ! Quel compte les prélats rendront-ils de tous ces lieux, où il se commet des irrévérences perpétuelles contre le plus auguste de nos mystères, par le peu de soin qu’ils en ont. Je ne puis ici m'empêcher que je ne dise une remarque que j'ai faite en mes visites. S'il manque à une église une bannière ou un drap de mort, l'on voit un grand empressement pour trouver de l'argent pour en avoir ; si l'on parle sur ce sujet, l'on est écouté, l'on est aidé ; chacun crie que c'est un désordre, et quoique la dépense soit assez considérable, l'on trouve les moyens de la faire : faut-il deux écus pour mettre un ciboire dans la décence, en la manière que nous l'avons dit, ou pour avoir des corporaux, chacun ne dit mot, personne n'y veut entendre. Voilà où va l'aveuglement des Chrétiens, ce qui marque assez et la dureté des cœurs, et le manque de foi. Quelquefois même l'on s'opposera à avoir un calice d'argent, ou un ciboire ; l'on criera qu'il suffit bien d'en avoir un d'étain ; que l'on s'en est bien contenté par le passé, et l'on voudra mettre l'argent de la fabrique en rente. Je laisse à penser à toutes les âmes de piété, à ce qu'elles feront pour travailler à remédier à des choses si déplorables, et je convie avec larmes, toutes celles qui sont touchées de la gloire de l'adorable Jésus au très saint sacrement, de faire quantité de dévotions en l'honneur des saints anges, et spécialement de ceux qui résident dans nos églises, qui sont auprès du très saint sacrement, qui en gardent les autels, afin qu'ils demandent pardon à la majesté divine de nos irrévérences, de nos froideurs, de notre aveuglement, de notre dureté, et à ce qu'ils inspirent des moyens convenables pour faire rendre les respects qui lui sont dus dans ce mystère d'amour.

Ce que rapporte le P. de Bary Jésuite, en son digne livre de la Dévotion des anges, fait bien voir que les communautés ou congrégations ont aussi des anges qui en prennent soin. Il assure donc avoir appris du confesseur d'un jeune homme de la ville d'Eu, que ce jeune homme étant fort malade vers l'heure de midi, un jour de mercredi, deux anges, pleins de majesté et de beauté, lui apparurent, et qu'ils le consolèrent jusqu'au moment de sa mort, qui fut le samedi suivant, comme ils lui avaient prédit. Or l'un de ces anges lui dit qu'il était son ange gardien, et l'autre, le tutélaire de la congrégation de la très sacrée Vierge, établie en cette ville, au collège de la Compagnie de Jésus. L'ange de la congrégation lui dit de plus, qu'ils étaient envoyés par le commandement de la très sainte Mère de Dieu, pour l'assister de la sorte, à raison de la patience qu'il avait eue dans un mauvais traitement de son père et de sa mère, particulièrement ayant pu l'éviter, s'il eût voulu, et parce qu'il avait fidèlement observé les règles de la congrégation.

Saint Michel, prince des milices célestes, archistratège
des armées célestes. Fresque du monastère de Valaam, Russie
C'est une sainte pratique d'implorer le secours des anges du diocèse dans lequel on est, et des anges de celui qui en est le prélat ; et de ses officiers, afin qu'ils obtiennent l'établissement du règne de Jésus-Christ dans les fidèles qui y demeurent, la destruction de l'empire de Satan, et les lumières et la force nécessaires pour gouverner saintement le diocèse ; et afin qu'ils empêchent la malice et les ruses des diables, qui travaillent toujours à détruire les moyens dont Dieu veut se servir pour l'établissement de ses divins intérêts.

Enfin, il faut être dévot aux anges, pour en obtenir la pureté de corps et d'esprit, la charité envers le prochain, et la patience ; aux archanges, pour en obtenir le zèle de l'intérêt de Dieu pour nous et pour les autres, spécialement pour les princes de l'Église et l'État séculier, pour les personnes publiques, pour le bien spirituel et temporel des royaumes et provinces ; aux principautés, pour la réforme de notre intérieur. L'homme est un petit monde, et il doit commander à ses passions, et les gouverner en roi. Mais comme sa puissance est merveilleusement affaiblie par le péché, il a besoin d'être soutenu, pour ne se pas laisser vaincre à soi-même. Les principautés qui portent à cette glorieuse qualité, par le commandement que Dieu leur a donné sur les anges inférieurs, lui rendront de puissants secours, s'il tâche à ne s'en pas rendre indigne : mais pour cela il faut honorer, avec de profonds respects, ces grands princes du paradis.




vendredi 27 septembre 2019

Un bon livre qui met en fuite les démons doit être lu


« Vie de Boudon », par Collet


L’enfer même, toujours désespéré, toujours en fureur contre les saints anges, a plus d’une fois rendu hommage au livre que Boudon* a consacré à la gloire de ces bienheureux esprits ; et l’on sait par des voies assez sûres, qu’en le mettant entre les mains de gens chez qui le prince des ténèbres faisait sa demeure, on a tout à coup arrêté leurs plus violentes agitations.


(* La dévotion aux neuf choeurs des anges)


mardi 24 septembre 2019

Soyez saints comme je suis saint

Notre modèle et notre Roi, c'est le Christ !

Saint Nectaire d’Egine, de la noblesse chrétienne

Les chrétiens doivent, selon le commandement du Christ, tendre vers la perfection et la sainteté.

La perfection et la sainteté commencent d'abord par creuser un profond sillon dans l'âme pour ensuite imprégner nos pensées, nos désirs, nos paroles et nos actes. De cette manière tout ce qui emplit l'âme déborde aussi extérieurement sur le caractère de l'homme tout entier.

Aussi comportons-nous envers tous avec délicatesse. Que nos paroles et nos actions transpirent la grâce du Saint Esprit, dont nous sommes les porteurs au fond de notre cœur. Alors tout notre vécu témoignera que ce qui est glorifié, c'est d'abord le nom de Dieu.

Qui mesure ses paroles, mesure aussi ses actes.
Qui fait attention à ce qu'il dit, fait aussi attention à ce qu'il entreprend ; jamais il ne va au-delà de la mesure et de la bienséance. Car les vains mots engendrent les haines, les inimitiés, les tristesses, les disputes, les troubles de tous genres, les guerres aussi.

Délicatesse donc et profond respect ! Que jamais ne sortent de nos lèvres des paroles blessantes ; des paroles qui n'ont pas d'abord été salées par la grâce de Dieu. Que les mots prononcés dans notre bouche soient pleins de bonté comme venant du Christ Lui-même et qu'ils soient le reflet de la façon dont nous cultivons notre propre âme.


samedi 21 septembre 2019

La recette du bonheur véritable

Extrait de « La vie en Christ », par Saint Nicolas Cabasilas

C’est en aimant Dieu que nous trouverons le vrai bonheur. Celui qui aime Dieu, et se soumet entièrement à Son amour Lui livre totalement ses désirs et son énergie. Il ne réserve rien pour lui-même. S’il a souci de la santé de son âme, ce n’est pas par amour pour elle, ni pour son bonheur mais uniquement pour l’amour de Dieu et de Ses lois. C’est un peu comme si l’on prenait soin d’un outil par amour du travail qu’on exécute avec lui. Or un forgeron utilise son outil pour fabriquer une charrette, mais c’est celle-ci qui l’intéresse plutôt que l’outil lui-même.

Qu’est-ce qui nous persuade de prendre soin de notre âme et de l’aimer ardemment ? Rien d’autre que de vouloir vivre et être heureux. Qui supporterait à la fois d’exister et d’être malheureux ? (...) C’est en aimant Dieu que nous trouverons le vrai bonheur. Il est clair également qu’aimer Dieu, c’est aussi aimer notre âme. Pourtant, la plupart des hommes ne savent pas d’où peut leur venir le bonheur. Ils aiment tous des choses différentes, et se détournent du droit chemin menant au but. Ils choisissent souvent ce qui les rend pires. Ils n’honorent pas leur âme ainsi qu’ils devraient et l’ignorent contre tout bon sens.

Les hommes fervents ordonnent leur vie à Dieu car Il est source de leur bonheur et les secourt dans leur conduite. Ils regardent Dieu comme l’unique objet de leur amour et L’aiment uniquement pour Lui-même. Pour Lui, ils aiment leur âme, leur existence et tout le reste...



mercredi 18 septembre 2019

Lire et surtout vivre la Parole de Dieu


De Philoxène de Mabboug en Syrie, Homélie 1, 4-8

« Tout homme qui écoute ce que je dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. » Il faut donc, selon ce que dit notre Maître, que nous nous appliquions non seulement à écouter la parole de Dieu, mais encore à y conformer notre vie... L'écoute de la loi est une bonne chose, car elle nous incite aux actions vertueuses. Nous avons raison de lire et de méditer les Écritures, car c'est ainsi que nous purifions le fond de notre âme des pensées mauvaises.

Le sermon sur la montagne
Mais lire, écouter et méditer assidûment la parole de Dieu sans la mettre en pratique, est une faute que l'Esprit de Dieu a condamnée à l'avance... Il a même interdit à celui qui se trouve dans de telles dispositions de prendre le livre saint dans ses mains. A l'impie, Dieu déclare : « Qu'as-tu à réciter mes lois, à garder mon alliance à la bouche, toi qui n'aimes pas les reproches et rejettes loin de toi mes paroles ? » (Ps 49,16-17)... Celui qui lit assidûment les Écritures sans les mettre en pratique trouve son accusation dans sa lecture ; il mérite une condamnation d'autant plus grave qu'il méprise et dédaigne chaque jour ce qu'il entend chaque jour. Il est comme un mort, un cadavre sans âme. Des milliers de trompettes et de cors peuvent bien sonner aux oreilles d'un mort, il ne les entendra pas. De même, l'âme qui est morte dans le péché, le cœur qui a perdu le souvenir de Dieu, n'entend pas le son ni les cris des paroles divines, et la trompette de la parole spirituelle ne l'impressionne pas ; cette âme est plongée dans le sommeil de la mort... 

Il faut donc que le disciple de Dieu porte ancré dans son âme le souvenir de son Maître, Jésus Christ, et qu'il pense à lui jour et nuit.

Carl Spitzweg, le rat de bibliothèque