lundi 31 janvier 2022

Préparons-nous à la Chandeleur et à la fête de la vie consacrée


Message de S. Jean-Paul II pour la 1ère journée de prière pour la vie consacrée

Très chers frères et sœurs, l'institution de cette journée en la fête de la Présentation du Seigneur au temple apportera, j'en suis certain, un appui à la mission de l'Eglise.

D'abord à la mission "ad gentes", afin que ceux qui n'ont pas encore connu le Christ puissent approcher son mystère d'Envoyé du Père. Ce mystère est révélé par l'existence de personnes qui par le don total d'elles-mêmes témoignent que le Christ est le Fils Unique, le Modèle insurpassable.

Je suis sûr aussi d'aider la nouvelle évangélisation. Elle est rendue possible et efficace grâce à des personnes qui, d'abord auto-évangélisées, peuvent présenter l'évangile dans sa plénitude et montrer le visage maternel de l'Eglise, servante des hommes et des femmes de notre temps.

Je suis également assuré d'apporter un soutien concret à la pastorale des Eglises particulières. Elles peuvent parfois être tentées comme Marthe, de considérer la mission surtout dans les nombreuses choses à faire et qui doivent être faites, bien sûr. Mais cette journée rappelle à tous que c'est en choisissant la part de Marie, qu'on peut porter des fruits abondants dans la vigne du Seigneur.

Que la Vierge Marie qui eut le très grand privilège de présenter au Père, Jésus Christ, son Fils Unique, comme une offrande pure et sainte, nous garde dans l'action de grâce envers le Seigneur pour le don de la vie consacrée et pour les merveilles qu'elle a accomplies pour le bien de toute l'humanité.

Du Vatican, le 6 janvier 1997


vendredi 28 janvier 2022

S. Thomas d'Aquin


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix », chap. 3

C’est cet amour si déréglé, et qui dans la vérité est une grande haine, qui porte à des extrémités que l’on aurait de la peine à croire. Car qui pourrait s’imaginer que ce fantôme d’amour allait jusqu’à procurer un malheur éternel comme nous le lisons de saint Thomas d’Aquin à qui l’on envoya une courtisane pour le corrompre afin de l’empêcher d’être religieux. Mais, ô mon Sauveur, qu’il est vrai que le monde ne connait point ; qu’il est vrai que vous n’êtes point du monde !

mardi 25 janvier 2022

Fête de la Conversion de S. Paul : prions pour la conversion de tous les coeurs

 




De saint Vincent de Lérins,

Communitorium, chap. 21



Je ne peux m'étonner assez de la folie de certains hommes, de l'impiété de leur compréhension aveugle, de la convoitise de l'erreur, telle que, ne se contentant pas de la règle de foi donnée une fois pour toutes, et reçue depuis les temps anciens, ils cherchent chaque jour une nouveauté après l'autre, et désirent constamment ajouter, changer, enlever, en religion, comme si la doctrine, "Que ce qui a été révélé une fois pour toutes" ne suffise plus et soit une règle terrestre et non une règle divine.

 


A quoi conduit le faux oecuménisme : la négation de l'Ecriture Sainte, de la Tradition apostolique, des Pères de l'Eglise et des saints.


lundi 24 janvier 2022

Saint François de Sales



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie III


Le grand remède aux tentations contre la foi, disait saint François de Sales, est de s’enfuir par la porte de la volonté et nullement par celle de l’entendement. C’est une grande tromperie que de vouloir raisonner sous prétexte de trouver quelque appui. Si l’on en demeure là, il sera facile au démon de vaincre ; mais la pure soumission d’esprit sans réflexions et sans raisonnements rendra l’âme victorieuse des diables et de toutes leurs tentations.

vendredi 21 janvier 2022

Le roi est mort, vive le roi !


Saint Pie X
, à Mgr Touchet, évêque d'Orléans, lors de la lecture du décret de béatification de Jeanne d'Arc, 13 décembre 1908

Vous direz aux français qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »

A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d'Israël : que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu.

Ce n'est pas un rêve, mais une réalité ; je n'ai pas seulement l'espérance, j'ai la certitude du plein triomphe.




lundi 17 janvier 2022

Notre Dame de Pontmain


Inviolata, integra et casta es Maria: Quae es effecta fulgida caeli porta.

Suscipe pia laudum praeconia. Te nunc flagitant devota corda et ora:

Nostra ut pura pectora sint et corpora. Tua per precata dulcisona:

Nobis concedas veniam per saecula. 

O benigna! O Regina! O Maria! Quae sola inviolata permansisti.


Tu es inviolée, intègre et chaste, ô Marie,
Toi qui es devenue la porte éclatante du Ciel.

Ô tendre et très chère Mère du Christ,
Accueille nos pieux chants de louange.

Nos cœurs et nos bouches te prient avec dévotion
pour que soient purs nos corps et nos âmes.

Par tes prières si douces
Obtiens-nous le pardon à jamais.

Ô bonne ! Ô Reine ! Ô Marie !
Toi qui seule es demeurée inviolée.



vendredi 14 janvier 2022

Naissance et renaissance sacramentelle du vénérable abbé Henri Marie Boudon


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 173

Vendredi 14 du mois (de janvier), fête du saint Nom de Jésus, est le jour de ma naissance & de ma renaissance par le saint Baptême car la divine Providence qui m’a fait différer les cérémonies sacrées jusqu’au 16 ou 26 de Mai (je ne saurais distinguer dans mon Baptistère lequel des deux chiffres cette divine Providence, dis-je) a voulu que je ne fusse pas un jour sans être à Jésus-Christ.

Ainsi, du côté de la divine Providence, toujours un accablement pour ainsi dire de grâces &, de mon côté, des infidélités & des ingratitudes inouïes sans que cependant elle se soit jamais lassée de me les continuer & augmenter, ce qui est étonnant & ce qui me doit confondre infiniment. En vérité, je mériterais que toutes les créatures s’élevassent contre moi, pour venger mes ingratitudes & mes rebellions envers notre commun Créateur ~ J’entre donc vendredi dans la 78e année de mon âge & de ma vie misérable. Oh Monsieur ! que ce ne soit plus pour vivre, mais pour continuer la vie de Jésus-Christ ~ Vivat, vivat, vivat !



mardi 11 janvier 2022

Prions sans cesse Dieu seul !



Saint Isaac le Syrien 

Dieu ne nous jugera pas sur la psalmodie, ni pour avoir négligé la prière, mais parce qu’en les abandonnant, nous avons ouvert notre porte aux démons.

 

dimanche 9 janvier 2022

Baptême du Seigneur - Théophanie au Jourdain


Homélie du IVe siècle pour l’Epiphanie
 

Jésus est venu vers Jean et a été baptisé par lui dans le Jourdain. Quels événements incroyables : le fleuve sans limites qui réjouit la Cité de Dieu, comment est-il lavé dans un peu d'eau ? La source incompréhensible qui fait jaillir la vie pour tous les hommes et qui n'a pas de fin a été recouverte par des eaux misérables et passagères ! Celui qui est présent partout, qui n'est absent de nulle part, celui qui est incompréhensible aux anges et invisible aux hommes, vient au baptême parce qu'il l'a bien voulu. ~

Et voilà que les cieux s'ouvrirent et qu'une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai mis tout mon amour. Le bien-aimé engendre l'amour et la Lumière immatérielle engendre la lumière inaccessible. ~

Cet homme est celui qu'on appelle le fils de Joseph, et il est « mon fils unique » selon l'essence divine : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Il a faim, et il nourrit des milliers hommes ; il peine, et il donne le repos à ceux qui peinent ; il n'a pas où reposer la tête, et il porte tout dans sa main ; il souffre, et il remédie aux souffrances ; il est souffleté, et il donne la liberté au monde ; son côté est transpercé, et il restaure le côté d'Adam.

Mais, je vous en prie, écoutez-moi attentivement : je veux remonter à la source de la vie et contempler la source d'où surgissent les guérisons. Le Père de l'immortalité a envoyé dans le monde son Fils immortel, son Verbe. Celui-ci est viens vers l'homme pour le laver dans l'eau et l'Esprit. Il le fait renaître pour rendre incorruptibles son âme et son corps ; il a éveillé en nous son souffle de vie, il nous a couvert d'une armure incorruptible. Si donc l'homme est devenu immortel, il deviendra Dieu aussi. Et s'il devient par l'eau et l'Esprit Saint après avoir reçu la nouvelle naissance par le baptême, il sera aussi cohéritier du Christ dans la résurrection des morts.

Proclame donc : « Venez, toutes les tribus des nations vers le bain de l'immortalité ! » ~ Cette eau, unie à l'Esprit, qui arrose le Paradis, qui féconde la terre, qui fait pousser les plantes et engendre les vivants. Pour tout dire en un mot, elle engendre l'homme à la vie en le faisant renaître, elle en qui le Christ a été baptisé, elle sur qui l'Esprit est descendu sous la forme d'une colombe. ~ 

Celui qui se plonge avec foi dans ce bain de la nouvelle naissance se sépare du démon et s'unit au Christ. Il renonce à l'ennemi et confesse que le Christ est Dieu. Il rejette l'esclavage et revêt la condition de fils adoptif. Il sort du bain, brillant comme le soleil, rayonnant de justice. Mais surtout il en remonte fils de Dieu et cohéritier du Christ.

À celui-ci, gloire et puissance, en même temps qu'à l'Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Amen.

 

samedi 8 janvier 2022

Sainte Famille de Nazareth, priez pour nous


Prière de la famille chrétienne, du vénérable Pape Pie XII

O Sainte Famille, Trinité de la terre, ô Jésus, Marie et Joseph, sublimes modèles et tuteurs des familles chrétiennes, nous recou­rons à vous, non seulement pour nous forti­fier dans la suave contemplation de vos aimables exemples, mais aussi pour implorer votre protection et vous promettre une cons­tante fidélité dans la voie que vous nous montrez.

Votre paix, votre inaltérable sérénité réconfortent nos esprits tourmentés parmi les angoisses d'une vie toujours plus com­pliquée et difficile, en nous montrant avec éloquence que c'est seulement dans les foyers ornés et enrichis des vertus domestiques que vous nous enseignez, que nos cœurs pourront trouver le repos et la félicité auxquels nous aspirons tant.

Mais comment cette tendre plante qu'est la famille pourra-t-elle se défendre de l'ar­deur des passions sans frein, des mouve­ments insidieux de révolte qui, pour ainsi dire, se glissent en tout lieu, de l'ouragan de la vie moderne, qui, dirait-on, veut tout bouleverser? Comment, sinon en faisant nous-mêmes pénétrer profondément ses raci­nes dans la terre généreuse de la piété chré­tienne; en implorant pour elle la rosée abondante de la grâce divine, spécialement par la participation commune aux sacrements; en l'animant d'un véritable esprit de foi, qui nous amène à dominer la conception matérialiste de la vie; en unissant tous ses rameaux par l'étroit lien d'un amour qui, s'il n'était encore surnaturel, passerait comme tout ici-bas; en la consolidant dans son être même, par la ferme résolu­tion d'accomplir chacun nos devoirs en tout ce que nous impose le bon ordre de la famille, en la soutenant dans les difficultés de cet exil terrestre, où parfois manque jusqu'à une honnête demeure, ou bien font défaut les moyens suffisants de subsistance. Dans le désordre des idées qui souvent trouble les esprits, nous proclamons hautement la sainteté, l'unité et la mission divine de la famille chrétienne, cellule de la société et de l'Eglise; et, chacun à sa place, - parents et enfants, - avec modestie mais avec fermeté, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir, afin qu'un idéal aussi saint soit dans le monde une réalité.

Aidez-nous, ô JOSEPH, miroir de la plus admirable paternité dans le soin assidu dont vous avez su entourer le Sauveur et la Vierge, vous conformant fidèlement aux inspirations divines; venez à notre secours, ô MARIE, la plus aimante, la plus fidèle et la plus pure de toutes les épouses et de toutes les mères; assistez-nous, ô JESUS, qui pour nous être en tout un éclatant modèle, vous êtes fait le plus soumis des fils. Soyez toujours tous trois auprès de nous, dans les heures de joie et dans les heures de tristesse, dans notre travail et dans notre repos, dans nos inquiétudes et dans nos espoirs, auprès de ceux qui naissent et de ceux qui meurent.

Et obtenez-nous que tous les foyers, saints à l'exemple du vôtre, soient pour tous leurs membres des écoles de vertu, des asiles de sainteté; un chemin assuré vers cette éternelle béatitude que, par votre intercession, nous espérons avec confiance. Amen.

 



jeudi 6 janvier 2022

Epiphanie du Seigneur : Venez, adorons-Le !


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon « L’amour de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’autel »

Nous regardons quelquefois avec des yeux d’envie et nous parlons du bonheur des Mages qui vinrent adorer le divin Sauveur de nos âmes dans une crèche, mais nous ne réfléchissons pas sur les travaux les peines et les fatigues que durent leur couter un voyage de si longue haleine et entrepris au milieu de la saison la plus rigoureuse.

Nous n’avons pas, comme eux un trône ou des royaumes à quitter, ni de si longs voyages à entreprendre, pour rendre nos respects à nôtre adorable Maître dans le très saint Sacrement de l’Autel. Mais sommes-nous sensibles à cette différence et profitons-nous comme les Mages d’un honneur qui ne nous coûterait pas tant qu’à eux ?




lundi 3 janvier 2022

Saint Nom de Jésus


Saint Bède le Vénérable, Homélies pour la Vigile de Noël, 5

«Tu lui donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : ‘le Seigneur sauve’)»

«Voici, dit le prophète Isaïe, la Vierge portera et enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, nom qui se traduit : Dieu avec nous» (7,14).

Le nom de Sauveur «Dieu-avec-nous», donné par le prophète, signifie les deux natures de son unique personne. En effet, celui qui est Dieu, né du Père avant tous les siècles, c'est lui-même qui est Emmanuel à la fin des temps, c'est-à-dire Dieu avec nous. Il l'est devenu dans le sein de sa mère, parce qu'il a daigné accepter la fragilité de notre nature dans l'unité de sa personne, quand «le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous» (Jn 1,14). C'est-à-dire qu'il a commencé d'une manière admirable à être ce que nous sommes, sans cesser d'être ce qu'il était, en assumant notre nature, de façon à ne pas perdre ce qu'il était en lui-même. (...)

«Marie mit donc au monde son fils premier-né (...) et elle lui donna le nom de Jésus» (Lc 2,7.21). Donc, le nom de Jésus est celui du fils né de la Vierge, et signifie selon l'explication de l'ange qu'il sauvera son peuple de ses péchés. (...) C'est évidemment lui aussi qui sauvera de la destruction de l'âme et du corps, les suites du péchés.

Quant au nom de Christ, c'est le titre d'une dignité sacerdotale et royale. Car les prêtres et les rois, sous la Loi ancienne, étaient appelés christs à cause de la chrismation. Cette onction d'huile sainte préfigurait celui qui, en venant dans le monde comme vrai roi et prêtre, «a été consacré d'une onction de joie, comme aucun de ses semblables» (Ps 44,8). À cause de cette onction ou chrismation, le Christ en personne et ceux qui participent à la même onction, c'est-à-dire à la grâce spirituelle, sont appelés ‘chrétiens’. Du fait qu'il est Sauveur, le Christ peut nous sauver de nos péchés ; du fait qu'il est prêtre, il peut nous réconcilier avec Dieu le Père ; du fait qu'il est roi, qu'il daigne nous donner le Royaume éternel de son Père.

 


samedi 1 janvier 2022

1er janvier, Notre Dame de la Paix, intercédez pour nous, l'Eglise et le monde entier


En ce 1er janvier, l'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière à tous ceux qui consacreront cette nouvelle année au Saint Esprit.

Chantons le "Veni Creator".

Malgré l'incertitude des temps, Dieu veille sur chacun d'entre nous.

Saint Nectaire d’Egine

La paix est un don divin, richement distribué à tous ceux qui sont réconciliés avec Dieu. La paix ressemble à la lumière, à l'opposé du péché qui est ténèbres : un pécheur ne peut jamais être artisan de paix.

Luttez contre le péché et ne soyez pas troublés par le réveil de vos propres passions. Si tu sors vainqueur, cet éveil de passions se transformera en joie et paix. Si tu succombes (et fasse qu'il n'en soit pas ainsi), ce sont la tristesse et le trouble qui prennent le dessus. Et si encore, après avoir mené un rude combat, il advient que le péché l'emporte momentanément sur toi, toi au contraire persiste dans ta lutte et au bout du compte tu en sortiras et vainqueur et pacifié. "Cherchez à être en paix avec tout le monde ; cherchez la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (Hébreux 12, 14).

La paix et la sanctification sont deux conditions nécessaires pour celui qui recherche avec zèle le visage de Dieu. La paix est le fondement sur lequel se construit la sanctification. Point de sainteté dans un cœur troublé et coléreux. La colère, lorsqu'elle perdure dans notre âme, devient cause de haine et d'inimitié. Voilà pourquoi il convient de vite se réconcilier avec son prochain. Pour ne pas être privé de la grâce divine qui sanctifie nos cœurs ! Celui qui est en paix avec lui-même, celui-là pacifie aussi les autres et il demeure dans la paix de Dieu.



vendredi 31 décembre 2021

Te Deum d'action de grâce

Bien que l'année fut encore bien difficile, ce dernier jour de l'année est consacré à l'action de grâce, chantons le "Te Deum" et supplions la miséricorde divine de nous venir en aide.

Recevons la grâce de l'indulgence pour nous-même ou nos frères défunts.

Du Cardinal Joseph Ratzinger

Saint François voulut qu’un bœuf et un âne soient présents dans la grotte de Greccio (village de 1 600 habitants, où en 1223, saint François d’Assise a imaginé la première crèche vivante de la nativité) dans la nuit de Noël.

Saint François avait dit à Jean, le noble : “Je voudrais réveiller en pleine réalité le souvenir de l’enfant tel qu’il est né à Bethléem, et toutes les difficultés qu’il eut à endurer dans son enfance. Je souhaite voir de mes yeux corporels ce que c’est que de coucher dans une mangeoire et de dormir sur le foin, entre un bœuf et un âne”. 

Depuis lors, le bœuf et l'âne ont eu leur place dans toutes les crèches. Mais d’où proviennent-ils réellement ? Il est bien connu que les récits de Noël du Nouveau Testament ne les mentionnent pas. Lorsque nous étudions cette question, nous découvrons un facteur important dans toutes les coutumes de Noël et, en fait, dans toute la piété de Noël et de Pâques de l’Eglise, à la fois dans la liturgie et dans les coutumes populaires. 

Le bœuf et l’âne ne sont pas simplement des produits de l’imagination pieuse : la foi de l’Eglise dans l’unité de l’Ancien et du Nouveau Testament leur a donné leur rôle comme un accompagnement de l’événement de Noël. Nous lisons dans Isaïe : “Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne la maison de son maître, mais Israël ne la connaît pas, mon peuple ne comprend pas” (1, 3).  Les Pères de l’Eglise ont vu dans ces paroles une prophétie qui anticipait le nouveau peuple de Dieu, l’Eglise composée de Juifs et de païens. Devant Dieu, tous les hommes, Juifs et Gentils, étaient, comme le bœuf et l’âne, sans raison ni connaissance. Mais l’enfant de la crèche a ouvert leurs yeux afin qu’ils reconnaissent maintenant la voix de leur Maître, la voix de leur Seigneur. 

Il est frappant de constater, dans les images médiévales de Noël, combien les artistes donnent aux deux animaux des visages presque humains et comment ils se tiennent devant le mystère de l’enfant et se prosternent dans la conscience et la révérence. Mais après tout, ce n’était que logique, puisque les deux animaux ont été considérés comme le symbole prophétique du mystère de l’Eglise : de notre propre mystère, puisque nous ne sommes que des bœufs et des ânes vis-à-vis du Dieu éternel, des bœufs et des ânes dont les yeux sont ouverts le soir de Noël, afin qu’ils puissent reconnaître leur Seigneur dans la crèche. 

Qui l’a reconnu, et qui n’est pas parvenu à le reconnaître ?

L’avons-nous vraiment reconnu ? Lorsque nous plaçons le bœuf et l’âne à côté de la crèche, nous devons nous rappeler tout le passage d’Isaïe, qui n’est pas seulement une bonne nouvelle - dans le sens de la promesse d’une connaissance à venir - mais aussi un jugement prononcé sur la cécité contemporaine. Le bœuf et l’âne savent, “mais Israël ne sait pas, mon peuple ne comprend pas”.

Qui sont le bœuf et l’âne d’aujourd'hui, et qui est “mon peuple” qui ne comprend pas ? Comment pouvons-nous reconnaître le bœuf et l’âne ? Comment pouvons-nous reconnaître “mon peuple” ? Et pourquoi l’absence de raison reconnaît-elle, alors que la raison est aveugle ?

Afin de découvrir la réponse, il nous faut revenir avec les Pères de l’Eglise au premier Noël. Qui l’a reconnu ? Et qui n’a pas su le reconnaître ? Et pourquoi en a-t-il été ainsi ?

Celui qui a échoué à le reconnaître, c’est Hérode, qui n’a pas compris quand on lui a parlé de l'enfant : au contraire, il a été aveuglé d’autant plus profondément par sa soif de pouvoir et la paranoïa qui l’accompagne (Mt 2, 3). 

Ceux qui ont échoué à le reconnaître, c’est “tout Jérusalem avec lui” (ibid.) 
Ceux qui ont échoué à le reconnaître, ce sont les gens “vêtus de vêtements moelleux”, ceux qui ont une position sociale élevée (Mt 11, 8).

Ceux qui ont échoué à le reconnaître, ce sont les maîtres savants, ceux qui étaient experts de la Bible, les spécialistes de l’interprétation biblique qui, certes, connaissaient le passage correct de l’Ecriture, mais n’ont pas réussi à en comprendre quelque chose (Mt 2, 6). 

Ceux qui l’ont reconnu, ce sont “le bœuf et l’âne” (en comparaison à ces hommes de prestige) : les bergers, les Rois Mages, Marie et Joseph. Mais les choses auraient-elles pu être autrement ? Ceux qui ont une haute position sociale ne sont pas dans l’écurie où se trouve l'enfant Jésus : c’est là que le bœuf et l'âne ont leur demeure. 

Et nous ? Sommes-nous si loin de l’étable, parce que nos vêtements sont bien trop moelleux et que nous sommes bien trop intelligents ? Sommes-nous si empêtrés dans l’exégèse savante des Ecritures, dans les démonstrations de l’inauthenticité ou de l’exactitude historique de passages individuels, que nous devenons aveugles à l’enfant lui-même et ne percevons rien de lui ? Sommes-nous tellement “à Jérusalem”, dans le palais, enfermés en nous-mêmes et dans notre arrogance et notre paranoïa, que nous ne pouvons entendre dans la nuit la voix des anges et puis nous mettre en route pour aller adorer l’enfant ? 

En cette nuit, donc, le visage du bœuf et de l’âne nous regardent avec une question : mon peuple ne comprend pas, mais entendez-vous la voix de votre Seigneur ? 
Quand nous plaçons les figurines familières dans la crèche, nous devrions demander à Dieu de donner à nos cœurs la simplicité qui découvre le Seigneur dans l’enfant, tout comme Saint François autrefois à Greccio. Car alors, nous aussi, nous pourrions faire l’expérience de ce que Celano - le premier biographe de Saint François - rapporte au sujet de ceux qui ont pris part à la Messe de minuit à Greccio. Et ses paroles font écho aux paroles de Saint Luc au sujet des bergers dans la première nuit de Noël : tous sont rentrés chez eux remplis de joie.

 


mardi 28 décembre 2021

Saints Innocents, priez pour nous

La fuite en Egypte

Du saint Pape Jean Paul II, « Evangelium vitæ », n.4

Malheureusement, ce panorama inquiétant, loin de se rétrécir, va plutôt en s'élargissant: avec les nouvelles perspectives ouvertes par le progrès scientifique et technique, on voit naître de nouvelles formes d'attentats à la dignité de l'être humain.


En même temps, se dessine et se met en place une nouvelle situation culturelle qui donne aux crimes contre la vie un aspect inédit et — si cela se peut — encore plus injuste, ce qui suscite d'autres graves préoccupations: de larges couches de l'opinion publique justifient certains crimes contre la vie au nom des droits de la liberté individuelle, et, à partir de ce présupposé, elles prétendent avoir non seulement l'impunité, mais même l'autorisation de la part de l'Etat, afin de les pratiquer dans une liberté absolue et, plus encore, avec l'intervention gratuite des services de santé.


Tout cela provoque un profond changement dans la façon de considérer la vie et les relations entre les hommes. Le fait que les législations de nombreux pays, s'éloignant le cas échéant des principes mêmes qui fondent leurs Constitutions, aient accepté de ne pas punir ou, plus encore, de reconnaître la légitimité totale de ces pratiques contre la vie est tout à la fois un symptôme préoccupant et une cause non négligeable d'un grave effondrement moral: des choix considérés jadis par tous comme criminels et refusés par le sens moral commun deviennent peu à peu socialement respectables.


La médecine elle-même, qui a pour vocation de défendre et de soigner la vie humaine, se prête toujours plus largement dans certains secteurs à la réalisation de ces actes contre la personne; ce faisant, elle défigure son visage, se met en contradiction avec elle-même et blesse la dignité de ceux qui l'exercent.


Dans un tel contexte culturel et légal, même les graves problèmes démographiques, sociaux ou familiaux, qui pèsent sur de nombreux peuples du monde et qui exigent une attention responsable et active des communautés nationales et internationales, risquent d'être résolus de manière fausse et illusoire, en contradiction avec la vérité et avec le bien des personnes et des nations.


Le résultat auquel on parvient est dramatique: s'il est particulièrement grave et inquiétant de voir le phénomène de l'élimination de tant de vies humaines naissantes ou sur le chemin de leur déclin, il n'est pas moins grave et inquiétant que la conscience elle-même, comme obscurcie par d'aussi profonds conditionnements, ait toujours plus de difficulté à percevoir la distinction entre le bien et le mal sur les points qui concernent la valeur fondamentale de la vie humaine. 

Le massacre des saints Innocents, d'hier et d'aujourd'hui

lundi 27 décembre 2021

La bienveillance de notre Dieu

Homélie sur la Nativité du Christ de S. Jean de Cronstadt

« C'est sans contredit un grand mystère que celui de la piété : Dieu a été manifesté dans la chair » (1 Tim 3,16)

C'est en ce jour que, dans l'entièreté du monde habité, la sainte Église Orthodoxe ramène à notre souvenir et célèbre ce suprêmement majestueux et sublime mystère : l'Incarnation de Dieu le Verbe par une vierge très pure, après une effusion du Saint Esprit de Dieu qui l'avait recouverte de Son ombre.

Ineffable, inexprimable et terrible est ce mystère, à la fois pour les esprits célestes tout exaltés et contemplatifs de ceux qui demeurent dans les cieux: les rangs des Anges; et pour les esprits des hommes, illuminés par le Saint Esprit.

Imaginez un peu : le Dieu sans origine, de Qui tout a reçu le commencement de son existence : les Anges, l'humanité, et l'univers tout entier, tant visible qu'invisible, voilà ce Dieu Qui vient recevoir un commencement en Son humanité. Celui-là que les cieux ne sauraient contenir, Le voilà contenu dans un sein virginal. Dieu devient un Enfant et est porté dans les bras d'une mère. Lui Qui nourrit tout souffle, est à présent nourrit par Sa création.

La science de l'astronomie a découvert et affirme que dans l'ordre de la création, notre terre n'est rien d'autre qu'un minuscule point; que des millions de planètes tournant tout autour remplissent l'immensité de l'espace. Et pourtant! C'est ce petit point à peine visible dans l'univers, ce minuscule globe créé par Dieu, habité par des hommes, notre terre, qui a été trouvée digne de l'ineffable honneur de porter sur elle Dieu-dans-la-chair.

Il est le Dieu-Homme Qui a daigné demeurer parmi les hommes, pour apprendre à l'humanité en déroute la connaissance de Dieu, pour accomplir d'innombrables miracles de bienfaits, pour prêcher la repentance et le pardon complet des péchés; pour souffrir et pour mourir comme un saint Sacrifice pour les péchés du monde, pour être ressuscité d'entre les morts par la puissance de la Divinité, ayant vaincu la mort, qui est le sort naturel de tous les hommes, et pour offrir ce don de la résurrection à toute l'humanité.

Aucun des mondes visibles, si ce n'est la planète terre, n'a été trouvé digne de ce plus grand d'entre tous les honneurs: car ce n'est que sur cette planète-ci que Jésus-Christ, le Fils unique engendré du Père céleste, eu une Vierge-mère, et Lui seul fut son Fils selon la voie humaine. Pourquoi donc la terre a-t-elle reçu une telle préférence? Pourquoi donc n'est-ce que sur la planète Terre que Dieu est apparu dans la chair? C'est un grand et divin mystère, un mystère d'incommensurable amour et bonté de la miséricorde de Dieu envers l'humanité périssante.

Voilà, Dieu est apparu dans la chair : réjouis-toi, sois dans l'allégresse, ô Terre; réjouissez-vous et célébrez, vous tous qui y êtes nés! Le Créateur Lui-même est venu à vous, afin de vous recréer; afin de vous restaurer, vous qui étiez corrompu par les transgressions. C'est à vous qu'Il est venu : le tout puissant Médecin en Personne, omnipotent pour guérir toutes les afflictions invétérées du péché, afin qu'Il puisse guérir toutes les passions de l'âme et toutes les infirmités du corps, toutes choses qu'Il a vraiment accomplies ici, comme nous le savons par l'Évangile et l'histoire de l'Église.
Aussi, acclamez-Le avec joie, d'un cœur et d'un esprit pur, avec des corps chastes et domptés par le jeûne et l'abstinence, deux choses que la sainte Église a instaurées avec prévenance en vue de cette grande fête, afin que nous nous préparions dignement à rencontrer le Roi céleste, Qui vient à nous afin de demeurer en nous.

Il est venu à nous avec la miséricorde et la bienveillance de Son Père céleste, et de nous, Il nous demande d'être miséricordieux envers notre prochain; Il est le Roi de justice, et Il demande à chacun d'entre nous d'être justes; car Lui aussi, comme homme, a accompli toute justice (Mt 3,15), nous donnant ainsi un exemple, et nous donna la grâce et la force pour l'imiter. Lui-même a souffert pour nous, ayant porté la Croix; et Il nous a enseigné de renoncer à nous-mêmes, à nos péchés et à nos passions, et à Le suivre, faisant toutes choses qui sont saintes par respectueux amour pour Dieu (2 Co 7,1).

Il vient pour guérir nos âmes, souffrantes à cause du péché, et a commandé à tous de se repentir; alors soyons tous profondément contrits, nous corrigeant nous-mêmes et nous efforçant d'aller vers la sainteté et la perfection. Les saints Anges, lors de la Nativité du Dieu-homme, ont annoncé la paix au monde; et parmi les hommes, la bienveillance du Père céleste. Dès lors, ayons en nous une conscience paisible, et soyons si possible en paix avec tout un chacun. Soyez en paix et soyez saints envers tous, disait l'Apôtre, car sans cela, nul ne verra le Seigneur. Amen.