jeudi 30 mai 2013

Préparons-nous à célébrer la Fête Dieu


Nous nous apprêtons à célébrer la solennité du Corps et du Sang eucharistiques du Seigneur, nous célébrons notre fête patronale. La Fête-Dieu, ou Corpus Domini, est une grande fête pour toute l’Eglise et nous allons nous mettre à la suite du Seigneur si nous processionnons.

Par le Baptême, nous avons reçu la filiation divine et la sainteté de la Trinité Sainte.

Par la Confirmation, l’Esprit Saint vient nous enrichir de ses 7 dons sacrés pour faire de nous des testes et miles Christi, des témoins et des soldats du Christ pour conquérir le monde, non pas force, mais par la douceur et la vérité de notre Seigneur, enseignées par les saints Evangiles.

Par les dons sacrés du Corps et du Sang du Christ dans le Saint Sacrement, le Christ vient habiter en nous pour nous changer en Lui.

Mettons-nous à l’écoute du vénérable Henri Marie Boudon. Nous sommes parfois coupables de grandes négligences vis-à-vis de la bonté du Seigneur qui vient à nous dans la divine Eucharistie.


 « L’Amour de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’Autel », par M. l’abbé Henri Marie Boudon, 12e motif, Jésus souffre tout au Très Saint-Sacrement


Icône du Christ - Eucharistique. Les inscriptions en
grec en haut de l'icône signifient "Le Pain de la Vie".
Charitas omnia suffert (I Cor. 13 : « La Charité endure tout »).

Allons, mon âme, nous perdant de plus en plus dans l'abîme des amours immenses de notre Dieu. Aimables Séraphins, servez-nous de guides favorables à la clarté de ces feux sacrés qui vous consument si saintement. Esprits très-aimants, soutenez-nous dans des voies amoureuses, par l'ardeur des divines flammes qui vous brûlent si délicieusement. Ouvrez nos yeux pour contempler ce spectacle si étonnant, et dont les mondains sont si peu étonnés. Purifiez nos cœurs, afin de les rendre susceptibles des impressions les plus vives de l'amour qui y éclate si miraculeusement.

Animez nos courages à ne prendre plus que des desseins relevés, à n'avoir plus que des résolutions, mais les plus généreuses que l'amour puisse inspirer ; car voici que le grand Roi Jésus, devant qui tout l'univers n'est pas un point, s'est tellement laissé aller à l'amour des hommes au très saint Sacrement, que non content d'y quitter tout, et d'y faire partout un prodige qui n'a jamais eu de pareil, il y souffre tout, il y endure tout, lui qui est impassible, qui habite au milieu d'une gloire infinie, qui est le sujet des adorations et des respects des puissances des Cieux. Il y souffre des infidèles blasphémant ce qu'ils ignorent, des hérétiques qui nient sa présence. Etrange injure au cœur le plus aimant de tous les cœurs, en ce que non seulement on ne reconnaît pas son amour, mais encore on le nie, qui est la chose du monde la plus sensible à une personne qui aime beaucoup.

Mais qui pourra nous dire ce qu'il y endure des catholiques, de ceux qui le reconnaissent en la divine Eucharistie, par leurs offenses et leurs ingratitudes ? Car si nous entrons dans nos églises, elles sont des solitudes, des lieux abandonnés ; ou si l'on y remarque des troupes de monde, ce n'est que pour y découvrir davantage l'ingratitude extrême des cœurs. Car combien d'insolences se commettent, combien d'irrévérences, combien d'immodesties par les discours que l'on y tient, par les gestes et les actions que l'on y fait, par des postures peu séantes, par des nudités exécrables, que l'on porte jusqu'aux pieds de nos sanctuaires.

Mais si l'on pouvait pénétrer dans le fond des âmes, qui est très connu à celui à qui rien ne peut être caché, que l'on verrait de choses monstrueuses et diaboliques ! Combien d'esprits dont le corps est à l'église, qui errent de tous côtés par des distractions volontaires ! Combien de bouches qui mentent impudemment au Seigneur, qui lui offrent des prières, qui disent qu'elles le veulent servir, pendant que leurs cœurs ne respirent que l'amour du monde, l'ennemi juré de Jésus, pendant que leurs imaginations ne sont remplies que de pensées sales et vilaines en présence du Roi des vierges et de l'ami très fidèle de la pureté ; de desseins de vengeance, de sentiments de haine et d'aversion, devant celui qui est le Dieu d'amour, et qui veut que nous nous aimions comme il nous a aimés ; de mouvements de superbe et de vanité, pendant que le Dieu de toute gloire est dans des états infiniment humiliants !

Ce n'est pas tout, les souffrances que l'amour fait porter à notre Souverain, ne s'arrêtent pas là. Ici, mon cœur, il faut que tu éclates de douleur et d'amour, ou bien il faut dire que tu seras bien dur. Plusieurs, par un attentat qui doit faire trembler les colonnes des Cieux, prennent le corps du Dieu du Ciel et de la terre en état de péché mortel, soit parce qu'ils ont des péchés, dont ils n'ont pas une véritable douleur, soit parce que leur résolution pour l'avenir n'est pas assez forte ; car elle doit être telle qu'on soit plutôt prêt à perdre tout, le président sa charge, le marchand sa boutique, l'homme riche son bien, une dame sa beauté, enfin tout ce que nous avons de plus cher, que de commettre jamais un péché mortel, soit par l'impureté, soit par la haine, soit par l'injustice, que de se trouver dans une occasion prochaine du péché.

O Dieu, que ces résolutions sont rares dans le siècle ! Et il n'est pas aisé de les voir, comme plusieurs le pensent, se trompant faussement : et tous ces gens logent Jésus-Christ avec le diable. Quel crime ! quel attentat !

Nous lisons, hélas ! et notre siècle a vu des outrages abominables faits en la personne du Roi Jésus au très saint Sacrement. Ce corps adorable, qui fait les délices des bienheureux, après la vision de Dieu, a été donné aux chiens, a été foulé aux pieds, a été frappé à coups de couteau sur les saintes espèces, a été jeté à la voirie. Ces choses nous font peur, et avec grand sujet : mais le pécheur qui le reçoit en péché mortel, en un cœur qui est la demeure du diable, et ainsi qui le loge avec le démon, et (ce qui est épouvantable) en un lieu où le démon est le seigneur, que sera-t-il à la vue d'une vérité si terrible ? Hélas ! où en sommes-nous ? Les Juifs, qui ne connaissaient pas le Dieu de gloire, l'ont crucifié ; ils l'on fait sans le connaître ; car s'ils l'eussent connu, dit saint Augustin jamais ils ne l'eussent crucifié. Cependant nous pleurons sur sa passion, nous crions contre ses juges, nous sommes animés contre ses bourreaux, et nous ne nous apercevons pas, disent les saints Pères, que nous commettons les mêmes crimes, avec cette différence, que leur péché a été commis avec ignorance, et le nôtre avec connaissance et une dernière impiété.

Je vous appelle donc, ô âme catholique, non pas pour méditer la passion du Fils de Dieu, qu'il a endurée il y a tant de siècles, et en la seule Judée ; mais celle qu'il souffre à présent en tous les lieux du monde par les mauvais catholiques, et peut-être par vous, qui lisez ces choses. Ne passez pas outre, sans vous examiner sur un cas si pitoyable. N'êtes-vous point coupable de ces infidélités que nous venons de remarquer ? Relisez-les encore, examinez-vous sur tous les désordres que vous y pouvez voir, soit par les irrévérences qui se pratiquent en nos Eglises, soit par ce qui se passe en votre intérieur, soit par les mauvaises communions qu'on fait.

N'êtes-vous point du nombre de ces misérables, ou bien n'en avez-vous pas été ? Si vous en êtes, apprenez de saint Jean Chrysostome et des autres Pères, que vous êtes pire que Judas, que Pilate, que les Juifs qui ont crucifié le Fils de Dieu. O l'horreur des horreurs ! Ô crime plus propre de l'enfer que des hommes ! Mais, je vous demande, y avez-vous jamais bien pensé ? Savez-vous bien que vous étiez un autre Judas, et cent fois pire que Judas ? Mais à présent que vous dit le cœur ? Est-ce fait du péché ? Dit-il un éternel adieu aux vanités, aux impuretés et aux inimitiés qui règnent dans le siècle ? Quelle résolution prenez-vous ? Ne vous suffit-il pas d'avoir été coupable de la mort d'un Dieu ? N'êtes-vous point satisfait des peines que vous lui avez fait souffrir ? Voudriez-vous bien encore ajouter des peines à ses peines, des douleurs à ses douleurs, des croix à ses croix ? Ne vous y trompez pas ; c'est ce que vous ferez, si vous ne donnez ordre à votre conscience.

Mais si vous y avez apporté le remède, pensez un peu au passé, songez combien de fois vous avez crucifié le Fils de Dieu ; car c'est une vérité qui nous est enseignée par le Saint-Esprit : Rursùs crucifigentes. Et puis donnez congé à vos larmes ; qu'elles coulent le reste de vos jours, comme les eaux d'une source intarissable : gémissez, soupirez, criez dans l'excès de votre, douleur : parlez-en aux anges, parlez-en aux hommes, regrettez tous les moments qui vous restent de votre vie, l'excès de vos crimes, et détestez les avec horreur.

Enfin, souvenez-vous que Jésus souffre tout au très saint Sacrement, puisqu'il permet aux méchants prêtres magiciens de le porter au sabbat, où toute la troupe infernale danse souvent sur une multitude d'Hosties consacrées qui y sont en très grand nombre, et dont quelquefois il en sort un sang miraculeux qui baigne les pieds de ces abominables ; mais en même temps souvenez-vous que c'est pour vous qu'est réduit en un état si extrême. Hélas ! je demande à votre cœur ce qu'il veut donner à un tel amour, ce qu'il veut souffrir pour lui. Y a-t-il injure après cela qu'il n'endure pauvreté, affliction, peine intérieure ou extérieure ? Ne souffrira-t-il pas de toute sorte de personnes, de ses ennemis, de ses amis, de ses proches, de ceux qui ne lui sont rien, de ses supérieurs, de ses inférieurs, de ceux qu'il a obligés, aussi-bien que de ceux qui n'ont reçu aucune faveur de lui ?

Pourra-t-on bien mettre quelque exception, après avoir considéré un Dieu dans de telles souffrances ? Pensez encore ici à la chose qui vous fait plus de peine, à cet affront que vous avez reçu, à la perte que vous avez faite, à l'injustice que l'on a commise en votre endroit, à cette inclination qui vous tourmente davantage, à la voix intérieure où vous souffrez le plus : c'est ce qui vous peine davantage, que vous devez accepter plus volontiers, pour avoir lieu de montrer votre amour à celui que l'amour a tant fait souffrir pour vous.

Les Saints dans ces vues sont devenus insatiables de la croix ; et il est vrai que plus les âmes sont pures, plus le Fils de Dieu les fait souffrir. Les membres les plus étroitement unis à ce chef, ayant plus grande sympathie avec lui, ont le plus de part à ses souffrances.


Le Saint Père Benoît XVI donnant la bénédiction du Saint Sacrement


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