lundi 15 septembre 2014

Notre Dame des douleurs

La grotte de Lourdes, Notre Dame y accueille tous ceux
qui peinent et qui souffrent.


Le 15 septembre 2008, le pape Benoît XVI a célébré la messe pour les malades en la fête de Notre-Dame des Douleurs. Après l'homélie, le Saint-Père a donné l'onction des malades rassemblés sur l'esplanade de la basilique Notre-Dame du Rosaire.

Ce sacrement est destiné aux personnes malades pour les renforcer dans leur fidélité à l'Alliance avec Dieu dans les souffrances et les difficultés. 




Chers frères dans l'Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers malades, chers accompagnateurs et hospitaliers,
Chers frères et sœurs !


Nous avons célébré hier la Croix du Christ, l'instrument de notre Salut, qui nous révèle dans toute sa plénitude la miséricorde de notre Dieu. La Croix est en effet le lieu où se manifeste de façon parfaite la compassion de Dieu pour notre monde.

Chemin de Croix, Jésus tombe sous le poids de la Croix et
rencontre sa Très Sainte Mère, Notre Dame des douleurs.
Aujourd'hui, en célébrant la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, nous contemplons Marie qui partage la compassion de son Fils pour les pécheurs. Comme l'affirme saint Bernard, la Mère du Christ est entrée dans la Passion de son Fils par sa compassion (cf. Homélie pour le dimanche dans l'Octave de l'Assomption). Au pied de la Croix se réalise la prophétie de Syméon : son cœur de mère est transpercé (cf. Lc 2, 35) par le supplice infligé à l'Innocent, né de sa chair. Comme Jésus a pleuré (cf. Jn 11,35), Marie a certainement elle aussi pleuré devant le corps torturé de son enfant. La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l'abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l'a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d'accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l'esprit » (cf. Jn 19, 30) : devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).

Marie est aujourd'hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n’effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L'intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l'histoire l'atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du Souvenez-vous exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d'une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l'heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance ; elle les aime tout simplement parce qu'ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix.

Icone moderne de l'Anastasis - la Résurrection.
Le Christ est adoré par les Anges à la sortie du tombeau.
Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple… quêteront ton sourire » (Ps 44, 13). Ainsi, à l'instigation de la Parole inspirée de l'Écriture, les chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur. Ce sourire de Marie est pour tous ; il s'adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu'ils puissent y trouver le réconfort et l'apaisement. Rechercher le sourire de Marie n'est pas le fait d'un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l'expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.

Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n'est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. L'Écriture elle-même nous le dévoile sur les lèvres de Marie lorsqu'elle chante le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Quand la Vierge Marie rend grâce au Seigneur, elle nous prend à témoin. Marie partage, comme par anticipation, avec ses futurs enfants que nous sommes, la joie qui habite son cœur, pour qu'elle devienne la nôtre.

Marie, Mère de Consolations
Chaque récitation du Magnificat fait de nous des témoins de son sourire. Ici à Lourdes, au cours de l'apparition qui eut lieu le mercredi 3 mars 1858, Bernadette contempla de manière toute particulière ce sourire de Marie. Celui-ci fut la première réponse que la Belle Dame donna à la jeune voyante qui voulait connaître son identité. Avant de se présenter à elle, quelques jours plus tard, comme « l'Immaculée Conception », Marie lui fit d'abord connaître son sourire, comme étant la porte d'entrée la plus appropriée à la révélation de son mystère.

Dans le sourire de la plus éminente de toutes les créatures, tournée vers nous, se reflète notre dignité d'enfants de Dieu, cette dignité qui n'abandonne jamais celui qui est malade. Ce sourire, vrai reflet de la tendresse de Dieu, est la source d'une espérance invincible. 

Nous le savons malheureusement : la souffrance endurée rompt les équilibres les mieux assurés d'une vie, ébranle les assises les plus fermes de la confiance et en vient parfois même à faire désespérer du sens et de la valeur de la vie. Il est des combats que l'homme ne peut soutenir seul, sans l'aide de la grâce divine. Quand la parole ne sait plus trouver de mots justes, s'affirme le besoin d'une présence aimante : nous recherchons alors la proximité non seulement de ceux qui partagent le même sang ou qui nous sont liés par l'amitié, mais aussi la proximité de ceux qui nous sont intimes par le lien de la foi.

Qui pourraient nous être plus intimes que le Christ et sa sainte Mère, l'Immaculée ? Plus que tout autre, ils sont capables de nous comprendre et de saisir la dureté du combat mené contre le mal et la souffrance. La Lettre aux Hébreux dit à propos du Christ, qu'il « n'est pas incapable de partager notre faiblesse ; car en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous » (cf. Hb 4, 15). 

Notre-Dame des Douleurs et de Compassion
Je souhaiterais dire, humblement, à ceux qui souffrent et à ceux qui luttent et sont tentés de tourner le dos à la vie : tournez-vous vers Marie ! Dans le sourire de la Vierge se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre la maladie et pour la vie. Auprès d'elle se trouve également la grâce d'accepter, sans crainte ni amertume, de quitter ce monde, à l'heure voulue par Dieu.

Comme elle était juste l'intuition de cette belle figure spirituelle française, Dom Jean-Baptiste Chautard, qui, dans L'âme de tout apostolat, proposait au chrétien ardent de fréquentes « rencontres de regard avec la Vierge Marie » ! Oui, quêter le sourire de la Vierge Marie n'est pas un pieux enfantillage, c'est l'aspiration, dit le Psaume 44, de ceux qui sont « les plus riches du peuple » (v. 13). 
« Les plus riches », c'est-à-dire dans l'ordre de la foi, ceux qui ont la maturité spirituelle la plus élevée et savent précisément reconnaître leur faiblesse et leur pauvreté devant Dieu. En cette manifestation toute simple de tendresse qu'est un sourire, nous saisissons que notre seule richesse est l'amour que Dieu nous porte et qui passe par le cœur de celle qui est devenue notre Mère. Quêter ce sourire, c'est d'abord cueillir la gratuité de l'amour ; c'est aussi savoir provoquer ce sourire par notre effort pour vivre selon la Parole de son Fils Bien-aimé, tout comme un enfant cherche à faire naître le sourire de sa mère en faisant ce qui lui plaît. Et nous savons ce qui plaît à Marie grâce aux paroles qu'elle adressa aux serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu'il vous dira » (cf. Jn 2, 5).

Le sourire de Marie est une source d'eau vive. « Celui qui croit en moi, dit Jésus, des fleuves d'eau vive jailliront de son cœur » (Jn 7, 38). Marie est celle qui a cru, et, de son sein, ont jailli des fleuves d'eau vive qui viennent irriguer l'histoire des hommes. La source indiquée, ici, à Lourdes, par Marie à Bernadette est l'humble signe de cette réalité spirituelle. De son cœur de croyante et de mère, jaillit une eau vive qui purifie et qui guérit. En se plongeant dans les piscines de Lourdes, combien n'ont-ils pas découvert et expérimenté la douce maternité de la Vierge Marie, s'attachant à elle pour mieux s'attacher au Seigneur ! Dans la séquence liturgique de cette fête de Notre-Dame des Douleurs, Marie est honorée sous le titre de « Fons amoris », «Source d'amour ». Du cœur de Marie, sourd, en effet, un amour gratuit qui suscite en réponse un amour filial, appelé à s'affiner sans cesse. Comme toute mère et mieux que toute mère, Marie est l'éducatrice de l'amour. C'est pourquoi tant de malades viennent ici, à Lourdes, pour se désaltérer auprès du « Fons amoris » et pour se laisser conduire à l'unique source du salut, son Fils, Jésus le Sauveur.

Sacrement de l'Onction des malades,
vitrail.
Le Christ dispense son Salut à travers les Sacrements et, tout spécialement, aux personnes qui souffrent de maladies ou qui sont porteuses d'un handicap, à travers la grâce de l'onction des malades. Pour chacun, la souffrance est toujours une étrangère. Sa présence n'est jamais domesticable. C'est pourquoi il est difficile de la porter, et plus difficile encore - comme l'ont fait certains grands témoins de la sainteté du Christ - de l'accueillir comme une partie prenante de notre vocation, ou d'accepter, comme Bernadette l'a formulé, de « tout souffrir en silence pour plaire à Jésus ». Pour pouvoir dire cela, il faut déjà avoir parcouru un long chemin en union avec Jésus. Dès à présent, il est possible, en revanche, de s'en remettre à la miséricorde de Dieu telle qu'elle se manifeste par la grâce du Sacrement des malades. 

Bernadette, elle-même, au cours d'une existence souvent marquée par la maladie, a reçu ce Sacrement à quatre reprises. La grâce propre à ce Sacrement consiste à accueillir en soi le Christ médecin. Cependant, le Christ n'est pas médecin à la manière du monde. Pour nous guérir, il ne demeure pas extérieur à la souffrance éprouvée ; il la soulage en venant habiter en celui qui est atteint par la maladie, pour la porter et la vivre avec lui. La présence du Christ vient rompre l'isolement que provoque la douleur. L'homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s'offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, et il participe, en Lui, à l'enfantement de la nouvelle création.

Sans l'aide du Seigneur, le joug de la maladie et de la souffrance est cruellement pesant. En recevant le Sacrement des malades, nous ne désirons porter d'autre joug que celui du Christ, forts de la promesse qu'il nous a faite que son joug sera facile à porter et son fardeau léger (cf. Mt 11, 30). J'invite les personnes qui recevront l'onction des malades au cours de cette messe à entrer dans une telle espérance.
Porter sa Croix avec le Christ

Le Concile Vatican II a présenté Marie comme la figure en laquelle est résumé tout le mystère de l'Église (cf. Lumen Gentium n. 63-65). Son histoire personnelle anticipe le chemin de l'Église, qui est invitée à être tout aussi attentive qu'elle aux personnes qui souffrent. 

J'adresse un salut affectueux à toutes les personnes, particulièrement le corps médical et soignant, qui, à divers titres dans les hôpitaux ou dans d'autres institutions, contribuent aux soins des malades avec compétence et générosité. Je voudrais également dire à tous les hospitaliers, aux brancardiers et aux accompagnateurs qui, provenant de tous les diocèses de France et de plus loin encore, entourent tout au long de l'année les malades qui viennent en pèlerinage à Lourdes, combien leur service est précieux. Ils sont les bras de l'Église servante. Je souhaite enfin encourager ceux qui, au nom de leur foi, accueillent et visitent les malades, en particulier dans les aumôneries des hôpitaux, dans les paroisses ou, comme ici, dans les sanctuaires. Puissiez-vous, en étant les porteurs de la miséricorde de Dieu (cf. Mt 25, 39-40), toujours ressentir dans cette mission importante et délicate le soutien effectif et fraternel de vos communautés!

Le service de charité que vous rendez est un service marial. Marie vous confie son sourire, pour que vous deveniez vous-mêmes, dans la fidélité à son Fils, source d'eau vive. Ce que vous faites, vous le faites au nom de l'Église, dont Marie est l'image la plus pure. Puissiez-vous porter son sourire à tous!

En conclusion, je souhaite m'unir à la prière des pèlerins et des malades et reprendre avec vous un extrait de la prière à Marie proposée pour la célébration de ce Jubilé :

« Parce que tu es le sourire de Dieu, le reflet de la lumière du Christ, la demeure de l'Esprit Saint, parce que tu as choisi Bernadette dans sa misère, que tu es l'étoile du matin, la porte du ciel, et la première créature ressuscitée, Notre-Dame de Lourdes », avec nos frères et sœurs dont le cœur et le corps sont endoloris, nous te prions !



dimanche 14 septembre 2014

Croix glorieuse de Notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ

Croix glorieuse de Notre Seigneur et Sauveur, adorée par les Saints Anges. Icône.

Sur la fin de l'empire de Phocas, Chosroès, roi des Perses, ayant occupé l'Egypte et l'Afrique, s'empara aussi de Jérusalem où il massacra des  milliers de chrétiens. La Croix du Seigneur, dont sainte Hélène avait enrichi le Calvaire, fut par lui emportée en Perse. Héraclius cependant succédait à Phocas. Réduit aux dernières extrémités par les calamités de la guerre, il demandait la paix, sans pouvoir, aux plus dures conditions, l'obtenir de Chosroès qu'enflaient ses victoires. C'est pourquoi, s'absorbant dans le jeûne et la prière, il se tourne vers Dieu, implorant secours en son péril extrême ; avis lui est donné du ciel de rassembler des troupes; il les mène à l'ennemi, et défait trois généraux de Chosroès avec leurs armées.

Abattu par ces revers, et fuyant vers le Tigre qu'il s'apprête à passer, Chosroès associe au trône son fils Médarsès. Mais Siroès l'aîné, furieux de l'injure, dresse des embûches à son père et à son frère, les arrête dans leur fuite et les tue peu après ; ce qu'étant accompli, il obtint d'être reconnu roi par Héraclius, sous certaines clauses dont la première portait restitution de la Croix du Seigneur. 
Quatorze ans après qu'elle était tombée au pouvoir des Perses, la Croix fut donc reconquise ; Héraclius, venant à Jérusalem, la reporta en grande pompe sur ses propres épaules à la montagne où le Sauveur l'avait portée.
 
Croix peinte, fresque, Beït Shean, en Terre Sainte

A cette occasion, eut lieu un insigne miracle bien digne de mémoire. Car Heraclius, couvert comme il l'était d'ornements d'or et de pierreries, ne put franchir la porte qui conduisait au Calvaire ; plus ses efforts pour avancer étaient grands, plus il semblait retenu sur place. D'où stupeur d'Héraclius et de la multitude. Mais l'évêque de Jérusalem, Zacharie , prenant la parole : "Considérez, dit-il, empereur, que cette parure de triomphe, en portant la Croix, ne rappelle pas assez peut-être la pauvreté et l'humilité de Jésus-Christ". 

Heraclius alors, dépouillant ses habits luxueux, nu-pieds, et vêtu comme un homme du peuple, fit sans difficulté le reste de la route, et replaça la Croix au Calvaire, dans le même lieu d'où les Perses l'avaient enlevée. 

La fête de l'Exaltation de la sainte Croix, qui se célébrait tous les ans en ce jour, acquit dès lors un éclat nouveau, en mémoire de ce que cette Croix sainte fut de la sorte rétablie par Heraclius à l'endroit où on l'avait d'abord dressée pour le Sauveur.


Reliquaire de la Sainte Croix, détail, Basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem


vendredi 12 septembre 2014

Saint Nom de Marie

Prière du Saint Père, François Ier, pour le Synode pour la Famille


Sainte Famille de Nazareth, Torreciudad
Jésus, Marie et Joseph
en vous nous contemplons
la splendeur de l’amour véritable,

à vous nous nous adressons avec confiance.

Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
des lieux de communion et des cénacles de prière,
des écoles authentiques de l’Évangile

et des petites Églises domestiques.

Sainte Famille de Nazareth,
que jamais plus dans les familles on ne fasse l’expérience
de la violence, de la fermeture et de la division :
que quiconque a été blessé ou scandalisé

connaisse rapidement consolation et guérison.

Sainte Famille de Nazareth,
que le prochain Synode des Évêques
puisse réveiller en tous la conscience
du caractère sacré et inviolable de la famille,
sa beauté dans le projet de Dieu.

Jésus, Marie et Joseph
écoutez-nous, exaucez notre prière.





mercredi 10 septembre 2014

Apparitions de Saint Michel Archange à Colosses

Saint Michel, mosaïques, Ravenne
Le 6 septembre, mémoire du miracle accompli par
l'ARCHANGE MICHEL, à Colosses en Phrygie



Longtemps avant l'Incarnation du Christ, le grand Archange Michel montra de bien des manières sa sollicitude et sa bienveillance pour le genre humain, et après la venue du Sauveur en ce monde, les marques de son amour se firent encore plus grandes pour les Chrétiens. 

Lorsqu'il vint à passer par la Phrygie pour y annoncer l'Evangile, l'Apôtre Jean prophétisa une prochaine visite providentielle du prince des Archanges, Michel, dans un lieu nommé Chérétopa. 
En effet, peu de temps après, jaillit miraculeusement de la terre une source qui guérissait toute maladie. 

Un des nombreux fidèles, dont la fille avait été guérie par cette eau, fit construire sur les lieux, en signe de reconnaissance, une belle petite église dédiée à l'Archange Michel. Quatre-vingt dix ans plus tard, vint s'installer dans cette église, pour y pratiquer l'ascèse et servir de sacristain, un jeune homme, nommé Archippe, originaire de Hiérapolis. Son zèle et son amour de Dieu étaient tels qu'il acquit bientôt la grâce de faire des miracles. 

Furieux de voir ces prodiges s'accomplir et les grâces abonder de la source miraculeuse, le diable déchaîna la jalousie de païens des environs. Après avoir à plusieurs reprises insulté et frappé le jeune Archippe, ils essayèrent une nuit de boucher la source; mais en vain, car le Saint Archange était invisiblement présent pour les en empêcher.

Ils ne se découragèrent pas et tentèrent de détourner la rivière coulant à proximité, pour qu'elle inonde l'église et les fidèles qui s'y trouvaient en permanence. Mais l'entreprise resta sans succès. Une autre fois, ils détournèrent deux rivières qui coulaient plus haut que l'église, firent un barrage et s'apprêtèrent à le rompre pour engloutir l'église sous les eaux. Mais l'Archange Michel apparut au bienheureux Archipe, le rassura et, semblable à une colonne de feu, il se tint debout face aux eaux furieuses qui dévalaient la colline. Au moment où elles parvinrent à lui, il frappa la pierre du bâton qu'il tenait en main, et le rocher se fendit alors, laissant passer les eaux, comme dans une gorge naturelle, en les détournant de l'église. C'est parce que le fleuve est depuis lors comme absorbé par le rocher qu'on a appelé ce lieu «Chonais» («chônè» : creuset, entonnoir), à la gloire de Dieu et en l'honneur de notre protecteur, le Saint Archange Michel.


Basilique de Pontmain, vitrail.
Anges portant un tabernacle.

lundi 8 septembre 2014

Nativité de la Très Sainte Vierge Marie

Aujourd'hui, l'Eglise célèbre dans la joie la naissance de la Vierge Marie, celle qui sera appelée à devenir Mère de Dieu, l'épouse inépousée.

A Jérusalem, tout près de l'esplanade du Temple, dans l'église Sainte-Anne, les Chrétiens vont se réunir dans la crypte de cette magnifique basilique croisée où se trouvent les restes de la maison de Sainte Anne et de Saint Joachim.

Choeur de la Basilique Sainte-Anne, Jérusalem 

Homélie pour la Nativité de la Vierge Marie, de Saint Jean de Damas


Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n’a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu’à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu’elle naisse la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste. Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C’est par vous, en effet, qu’elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons, une mère toute sainte, seule digne de celui qui l’a créée.

Icône de la Nativité de Notre-Dame,
Crypte de la Basilique Saint-Anne, Jérusalem
Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n’enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l’univers, Dieu fort. Oui, cet enfant est Dieu. Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur !

On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne d’elle que vous avez engendrée. À cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l’enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance ; la seule toujours Vierge d’esprit, d’âme et de corps.

Joachim et Anne, couple très chaste ! En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d’époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges.

Enfant très gracieuse et très douce ! Fille d’Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t’ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge.
Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Élevez la voix, élevez-la, ne craignez pas !


Vierge à l'Enfant.


samedi 6 septembre 2014

Prions les saints Anges durant ce mois de Septembre

Ce mois de Septembre est consacré à Saint Michel Archange. Confions nous sans mesure à sa protection ainsi que notre pays qui, depuis des siècles, a été placé sous sa sainte protection.


Les Anges adorant la Très Sainte Trinité.

Supplication ardente aux saints Anges


Dieu Tout-Puissant, Eternel, Trine et Un !
Avant de supplier les saints anges, vos serviteurs, nous tombons à genoux devant vous et vous adorons, Père, Fils et Saint Esprit ! Soyez loués et bénis pour toute l’éternité. Que tous les Anges et tous les hommes que vous avez créés vous adorent, vous aiment et vous servent, Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel.
Et vous, Marie, Reine des Anges, Médiatrice de toutes les grâces, toute puissante dans votre prière, regardez avec bonté la prière que nous adressons à vos serviteurs, et faites-la monter vers le Trône du Très-Haut, pour que nous obtenions grâces, salut et secours. Amen.

Anges grands et saints !
Dieu vous envoie pour nous protéger et nous aider !
Nous vous supplions au Nom du Dieu Trine et Un, volez à notre secours !
Nous vous supplions au nom du Précieux Sang de NS. Jésus-Christ, volez à notre secours !
Nous vous supplions au nom du Tout-Puissant Jésus, volez à notre secours !
Nous vous en supplions par toutes les plaies de NS. Jésus-Christ, volez à notre secours !
Nous vous en supplions par toutes les tortures de NS. Jésus-Christ, volez à notre secours !
Nous vous en supplions par la sainte Parole de Dieu, volez à notre secours !
Nous vous en supplions par le Cœur de NS. Jésus-Christ, volez à notre secours !
Nous vous en supplions au nom de l’amour de Dieu pour les pauvres que nous sommes, volez à notre secours ! volez à notre secours !
Nous vous en supplions au nom de la fidélité de Dieu pour les pauvres que nous sommes, volez à notre secours !
Nous vous en supplions au nom de la miséricorde de Dieu pour les pauvres que nous sommes, volez à notre secours !
Nous vous en supplions au nom de Marie, Mère de Dieu et notre Mère, volez à notre secours !
Nous vous en supplions au nom de Marie, Reine du ciel et de la terre, volez à notre secours !
Nous vous en supplions par votre propre bonheur, volez à notre secours !
Nous vous en supplions par votre propre fidélité, volez à notre secours !
Nous vous en supplions par votre force combative pour le règne de Dieu, volez à notre secours !

Nous vous en supplions : protégez nous de votre bouclier !
Nous vous en supplions : protégez nous de votre épée !
Nous vous en supplions : illuminez nous de votre lumière !
Nous vous en supplions : abritez nous sous le manteau de Marie !
Nous vous en supplions : enfermez nous dans le Cœur de Marie !
Nous vous en supplions : déposez nous entre les mains de Marie !
Nous vous en supplions : montrez nous le chemin vers la porte de la vie : le Cœur ouvert de Notre Seigneur !
Nous vous en supplions : conduisez nous sûrement vers la maison céleste du Père !

Tous les neufs chœurs des Esprits bienheureux, volez à notre secours !
Anges que Dieu nous a donnez comme compagnons particuliers, volez à notre secours !
Saint Michel Archange, protégez-nous,
défendez-nous, priez pour nous.
Volez à notre secours, nous vous en supplions ! Parce que le Précieux Sang de Notre Seigneur et Roi fut versé pour nous, pauvres hommes, volez à notre secours, nous vous en supplions instamment !
Parce que le Cœur de Notre Seigneur et roi bat par amour de nous, pauvres hommes, volez à notre secours, nous vous en supplions instamment !
Parce que le Cœur immaculé de Marie, la Vierge pure et votre Reine, bat par amour de nous, pauvres hommes, volez à notre secours, nous vous en supplions instamment !

Saint Michel Archange,
Vous êtes le Prince des armées du ciel, le vainqueur du dragon infernal ; vous avez reçu de Dieu la force et le pouvoir d’anéantir, par l’humilité, l’orgueil des puissances des ténèbres.
Nous vous en supplions, suscitez en nous l’humilité authentique du cœur, la fidélité inébranlable afin d’accomplir toujours la volonté de Dieu, la force d’âme dans la souffrance et le dénuement. Aidez nous à subsister devant le tribunal de Dieu !

Saint Gabriel Archange,
Vous êtes l’Ange de l’Incarnation, le messager fidèle de Dieu ; ouvrez nous l’oreille pour saisir les plus fidèles petits signes et appels du Cœur aimant de Notre Seigneur !
Soyez toujours devant nos yeux, nous vous en supplions, afin que nous comprenions correctement la Parole de Dieu pour la suivre, lui obéir, et pour accomplir ce que Dieu veut de nous. Rendez nous vigilants dans l’attente du Seigneur pour qu’Il ne nous trouve pas endormis quand Il viendra !

Saint Raphaël Archange,
Vous êtes la flèche et le baume de l’amour de Dieu ! Nous vous en supplions, blessez notre cœur d’un amour ardent pour Dieu – et ne laissez jamais se refermer cette plaie, afin que nous restions sur le chemin d’amour dans la vie de tous les jours, et que nous franchissions tous les obstacles par la force de cet amour !

Aidez-nous, vous qui êtes nos frères grands et saints, serviteurs comme nous en présence de Dieu !
Protégez nous contre nous-mêmes, contre notre lâcheté et notre tiédeur, contre notre égoïsme et notre avarice, contre notre jalousie et notre méfiance, contre notre suffisance et notre confort, contre notre envie d’être appréciés !
Déliez nous des liens du péché et de tout attachement au monde ! Dénouez ce bandeau de nos yeux que nous nous sommes noués nous-mêmes, pour nous dispenser de voir la misère qui nous entoure, pour pouvoir nous contempler nous-mêmes sans être dérangés et prendre en pitié !
Lancez en notre cœur l’aiguillon de la sainte inquiétude de Dieu, pour que nous ne cessions jamais de rechercher Dieu avec passion, contrition et amour !
Contemplez le Sang de Notre Seigneur, répandu par notre amour.
Contemplez les larmes de votre Reine, qu’elle a versé à cause de nous.
Contemplez l’image de Dieu, détériorée par nos péchés, que, par amour, Il avait imprimé dans notre âme !
Aidez nous à reconnaitre Dieu, à L’adorer, à L’aimer et à Le servir !
Aidez nous dans la lutte avec les puissances des ténèbres qui nous encerclent et nous oppressent sournoisement.
Aidez nous, que personne parmi nous ne se perde, et qu’un jour, dans la joie, nous puissions être réunis dans le bonheur éternel. Amen.

Saint Michel, luttez à nos côtés avec vos Anges, aidez nous et priez pour nous.
Saint Gabriel, luttez à nos côtés avec vos Anges, aidez nous et priez pour nous.
Saint Raphaël, luttez à nos côtés avec vos Anges, aidez nous et priez pour nous.



Saint Michel, Kiev.


mercredi 3 septembre 2014

L'Evêque de La Havane, envoyé par Notre Saint Père le Pape pour l'anniversaire de la première Paroisse catholique canadienne


S.Em.R. le Card. Archevêque José Francisco
Robles Ortega.
Sa Sainteté le Pape François Ier a chargé l’archevêque de La Havane, le Son Eminence Jose Francisco, Cardinal Robles Ortega, de le représenter en qualité d’envoyé spécial à la célébration conclusive du 350e  anniversaire de la fondation de la paroisse Notre-Dame de Québec au Canada. Cette célébration aura lieu le 14 septembre.

L’église primatiale Notre-Dame de Québec, qui a désormais une Porte Sainte, est la première cathédrale construite en Amérique du Nord, la première paroisse catholique au nord des colonies espagnoles.

La basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec est l'église primatiale du Canada et le siège de l'archidiocèse de Québec, le plus ancien siège diocèsain au nord du Mexique. C'est aussi l'église paroissiale de la plus vieille paroisse en Amérique du Nord. Elle était la première église à être élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie IX en 1874. Construite en 1647, la cathédrale sera détruite deux fois. Elle fut ravagée par le bombardement des Britanniques lors du siège de Québec en 1759 et elle sera reconstruite quelques années plus tard. Le 22 décembre 1922, l'église est à nouveau touchée par un incendie. On débutera la restauration et la construction de l’église actuelle en 1923. Les travaux seront terminés en 1930. Quatre gouverneurs de la Nouvelle-France sont enterrés dans la crypte. Le corps de Saint François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec de 1674 à 1688, repose à l'intérieur de la basilique-cathédrale.


Sa Porte Sainte est la septième dans le monde, la première à l’extérieur de l’Europe. Elle restera ouverte jusqu’au 28 décembre. Lors de son inauguration en décembre dernier, l’archevêque de Québec, Mgr Cyprien Lacroix s’était félicité de l’intérêt suscité par la porte et le jubilé.

Rappelons que le grand évangélisateur du Canada fut Saint François de Montmorency-Laval, grand archidiacre émérite du Diocèse d’Evreux, prédécesseur et grand ami du vénérable abbé Henri Marie Boudon à qui il demanda ses ouvrages pour évangéliser et catéchiser.

Voici quelques photos de la Cathédrale-Basilique Notre-Dame du Québec :


Choeur de la Cathédrale Basilique Notre-Dame de Quebec

Le Christ ressuscité entouré des SS Anges, portant en triomphe la Croix glorieuse
Saint Louis IX, Roi de France
Assomption de Notre Dame, Reine des Anges



Armoiries de la famille des Montmorency-Laval (à droite), à Montigny (Normandie - France) où est né
et fut baptisé le futur saint, premier Evêque du Canada.