mercredi 21 janvier 2015

21 janvier - prions Notre Dame et Sainte Jeanne d'Arc pour notre pays

De Sa Sainteté le Pape Pie XI, lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam


Les Pontifes romains Nos prédécesseurs ont toujours, au cours, des siècles, comblé des marques particulières de leur paternelle affection la France, justement appelée la fille aînée de l’Eglise. Notre prédécesseur de sainte mémoire le Pape Benoît XV, qui eut profondément à cœur le bien spirituel de la France, a pensé à donner à cette nation noble entre toutes, un gage spécial de sa bienveillance.

En effet, lorsque, récemment, Nos vénérables frères les cardinaux, archevêques et évêques de France, d’un consentement unanime, lui eurent transmis par Notre vénérable Frère Stanislas Touchet, évêque d’Orléans, des supplications ardentes et ferventes pour qu’il daignât proclamer patronne principale de la nation française la bienheureuse Vierge Marie reçue au ciel, et seconde Patronne céleste sainte Jeanne, pucelle d’Orléans, Notre prédécesseur fut d’avis de répondre avec bienveillance à ces pieuses requêtes. Empêché par la mort, il ne put réaliser le dessein qu’il avait conçu. Mais à Nous, qui venons d’être élevé par la grâce divine sur la chaire sublime du Prince des apôtres, il Nous est doux et agréable de remplir le vœu de Notre très regretté prédécesseur et, par Notre autorité suprême, de décréter ce qui pourra devenir pour la France une cause de bien, de prospérité et de bonheur.

Il est certain, selon un ancien adage, que « le royaume de France » a été appelé le « royaume de Marie », et cela à juste titre. Car, depuis les premiers siècles de l’Eglise jusqu’à notre temps, Irénée et Eucher de Lyon, Hilaire de Poitiers, Anselme, qui de France passa en Angleterre comme archevêque, Bernard de Clairvaux, François de Sales, et nombre d’autres saints docteurs, ont célébré Marie et, ont contribué à promouvoir et à amplifier à travers la France le culte de la Vierge Mère de Dieu. A Paris, dans la très célèbre Université de Sorbonne, il est historiquement prouvé que dès le XIIIe siècle la Vierge a été proclamée conçue sans péché.

Même les monuments sacrés attestent d’éclatante manière l’antique dévotion du peuple à l’égard de la Vierge : trente-quatre églises cathédrales jouissent du titre de la Vierge Mère de Dieu ; parmi lesquelles on aime à rappeler comme les plus célèbres celles qui s’élèvent à Reims, à Paris, à Amiens, à Chartres, à Coutances et à Rouen (NB. Que le Seigneur pardonne au Pontife suprême d'avoir oublier Evreux). L’immense affluence des fidèles accourant de loin chaque année, même de notre temps, aux sanctuaires de Marie, montre clairement ce que peut dans le peuple la piété envers la Mère de Dieu, et plusieurs fois par an la basilique de Lourdes, si vaste qu’elle soit, parait incapable de contenir les foules innombrables de pèlerins.

La Vierge Mère en personne, trésorière auprès de Dieu de toutes les grâces, a semblé, par des apparitions répétées, approuver et confirmer la dévotion du peuple français.

Bien plus, les principaux et les chefs de la nation se sont fait gloire longtemps d’affirmer et de défendre cette dévotion envers la Vierge. Converti à la vraie foi du Christ, Clovis s’empresse, sur les ruines d’un temple druidique, de poser les fondements de l’église Notre-Dame, qu’acheva son fils Childebert. Plusieurs temples sont dédiés à Marie par Charlemagne. Les ducs de Normandie proclament Marie Reine de la nation. Le roi saint Louis récite dévotement chaque jour l’office de la Vierge. Louis XI, pour l’accomplissement d’un vœu, édifie à Cléry un temple à Notre-Dame. Enfin Louis XIII consacre le royaume de France à Marie et ordonne que chaque année, en la fête de l’Assomption de la Vierge, on célèbre dans tous les diocèses de France de solennelles fonctions ; et ces pompes solennelles, Nous n’ignorons pas qu’elles continuent de se dérouler chaque année.

En ce qui concerne la Pucelle d’Orléans, que Notre prédécesseur a élevée aux suprêmes honneurs des saints, personne ne peut mettre en doute que ce soit sous les auspices de la Vierge qu’elle ait reçu et remplit mission de sauver la France. Car d’abord, c’est sous le patronage de Notre-Dame de Bermont, puis sous celui de la Vierge d’Orléans, enfin de la Vierge de Reims, qu’elle entreprit d’un cœur viril, une si grande œuvre, qu’elle demeura sans peur en face des épées dégainées et sans tache au milieu de la licence des camps, qu’elle délivra sa patrie du suprême péril et rétablit le sort de la France. C’est après en avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu’elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c’est en murmurant au milieu des flammes, en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu’elle s’envola au ciel. Ayant donc éprouvé le secours évident de la Pucelle d’Orléans, que la France reçoive la faveur de cette seconde patronne céleste : c’est ce que réclament le clergé et le peuple, ce qui fut déjà agréable à Notre prédécesseur et qui Nous plaît à Nous-même.

C’est pourquoi, après avoir pris les conseils de Nos vénérables Frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine préposés aux Rites, motu proprio, de science certaine et après mûre délibération, dans la plénitude de Notre pouvoir apostolique, par la force des présentes et à perpétuité, Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité.

Sainte Jeanne d'Arc, par Hermann Anton Stilke, 1843
De plus, écoutant les vœux pressants des évêques, du clergé et des fidèles des diocèses et des missions de la France, Nous déclarons avec la plus grande joie et établissons Pucelle d’Orléans admirée et vénérée spécialement par tous les catholiques de France comme l’héroïne de la patrie, sainte Jeanne d’Arc, vierge, patronne secondaire de la France, choisie par le plein suffrage du peuple, et cela encore d’après Notre suprême autorité apostolique, concédant également tous les honneurs et privilèges que comporte selon le droit ce titre de seconde patronne.

En conséquence, Nous prions Dieu, auteur de tous les biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Eglise romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie.

Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu’elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient, maintenant et dans l’avenir, pour toute la nation française le gage le plus large des secours célestes, qu’ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l’avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment. Nonobstant toutes choses contraires.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le 2 du mois de mars de l’année 1922, la première de Notre pontificat.

P. cardinal Gasparri, secrétaire d’Etat.





vendredi 16 janvier 2015

L'or, la myrrhe et l'encens, dignes présents pour le Roi des rois

L'adoration des Mages et l'offrande de l'or, de la myrrhe et de l'encens

Sermon de Saint Pierre Chrysologue pour la solennité de l'Épiphanie


L'or pour le vrai Roi de l'Univers
Le Mystère de l'incarnation du Seigneur apporte par lui-même des marques toujours bien reconnaissables de la Divinité. Cependant, la solennité de l'Épiphanie nous découvre et nous révèle de plusieurs manières que Dieu est venu dans un corps d'homme ; ainsi notre condition mortelle, toujours enveloppée d'obscurités, ne risque pas de perdre par son ignorance la richesse qu'elle a pu saisir et posséder par la grâce.

Car celui qui a voulu naître pour nous n'a pas voulu être ignoré de nous, et c'est pourquoi il se découvre de telle sorte que ce grand mystère de la bonté divine ne devienne pas l'occasion d'une grande erreur.

Aujourd'hui, les mages, cherchant celui qui brillerait parmi les étoiles, le trouvent vagissant au berceau.
Fleurs de myrrhe, le baume précieux pour Celui
qui va être ensevelit et descendre aux tréfonds
de la mort pour nous sauver
Aujourd'hui, les mages s'étonnent de découvrir glorieux dans ses langes celui qui s'était longtemps dissimulé dans le ciel où il demeurait obscur.

Aujourd'hui, les mages considèrent avec une profonde stupeur ce qu'ils voient ici : le ciel sur la terre, la terre dans le ciel ; l'homme en Dieu, Dieu dans l'homme ; et celui que le monde entier ne peut contenir, enfermé dans le corps d'un tout-petit! Et dès qu'ils voient, ils proclament qu'ils croient sans discuter, en offrant leurs dons symboliques : par l'encens, ils confessent Dieu ; par l'or, le roi ; par la myrrhe, sa mort future. ~

L'encens pour le Grand Prêtre de l'Alliance
Nouvelle et éternelle, vrai Dieu et vrai Homme
C'est ainsi que les païens, qui étaient les derniers, deviennent premiers ; car c'est alors que la venue des païens à la croyance est inaugurée par la foi des mages.


mercredi 14 janvier 2015

Naissance et Baptême du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Prière au jour du Baptême, d’après Saint Sophrone, patriarche de Jérusalem

Ô Trinité transcendant tous les êtres par ton excellence et ta suprême divinité, Tout-puissant qui vois tout, Invisible que nul ne peut saisir, Créateur des êtres spirituels et doués de raison, pure essence du Bien, Lumière inaccessible qui, venant dans le monde, illumines tout homme, éclaire-moi aussi, ton indigne serviteur; illumine les yeux de mon intelligence, afin que j'ose célébrer tes bienfaits et ta puissance infinis.

Baptême du Christ dans le Jourdain,
par Jacopino da Reggio, XIIIe
Agrée ma prière pour le peuple ici présent; puissent mes fautes ne pas empêcher la venue de ton saint Esprit; accorde-moi plutôt de pouvoir, sans être condamné, te crier et te dire aussi maintenant, suprême Bonté: Nous te glorifions, Seigneur ami des hommes, Tout-puissant, Roi d'avant les siècles. Nous te glorifions, Auteur de l'entière création.
Nous te glorifions, Fils unique de Dieu que sans père une Mère a conçu et qui sans mère du Père est issu. Au cours de la fête passée, c'est comme enfant que nous t'avons vu; en la présente fête nous contemplons ta perfection, comme le Parfait, né du Parfait, se manifestant notre Dieu.

Car ce jour est pour nous celui de la Fête: le chœur des Saints est assemblé avec nous, les Anges s'unissent à la festivité humaine.
En ce jour la grâce du saint Esprit, sous forme de colombe, est descendue sur les eaux.
En ce jour le soleil sans déclin s'est levé, le monde est éclairé par la lumière du Seigneur.
En ce jour la lune éclaire aussi le monde par la clarté de ses rayons.
En ce jour les astres lumineux embellissent l'univers en rayonnant de tous leurs feux.
En ce jour les nuées distillent depuis le ciel une rosée de justice pour l'humanité.
En ce jour l'Incréé veut que sa propre créature lui impose la main.
En ce jour le Prophète et Précurseur vient au-devant du Maître, mais il approche en tremblant, voyant Dieu s'abaisser jusqu'à nous.
En ce jour les flots du Jourdain acquièrent la vertu de guérir par la présence du Seigneur.
En ce jour un courant mystique abreuve l'entière création.
En ce jour les fautes des humains sont lavées par les eaux du Jourdain.
En ce jour le Paradis s'est ouvert pour les hommes et le Soleil de justice répand sur nous sa clarté.
En ce jour l'eau amère, comme au temps de Moïse, pour le peuple est changée en eau douce par la présence du Seigneur.
En ce jour nous mettions fin à l'antique lamentation et nous fûmes sauvés, en nouvel Israël.
En ce jour nous étions délivrés des ténèbres pour resplendir clairement de la connaissance de Dieu.
En ce jour la grisaille du monde est dissipée par l'épiphanie de notre Dieu.
En ce jour l'entière création brille comme lampe allumée depuis le ciel.
En ce jour l'erreur fut abolie, l'avènement du Maître nous traçant la voie du salut.

Ce jour est une fête en haut comme ici-bas, les êtres de ce bas monde rencontrent ceux des hauteurs.
En ce jour les vrais croyants élèvent leur voix joyeuse en une sainte festivité.
En ce jour le Maître se hâte vers le baptême pour relever l'humanité.
En ce jour l'Immuable s'incline vers son propre serviteur pour nous libérer de la servitude.
En ce jour nous avons acquis le royaume des cieux, ce règne du Seigneur qui n'aura pas de fin.
En ce jour la terre et la mer ont partagé la joie du monde, un monde que l'allégresse a rempli.

Les eaux te virent, ô Dieu, les eaux te virent et furent en émoi. Le Jourdain retourna en arrière, voyant le feu de la divinité descendre en un corps et venir jusqu'à lui.
Le Jourdain retourna en arrière, lorsqu'il vit l'Esprit saint descendre sous forme de colombe et voler autour de toi.
Les eaux du Jourdain en Terre Sainte
Le Jourdain retourna en arrière, voyant l'Invisible se laisser voir, le Créateur ayant pris chair, le Maître sous la forme de serviteur.
Le Jourdain retourna en arrière, et les montagnes bondissaient voyant Dieu dans la chair.
Les nuées firent entendre leur voix, s'émerveillant que soit venu, Lumière de Lumière, le vrai Dieu né du vrai Dieu.

En ce jour de fête nous voyons au Jourdain le Seigneur y engloutir les chaînes de l'Enfer, l'aiguillon de l'erreur, la mort que la désobéissance nous valut, et donner au monde le Baptême du salut. C'est pourquoi, moi aussi, bien que pécheur et indigne de te servir, après avoir rappelé tes merveilles et tes hauts-faits, saisi de crainte et plein de componction, je m'écrie: Tu es grand, Seigneur, tes œuvres sont admirables, et nulle parole ne suffira pour chanter tes merveilles.


C'est toi qui as voulu conduire toutes choses du non-être à l'existence; par ta puissance tu soutiens l'univers, par ta providence tu diriges le monde. Des quatre éléments tu composas la création, des quatre saisons tu couronnas le cycle de l'année. Elles tremblent devant toi, les célestes puissances spirituelles: c'est toi que chante le soleil, c'est toi que la lune glorifie; c'est avec toi que s'entretiennent les astres, c'est à toi que la lumière obéit; devant toi frémissent les océans et les sources sont tes servantes.
Tu déployas les cieux comme une tente, tu affermis la terre sur les eaux; la mer, tu l'entouras de sable, et l'air, tu le répandis pour qu'on le respirât. Les puissances angéliques te servent dans le ciel, les chœurs des Archanges se prosternent devant toi; les Chérubins aux yeux innombrables et les Séraphins aux six ailes qui font cercle autour de toi et volent à l'entour de ta majesté se couvrent la face par crainte de ta gloire inaccessible.
Toi le Dieu que nul espace ne peut circonscrire, toi le Dieu ineffable et sans commencement, tu es venu sur terre, prenant forme d'esclave et ressemblance avec les hommes; car tu n'as pas souffert, Seigneur, dans la tendresse de ton cœur, de voir le genre humain sous la tyrannie du démon, mais tu es venu et tu nous as sauvés.

Nous reconnaissons ta grâce, nous proclamons ton amour, sans cacher tes bienfaits. Tu as libéré notre nature dès le germe, par ta naissance tu as sanctifié le sein virginal; toute la création te chanta lorsque tu apparus. Car toi, ô notre Dieu, tu t'es montré sur la terre et tu as conversé avec les hommes. C'est toi aussi qui sanctifias les eaux du Jourdain, envoyant du ciel ton saint Esprit, et tu as écrasé la tête des dragons qui s'y cachaient.

Toi donc, Ami des hommes et notre Roi, viens aussi maintenant par l'effusion de ton saint Esprit et sanctifie cette eau.
Et donne-lui la même bénédiction et vertu rédemptrice qu'à celle du Jourdain. Fais-en une source d'immortalité, un trésor de sanctification, pour la rémission des péchés, la guérison des maladies et la perte des démons; qu'elle soit inaccessible aux puissances ennemies et remplie de pouvoir angélique!
Trinité Sainte, petites heures du duc de Berry
Afin que tous ceux qui en prennent et en boivent trouvent en elle la purification de leur âme et de leur corps, le remède à leurs passions, la sanctification de leur maison et toute sorte de profit. Car c'est toi notre Dieu, celui qui par l'eau et l'Esprit renouvelas notre nature vieillie dans le péché. C'est toi notre Dieu, qui au temps de Noé submergeas le péché sous les eaux. C'est toi notre Dieu, qui par la mer fis passer de la servitude de Pharaon à la liberté, sous la conduite de Moïse, la nation des Hébreux.
C'est toi notre Dieu, qui fendis la roche au désert, au point que les eaux coulèrent en torrents pour abreuver ton peuple assoiffé. C'est toi notre Dieu, qui par l'eau et le feu fis qu'Elie détourna Israël de l'erreur de Baal. Toi-même, Seigneur, encore à présent, sanctifie cette eau par ton Saint Esprit. Et donne à tous ceux qui vont la toucher, s'en oindre ou en goûter, sanctification, bénédiction, purification et santé.

Sauve, Seigneur, tes serviteurs (notre roi N. et tous) les chrétiens fidèles.
En paix garde-les sous ta protection; accorde-leur ce qu'ils demandent pour leur salut et la vie éternelle.

Souviens-toi, Seigneur, de notre archevêque (ou évêque) N., de l'ordre presbytéral, des diacres qui servent dans le Christ, de tout le clergé et du peuple présent, ainsi que de nos frères absents pour un juste motif; en ton immense miséricorde aie pitié d'eux et de nous. Afin que par les éléments, par les Anges et les hommes, par le monde visible et invisible soit glorifié ton nom très-saint, avec le Père et le Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.




dimanche 11 janvier 2015

De la pauvreté de la crèche et de la véritable richesse de posséder Dieu seul

Icône de la grotte de la Nativité









Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 237,

Quand toute la terre se renverserait, on serait inébranlable ; on vit toujours content, et tous les hommes et les démons ensemble ne peuvent altérer un moment la paix divine dans le fond de l’âme d’un homme qui veut tout, et qui ne veut rien tout ce que Dieu veut, et rien de ce qu’il n’ordonne pas.

Or, quoique Dieu ne puisse vouloir le mal du péché, il veut le mal de la peine qui en arrive, et les incommodités qui suivent. Après tout, comment savoir un Dieu – Homme qui dit de lui-même qu’il n’a pas où reposer sa tête, pendant que les oiseaux ont des nids et les renards des tanières, et vouloir encore être bien logé ?

Je regarde comme une grâce infiniment précieuse, infiniment estimable, de n’avoir aucun logement à moi, ce qu’en vérité je ne voudrais pas changer, avoir les palais les plus magnifiques du monde. N’est-il pas vrai que le premier logement du grand Dieu des éternités dans le temps a été une pauvre crèche dans un antre ?




jeudi 8 janvier 2015

La naissance de Notre Seigneur à Bethléem, la maison du Pain, annonce de la divine Eucharistie - vrai Pain de Vie

Basilique de la Nativité, autel de la Crèche


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « De notre Seigneur Jésus-Christ », livre I, de l’amour



Considérons donc avec les plus profonds respects dont nous sommes capables qu’un Dieu, venant au monde et s’y faisant Homme, a paru en sa Naissance comme un Enfant ; et comme un Homme, l’opprobre des hommes en sa très précieuse Mort ; mais, après les plus ignominieux et les plus barbares traitements que l’on puisse jamais souffrir, il revient tout de nouveau demeurer avec ces ingrates et cruelles créatures, se mettant sous les apparences du pain et du vin au très saint Sacrement de l’Autel.







De la table à la Sainte Table, le Christ désire partager nos vies,
nos joies comme nos peines.


dimanche 4 janvier 2015

Épiphanie du Seigneur

Une étoile a guidé les Mages
venus d'Orient vers la Lumière sans déclin
Saint Romanos le Mélode, Hymnes pour la Théophanie

Aujourd’hui, Seigneur, tu t’es manifesté à l’univers, et ta lumière nous est apparue. C’est pourquoi, devant cette révélation, nous te chantons : Tu es venu, tu t’es manifesté, toi la lumière inaccessible ! (1Tm 6,16)…

Dans la Galilée des nations, dans le pays de Zabulon, dans la terre de Nephtali, comme dit le prophète, le Christ, grande lumière, a resplendi (Is 8,23-9,1) ; pour ceux qui étaient dans les ténèbres une grande clarté a brillé, jaillissant de Bethléem. Le Seigneur né de Marie, le Soleil de justice, répand ses rayons sur l’univers entier (Ml 3,20). Nous, les fils d’Adam qui sommes nus, venons, revêtons-le pour nous réchauffer. C’est pour vêtir ceux qui sont nus, illuminer ceux qui sont dans les ténèbres, que tu t’es manifesté, toi la lumière inaccessible.

Fresques de Raphaël, l'adoration des Mages
Dieu n’a pas méprisé celui qui, par ruse, a été dépouillé de ses vêtements dans le Paradis et a perdu la robe tissée des mains de Dieu. Il revient vers lui et de sa voix sainte appelle celui qui lui a désobéi: « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9) Cesse de te cacher de moi. Si nu, si pauvre que tu sois, je veux te voir. N’aie pas peur, je me suis fait semblable à toi. Tu désirais devenir dieu (Gn 3,5) et tu n’as pas pu. Maintenant, parce que je l’ai voulu, je me suis fait chair. Avance donc, reconnais-moi et dis : Tu es venu, tu t’es manifesté, toi la lumière inaccessible (…)

Chante, chante, Adam ; adore celui qui vient à toi. Alors que tu t’éloignais, il s’est manifesté à toi pour se faire voir, toucher, accueillir. Celui que tu avais craint quand tu as été trompé par le démon, pour toi s’est fait semblable à toi. Il est descendu sur la terre pour te prendre aux cieux ; il est devenu mortel pour que toi tu deviennes Dieu et que tu recouvres ta première beauté. Voulant t’ouvrir les portes de l’Éden, il a habité Nazareth. Pour tout cela, chante, homme, chante et loue celui qui s’est manifesté et qui a illuminé tout univers.




jeudi 1 janvier 2015

360e anniversaire d'Ordination sacerdotale de l'abbé Henri-Marie Boudon


14h30 : Prières sur la tombe du Vénérable fondateur de l'Archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement de l'Autel et des saints Anges, en la chapelle des saints Anges de la cathédrale Notre-Dame d'Evreux, puis en celle de la Mère de Dieu en ce jour qui lui est traditionnellement consacré.

17h30 : Veni Creator, Grand'Messe solennelle de la Circoncision et Te Deum en la chapelle Saint-Michel du Petit Mont Saint-Michel ébroïcien, en action de grâces pour l'ordination sacerdotale de l'abbé Henri-Marie Boudon il y a 360 ans en la chapelle du palais épiscopal d'Evreux, par S.Exc.R. Mgr Gilles Boutault.

360e anniversaire d'Ordination sacerdotale du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Ordination, vitrail
Discours au clergé romain, au sujet de la discipline des prêtres, par le Pape Jean-Paul Ier,
le 7 septembre 1978


Il existe une “petite” discipline, celle qui se limite à l’observance purement extérieure et formelle des normes juridiques. Mais je voudrais, par contre, parler de la “grande” discipline. Celle-ci n’existe que si l’observance extérieure est le fruit de convictions profondes et la projection libre et joyeuse d’une vie vécue dans l’intimité avec Dieu. Il s’agit - écrit l’abbé Chautard - de l’activité d’une âme qui réagit continuellement pour dominer ses mauvais penchants et pour acquérir petit à petit l’habitude de juger et de se comporter dans toutes les circonstances de la vie selon les maximes de l’Evangile et les exemples de Jésus. “Dominer ses penchants” est une discipline. L’expression “petit à petit” indique que cette discipline demande un effort continu, long, peu aisé. Même les anges que Jacob voyait dans son rêve ne volaient pas, mais ils montaient une marche à la fois : on imagine facilement ce qu’il en sera de nous, pauvres hommes sans ailes.
Bienheureux fra Angelico, ordination de
S. Laurent, diacre
                                                                           
La “grande” discipline exige un climat approprié. Et, avant tout, le recueillement. 
Il m’est arrivé, un jour, de voir à la gare de Milan un porteur, la tête appuyée sur un sac de charbon contre un pilier, et qui dormait béatement... Les trains partaient en sifflant et arrivaient en grinçant sur leurs roues ; les haut-parleurs donnaient continuellement des avis assourdissants ; les voyageurs allaient et venaient avec bruit et tapage, mais lui - tout en dormant - semblait dire : “Faites ce que vous voulez, mais quant à moi j’ai besoin de rester tranquille”. 


Nous devrions, nous prêtres, avoir une conduite semblable. Autour de nous il y a un mouvement continuel et un défilé de gens qui parlent, de journaux, de radio et de télévision. Avec la mesure et la discipline sacerdotale, nous devons dire : “Au-delà de certaines limites, pour moi qui suis prêtre du Seigneur, vous n’existez pas ; je dois me réserver un peu de silence pour mon âme ; je me détache de vous pour m’unir à mon Dieu”.
                                                                                                      
Aujourd'hui, c’est le désir de nombreux et bons fidèles de voir leur prêtre habituellement uni à Dieu. Ils raisonnent comme cet avocat de Lyon, au retour d’une visite au curé d’Ars. “Qu'avez-vous vu à Ars ?” lui demandait-on. Il répondit : “J’ai vu Dieu dans un homme”. 


Saint Grégoire le Grand fait un raisonnement analogue. Il souhaite que le pasteur dialogue avec Dieu sans oublier les hommes et avec les hommes sans oublier Dieu. Et il continue : que le pasteur évite de désirer être aimé des fidèles plutôt que de Dieu ou d’être trop faible par crainte de perdre l’affection des hommes. Qu’il ne s’expose pas au reproche de Dieu : “Malheur à ceux qui disposent des coussins sous tous les coudes” (Ez 13, 18). Le pasteur - dit-il en conclusion - doit, certes, chercher à se faire aimer, mais pour se faire écouter, et ne pas chercher cette affection pour son utilité personnelle. (cf. Regula Pastoralis, 1, II, c. VIII).

Les prêtres, dans une certaine mesure, sont tous des guides et des pasteurs, mais ont-ils tous aussi une juste notion de ce que comporte véritablement le fait d’être pasteur d’une Eglise particulière, c’est-à-dire être évêque ? Jésus, le pasteur suprême a dit de lui-même, d’une part : “Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre” (Mt 28, 18) et d'autre part : “Je suis venu pour servir” (Mt 20, 28) et il a lavé les pieds de ses apôtres. En lui le pouvoir et le service allaient de pair. Il faut dire quelque chose de semblable des apôtres et des évêques. “Praesumus - disait Augustin - si prosumus” (“nous sommes à la tête si nous sommes au service”) ; (Miscellanea Augustiniana, Romae 1930, tome I, p. 565). 

Autel majeur de la Cathédrale de Chartres, pèlerinage de Pentecôte
Nous, évêques, nous présidons si nous servons : notre présidence est justifiée si elle se réalise dans le service et si elle s’exerce dans un but de service, dans l’esprit et le style du service. Ce service épiscopal, cependant, manquerait si l’évêque ne voulait pas exercer les pouvoirs qu'il a reçus. Augustin disait encore : “L’évêque qui ne sert pas le monde (par la prédication, des directives) est seulement un “gardien de paille” (Foenus custos), un épouvantail à moineaux mis dans la vigne pour que les petits oiseaux ne becquettent pas le raisin” (ibidem p. 568). 


C’est pour cela qu’il est écrit dans Lumen Gentium : “Les évêques dirigent... par leurs conseils, leurs encouragements, leurs exemples, mais aussi par leur autorité et par l’exercice du pouvoir sacré...” (Lumen Gentium, nn.27-351). 


Une autre composante de la discipline sacerdotale est d’aimer la place que l’on occupe. Je le sais : il n’est pas facile d’aimer son poste et d’y rester quand les choses ne vont pas bien, quand on a l’impression de ne pas être compris, ou de ne pas être encouragé, quand d’inévitables comparaisons avec la place qui est donnée à d’autres pourraient nous attrister et nous décourager. Mais ne travaillons-nous pas pour le Seigneur ? L’ascèse nous enseigne : ne considère pas celui à qui tu obéis mais Celui pour qui tu obéis. 


(...) D’autre part, Saint François de Sales a écrit : “Il n’y a aucune vocation qui n’ait ses ennuis, ses amertumes, ses dégoûts. Sauf ceux qui sont pleinement résignés à la volonté de Dieu, chacun voudrait échanger sa condition personnelle avec celle des autres. Ceux qui ne sont pas évêques voudraient l’être ; ceux qui sont mariés voudraient ne pas l’être et ceux qui ne le sont pas voudraient l’être. D’où vient donc cette inquiétude générale des esprits, sinon d’une certaine allergie que nous éprouvons pour la contrainte et d’un mauvais esprit qui nous fait supposer que la condition des autres est meilleure que la nôtre ?” (S. François de Sales, Œuvres, édition d'Annecy, tome XII, 348-9). »

Sainte Chapelle de Dole, la divine Hostie adorée par les saints Anges