vendredi 12 février 2016

Vendredi après les Cendres - Porter la Croix (Analabos)

Jésus-Christ, Sauveur, aie pitié de moi, pécheur
ΟΒΤΔ Ό Βασιλεύς της Δόξης,                                                    "Le Roi de Gloire"
ΙC XC NIKΑ Ιησούς Χριστός νικά,                                          "Jésus-Christ conquiert"
ΤΤΔΦ Τετιμημένον τρόπαιον δαιμόνων φρίκη,  "trophée honoré, crainte des démons"
ΡΡΔΡ Ρητορικοτέρα ρητόρων δακρύων ροή. "Un flux de larmes plus éloquent que les orateurs"
ΧΧΧΧ Χριστός Χριστιανοίς Χαρίζει Χάριν.  "Le Christ confère la Grace aux chrétiens"
ξΓΘΗ Ξύλου γεύσις θάνατον ηγαγεν,           "La dégustation de l’arbre entraîna la mort"
Cξζ ∈ Σταυρού Ξύλω ζωήν εύρομεν,      "Par l’arbre de la Croix, la vie nous est découverte "
∈ ∈ ∈ ∈ Ελένης εύρημα εύρηκεν Εδέμ.         "La découverte d’Hélène a révélé l’Eden"
ΦΧΦΠ Φως Χριστού φαίνοι πάσι.                      "La lumière du Christ brille pour tous"
ΘΘΘΘ Θεού Θέα Θείον Θαύμα,                            "La vision de Dieu, une divine merveille"
ΤCΔΦ Τύπον Σταυρού δαίμονες φρίττουσιν.   "Les démons craignent le signe de la Croix"
ΑΔΑΜ Αδάμ,                                                                       "Adam"
ΤΚΠΓ Τόπος Κρανίου Παράδεισος γέγονε,    "La place du crâne est devenu le Paradis"
ξζ Ξύλον Ζωής,                                                                   "L’arbre de vie"

Analabos
La dévotion catholique connaît les scapulaires, ces bandes d’étoffes bénies et imposées par un prêtre avec une bénédiction particulière que tout laïc ou ecclésiastique peut porter par dévotion, souvent à la Mère de Dieu. Ils sont souvent liés à un ordre religieux (le Tiers-Ordre bénédictin, dominicain, carme, avec le Scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, …).

Parmi les Orthodoxes, certains portent l’Analabos comme notre Seigneur porta la Croix (c’est ce que signifie ce terme). Il se présente comme un habit particulier pour les moines orthodoxes qui font un vœu particulier.

L’Analabos se présente, pour les fidèles qui le portent comme nous portons le scapulaire, comme un large rectangle d’étoffe de laine noire, signe de la Mort bénie du Sauveur, sur lequel sont brodés la Croix, la Couronne d’épines, la lance et la hampe munie d’une éponge gorgée de vinaigre. La Croix est plantée sur la Calvaire sous laquelle gît le crâne du premier Adam qui introduisit dans le monde ce germe maudit du péché.
 
Moine grand schème.
L’étoffe est marquée de nombreuses lettres grecques, abréviation d’une véritable profession de foi à Jésus – Sauveur. Il y a d’autres éléments et abréviations qui peuvent apparaître sur l’Analabos, mais ceux-ci sont suffisants pour démontrer que ce vêtement saint proclame silencieusement « la prédication de la Croix » (I Co 1,18) par son symbolisme mystique, déclarant à son porteur : « A Dieu ne plaise que je me glorifie, sinon en la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, et moi au monde » (Ga 6,14).

Que la Croix du Christ soit notre seule joie et notre unique espérance !


Les stations du Chemin de Croix 

jeudi 11 février 2016

Notre Dame de Lourdes

Homélie du Pape Benoît XVI
Basilique Sainte-Sabine, Mercredi des Cendres, 22 février 2012

Vénérés frères, chers frères et sœurs ;

Avec ce jour de pénitence et de jeûne — le mercredi des cendres — nous commençons un nouveau chemin vers la Pâque de la Résurrection: le chemin du carême. Je voudrais m’arrêter brièvement pour réfléchir sur le signe liturgique de la cendre, un signe matériel, un élément de la nature, qui dans la liturgie devient un symbole sacré, très important en cette journée qui marque le début de l’itinéraire quadragésimal. Dans l’antiquité, dans la culture juive, l’usage de déposer de la cendre sur la tête comme signe de pénitence était commun, souvent associé à celui de s’habiller d’un sac ou de haillons. Pour nous chrétiens, en revanche, il n’y a que cet unique moment, qui possède par ailleurs une grande importance rituelle et spirituelle.

Tout d’abord, la cendre est l’un des signes matériels qui introduisent l’univers au sein de la liturgie. Les principaux sont évidemment ceux des sacrements : l’eau, l’huile, le pain et le vin, qui deviennent une véritable matière sacramentelle, un instrument à travers lequel se transmet la grâce du Christ qui parvient jusqu’à nous. Dans le cas de la cendre, il s’agit en revanche d’un signe non sacramentel, mais toutefois toujours lié à la prière et à la sanctification du peuple chrétien : en effet, avant l’imposition individuelle sur la tête, une bénédiction spécifique des cendres est prévue — que nous accomplirons dans quelques instants —, avec deux formules possibles. Dans la première, celles-ci sont définies « austère symbole » ; dans la deuxième, on invoque directement sur elles la bénédiction et on fait référence au texte du Livre de la Genèse, qui peut également accompagner le geste de l’imposition : « Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise » (cf. Gn 3, 19).

Arrêtons-nous un instant sur ce passage de la Genèse. Il conclut le jugement prononcé par Dieu après le péché originel: Dieu maudit le serpent, qui a fait tomber l’homme et la femme dans le péché ; ensuite il punit la femme, en lui annonçant les douleurs de l’accouchement et une relation inégale avec son mari; enfin, il punit l’homme, il lui annonce la fatigue du travail et maudit le sol. « Maudit soit le sol à cause de toi ! » (Gn 3, 17), à cause de ton péché. L’homme et la femme ne sont donc pas maudits directement comme l’est en revanche le serpent, mais, à cause du péché d’Adam, le sol, dont il avait été tiré, est maudit. Relisons le magnifique récit de la création de l’homme tiré de la terre : « Alors le Seigneur Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Eden, à l'orient, et il y mit l’homme qu'il avait modelé » (Gn 2, 7-8) ; ainsi est-il écrit dans le livre de la Genèse.

Voilà donc que le signe de la cendre nous reconduit à la grande fresque de la création, où il est dit que l’être humain est une unité de matière et de souffle divin particulière, à travers la glaise du sol modelée par Dieu et animée par son haleine insufflée dans les narines de la nouvelle créature. Nous pouvons observer que dans le récit de la Genèse le symbole de la glaise subit une transformation négative à cause du péché. Alors qu’avant la chute, le sol est une potentialité entièrement bonne, irrigué par une source d’eau (Gn 2, 6) et capable, par l’œuvre de Dieu, de faire germer « toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger » (Gn 2, 9), après la chute et la malédiction divine conséquente, celui-ci produira des « épines et des chardons » et ce n’est qu’en échange de « peines » et de « la sueur du front » qu’il accordera ses fruits à l’homme (cf. Gn 3, 17-18). La glaise de la terre ne rappelle plus seulement le geste créateur de Dieu, entièrement ouvert à la vie, mais devient le signe d’un inexorable destin de mort : « Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise » (Gn 3, 19).

Création d'Adam et Eve, Hortus Deliciarum
Il est évident dans le texte biblique que la terre participe au destin de l’homme. Saint Jean Chrysostome dit à ce propos, dans l’une de ses homélies : « Tu vois comment après sa désobéissance tout lui est imposé [à l’homme] de manière contraire à son précédent style de vie » (Homélie sur la Genèse17, 9). Cette malédiction du sol a une fonction curative pour l’homme, qui en raison des «résistances» de la terre devrait être aidé à rester dans ses limites et à reconnaître sa propre nature (cf. ibid.). C’est ainsi que s’exprime un autre commentaire antique, avec une belle synthèse, qui dit : « Adam fut créé pur par Dieu pour son service. Toutes les créatures lui furent données pour le servir. Il était destiné à être le seigneur et roi de toutes les créatures. Mais lorsque le mal parvint à lui et parla avec lui, il le reçut au moyen d’une écoute extérieure. Ensuite, il pénétra dans son cœur et prit possession de son être tout entier. Lorsqu’il fut ainsi capturé, la création, qui l’avait assisté et servi, fut capturée avec lui » (Pseudo-Macaire, Homélies 11, 5).

Nous disions il y a peu, en citant saint Jean Chrysostome, que la malédiction du sol a une fonction « curative ». Cela signifie que l’intention de Dieu, qui est toujours bénéfique, est plus profonde que la malédiction. En effet, celle-ci est due au péché et non à Dieu, mais Dieu ne peut pas ne pas l’infliger, car elle respecte la liberté de l’homme et ses conséquences, même négatives. A l’intérieur de la punition, et également à l’intérieur de la malédiction du sol, demeure donc une bonne intention qui vient de Dieu. Lorsqu’Il dit à l’homme : « Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise », avec la juste punition il entend également annoncer une voie de salut, qui passera précisément à travers la terre, à travers cette « glaise », cette « chair » qui sera assumée par le Verbe. C’est dans cette perspective salvifique que la parole de la Genèse est reprise par la liturgie du Mercredi des Cendres: comme invitation à la pénitence, à l’humilité, à garder à l’esprit sa propre condition mortelle, non pour finir dans le désespoir, mais pour accueillir, précisément dans notre mortalité, la proximité impensable de Dieu, qui, au-delà de la mort, ouvre le passage à la résurrection, au paradis finalement retrouvé. C’est dans ce sens que nous oriente un texte d’Origène qui dit : « Ce qui au début était chair, venant de la terre, un homme de glaise (cf. 1 Co 15, 47), et qui fut dissout à travers la mort et de nouveau rendu glaise et cendre — en effet, il est écrit : car tu es glaise et tu retourneras à la glaise — est fait renaître à nouveau de la terre. Ensuite, selon les mérites de l’âme qui habite le corps, la personne avance vers la gloire d’un corps spirituel » (Traité des principes 3, 6, 5).

Les « mérites de l’âme », dont parle Origène, sont nécessaires; mais les mérites du Christ, l’efficacité de son Mystère pascal, sont fondamentaux. Saint Paul nous en a offert une formulation synthétique dans la deuxième Lettre aux Corinthiens, aujourd’hui objet de la deuxième lecture : « Celui qui n'avait pas connu le péché, Il l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu » (2 Co 5, 21). La possibilité du pardon divin pour nous dépend essentiellement du fait que Dieu lui-même, en la personne de son Fils, a voulu partager notre condition, mais non la corruption du péché. Et le Père l’a ressuscité avec la puissance de son Esprit Saint et Jésus, le Nouvel Adam, est devenu, comme le dit saint Paul, « esprit vivifiant » (1 Co 15, 45), prémisses de la nouvelle création. Le même Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts peut transformer nos cœurs, de cœurs de pierre en cœurs de chair (cf. Ez 36, 26). Nous l’avons invoqué il y a peu avec le Psaume Miserere : « Dieu, crée pour moi un cœur pur, restaure en ma poitrine un esprit ferme ; ne me repousse pas loin de ta face, ne m'enlève pas ton esprit de sainteté » (Ps 50, 12-13). Ce Dieu qui chassa nos ancêtres de l’Eden, a envoyé son propre Fils sur notre terre dévastée par le péché, il ne l’a pas épargné, afin que nous, fils prodigues, puissions revenir, repentis et rachetés par sa miséricorde, dans notre véritable patrie. Ainsi soit-il pour chacun de nous, pour tous les croyants, pour chaque homme qui, humblement, reconnaît avoir besoin de salut. Amen.




mercredi 10 février 2016

Mercredi des Cendres

Raphaël, nos premiers parents quittant le jardin du Paradis.  En quittant la Voie droite du Salut, ils se sont perdus. En se laissant tromper par le serpent, et en se trompant mutuellement, ils ont oublié la Vérité. Par leur orgueil, ils se sont séparés de la Vie et sont devenus mortels. Écoutons Jésus notre Seigneur : Il est le Chemin, la Vérité et la Vie.
De la liturgie de ce grand et saint Mercredi des Cendres. Entrons dans le temps du Carême avec humilité et douceur, le cœur rempli de joie et de tempérance, avec de bonnes et saintes décisions que nous tiendrons pour glorifier Dieu, notre Roi, notre propre conversion ainsi que celles de tous nos frères, pauvres pécheurs comme nous, mais aussi la paix pour les âmes de nos frères défunts.



" Ainsi que nous venons de le dire, la Station, à Rome, est aujourd’hui à Sainte-Sabine, sur le Mont-Aventin. C’est sous les auspices de cette sainte Martyre que s’ouvre la pénitence quadragésimale.

La fonction sacrée commence par la bénédiction des cendres que l’Église va imposer sur nos fronts. Ces cendres sont faites des rameaux qui ont été bénis l’année précédente, au Dimanche qui précède la Pâque. La bénédiction qu’elles reçoivent dans ce nouvel état a pour but de les rendre plus dignes du mystère de contrition et d’humilité qu’elles sont appelées à signifier.

Le chœur chante d’abord l’Antienne, qui implore la divine miséricorde.

Le Prêtre, à l’autel, ayant près de lui les cendres mystérieuses, prononce les Oraisons par lesquelles il demande à Dieu d’en faire pour nous un moyen de sanctification.

Après ces Oraisons, le Prêtre asperge les cendres avec l’eau bénite, puis il les parfume avec l’encens. Ces rites étant accomplis, il reçoit lui-même de ces cendres sur la tête par la main du prêtre le plus qualifié dans le clergé qui dessert l’église. Celui-ci les reçoit à son tour du célébrant qui, après les avoir imposées aux ministres de l’autel et au reste du clergé, les distribue au peuple.

Lorsque le Prêtre s’approchera pour vous marquer du sceau de la pénitence, acceptez avec soumission l’arrêt de mort que Dieu lui-même prononcera sur vous : « Homme, souviens-toi que tu es poussière, et que tu rentreras dans la poussière ».

L'imposition des Cendres, Pontifical de Guillaume Durand, Avignon
Humiliez-vous, et rappelez-vous que c’est pour avoir voulu être comme des dieux, préférant notre volonté à celle du souverain Maître, que nous avons été condamnés à mourir. Songeons à cette longue suite de péchés que nous avons ajoutés à celui d’Adam, et admirons la clémence de Dieu qui se contentera d’une seule mort pour tant de révoltes.

Pendant la distribution des cendres, le chœur chante deux Antiennes et un Répons.

La distribution des cendres étant terminée, le Prêtre conclut par l’Oraison suivante : « Accordez-nous, Seigneur, d’entrer par de saints jeûnes dans les rangs de la milice chrétienne, de sorte qu’ayant à lutter contre les esprits mauvais, nous soyons munis des secours que procure l’abstinence. » "


"Je suis la Porte". "A celui qui frappera, on ouvrira".

mardi 9 février 2016

Mardi gras

Le Carnaval et ses extravagances avant un saint temps de Pénitence qui nous
mènera vers la joie sans déclin, Pâques !

Mardi gras ? Oui, parce que demain ce sera Mercredi "maigre". Nous entrerons dans le saint temps du Carême, temps du plus grand amour, où nous abandonnerons durant une sainte Quarantaine les joies mondaines et les artifices pour revenir à notre unique Essentiel : le Christ Jésus et son Évangile de la Vie.

Profitons de ce jour, mais saintement ! S'amuser, manger, boire, fait partie de la vie que Notre Seigneur sanctifia. Mais ce n'est pas parce que les pharisiens médisants L'accusaient d'être ivrogne et glouton qu'il nous faut l'être !
Aux noces de Cana, à la table des pécheurs, à celle de ses amis Marthe, Marie et Lazare, le Seigneur savait profiter mais jamais abuser nous apprenant aussi la sainte mesure. Alors imitons notre Seigneur, dans la joie de ce jour.
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Science et pratique du Chrétien »


Nous sommes à Jésus Christ :
dans le temps de la récréation aussi bien que dans le temps de l’Oraison,
dans le temps de la promenade comme dans la retraite,
dans le temps du carnaval comme dans le Carême, quoique les exercices dont nous devons nous servir pour honorer Dieu soient différents.

L’Apôtre veut que les actions les plus viles, comme celle du boire et du manger, soient faites pour la gloire de Dieu !

Le buis béni se change en cendres. Devenu sec et ayant perdu sa grâce, est devenu le signe de l'homme sans Dieu.
Quand la flamme de l'amour le rencontre, il brûle et exhale une odeur acre, insoutenable,
celle de nos péchés qui nous ont fait perdre la Vie.
Revenons au Seigneur de tout notre cœur. Il nous fera grâce, à nous comme au monde entier !

vendredi 5 février 2016

Saint Grégoire de Narek, du "Livre des Prières", n°18 

Ô Toi l'unique Dieu céleste, Très-haut, Bienfaiteur, à Toi appartient la puissance, à Toi le pardon, à Toi la guérison, à Toi la libéralité.

C'est à Toi qu'appartiennent les faveurs, à Toi seul les dons gratuits, à Toi l'expiation, à Toi la protection, à Toi les solutions incompréhensibles, à Toi les inventions insoupçonnées, à Toi les mesures incommensurables : Tu es le commencement et Tu es la fin.

Car jamais les ténèbres de la colère n'obscurcissent la lumière de ta miséricorde : Tu n'es point assujetti à une misère quelconque ; Tu dépasses toutes paroles. Tourne-Toi vers moi, moi qui tremble d'effroi dans le cachot sans fond de ma fosse pleine de boue, chargé des chaînes de mes péchés, blessé et transpercé par les traits et les flèches de l'Accusateur.

Image infinie au-delà de toute estimation, incommensurable largeur de gloire, Espace sans limite d'irrésistible puissance, Immensité absolue, inépuisable Bienfaisance de miséricorde « C'est Toi qui changes en aurore les ombres de la mort », Toi qui es descendu volontairement au Tartare qui maintenait captives dans ses replis les âmes, où la porte de la prière même était verrouillée.

Tu as arraché de là le butin accumulé des âmes exilées : par le glaive impérieux de ta parole victorieuse, Tu as tranché le lien destructeur de la mort et dissipé les angoisses du péché.

Tourne-Toi vers moi, moi qui tremble d'effroi dans le cachot sans fond de ma fosse pleine de boue, chargé des chaînes de mes péchés, blessé et transpercé par les traits et les flèches de l'Accusateur.

Toi qui es toujours, Seigneur bienfaisant, Toi qui es Lumière parmi les ténèbres, Toi qui es Trésor de bénédiction, Miséricordieux, Compatissant, Ami des hommes, Puissant, Inénarrable, Inscrutable, Indicible, Tout-puissant : Toi qui rends possible avec une telle aisance tout ce qui est impossible, Feu qui dévores les broussailles des péchés, Rayon qui brûles et pénètres l'univers dans un grand mystère, Souviens-Toi de moi en Ta miséricorde, ô Béni, et non en Ta justice ; en Ton pardon, et non en Tes sanctions ; en Ta longanimité plutôt qu'en Ta rigueur.

Lorsque Tu pèseras le poids de mes péchés, veuille le faire avec Ta suavité et non avec Ta justice.

Approche-Toi de moi, ô bonté, ôte le vent mauvais de mon trouble mortel, afin que se repose en moi, Ton souffle de paix : l’Esprit Tout-puissant ! Amen.





mardi 2 février 2016

Présentation de l'Enfant Jésus au Temple : notes sur la liturgie de ce jour

Note introductive
Guido Reni, la Présentation de l'Enfant Jésus
au Temple.

Aujourd'hui, avec Syméon et Anne, nous contemplons l'Enfant Divin, le Verbe Incarné, qui est présenté au Temple: le Temple de notre cœur.
Que cet Aujourd'hui spécial dans cette année particulière nous voie plus fidèles, dans une vie entièrement donnée à Dieu par la réponse d'un don total et exclusif.
Dans cet Aujourd'hui, disons le Fiat de notre engagement d'obéissance à l'Evangile, à la voix de l'Eglise, à notre règle de vie.
Avec joie, confirmons notre intention de vivre avec sobriété et austérité, pour vaincre l'anxiété de la possession à travers la grâce du don, de nous servir des biens du monde pour la cause de l'Evangile et la promotion de l'homme de garder avec amour la chasteté du corps et la pureté de l'esprit, de vivre avec un cœur indivis pour la Gloire de Dieu et le salut de l'homme.
Que Marie, la Vierge Mère, Temple très Saint de Dieu, nous accompagne dans ce chemin; qu'elle nous aide surtout dans le moment de l'épreuve — elle, qui fut transpercée par le glaive de l'Esprit — à garder dans le cœur ce qu'elle avait contemplé.

« De cette façon, Seigneur, puisque tu l'as ainsi établi, un seul amour associe le Fils et la Mère, une seule douleur les unit une seule volonté les anime: te plaire, bien unique et suprême » (Préface de la Messe « Marie Vierge dans la Présentation du Seigneur »).

En effet, « la vie contemplative commence ici-bas, pour se parfaire dans la patrie céleste, car le feu d'amour se met à prendre ici-bas, mais quand on verra celui qu'on aime, il s'embrasera davantage, ce feu! La vie contemplative n'est donc pas ôtée, car lorsqu'est soustraite la lumière du monde présent, elle se parfait » (S. Grégoire Le Grand: Hom. sur Ez. II,2,9).
« Frères, que notre cœur s'enflamme donc; consolidons la foi en ce que nous croyons; que notre désir ardent des réalités célestes se ravive: aimer de cette façon c'est déjà être en chemin. Aucune adversité ne nous éloigne de la joie de la célébration intime, car si l'on veut atteindre son but convoité, il n'y a pas d'entrave sur le chemin qui puisse faire changer ce désir ~ Que l'esprit aspire donc ardemment à la patrie éternelle ». (S. Grégoire le Grand: Hom. sur les Ev. 14,6).

Le 2 février représente le moment culminant de notre célébration du Jubilé. Toutes les personnes consacrées se sont préparées en méditant sur le don de leur vocation à la consécration totale au Christ, en faisant une expérience de repentir sincère de leurs fautes et d'amour renouvelé pour vivre un rapport plus vrai avec Dieu et le prochain. Maintenant, dans la Célébration Eucharistique — avec le Christ, dans le Christ et pour le Christ — guidés par l'Esprit, nous voulons offrir au Père notre vie renouvelée dans la foi, l'espérance et la charité.
Partout — au niveau diocésain ou national — il convient que la Célébration Eucharistique soit présidée par les Pasteurs et qu'il y ait une vaste participation non seulement de la part des personnes consacrées, mais aussi du peuple de Dieu. 


La Présentation du Seigneur est la fête du Christ « lumière des nations » et de la Rencontre du Messie avec son peuple dans le Temple de Jérusalem.
Quelques ruches sur le toit de Notre-Dame de Paris pour avoir
un peu de miel et de la cire pour les cierges.
Le geste d'obéissance à la loi et d'offrande, accompli par Marie et Joseph qui portent l'Enfant Jésus au Temple, afin de le présenter au Seigneur, est à l'origine de la présence dans cette célébration de tant de consacrés et de consacrées: ils représentent ceux qui ont choisi le chemin des conseils évangéliques dans la riche variété des charismes qui embellissent l'Eglise par les dons de l'Esprit et la préparent à mener la mission universelle de l'Evangile ; en outre, ils sont ici pour renouveler leur engagement de la consécration et de la mission.

La célébration prévoit trois moments:
La liturgie de la lumière commence par l'allumage et la bénédiction des cierges. Puis se déroule la procession.
La liturgie de la parole culmine dans l'homélie, la prière d'action de grâces pour le don de la vie consacrée et l'engagement de fidélité dans la suite du Christ et dans la mission apostolique.
La liturgie eucharistique sera le sceau de la rencontre avec le Christ et de l'offrande, avec Lui, de la vie consacrée, afin qu'il soit « lumière pour éclairer les nations ». 


Tandis qu'on attend l'entrée du prêtre, on allume les cierges et on chante un cantique.

Le prêtre:
Au nom du Père et du Fils + et du Saint-Esprit. R/. Amen.

Il salue l'assemblée:
La grâce de Jésus notre Seigneur, l'amour de Dieu le Père, et la communion de l'Esprit-Saint, soient toujours avec vous. R/. Et avec votre esprit.

Cierges de dévotion, une humble offrande qui nous rappelle
que nous sommes appelés à être la lumière du monde par grâce de Dieu.
Il introduit l'assemblée à la célébration:
Frères et Sœurs bien-aimés, il y a quarante jours, nous célébrions dans la joie la Nativité du Seigneur.
Voici maintenant arrivé le jour où Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph: il se conformait ainsi à la loi du Seigneur, mais en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants.
En effet, le vieillard Syméon et la prophétesse Anne étaient venus au Temple, sous l'impulsion de l'Esprit-Saint; éclairés par ce même Esprit, ils reconnurent leur Seigneur dans le petit enfant et ils l'annoncèrent à tous avec enthousiasme.
Il en va de même pour nous: rassemblés par l'Esprit, nous allons nous mettre en marche vers la maison de Dieu à la rencontre du Christ; nous le trouverons, et nous le reconnaîtrons à la fraction du pain en attendant sa venue dans la gloire.

Le prêtre bénit les cierges en disant:
Prions le Seigneur:
Dieu qui es la source et l'origine de toute lumière, toi qui as montré au vieillard Syméon la lumière qui éclaire les nations, nous te supplions humblement: que ta bénédiction + sanctifie ces cierges; exauce la prière de ton peuple qui s'est ici rassemblé pour les recevoir et les porter à la louange de ton Nom: qu'en avançant au droit chemin, nous parvenions à la lumière qui ne s'éteint jamais. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Procession de la Chandeleur, détail
Il asperge alors les cierges avec l'eau bénite.
Au cours de la procession on chante:
R/ Lumen ad revelationem gentium, et gloriam plebis tuae Israel.
1. Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser s'en aller ton serviteur en paix, selon ta parole. R/
2. Car mes yeux ont vu ton salut que tu prépares à la face des peuples. R/
3. Lumière pour éclairer les païens et gloire d'Israël ton peuple. R/
4. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. R/
5. Au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen. R/

Après le Kyrie et le Gloria in excelcis :
Prions le Seigneur:
Dieu éternel et tout-puissant, nous t'adressons cette humble prière: puisque ton Fils unique, ayant revêtu notre chair, fut en ce jour présenté dans le Temple, fais que nous puissions aussi, avec une âme purifiée, nous présenter devant toi.

Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. R/. Amen. 



lundi 1 février 2016

Fin de l'année de prière pour la vie consacrée. Prions pour tous nos frères moines et moniales, religieux et consacrés. Qu'ils nous aident, par leur témoignage irremplaçable, à prier et travailler pour la plus grande gloire de Dieu


EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE 
VITA CONSECRATA 
DE SA SAINTETÉ  JEAN-PAUL II 
SUR LA VIE CONSACRÉE ET SA MISSION DANS L'ÉGLISE ET DANS LE MONDE

Ora - prie ! C'est dans la prière d'abord, dans
la contemplation, que l'homme intérieur grandit
et que nous devenons des saints.

111. Trinité Sainte, bienheureuse et qui rends bienheureux, comble de bonheur tes fils et tes filles que tu as appelés à confesser la grandeur de ton amour, de ta bonté miséricordieuse et de ta beauté.

Père Saint, sanctifie les fils et les filles qui se sont consacrés à Toi, pour la gloire de ton nom. Par ta puissance, soutiens-les pour qu'ils puissent témoigner que Tu es l'origine de tout, l'unique source de l'amour et de la liberté. Nous Te remercions pour le don de la vie consacrée qui, dans la foi, Te cherche et, dans sa mission universelle, invite toute l'humanité à avancer vers Toi.

Jésus Sauveur, Verbe incarné, de même que Tu as donné ta forme de vie à ceux que Tu as appelés, continue d'attirer à Toi des personnes qui, pour l'humanité de notre temps, soient dépositaires de la miséricorde, précurseurs de ton retour, signes vivants des biens de la résurrection à venir. Qu'aucune épreuve ne les sépare de Toi ni de ton amour!

Esprit Saint, Amour répandu dans nos cœurs, Toi qui donnes grâce et inspiration aux âmes, source éternelle de vie qui achèves la mission du Christ par de nombreux charismes, nous Te prions pour toutes les personnes consacrées. Remplis leurs cœurs de la certitude intérieure d'avoir été choisies pour aimer, louer et servir. Fais-leur goûter ton amitié, remplis-les de ta joie et de ton réconfort, aide-les à dépasser les moments de difficulté et à se relever avec confiance après les chutes, fais d'elles le miroir de la beauté divine. Donne-leur le courage de répondre aux défis de notre temps et la grâce d'apporter aux hommes la bonté et l'humanité de notre Sauveur Jésus Christ (cf. Tt 3, 4).

Et labora - et travaille ! Notre travaille met en valeur les beautés de la
création et nous unit au travaille du Christ. Attention à l'oisiveté,
mère de tous les vices...
112. Marie, figure de l'Église, Épouse sans ride et sans tache, qui, en t'imitant « conserve virginalement une foi entière, une espérance ferme, une charité sincère », soutiens les personnes consacrées qui tendent vers la béatitude unique et éternelle.

À Toi, Vierge de la Visitation, nous les confions, afin qu'elles sachent se hâter à la rencontre des hommes dans la nécessité, pour apporter de l'aide, mais surtout pour apporter Jésus. Apprends-leur à proclamer les merveilles que le Seigneur accomplit dans le monde, afin que tous les peuples magnifient son nom. Soutiens-les dans leur travail en faveur des pauvres, des affamés, des désespérés, des humbles et de tous ceux qui cherchent ton Fils d'un cœur sincère.

Ô Mère, qui veux le renouveau spirituel et apostolique de tes fils et de tes filles, par une réponse d'amour et d'offrande totale au Christ, nous t'adressons notre prière avec confiance. Toi qui as fait la volonté du Père, empressée dans l'obéissance, courageuse dans la pauvreté, accueillante dans ta féconde virginité, obtiens de ton divin Fils que ceux qui ont reçu le don de le suivre dans la vie consacrée sachent lui rendre témoignage par une existence transfigurée, en avançant joyeusement, avec tous leurs autres frères et sœurs, vers la patrie céleste et la lumière sans crépuscule.
Et labora - et travaille ! La tête aussi doit travailler.
Nous devons nous former pour grandir dans la foi
et, ainsi, pouvoir rendre compte de l'espérance
qui nous habite.

Nous te le demandons, pour qu'en tous et en tout soit glorifié, béni et aimé le Seigneur suprême de toutes choses, qui est Père, Fils et Esprit Saint.


Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 25 mars 1996, solennité de l'Annonciation du Seigneur, en la dix-huitième année de mon pontificat.

Johannes Paulus II, pp.


Cloître de la Merveille, Abbaye du Mont Saint-Michel.
Trouvons notre "cloître intérieur", le lieu de la divine Présence où le Seigneur parle avec nous, Cœur à cœur.