samedi 16 juillet 2016

Notre Dame du Mont Carmel, priez pour nous !

"Celui qui mourra revêtu du saint Scapulaire, sera préservé des feux éternels ; c'est un signe de salut, une sauvegarde dans les périls et le gage d'une paix et d'une protection spéciale jusqu'à la fin des siècles."

Paroles de Notre Dame à saint Simon de Stock

L'Ordre du Carmel a une origine aussi ancienne que glorieuse ; cet Ordre n'est que la continuation de l'école des prophètes établie au mont Carmel par le prophète Élie. Les disciples de cette école furent au premier rang parmi les convertis au christianisme naissant, et le Carmel devint le berceau de la vie monastique depuis Jésus-Christ.

Après la dispersion des Apôtres, l'an 38, ils bâtirent une chapelle en l'honneur de Marie et se vouèrent tout spécialement à célébrer Ses louanges. Plus tard, ils eurent beaucoup à souffrir des Sarrasins et des Musulmans.

C'est à l'occasion des épreuves subies par l'Ordre du Carmel au temps des Croisades que les Carmes vinrent en France avec le roi saint Louis. Ils y établirent plusieurs maisons et allèrent même s'implanter en Angleterre, où ils eurent le bonheur de voir saint Simon de Stock embrasser leur Institut. Ce grand Saint devint, en 1245, supérieur général des Carmes, et n'oublia rien pour rallumer la dévotion à Marie dans son Ordre.

La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel a pour but de rappeler une grâce insigne accordée par Marie à l'Ordre du Carmel et par lui à toute l'Église. Dans la nuit du 16 juillet, Simon Stock demandait, avec une ferveur toute spéciale, la protection de la Sainte Vierge sur son Institut. Au lever de l'aurore, Marie lui apparut, accompagnée d'une multitude d'anges, environnée de lumière et vêtue de l'habit du Carmel. Son visage était souriant ; dans ses mains Elle tenait le scapulaire de l'Ordre. Devant le saint, Elle s'en revêtit Elle-même, en disant :
"Reçois, mon cher fils, ce Scapulaire de ton Ordre comme le signe distinctif de ma confrérie et la marque du privilège que j'ai obtenu pour toi et les enfants du Carmel. Celui qui mourra revêtu de cet habit sera sauvé, il ne souffrira jamais les feux éternels. C'est un signe de salut. Une sauvegarde dans les dangers, un gage de paix et d'éternelle alliance."

Cathédrale des Saints Pierre et Paul de Saint-Claude,
Notre Dame du Mont Carmel et du Saint Rosaire
Le Saint fit des miracles pour confirmer la réalité de cette vision. Ce fut l'origine de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel, pour les chrétiens qui, ne pouvant embrasser la Règle, veulent attirer sur eux les bénédictions promises au scapulaire. Le privilège le plus considérable accordé à la confrérie du Mont-Carmel après celui que Marie fit connaître à saint Simon Stock, est celui qui fut révélé au Pape Jean XXII : la délivrance du purgatoire, le samedi après leur mort, des confrères du Mont-Carmel qui auront été fidèles à l'esprit et aux règles de la Confrérie.

Outre ces deux privilèges, il y a de nombreuses indulgences attachées au scapulaire.

La signification profonde du Scapulaire est éminemment consolante. En effet, il s'agit de sauver les âmes de l'enfer en les unissant à son Ordre dont la Vierge est la Reine et les aidera à aller au Ciel. Pie XII, dans la lettre " Neminem profecto " du 11 février 1950, écrivait à ce sujet :
"II ne s'agit pas d'une chose de peu d'importance, mais bien d'acquérir la vie éternelle en vertu de cette promesse de la Bienheureuse Vierge que la tradition rapporte ; il s'agit donc d'une affaire de toutes la plus importante et de la manière de la conduire à terme en toute sécurité. Le Scapulaire comme vêtement de la Vierge, c’est le signe et le gage de la protection de la Mère de Dieu."

Le 6 août 1950, le même Pape ajoutait :
"Combien d'âmes, en des circonstances humainement désespérées, ont dû leur suprême conversion et leur salut éternel au Scapulaire dont ils étaient revêtus ! Combien aussi, dans les dangers du corps et de l'âme, ont senti, grâce à lui, la protection maternelle de Marie !"

Le Scapulaire est un vêtement, c'est l'habit de la Vierge. Dans la Sainte Écriture, le vêtement est signe d'une dualité : il symbolise la chute originelle de l'homme déchu de la grâce et la possibilité pour lui de revêtir une gloire perdue (Gen 3.). Par là même, le vêtement est le signe de la nature spirituelle de l'homme et de sa destinée surnaturelle. Le prophète Isaïe (61, 10) chante dans son action de grâce :
"Je suis plein d'allégresse dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu, car il m’a revêtu de vêtements de salut, il m’a drapé d’un manteau de justice, comme l’époux qui se coiffe d’un diadème, comme la fiancée qui se pare de ses bijoux."

Le fils prodigue, à son retour, a été revêtu par son père de la plus belle robe, signe de pardon (Luc XV, 22.).
L'apôtre saint Paul nous montre quels sont les vêtements du bon soldat du Christ : "
Mettez tous vos soins à vous revêtir de L’armure de Dieu... Ceignez vos reins de la ceinture de la chasteté... Revêtez la cuirasse de la justice... Prenez Le bouclier de la foi... Couvrez-vous la tête du casque du salut " (Ep. VI.).

L'Apocalypse de saint Jean nous montre au jugement dernier une foule immense devant l’Agneau, vêtue de robes blanches (Apoc VII, 14.).

Le Scapulaire est lui aussi un vêtement de salut, une cuirasse et un bouclier spirituels, une robe d'innocence dont nous revêt la Mère de Dieu. L'habit est un signe d'appartenance de celui qui le porte à la personne de qui il l'a reçu, et, en retour, de la protection de cette personne. Le Scapulaire manifeste donc, de la part de celui qui le porte, la consécration et l'appartenance volontaire à Marie, et de la part de Notre-Dame, l'engagement à secourir celui qui le porte en toute occasion, particulièrement à l'heure de la mort.

Procession de Notre-Dame du Mont Carmel ... à Bethléem, Terre Sainte
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, donne aux dévots serviteurs de Marie (au nombre desquels ceux qui portent le Scapulaire auront à cœur d'être comptés) un programme de vie en l'honneur de la Mère de Dieu :
" Faire toutes nos actions par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie, afin de les faire plus parfaitement par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, en Jésus et pour Jésus." (n. 43.).

A propos du port du scapulaire mais aussi des autres vraies dévotions et instruments de dévotions extérieures, le même saint Louis-Marie nous encourage :
" Les pratiques extérieures bien faites aident les intérieures, soit parce qu'elles font ressouvenir l'homme, qui se conduit toujours par les sens, de ce qu'il fait ou doit faire ; soit parce qu'elles sont propres à édifier le prochain qui les voit, ce que ne font pas celles qui sont purement intérieures.
Qu'aucun mondain donc ne critique ni ne mette ici le nez pour dire que la vraie dévotion est dans le cœur, qu'il faut éviter ce qui est extérieur, qu'il peut y avoir de la vanité, qu'il faut cacher sa dévotion, etc...
Je leur réponds avec mon Maître : "que les hommes voient vos bonnes œuvres, afin qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux (Matth. V, 16.), non pas, comme dit saint Grégoire, qu'on doive faire ses actions et dévotions extérieures pour plaire aux hommes et en tirer quelques louanges, ce serait vanité ; mais on les fait quelquefois devant les hommes, dans la vue de plaire à Dieu et de le faire glorifier par là, sans se soucier des mépris ou des louanges des hommes"."

Plus loin, le même saint remarque :
"Une des raisons pourquoi si peu de chrétiens pensent à leurs vœux du saint baptême et vivent avec autant de libertinage que s'ils n'avaient rien promis à Dieu, comme les païens, c'est qu'ils ne portent aucune marque extérieure qui les en fasse ressouvenir."


Ô COMBIEN DE MIRACLES ET DE GRÂCES !


- Le Vénérable François de Yepes, tertiaire du Carmel, voyait souvent des démons qui s'efforçaient de le tenter. Un jour, alors qu'il baisait respectueusement son Scapulaire avant de le mettre, Satan s'approcha de lui, portant une chaîne d'or, et lui dit :
" Allons donc, porte plutôt cette chaîne d'or, et jette loin de nous cet objet qui nous est insupportable et ne sert qu'à nous tourmenter. Et cesse de persuader tant de personnes de le vénérer et de le porter."

Une nuit où il avait fait tomber son Scapulaire en se donnant la discipline, il vit les démons s'approcher de lui, et, tandis qu'il se hâtait de remettre le manteau de Marie, lui crier avec fureur :
Notre Dame du Mont-Carmel délivrant les âmes
bénies en Purgatoire.
"Enlève, enlève cet habit qui nous fait perdre tant d'âmes : car elles nous échappent, celles qui, en étant revêtues, meurent pieusement". François de Yepes leur fit avouer que trois choses les tourmentaient et leur étaient insupportables : "le Nom de Jésus, le Nom de Marie et le Scapulaire du Carmel"."

- Saint Alphonse de Liguori était mort en 1787 avec le Scapulaire du Mont-Carmel. Or, quand, au cours de son procès de béatification, on ouvrit sa tombe, on constata que le corps du saint évêque était réduit en poussière, ainsi que ses vêtements. Seul son Scapulaire était parfaitement intact! Cette relique précieuse est aujourd'hui exposée au Monastère Saint Alphonse de Rome. Un siècle plus tard, le même phénomène de conservation miraculeuse du Scapulaire fu constaté lorsqu'on examina les reliques de saint Jean Bosco.

- Un vieil homme est amené, inconscient, à l'hôpital Saint-Simon de Stock, à New-York. L'infirmière, voyant sur sa chemise un Scapulaire brun, appelle un prêtre. Pendant que celui-ci récite les prières des agonisants, le malade ouvre les yeux et murmure :
" Mon Père, je ne suis pas catholique.
- Pourquoi alors portez-vous le Scapulaire ?
- J'ai promis à des amis de le porter et de dire chaque jour un " Je vous salue, Marie ".
- Vous êtes mourant, lui dit le prêtre. Voulez-vous devenir catholique ?
- Oui, mon Père. Toute ma vie, je l'ai désiré."
Le prêtre le prépare rapidement, puis le baptise et lui donne les derniers sacrements. Peu de temps après, le vieil homme mourait doucement. La Bienheureuse Vierge Marie avait pris sous sa protection cette âme revêtue de son Habit.


QUESTIONS PRATIQUES CONCERNANT LE SCAPULAIRE


1. On devient membre de la Confrérie du Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel par la réception du Scapulaire, qui doit obligatoirement être " imposé " , c'est à dire placé autour des épaules, en utilisant le rituel prévu à cet effet.
En cas d'urgence (péril de mort) et s'il était impossible de trouver un prêtre, un laïc pourrait imposer, à lui-même ou à un autre, en récitant une prière à la Sainte Vierge, un scapulaire précédemment bénit par un prêtre.

2. Tout prêtre ou diacre peut désormais faire l'imposition du Scapulaire (il n'est plus nécessaire, comme par le passé, d'une autorisation spéciale de l'Ordre des Carmes déchaux). Il faut pour cela utiliser une des formules de bénédiction prévues par le Rituel romain. Certains laïcs, munis des pouvoirs nécessaires donnés par l'Ordre du Carmel, peuvent également l'imposer.

3. Le Scapulaire du Mont Carmel est composé de deux morceaux de laine brune de forme rectangulaire ou carrée, non tricotés mais tissés, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l'autre sur le dos. L'image de la Sainte Vierge n'est pas nécessaire, mais c'est une pieuse et louable coutume qu'elle y soit attachée.

4. Le Scapulaire doit être porté de manière moralement continuelle (donc aussi pendant la nuit) ; on peut bien sûr l'enlever pour se laver, sans cesser de bénéficier de la promesse. Il peut être dissimulé sous les vêtements. Il est bénit une fois pour toutes lors de l'imposition. Lorsqu'un Scapulaire est sali ou usé, on peut donc le remplacer sans aucune nouvelle cérémonie de bénédiction ou d'imposition (la bénédiction du premier Scapulaire passe aux suivants).

5. La médaille du Scapulaire.
Le Pape Saint Pie X a concédé la faculté de remplacer le Scapulaire de tissu par une médaille, surtout en raison de la rapide corruption de l'étoffe dans les pays chauds. Cette concession a été depuis étendue au monde entier. On peut donc avec la médaille du Scapulaire bénéficier des trois promesses de la Très Sainte Vierge :
- préservation des flammes éternelles,
- libération du purgatoire (privilège sabbatin),
- protection contre les dangers de l'âme et du corps.

Il faut toutefois remarquer que la médaille ne peut être imposée. Il est donc indispensable de recevoir, selon les normes prescrites ci-dessus, un premier Scapulaire en tissu : seulement après, on peut le remplacer par la médaille (préalablement bénite avec la formule de bénédiction du Scapulaire, ou par un simple signe de croix).

La médaille doit représenter d'un côté Notre Seigneur montrant son Cœur, de l'autre la Sainte Vierge. On peut porter la médaille du Scapulaire autour du cou ou sur soi d'une autre manière. Si l'on change de médaille, il n'est pas nécessaire que la nouvelle médaille reçoive une bénédiction. Cependant, il faut insister sur le fait que l'Église préfère le Scapulaire en étoffe, parce que celui-ci représente mieux le vêtement donné par la Sainte Vierge à saint Simon Stock.

La concession de la médaille n'est qu'une dispense, et les papes saint Pie X et Benoît XV qui l'ont octroyée, ont ajouté qu'ils désiraient que les fidèles continuent à porter, si possible, le Scapulaire en laine.


On peut d'ailleurs remédier à l'inconvénient de l'usure du tissu, en protégeant le Scapulaire avec une enveloppe en plastique, ou plus simplement en changeant souvent de Scapulaire. Le Scapulaire usé doit être brûlé ou jeté enveloppé, de manière à ne pas risquer d'être profané.



jeudi 14 juillet 2016

14 juillet - prière de réparation au Sacré-Cœur pour les horreurs commises par les révolutionnaires contre notre pays et l'Eglise

Du vénérable abbé Henri-Marie Boudon, 
Exhortation sur la sainte Vierge »

O digne et très précieux Cœur auprès duquel tous les cœurs ne sont rien !

Grand Cœur qui avez compris celui que le ciel et la terre ne peuvent comprendre !

O Cœur vraiment royal, c’est par vous que les rois règnent, que les justes vivent cœur à cœur, à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre, devant qui toutes les grandeurs royales du monde ne sont qu’un beau rien… hélas ! nous vous demandons pardon de nos trahisons, de nos discordes, de nos séditions.

Nous regrettons, nous nous désolons et même, devrions-nous le faire avec des larmes de sang tous les moments de notre vie où nos cœurs n’ont pas été assujettis à votre autorité.


Vraiment nous avons bonne grâce de comparaître encore en votre sainte présence.
Oh ! de quelle confusion nos visages devraient être couverts !
Dans quel abîme d’humiliations nos esprits devraient-ils se trouver !

Hélas ! oui, nous avons été des séditieux ; nous l’avons été en face du ciel et de la terre ; vous l’avez vu, belles intelligences, et vous l’avez souffert avec votre charité qui ne se lasse jamais ; et cependant nous avons tant et tant de fois désapprouvé les séditions des Juifs envers leurs princes.
Hélas ! nous nous amusions à en parler pendant que nous en commettions d’insupportables en votre endroit.


Pardon, Cœur charitable et le plus charitable de tous les cœurs !
Nous voulons, à l’avenir, vous être de fidèles sujets. Nous reconnaissons votre autorité royale ; nous nous soumettons à vos divins pouvoirs, prosternés au pied du trône de vos grandeurs avec les plus humbles soumissions dont nos esprits et nos âmes sont capables.

Les Saints Anges protégeant les armes de France
Ah ! que de joie conçoivent nos pauvres cœurs à la vue de vos délices ; que nous sommes contents de votre autorité souveraine ; nous nous perdons dans ces excès, et de joie et d’amour et d’admiration et d’étonnement.

O Cœur de Jésus et de Marie ! car, ô amante incomparable, vous n’avez qu’un cœur, nous vous adorons, nous vous supplions pour l’administration de votre royaume.

Puissiez-vous posséder tous les cœurs !
Puissiez-vous régner sur tous les cœurs !
Que votre empire soit universel !

La France véritable,
fruit d'une alliance entre Dieu, l'Eglise et notre peuple
Que le péché, notre cruel ennemi, ce maudit antéchrist, soit extirpé et détruit !

Régnez, aimable Cœur, dans nos cœurs, dans les cœurs de tous les Chrétiens, dans les cœurs des hérétiques, dans les cœurs des Canadiens, des Japonais, des Chinois et de tous les infidèles !

O Ciel ! 
O Paradis !
Conspirez avec nous, joignez vos prières avec les nôtres, que le Cœur de Jésus et de Marie soit à jamais le roi souverain de tous les cœurs !

Inscription sous une partie de l'ossuaire des Martyrs de septembre 1792
sous l'église Saint-Joseph des Carmes, Paris.

mercredi 13 juillet 2016

Prière à l'empereur Saint Henri, saint Patron du vénérable abbé Henri Marie Boudon

" Par moi règnent les rois, par moi les princes exercent l’empire." (Prov. VIII, 15-16.). Cette parole descendue des cieux, vous l'avez comprise, Ô Henri ! En des temps pleins de crimes, vous avez su où étaient pour vous le conseil et la force (Ibid. 14.). Comme Salomon vous ne vouliez que la Sagesse, et comme lui vous avez expérimenté qu'avec elle se trouvaient aussi les richesses et la gloire et la magnificence (Ibid. 18.) ; mais plus heureux que le fils de David, vous ne vous êtes point laissé détourner de la Sagesse vivante par ces dons inférieurs qui, dans sa divine pensée, étaient plus l'épreuve de votre amour que le témoignage de celui qu'elle-même vous portait.

L'épreuve, Ô Henri, a été convaincante : c'est jusqu'au bout que vous avez marché dans les voies bonnes, n'excluant dans votre âme loyale aucune des conséquences de l'enseignement divin ; peu content de choisir comme tant d'autres des meilleurs les pentes plus adoucies du chemin qui mène au ciel, c'est par le milieu des sentiers de la justice (Ibid. 20.) que, suivant de plus près l'adorable Sagesse, vous avez fourni la carrière en compagnie des parfaits.

Qui donc pourrait trouver mauvais ce qu'approuve Dieu, ce que conseille le Christ, ce que l'Eglise a canonisé en vous et dans votre noble épouse ? La condition des royautés de la terre n'est pas lamentable à ce point que l'appel de l'Homme-Dieu ne puisse parvenir à leurs trônes ; l'égalité chrétienne veut que les princes ne soient pas moins libres que leurs sujets de porter leur ambition au delà de ce monde. Une fois de plus, au reste, les faits ont montré dans votre personne, que pour le monde même la science des saints est la vraie prudence (Prov. IX, 10.). 

En revendiquant votre droit d'aspirer aux premières places dans la maison du Père qui est aux cieux, droit fondé pour tous les enfants de ce Père souverain sur la commune noblesse qui leur vient du baptême, vous avez brillé comme un phare éclatant sous le ciel le plus sombre qui eût encore pesé sur l'Eglise, vous avez relevé les âmes que le sel de la terre, affadi, foulé aux pieds, ne préservait plus de la corruption (Matth. V, 13-16.). Ce n'était pas à vous sans doute qu'il appartenait de réformer directement le sanctuaire ; mais, premier serviteur de la Mère commune, vous saviez faire respecter intrépidement ses anciennes lois, ses décrets nouveaux toujours dignes de l'Epoux, toujours saints comme l'Esprit qui les dicte à tous les âges : en attendant la lutte formidable que l'Epouse allait engager bientôt, votre règne interrompit la prescription odieuse que déjà Satan invoquait contre elle.

En cherchant premièrement pour vous le royaume de Dieu et sa justice (Ibid. VI, 33.), vous étiez loin également de frustrer votre patrie d'origine et le pays qui vous avait appelé à sa tête. C'est bien à vous entre tous que l'Allemagne doit l'affermissement chez elle de cet Empire qui fut sa gloire parmi les peuples, jusqu'à ce qu'il tombât dans nos temps pour ne plus se relever nulle part. Vos œuvres saintes eurent assez de poids dans la balance des divines justices pour l'emporter, lorsque depuis longtemps déjà vous aviez quitté la terre, sur les crimes d'un Henri IV et d'un Frédéric II, bien faits pour compromettre à tout jamais l'avenir de la Germanie.

Du trône que vous occupez dans les cieux, jetez un regard de commisération sur ce vaste domaine du Saint-Empire, qui vous dut de si beaux accroissements, et que l'hérésie a désagrégé pour toujours ; confondez les constructeurs nouveaux venus d'au delà de l'Oder, que l'Allemagne des beaux temps ne connut pas, et qui voudraient sans le ciment de l'antique foi relever à leur profit les grandeurs du passé ; préservez d'un affaissement plus douloureux encore que celui dont nous sommes les témoins attristés, les nobles parties de l'ancien édifice restées à grand'peine debout parmi les ruines.

Revenez, Ô empereur des grands âges, combattre pour l'Eglise ; ralliez les débris de la chrétienté sur le terrain traditionnel des intérêts communs à toute nation catholique : et cette alliance, que votre haute politique avait autrefois conclue, rendra au monde la sécurité, la paix, la prospérité que ne lui donnera point l'instable équilibre avec lequel il reste à la merci de tous les coups de la force.


dimanche 10 juillet 2016

Homélie pour les Ordinations diaconale et presbytérales à Evreux


Homélie de l’ordination diaconale de Ludovic Bazin
et des ordinations presbytérales de Frère Samuel et de Jimmy Faucillers

Ludovic, Jimmy, Frère Samuel, vous nous invitez à vivre vos ordinations diaconales et presbytérales dans le cadre de la fête de la naissance de Saint Jean Baptiste. 

Jésus dit de lui, son cousin, qu’il est le plus grand de tous les prophètes. Sa naissance manifeste la fidélité de l’amour de Dieu pour notre humanité. Comme l’écrit le prophète Isaïe, Dieu anticipe toujours, avant que nous en ayons conscience, les bienfaits dont Il nous comble. «J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom».

Jean est ainsi choisi par Dieu dans la réalisation de son projet de salut à notre égard. La naissance de cet enfant chez ce couple âgé d’Elisabeth et de Zacharie est un don merveilleux de Dieu, en conformité à la promesse qu’ils ont reçue. Tous deux en donnent un signe incontournable. La mère et le père de l’enfant, sans concertation préalable, à l’étonnement général de leur entourage, décident le même prénom pour leur enfant. «Il s’appellera Jean», déclare la mère. Son nom est Jean, écrit Zacharie sur la tablette qu’on lui tend avant de retrouver aussitôt la parole. Jean est choisi par Dieu pour préparer son Peuple élu à accueillir l’Unique Sauveur attendu depuis longtemps, le Messie promis aux ancêtres.

Jimmy, Samuel, Ludovic, vos cheminements sont différents. Ils sont pour nous l’expression de la fidélité même de Dieu à l’égard de son Eglise. Quelques soient leurs situations, Jésus appelle toujours des hommes à tout quitter pour le suivre, pour devenir pécheurs d’hommes, pour être pasteurs de ses brebis. Cet après-midi, la prière joyeuse et fervente de notre assemblé traduit notre action de grâce.

Samuel, Ludovic, Jimmy, vous êtes pour notre Eglise diocésaine un don de Dieu. Ni vous, ni nous n’avons à en tirer orgueil ! Nous avons conscience que ce don est gratuit. Il nous incite à poursuivre notre prière pour accueillir les vocations dont nous avons besoin. Ce sera d’ailleurs l’accent majeur de notre démarche pastorale, l’an prochain,  tout en poursuivant notre engagement dans l’Année Sainte de la miséricorde.

Messe du Pape saint Grégoire le Grand ; vision du Christ en sa Passion
Notre prière est aussi une prière d’intercession ! Nous demandons à Dieu que, grâce à l’Esprit Saint qui vous consacre dans le «ministère ordonné», vous accomplissiez les missions qui vous seront confiées avec courage, disponibilité, simplicité et obéissance, comme vous allez le promettre. Evangéliser, c’est faire retentir cet appel à accueillir le Christ. Pour cela, il convient d’abord de l’accueillir soi-même au cœur d’une Eglise diocésaine unie et fraternelle.

La mission de Jean Baptiste se déroule dans le désert. Un lieu d’épreuves où l’être humain, éloigné de ses contemporains, est seul dans sa rencontre avec Dieu et où toutes sortes de difficultés peuvent surgir.

Notre diocèse connaît des zones rurales qui se dépeuplent. N’ayez aucune crainte ! Vous ne serez jamais seul dans un désert géographique. Par contre, vous pourrez faire l’expérience de déserts d’un autre type ! Les déserts culturels, païens : bon nombre de nos contemporains manquent de repères pour vivre, cherchent un sens à leur existence, d’autres vivent dans la révolte, l’indifférence ou se réfugient dans l’instant présent, en zappant dès qu’ils en ont envie ! Il existe aussi celles et ceux qui subissent des conditions de vie douloureuses, injustes, précaires à cause des violences, de la maladie, du chômage, du manque de logements ou de papiers… Dieu n’est pas connu ou semble absent dans ces différents univers. Ceux qui s’y trouvent sont tout autant que nous aimés de Dieu (ils ont eux aussi droit à sa tendresse). Nous avons par la parole et des gestes concrets à leur annoncer la joie de l’Evangile ; l’Evangile de l’espérance, comme nous l’a évoqué le Fère Bernard, le prédicateur de notre retraite spirituelle à la Trappe.

Ordination des premiers diacres par Saint Pierre, vitrail
Il serait présomptueux de laisser penser que nous avons la solution pour ces situations de détresses, que nous répondons à toutes les questions qui se posent. Nous ne savons pas avec clarté ce que sera l’avenir de notre humanité et ce que sera l’Eglise en son sein. Ce qui demeure essentiel, c’est que nous savons en qui nous avons mis notre espérance. Notre espérance, nous la mettons en Jésus le «Bon Pasteur». Il est et sera toujours avec nous.

Lors du jubilé des prêtres et des séminaristes qui a eu lieu à Rome, au cours de la messe de la Solennité du Sacré Coeur, le Pape François a invité les participants à regarder vers où pointe la boussole du cœur d’un prêtre. Devant le Cœur de Jésus naît l’interrogation fondamentale de notre vie sacerdotale : où est orienté mon cœur ?

Le ministère observe, le Pape François, est souvent rempli de multiples initiatives qui l’exposent sur de nombreux fronts: de la catéchèse à la liturgie, à la charité, aux engagements pastoraux et aussi administratifs. Parmi tant d’activités, demeure la question : où est fixé mon cœur ? La réponse du Pape est claire et simple ! Le cœur du pasteur du Christ connaît seulement deux directions : «le Seigneur et les gens».

Messieurs les abbés, tout est prêt !
Le cœur du prêtre est un cœur transpercé par l’amour du Seigneur. Pour cela, il ne se regarde plus lui-même, il est tourné vers Dieu et ses frères. Ce n’est plus un cœur instable qui se laisse attirer par la suggestion du moment ou qui va, çà et là, en cherchant des consensus et de petites satisfactions. C’est au contraire un cœur établi dans le Seigneur, captivé par l’Esprit Saint, ouvert et disponible aux frères.

Tous les trois au Séminaire, vous avez bénéficié, pour votre vie spirituelle, du soutien d’un père spirituel et  de la communauté avec des horaires fixes. Dans le ministère, vous devrez désormais établir ces appuis qui sont indispensables. La qualité de notre propre vie spirituelle imprègne notre ministère, à savoir ces deux directions dont parle le Pape François : le Seigneur et les gens.

C’est de notre être profond dont nous devons prendre soin pour demeurer unis au Christ et au service de  nos frères. Nous sommes d’abord au Christ pour être à nos frères. Veillez à ne pas vous laisser emporter par le torrent de tout ce qu’il y aurait à entreprendre ! Privilégiez votre intimité avec le Christ : dans la prière, l’adoration,  la méditation de la Parole de Dieu ;  les sacrements : de la réconciliation et de l’eucharistie. Ne restez pas seuls !

C’est ainsi que l’Esprit Saint vous éclairera dans les discernements à opérer pour la mission qui vous est confiée.
C’est ainsi que vous serez des pasteurs selon le Cœur de Jésus, rayonnant la joie et l’amour miséricordieux du Père.

+ Christian NOURRICHARD
Evêque d’Evreux





jeudi 7 juillet 2016

C'est les vacances !!!

Les beautés de la création, en Normandie

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Au Dieu inconnu », 2e partie, chap. 1, Dieu inconnu dans la Création

« Au commencement le Verbe était, et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Toutes choses ont été faites par lui et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui. »

« Reconnaissez, dit le Prophète, que le Seigneur est Dieu : c’est lui qui nous a faits », et nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes.
C’est Dieu qui a créé toutes choses par la puissance de sa parole et par la souveraineté de son seul commandement. Il a établi ses ouvrages pour durer dans la suite de tous les siècles et il leur a prescrit leur ordre et leurs fonctions par une loi toujours ferme et inviolable. Sa magnificence est au-dessus des cieux et son nom admirable en toute la terre. Sa gloire reluit dans toute la terre et dans le ciel et il n y a que sa Majesté seule qui soit grande et sublime. Sa grandeur qui n’a point de bornes demande des louanges infinies.

Que les hommes lui rendent grâces pour sa bonté, qu’ils racontent ses merveilles, qu’ils lui offrent des sacrifices de louanges et qu’ils publient avec joie les œuvres de sa toute-puissance.

C’est lui qui fait seul les grandes merveilles, qui a créé les cieux avec une admirable sagesse, qui a affermi la terre sur les eaux, qui a fait les grands flambeaux du monde, le soleil pour présider au jour, la lune et les étoiles pour présider à la nuit. Il a créé la lune pour marquer les temps, le soleil a su quand il devait se coucher ; il a répandu les ténèbres et la nuit s’est formée. Il a fait la mer qui est si vaste et si grande et qui est remplie de poissons innombrables.

Il fait éclater sa gloire dans tous ses ouvrages et le Psalmiste les invite tous, avec les trois jeunes hommes dans la fournaise, à bénir celui qui les a créés, à célébrer ses louanges et sa gloire éternellement : le soleil, la lune, les étoiles, les créatures de la terre, les baleines et les dragons, les bêtes sauvages et les animaux doux et domestiques, les oiseaux, les montagnes, les collines, les gouffres et les abîmes des eaux.

Mais comment les créatures qui sont sans intelligence pourront-elles glorifier le Créateur de toutes choses, si ce n’est parce qu’elles donnent lieu, à celles qui sont intelligentes, les Anges et les hommes, à l’admirer et à le bénir en tout ce qu’il a fait ?

« Seigneur, dit le Psalmiste, les cieux annoncent vos merveilles et votre vérité dans l’assemblée des Saints ». Car, qui dans les nues égalera le Seigneur ? Les cieux annoncent la vérité de l’être de Dieu, car quelle créature pourrons-nous imaginer qui aurait pu les produire ? Les cieux racontent sa gloire et le firmament publie qu’il est l’ouvrage de ses mains ; ce n’est point un langage ni des paroles dont on n’entende point la voix ; car le bruit en a retenti par toute la terre et les paroles, jusqu’aux extrémités du monde.

Ils font assez voir qu’ils ne se sont pas faits eux-mêmes et, en même temps, ils font connaître qu’il y a un Dieu qui les a créés.
Le soleil qui part du plus haut des deux et qui retourne encore jusqu’au lieu qui en est le plus élevé, comme parle l’Écriture, sans qu’il y ait personne qui se cache à sa chaleur qui est si admirable, dans la vitesse de sa course, si réglé dans ses mouvements, si brillant dans ses clartés, ne montre-t-il pas dans un grand jour la magnificence et la grandeur de son Créateur, et ne le publie-t-il pas avec la lune et les étoiles qu’il est le Dieu de la lumière et la lumière même ?

Qu’il est doux à la vue de ces astres pleins de clartés, et à la vue des cieux, de se souvenir de la Jérusalem céleste, du ciel de gloire dans lequel Dieu habite, qui renferme des beautés inénarrables et qu’il destine à tous ceux qui l’aiment en vérité ?

Quelle consolation et quelle joie d’apprendre de ses promesses ; que nous irons dans la maison de ce Seigneur laquelle sera notre demeure pour jamais !




mardi 5 juillet 2016

Miséricordieux comme le Père

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu inconnu »

~ Ce commandement d’aimer le prochain est sans réserve ;  c’est pourquoi notre divin Maître nous dit : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent, et secourez, et assistez dans leurs besoins et afflictions ceux qui vous calomnient afin que vous soyez enfants de votre Père qui est dans les cieux, qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants ; car, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les Publicains mêmes n’en font-ils pas autant ? et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous de plus que ces gens-là ? les Gentils ne font-ils pas la même chose ? »

La parabole de l'orgueilleux pharisien et de l'humble publicain
Considérez donc ici : si vous n’agissez pas en Païen, si vous êtes véritablement fidèle, vous ferez du bien à ceux qui vous font du mal, vous direz du bien de ceux qui médisent de vous, vous prierez pour vos plus cruels ennemis.

Ce n’est donc pas assez de dire que vous ne leur voulez pas de mal. C’est une tromperie qui règne parmi un grand nombre de personnes et qui est un grand défaut de foi. On objecte que ceux qui nous font du mal récidivent après les bontés que l’on peut avoir pour eux. 

La parabole du créancier
L’Evangile nous donne la réponse à cette objection puisqu’il nous apprend que notre bon Sauveur nous enseigne que, si notre frère nous offense sept fois le jour, et que sept fois le jour il revienne, nous devons lui pardonner ; et il déclare à saint Pierre que, non seulement il lui faut pardonner sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois, qui valent quatre cent quatre-vingt-dix fois comme l’entendent saint Jérôme et saint Chrysostome ; c’est-à-dire autant de fois que l’on nous aura offensé.

C’est une nécessité indispensable puisque notre Maître veut que nous soyons miséricordieux, comme notre Père céleste est miséricordieux. Si donc il nous fait miséricorde après tant de récidives, nous sommes bien obligés de la faire. Toutes les excuses que l’on peut alléguer sont inutiles.



Le Guerchin, Notre Dame consolant Saint Pierre après le reniement.

vendredi 1 juillet 2016

Fête du Précieux Sang de Notre Seigneur

Vendredi Saint au Saint-Sépulcre de
Jérusalem. Chemin de Croix.


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’amour de Dieu seul »

Le Fils de Dieu, dans son immolation sur la Croix, n’a pas voulu qu’il lui restât une goutte de sang. Cette victime devait être sacrifiée en toutes choses, sans réserve.

Mais le temps de son sacrifice ne sera pas de quelques jours ou de quelques heures, comme celui des anciennes victimes, il sera de longues années et jusqu’à la fin de sa vie.