vendredi 11 novembre 2016

11 novembre - Saint Martin de Tours et commémoration de l'Armistice

Saint Martin, priez pour la France et l'Europe !
Extraits de la lettre encyclique « Ad beatissimi Apostolorum Principis », de Sa Sainteté le Pape Benoît XV

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique ;

A peine fûmes-Nous appelés par les secrets desseins de la Providence, sans aucun mérite de Notre part, à Nous asseoir sur le Siège du bienheureux Prince des Apôtres, que ~ Nous tournâmes Nos regards, avec une souveraine affection, vers le troupeau confié à nos soins, troupeau immense en vérité, puisqu’il embrasse, sous un aspect ou sous un autre, l’universalité des hommes.

Tous tant qu’ils sont, en effet, ils ont été rachetés de la servitude du péché par Jésus-Christ, qui a offert pour eux le prix de son sang, et il n’en est aucun qui soit exclu des bienfaits de cette rédemption. C’est pourquoi le divin Pasteur a pu dire de tout le genre humain, que pour une part Il le garde déjà enfermé dans l’enceinte de son Eglise, et que l’autre se verra forcée d’y entrer par les douces contraintes de son amour ~. Aussi, Nous ne vous le cacherons pas, vénérables Frères, le premier sentiment que Nous avons éprouvé, sous l’impulsion évidente de la divine bonté, a été un mouvement irrésistible d’amour et de zèle pour travailler au salut de tous les hommes, si bien qu’en acceptant la charge du Souverain Pontificat Nous faisions Nôtre le vœu exprimé par le Sauveur, à la veille de sa passion ~. 

"En détruisant les temples de Dieu, vous provoquez la colère divine,
devant laquelle les armées les plus puissantes perdent tout pouvoir"
Or, dès que Nous eûmes, du sommet de la dignité Apostolique, embrassé d’un regard le cours des choses humaines, Nous fûmes saisis d’une vive douleur, en contemplant les déplorables conditions de la société civile. Comment, en effet, étant devenu le Père commun de tous les hommes, n’aurions-Nous pas eu le cœur violemment déchiré au spectacle que présente l’Europe et même le monde entier, spectacle assurément le plus affreux et le plus désolant qui se soit jamais vu de mémoire d’homme ? ~ De tous côtés domine la triste image de la guerre, et il n’y a pour ainsi dire pas d’autre pensée, qui occupe les esprits. Des nations - les plus puissantes et les plus considérables - sont aux prises: faut-il s’étonner si, munis d’engins épouvantables, dus aux derniers progrès de l’art militaire, elles visent pour ainsi dire à s’entre-détruire avec des raffinements de barbarie ? Plus de limites aux ruines et au carnage: chaque jour la terre, inondée par de nouveaux ruisseaux de sang, se couvre de morts et de blessés.

A voir ces peuples armés les uns contre les autres, se douterait-on qu’ils descendent d’un même Père, qu’ils ont la même nature et font partie de la même société humaine ? Les reconnaîtrait-on pour les fils d’un même Père qui est aux Cieux ? Et tandis que des armées immenses se battent avec acharnement, la souffrance et la douleur, tristes compagnes de la guerre, s’abattent sur les Etats, sur les familles et sur les individus: chaque jour voit s’augmenter outre mesure le nombre des veuves et des orphelins; le commerce languit, faute de communications; les champs sont abandonnés, l’industrie est réduite au silence; les riches sont dans la gêne, les pauvres dans la misère, tous dans le deuil.

~ Nous avons donc adressé d’instantes prières aux Princes et aux gouvernants, afin que, considérant combien de larmes et de sang la guerre a déjà fait répandre, ils se hâtent de rendre à leurs peuples les précieux avantages de la paix. Daigne le Dieu des miséricordes faire en sorte, que résonnent, à l’aube de Notre Pontificat, comme à la naissance du divin Rédempteur, dont Nous sommes le Vicaire, les paroles du concert angélique: Paix sur la terre aux hommes de sa bonne volonté.

Puissions-Nous être entendus par ceux qui ont en mains les destinées des peuples ! Il y a, sans nul doute, d’autres voies, d’autres moyens, qui permettraient de réparer les droits, s’il y en a eu de lésés. Qu’ils y recourent, en suspendant leurs hostilités, animés de droiture et de bonne volonté. C’est Notre amour pour eux et pour toutes les nations, qui Nous fait parler ainsi, nullement Notre propre intérêt. Qu’ils ne laissent pas tomber dans le vide cette prière d’un Père et d’un ami.

Mais ce n’est pas seulement la guerre actuelle avec ses horreurs, qui est la cause du malheur des peuples, et qui provoque Nos anxiétés et Nos alarmes. Il y a un autre mal, inhérent aux entrailles mêmes de la société humaine, un mal funeste, qui épouvante toutes les personnes sensées, car, en outre des ravages qu’il a déjà produits et qu’il produira encore dans les différents Etats, on peut le considérer à bon droit comme la véritable cause de la terrible guerre présente. En effet, depuis que les préceptes et les règles de la sagesse chrétienne, condition indispensable de la stabilité et de la tranquillité publiques, ont cessé de présider au gouvernement des Etats, ceux-ci ont commencé, par une conséquence nécessaire, à chanceler sur leurs bases, et il s’en est suivi dans les idées et dans les mœurs une telle perturbation, que la société humaine court à sa ruine, si Dieu ne se hâte de lui venir en aide.

Voici en effet ce que Nous voyons : absence de bienveillance mutuelle dans les rapports des hommes entre eux; mépris de l’autorité; luttes injustes des différentes classes de citoyens; appétit désordonné des biens périssables, comme s’il n’y en avait pas d’autres, supérieurs de beaucoup, proposés à l’activité humaine. Tels sont, à Notre avis, les quatre chefs de désordre, d’où proviennent les perturbations si graves de la société, et contre lesquels doivent se réunir tous les efforts, par le recours aux principes du christianisme, si l’on veut sérieusement ramener dans les Etats l’ordre et la paix.

Et d’abord, lorsqu’Il descendit du ciel précisément pour rétablir parmi les hommes le règne de cette paix, détruite par la jalousie de Satan, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne voulut pas d’autre fondement pour cette restauration que celui de la charité. De là ces recommandations si souvent répétées ~ que d’amener les hommes à s’aimer les uns les autres.

~ Jamais peut-être, plus que maintenant, on n’a parlé de fraternité humaine: on n’hésite même pas à laisser de côté les enseignements de l’Evangile, l’œuvre de Jésus-Christ et de l’Eglise, et à prétendre, quand même, que ce zèle pour la fraternité est un des fruits les plus précieux de la civilisation moderne. Cependant, à dire vrai, jamais la fraternité n’a été moins pratiquée que de nos jours. Les haines de race sont portées au paroxysme; les peuples sont divisés par leurs rancunes encore plus que par leurs frontières; au sein d’une même nation et dans les murs d’une même cité, les différentes classes de citoyens se jalousent mutuellement, et chez les individus tout est réglé par l’égoïsme devenu la loi suprême.

 ~ Du jour en effet où on a voulu placer l’origine de tout pouvoir humain, non plus en Dieu Créateur et Maître de l’Univers, mais dans la libre volonté de l’homme, les liens de subordination qui doivent rattacher les inférieurs aux supérieurs se sont affaiblis au point de disparaître ou peu s’en faut.


~ Quiconque par conséquent est dépositaire du pouvoir parmi les hommes, qu’il soit souverain ou subordonné, c’est en Dieu que réside l’origine de son autorité.

~ Avis aux Princes et aux gouvernants : qu’ils se souviennent, et qu’ils voient s’il est prudent et d’une utilité pratique, tant pour les pouvoirs publics que pour les Etats, de se séparer de la religion sainte de Jésus-Christ, en qui leur puissance puise tant de force et de solidité. Qu’ils fassent réflexion sur réflexion, et qu’ils considèrent s’il est conforme à une sage politique de vouloir exclure la doctrine de l’Evangile et de l’Eglise du gouvernement et de l’instruction publique de la jeunesse. L’expérience ne l’a que trop démontré: l’autorité des hommes est sans force, là où la religion est absente. Il en est en effet des sociétés comme de notre premier père, une fois qu’il eut manqué a son devoir.

A peine sa volonté s’était-elle séparée de Dieu, que ses passions répudièrent avec frénésie l’empire de la volonté; de même, à peine les gouvernements ont-ils méprisé l’autorité divine, que les peuples se moquent à leur tour de l’autorité humaine. Il reste sans doute l’expédient accoutumé, l’emploi de la force, pour réprimer les révoltes; mais avec quel profit ? La force peut réprimer les corps, mais non les âmes.

~ Quelle est cette racine maudite, l’Apôtre nous l’enseigne: la racine de tout mal est la cupidité. Et de fait, si l’on y réfléchit, c’est à cette racine que se rattachent les maladies qui travaillent la société présente. Une fois en effet que par l’action des mauvaises écoles sur l’âme des petits enfants, malléables comme la cire; par la perversité des écrivains, qui journellement ou par intervalles corrompent l’esprit des foules inexpérimentées, et par tous les autres moyens employés pour former l’opinion publique, une fois, disons-Nous, qu’on a fait pénétrer dans les esprits cette erreur souverainement pernicieuse, que l’homme n’a pas à espérer en un état de félicité éternelle; qu’ici-bas, oui, ici-bas, il peut être heureux en jouissant des richesses, des honneurs, des plaisirs de cette vie; comment s’étonner si ces êtres humains, naturellement faits pour le bonheur, violemment attirés, comme ils le sont, vers ces biens passagers, repoussent avec non moins d’énergie tout obstacle, qui en retarde ou en empêche la conquête ?

Eglise de Lunéville, vitrail
~ Et maintenant, vénérables Frères, en terminant ces Lettres, Notre esprit se reporte spontanément vers ce que Nous écrivions au début; et, de nouveau, Nous appelons de tous nos vœux, en faveur de la société humaine et en faveur de l’Eglise, la fin de cette guerre si désastreuse; en faveur de la société humaine, afin qu’une fois la paix rétablie, elle progresse vraiment dans toute culture civile et humaine; en faveur l’Eglise de Jésus-Christ, pour que, libre enfin de toute entrave, elle aille sur tous les rivages et en toutes les parties du monde apporter aux hommes le secours et le salut. Hélas ! depuis trop longtemps déjà l’Eglise ne jouit plus de la pleine liberté qui lui est nécessaire.

 ~ Puisque c’est dans les mains de Dieu que sont les volontés des Princes et de tous ceux qui peuvent mettre fin aux horreurs et aux désastres que nous avons rappelés, il Nous reste, vénérables Frères, à élever vers Dieu Notre voix suppliante et à Nous écrier au nom de tout le genre humain : "Donnez, Seigneur, la paix à notre temps".

~ Que la bienheureuse Vierge Nous soit propice, Elle qui a engendré le "Prince de la Paix", et qu’Elle prenne sous sa protection maternelle Notre humble personne, Notre ministère pontifical, la sainte Eglise et les âmes de tous les hommes, rachetées par le sang précieux de son divin Fils.

~ Donné à Rome, près saint-Pierre, en la fête de Tous les Saints, ce 1er Novembre 1914, de Notre Pontificat la première année.

Benoît XV, pp.



Portons avec fierté les bleuets de France, pour honorer la mémoire de tous ceux
qui ont donné et donnent leur vie pour la paix de notre pays.

mercredi 9 novembre 2016

Dédicace de la Basilique Saint Jean du Latran, cathédrale du successeur de Saint Pierre, première église de la Chrétienté

Prions le Rosaire pour l'Eglise et la
conversion des cœurs !


De Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, le 7 mai 2005

Le Pape n’est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. Au contraire : le ministère du Pape est la garantie de l’obéissance envers le Christ et envers Sa Parole.

Il ne doit pas proclamer ses propres idées, mais se soumettre constamment - ainsi que l’Eglise - à l’obéissance envers la Parole de Dieu, face à toutes les tentatives d’adaptation et d’appauvrissement, ainsi que face à tout opportunisme.



Cathèdre du Pape, Basilique Saint-Jean du Latran


dimanche 6 novembre 2016

Prions pour tous les défunts, acte de Miséricorde et de charité pour eux


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie I

Sainte Madeleine de Pazzy, ayant vue les grandeurs de peines par une lumière surnaturelle qui lui fut donnée, s’écrie :

« O Dieu ! je n’ai plus de cœur de vivre en terre ni de avec les créatures après une vision si terrible. Pitié ! pitié ! Miséricorde ! miséricorde ! O Sang de Jésus, éteignez ces flammes, délivrez-en les pauvres âmes. Je ne suis pas étonnée après cela si saint François-Xavier, au milieu d’un monde d’affaires qui le pressaient de toutes parts, accablé sous les fatigues extrêmes de ses fonctions apostoliques en tant de royaumes de terres et de lieux, allait encore les nuits crier par les rues : Souvenez-vous de prier pour les âmes du purgatoire !

Certainement, dans ce sujet aussi bien que dans les autres, l’on remarque peu de foi dans les fidèles. Une chétive maison brûle, chacun crie, l’on sonne les cloches pour en avertir, tout le monde y court et des âmes à l’image d’un Dieu, rachetées par le prix infini de son Sang seront tourmentées dans des feux allumés par sa divine justice et l’on ne s’en met point en peine, ou si l’on s’y applique, on les oublie bientôt.

Mort d'Anne de Bretagne, reine de France
C’est une chose bien remarquable que la correction que reçut saint Bernard de son abbé, saint Etienne, dans cette occasion. Comme il y avait bien des années que le père du saint était mort, après s’être beaucoup appliqué devant Dieu tout le soulagement de son âme, il avait cessé d’y penser ; mais son pieux abbé lui en fit la correction, lui remontrant que les jugements de Dieu étaient des abîmes et que les âmes souffraient bien plus longtemps en purgatoire qu’il ne pensait.

Si l’on avait un degré de vive foi, que ne ferait-on pas ? Épargnerait-on les prières et les aumônes, les jeûnes et autres macérations corporelles et tous les autres exercices de piété pour ces pauvres âmes. N’aurait-on pas tout le soin possible de leur appliquer les indulgences qui se peuvent gagner pour elles ? Car c’est le grand remède puisque le Sang du Fils de Dieu, les mérites de sa sainte et douloureuse Passion, leur sont donnés par ce moyen. N’aurait-on pas soin de leur appliquer des communions, d’offrir et de faire offrir le très saint Sacrifice de la Messe pour elles ?

Bienheureux les miséricordieux, dit le Fils de Dieu, car ils obtiendront miséricorde (Math V,7). Mais quelles personnes en ont plus de besoin que ces âmes, et à raison de la grandeur des peines qu’elles endurent ; et parce qu’elles ne peuvent en aucune manière se soulager ni demander du secours à personne ?


"Ô mort ! Où est ta victoire ?"

mercredi 2 novembre 2016

Mémoire de tous les fidèles Défunts


William Adolphe Bouguereau, le deuil 


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon,
« La gloire de la Sainte Trinité », partie I


« Mon Seigneur ne me reprenez pas dans votre fureur et ne me châtiez pas dans colère », « il n’y a rien de sain en ma chair et il n’y a point de paix dans mes os. »

Quand j’y pense ! Miséricorde ! miséricorde ! Ô Sang de Jésus-Christ, apaisez la divine colère ! 

Ô très douce Vierge, la mère de miséricorde, ayez pitié de nous ! ayez pitié des pauvres âmes du purgatoire ! Anges bienheureux venez au secours !



Le mois de Novembre est consacré à la prière d'offrande pour les fidèles défunts.

Nul ne connait ni le jour ni l'heure, et même si on se prépare, nul n'est vraiment jamais prêt au passage de ce monde à la Patrie céleste. Nous avons donc le devoir impérieux de tout faire pour être, autant que possible, prêt à paraître devant le Juge des vivants et des morts. Car chaque jour qui passe, nous nous préparons à la gloire du Ciel ou à l'Enfer éternel. 

Les âmes bénies en Purgatoire ont encore besoin de purifications parce que la faiblesse humaine et les chutes ne leurs ont pas permis d'entrer dans la gloire éternelle. 

Nous devons prier pour elles : intercéder, prier l'Office, faire célébrer des Messes pour le repos de leurs âmes, offrir des petits sacrifices quotidiens et le chapelet, particulièrement. 
Ainsi, toutes ces petites pénitences leurs permettent d'être purifier par le feu de l'amour de l'Esprit Saint, dans la communion des saints.

Pour ce faire, et nous encourager à faire le bien, l'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière à toute personne en état de grâce (avoir été confessé et absous), ayant assisté à la Messe et communié sacramentellement et ayant visité un cimetière, entre le 1er novembre et le 8 novembre, pour prier pour tous les fidèles défunts. 

Cette grâce extraordinaire peut être gardée pour soi ou offerte pour les âmes du Purgatoire, pour un défunt en particulier. 

N'oublions pas de prier plus spécialement pour les défunts de nos familles, de nos communautés, paroisses et diocèses.





mardi 1 novembre 2016

Sainte et heureuse fête de la Toussaint !

Détail de la ronde des saints du bienheureux Fra Angelico
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Aux saints Evêques du Diocèse d’Evreux »

Vous vous sépariez des hommes de la Terre et les Anges du Ciel vous faisaient compagnie.
Vous quittiez la douceur des conversations du monde et les Esprits célestes vous récréaient par des musiques du Paradis.
Vous ne vouliez apprendre aucune nouvelle de la Terre et le Ciel vous révélait ses secrets ; vous renonciez à tous les honneurs d’ici-bas et Dieu vous honorait de ses plus signalées faveurs.


Vitrail en l'honneur des saints. Paroisse Saint-Leu - Saint-Gilles, Paris

dimanche 30 octobre 2016

"Miséricordieux comme le Père"


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu inconnu », partie III

C’est une nécessité indispensable puisque notre Maître veut que nous soyons miséricordieux comme notre Père céleste est miséricordieux. Si donc il nous fait miséricorde après tant de récidives, nous sommes bien obligés de la faire.

Mazzola, le Christ portant la Croix.
Toutes les excuses que l’on peut alléguer sont inutiles. Si l’on prétexte la différence des personnes, il n’y en a point d’égale à celle qui se trouve entre Dieu et la créature. Si c’est la qualité comme celle d’un père offensé par son enfant, un maître par son serviteur, un ami un bienfaiteur par les personnes obligées, nous sommes les enfants de Dieu, nous sommes ses esclaves, il n’y point d’obligations pareilles à celles que nous lui avons.

Si c’est la grandeur de l’offense, il n’y en peut avoir qui approche de nos crimes. On ne nous a pas mis en croix, couronnés d’épines, percé les pieds et les mains, donné des cinq mille coups de fouets, dépouillés jusqu’à nos habits et laissés tout nus ni rendus les opprobres de tous les peuples : voilà ce que nos crimes ont fait à un Dieu !

Si c’est la durée du mauvais traitement, jamais il n’y en a eu de semblable puisque durant toute notre vie nous commettons toujours des offenses contre Dieu par des ingratitudes qui ne peuvent souffrir de comparaison.





vendredi 28 octobre 2016

Miséricorde divine

Icône du Bon Samaritain

Prière du bienheureux Cardinal John Henry Newman

Mon Dieu, qu’avez-Vous fait pour moi ?
Les hommes disent de Vous, ô mon seul Bien, que vos jugements sont sévères et vos châtiments extrêmes.
Tout ce que je puis dire est qu’il n’en a pas été ainsi pour moi.
Que d’autres parlent pour eux, et Vous les confondrez et les abîmerez dans leur propre confusion au jour du jugement.
Je n’ai rien à faire avec eux, c’est Vous qui les jugerez, mais pour moi, ma seule expérience est celle de votre conduite envers moi : ici, je rends témoignage de ce que je sais d’une manière absolue et de ce que je ressens au plus intime de moi-même, que Vous n’avez eu pour moi que patience et miséricorde.
S. Eminence le Cardinal John Henry Newman
par Emmeline Deane
Oh ! comme Vous oubliez que je me sois jamais révolté contre Vous !
Vous m’accordez toujours à nouveau votre secours.
Je tombe, et pourtant Vous ne me rejetez pas. Malgré tous mes péchés, Vous m’aimez toujours, Vous me protégez, Vous me consolez, Vous m’entourez de bienfaits, Vous me soutenez et Vous me conduisez.
Je contriste votre grâce, et pourtant Vous l’augmentez.
Je Vous offense, et Vous ne Vous irritez pas, mais Vous êtes aussi bon que si je n’avais pas de pardon à demander, rien dont je dusse me repentir, rien qu’il ne fallût réparer, comme si j’étais votre meilleur, votre plus fidèle, votre plus ferme et plus loyal ami.
Hélas ! je suis même conduit à présumer de votre amour, tant il ressemble à la faiblesse de l’indulgence, bien que mon devoir soit de Vous craindre !
Je le confesse, ô mon Sauveur véritable, chaque jour n’est qu’un mémorial nouveau de votre amour infatigable et que rien ne peut vaincre ! Amen.


Sainte Marguerite Marie adorant le Cœur de Jésus notre Dieu,
entouré des chœurs angéliques

mercredi 26 octobre 2016

C'est bientôt la fin de l'année jubilaire en l'honneur de la Miséricorde divine. Il est plus que temps d'en profiter !

Guy de Larigaudie (1908-1940), écrivain et chef scout mort à 32 ans pour la France le 11 mai 1940 près de Musson au Luxembourg belge.

 Seigneur, donne-nous la grâce de comprendre que ce n’est pas de tomber qui est grave mais de rester à terre, de comprendre aussi qu’on peut faire de chaque faute un rebondissement vers un plus grand amour, de comprendre surtout que, dans notre pauvre condition d’homme pécheur, il importe de miser, simplement, sur ton infinie Miséricorde. Amen.



lundi 24 octobre 2016

Saint Raphaël, l'Archange qui nous porte la guérison divine

Le Seigneur Jésus guérit un malade à la piscine probatique,
là où l'Archange permettait au nom de Dieu des miracles

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie II, chap. 6

L'Archange Raphaël et le poisson qui aidera
Tobie à recouvrer la vue
~ Nous avons dit que l’ange gardien de la Mère des Anges lui apparut visiblement en même temps que saint Joseph, mais depuis ce temps-là il conversait familièrement avec elle, comme un bon ami avec son ami pour me servir de l’expression de l’Ecriture, lorsqu’elle parle des bontés de Dieu envers Moïse.

Plusieurs personnes en ont reçu de grands secours et en ont même été guéries miraculeusement. Je connais une dame de Bordeaux qui, étant fort malade et ayant fait écrire à la Mère des Anges de prier son saint ange gardien pour elle, au même temps que la Mère l’eût fait, elle vit son bon ange qui donnait sa bénédiction pour cette dame dont elle se trouva guérie, comme on l’a connu manifestement par le rapport du jour et de l’heure.






samedi 22 octobre 2016

Le rosaire contre les démons. Marie marche et écrase la tête du serpent infernal.

Notre Dame des Anges, dans sa chapelle,
Cathédrale d'Evreux
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie II


~ Saint Dominique ~ cet homme apostolique, exorcisant une personne possédée de quinze mille démons parce qu’elle avait parlé contre les quinze mystères du sacré rosaire, ces esprits malheureux furent obligés avant leur sortie de déclarer les grandeurs de l’incomparable Mère de Dieu.

« C’est elle, disaient-ils, qui réduit tous nos efforts au néant comme le soleil dissipe les ténèbres ; 
C’est elle qui découvre toutes nos finesses ; 
Un seul de ses soupirs a plus de forces que toutes les prières des saints et nous la craignons plus que tous les bienheureux du ciel ensemble ; 
C’est elle dont Dieu se sert pour conserver la foi et elle obtient le paradis à ceux qui lui sont véritablement dévots.


O notre ennemie, s’écriaient ces esprits misérables, notre confusion, voie du ciel infaillible ! C’est toi qui détruis toute la puissance de l’enfer. »



Chapelle Sixtine, les Anges, la Croix et la Couronne d'épines, fresque du Jugement dernier


mercredi 19 octobre 2016

Le chapelet, ma prière préférée qui rythme toute la vie humaine


Saint Jean-Paul II, extraits de Rosarium Virginis Mariae

Notre-Dame du Laus,
maître-autel des apparitions
Dans la sobriété de ses éléments, le Rosaire concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé. En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l’œuvre de l’Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal.

Avec lui, le peuple chrétien se met à l’école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d’abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur.

Depuis mes plus jeunes années, cette prière a eu une place importante dans ma vie spirituelle. ~ Le Rosaire m’a accompagné dans les temps de joie et dans les temps d’épreuve. Je lui ai confié de nombreuses préoccupations. En lui, j’ai toujours trouvé le réconfort. Le Rosaire est ma prière préférée. C’est une prière merveilleuse. Merveilleuse de simplicité et de profondeur.

Notre Dame de Montaigu
En effet, sur l’arrière-fond des Ave Maria défilent les principaux épisodes de la vie de Jésus Christ. Réunis en mystères joyeux, douloureux et glorieux, ils nous mettent en communion vivante avec Jésus à travers le cœur de sa Mère, pourrions-nous dire.

En même temps, nous pouvons rassembler dans ces dizaines du Rosaire tous les événements de notre vie individuelle ou familiale, de la vie de notre pays, de l’Église, de l’humanité, c’est-à-dire nos événements personnels ou ceux de notre prochain, et en particulier de ceux qui nous sont les plus proches, qui nous tiennent le plus à cœur. C’est ainsi que la simple prière du Rosaire s’écoule au rythme de la vie humaine.



dimanche 16 octobre 2016

Saint Michel au Mont Tombe - Dédicace du Mont Saint Michel

Entre Ciel et terre, le Mont Saint-Michel
En ce jour, la Normandie célèbre la dédicace du Mont Saint Michel. Son sanctuaire fut demandé par l'Archange lui-même à Saint Aubert.

Nous nous souvenons aussi que ce jour fut le triste jour du martyre de la reine Marie Antoinette de France, décapitée en haine de la foi et de la France par les révolutionnaires. 

Que le Saint Archange prie pour nous et notre pays !

  
La reine Marie Antoinette de France partant de la Conciergerie pour la guillotine

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu » partie II, chap. 6

Michel et ses anges, nous apprend le disciple de l’amour, combattaient contre le dragon ; le dragon aussi combattait, lui et ses anges, mais ils ne purent résister.

Saint Michel, prenant la place du premier des démons, et étant ensuite le prince de tous les bons anges, vainquirent ensemble les rebelles par la force de Jésus Christ auquel ils se soumirent, qu’ils adorèrent et au nom duquel ils triomphèrent, confondant le dragon avec toutes ses troupes qu’il entraîna dans le précipice par son exemple, par sa puissance, par le venin de l’amour propre : car la chute de l’ange apostat, dit très bien saint Augustin, est venue de la complaisance en soi-même, en sa perfection, et dans les excellences de sa nature.

Il ne faut pas s’étonner si dans ce combat le démon est appelé Satan : s’il est dit qu’il séduisait tout le monde avant même qu’il y eût des hommes dans le monde, c’était de la même manière qu’un homme qui sort pour en tuer un autre en est homicide avant que de le rencontrer ; ou comme un homme qui désire avec passion une femme absente commet un adultère avec elle, ainsi que nous l’assure notre divin Maître et que l’explique un savant interprète qui remarque doctement que Jésus et son Eglise, étant dès lors connus au démon, en même temps il alluma toute sa fureur contre eux et il se proposa de lui faire une cruelle guerre.