dimanche 2 mars 2014

Pastor Angelicus : Pie XII, un Pape angélique

Le 2 mars 1939, le Cardinal Eugenio Pacelli devenait le Pape Pie XII.

Aussitôt élu, Pie XII se trouve plongé dans la Seconde Guerre mondiale. Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès. Après le pacte Ribbentrop-Molotov, le Vatican tente au moins de garder l'Italie hors du conflit. Pie XII choisit de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. Cherchant à mener une politique de compromis, Pie XII ouvre les institutions du Vatican aux victimes du nazisme dans la Rome occupée, mais n'intervient pas publiquement contre les persécutions. Par son action directe et indirecte il permet de sauver entre 700.000 et 860.000 juifs. Il est considéré à l'époque comme le plus farouche opposant du nazisme, et les institutions juives l'ont remercié à de nombreuses reprises pour ses actes.
S'inscrivant dans le cheminement en vue d'aboutir à la béatification de Pie XII, le Saint-Père Benoît XVI a célébré une Messe dans la Basilique Saint Pierre, 50 ans après la mort du pape Pie XII, au matin du 9 octobre 1958. Dans son homélie Benoît XVI a souligné le rôle et la mission et l'enseignement de Pie XII, dans une période particulièrement difficile de l'Histoire. Le chant d’entrée qui accompagnait les rites d’introduction de la Célébration eucharistique était: “In pace factus est locus eius, et in Sion habitatio eius” (Son repos est dans la paix et son habitation en Sion).

Tombeau de Sa Sainteté le Pape Pie XII, crypte vaticane, face à la chapelle
Clémentine. Dans ce lieu excentré, il a demandé à être inhumé face au tombeau de
Saint Pierre, caché aux yeux du grand public.

 HOMÉLIE DE SA SAINTETE LE PAPE BENOÎT XVI

Messieurs les Cardinaux, Vénérés Frères dans l’Épiscopat et le Sacerdoce, 
Chers frères et sœurs,

Le passage du livre du Siracide et le prologue de la Première Lettre de saint Pierre, proclamés comme première et deuxième lecture, nous offrent de significatives occasions de réflexion dans le cadre de cette célébration eucharistique, au cours de laquelle nous faisons mémoire de mon vénéré prédécesseur, le Serviteur de Dieu Pie XII. Cinquante ans se sont exactement écoulés depuis sa mort, survenue aux premières heures du 9 octobre 1958.
Le Siracide, comme nous l’avons écouté, a rappelé à ceux qui veulent suivre le Seigneur qu’ils doivent se préparer à affronter des épreuves, des difficultés et des souffrances. Pour ne pas succomber à ces dernières – exhorte-t-il – il faut un cœur qui soit droit et constant, une fidélité à Dieu et une patience qui soient unies à une inflexible détermination à avancer sur le chemin du bien. La souffrance affine le cœur du disciple du Seigneur, comme l’or est purifié dans la fournaise. “Tout ce qui t’advient, accepte-le et, dans les vicissitudes de ta pauvre condition, montre-toi patient, car l’or est éprouvé dans le feu, et les élus dans la fournaise de l’humiliation.” (2,4-5).

Saint Pierre, de son côté, dans la péricope qui a été proposée, en s’adressant aux chrétiens des communautés d’Asie mineure qui étaient “affligés par diverses épreuves”, va encore plus loin: malgré tout, leur demande-t-il, “Vous en tressaillez de joie” (1P 1, 6). L’épreuve est en effet nécessaire, observe-t-il, “afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ” (1P 1, 7). Ensuite, pour la deuxième fois, il les exhorte à être joyeux, et même à exulter “d’une joie indicible et pleine de gloire”(v 8). La raison profonde de cette joie spirituelle réside dans l’amour envers Jésus et dans la certitude de sa présence invisible. C’est Lui qui rend inébranlable la foi et l’espérance des croyants, même au cours des phases les plus complexes et les plus dures de l’existence.

Pie XII bénissant. Cette image est bien connue,
les bras en croix, comme le divin Crucifié, le Père
commun bénissait les hommes.
À la lumière de ces textes bibliques, nous pouvons lire le parcours terrestre du Pape Pacelli et son long service envers l’Église, commencé sous Léon XIII et poursuivit sous Pie X, Benoît XV et Pie XI. Ces textes bibliques nous aident surtout à comprendre la source à laquelle il a puisé son courage et sa patience au cours de son ministère pontifical qui s’est déroulé durant les douloureuses années du second conflit mondial et la période suivante, non moins complexe, de la reconstruction et des difficiles rapports internationaux, passés à l’histoire sous la significative appellation de “guerre froide”.

“Miserere mei Deus, secundum magnam misericordiam tuam”: c’est avec cette invocation extraite du Psaume 50/51 que Pie XII débutait son testament. Et il poursuivait: “Ces mots que je prononçai, conscient d’être sans mérites et non à la hauteur, au moment où je donnai, en tremblant, mon acceptation à l’élection comme Souverain Pontife, je les répète maintenant avec plus de raison”. Deux années manquaient alors à sa mort. S’abandonner dans les mains miséricordieuses de Dieu : telle fut l’attitude que cultiva constamment mon Prédécesseur vénéré, le dernier des Papes nés à Rome, appartenant à une famille en relation avec le Saint-Siège depuis de nombreuses années.

En Allemagne, où il exerça les fonctions de Nonce Apostolique, d’abord à Munich puis à Berlin jusqu’en 1929, il laissa derrière lui un souvenir emplit de gratitude, surtout pour avoir collaboré avec Benoît XV à la tentative de mettre fin à l’“inutile massacre” de la Grande Guerre, et pour avoir décelé, dès son avènement, le danger constitué par la monstrueuse idéologie nationale-socialiste, avec ses pernicieuses racines antisémite et anti-catholique. Créé Cardinal en décembre 1929, et devenu peu après Secrétaire d’État, il fut un fidèle collaborateur de Pie XI pendant neuf ans, à une époque caractérisée par les totalitarismes : le fascisme, le nazisme et le communisme soviétique, condamnés respectivement par les Encycliques Non abbiamo bisogno, Mit Brennender Sorge et  Divini Redemptoris.

“Celui qui écoute ma parole et croit (...) a la vie éternelle” (Jn 5, 24). Cette assurance de Jésus, que nous avons écoutée dans l’Évangile, nous fait penser aux moments les plus durs du pontificat de Pie XII lorsque, sentant s’évanouir toute sécurité humaine, il ressentait fortement le besoin d’adhérer au Christ, unique certitude qui ne passe pas, et ce aussi au travers d’un constant effort ascétique. La Parole de Dieu devenait ainsi lumière sur son chemin, un chemin sur lequel le Pape Pacelli dut consoler les réfugiés et les persécutés, essuyer les larmes de douleur et pleurer les innombrables victimes de la guerre. 

Le Pasteur angélique, tel était le surnom du vénérable
Pape Pie XII de son vivant. Que de mal n'a-t-on pas dit
lui ? Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de
bien... Saint Pape, priez pour nous.
Seul le Christ est la véritable espérance de l’homme; seulement en se confiant en Lui, le cœur humain peut s’ouvrir à l’amour qui gagne sur la haine. Cette conscience accompagna Pie XII au cours de son ministère de Successeur de Pierre, ministère commencé justement alors que s’accumulaient sur l’Europe et sur le reste du monde les nuages menaçants d’un nouveau conflit mondial qu’il tenta d’éviter par tous les moyens: “Le péril est imminent, mais il est encore temps. Rien n’est perdu avec la paix. Tout peut l’être avec la guerre”, s’était-il écrié dans son radio-message du 24 août 1939 (AAS, XXXI, 1939, p. 334).

La guerre mit en évidence l’amour qu’il nourrissait pour sa “Rome bien-aimée”, un amour témoigné par son intense oeuvre de charité qu’il accomplissait en faveur des persécutés, sans tenir compte d’aucune distinction de religion, d’ethnie, de nationalité, d’appartenance politique. Lorsqu’à maintes reprises, on lui conseilla de laisser le Vatican pour se mettre à l’abri, la ville étant occupée, sa réponse fut toujours la même, identique et décisive, poursuit Benoît XVI : “Je ne laisserai pas Rome et mon poste, même si je devais en mourir” (cf. Summarium, p. 186). 

Ses familiers et autres témoins firent, en outre, part de ses privations de nourriture, de chauffage, de vêtements, de commodités, qu’il s’imposait volontairement pour partager la condition de la population durement éprouvée par les bombardements et par les conséquences de la guerre (cf. A.Tornielli, Pie XII, Un uomo sul trono di Pietro). Et comment oublier son message radio-message pour Noël, en décembre 1942 ? Avec une voix brisée par l’émotion, il déplora la situation des “centaines de milliers de personnes qui, sans aucune culpabilité de leur part, mais seulement pour des raisons de nationalité ou de race, sont destinées à la mort ou à un progressif dépérissement” (AAS, XXXV, 1943, p.23), se référant très clairement à la déportation et à l’extermination perpétrée contre les juifs. Souvent, c’est dans le secret et le silence qu’il a agi parce que, justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l’intuition que c’est seulement de cette manière que l’on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs. Pour ses interventions, de nombreuses et unanimes attestations de reconnaissances lui furent adressées à la fin de la guerre, ainsi qu’au moment de sa mort, par les plus importantes autorités du monde juif, comme par exemple, par le Ministre des Affaires Extérieures d’Israël Golda Meir, qui lui écrivit: “Quand le martyre le plus épouvantable a frappé notre peuple, durant les dix années de terreur du nazisme, la voix du Souverain Pontife s’est élevée en faveur des victimes”, concluant avec émotion: “Nous pleurons la perte d’un grand serviteur de la paix”.

Malheureusement, le débat historique, qui n’a pas toujours été serein, sur la figure du Serviteur de Dieu, Pie XII, a oublié de mettre en lumière tous les aspects de son polyédrique pontificat. Très nombreux ont été les discours, les allocutions et les messages qu’il a adressés aux scientifiques, aux médecins, aux responsables des plus diverses catégories de travailleurs, dont certains d’entre eux sont, encore aujourd’hui, d’une extraordinaire actualité et qui continuent d’être un point ferme de référence. Paul VI, qui fut son fidèle collaborateur pendant de nombreuses années, le décrivit comme un érudit, un chercheur attentif, ouvert aux voies modernes de la recherche et de la culture, restant fermement, et avec cohérence, fidèle tant aux principes de la rationalité humaine, qu’à l’intangible dépôt des vérités de la foi. Il le considérait comme un précurseur du Concile Vatican II (cf. Angelus du 10 mars 1974). Dans cette perspective, un grand nombre de ses documents mériteraient d’être rappelés, mais je me limiterai à n’en citer que quelques-uns. Avec l’Encyclique Mystici Corporis, publiée le 29 juin 1943 alors que la guerre faisait encore rage, il décrivait les rapports spirituels et visibles qui unissent les hommes au Verbe incarné, et proposait d’intégrer, dans cette perspective, tous les principaux thèmes de l’ecclésiologie, offrant pour la première fois une synthèse dogmatique et théologique sur laquelle se baserait la Constitution dogmatique conciliaire Lumen Gentium.


Quelques mois après, le 20 septembre 1943, avec l’Encyclique Divino Afflante Spiritu, il fixait les normes doctrinales pour l’étude des Saintes Écritures, en mettant en relief son importance et son rôle dans la vie chrétienne. Il s’agit d’un document qui témoigne d’une grande ouverture à la recherche scientifique sur les textes bibliques. Comment ne pas rappeler cette Encyclique, alors que se déroulent les travaux du Synode qui a justement pour thème “La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église”? C’est à l’intuition prophétique de Pie XII que nous devons la première étude sérieuse des caractéristiques de l’historiographie antique, pour mieux comprendre la nature des livres sacrés, sans en affaiblir ou en nier leur valeur historique. L’approfondissement des “genres littéraires”, pour mieux comprendre ce que l’auteur sacré avait voulu dire, avait été, jusqu’en 1943, considéré comme suspect, du fait aussi des abus qui y avaient été commis. L’Encyclique ne reconnaissait pas sa juste application, déclarant illégitime son usage pour l’étude non seulement de l’Ancien mais aussi du Nouveau Testament. “Aujourd’hui, cet art - explique le Pape - que l’on a l’habitude d’appeler critique textuelle et qui est, valablement et fructueusement, utilisée dans les éditions des auteurs profanes, s’applique de plein droit aux Livres Sacrés en fonction justement du respect qui est dû à la Parole de Dieu”. Et, il ajoute: “Son objectif est, en effet, de restituer, avec toute la précision possible, sa première teneur au texte sacré, le débarrassant des déformations introduites par les fautes des copistes et le libérant des gloses et des lacunes, des transpositions de mots, des répétitions et des défauts similaires de tout ordre, qui dans les écrits transmis à la main pendant de nombreux siècles, s’infiltraient couramment.” (AAS, XXXV, 1943, p. 336).

Messe papale à l'autel majeur,
Basilique Saint-Pierre du Vatican
La troisième Encyclique que je voudrais mentionner est Mediator Dei, consacrée à la liturgie, publiée le 20 novembre 1947. Avec ce Document, le Serviteur de Dieu donna l’impulsion au mouvement liturgique, insistant sur l’”élément essentiel du culte”, qui “doit être celui interne: il est, en effet, nécessaire – écrit-il – de vivre toujours en Christ, de se dédier à Lui, afin qu’en Lui, avec Lui et pour Lui on glorifie le Père. La sainte Liturgie exige que ces deux éléments soient intimement liés... Autrement, la religion devient un formalisme sans fondement et sans contenu”. Ensuite, nous ne pouvons pas, non plus, ne pas évoquer l’importante impulsion que ce Souverain Pontife donna à l’activité missionnaire de l’Église avec les Encycliques Evangelii praecones (1951) et Fidei Donum (1957), mettant en relief le devoir pour chaque communauté d’annoncer l’Évangile aux personnes, comme le fera, avec une courageuse vigueur, le Concile Vatican II. L’amour pour les missions, le Pape Pacelli l’avait, du reste, manifesté dès le début de son pontificat quand, au mois d’octobre 1939, il avait voulu consacrer personnellement douze Évêques provenant de pays de mission, dont un indien, un chinois, un japonais, le premier Évêque africain et le premier Évêque de Madagascar. Enfin, l’une des ses constantes préoccupations pastorales fut la promotion du rôle des laïcs, pour que la communauté ecclésiale puisse compter sur toutes les énergies et les ressources disponibles. Pour cela aussi, l’Église et le monde lui sont reconnaissants.

Chers frères et soeurs, alors que nous prions pour que la cause de béatification du Serviteur de Dieu, Pie XII, se poursuive normalement, il est bon de rappeler que la sainteté fut son idéal, un idéal qu’il ne manqua pas de proposer à tous. Pour cela, il donna une forte impulsion aux causes de béatification et de canonisation de personnes appartenant à des populations diverses, de représentants de tous les états de vie, fonctions et professions, réservant une vaste place aux femmes. C’est Marie justement, la Femme du salut, qu’il montre à l’humanité comme signe de ferme espérance, en proclamant le dogme de l’Assomption durant l’Année Sainte de 1950. À notre époque qui est, comme alors, assaillie de préoccupations et d’angoisse pour son avenir; en ce monde où, peut-être encore plus qu’alors, l’éloignement de tant de personnes de la vérité et de la vertu laisse entrevoir des scénarios privés d’espérance, Pie XII nous invite à tourner notre regard vers Marie qui est montée dans la gloire céleste. Il nous invite à l’invoquer avec confiance, pour qu’elle nous fasse apprécier toujours plus la valeur de la vie sur la terre et nous aide à diriger notre regard vers le vrai but auquel nous sommes tous destinés: cette vie éternelle qui, comme Jésus nous l’assure, est déjà possédée par celui qui écoute et suit sa parole.




samedi 22 février 2014

Fête de la Chaire de Saint Pierre - Construisons sur la Pierre de la foi qu'est Jésus-Christ

Jésus remet les clefs au prince des Apôtres, Saint Pierre, et à ses successeurs, les Pontifes romains. Une clef d'or pour ouvrir le Ciel, un clef d'argent pour délier les péchés sur la terre par la grâce de la Confession sacramentelle.
Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise

Vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix », partie III

Elisabeth était semblable à l’homme prudent de l’Evangile qui, bâtissant une maison, a creusé dans la terre, fort avant, et a posé le fondement sur la pierre et, lorsqu’il est venu un débordement d’eaux, le fleuve s’est jeté contre cette maison et il ne l’a pu ébranler parce qu’elle était fondée sur la Pierre.

Ange à la tiare.
La divine providence lui avait donné faire un grand et merveilleux édifice durant les jours de son pèlerinage en cette vallée de larmes ; et dont le sommet devait s’élever jusque dans l’empirée, il fallait faire de bons fondements. Dans ce dessein elle a creusé dans la terre bien avant et si avant que l’on peut dire qu’elle est allée jusqu’au centre par son humilité abyssale.

Car il n’y avait rien de plus bas qu’elle, au moins à ses yeux ; elle se voyait au-dessous de toutes les créatures et c’est là qu’elle a posé le fondement sur la pierre : c’est-à-dire Jésus Christ qui est appelé, dans les Écritures, la pierre angulaire qui a réduit les deux peuples en un.

Basilique vaticane, statue de Saint Pierre,
couronnée de la tiare et revêtue de la chape
comme chaque 22 février.
C’est ce qui fait dire au Prince des apôtres en sa première Épître, parlant de notre bon Sauveur aux fidèles : Approchez-vous de lui comme de la pierre vivante que les hommes ont rejetée (car les prêtres des Juifs qui devaient être les architectes du vrai temple n’en ont pas voulu), mais que Dieu a choisie et tient précieuse. Vous aussi, dans l’édifice qu’elle soutient, soyez construits sur elle comme des pierres vivantes qui formez une maison spirituelle et un saint corps de prêtres. C’est à dire non pas des prêtres véritables mais des personnes qui offrent des sacrifices intérieurs par la destruction du péché des désirs du siècle, des passions et des mouvements de la nature. C’est pourquoi saint Pierre ajoute, qui devez offrir des victimes spirituelles, et qui soient agréables à Dieu par Jésus Christ, c’est-à-dire, dit un savant et pieux interprète, des victimes spirituelles, qui ne sont victimes que par l’intention du cœur qui leur sert d’autel, et qui ne sont pas véritablement et substantiellement immolées sur un autel visible et consacré.

Le Prince des apôtres ajoute : C’est pourquoi il est dit dans l’Ecriture : je mets en Sion la pierre principale de l’angle ; elle est choisie et précieuse et quiconque croira en elle ne rougira point. Car Jésus Christ n’est pas seulement la pierre fondamentale mais la pierre élevée au haut de l’angle qui lie les deux murailles, c’est-à-dire les deux peuples, les Juifs et les gentils.

C’est sur cette pierre qu’Elisabeth avait posé le fondement de l’édifice qu’elle bâtissait à la gloire de Dieu, c’est pourquoi il était inébranlable.


Basilique San Pietro in Vincoli (Saint-Pierre-aux-Liens), reliquaire des chaînes
dont saint Pierre fut libérées par un Ange, Rome.

mardi 18 février 2014

Le 8 décembre 1933, Bernadette Soubirous est proclamée "sainte" par Sa Sainteté le Pape Pie XI

Châsse de Sainte Bernadette, Nevers.

Le pape Pie XI prononce depuis Rome, solennellement, la formule de la canonisation de Bernadette : 

« En l'honneur de la Très Sainte et Indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et pour l'accroissement de la religion chrétienne, par l'autorité de Notre Seigneur Jésus Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Notre, après une mûre délibération et ayant souvent imploré le secours divin, de l'avis de Nos vénérables frères les cardinaux de la Sainte Église Romaine, les Patriarches, les Archevêques et Évêques,

Nous déclarons et définissons Sainte la bienheureuse Marie-Bernard Soubirous et l'inscrivons dans le catalogue des Saints, statuant que sa mémoire sera pieusement célébrée dans l'Église universelle le
16 avril* de chaque année, jour de sa naissance au ciel.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

*Sa fête est aujourd'hui célébrée le 18 février

A l'issue de la messe solennelle célébrée par le pape Pie XI, le chant de l'Ave Maria est spontanément entonné par la foule comme il l'est aux Sanctuaires à Lourdes.


Extrait de l'allocution du pape Pie XI
pour la canonisation de Bernadette Soubirous


… "C’est la Sainte Vierge Immaculée qui vous a convoqués pour l’honorer elle-même et honorer sa petite servante, la petite, la grande sainte Bernadette, devenue la confidente de la Reine du Ciel. 

Sœur Marie Bernarde,
Sainte Bernadette.
...La vie et la sainteté de Bernadette sont un fruit admirable et complet de la Rédemption. La nouvelle Sainte nous enseigne ce que le monde dédaigne et méprise : la vie cachée, la vie humble, de renoncement, qui est une des grandes leçons du Rédempteur, nous indiquant aussi ce précieux et divin enseignement : “Apprenez de Moi que je suis doux et humble de cœur”. L’Evangile se résume en cette leçon essentielle. Telle est bien la finalité de la vie chrétienne, la raison dernière des enseignements du Rédempteur qui, au cours de sa vie parmi les hommes, de Bethléem au Calvaire, est venu précisément pour que les âmes aient la vie, au sens strict du mot, et l’aient surabondamment. 

Le sentiment d’humilité qu’il a apporté au monde était totalement inconnu du monde païen, comme nous le constatons encore dans les régions qui ne sont pas évangélisées, infestées par les erreurs et les horreurs de toutes sortes. Quel contraste ! Après dix-neuf siècles, sainte Bernadette vient encore rappeler cette grande leçon à un monde où sévissaient l’arrogance de l’esprit, la superbe du cœur et le mépris de l’humilité, la petite sainte de Lourdes a été un parfait modèle de douceur et d’humilité. 

…Et maintenant Nous allons vous bénir et Nous mettons en cette bénédiction tous les désirs que Notre cœur peut former. Qu’elle descende sur vous tous, sur chacun, sur chacune, non seulement sur vous ici présents, mais encore sur tous ceux auxquels vous pensez. Qu’elle descende sur toutes les personnes que chacun de vous porte dans son cœur ; qu’elle descende sur vos maisons, vos familles, vos parents, tout ce que vous avez de plus cher, en un mot, sans oublier vos chers enfants, prédilection du divin Rédempteur et objet spécial de Notre sollicitude paternelle. Car nous désirons les voir, ces jeunes, profiter largement eux aussi des fruits de la Rédemption, Nous voulons les voir soustraits à tout ce qui pourrait les empêcher de profiter de ces fruits. Car nous avons le droit de compter sur cette jeunesse. Ces jeunes sont au commencement de la vie, c’est pourquoi Nous les bénissons avec préférence, pour que ces bénédictions les accompagnent dans les difficultés de l’existence.

...Vous êtes venus renouveler pour Nous cette joie que nous avons goûtée à Saint-Pierre, au cours de la cérémonie où vous apportiez la contribution de votre présence si autorisée, si attendue, si justifiée, et celle de votre foi, de votre dévotion, de votre prière. Ce fut vraiment une cérémonie comme on en a rarement vu, peut-être jamais, d’aussi magnifique et d’aussi recueillie. Nous sommes heureux de vous bénir encore, de saluer en vous Lourdes, cité si heureuse et si fortunée par le choix de la Vierge Marie, pays privilégié et théâtre d’événements grandioses, où la Vierge par ses confidences à sa fidèle disciple, attire d’innombrables multitudes qui éprouvent et magnifient sa maternelle bonté et sa puissante intercession. C’est à Lourdes que nous devons non seulement les splendeurs de l’Immaculée Conception, mais ce cadeau qui se nomme votre et Notre sainte Bernadette.

…La présence des Lourdais à Nos pieds, nous rappelle nécessairement les choses magnifiques vues et admirées par Nous à Lourdes, où Nous avons pu goûter dans toute sa plénitude la douceur profonde qu’apportent à l’âme la magnificence et la sainteté de ce lieu béni, la beauté du pays et de ses montagnes, la Grotte miraculeuse vraiment mariale par excellence. 

Cette douceur, Nous l’avons goûtée plus intimement lors de notre première visite à Lourdes où se trouvaient seulement une famille de pèlerins de Shanghai, le père, la mère et la fille qui étaient venus à la Grotte faire une visite d’action de grâce, à la suite d’un miracle obtenu et duquel Nous avons vu un signe évident. La beauté précieuse du silence et de la solitude qui, ce jour-là, contrastaient éloquemment et de façon suggestive avec les habituels élans de ferveur collective et les clameurs de la multitude, incitait l’âme à la confiance et à la foi, la conduisait à entendre la voix de la Vierge et à jouir de l’enchantement de son visage maternel. 

Quelle beauté, aussi dans la succession des nombreux et grands pèlerinages, les processions solennelles et la vue de tant de douleurs, de tant de souffrances, de patience héroïque, d’espérance et d’aspirations, lorsque Jésus, Dieu tout puissant, passe sous les Espèces Eucharistiques au milieu des acclamations, comme il passait au milieu des foules, au temps de sa vie mortelle.


Notre Dame du Rosaire, Lourdes.

samedi 15 février 2014

Dimanche de la Septuagésime

Plafond de la Basilique de l'Agonie, jardin de Gethsémani, Jérusalem
Eduard Bendemann, l'Exil à Babylone, 1832. Illustration du Psaume 137, au bord du fleuve
de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion...
Dès demain, dans la forme extraordinaire de l'unique rite romain, l'Eglise se préparera au Carême (la Quadragésime, la quarantaine de jours avant la solennité des solennités, Pâques) par le temps de la Septuagésime.

Ces 30 jours particuliers, avec la disparition du Gloria in excelcis et de l'Alleluia, en plus des 40 jours du Carême rappellent les 70 ans en Exil du peuple de Dieu déporté à Babylone.
 
Simon Vouet, les Anges portant les
instruments de la Passion, détail, Besançon
Disposons nos cœurs à accueillir la grâce des grâces, Jésus ressuscité qui est venu en ce monde pour nous donner Sa vie, la vie divine. Avec ce temps commence le Cycle qui a pour centre la solennité des solennités : la fête de Pâques.

Le Cycle de Noël est essentiellement dépendant du Cycle Pascal, car si Dieu est descendu jusqu’à nous, c’est pour nous élever jusqu’à Lui. Au Cycle de l’Incarnation, où la liturgie nous montre un Dieu qui se revêt de notre humanité, correspond donc le Cycle de la Rédemption où elle nous montre Jésus qui « nous rend participants de sa divinité ». C’est là « la grande œuvre que le Père a donné à faire à son Fils ». Aussi, l’Église, qui nous a manifesté la Divinité du Christ pendant la première partie de l’année liturgique, nous montre dans la deuxième ce que Jésus a fait pour nous la mériter et nous la communiquer.

Il y aura entre Lui et Satan une lutte violente qui ira s’accentuant durant les trois périodes successives appelées Temps de la Septuagésime, du Carême et de la Passion.

Le Christ est Dieu, la victoire lui est donc assurée. Et nous entrons dans le Temps Pascal où le triomphe du Sauveur sur le démon, la chair et le monde s’affirme par sa résurrection, par son ascension et par la fondation de l’Église à laquelle il envoie l’Esprit-Saint. Et dans le Temps après la Pentecôte, Jésus continue à envoyer cet Esprit vivifiant qui permet à l’Église naissante de se développer au cours des siècles pour atteindre « la plénitude du Christ ».

Après l’accueil enthousiaste fait au Christ à cause de « la gloire divine dont sa face est resplendissante », l’Église nous introduit soudain dans les profondeurs ténébreuses de la déchéance humaine. Comme au Cycle de Noël, elle reprend l’étude de l’Ancien Testament pour nous montrer toutes les grandes figures qui ont annoncé l’œuvre rédemptrice du Christ et dont l’histoire, figurative de celle de Jésus, est bien de nature à nous préparer à la grande fête de Pâques où nous célébrons son triomphe. 


Relique de la vraie Croix, Basilique du Saint-Sépulcre, dans la
Chapelle du Golgotha, Mater perdolentis

« Interrogez les Écritures, disait Notre-Seigneur, elles vous parlent de moi ». Lex gravida Christo, l’Ancienne Loi est toute remplie de la préoccupation du Messie, car tout chez le peuple de Dieu prédisait et annonçait Jésus. L’Ancien Testament est comme un Évangile anticipé et qui éclaire, d’une lumière singulière, l’histoire du Sauveur.

Le retour des parements violets, couleur de pénitence,
d'attente et du désir de voir le jour du Seigneur.
Jésus répare les torts occasionnés par Adam ; il est pour l’Église le véritable Noé, c’est-à-dire le fondateur d’un peuple nouveau ; il est plus qu’Abraham le chef du peuple que Dieu s’est choisi pour être son peuple ; il est mieux encore que Jacob le protégé et le béni de Dieu ; plus encore que Joseph il rendit le bien pour le mal et mieux que Moïse il délivra son peuple de la captivité du péché et le nourrit du vrai pain descendu du ciel. 

Si l’Église ne suit pas dans le Missel l’ordre historique de la vie de Jésus, elle passe des mystères de son enfance à ceux de sa vie publique et de sa passion et ensuite à ses mystères glorieux. C’est dans cette mentalité générale que nous devons entrer si nous voulons vivre cœur à cœur avec l’Église pendant toute l’année. 

Cette pensée d’associer nos âmes à Jésus dans sa vie de labeurs et d’apostolat, pendant ces neuf semaines préparatoires à Pâques, ressort très nettement de nombreux textes tant des messes que de l’office de ces temps.

La meilleure manière de nous préparer à célébrer les glorieux événements du Temps Pascal n’est-elle pas, en effet, de nous unir au Christ dans les événements douloureux qui commencent avec son ministère ? Car c’est dès ce moment que les ennemis de Jésus commencent à se déclarer et que l’on voit leur haine grandir jusqu’à ce qu’elle obtienne son plein assouvissement par le déicide du Vendredi Saint.

 
Le Titien, le bon larron, saint  Dysmas, se tournant vers Jésus, détail.



mardi 11 février 2014

Quelques statistiques

Notre Dame de Lourdes, priez pour nous, la France et le monde entier.

Ange du Bernin, Saint-Pierre
du Vatican, Rome
Notre blog dépasse maintenant les 75.000 vues. Quelle joie de pouvoir soutenir la vie de prière de tant de personnes.

Que la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Reine des Anges apparue à Lourdes ; Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, Archanges, et les neuf Chœurs des Esprits bienheureux ; le vénérable abbé Henri-Marie Boudon ; nous aident et nous soutiennent, jour après jour, dans notre suite du Christ et dans notre marche vers le Royaume de Dieu.

Comme l’écrivait Monsieur Boudon, nous saluons vos saints Anges gardiens, ceux qui protègent vos familles, vos cités et vos pays.

Ce sont 70 pays qui consultent le blog. Leur nombre a encore augmenté et il est lu sur les cinq continents. Comme les Anges doivent être heureux de nous voir tourner nos cœurs vers le Ciel.
J’espère vivement que vous conseillez ces bonnes lectures à vos proches et vos amis. Si les articles peuvent aider, ne nous lassons jamais de faire le bien.



Mosaïques des 5 continents : l'Europe, l'Amérique, l'Asie,
l'Afrique et l'Océanie, rue Bergère, Paris
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France, îles de la Guadeloupe, la Martinique et de la Réunion
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dimanche 9 février 2014

Saint Michel, défendez-nous dans le combat

« Les flammes du zèle » par saint Louis-Marie Grignon de Montfort 

Saint Michel, armé de son zèle,
Frappa Lucifer le rebelle,
Le plongea du ciel dans le feu.
Saint Michel Archange, protecteur de la France,
priez pour nous.
Pour prendre part à sa belle victoire,
Ayons son zèle généreux,
Crions comme lui dans les cieux :
Victoire à Dieu, victoire et gloire !

Les anges font autant de fête
Que le zèle fait de conquête,
Mais quelle joie au doux Sauveur !
Il voit par là son sang qui fructifie,
Il retrouve un enfant perdu,
Le prix de son sang répandu.
Que ce retour le glorifie !

Il a pris en toute entreprise
L’obéissance pour devise,
Ce qui le rend actif et fort.
Quoi qu’on lui fasse, il a victoire et gloire ;
Quoiqu’aucun ne soit converti,
Quoiqu’il soit seul de son parti,
S’il obéit, il a victoire.



dimanche 2 février 2014

Monsieur Boudon, continuez de prier au Ciel pour la défense de nos familles et la conversion de notre pays !

Eglise Sainte-Ségolène, Metz, vitrail du Sacrement du Mariage.
Eglise de Fougères, détail, la bannière de
sainte Jehanne d'Arc
Lettre 60,
Je salue toute la famille, vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et diocèse d Evreux etc...

Lettre 10,
La divine Providence, ma toujours très fidèle mère, m'ayant conduit cet été à bien des bouts de la France pour y annoncer le royaume de Dieu, elle m'arrête de tous côtés, dans les lieux où je passe, pour y crier au feu du divin amour !


Sainte Jehanne d'Arc, priez pour la France, les familles de France
et la conversion de ceux qui nous gouvernent !

Prière de Marcel Van pour la France

Seigneur JÉSUS, aie pitié de la FRANCE !
Daigne la serrer sur ton Cœur ; montre-lui combien tu l'aimes.

Purifie-la ; fortifie-la dans ton ESPRIT SAINT.
Que la FRANCE contribue à Te faire aimer de toutes les nations !

O JÉSUS, nous autres, Français, Te promettons fidélité.
Oui, nous nous engageons à travailler d'un cœur ardent à l'extension de ton Règne sur la terre, ne comptant en rien sur nous, mais uniquement sur Toi. Amen.


Saint Louis de France, priez pour votre pauvre pays !


Bonne fête de la Chandeleur

Présentation du Cardinal de Metz à la Vierge Marie, détail
La fête de la Présentation de Jésus au Temple se nomme aussi fête de la Lumière, des chandelles, de la Chandeleur. Nous accompagnons aujourd'hui la Vierge Marie et Saint Joseph au Temple où Jésus va être présenté, selon la Loi de Moïse, comme Premier-Né. Et Marie, toute pure, sainte et immaculée, va être purifiée, elle qui est sans péché. 
Cette fête nous rappelle que vivre chrétiennement n'est pas selon tel ou tel désir particulier, c'est une vie d'obéissance joyeuse aux commandements de Dieu. C'est ainsi que nous marchons dans la Lumière véritable qui nous conduit au Ciel.
 
Très sainte fête !
 

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 358
 
Ah ! qu'à jamais ses infinies miséricordes nous y fassent demeurer invinciblement et uniquement, le 2 février, jour de la sainte Présentation au temple dans laquelle le Père éternel a trouvé le sacrifice digne de lui, tous les honneurs et amours qui lui sont dus, ce qui nous doit donner une parfaite joie dans la part que nous devons prendre a ses sacrés intérêts.
 
Le jour de la fête de la Purification de Notre Dame et bonne maîtresse, la plus pure de toutes les créatures, exempte d'aucune tache, soit originelle soit actuelle, jour précieux dans lequel saint Simon, plein du Saint Esprit, ne prophétise ni au Fils ni à la Mère que croix, que contradiction, qu'un glaive de douleur.

Extraits d'une homélie de Jean de Naples

Sébastien Bourdon, 1644.
Présentation de l'Enfant Jésus au Temple
Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ? C'était un grand serviteur, celui qui savait comment on était éclairé. Il voyait la lumière, non pas celle qui baisse sur le soir ; mais cette lumière que l'œil ne voit pas. Les âmes éclairées par cette lumière ne courent pas vers le péché, ne trébuchent pas dans le vice.

Le Seigneur disait en effet : Marchez tant que vous avez la lumière. De quelle lumière parlait-il, sinon de lui-même ? Il a dit en effet : Moi, la lumière, je suis venu dans le monde, afin que ceux qui voient ne voient plus, et que les aveugles reçoivent la lumière. C'est donc lui, le Seigneur, qui est notre lumière, notre soleil de justice, lui qui a fait rayonner son Église catholique répandue partout, et c'est pour l'annoncer que le Prophète s'écriait : Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ?

L'homme éclairé intérieurement ne boite pas, il ne s'écarte pas du chemin, il supporte tout. Celui qui voit de loin la patrie endure les difficultés, ne s'attriste pas des épreuves temporelles mais trouve sa force en Dieu : il abaisse son cœur, et il endure : son humilité entraîne la patience. Cette lumière véritable qui éclaire tout homme venant en ce monde se donne à ceux qui craignent Dieu, se répand en celui que le Fils veut, partout où il veut, elle se révèle à qui le Fils de Dieu veut.

Celui qui était assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort — dans les ténèbres du mal et dans l'ombre du péché — lorsque la lumière se lève, a horreur de lui-même, s'humilie, se repent, rougit de honte et dit : Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ? Ce salut est une grande chose, mes frères. Ce salut ne craint pas la faiblesse, ne redoute pas la fatigue, ne voit pas la douleur. 
 
~ Nous devons donc crier de toutes nos forces, non seulement vocales mais spirituelles : Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ? Si c'est lui qui éclaire, si c'est lui qui sauve, de qui aurais-je peur ? Que viennent les brouillards des tentations, le Seigneur est ma lumière. Elles peuvent venir, elles ne peuvent pas gagner ; elles peuvent assaillir notre cœur, mais non le vaincre. Que vienne l'aveuglement des passions, le Seigneur est ma lumière. Il est notre force, lui qui se donne à nous ; aussi donnons-nous à lui. Accourez au médecin pendant que vous le pouvez, pour éviter de le vouloir quand vous ne le pourrez plus. 

 

Sainte fête de la Chandeleur !