lundi 5 novembre 2012

Prions et honorons nos frères les saints, qu'ils protègent notre pays de la folie


Dans tous les Diocèses et les Ordres religieux, le mois de novembre est l'occasion de prier pour tous les fidèles, Pour les Prêtres et religieux défunts, mais aussi celui de célébrer d'une manière particulière les Saints du Diocèse et de l'Ordre. 

C'est une question que nous entendons souvent en Paroisse. Pourquoi célébrer la "Toussaint de tel Diocèse" (NB. à Paris, le 8 novembre) ou "de tel Ordre" alors que nous avons célébré la Toussaint "universelle" et que nous avons prié pour toutes les âmes en Purgatoire le 2 novembre ? 

Et bien, tout simplement, parce que la famille, c'est sacré ! Nous ne sommes pas des citoyens du monde, ici-bas, ni des citoyens anonymes de la Cité céleste. Nous sommes des hommes et des femmes, des personnes uniques qui appartenons à une famille, une Paroisse, un Diocèse, un pays, une culture. Nous sommes d'un pays et d'une époque. Et c'est cet enchevêtrement de relations qui nous construit et fait de nous ce que nous sommes, ici bas, comme pour l'éternité. Voilà pourquoi il est bon de célébrer les saints "de chez nous", de notre famille spirituelle, comme il est compréhensible d'avoir une prière plus particulière pour les défunts de sa famille et de ses connaissances. 

En ce beau mois de novembre, prions donc et confions-nous les uns les autres à la miséricorde infinie de Dieu, et particulièrement notre pays. Le gouvernement veut transformer l'institution du Mariage. Par cette atteinte sacrilège - une de plus - certains veulent totalement détruire ce que Dieu a créé. 

L'homme et la femme, dans leurs différences et leurs spécificités naturelles, physiques et psychologiques, sont la plus belle des créations. Le Mariage est l'image ici-bas de l'Alliance entre le Christ et l'Eglise, le sanctuaire de l'amour, de la grâce, du don, du pardon. La famille est le premier élément constitutif de la société : c'est en famille qu'on apprend à s'aimer, à rendre service, à pardonner, c'est un lieu de transmission (et donc de tradition). En voulant redéfinir ce qu'est le Mariage, on veut porter atteinte à la société et redéfinir l'homme, la femme, l'enfant, l'être humain. C'est la subversion totale que le Serpent désire, c'est notre destruction qu'il veut. 

Comme les saints et les saintes de tous les temps qui nous ont précédé, nous devons répondre à la haine par l'amour, à la folie par la raison, au mensonge par l'amour la vérité.
Même les non chrétiens qui ne croient ni en Dieu ni en l'Ecriture sainte peuvent le reconnaître :

  • Nos chromosomes prouvent que la différence sexuée, et donc notre complémentarité et notre fécondité, ne sont pas supposées, rêvées, mais bien réelles, inscrites dans nos corps et tout notre être. Nous sommes homme ou femme, non pas parce qu'on le veut, qu'on le décide, c'est un don et le lieu de notre épanouissement personnel. 
  • L'Histoire montre que le mariage, quelque soit la religion, la civilisation, a toujours été fondé sur l'alliance d'un homme et d'une femme, se donnant l'un à l'autre, volontairement, pour toujours, première cellule de la société. 

A cela, l'Eglise rappelle qu'on doit respecter tout le monde, quelque soit sa religion, son origine, son orientation sexuelle. Mais respect ne veut pas dire acceptation ou légitimation. L'Eglise condamne fermement le péché mais jamais le pécheur qu'elle entoure de son amour maternel. Chrétiens, nous devons fermement rejeter le mal et l'aberration en prenant les moyens spirituels et surnaturels que l'Eglise met à notre disposition : l
e jeûne, la prière, notre conversion personnelle, l'intercession des saints. 

Cette belle prière de saint Augustin pourra nous y aider, comme cette consécration des familles à Saint Michel Archange. 
S. Exc. Mgr Christian Nourrichard, Évêque d'Evreux, invite à une Messe d'action de grâce en l'honneur de Saint Taurin, dans l'abbatiale qui porte son nom, ce samedi 10 novembre à 18 heures pour le 1600e anniversaire du fondateur de ce Diocèse. 

Que cette Messe et nos prières soient l'occasion de toucher le Coeur de Dieu et d'éclairer nos gouvernants. 

Consécration des familles

O grand archange saint Michel, prince et chef des légions angéliques, pénétrés du sentiment de vos grandeurs, de votre bonté et de votre puissance, en présence de l’adorable Trinité, de la Vierge Marie et de toute la cour céleste, moi ………. et toute ma famille, nous venons aujourd’hui nous consacrer à vous (ou : nous renouvelons en ce jour notre consécration).
Nous voulons vous honorer et vous invoquer fidèlement.

Recevez-nous sous votre spéciale protection et daignez désormais veiller sur nos intérêts spirituels et temporels.
Conservez entre nous la parfaite union des esprits et des cœurs, le saint amour familial. Défendez-nous contre les attaques ennemies ; préservez-nous de tout mal et particulièrement du malheur d’offenser Dieu gravement.

Que par vos soins dévoués et vigilants, nous parvenions tous au bonheur éternel. Daignez, grand saint Michel, reformer un jour au complet notre famille dans la Cité des cieux. Ainsi soit-il.



Reine de tous les Saints,
glorieux Apôtres et Évangélistes, Martyrs invincibles, généreux Confesseurs, savants Docteurs, illustres Anachorètes, dévoués Moines et Prêtres, Vierges pures et pieuses femmes, je me réjouis de la gloire ineffable à laquelle vous êtes élevés dans le Royaume de Jésus-Christ, notre divin Maître.
Je bénis le Très-Haut des dons et des faveurs extraordinaires dont il vous a comblés et du rang sublime où il vous élève. O amis de Dieu !
O vous qui buvez à longs traits au torrent des délices éternelles, et qui habitez cette patrie immortelle, cette heureuse cité, où abondent les solides richesses ! Puissants Protecteurs, abaissez vos regards sur nous qui combattons, qui gémissons encore dans l’exil, et obtenez-nous la force et les secours que sollicite notre faiblesse pour atteindre vos vertus, perpétuer vos triomphes et partager vos couronnes.
O Vous tous, bienheureux habitants du ciel, saints amis de Dieu qui avez traversé la mer orageuse de cette vie périssable, et qui avez mérité d’entrer dans le port tranquille de la paix souveraine et de l’éternel repos !
O saintes âmes du paradis, vous qui, maintenant à l’abri des écueils et des tempêtes, jouissez d’un bonheur qui ne doit pas finir, je vous en conjure, au nom de la charité qui remplit votre coeur, au nom de Celui qui vous a choisis et qui vous a faits tels que vous êtes, écoutez ma prière.
Prenez part à nos travaux et à nos combats, vous qui portez sur vos vos fronts vainqueurs une couronne incorruptible de gloire ; ayez pitié de nos innombrables misères, vous qui êtes à jamais délivrés de ce triste exil ; souvenez-vous de nos tentations, vous qui êtes affermis dans la justice ; intéressez-vous à notre salut, vous qui n’avez plus rien à redouter pour le vôtre ; tranquillement assis sur la montagne de Sion, n’oubliez pas ceux qui gisent encore couchés dans la vallée des larmes.
Puissante armée des saints, troupe bienheureuse des apôtres et évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des docteurs, des anachorètes et des moines, des prêtres, des saintes femmes et des vierges pures, priez sans cesse pour nous misérables pécheurs. Tendez-nous une main secourable, détournez de nos têtes coupables la justice irritée de Dieu ; faites entrer par vos prières notre frêle navire dans le port de la bienheureuse éternité. Amen. 

Par le Saint Sacrifice de la Messe, nous pouvons
faire beaucoup de bien. Offrons des Messes pour
le repos de l'âme des défunts de nos familles. 




Très bon 1er mardi du mois à tous. Que les Saints Anges nous gardent, maintenant, et à l'heure de notre mort, et qu'ils nous accompagnent au Paradis.









jeudi 1 novembre 2012

2 novembre - prions pour nos frères défunts


      Nous recommençons un cycle de trois conférences en ce jour où l'Eglise prend les couleurs du deuil. Le mois de novembre, s'il est le mois des Saints, est aussi celui de la prière pour les défunts, ceux qui sont sauvés, mais non encore parvenus dans la salle des noces de l'Agneau. 

Je vous rappelle que le Saint Père offre la grâce de l'indulgence plénière à tous ceux qui étudierons 3 traités du Catéchisme ou des actes conciliaires.

Voici la 4e conférence que vous propose le blogue , en cette Année de la Foi. N'oublions pas de recevoir ces grâces que sont l'absolution sacramentelle, la sainte communion, la prière pour les défunts à la Messe et au cimetière. Si le Purgatoire se vidait par notre charité, c'est le Ciel qui se peuplerait grandement et de nombreuses grâces pour la terre. Quelle grâce que celle de l'indulgence plénière ! 



Catéchisme de l'Eglise Catholique 
nn. 1020-1022 ; 1030-1032 ; 1051-1060

" JE CROIS A LA VIE ÉTERNELLE "

1020   Le chrétien qui unit sa propre mort à celle de Jésus voit la mort comme une venue vers Lui et une entrée dans la vie éternelle. Lorsque l’Église a, pour la dernière fois, dit les paroles de pardon de l’absolution du Christ sur le chrétien mourant, l’a scellé pour la dernière fois d’une onction fortifiante et lui a donné le Christ dans le viatique comme nourriture pour le voyage, elle lui parle avec une douce assurance : 


Portée par nos Anges gardiens, notre âme
retrouvera son Créateur. 
Quitte ce monde, âme chrétienne, au nom du Père Tout-Puissant qui t’a créé, au nom de Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, qui a souffert pour toi, au nom du Saint-Esprit qui a été répandu en toi. Prends ta place aujourd’hui dans la paix, et fixe ta demeure avec Dieu dans la sainte Sion, avec la Vierge Marie, la Mère de Dieu, avec saint Joseph, les anges et tous les saints de Dieu (...). Retourne auprès de ton Créateur qui t’a formé de la poussière du sol. Qu’à l’heure où ton âme sortira de ton corps, Marie, les anges et tous les saints se hâtent à ta rencontre (...). Que tu puisses voir ton Rédempteur face à face ... (Prière de la recommandation de l’âme).


I. Le jugement particulier

1021   La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ. Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi.
La parabole du pauvre Lazare et la parole du Christ en Croix au bon larron, ainsi que d’autres textes du Nouveau Testament parlent d’une destinée ultime de l’âme qui peut être différente pour les unes et pour les autres.

1022   Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ :

                  -soit à travers une purification,
                  -soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du Ciel,
                  -soit pour se damner immédiatement pour toujours.
        
Nos âmes pèseront-elles "suffisamment lourd"
en amour de Dieu et du prochain ?
Il ne tient qu'à nous d'être de grands saints par 

la charité qui agit en nos coeurs selon notre foi.
Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour (S. Jean de la Croix)


III. La purification finale ou Purgatoire

1030   Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel.

1031   L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence et de Trente. La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture, parle d’un feu purificateur :

Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu’il existe avant le jugement un feu purificateur, selon ce qu’affirme Celui qui est la Vérité, en disant que si quelqu’un a prononcé un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle futur. Dans cette sentence nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans ce siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur (S. Grégoire le Grand).

1032   Cet enseignement s’appuie aussi sur la pratique de la prière pour les défunts dont parle déjà la Sainte Écriture : " Voilà pourquoi il (Judas Maccabée) fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché " (2 M 12, 46). Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts :

Portons-leur secours et faisons leur commémoraison. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père, pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux (S. Jean Chrysostome).


Notre Dame de Montligeon, sanctuaire de prière pour les âmes du Purgatoire.
La Vierge Mère bénit une âme qui doit encore attendre tandis que l'Enfant Jésus en accueille une autre qu'Il couronne.

EN BREF

1051   Chaque homme dans son âme immortelle reçoit sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier par le Christ, juge des vivants et des morts.

1052   " Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ (...) sont le Peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leurs corps ".

1053   " Nous croyons que la multitude de celles qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au Paradis forme l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle ".

1054   Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie de Dieu.

1055   En vertu de la " communion des saints ", l’Église recommande les défunts à la miséricorde de Dieu et offre en leur faveur des suffrages, en particulier le saint sacrifice eucharistique.

Très riches Heures d'Anne de 
Bretagne, le damné. 
1056   Suivant l’exemple du Christ, l’Église avertit les fidèles de la " triste et lamentable réalité de la mort éternelle ", appelée aussi " enfer ".

1057   La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire.

1058   L’Église prie pour que personne ne se perde : " Seigneur, ne permets pas que je sois jamais séparé de toi ". S’il est vrai que personne ne peut se sauver lui-même, il est vrai aussi que " Dieu veut que tous soient sauvés " (1 Tm 2, 4) et que pour Lui " tout est possible " (Mt 19, 26).

1059   " La très sainte Église romaine croit et confesse fermement qu’au jour du Jugement tous les hommes comparaîtront avec leur propre corps devant le tribunal du Christ pour rendre compte de leurs propres actes ".

1060   A la fin des temps, le Royaume de Dieu arrivera à sa plénitude. Alors les justes régneront avec le Christ pour toujours, glorifiés en corps et en âme, et l’univers matériel lui-même sera transformé. Dieu sera alors " tout en tous " (1 Co 15, 28), dans la vie éternelle.



Bienheureux Fra Angelico, La ronde des élus, détail, 
l'entrée de deux âmes dans la Cité Sainte, la Jérusalem céleste, où 
tout n'est plus que lumière, paix et joie dans le Seigneur.


Psaume 129, De profundis

Hans Memling,
la Vierge des douleurs

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur ! Seigneur, écoutez ma voix.
Que vos oreilles soient attentives aux accents de ma supplication.
Si vous recherchez les iniquités, Seigneur ! Seigneur, qui pourra subsister ?

Mais, parce que la miséricorde est avec vous, et à cause de votre loi, je vous ai attendu, Seigneur.
Mon âme a attendu avec confiance la parole du Seigneur ; mon âme a espéré en lui.

Du point du jour à l'arrivée de la nuit. Israël doit espérer dans le Seigneur.
Car dans le Seigneur est la miséricorde, et en lui une abondante rédemption.
Et lui-même rachètera Israël de toutes ses iniquités.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; et que la lumière qui ne s'éteint pas luise sur eux.

V/. Des portes de l'enfer,
R/. Arrachez  leurs âmes, Seigneur.
V/. Qu'ils reposent en paix. 

R/. Amen.    
V/. Seigneur, exaucez  ma prière ; 
R/. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

Prions. Ô Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin que, par la prière de votre Eglise, elles obtiennent le pardon qu'elles désirèrent toujours. 
Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.




mercredi 31 octobre 2012

1er novembre - Solennité de la Toussaint


  En cette belle et grande solennité de Tous les Saints, nos frères et soeurs qui nous ont précédés dans la foi, voici une 3e conférence du Catéchisme qui site abondamment certains numéros de la Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l'Eglise. 

Je vous rappelle que nous pouvons recevoir cette grande grâce qu'est l'indulgence plénière, aux conditions habituelles rappelées sur ce blog. Dans la joie de la Toussaint, prions les uns pour les autres et confions-nous à leur amitié et à leur sainte protection. 


Tous les Saints et tous les Anges du Ciel acclament le Seigneur Jésus - Roi de l'Univers. Par Le Tintoret.

Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 946-952 

Je crois en la communion des saints


946   Après avoir confessé " la sainte Église catholique ", le Symbole des apôtres ajoute " la communion des saints ". Cet article est, d’une certaine façon, une explicitation du précédent : " Qu’est-ce que l’Église sinon l’assemblée de tous les saints ? " La communion des saints est précisément l’Église.

947   " Puisque tous les croyants forment un seul corps, le bien des uns est communiqué aux autres (...) Il faut de la sorte croire qu’il existe une communion des biens dans l’Église. Mais le membre le plus important est le Christ, puisqu’Il est la tête (...) Ainsi, le bien du Christ est communiqué à tous les membres, et cette communication se fait par les sacrements de l’Église " (S. Thomas d’Aquin). " Comme cette Église est gouvernée par un seul et même Esprit, tous les biens qu’elle a reçus deviennent nécessairement un fonds commun " (Catech. R. 1, 10, 24).

948   Le terme " communion des saints " a dès lors deux significations, étroitement liées : " communion aux choses saintes, sancta " et " communion entre les personnes saintes, sancti ".
" Sancta sancti ! (Ce qui est saint pour ceux qui sont saints) " est proclamé par le célébrant dans la plupart des liturgies orientales lors de l’élévation des saints Dons avant le service de la communion. Les fidèles (sancti) sont nourris du Corps et du Sang du Christ (sancta) afin de croître dans la communion de l’Esprit Saint (Koinônia) et de la communiquer au monde.


I. La communion des biens spirituels

La Foi, l'Espérance et la Charité,
par Julius Schorr von Carolsfeld
949   Dans la communauté primitive de Jérusalem, les disciples " se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières " (Ac 2, 42) :
La communion dans la foi. La foi des fidèles est la foi de l’Église reçue des apôtres, trésor de vie qui s’enrichit en étant partagé.
           
950   La communion des sacrements. " Le fruit de tous les sacrements appartient à tous. Car les sacrements, et surtout le Baptême qui est comme la porte par laquelle les hommes entrent dans l’Église, sont autant de liens sacrés qui les unissent tous et les attachent à Jésus-Christ. La communion des saints, c’est la communion des sacrements (...). Le nom de communion peut s’appliquer à chacun d’eux, car chacun d’eux nous unit à Dieu (...). Mais ce nom convient mieux à l’Eucharistie qu’à tout autre, parce que c’est elle principalement qui consomme cette communion " (Catech. R. 1, 10, 24).

951    La communion des charismes : Dans la communion de l’Église, l’Esprit Saint " distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres (...) les grâces spéciales " pour l’édification de l’Église (Constitution Lumen Gentium n.12). Or, " à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun " (1 Co 12, 7).

952   " Ils mettaient tout en commun " (Ac 4, 32) : " Tout ce que le vrai chrétien possède, il doit le regarder comme un bien qui lui est commun avec tous, et toujours il doit être prêt et empressé à venir au secours de l’indigent et de la misère du prochain " (Catech. R. 1, 10, 27). Le chrétien est un administrateur des biens du Seigneur (cf. Lc 16, 1. 3).

953   La communion de la charité : dans la sanctorum communio " nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même " (Rm 14, 7). " Un membre souffre-t-il ? tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur ? tous les membres prennent part à sa joie. Or vous êtes le Corps du Christ, et membres chacun pour sa part " (1 Co 12, 26-27). " La charité ne cherche pas ce qui est à elle " (1 Co 13, 5 ; cf. 10, 24). Le moindre de nos actes fait dans la charité retentit au profit de tous, dans cette solidarité avec tous les hommes, vivants ou morts, qui se fonde sur la communion des saints. Tout péché nuit à cette communion.


II. La communion de l’Église du ciel et de la terre
           
954   Les trois états de l’Église. " En attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté accompagné de tous les anges et que la mort détruite, tout lui soit soumis, les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage ; d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d’autres enfin sont dans la gloire contemplant ‘dans la pleine lumière, tel qu’il est, le Dieu un en trois Personnes’ " (Constitution Lumen Gentium n.49) :

Tous cependant, à des degrés divers et sous des formes diverses, nous communions dans la même charité envers Dieu et envers le prochain, chantant à notre Dieu le même hymne de gloire. En effet, tous ceux qui sont du Christ et possèdent son Esprit, constituent une seule Église et se tiennent mutuellement comme un tout dans le Christ (idem n.49).

955   " L’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels " (idem n.49).

Les saints intercèdent pour nous qui
sommes encore en pèlerinage sur cette
terre vers le Royaume.
956   L’intercession des saints. " Étant en effet plus intimement liés avec le Christ, les habitants du ciel contribuent à affermir plus solidement l’Église en sainteté (...). Ils ne cessent d’intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu’ils ont acquis sur terre par l’unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (...). Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité " (idem n.49) :

Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie (S. Dominique, mourant, à ses frères, cf. Jourdain de Saxe).
Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre (Ste. Thérèse de l’Enfant-Jésus).

957    La communion avec les saints. " Nous ne vénérons pas seulement au titre de leur exemple la mémoire des habitants du ciel ; nous cherchons bien davantage par là à renforcer l’union de toute l’Église dans l’Esprit grâce à l’exercice de la charité fraternelle. Car tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur chef, toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même " (Constitution Lumen Gentium n.50) :

Le Christ, nous l’adorons, parce qu’il est le fils de Dieu ; quant aux martyrs, nous les aimons comme disciples et imitateurs du Seigneur, et c’est juste, à cause de leur dévotion incomparable envers leur roi et maître ; puissions-nous, nous aussi, être leurs compagnons et leurs condisciples (S. Polycarpe).

Retable de la Messe de S. Grégoire, de Juicio Final
Notre prière, unie à celle des Saints et des Anges, notre conversion et nos actes inspirés par l'Esprit Saint procurent de grands bienfaits à nos frères en Purgatoire, surtout quand nous leur offrons le Sang précieux du Sauveur dans la Sainte Messe.

958   La communion avec les défunts. " Reconnaissant dès l’abord cette communion qui existe à l’intérieur de tout le corps mystique de Jésus-Christ, l’Église en ses membres qui cheminent sur terre a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant aussi pour eux ses suffrages ; car ‘la pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse’ (2 M 12, 45) " (Constitution Lumen Gentium n.50).
Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur.

959   Dans l’unique famille de Dieu. " Lorsque la charité mutuelle et la louange unanime de la Très Sainte Trinité nous font communier les uns aux autres, nous tous, fils de Dieu qui ne faisons dans le Christ qu’une seule famille, nous répondons à la vocation profonde de l’Église " (Constitution Lumen Gentium n.51).


EN BREF

960   L’Église est " communion des saints " : cette expression désigne d’abord les " choses saintes " (sancta), et avant tout l’Eucharistie, par laquelle " est représentée et réalisée l’unité des fidèles qui, dans le Christ, forment un seul Corps " (Constitution Lumen Gentium n.3).

961    Ce terme désigne aussi la communion des " personnes saintes " (sancti) dans le Christ qui est " mort pour tous ", de sorte que ce que chacun fait ou souffre dans et pour le Christ porte du fruit pour tous.
                                                                  
962   " Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières " .



Bienheureux Fra Angelico, détail de La ronde des élus.
Vivement le Ciel !


mercredi 24 octobre 2012

24 octobre - fête de Saint Raphaël, Archange

Vitrail. Saint Raphaël. Le saint Archange tient 
en ses mains le bâton de pèlerin et le poisson 
qui rappellent le voyage de Tobie et 
cette pêche miraculeuse qui permettra au 
Patriarche de guérir son père aveugle. 

En cette Année de la Foi, nous vous proposons une 2e conférence. Cette fois-ci, sur l'article du Credo - Je crois Dieu, Créateur de l'univers visible et invisible -. 

Le Saint Père offre la grâce de l'indulgence plénière, aux conditions habituelles mentionnées sur le blogue,  à tous ceux qui suivront trois conférences ou travaillerons le Catéchisme de l'Eglise Catholique ou les actes conciliaires. 

En cette fête du saint Archange, voici la 2e conférence sur le thème du monde invisible :


LE CIEL ET LA TERRE - Catéchisme de l'Eglise Catholique nn.325-336, 350-354


325      Le Symbole des apôtres professe que Dieu est " le Créateur du ciel et de la terre ", et le Symbole de Nicée-Constantinople explicite : " ... de l’univers visible et invisible ".

326      Dans l’Écriture Sainte, l’expression " ciel et terre " signifie : tout ce qui existe, la création toute entière. Elle indique aussi le lien, à l’intérieur de la création, qui à la fois unit et distingue ciel et terre : " La terre ", c’est le monde des hommes, " Le ciel " ou " les cieux " peut désigner le firmament, mais aussi le " lieu " propre de Dieu : " notre Père aux cieux "  et, par conséquent, aussi le " ciel " qui est la gloire eschatologique. Enfin, le mot " ciel " indique le " lieu " des créatures spirituelles – les anges – qui entourent Dieu.

327      La profession de foi du quatrième Concile du Latran affirme que Dieu " a tout ensemble, dès le commencement du temps, créé de rien l’une et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps ".


I. Les Anges


L’existence des anges – une vérité de foi

328      L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Écriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Écriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition.


Qui sont-ils ?

329      S. Augustin dit à leur sujet : " ‘Ange’ désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? – Esprit. Tu demandes la fonction ? – Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange ". De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent " constamment la face de mon Père qui est aux cieux ", ils sont " les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole ".

330      En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté : ils sont des créatures personnelles et immortelles. Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne.


Le Christ " avec tous ses anges "

331      Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à Lui : " Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges ... ". Ils sont à Lui parce que créés par et pour lui : " Car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par lui et pour lui ". Ils sont à Lui plus encore parce qu’Il les a faits messagers de son dessein de salut : " Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ? ".

332      Ils sont là, dès la création (en Job, les anges sont appelés " fils de Dieu ") et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation : ils ferment le paradis terrestre, protègent Lot, sauvent Agar et son enfant, arrêtent la main d’Abraham, la loi est communiquée par leur ministère, ils conduisent le Peuple de Dieu , ils annoncent naissances et vocations, ils assistent les prophètes, pour ne citer que quelques exemples. Enfin, c’est l’ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même.

333      De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges. Lorsque Dieu " introduit le Premier-né dans le monde, il dit : ‘Que tous les anges de Dieu l’adorent’ ". Leur chant de louange à la naissance du Christ n’a cessé de résonner dans la louange de l’Église : " Gloire à Dieu ... ". Ils protègent l’enfance de Jésus, servent Jésus au désert, le réconfortent dans l’agonie, alors qu’il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis comme jadis Israël. Ce sont encore les anges qui " évangélisent " en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation, et de la Résurrection du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent, au service de son jugement.


Les anges dans la vie de l’Église

334      D’ici là toute la vie de l’Église bénéficie de l’aide mystérieuse et puissante des anges .

335      Dans sa liturgie, l’Église se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint ; elle invoque leur assistance (ainsi dans In Paradisum deducant te angeli... de la Liturgie des défunts, ou encore dans l’" Hymne chérubinique " de la Liturgie byzantine), elle fête plus particulièrement la mémoire de certains anges (S. Michel, S. Gabriel, S. Raphaël, les anges gardiens).

336      Du début (de l’existence) au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. " Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie ". Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.


EN BREF

350       Les anges sont des créatures spirituelles qui glorifient Dieu sans cesse et qui servent ses desseins salvifiques envers les autres créatures : " Les anges concourent à tout ce qui est bon pour nous ".

351       Les anges entourent le Christ, leur Seigneur. Ils le servent particulièrement dans l’accomplissement de sa mission salvifique envers les hommes.

352       L’Église vénère les anges qui l’aident dans son pèlerinage terrestre et qui protègent tout être humain.

353       Dieu a voulu la diversité de ses créatures et leur bonté propre, leur interdépendance et leur ordre. Il a destiné toutes les créatures matérielles au bien du genre humain. L’homme, et toute la création à travers lui, est destiné à la gloire de Dieu.

354       Respecter les lois inscrites dans la création et les rapports qui dérivent de la nature des choses, est un principe de sagesse et un fondement de la morale.


Sur le livre est écrit l'invitation du Seigneur : "Croyez en l’Évangile"
Écoutons la voix du Sauveur et de ses saints Pontifes.


Prière de sainte Louise de Marillac

          O mon cher ange, allez, je vous en conjure, où mon Jésus repose ; dites-lui à ce divin Sauveur que je l'adore et que je l'aime de tout mon cœur. Invitez cet adorable Prisonnier d'amour à venir dans mon cœur, à y fixer son séjour. Ce cœur est trop petit pour loger un si grand Roi, mais je veux l'agrandir, par l'amour et par la foi. Amen.