samedi 13 juillet 2013

13 / 15 juillet : Saint Henri II, empereur, saint Patron de l'abbé Henri-Marie Boudon


Nous célébrons aujourd'hui Saint Henri II, saint Patron de notre cher Monsieur Boudon. Que ces deux saints se réjouissent au Ciel des merveilles que le Seigneur fit pour eux sur la terre, et qu'ils prient pour que nous les rejoignions dans la Patrie bienheureuse.



Armoiries du Saint Empire
romain germanique

Nous devons abandonner les biens temporels et mettre au second plan les avantages terrestres pour nous efforcer d’atteindre les demeures célestes qui sont éternelles. Car la gloire présente est fugitive et vaine si, tandis qu’on la possède, on omet de penser à l’éternité céleste.

L’empereur germanique Henri II est reconnu pour sa piété. Il a joué un rôle important dans la réforme de l’Église. Il était le fils du duc de Bavière et, en raison de la mort prématurée de son parent Otton III, il fut couronné empereur. Il est le sixième et dernier empereur du Saint Empire romain germanique de la dynastie saxonne et ottonienne. Comme tel, il régna sur l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et l'Italie du Nord.

Saint Henri et
Sainte Cunégonde.
Touché d'une grâce spéciale de Dieu, il fit, jeune encore, un acte de hardiesse que lui eût dissuadé la prudence humaine, en promettant à Dieu de ne s'attacher qu'à Lui et en Lui vouant la continence perpétuelle. Il épousa sainte Cunégonde de Luxembourg. Elle ne pouvait avoir d'enfants. Henri refusa de la répudier, fait inouï à cette époque et dans une société où la stérilité, surtout dans la noblesse, était une cause ordinaire de répudiation.

L'une de ses deux préoccupations majeures fut l'unité du Saint Empire romain germanique pour laquelle il dut beaucoup guerroyer. Dans le même temps, il renforça l'influence de l'Eglise sur la société, fonda l'évêché de Bamberg et, oblat bénédictin, il soutint la réforme entreprise par les moines de Cluny.

Couronne des Empereurs romains
Privé d'héritier, il institua le Christ comme son légataire de ses biens. Henri II rencontrera le roi de France, Louis le Pieux, pour assister le pape Benoît VIII dans son œuvre de réforme.

A sa mort, sainte Cunégonde se retira à l'abbaye de Kaffungen qu'elle avait fondée. Il sera enterré avec sa femme, sainte Cunégonde, dans le même tombeau dans la cathédrale de Bamberg qu'il avait lui-même fondée. Il est le seul empereur germanique à avoir été canonisé.




Saint Henri reçoit du Pape Benoît VIII
la couronne et l'orbe impérial. Vitrail.


jeudi 11 juillet 2013

11 juillet - Saint Benoît, saint Patron de l'Europe

Saint Benoît, béni de nom et de grâces.
Aujourd'hui, l'Eglise célèbre la mémoire de Saint Benoît, Patriarche des moines d'occident, évangélisateur de notre Europe par la prière et le travail. 

C'est son oeuvre évangélisatrice, ces monastères et prieurés répandus dans toute l'Europe, qui ont permis de porter la Bonne Nouvelle aux peuples d'Europe.

Prions pour notre pays et l'Europe, oublieuses de leur Créateur et Sauveur et sachons nous émerveiller des beautés de la création en louant dignement notre Sauveur.


Vénérable abbé Henri Marie Boudon, Science et pratique du Chrétien, Chap. III « Les grandeurs admirables de la Vocation Chrétienne »

Que le Dieu d’Israël est bon !
Qu’il soit béni lui qui a fait seul des choses admirables !
Que son nom glorieux et plein de majesté soit béni dans tous les siècles !
Que les Cieux, la terre et la mer et tout ce qui se meut en eux célèbrent ses louanges !

O Dieu que les peuples vous louent, qu’ils entrent dans la joie et l’allégresse, qu’ils bénissent la sainteté de votre nom dans la durée de toute l’Eternité !
Que vos Anges et tout ce qui respire vous louent !
Giovanni di Paolo,
détail de la création du monde

Mais, ô Jérusalem, ô Sion, ô âme Chrétienne, chante les louanges de ton Seigneur et de ton Dieu qui a établi la paix dans toute son étendue !
Chante un nouveau Cantique à sa gloire ! Réjouis-toi en ton Roi qui te couronne de grâce !
Souviens-toi des merveilles et des prodiges qu’il a faits en ta faveur ; n’oublie jamais les grâces que tu as reçues.
Mais qui racontera les miracles de l’amour qu’il a porté à son peuple ; qui pourra dire les choses grandes qu’il lui a faites, lui qui est tout puissant et de qui le nom est Saint.

O Seigneur, qu’elles sont admirables, qu’elles sont élevées au-dessus de toute pensée.
O Dieu qui est égal à vous ? ô Dieu de bonté et de miséricorde, faites luire votre lumière des montagnes éternelles pour raconter les merveilles que vous avez faites au peuple Chrétien que vous avez si chèrement aimé ; à ce peuple que vous avez racheté des mains de l’ennemi et que vous avez comblé de l’abondance de vos biens afin que vous soyez par ceux qui sont votre héritage.
O Dieu, qui comprendra vos miséricordes ?


samedi 6 juillet 2013

6 juillet - Sainte Maria Goretti, Martyre de la pureté et de la virginité

Sa Sainteté le Pape Pie XII

Homélie du vénérable Pape Pie XII pour la canonisation de sainte Maria Goretti

Maria recevant l'extrême onction et
pardonnant, par trois fois, à son assassin
Tout le monde connaît la lutte très dure que cette vierge désarmée dut affronter; un assaut violent et aveugle se déchaîna brusquement pour souiller et violer sa pureté angélique. 
Mais, dans cette terrible épreuve, l'enfant pouvait redire au divin Rédempteur ces paroles d'un livre précieux, l'Imitation de Jésus Christ: « Si je suis éprouvée et meurtrie par les afflictions, je ne craindrai aucun mal pourvu que ta grâce soit avec moi. C'est elle qui est ma force, c'est elle qui me donne conseil et secours. Elle est plus forte que tous les ennemis». C'est pourquoi, soutenue par la grâce céleste, à laquelle répondait sa volonté noble et courageuse, elle sacrifia sa vie mais elle ne perdit pas la gloire de la virginité. 
Alessandro Serenelli assassinant la petite Maria qui se
refusait à lui. Il se convertira en prison et sera même
présent, Place Saint-Pierre, au jour de sa canonisation.

Dans l'existence de cette humble enfant, que nous avons esquissée à grands traits, on peut voir ce qui est non seulement digne du ciel, mais digne aussi d'être regardé avec admiration et respect par notre époque. 

Que les pères et mères de famille apprennent combien ils doivent élever les enfants que Dieu leur a donnés, dans la droiture, la sainteté et le courage. et les former à suivre les préceptes de vie du catholicisme. Ainsi, lorsque leur vertu sera mise en péril, ils pourront, aidés par la grâce divine, sortir du combat, victorieux, sans blessures et sans souillures. 

Que l'enfance joyeuse et la jeunesse ardente apprennent a ne pas s'abandonner misérablement aux joies éphémères et vides du plaisir, à l'attirance fascinante du vice. Qu'elles apprennent plutôt à rechercher avec enthousiasme, même avec effort et à travers les obstacles, la perfection morale du chrétien. Nous pouvons tous l'atteindre un jour par l'énergie de la volonté soutenue par les grâces de Dieu, en pratiquant l'effort, le travail et la prière.

La mère de Maria devant le reliquaire de sa fille
(la vieille dame au centre, les mains jointes)
Assurément, nous ne sommes pas tous appelés à subir le martyre ; mais nous sommes tous appelés à posséder la vertu chrétienne. Mais la vertu exige de l'énergie. 

Sans atteindre le même sommet de courage que cette jeune fille angélique, elle réclame néanmoins de notre part une activité persévérante, attentive, qui ne devra jamais se relâcher jusqu'à la fin de notre vie. C'est pourquoi on peut parler d'un martyre lent et prolongé, auquel nous incite cette affirmation divine de Jésus Christ: Le Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s'en emparent. 

Tendons tous vers ce but, soutenus par la grâce ; que sainte Maria Goretti, vierge et martyre, nous en persuade. Du ciel où elle jouit de l'éternelle béatitude, qu'elle nous l'obtienne du divin Rédempteur par son intercession. Tous alors, chacun selon ses conditions de vie, nous suivrons le même chemin glorieux, avec détermination et réalisme.




Sois fidèle jusqu'à la mort, le Seigneur combat pour toi, alléluia!
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et ne peuvent rien faire de plus.
Le vainqueur, celui qui croit en moi, ne connaîtra pas la seconde mort.
Espère en Dieu, prends coeur et prends courage, espère en Dieu!


Seigneur, tu es la source de l'innocence, tu aimes la pureté, et tu as accordé la grâce du martyre à la jeune Maria Goretti; donne-nous, par son intercession, le courage de garder tes commandements comme lu lui donnas la récompense pour avoir défendu sa virginité jusqu'à la mort.


Tiepolo, Ange tenant la palme du martyre,
musée d'Otawa


vendredi 5 juillet 2013

5 juillet - bénédiction d'une statue de Saint Michel Archange dans les jardins du Vatican


Bénédiction de la statue de Saint Michel Archange
par Sa Sainteté le Pape François Ier



Après son élection, le Saint Père offre quelques
fleurs à la Vierge Marie - Salus populi romani
("Salut du peuple romain"). Basilique Sainte-Marie Majeure
Une statue représentant saint Michel Archange, haute de 5 mètres, a été inaugurée, vendredi matin, 5 juillet, à 8 h 45 par le pape François, sur la place du gouvernorat de la Cité du Vatican. 
 
La statue sera ensuite placée dans les jardins du Vatican, a proximité du palais du gouvernorat, dont le président actuel est le cardinal Giuseppe Bertello. La réalisation de cette statue a été voulue par l’ancien président du gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican, le cardinal Giovanni Lajolo, pour célébrer l’archange Michel, "défenseur de la foi et protecteur de l’Eglise catholique", indique Radio Vatican.
 
En effet, les deux grands protecteurs de l'Etat de la Cité du Vatican sont saint Joseph et saint Michel Archange. Une grande fontaine a été dédiée à saint Joseph, l'année dernière.
 
Dans l’acte de consécration, le pape François a confié à Saint Joseph « les attentes et les espoirs de l’Eglise ».
Il a prié l’archange Michel de veiller sur le Siège apostolique, de défendre l’Eglise d’une quelconque « machination qui menace » sa sérénité et, enfin, de rendre les hommes « victorieux contre les tentations du pouvoir, de la richesse et de la sensualité ». Dans son discours, il a demandé à l’archange Michel qu’il « nous défende du Malin et qu’il s’en débarrasse ».
 
Le souverain pontife a en effet rappelé que Saint Michel est celui qui lutte pour rétablir la justice divine, qu’il défend le Peuple de Dieu contre ses ennemis et surtout contre son ennemi par excellence, le Diable.
 
Voici les deux prières qui ont été prononcées par le Saint Père aujourd'hui :


Le songe de saint Joseph, 1er Protecteur de
la Sainte Famille et de l'Eglise catholique.
Saint Joseph,
Gardien du Rédempteur et très chaste Époux de la bienheureuse Vierge Marie,
accueille avec bienveillance l'acte de dévotion
et de consécration
que nous t'adressons aujourd'hui.
Protège cette terre et donne-lui la paix: elle a été baignée par le sang de saint Pierre
et des premiers martyrs romains;
protège-nous et ravive la grâce du baptême
de ceux qui y vivent et y travaillent;
protège et augmente la foi des pèlerins
qui viennent ici de toutes les régions du monde.
Nous te consacrons les fatigues et les joies de chaque jour;
nous te consacrons les attentes et les espérances de l'Eglise;
nous te consacrons les pensées, les désirs et les œuvres:
que tout s'accomplisse dans le Nom du Seigneur Jésus.
Ta protection douce, ferme et silencieuse a soutenu, guidé et consolé la vie cachée
de la sainte Famille de Nazareth:
protège nos familles, renouvelle aussi pour nous ta paternité
et garde-nous fidèles jusqu'à la fin.
Nous plaçons aujourd'hui, avec une confiance renouvelée,
sous ton regard bienveillant et sage,
les évêques et les prêtres,
les personnes consacrées et les fidèles laïcs,
qui travaillent et vivent au Vatican:
protège leur vocation, et enrichis-la de toutes les vertus nécessaires
pour grandir dans la sainteté. Amen


Blason du  Chapitre de la Cathédrale d'Albi (croix reliquaire)

Ô glorieux Archange saint Michel, 
toi qui annonces au monde la nouvelle consolante 
de la victoire du bien sur le mal: 
ouvre notre vie à l'espérance. 
Statue de Saint Michel Archange
bénie par le Saint Père ce matin dans les
jardins du Vatican.

Veille sur cette Cité et sur le Siège apostolique,
cœur et centre de la catholicité,
afin qu'elle vive dans la fidélité à l’Évangile
et dans l'exercice de la charité héroïque.
Le Seigneur de l'univers t'a rendu puissant
contre les forces de l'ennemi:
démasque les pièges du Diable et de l'esprit du monde.
Rends nous victorieux contre les tentations
du pouvoir, de la richesse et de la sensualité.
Sois toi le rempart contre toute machination,
qui menace la sérénité de l'Eglise;
sois la sentinelle de nos pensées,
qui libère de l'assaut de la mentalité mondaine;
sois toi le guide spirituel,
qui nous soutient dans le bon combat de la foi.
Ô glorieux Archange saint Michel,
qui toujours contemples la Sainte Face de Dieu,
garde-nous fermes sur le chemin vers l'Eternité. Amen.


 

Rendons grâce pour l'exemple du Saint Père. Prions Saint Michel Archange pour qu'il nous protège, la Sainte Eglise et la France. 


 

dimanche 30 juin 2013

Prions pour nos Prêtres

Armoiries de S.Exc.R. Mgr. Raymond Centène, Évêque de Vannes

Extraits de l’homélie Son Excellence Mgr Raymond Centène, Evêque de Vannes, au cours des Ordinations diaconales & presbytérales, prononcée en sa Cathédrale le Dimanche 23 juin 2013 


Avez-vous été attentifs aux premières paroles de l’Evangile que nous venons d’entendre ?

« Un jour, Jésus priait à l’écart. »
L’évangéliste ne donne pas davantage de précisions et ne nous dit pas de quel jour il s’agit, tant il est vrai que la prière était une activité habituelle et permanente de Jésus. En effet, comme aimait à le répéter le pape Benoît XVI, « personne n’a été, plus que Jésus, en permanence en état d’adoration devant le Père car la vision de Dieu demeurait en son âme au milieu de toutes ses activités humaines. »

Pourtant il profitait de toutes les occasions pour se plonger dans le silence et dans la solitude d’une prière pure. A tous les moments importants de sa vie Luc note que Jésus priait :
- Lors de son baptême il priait (3,21),
- Lorsqu’il était assailli par la foule qui demandait des guérisons, il priait (5,16),
- Avant d’enseigner le Notre Père, il priait (11,1),
- Avant de choisir les Apôtres, il passa une nuit en prière (6,12).

Si bien que nous pouvons dire que la vocation des Apôtres est née de la prière de Jésus. « La vocations des disciples nait du dialogue de Jésus avec le Père »

Votre vocation n’est pas le fruit du hasard. Elle est née de la prière de Jésus, prière dans laquelle vous avez été désignés chacun par votre nom. La vocation de chacun des prêtres qui sont ici est née de la prière de Jésus. La vocation baptismale de chaque chrétien présent ce soir dans cette Cathédrale est née de la prière de Jésus. Et cela nous dit l’importance de la place et du rôle de la prière dans la vie chrétienne en général et dans la vie du prêtre en particulier.

La prière n’est rien de moins que la matrice originelle à laquelle il nous faut sans cesse et sans cesse revenir pour renaître : « à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu »

Le Sacrement de l'Ordre,
vitrail.
Aujourd’hui il est devenu difficile de prier, même pour les prêtres. Nous vivons dans une hyperactivité incessante. Les prêtres n’y échappent pas car ils sont sollicités par des devoirs pastoraux urgents et tellement nombreux qu’ils ne peuvent pas faire face à tous. Mais ces devoirs pastoraux eux-mêmes n’ont de sens que parce qu’ils relèvent d’une mission et cette mission, si elle veut prendre sens et échapper à un activisme stérile, doit toujours et toujours s’enraciner et se revigorer par le contact personnel avec Celui qui a envoyé en mission.

Si nous étions envoyés en mission au nom d’une idée, il suffirait de réfléchir ; Si nous étions envoyés en mission au nom d’une doctrine, il suffirait d’étudier ; Si nous étions en envoyés en mission au nom d’une idéologie, il ne faudrait ni réfléchir, ni étudier mais seulement agir.

Mais nous sommes envoyés en mission au nom d’une personne et il nous faut la connaître : Non pas comme le monde la connaît, lui qui « ne l’a pas reconnu ». Non pas comme les sondages la décrivent – « Pour la foule, qui suis-je ? ». L’appartenance au Christ ne relève pas de la sociologie mais de la fréquentation assidue, de la contemplation, de l’amour : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés […] Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » « Comme je demeure dans le Père, vous aussi demeurez en moi. » C’est la seule manière de répondre à la question « Et pour vous, qui suis-je ? » Comment le saurons-nous si ce n’est par la prière ?
Nous rapportant le même événement fondateur de la profession de foi de Pierre, Matthieu au chapitre 16 de son Evangile nous le dit explicitement : « Heureux es-tu Simon, fils de Jonas car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est aux Cieux. » Pas de mission sans connaissance, pas de connaissance sans amour, pas d’amour sans ce cœur à cœur à travers lequel Dieu se révèle, à travers lequel l’appel se fait entendre, à travers lequel les devoirs pastoraux trouvent leur sens et leur fécondité.

Le Dieu présent dans l’intimité du cœur à cœur se manifeste sous le signe de la concordance, de la communion, de la communauté, de l’unité de l’Eglise qui s’exprime par la voix de Pierre. Le prêtre est le ministre de la communion, le serviteur de l’unité des communautés vers lesquelles il est envoyé, des communautés dans lesquelles il ne doit pas faire acception des personnes car « il n’y a plus ni juif, ni païen, il n’y a plus esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus» ainsi que Paul l’enseignait aux Galates.
Aimez les communautés vers lesquelles vous serez envoyés !

Lavement des pieds, Giotto
S’il est vrai qu’elles sont composées de pécheurs, c’est parce qu’elles sont le signe de la Miséricorde.
« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
Marcher à la suite du Christ pour être dans le monde le signe de son sacerdoce et de son offrande au Père ne peut s’accommoder ni d’un temps partiel ni d’un cœur partagé. Le prêtre ne se contente pas de prononcer des paroles et de poser des gestes qui lui sont extérieurs. Il doit y mettre son corps et son sang.

Tous ceux qui vous ont précédés dans le sacerdoce et qui vous entourent aujourd’hui pourront vous dire avec saint Paul dans la deuxième lettre aux Corinthiens que cela suppose toutes sortes d’oppositions et d’épreuves auxquelles, comme eux, vous serez confrontés. Des épreuves extérieures et elles sont inévitables, « elles vérifieront la qualité de votre foi »
Heureux serez-vous si au soir de votre vie, vous pouvez dire avec l’Apôtre : « J'ai connu la fatigue et la peine, souvent les nuits sans sommeil, la faim et la soif, les journées sans manger, le froid et le manque de vêtements, sans compter tout le reste : ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Églises. Si quelqu'un faiblit, je partage sa faiblesse ; si quelqu'un vient à tomber, cela me brûle. »

Mais aussi le tourment intérieur de rester si souvent en-deçà des exigences de la mission, le caractère dérisoire de ce que l’on fait au regard de sa grandeur, la conscience de ne pas suffisamment mourir à soi-même, la peine de n’être pas pleinement le grain de blé. Et c’est en cela que résidera sans doute la croix la plus intime et la plus lourde que vous aurez à porter pour marcher à la suite du Christ. Pourtant, au fur et à mesure que le Seigneur façonnera en vous un cœur de prêtre, et il y faut toute une vie, vous découvrirez que sa force se manifeste dans votre faiblesse et qu’il vous aura rendu au centuple ce que vous lui aurez donné.  « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. » C’est la joie à laquelle vous êtes appelés.

N’allez pas croire que sa dimension est purement eschatologique.
« Dieu est généreux et ne se laisse pas dépasser par nous en générosité. Le détachement est une des exigences du service apostolique, le célibat est l’une des modalités très concrètes que doit revêtir ce détachement. Celui qui au bout d’un temps plus ou moins long jette un regard sur sa vie sacerdotale, sait à quel point la parole de Jésus est vraie […] Celui qui porte aux hommes la parole de foi voit croître autour de lui une très grande famille de sœurs, de pères, de mères, d’enfants. Et c’est toujours vrai : Dieu donne cent pour un même en ce monde. Nous devons avoir le courage de donner un. » Vous le faites aujourd’hui. Prions le Seigneur chaque jour pour qu’il vous garde dans cette générosité. Marchez avec lui, laissez-vous envoyer par lui et vous verrez que le salaire de votre fidélité ne sera pas purement et simplement repoussé dans l’au-delà.

Dans le « qui perd gagne » auquel le Seigneur vous invite à jouer, le centuple en ce monde est associé à la vie éternelle. Amen.

Bienheureux Fra Angelico, Ordination de Saint Etienne par Saint Pierre
Fresque, Chapelle Nicoline, Vatican


vendredi 28 juin 2013

Saint Pierre et Saint Paul, priez pour nous, les Prêtres nouvellement ordonnés et l'Eglise

Enluminure. Saint Pierre et Saint Paul :
les clefs du Royaume et le glaive de la
Parole de Vérité.

En cette solennité des saints Apôtres Pierre et Paul qui est aussi au cœur de l'Année de la Foi, prenons le temps de méditer sur ce grand Sacrement de Confirmation que nous avons reçus et formons notre conscience pour être des témoins de Notre Seigneur.


Extraits du Catéchisme de l'Eglise Catholique

Les effets de la Confirmation

1302 Il ressort de la célébration que l’effet du sacrement de Confirmation est l’effusion spéciale de l’Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte. 

1303  De ce fait, la Confirmation apporte croissance et approfondissement de la grâce baptismale : 

– elle nous enracine plus profondément dans la filiation divine qui nous fait dire " Abba, Père " (Rm 8, 15) ;

Vitrail. Sacrement
de la Confirmation
– elle nous unit plus fermement au Christ ;

– elle augmente en nous les dons de l’Esprit Saint ;

– elle rend notre lien avec l’Église plus parfait ;

– elle nous accorde une force spéciale de l’Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais éprouver de la honte à l’égard de la croix : « Rappelle donc que tu as reçu le signe spirituel, l’Esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit de conseil et de force, l’Esprit de connaissance et de piété, l’Esprit de la sainte crainte, et garde ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son signe, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis en ton cœur le gage de l’Esprit » (S. Ambroise).

1304 Comme le Baptême dont elle est l’achèvement, la Confirmation est donnée une seule fois. La Confirmation imprime en effet dans l’âme une marque spirituelle indélébile, le " caractère ", qui est le signe de ce que Jésus-Christ a marqué un chrétien du sceau de son Esprit en le revêtant de la force d’en haut pour qu’il soit son témoin.

1305  Le " caractère " perfectionne le sacerdoce commun des fidèles, reçu dans le Baptême, et " le confirmé reçoit la puissance de confesser la foi du Christ publiquement, et comme en vertu d’une charge (quasi ex officio) " (S. Thomas d’Aquin).


L'Esprit Saint envoyé par le Père.
La formation de la conscience

1783   La conscience doit être informée et le jugement moral éclairé. Une conscience bien formée est droite et véridique. Elle formule ses jugements suivant la raison, conformément au bien véritable voulu par la sagesse du Créateur. L’éducation de la conscience est indispensable à des êtres humains soumis à des influences négatives et tentés par le péché de préférer leur jugement propre et de récuser les enseignements autorisés. 

1784   L’éducation de la conscience est une tâche de toute la vie. Dès les premières années, elle éveille l’enfant à la connaissance et à la pratique de la loi intérieure reconnue par la conscience morale. Une éducation prudente enseigne la vertu ; elle préserve ou guérit de la peur, de l’égoïsme et de l’orgueil, des ressentiments de la culpabilité et des mouvements de complaisance, nés de la faiblesse et des fautes humaines. L’éducation de la conscience garantit la liberté et engendre la paix du cœur. 

1785   Dans la formation de la conscience la Parole de Dieu est la lumière sur notre route ; il nous faut l’assimiler dans la foi et la prière, et la mettre en pratique. Il nous faut encore examiner notre conscience au regard de la Croix du Seigneur. Nous sommes assistés des dons de l’Esprit Saint, aidés par le témoignage ou les conseils d’autrui et guidés par l’enseignement autorisé de l’Église.


Saint Pierre et Saint Paul


lundi 24 juin 2013

Nativité de saint Jean Baptiste

Aujourd’hui, nous célébrons la nativité de Saint Jean Baptiste, le Précurseur du Seigneur, le plus grand des enfants des hommes, selon les mots de Notre Seigneur, qui a désigné aux disciples Jésus comme l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde.

Saint Jean Baptiste est le dernier grand prophète de l’Ancien Testament qui ouvre le chemin vers la vie éternelle en nous guidant à Jésus. C’est un grand intercesseur auprès du Christ. Il nous appelle à nous convertir et à préparer nos cœurs.

Saint Jean Baptiste nous est particulièrement cher et son message est des plus actuel. C’est pour vouloir défendre la sainteté du Mariage qu’il fut décapité par Hérode Agrippa à la demande de Salomé. Que d’Hérodes, que d’Hérodiades, que de Salomés encore aujourd’hui qui veulent faire taire la voix de la raison et de la Sagesse divine. Mais si nous nous taisions, ce sont les pierres qui crieraient !

Alors chantons ce grand saint en méditant ces magnifiques hymnes en l’honneur du Précurseur.

Hymnes en l’honneur de la nativité de saint Jean Baptiste
Bréviaire en forme extraordinaire

Hymne des Vêpres

L'Archange Gabriel annonce à saint Zacharie,
dans le Temple, la naissance du Précurseur.
Enluminure.
Pour que tes serviteurs puissent à pleine voix,
célébrer les merveilles de tes hauts faits,
bannis l’indignité de nos lèvres souillées
ô saint Jean.

Un messager venu des célestes sommets
annonce à ton père ta grandeur, ta naissance
,
ton nom, et le cours entier de ta vie,
il expose par ordre toutes choses.

Lui doute des célestes promesses,
perd le pouvoir d’articuler les sons ;
mais, en naissant, vous restaurez
l’organe de sa voix éteinte.

Couché dans le secret du sein maternel,
tu as senti le roi en sa couche nuptiale
 ;
c’est pourquoi, les parents par le mérite de leur fils,
découvrirent tous deux les mystères.

Honneur au Père, et au Fils qu’il engendre,
ainsi qu’à vous, puissance égale aux deux,
ô Esprit éternel, Dieu unique,
dans toute la suite des âges. Ainsi soit-il.


Hymne de Matines

Le Baptême du Seigneur,
par Lambert Sustris
Dès tes plus tendres années, fuyant les foules citadines,
tu gagnes les antres du désert,
ne voulant pas tacher ta vie

par le moindre péché de la langue.

Le chameau fournit un dur vêtement,
pour couvrir tes membres sacrés, les brebis une ceinture ;
l’eau te sert de boisson, le miel

et les sauterelles de nourriture.

Les autres prophètes, d’un cœur inspiré,
ne chantaient que l’astre à venir ;
toi, du doigt, tu montres celui

qui ôte le péché du monde.

Dans l’immensité du vaste univers
aucun fils de femme plus saint que Jean,
lui qui mérita de plonger sous les eaux
celui qui lave les crimes des siècles.

Honneur au Père, et au Fils qu’il engendre,
ainsi qu’à vous, puissance égale aux deux,
ô Esprit éternel, Dieu unique,
dans toute la suite des âges. Ainsi soit-il.


Hymne des Laudes

Carel Fabritius,
La décollation de saint Jean Baptiste.
O trop heureux, au mérite si sublime,
dont la pureté de neige ignora le péché,
très puissant martyr, habitant des déserts,

le plus grand des prophètes.

La couronne des uns produit trente pour un,
deux fois plus en quelques-uns,
mais toi, plus que triplant tes œuvres,

ta triple couronne va jusqu’à cent. 

Toi, puissant par tes mérites, 
brise les durs rochers de nos cœurs,
aplanis le chemin raboteux,
redresse les sentiers qui s’écartent
.

Que le doux Créateur et Rédempteur du monde,
trouvant nos âmes purs des souillures de toute faute,
daigne comme il convient, à sa venue,

y poser ses pieds bienheureux. 

Que les habitants des cieux vous célèbrent en leurs louanges, 
ô Dieu simple et trois en personnes,
dans nos supplications, nous vous demandons grâce :

épargnez vos rachetés. Ainsi soit-il




La Visitation, Vesoul, vers 1350 : la première rencontre
du Précurseur et du Sauveur.