mercredi 27 juillet 2016

Attentats en France, la Normandie et notre pays sont en deuils, encore. Que Dieu nous prenne en pitié et que Notre Dame foule de son pied virginal le serpent et le croissant



COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’ARCHEVEQUE DE ROUEN
SUITE A LA PRISE D’OTAGES DE
SAINT-ETIENNE-DU-ROUVRAY

De Cracovie, j’apprends la tuerie advenue ce matin à l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray.
S. Exc. R. Mgr Lebrun, Archevêque de Rouen.
Photo : Le Progrès.

Elle fait trois victimes : le prêtre, le Père Jacques Hamel, 84 ans, et les auteurs de l’assassinat. Trois autres personnes sont blessées dont une très grièvement.

Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J’ose inviter les non-croyants à s’unir à ce cri ! Avec les jeunes des JMJ, nous prions comme nous avons prié autour de la tombe du Père Popielusko à Varsovie, assassiné sous le régime communiste.

Le vicaire général, le Père Philippe Maheut, est sur place depuis les premiers moments. Je serai dès ce soir dans mon diocèse auprès des familles et de la communauté paroissiale très choquée.

L’Eglise catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes. Je laisse ici des centaines de jeunes qui sont l’avenir de l’humanité, la vraie. Je leur demande de ne pas baisser les bras devant les violences et de devenir des apôtres de la civilisation de l’amour.

Dominique Lebrun
Archevêque de Rouen
26 juillet 2016

Célébrations et prière suite au drame de Saint-Etienne-du-Rouvray‏


Le dueil, par William-Adolphe Bouguereau
►Mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 juillet, la messe de 18h à la c‏athédrale Notre-Dame de Rouen sera célébrée pour le Père Jacques Hamel, pour les autres victimes et pour la paix.

►Vendredi 29 juillet : journée de jeûne et de prière pour notre pays et pour la paix dans le monde, proposée par Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, Président de la Conférence des Evêques de France.

►Samedi 30 juillet à 20h30 : veillée de prière à Saint-Etienne-du-Rouvray (lieu à préciser).

►Dimanche 31 juillet à 10h : messe à la cathédrale Notre-Dame de Rouen présidée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen.

►Dimanche 31 juillet à 16h : prière à Notre-Dame de Bonsecours.
Par ailleurs, un registre est ouvert à la cathédrale Notre-Dame de Rouen et à la basilique Notre-Dame de Bonsecours.


Lu sur le blog : L'Ami de la Religion et du Roi


Lettre

aux membres et amis de la Confrérie royale

suite aux innombrables attentats en général,

et plus particulièrement à celui commis près de Rouen en ce jour

le mardi 26 juillet 2016
Fête de sainte Anne


Chers Amis,

Pas un jour sans que l’on n’entende parler d’un attentat islamiste.
Nous savions que les événements s’accéléraient, mais pas que les attaques contre l’Église viendraient si tôt (de la part de l’islam, s’entend, car de la part des laïcistes, elles sont légion depuis belle lurette).
         Voici que non seulement les policiers ne sont plus en sécurité chez eux, ni les foules dans la rue : maintenant les prêtres sont assassinés à l’autel. En ce centenaire desapparitions de Fatima, les mises en garde de la Très Sainte Vierge prennent chaque jour une actualité plus manifeste. Les évêques tombés, les prêtres jonchant le sol : nous y voilà.

         L’incurie des élites politiques en premier lieu, qui se contentent de communiqués sur les réseaux sociaux (nous prévenant qu’il va falloir vivre avec !!!), de faire des visites sur les « lieux du crime », de donner lieu à des soupçons de recel de preuves, de renforcer leur soutien aux rebelles « modérés » et sanguinaires syriens (qui viennent de décapiter un enfant), d’étendre encore plus le « droit du sol », alors que le pays attend des réactions fortes et efficaces contre les causes de ces attentats. La complicité des media qui crient au « pas d’amalgame ». L’incurie des élites religieuses, qui ont également leur part de responsabilité, en faisant passer l’envahisseur pour l’incarnation de Dieu cherchant asile, et en travestissant le langage pourtant clair et non laxiste de l’Église sur la gestion de l’immigration !
Quand éclata la Révolution, les élites étaient également corrompues. Mais que nos ancêtres, à part de notables exceptions, voire quelques provinces de France comme la Vendée surtout, ne se sont-ils servis davantage de tous les moyens surnaturels que l’Église leur enseignait ? Sans parler bien évidemment des moyens naturels…

         Combien se moquent de notre Confrérie et de son objet : pensez donc ! « Prier pour le Roi ?! N’y a-t-il pas plus important ni plus sérieux ? ». Je leur renvoie la question : êtes-vous donc si satisfaits de la marche du monde que vous voulez vous enfoncer toujours plus dans l’anarchie ou la dictature ? Le terrorisme et l’irénisme ?
         Oui, « à la France, il faut un roi », mais pas n’importe lequel : le roi, celui que Dieu indique par les Lois fondamentales du Royaume et qu’espère tout Français bien né… et réveillé ! Nous avons de plus la grâce d’avoir un roi légitime bien conscient et au fait de la situation actuelle.
         Nous avons besoin, nous Français, du premier Prince de la Chrétienté, du Fils aîné du Sacré-Cœur, du garant des libertés de ses peuples, du Défenseur attitré de la Sainte Église Romaine, des Chrétiens d’Orient… et des Chrétiens d’Occident !
Nous avons instamment besoin, et demandons d’autant plus vivement, que le Christ règne véritablement dans les cœurs, dans les intelligences, dans les lois, dans les écoles, dans les cours et dans les tribunaux.

Seigneur, au niveau politique, tout peut changer très rapidement. Nous ne Vous demandons pas seulement la restauration du Roi Très-Chrétien : nous Vous demandons la conversion des pécheurs – et tout d’abord des Catholiques eux-mêmes. Nous Vous demandons la conversion des cœurs, des intelligences de nos compatriotes. Nous Vous demandons un zèle – éclairé par la raison et nourri par la foi – pour ceux qui devront entourer le Roi, pour nos soldats et leurs chefs, pour tous nos compatriotes : toute une Civilisation chrétienne est à reconstruire et à assurer, saint Pie X nous l’affirmait il y a à peine cent ans.
        
         Que faire concrètement ? Chacun doit s’interroger et agir, selon sa place dans l’Église et le Royaume, selon sa dignité, ses capacités.
En premier : ouvrir les yeux et comprendre la situation objectivement et de manière réaliste. Cela est fondamental : sainte Jeanne avait bien conscience des raisons de la « grande pitié au Royaume de France », et ses contemporains souffraient aussi.
Ensuite, savoir les analyser avec un regard surnaturel, et avoir sous le regard l’histoire générale du salut, de l’Église et de la France.
         Et, nous souvenant des multiples mises en garde et conseils de Notre-Dame au cours des nombreuses et connues manifestations de son amour miséricordieux pour ses enfants, se mettre enfin à la prière.
A la prière personnelle, plus assidue ; au chapelet, si possible familial. Prions le chapelet de la Divine Miséricorde, chaque jour à 15h. Il est gravement coupable de ne pas se mettre à prier assidûment pour la France… et le Roi ; unissons-y les âmes pures des enfants, et rendons-nous nous-mêmes agréables à Dieu par l’état de grâce, surtout si nous en sommes éloignés par des vices ou des « situations irrégulières ».
Aujourd’hui, à cause de l’incurie très coupable de nos « gouvernants » et aux péchés publics des nations (sans parler de nos propres péchés personnels), les châtiments sont une évidence pour tous, du moins dans leurs réalisations ; beaucoup de sots, hélas, n’en comprendront pas les vraies causes.
Nous pouvons être pris en otages, blessés, torturés, égorgés à n’importe quel instant, n’importe où, par ceux que les media du régime appellent « déséquilibrés, forcenés, radicalisés ». L’un de nos confrères de Rouen – M. l’abbé Jacques Hamel, prêtre de 86 ans – et plusieurs de ses fidèles viennent d’en faire l’amère expérience : requiescant in pace.
A tout instant, il nous faut, grâce à une hauteur de vue et en sachant que l’heure est grave (les Français vont-ils enfin le comprendre ?), nous comporter comme nous souhaiterions le faire si nous pouvions préparer notre mort. Les circonstances sont indépendantes de notre volonté, pas notre réaction ! Si dimanche prochain, un mahométan-en-cohérence-avec-le-Coran fait irruption dans notre église, dans notre maison, dans le magasin où nous nous trouverons : sachons redire ces paroles : Seigneur sauvez la France, sauvez le Roi ! Par ces paroles, vous ne vous réfugiez pas dans un rêve hors sujet – comme tant nous le répètent sans aucun esprit surnaturel – : vous portez à Dieu l’intérêt des âmes des millions de nos frères, des Français, des Catholiques et de ceux qui depuis cinquante ans ne connaissent plus Dieu ; afin que la volonté du Seigneur s’accomplisse, que Son règne arrive vite, et que la France renoue avec sa mission de fille de Dieu, sans quoi saint Remi ne nous a pas caché les malédictions qui s’ensuivraient.
Je ne vous appelle pas, mes Frères, à la seule prière : en réfléchissant à ce qui peut nous arriver demain, vous vous préparez aussi à agir héroïquement contre les terroristes : un homme averti en vaut deux. Apprenez également à ne pas donner votre confiance à ceux qui la trahissent. Qui osera encore parler d’« état de droit » ? Le régime vacille incontestablement.

A chaque instant, nous pouvons comparaître devant Dieu et répondre de notre vie : le sachant, il n’y a pas à paniquer mais à vivre enfin en conformité avec notre foi : en état de grâce, dans la piété et le zèle pour Dieu, dans la pratique des vertus et l’intelligence de la réalité. Ainsi, Dieu régnera dans la société entière, enfin paisible.
Les Saints ont été confrontés aux irruptions du mal, au mystère de l’iniquité : au lieu de blasphémer le saint Nom de Dieu, voyons – avec notre raison et notre foi – comment nous préparer à être, si Dieu le veut, Ses témoins.

         En ce jour, la consécration à la Couronne de France et à son salut, à laquelle plusieurs parmi nous se sont engagés par vœu, prend tout son sens. Puissent les indécis le comprendre, et les pusillanimes, y trouver une vraie force.
         A l’instar des grands prophètes et patriarches de l’Ancien Testament, de nos rois et pontifes de l’histoire de France : soyons les Saints que le Seigneur attend de nous, dans cette période troublée et décisive. Combien parmi les premiers Disciples se rendirent compte, le Vendredi Saint, qu’ils avaient affaire à l’événement majeur de l’Histoire du monde, et que leurs actes (courageux ou lâches) seraient éternellement publiés ? Que cela nous serve de salutaire leçon !

         Nous célébrions hier la fête de saint Jacques Matamoros : que ce grand apôtre, l’un des trois privilégiés de Notre-Seigneur, le Patron de la Reconquista en Espagne, intercède pour notre Europe, avec saint Louis et saint Charlemagne, aux pieds de la Majesté divine.
Que sainte Anne, grand-mère du Messie, nous Le rende favorable.
         En ce mois du Très-Précieux Sang, que le Seigneur nous fasse bénéficier de toute lavirtus qu’Il contenait. Et comme le demandait le Roi martyr, Louis XVI : que son sang et celui des Français ne retombe pas sur nous, mais soit enfin pour nous semence de conversion, de paix et prospérité.

Répétons ces jours-ci la prière des intercesseurs, chantée par l’Église aux époques de calamités :
         Parce Domine, parce populo Tuo. Ne in aeternum irascaris nobis.
Pie Jesu Domine, dona eis requiem sempiternam.
            (Seigneur, épargnez Votre peuple ; ne Vous irritez pas contre nous pour l’éternité. Miséricordieux Seigneur Jésus, donnez-leur le repos éternel)

Contre tout espoir, Jonas appela à la conversion Ninive – aujourd’hui Mossoul, l’une des premières villes occupées par l’État islamique –, et cette cité païenne se convertit. Serons-nous moins forts que Jonas ? Les Français, moins réceptifs que les Ninivites ?
L’archevêque de cette ville nous l’avait pourtantprédit il y a deux ans : ce qui nous arrive vous arrivera bientôt, en Occident.
Voici ce que saint Paul nous prêchait, il y a une semaine, juste après l’attentat de Nice (9e dimanche après la Pentecôte, même liturgie que celle du sacre de Charles VII en 1429…) : « Toutes ces choses leur sont arrivées en figure, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes arrivés à la fin des temps. Ainsi donc que celui qui croit être debout prenne garde de tomber. Aucune tentation ne vous est survenue, qui n’ait été humaine ; et Dieu, Qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais, avec la tentation, Il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter » (I Cor. X).

Souvenons-nous de la grâce la plus importante à demander : celle de la persévérance finale (il est si facile et humain de tomber et de manquer à sa mission !).
Prions les uns pour les autres.
Et surtout : faisons dire des Messes pro Rege et Francia ! Il vous reste quand même encore plusieurs dizaines de milliers de prêtres pour cela. Le saint sacrifice de la Messe demeure la prière et l’acte le plus efficace, comme le rappelait notamment le saint Padre Pio.

Que revive le saint Royaume de France ! Vive le Roi !
Et que vivent pour l’éternité les victimes de l’islam et du laïcisme.

Pro Rege et Francia
Ad pristinum Regnum restituendum

Abbé Louis de Saint-Taurin +




mardi 26 juillet 2016

Sainte Anne, mère de la Vierge Marie et grand-mère du Seigneur Jésus, priez pour nous !

Sainte Anne, portant dans ses bras la Très Sainte Vierge Marie,
Mère de Dieu encore enfant


Le vénérable Pierre le Gouvello de Keriolet,
grand pécheur devenu prêtre du Seigneur, enterré
dans la basilique Sainte-Anne d'Auray

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 53

De là il semble que la divine Providence nous mènera à Sainte-Anne d’Aurai qui est le lieu le plus célèbre de France pour ce qui regarde la dévotion à cette grande sainte, où Dieu tout bon fait plusieurs miracles, et où M. de Quériolet est enterré.

Ensuite elle nous mènera en plusieurs autres villes de la basse Bretagne pour nous ramener à Evreux par Rennes et la basse Normandie vers la fin du mois de septembre.






dimanche 24 juillet 2016

Demandez le programme des solennités de l'Archiconfrérie !

Enguerrand Quarton, détail, Notre-Dame étendant son grand manteau sur l'Eglise, entourée de S. Jean Baptiste et de S. Jean



Fêtes, 
Messes, 
pèlerinages

et neuvaine


Mardi 2 août
S. Ange de Dieu,
basilique de Fourvières, Lyon

Fête patronale de 
Notre-Dame-des-Anges


Grand'Messe 
en la chapelle des saints Anges
de la cathédrale Notre-Dame d'Evreux
à 15h,




Ange thuriféraire, vitrail


suivie du 

pèlerinage du 1er mardi du mois
jusqu'à la chapelle Saint-Michel.

Salut du T. S. Sacrement : Te Deum 
et début de la Neuvaine préparatoire 
à la fête de saint Taurin.

*





Lampe de sanctuaire, détail, un chérubin veille sur nous pour que nous gardions
la lampe de notre foi, de notre espérance et de notre charité, bien allumée !

Jeudi 11 août

Fête de saint Taurin, 
premier Eveque d'Evreux et Confesseur, 
Apôtre de l'Evrecin

Sainte Messe basse 
en l'église Saint-Taurin d'Evreux
à 10h,
célébrée par M. le chanoine Goupil, icrsp.

et

Tout jeune prêtre au jour de son
Ordination, Cathédrale d'Evreux
Grand'Messe solennelle 
en l'église Saint-Taurin d'Evreux
à 11h,

célébrée par M. l'abbé Jimmy Faucillers,
tout jeune prêtre ébroïcien (*).



Grâce au bienveillant accueil de M. l'abbé Dubos, curé-archiprêtre de la Cathédrale.



* L'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière à tout chrétien en état de grâce, ayant reçu l'absolution sacramentelle, ayant assisté à la Messe et ayant communié au Corps du Christ, offrant ses prières pour le Salut et la mission du Souverain Pontife, des Évêques, et à tous les besoins de l'Eglise, de nos frères chrétiens les plus souffrants, pour l'unité et la paix.



Bouclier de Saint Michel Archange, détail.
"Quis ut Deus ?", en latin ; "Mi kmo EL ?" en hébreu qui donne le
saint prénom de Michel, signifie cette question qu'il posa aux anges tentés par les diables :
"Qui est comme Dieu ?". Le vénérable abbé Henri Marie Boudon nous donne la réponse
la plus simple et la plus admirable : "Dieu seul ! Dieu seul ! Dieu seul !"

Miséricorde, avez-vous dit ? Gardons-nous des caricatures qui nous détournent du Ciel !

Lu sur Benoit-et-moi.fr/2016

L’abbé M, un prêtre français, m’envoie cette réflexion que je publie avec grand plaisir, sur ce qu’il voit comme le plus grand danger auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui: la miséricorde évangélique authentique et ses caricatures antichristiques largement diffusées et répandues


Entre vraie et fausse Miséricorde


Abbé M., le 11 juillet 2016

Depuis maintenant des mois, l’ensemble du monde catholique vit au rythme de la dynamique jubilaire censée favoriser une prise de conscience salutaire de la centralité de la miséricorde divine. 
Mais qu’entend-t-on précisément par cette expression ? 

Mosaïques du choeur de la Basilique du Sacré-Cœur et du Christ-Roi,
appelée au le Vœu national, Montmartre, Paris.
Les divers discours et publications ne l’abordent souvent que de manière trop superficielle, comme pour en atténuer la portée où en réduire l’exigence. Aussi louable que soit la volonté du Pape de renouveler l’Eglise en la plongeant au cœur même du mystère de la foi, cette démarche n’est pas sans danger. En effet, si l’on n’a pas une compréhension globale et juste du mystère de la miséricorde divine, si la clarté théologique en vient à manquer ou, pire encore, si certains voudraient profiter de l’occasion pour lui donner de nouveaux contours, alors cette année risquerait de conduire le peuple de Dieu à une méprise fatale et aux confusions les plus funestes. 

Le très grave danger qui guette l’Eglise tient en la possibilité d’une promotion caricaturale du plus grand des attributs de Dieu. Si la tentation d’une miséricorde au rabais et dénaturée devenait effective, nous serions alors confrontés à une imposture substantiellement destructrice de l’ensemble de la vie chrétienne. 

La miséricorde divine est un tryptique où chaque élément est vitalement lié aux deux autres. Ce mystère débute avec la prise de conscience de sa propre misère, de son mal, de son péché. Le premier pas correspond à la reconnaissance lucide du péché présent dans sa vie. Ne pas être capable d’ouvrir les yeux sur son mal et ne pas vouloir poser un diagnostic adéquat, assimile le chrétien au malade qui nie sa maladie. Evidemment, sans maladie le médecin est aussi superflu que la Joconde exposée à la vue d’un aveugle. Le mystère de la miséricorde s’enracine donc dans l’humilité qui accueille et accepte, même douloureusement, la vérité. Qui fait la vérité vient à la lumière affirme le Christ... Cette première étape, absolument essentielle, fait malheureusement souvent défaut dans notre monde sécularisé. Pie XII ne constatait-il pas déjà de son temps la prégnance de l’orgueilleuse négation de la notion même de péché, de cet orgueil qui prétend ne plus avoir besoin du Christ Sauveur ? 

Sainte Marie Madeleine, exemple de tous les Pénitents
qui reçoivent en acte et en vérité la Miséricorde divine.
Le second temps consiste à aller auprès du Seigneur, chargé de son fardeau écrasant, pour implorer humblement son pardon et sa guérison. Seule une disposition intérieure d’ouverture à la Vérité permet à Dieu de déverser sa miséricorde dans le cœur humain de manière à en extirper la gangrène du péché. Il ne peut pleinement agir selon son plan de salut qu’avec le concours de la liberté humaine. La toute-puissance de son Amour infini peut être littéralement muselée par une liberté qui n’en veut pas. Sans le "oui" lucide et confiant de l’homme, Dieu ne peut pratiquement rien pour lui. 

Le dernier pas consiste en la décision ferme et persévérante de conformer concrètement sa vie à la volonté de Dieu exprimée par ses Commandements. Autrement dit, la miséricorde divine doit nous convertir au sens le plus fort et nous faire prendre le chemin de la sainteté. Zachée a été transformé par cet amour miséricordieux du Christ au point de réparer ses torts au quadruple. A la pécheresse adultère, le Christ a enjoint de ne plus pécher...

Or, il appert qu’aujourd’hui l’accent est mis presque exclusivement sur un seul de ces trois éléments - l’amour miséricordieux de Dieu. Mais l’oubli de l’exigence de la Vérité et l’occultation implicite de l’impératif de notre correspondance aux Commandements divins, font courir à l’Eglise le risque de formuler une conception de la miséricorde sans relation aucune avec sa compréhension bi-millénaire. 

L’enjeu de cette année est donc immense. L’Eglise ne serait-elle pas dans l’obligation de devoir choisir entre la fidélité au véritable mystère de la miséricorde et sa caricature antichristique ? Entre la fidélité intransigeante à la volonté divine et la manufacturation d’une doctrine sur mesure, compatible avec l’égoïsme étroit du vieil homme ? Une miséricorde qui ne fait plus porter à l’homme des fruits de sainteté ne serait rien de moins que la perversion la plus subtile et la plus destructrice de la foi catholique. Si un peu de levain fait monter toute la pâte, une erreur affectant la pièce maîtresse ruine l’ensemble de l’édifice. Pour le bien du peuple de Dieu, il est donc urgent de démasquer la logique mensongère de cette miséricorde amputée où se mêlent confusément vérité et erreur. Quelle est cette logique?

Elle part de l’affirmation de l’amour infini de Dieu pour nous. C’est vrai ! Elle continue en disant que Dieu aime inconditionnellement l’homme, tel qu’il est et quoi qu’il fasse. C’est encore vrai ! Elle renchérit en faisant remarquer que Dieu fait tout contribuer au plus grand bien de l’homme. C’est toujours vrai !

La parabole du riche et du pauvre Lazare. On peut être infiniment riche
de l'amour de Dieu et Le mépriser. Puisque nous sommes libres,
libres à nous de recevoir en acte et en vérité l'amour de Dieu ou 
de le refuser. Mais à nos risques et périls. Dieu est bon, nous 
sommes libres...
De cela, on en vient à conclure que l’on peut continuer à vivre sans avoir à se convertir, sans devoir changer de vie puisque de toute façon Dieu continue d’aimer le pécheur d’un même amour. Cette miséricorde d’un nouveau type va même jusqu’à admettre que ceux qui vivent en contradiction objective avec la volonté divine peuvent confortablement continuer sur le même chemin. Cela signifie que tout en continuant à vivre dans un état objectif de péché on pourrait bénéficier des grâces divines... Erreur fatale ! Cette conception complètement erronée de la miséricorde est aux antipodes de l’Evangile qui nous dit "convertissez-vous!". Elle contredit deux milles ans d’enseignement chrétien et de pratique pastorale. Si cette vision de la miséricorde s’imposait dans l’Eglise, elle signerait sa reddition sans condition à l’esprit du monde. 

Si la miséricorde dans sa version 2016 devient le prétexte qui cautionne les choix les plus peccamineux et prétend libérer la vie chrétienne des Commandements de Dieu, il faut avoir le courage de dire haut et fort que cette doctrine reflète le visage de l’Antichrist. Cela n’a jamais été le message de l’Evangile et ne le sera jamais.

"C’est ici la persévérance des saints, de ceux qui gardent les Commandement de Dieu et la foi en Jésus" (Ap 14, 12).



vendredi 22 juillet 2016

Les vacances, temps propice pour envoyer des lettres à ses proches

Livres et lettres du vénérable abbé Henri Marie Boudon
Préface de la première édition des lettres du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Les ouvrages de M. Boudon lui ont assuré un rang distingué parmi les auteurs ascétiques. Ce n’était ni le désir de se faire un nom, ni l’esprit de critique, ni la passion de l’intérêt qui conduisaient sa plume. C’était l’unique vue de Dieu, et de Dieu seul, le désir ardent de multiplier ses adorateurs : la passion de lui gagner des cœurs qui le déterminaient à écrire. C’était ce même motif, à l’exclusion de tout autre, qui l’engageait à entretenir tant de correspondances épistolaires pour crier de toutes parts au feu de l’amour divin, selon son expression favorite.

On lui écrivait non seulement de toutes les provinces de France, mais d’Italie, de Flandre, d’Allemagne et même de l’Asie et de l’Amérique, soit pour lui demander des avis spirituels, soit pour conférer avec lui sur les moyens les plus propres à établir le règne de Dieu, et il répondait exactement à tous ceux qui s’adressaient à lui. Depuis longtemps, et surtout depuis que M. Collet a donné sa Vie au public, on demandait avec empressement l’impression de ses lettres.

Quelque désir qu’on ait eu de répondre à ce pieux empressement, quelques démarches que l’on ait faites pour cela, on n’a pu rassembler qu’environ trois cents lettres, presque toutes en original, et quelques-unes seulement en très petit nombre sur des copies authentiques.

Quoiqu’elles portent toutes l’empreinte de la piété et du zèle dont M. Boudon était rempli, cependant pour ne pas trop multiplier les volumes, on a cru ne devoir faire choix que de celles que l’on a jugées les plus édifiantes et les plus intéressantes. Ce sont ces lettres que l’on donne aujourd’hui au public avec d’autant plus de confiance qu’il a paru les désirer avec plus d’ardeur. En effet, les lettres sont presque toujours ce qu’il y a de plus intéressant parmi les ouvrages de toutes sortes d’auteurs. Elles sont à l’égard des autres ouvrages ce que la conversation est à l’égard des harangues et des actions publiques. Et comme il n’y a personne qui n’aimât mieux converser avec tout ce qu’il y a eu de grands hommes et de saints personnages que de les entendre parler en public, il n’y a personne aussi qui ne soit plus touché de ce qui nous reste de leurs lettres que de leurs autres ouvrages, parce qu’enfin on aime à voir les hommes tels qu’ils sont, et que ce qui les montre sous leur forme naturelle, et avec le plus de naïveté est toujours ce qui plait le plus.

Quelques lecteurs désireraient peut être que l’on eût mis dans cette édition quelques notes de plus pour éclairer certains endroits des lettres ou pour mieux faire connaître les personnes dont parle M. Boudon, mais ces notes seraient superflues pour quiconque a lu la vie de M. Boudon et elles seraient insuffisantes pour ceux qui ne l’ont pas lue. Nous exhortons donc à lire d’abord sa Vie pour lire ensuite ses lettres avec plus d’intérêt et plus de fruit.

Dans ce recueil de lettres on n’a point pu suivre l’ordre de la chronologie parce que M. Boudon ne datait ordinairement ses lettres que du jour du saint dont l’église célébrait la mémoire, sans marquer l’année où il écrivait. Cependant, en examinant de près certaines circonstances de ces lettres, on a essayé d’approcher le plus qu’il était possible de l’ordre chronologique. Mais si le public perd quelque chose de ce côté-là, il ne perdra rien du côté de l’exactitude, et il verra avec plaisir et avec édification les lettres entières dont il n’a vu jusqu’ici que des fragments dans les diverses Vies qui ont paru du saint archidiacre.

Plaise à l’Etre suprême de bénir un travail qui n’a été entrepris que pour sa gloire, et pour faire connaitre de plus en plus les lumières, la piété, l’humilité et le zèle de l’homme de Dieu seul.


Tout le monde sait dans quelle région se trouve le Mont Saint-Michel donc
nous n'entrerons pas dans cette polémique inutile !

mardi 19 juillet 2016

Les vacances, temps propice pour lire de bons livres

Livres et lettres du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 323

J’ai reçu hier une lettre du Canada ; l’un des grands vicaires m’écrit que notre bon Sauveur répand sa bénédiction sur les livres que sa miséricordieuse providence m’a fait donner au public ; il me dit qu’il les a distribués, celui de la très sacrée Vierge et des saints Anges, aux deux séminaires de Québec et de Montréal, au collège de Québec, à la grande congrégation, aux couvents des Récollets de Québec, aux deux maisons de l’hôpital général de Québec et de Montréal, aux deux monastères des Ursulines de Québec et des Trois Rivières.

Je lui avais mandé que c’était par les libéralités de l’un de mes amis, il m’écrit qu’il vous a recommandé à tous ceux à qui il a donné les livres et qu’il offrira le très divin Sacrifice pour vous. Il souhaiterait que vous continuassiez cette œuvre de Dieu pour quantité d’autres maisons ou assemblées dans le Canada qui n’en ont point eu.

J’ai de la peine à vous le proposer car c’est une dépense considérable, car il dit qu’il en faudrait encore au moins deux douzaines de chaque. Cependant je vous le propose simplement ; à la vérité, c’est une grande œuvre pour la gloire de notre bon Sauveur, de son immaculée Mère vierge et les bons anges.

En cela, en votre manière, vous ferez une grande mission en Canada et pour durer longtemps par les livres qui sont des prédications permanentes. Il dit qu’il lui resterait à en envoyer aux quatre résidences des RR.PP. jésuites qui sont à Montréal, à Laurette et à Saint-François, à deux couvents de Récollets qui sont aux Trois Rivières et à Montréal, à quatre ou cinq séminaires d’écoliers, à l’une de leurs maisons qui est à sept lieues de Québec, à neuf résidences des sœurs de la Congrégation établies en différents lieux, et dans une petite ville qu’on appelle Ville-Marie qui est dans l’île de Montréal et qui instruisent les filles composées de pensionnaires, d’écolières externes et de congréganistes externes, lesquelles s’assemblent chez elles les jours du dimanches et de fêtes et de quelques autres maisons. Il ajoute que les livres sont merveilleusement goûtés par les bonnes âmes.