jeudi 21 novembre 2019

fête de la Présentation de Marie au Temple de Jérusalem

Présentation de Notre Dame au Temple
Cette homélie d’Hésychius de Jérusalem en l’honneur d’une fête de la Vierge Marie a été prononcée un 15 août, peu après le concile d’Éphèse (431) qui venait de proclamer que Marie n’était pas uniquement la mère de Jésus, mais aussi la mère de Dieu. Le 15 août était dédié à la vénération de Marie mère de Dieu. Ce n’est que plus tard, sous l’empereur Maurice (582-602), que la fête de la Dormition et de l’Assomption de Marie fut définitivement fixée au 15 août.

1. Divers noms donnés à Marie
C’est à juste titre que toute langue sensée salue la Vierge mère de Dieu (θεοτκος) et quelle imite, selon ses moyens, Gabriel, le chef des anges. Lun dit à la Vierge Réjouis-toi (Lc 1, 28), l’autre lui déclare : Le Seigneur est issu de toi (Lc 1, 28), parce que le Seigneur est né d’elle et qu’avec une chair il a été manifesté à la race humaine. Celui-ci la surnomme Mère de lumière, celui-là Astre de vie. Un autre l’appelle Trône de Dieu, un autre Temple plus vaste que le ciel, un autre Chaire nullement inférieure à celle des chérubins, un autre encore Jardin sans semence, fertile et non cultivé, Vigne aux belles grappes, verdoyante, à laquelle on n’a pas touché, Tourterelle pure, Colombe sans tache, Nuée concevant son ondée sans destruction, Écrin dont la perle est plus brillante que le soleil, Carrière d’où est extraite, sans que personne ne la taille (cf. Dn 2,34-35.45), cette pierre qui recouvre toute la terre, Vaisseau chargé de marchandises qui n’a que faire d’un pilote, Trésor qui enrichit. Mais d’autres pareillement l’appellent Lampe sans orifice qui s’allume d’elle-même, Arche plus grande, plus longue, plus illustre que celle de Noé : celle-ci était une arche de vivants corruptibles mais celle-là, l’arche d’une vie incorruptible ; celle-ci a porté Noé mais celle-là, le créateur de Noé ; celle-ci possédait deux ou trois étages (cf. Gn 6, 16) mais celle-là, toute la plénitude de la Trinité, puisque précisément l’Esprit est venu en elle, que le Père l’a prise sous son ombre (cf. Lc 1, 35), et que le Fils l’a habitée quand il a été porté dans son sein : en effet, l’Esprit-Saint viendra sur toi, dit l’Écriture, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. C’est pourquoi l’enfant sera saint et sera appelé Fils de Dieu (Lc 1, 35). Tu vois combien grande et considérable est la dignité de la Vierge, mère de Dieu (θεοτκος). Le Fils unique de Dieu en effet, le créateur du monde, était porté par elle comme un nouveau-né, alors quil remodelait Adam, sanctifiait Ève, anéantissait le dragon, ouvrait le Paradis et maintenait fermé le sceau virginal. C’est en toute rigueur et d’une manière analogue qu’il faisait l’un et l’autre : il ouvrait en effet le Paradis, puisqu’il allait y introduire le larron (cf. Lc 23,43) et y conduire tous les héritiers du Royaume. Il maintenait fermé le sceau virginal puisque, étant Dieu et Verbe, celui qui est incarné n’avait nullement besoin de porte pour entrer ou pour sortir.

2. Buisson ardent, Porte orientale, Jardin fermé, Source scellée 
Icone de Notre Dame de Palestine
C’est donc pour toi, ô Vierge, que les prophètes partagent leurs louanges et que chacun de ces porteurs de Dieu célèbre, parmi tes merveilles, les mystères qui lui ont été confiés. L’un t’appelle Verge de Jessé (cf. Is 11, 1), afin d’insinuer le caractère invulnérable et inflexible de ta virginité. L’autre te compare au Buisson qui brûle et ne se consume point (cf. Ex 3, 2), afin d’insinuer que le fils unique a une chair et que le vierge est la mère de Dieu (θεοτκος) : Marie en effet brûlait et ne se consumait point, puisqu’elle a enfanté sans que son sein ait été ouvert, qu’elle a conçu sans flétrir sa virginité, qu’elle a mis au monde son nouveau-né tout en gardant son sein scellé, qu’elle lui a donné du lait en conservant ses mamelles loin de tout contact, qu’elle a porté un petit enfant sans connaître un homme qui serait le père de celui-ci, qu’elle est devenue mère sans être devenue épouse. Un fils était élevé et on ne lui découvrait pas de père. Le champ produisait une récolte et la récolte n’avait pas de cultivateur : il a donné une moisson et n’a pas reçu de semence. Un fleuve courait et sa source était fermée de toutes parts, afin de manifester tout ensemble que tu étais devenue mère et que tu n’avais pas subi le sort des mères. Tu as mis au monde comme une femme et tu n’as pas souffert de flétrissure comme une femme. Tu portais dans ton sein selon la loi de la nature, puisque tu attendais le moment fixé pour l’enfantement, mais en effet tu as conçu aussi en dehors de la loi de la nature. Un autre t’a nommée Porte fermée (cf. Éz 44, 1), mais située à l’Orient (cf. Jn 20, 19) et introduisant le roi, bien que les porte demeurent fermées. De même encore il t’a appelée Porte menant au-dehors, puisque tu es devenue la porte de la vie présente pour le Fils unique, Porte située à l’Orient (cf. Éz 44, 1) puisque la vraie lumière éclairant tout homme venant dans le monde (Jn 1, 9) sort de ton sein, comme d’un dais nuptial et royal. Tu as introduit le roi au-dedans bien que les portes fussent fermées, mais de nouveau tu l’as produit au-dehors : le Roi de gloire en effet, ni dans sa conception, ni non plus d’aucune manière dans sa naissance, n’a ouvert les portes de ton sein, ni relâché les liens de ta virginité. Il t’a nommée Jardin fermé (Ct 4, 12) et Source scellée (Ct 4, 12), cet époux qui est né de toi : il t’a appelée d’avance, dans le CantiqueJardin fermé (Ct 4, 12), puisque la faux ou la moisson d’une flétrissure ne t’a pas atteinte, mais que la fleur issue en toute pureté de la verge de Jessé (cf. Is 1, 11) est offerte, en toute pureté aussi, au genre humain, du fait qu’elle a été cultivée pour toi par l’Esprit seul, qui est pur et sans tache. (Il t’a appelée) Source scellée (Ct 4, 12) puisqu’un fleuve de vie, sorti de toi, a rempli la terre habitée, mais que le rameau nuptial n’a pas épuisé la source.

3. Prophétie de David : l’arche de ton sanctuaire
À ton sujet, David ne cesse de chanter sur sa cithare celui qui est issu de toi : Lève-toi, Seigneur, pour (venir au lieu de) ton repos, toi et l’arche de ta sainteté (Ps 131, 8). Lève-toi  : d’où ? Du sein du Père, non pour te séparer du Père - il n’est pas permis en effet ni de le concevoir ni de le dire -, mais afin de réaliser le plan rédempteur qui d’avance a été fixé d’en haut, pour toi, avant les siècles et avant les générations. Lève-toi, afin de relever ceux qui sont tombés, afin de redresser ceux qui ont trébuché, afin de reprendre ton bien, que l’ennemi a détenu jusqu’à maintenant de manière tyrannique. Lève-toi, Seigneur, pour (venir au lieu de) ton repos (Ps 131, 8), que tu t’es fixé sur la terre et arrangé à Bethléem : la grotte, la crèche (cf. Lc 2, 7.12.16) et les langes (cf. Lc 2, 7.12). Dans les cieux en effet, tu n’as pas besoin de repos, tu es au contraire le repos de toute la création ; mais, sur terre, tu souffres pour nous la condition charnelle. N’as-tu pas supporté en effet la faim, la soif et la fatigue ? Mais bien qu’affamé, tu es le pain de vie (Jn 6, 35) ; bien qu’assoiffé, tu es toi-même la consolation de ceux qui ont soif (cf. Jn 7, 37) puisque tu es devenu un fleuve d’incorruptibilité - ; bien que fatigué par tes marches sur la terre ferme, tu foules sans fatigue les flots de la mer. Lève-toi, Seigneur, pour (venir au lieu de) ton repos, toi et l’arche de ta sainteté (Ps 131, 8) : manifestement la Vierge, la mère de Dieu (θεοτκος). Si en effet tu es la perle, à juste titre celle-là est le coffret ; puisque tu es le soleil (Mal 3, 20), nécessairement la Vierge sera appelée Ciel ; puisque tu es la fleur qui ne se flétrit pas, la Vierge est donc la Plante d’incorruptibilité, le Paradis d’immortalité.

4. Prophéties sur l’enfantement virginal : le fait, le lieu, le moment
C’est pour elle qu’à l’instant Isaïe a proclamé de la part de Dieu : Voici que la Vierge concevra dans son sein, qu’elle enfantera un fils et qu’on lui donnera le nom d’Emmanuel (Is 7, 14). Voici que la Vierge : laquelle ? Celle qui a été distinguée entre les femmes et choisie parmi les vierges, l’ornement magnifique de notre nature, la fierté de notre limon, la femme qui a libéré Ève de son opprobre et affranchi Adam de la peine qui le menaçait, celle qui a amputé le dragon de son effronterie, celle que la fumée du désir n’a pas atteinte et que le ver de la volupté lui non plus n’a pas gâtée. Voici que la Vierge concevra dans son sein (cf. Mt 1, 23) : de qui, ô prophète ? - « Je ne le dis pas, répond-il, car cela est réservé à Gabriel. Ils sont beaucoup à se partager les merveilles de la mère de Dieu, mais néanmoins beaucoup de ces merveilles sont passées sous silence : du moins j’ai reçu en dépôt l’enfantement de celle qui demeure toujours vierge, Michée s’est vu confier l’endroit dans lequel la merveille s’est accomplie (Is 7, 14) et David son moment, car il a inséré cette phrase dans sa prophétie des psaumes : De mon sein, avant l’aurore, je t’ai engendré (Ps 109, 3). C’est donc Gabriel qui dira de qui (elle conçoit) : il descend en effet du ciel ; il est envoyé pour cela même vers la Vierge ; il arrive au moment de l’enfantement, et le soin d’en expliquer la nature lui est nécessairement confié. Mais si tu veux apprendre aussi de moi, parcours la suite de ma prophétie : Elle enfantera un fils et on lui donnera le nom d’Emmanuel » (Is 7, 14). Que signifie Emmanuel Dieu avec nous (cf. Lc 2, 7.12.16). Est-ce qu’un Dieu est conçu à la suite d’un mariage et d’une flétrissure ? Peut-il naître ou s’incarner en vertu d’une étreinte humaine ? - Absolument pas, mais en vertu de l’opération divine, de la visite du Très-Haut, de la venue de l’Esprit.

5. Le message de Gabriel
Couronnement de Marie, Sainte-Marie Majeure
Ainsi donc lorsque la Vierge disait à Gabriel : Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d’homme ? (Lc 1, 34) c’est-à-dire : « Cette merveille me frappe de stupeur, cette parole me confond », la révélation de l’ange jette la Vierge hors d’elle-même. « tu dis des choses merveilleuses, mais elles me sont suspectes à cause de leur étrangeté. Je crains la nouveauté de ce que tu annonces, je suis troublée à cause du caractère très insolite de tes paroles. Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? (Lc 1, 34) Comment serai-je mère, sans être devenue épouse ? Je n’ai pas flétri la fleur de mon printemps, je n’ai pas dénoué la ceinture de ma virginité, je n’ai pas relâché les liens de mon sein, je n’ai pas rompu le sceau de mes entrailles. » L’ange aussitôt ajouta : L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre (Lc 1, 35) c’est-à-dire : « Si tu connaissais un homme, tu n’aurais pas enfanté un Dieu qui a consenti de prendre la condition d’esclave (Phi 2, 7), de toi, par toi, sans flétrissure ; tu ne serais pas devenue l’instrument de l’incarnation par celui qui a tout créé. Mais puisque tu te trouves pure d’étreinte nuptiale, puisque tu as gardé ton temple sans corruption et ton tabernacle libre de toute souillure, le Père vient en toi, l’Esprit te prend sous son ombre (Lc 1, 35), et le Fils unique naît de toi avec une chair. Quant à toi, ne mets donc en doute, d’aucune manière, les mystères qui suivront, ne les mets pas en doute, toi qui enfantes dans une grotte le démiurge de toute la création, ne les mets pas en doute toi qui assoies dans une crèche (cf. Lc 2, 7.12.16) celui qui est assis sur le dos des chérubins (Ps 79, 2 Is 37, 16 Dn 3, 55 Éz 1, 18), toi qui n’as pas de place dans l’hôtellerie (cf. Lc 2, 7) et qui es la mère d’un roi régnant sur les êtres d’en haut et sur ceux d’en bas. »

6. Les desseins du Fils de Dieu

C’est en effet de son plein gré qu’il naît de toi dans la pauvreté (cf. 2 Co 8, 9), afin de soumettre les riches à son frein et de devenir, pour les pauvres, un principe de patience, un maître d’action de grâces. De son plein gré il est posé sur la crèche, pour que les gens menant une vie de bête accourent et trouvent le Verbe assis sur la crèche, pour qu’ils reçoivent de lui la dignité de la raison, pour qu’ils trouvent du froment alors qu’ils attendent de la paille, pour qu’ils accourent comme du bétail croyant trouver des poignées de grains dans la crèche (cf. Lc 2, 7.12.16), et qu’ils mangent le pain véritable (Jn 6, 32), l’aliment de la vie, le repas de la lumière, la nourriture de la joie, le doux breuvage de l’incorruptibilité, d’où viennent la connaissance du Royaume, les arrhes (cf. Eph 1,14) de l’adoption, l’héritage des cieux, la communion avec le Père, le Fils et le Saint Esprit : gloire à lui dans les siècles des siècles. Amen.


mardi 19 novembre 2019

Jésus ou le néant !

Le Seigneur Jésus délivrant les possédés à Gadara
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie II, chap. 16, De la nécessité de l’union avec Notre Seigneur Jésus Christ

La nécessité de l’union de l’âme avec Notre Seigneur Jésus-Christ est plus grande que celle des branches avec la vigne, que celle des membres avec la tête, que celle du corps avec l’âme.

Figurez-vous un corps sans âme : il n’a pas le moindre mouvement ; il a des yeux sans voir ; des oreilles sans entendre ; une bouche et une langue sans pouvoir parler ; des mains sans toucher ; des pieds sans marcher ; il est insensible sans voir, sans entendre et sans pouvoir rien faire. Voilà le déplorable état d’une âme en péché mortel : ne vous étonnez pas ensuite si elle écoute les plus grandes et terribles vérités de la religion comme si elle ne les écoutait pas ; si elle voit les précipices des enfers comme si elle ne les voyait pas ; si elle ne craint pas son malheur éternel - elle qui est si sensible à une bagatelle temporelle - ; si elle demeure dans un état dont la seule idée est capable de faire mourir de frayeur sans en être beaucoup inquiétée, riant, prenant du plaisir et se tenant dans ce faux repos : c’est qu’elle est comme un corps sans âme.

Icône illustrant la parabole de l'ivraie et du bon grain
Tout ce qui ne vit pas et n’est point animé de l’esprit de Jésus-Christ, n’est point vivant et est nécessairement mort : Jésus-Christ étant notre unique vie. Représentez-vous un membre du corps séparé de la tête : il est sans aucune vigueur et sans aucune force ; c’est l’état d’une personne hors de l’union avec Notre Seigneur Jésus-Christ.

Il nous a enseigné lui-même que nous ne pouvions rien faire sans lui ; ainsi nous ne pouvons pas faire la moindre petite action chrétienne sans le mouvement de son divin Esprit, pas dire une seule parole, pas avoir même une seule bonne pensée. C’est lui qui anime le Chrétien ; c’est lui qui le vivifie ; c’est lui qui agit en lui et qui lui donne la force pour opérer saintement. Il est plus, dit saint Augustin, l’esprit de mon esprit que mon âme n’est l’âme de mon corps.

Que le Chrétien juge de là combien ses actions doivent être saintes, excellentes et parfaites, et les plus viles même, comme celles du boire et du manger, puisqu’elles partent d’un principe si divin. Car, enfin, c’est une maxime constante que l’action doit suivre l’être. Mais la divine Providence nous a fait donner au public un traité de ces grandes vérités intitulé « La science et la pratique du Chrétien » où nous avons plus amplement parlé de la grâce chrétienne.

Illustration du fils prodigue, loin de la maison de son père
Considérez enfin le sarment séparé de la vigne : non seulement il ne porte plus de fruit, mais il sera jeté, dit le Sauveur, il séchera et on le ramassera pour le faire brûler dans le feu (Joan xv,6) ; c’est la comparaison dont se sert ce divin Maître qui nous assure que, celui qui ne demeurera point, en lui sera traité en la même manière (ibid., 4). Aussi il ne reste que le feu d’enfer à celui qui est séparé de JésusÔ mon Dieu ! Est-il bien possible qu’une âme soit assez malheureuse pour se réduire dans un état si lamentable !



Mourir dans la paix du Christ

Le Christ mort, Semaine Sainte, Crevillent
Une sainte et pieuse mort

De Saint Alphonse de Liguori, prière au pied d’un mourant avec son crucifix

O doux Jésus ! ne permettez pas que je sois séparé de vous. Seigneur ! que les souffrances et les ignominies de votre passion et le sacrifice de votre sang ne soient pas perdus pour moi.

Père éternel, par les mérites de la mort de Jésus-Christ, faites que je meure dans votre grâce et dans votre amour, pour avoir le bonheur de vous aimer éternellement. Je vous remercie de tous les bienfaits que vous m'avez prodigués durant ma vie, et particulièrement de la grande grâce que vous m'avez faite en m'appelant à la vraie foi, et en me procurant dans mes derniers combats les secours des saints sacrements. Vous voulez que je meure, et je le veux aussi pour vous plaire.

Ah ! Jésus, mon Sauveur, c'est peu que je meure pour vous, qui êtes mort pour moi. Content de mourir, je vous dis avec saint François : "Que Je meure pour l'amour de votre amour, ô vous qui avez daigné mourir pour l'amour de mon amour !". J'accepte sans me plaindre, la mort et toutes les peines que j'aurai à souffrir jusqu'à ce que j'expire; aidez-moi à les supporter avec une parfaite résignation à votre sainte volonté. Je vous les offre toutes pour votre gloire, en les unissant aux souffrances que vous avez endurées dans votre passion.

La Vierge Marie, mère des douleurs
Père éternel, je vous fais le sacrifice de ma vie et de toute ma personne; daignez l'agréer par les mérites du grand sacrifice que Jésus, votre divin Fils, vous a fait de lui-même sur la croix.

O Mère de Dieu et ma Mère, Marie, vous m'avez obtenu de Dieu tant de grâces durant ma vie; je vous en remercie de tout mon cœur. Ah ! ne m'abandonnez pas, maintenant que ma mort approche, et que j'ai un plus grand besoin de votre secours. Priez Jésus pour moi, et multipliez vos prières. Procurez-moi plus de douleur de mes péchés et plus d'amour pour Dieu, afin que j'aie le bonheur d'aller l'aimer avec vous dans le ciel, toujours et de toutes mes forces. Marie, mon espérance, je me confie en vous.


samedi 16 novembre 2019

Tout passe, soyons attentifs au Seigneur et à son appel : "Convertissez-vous et croyez en l’Évangile !"

Danse macabre

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix » partie I

Les jours ordinaires se passent et, nous l’avons déjà dit, dans un profond oubli de ces vérités. La plupart des hommes pensent à Dieu en tant de choses différentes qui les occupent, l’on en parle peu dans les conversations mais, dans le temps même que l’on y pense ou que l’on y doit penser, hélas ! Comment y pense-t-on ?

Je dis que l’on doit y penser car, combien de personnes ne rêvent qu’à la terre et aux créatures de la terre, et à leurs affaires de la terre, et à des bagatelles même dans les heures de leurs prières ! Eh bien ! je yeux qu’il y ait des gens qui soient fidèles à assister au saint sacrifice de la messe, aux offices divins tous les jours de dimanche et de fête, et même les autres jours qui ne sont pas d’obligation ; je veux qu’ils y récitent leurs heures ou d’autres prières, je veux qu’ils n’aient jamais manqué durant toute leur vie à ces devoirs ; mais je demande : combien y en a-t-il de ces gens-là, même qui se soient appliqués aux affaires de Dieu, aux affaires éternelles, avec autant d’attention comme ceux qui plaident et font à un misérable procès, comme un avare à amasser du bien, comme un voluptueux à se procurer du plaisir, comme un ambitieux à se procurer de l’honneur !

Vanité des vanités, tout est vanités
Oh ! combien de personnes paraîtront devant Dieu à leur mort qui, après des quarante et des soixante années, se trouveront n’avoir jamais pensé avec autant de soin et d’ardeur, à l’interminable éternité où elles entrent pour n’en sortir jamais, comme elles ont fait durant tout le cours de leur vie, durant tous les jours, les semaines, les mois et les années qui s’en sont écoulés à de chétives choses temporelles ! Je vois bien certes l’empressement de l’homme quand il s’agit ou de gagner ou de perdre un peu de bien temporel ; je vois bien comme il s’en occupe, comme il y rêve, comme il en parle mais, ô malheur épouvantable, quelle application donne-t-on pour arriver à la bienheureuse jouissance de Dieu ou ne pas tomber en sa disgrâce et porter son ire pour un jamais !



mercredi 13 novembre 2019

Les fins dernières : la mort, le jugement, l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis


Du saint abbé Arsène, Père du désert

L'enfer est réservé à ceux qui ne veulent pas se repentir et abandonner le péché.
Si vous vous repentez et abandonnez le péché, les portes de la miséricorde divine sont ouvertes.



lundi 11 novembre 2019

Saint Martin de Tours, Apôtre de la Gaule, priez pour la France et la paix

Saint Martin, priez pour nous et pour la France !
Statue de Saint Martin, avant d'être remise
sur le toit de la basilique Saint-Martin
à Tours.

Du Cardinal Désiré Joseph Mercier

La religion du Christ fait du patriotisme une loi, il n'y a point de parfait chrétien, qui ne soit un parfait patriote. Elle surélève l'idéal de la raison païenne et le précise, en faisant voir qu'il ne se réalise que dans l'Absolu.
D'où vient, en effet, cet élan universel, irrésistible, qui emporte d'un coup toutes les volontés de la nation dans un même effort de cohésion et de résistance aux forces ennemies qui menacent son unité et son indépendance ?
Comment expliquer que, sur l'heure, tous les intérêts cèdent devant l'intérêt général ; que toutes les vies s'offrent à l’immolation ?

Il n'est pas vrai que l'Etat vaille essentiellement mieux que l'individu et la famille, attendu que le bien des familles et des individus est la raison d'être de son organisation.
La brutalité des mœurs païennes et le despotisme des Césars avaient conduit à cette aberration - et le militarisme moderne tendait à la faire revivre - que l'état est omnipotent et que son pouvoir discrétionnaire crée le Droit.

Poilus dans les tranchées

Non, réplique la théologie chrétienne, le Droit, c'est la Paix, c'est-à-dire l'ordre intérieur de la nation, bâti sur la Justice. Or la Justice elle-même n'est absolue, que parce qu'elle est l'expression des rapports essentiels des hommes avec Dieu et entre eux. Aussi la guerre pour la guerre est-elle un crime. La guerre ne se justifie qu'à titre de moyen nécessaire pour assurer la paix. "Il ne faut pas que la paix serve de préparation à la guerre, dit saint Augustin, il ne faut faire la guerre que pour obtenir la paix".

A la lumière de cet enseignement, que reprend à son compte saint Thomas d'Aquin, le patriotisme revêt un caractère religieux. Les intérêts de famille, de classe, de parti, la vie corporelle de l'individu sont dans l'échelle des valeurs, au-dessous de l'idéal patriotique, parce que cet idéal, c'est le Droit qui est absolu. Ou encore cet idéal, c'est la reconnaissance publique du Droit appliqué à la nation, l'Honneur national. Or, il n'y a d'Absolu, dans la réalité que Dieu.

Dieu seul domine par sa sainteté et par la souveraineté de son empire, tous les intérêts et toutes les volontés. Affirmer la nécessité absolue de tout subordonner au Droit, à la Justice, à l'Ordre, à la Vérité, c'est donc implicitement affirmer Dieu. Et quand nos humbles soldats, à qui nous faisions compliment de leur héroïsme, nous répondaient avec simplicité : "Nous n'avons fait que notre Devoir" ; "l'Honneur l'exige", ils exprimaient à leur façon, le caractère religieux de leur patriotisme.

Qui ne sent que le patriotisme est "sacré" et qu'une atteinte à la dignité nationale est une sorte de profanation sacrilège ? Un officier d'état-major me demandait naguère si le soldat qui tombe au service d'une cause juste - et la nôtre l'est à l'évidence - est un martyr. Dans l'acception rigoureuse et théologique du mot, non, le soldat n'est pas un martyr, car il meurt les armes à la main, tandis que le martyr se livre, sans défense à la violence de ses bourreaux. Mais si vous me demandez ce que je pense du salut éternel d'un brave qui donne consciemment sa vie pour défendre l'honneur de sa patrie et venger la justice violée, je n'hésite pas à répondre que sans aucun doute le Christ couronne la vaillance militaire, et que la mort, chrétiennement acceptée, assure au soldat le salut de son âme.

"Nous n'avons pas, dit Notre-Seigneur, de meilleur moyen de pratiquer la charité, que de donner notre vie pour ceux que nous aimons."Majorem hanc dilectionem nemo habet ut animam suam ponat pro amicis suis."
Le soldat qui meurt pour sauver ses frères, pour protéger les foyers et les autels de la patrie, accomplit cette forme supérieure de la charité.

Il n'aura pas toujours, je le veux, soumis à une analyse minutieuse la valeur morale de son sacrifice, mais est-il nécessaire de croire que Dieu demande au brave entraîné au feu du combat, les précisions méthodiques du moraliste ou du théologien ?
Nous admirons l'héroïsme du soldat : se pourrait-il que Dieu ne l'accueillit pas avec amour ? ~ Car telle est la vertu d'un acte de charité parfaite, qu'à lui seul il efface une vie entière de péché. D'un coupable, sur l'heure, il fait un saint. Et combien n'y en a-t-il pas, parmi ces jeunes gens de vingt ans, qui n'auraient pas eu, peut-être le courage de bien vivre, et dans l'entraînement patriotique, se sentent le courage de bien mourir ?

Le bleuet de France, symbole de la vie qui renaît malgré la haine et l'horreur de la guerre.
Prions pour tous les soldats morts pour la France, pour leurs familles, pour les orphelins et veuves de guerre !

samedi 9 novembre 2019

Dédicace de la cathédrale du Pape, Saint-Jean du Latran

La Cathèdre du Pape, Archibasilique de
Saint-Jean du Latran.
Du Pape Benoît XVI

Il me semble très important que le Catéchisme, lorsqu’il mentionne les limites du pouvoir de l’autorité suprême de l’Eglise, rappelle ce qui est l’essence de la primauté de Pierre telle qu’elle est soulignée par les Conciles Vatican I et II :
Le pape n’est pas un monarque absolu dont la volonté fait loi, mais plutôt le gardien de l’authentique Tradition et par là même, le premier garant de l’obéissance.
Il ne peut pas faire ce qu’il veut, et c’est justement pour cela qu’il peut s’opposer à ceux qui entendent faire ce qu’ils veulent.
La loi à laquelle il doit se tenir n’est pas d’agir ad libitum, mais l’obéissance à la foi.

« Chers frères et sœurs, après le grand pape Jean-Paul  II, les cardinaux m’ont élu moi, un humble et simple ouvrier de la Vigne du Seigneur. Je suis réconforté de savoir que le Seigneur sait œuvrer et agit aussi avec des instruments insuffisants. Et avant tout, je m’en remets à vos prières. Dans la joie du Seigneur ressuscité, confiants dans son aide permanente, nous devons aller de l’avant. Le Seigneur nous aidera et Marie sa Mère sera avec nous. Merci ».

jeudi 7 novembre 2019

Élevons notre cœur ! Nous le tournons vers le Seigneur.

Le Titien, détail de l'arrivée au Ciel des Saints

Solennité de la Toussaint
Angelus Place Saint-Pierre de SS. le Pape Benoît XVI
Mardi 1er novembre 2011

Chers frères et sœurs,

La solennité de tous les saints est une occasion propice pour élever le regard des réalités terrestres, rythmées par le temps, vers la dimension de l’éternité et de la sainteté. La liturgie nous rappelle aujourd’hui que la sainteté est la vocation originelle de chaque baptisé (cf. Lumen gentium, n. 40).

En effet, le Christ, qui avec le Père et l’Esprit est le seul Saint (cf. Ap 15, 4), a aimé l’Eglise comme son épouse et s’est donné lui-même pour elle, dans le but de la sanctifier (cf. Eph 5, 25-26). C’est pour cette raison que tous les membres du peuple de Dieu sont appelés à devenir saints, selon l’affirmation de l’apôtre Paul : « Et voici quelle est la volonté de Dieu : c'est votre sanctification » (1Th 4, 3).

Nous sommes donc invités à regarder l’Eglise non dans son aspect uniquement temporel et humain, marqué par la fragilité, mais comme le Christ l’a voulue, c’est-à-dire une « communion des saints » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 946).

Les âmes bénies en Purgatoire
Dans le Credo, nous professons l’Eglise « sainte », sainte en tant que Corps du Christ, en tant qu’instrument de participation aux saints Mystères — en premier lieu l’Eucharistie — et famille des saints, à la protection de laquelle nous sommes confiés le jour du baptême. Aujourd’hui, nous vénérons précisément cette innombrable communauté de tous les saints, qui, à travers leurs différents parcours de vie, nous indiquent différentes voies de sainteté, réunies par un unique dénominateur : suivre le Christ et se conformer à Lui, but ultime de notre existence humaine. En effet, tous les états de vie peuvent devenir, avec l’action de la grâce et avec l’engagement et la persévérance de chacun, des voies de sanctification.

La commémoration des fidèles défunts, à laquelle est consacrée la journée de demain, 2 novembre, nous aide à rappeler nos proches qui nous ont quittés, et toutes les âmes en marche vers la plénitude de la vie, précisément dans l’horizon de l’Eglise céleste, auquel la solennité d’aujourd’hui nous a élevés. Dès les premiers temps de la foi chrétienne, l’Eglise terrestre, reconnaissant la communion de tout le corps mystique de Jésus Christ, a cultivé avec une grande piété la mémoire des défunts et leur a offert des prières d’intention. Notre prière pour les morts est donc non seulement utile mais nécessaire, dans la mesure où elle peut non seulement les aider, mais rend, dans le même temps, efficace leur intercession en notre faveur (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 958).

L'enfer, abbaye du mont Sainte-Odile, ca 1185
La visite aux cimetières, alors qu’elle conserve les liens d’affection avec ceux qui nous ont aimés dans cette vie, nous rappelle également que nous tendons tous vers une autre vie, au-delà de la mort. Les pleurs, dus au détachement terrestre, ne doivent donc pas prévaloir sur la certitude de la résurrection, sur l’espérance de parvenir à la béatitude de l’éternité, « moment rempli de satisfaction, dans lequel la totalité nous embrasse et dans lequel nous embrassons la totalité » (Spe salvi, n. 12).

L’objet de notre espérance, en effet, est de jouir de la présence de Dieu dans l’éternité. Jésus l’a promis à ses disciples en disant : « Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l'enlèvera » (Jn 16, 22).

Nous confions notre pèlerinage vers la patrie céleste à la Vierge Marie, Reine de tous les saints, alors que nous invoquons pour nos frères et sœurs défunts son intercession maternelle.


mardi 5 novembre 2019

Doit-on avoir peur de la mort ?

Le Ciel s'ouvre pour les justes. Prions pour nos frères défunts ! Qu'ils accèdent aux joies de la vie éternelle !


Un pieux moine gisait sur son lit de mort. Ses amis s'étaient rassemblés autour de lui et le pleuraient. Voyant cela, le moine a ri trois fois. Les moines lui demandèrent: "Pourquoi ris-tu ?" Le moine répondit: "J'ai ri la première fois parce que vous avez tous peur de la mort, la seconde fois, car aucun d'entre vous n'est préparé à la mort, la troisième fois parce que je vais du labeur vers le repos."

"Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur la Mort
corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ; heureux
ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté, car la seconde
mort ne pourra leur nuire." (Cantique des créatures,
S. François d'Assise)
Voici comment meurt un homme juste! Il n'a pas peur de la mort. Il est préparé à la mort. Il voit que, par la mort, il passe de la vie difficile au repos éternel.

Quand la nature de l'homme s'imagine dans son état originel au Paradis, alors la mort n'est pas naturelle, de la même manière que le péché n'est pas naturel. La mort émanait du péché. Repenti et purifié du péché, l'homme ne considère pas l'anéantissement de la mort, mais la porte de la vie éternelle.

Si, parfois, les justes priaient Dieu de prolonger leur vie terrestre, ce n'était pas par amour pour cette vie, ni par crainte de la mort, mais seulement parce qu'ils gagneraient plus de temps pour la repentance et la purification du péché afin qu'ils puissent se présenter devant Dieu, sans autant de péché et plus purs. Même s'ils montraient de la peur avant la mort, ce n'était pas par peur de la mort mais par crainte du Jugement de Dieu. Quel genre de peur doit donc avoir le pécheur impénitent avant la mort?

Un homme est allé dans la forêt pour choisir un arbre à partir duquel faire des poutres de toit. Et il a vu deux arbres, l'un à côté de l'autre. L'un était lisse et grand mais avait pourri à l'intérieur, et l'autre était rugueux à l'extérieur et laid, mais son centre était en bonne santé. L'homme soupira et se dit: "A quoi sert cet arbre s'il est pourri à l'intérieur et inutile pour les poutres? L'autre s'il est rugueux et laid est au moins sain à l'intérieur et si je lui consacre plus d'effort, je peux l'utiliser pour les poutres de toit de ma maison." Et, sans plus y penser, il choisit cet arbre pour faire des poutres de toit. Ainsi, Dieu choisira entre deux hommes pour Sa maison, et ne choisira pas celui qui apparaîtra juste en apparence, mais celui dont le cœur est rempli de la saine justice de Dieu.

Enluminure, absoute du défunt
Béni est l'homme qui utilise ses souffrances, sachant que toute souffrance dans cette vie est lâchée sur les hommes par Dieu dans Son amour pour l'humanité, pour le bénéfice et l'aide des hommes. 

Dans Sa miséricorde, Dieu permet la souffrance des hommes à cause de leurs péchés - par Sa miséricorde et non par Sa justice. Car, si c'était par Sa justice, tout péché apporterait inévitablement la mort, comme le dit l'Apôtre: "le péché, étant consommé, produit la mort." (St Jacques 1:15). 

Au lieu de la mort, Dieu donne la guérison par la souffrance. La souffrance est la manière de Dieu de guérir l'âme de sa lèpre pécheresse et de sa mort.


samedi 2 novembre 2019

Prions pour tous nos frères défunts



Si à chaque Messe le prêtre dit au canon le Memento (Souviens-toi) pour nos frères et sœurs défunts, c'est parce que nous savons bien que beaucoup d'âmes ont quitté cette terre sans pour autant mériter les peines de l'Enfer ni obtenir encore la joie du Paradis.

Chaque péché qui n'a pas été pardonné a laissé une tâche dans l'âme du pécheur. Cette tâche, si elle n'est pas lavée dans le Sang du Christ reçu lors du Sacrement de Pénitence, demeure après la mort et empêche l'âme d'accéder à la béatitude éternelle.

Le Purgatoire est cet état de purification que le Seigneur offre à ces âmes bénies qui ne peuvent encore voire face à face la Très Sainte Trinité. Elles sont purifiées par le feu de l'Esprit Saint mais elles ont besoin de nos prières. C'est pour cela que l'Eglise demande aux prêtres de bien vouloir célébrer chaque 2 novembre trois Messes pour elles.

Mais n'attendons pas le 2 novembre pour prier pour nos défunts ! Offrons nos prières, nos actes de foi, d'espérance et de charité pour elles. Offrons aussi toutes les indulgences que l'Eglise nous offre pour qu'elles atteignent la joie éternelle ! Offrons aussi des Messes. Il suffit d'aller dans sa paroisse et de demander aux prêtres une Messe à leurs intentions*.

Du 1er au 8 novembre, l'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière pour tous les défunts aux fidèles qui sont en état de grâce (confessés et absous), ont reçu la Communion eucharistique au cours de la Messe à laquelle ils ont assistés, ont prié aux intentions de l'Eglise (pour le Pape, la conversion des pécheurs, etc...) et ont visité un cimetière.
Cette grâce extraordinaire peut être reçue quotidiennement chacun de ces jours béni**.


La Messe pour les âmes du Purgatoire leur donne beaucoup
de grâces et la Vie éternelle.
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu inconnu », chap.3

Saint Bernard fut repris par le saint abbé Etienne, son supérieur, de ce qu’après bien des années il ne priait plus à son ordinaire pour l’âme de son père décédé.
Mais il ne faut pas oublier d’offrir toutes les autres bonnes œuvres que l’on fait pour ces pauvres âmes ; il y en a peu qui les offrent durant plusieurs années, ce qu’une Sainte ayant fait pour l’âme de sa mère, en même temps elle la vit aller glorieuse dans le ciel.


* L'assemblée des Évêques de France demande une offrande de 17€ pour la célébration d'une Messe aux intentions des vivants ou des défunts. Ce n'est pas un tarif, ni un prix. Cette somme permet aux prêtres de vivre. De plus, comment chiffrer le don inestimable de la grâce ? N'hésitons jamais à confier nos intentions à la prière d'un prêtre ou d'un monastère. 

** Une seule confession est nécessaire. Pour recevoir l'indulgence plénière chaque jour il faut assister quotidiennement à la Messe et y communier aux intentions des défunts et de l'Eglise, et si possible, visiter un cimetière. Pour ceux pour qui c'est difficile (faute de prêtre, de pouvoir se déplacer, etc...), le chapelet dit avec foi et dévotion offre aussi la grâce de l'indulgence plénière.




vendredi 1 novembre 2019

Solennité de la Toussaint. Louez soit Dieu dans ses Anges et dans ses Saints



Châsse des reliques de sainte Geneviève
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 373

Je vous écris la veille de la fête de tous les Saints et de Jésus-Christ tout entier en son corps mystique composé de la très sacrée Vierge qui en est comme le cou, dans le sentiment des saints et de tous les anges et saints et de tous les autres fidèles.

L’Eglise, dans la célébration des saints mystères, après avoir fait garder le silence au prêtre ensuite de la consécration, tout à coup, lui fait dire hautement à Dieu : « Seigneur, nous aussi pauvres pécheurs » – « Nobis quoque peccatoribus » (Canon de la Messe), donnez-nous quelque part et société avec vos saints. Ne considérant pas nos mérites, nous ne méritons que l’enfer mais, usant de vos grandes miséricordes, écrions-nous aussi avec l’Eglise, crions à notre bon Sauveur la même chose du plus profond de nos cœurs : « De profundis clamavi ad te Domine » (Psal 129,1 : « Des profondeurs je crie vers vous, Seigneur »).
 
Vitrail de Sainte Agnès
Ah ! qu’il fait bon être saint ! Qu’il fait bon être saint ! Qu’il fait bon être saint !

Je salue vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont et suis dans un profond respect etc…

A Evreux, ce 31 octobre 1701.