jeudi 9 février 2012

Quelques statistiques qui changent des mauvaises nouvelles des informations...

           Quelques statistiques vous sont proposées aujourd’hui afin de vous aider à vous rendre compte de l’intérêt que portent nos contemporains au vénérable abbé Boudon.

        Le blogue a été créé en juillet 2010, et son premier mois d’existence vit 305 internautes le visiter pour puiser à la source de la Bonne Nouvelle, sous la protection de l’Immaculée Mère de Dieu et des saints Anges, cela va sans dire.
Voici une vue d’ensemble du nombre de pages consultées au long des mois :  

Vue d’ensemble :




Juillet 2010 : 305
Août : 400
Septembre : 496
Octobre : 359
Novembre : 494
Décembre : 512 

Détail, La dispute du Saint Sacrement, ...
...au Palais apostolique du Vatican
Janvier 2011 : 515
Février : 382
Mars : 449
Avril : 681
Mai : 1021
Juin : 919
Juillet : 412
Août : 351
Septembre : 907
Octobre : 1100


Novembre : 1073
Décembre : 1046

Janvier 2012 : 1042
Le 9 Février : déjà 333.






        Parfois, on peut se dire, « mais à quoi bon ? » Et bien quand on voit que plus de 1000 personnes regardent le site chaque mois, cela réchauffe le cœur et constitue la meilleure des récompenses.

       Mais M. Boudon, grand archidiacre normand du XVIIe siècle, intéresse-t-il vraiment tous nos contemporains ? Et bien voici la liste des pays qui consultent le blogue depuis sa création :

Pays :


L'Immaculée Mère de Dieu,
Marie - Reine des Anges
France
Canada
États-Unis
Belgique
Espagne
Allemagne
Russie
Suisse
Italie
Côte d’Ivoire
Ukraine
Brésil
Mexique
Royaume-Uni
Liban
Japon
Israël
Pologne
Sénégal
Guadeloupe et Martinique
Haïti
Guatemala
Inde
Maroc
Pays Bas
Principauté de Monaco



 Et pour vous donner quelques chiffres, depuis la création du blogue : 

France
8 750
Canada
720
États-Unis
697
Belgique
348
Espagne
305
Allemagne
204
Russie
175
Suisse
137
Italie
126
Côte d’Ivoire
117

          Quatre des 5 continents sont représentés (mais que fait l’Océanie ? il est encore temps). La France et l’Europe, pénétrées de la spiritualité de l’école française, sont très représentées. Le Canada et les Etats-Unis se souviennent aussi que les écrits de M. Boudon furent très importants dans leur évangélisation. Mais l’Amérique du Sud, l’Afrique, le Japon et l’Inde s’intéressent aussi à ce grand serviteur de Dieu. Le langage des saints est bien un langage universel, puisque c’est celui de Dieu, celui de l’Amour.

        Nos statistiques ne disent pas si, en Italie, le Successeur de Pierre nous lit, mais nous nous plaisons à le croire... Et pour la joie de vous donner autre chose que des listes, voici une carte où le bleu marial domine même si, parfois, ce n’est que moins de 10 personnes qui nous lisent. Et bien propageons cette bonne nouvelle et donnons à nos frères de connaître ce très grand serviteur de la Vierge Marie et des saints Esprits bienheureux qui nous apprennent à aimer et à servir Notre Seigneur que nous adorons dans le Saint Sacrement de l’Autel.


mardi 7 février 2012

1er mardi du mois de février

19 mai 1912 - 19 mai 2012 : 100e anniversaire de la consécration de la France à saint Michel, Archange, Prince des milices célestes, 1er des Séraphins et protecteur de notre pays.


Vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion aux neufs chœurs des saints Anges » ; 5e pratique, Converser intérieurement avec les saints Anges 

     C'était bien le sentiment du grand dévot des anges, saint Bernard, lorsqu'exhortant ses frères à la dévotion de ces esprits angéliques, il leur dit : « Rendez-vous, mes chers frères, la conversation des anges familière, et pensez à eux souvent » ; et de vrai, à quoi pensons-nous, quand nous ne pensons pas à ses éclatantes beautés du paradis ?

        Ô mon Dieu ! les créatures d'ici-bas aiment tant ce qui est beau, et prennent tant de plaisir à s'y arrêter ; elles ont tant de peine à s'en détacher : l'on converse si volontiers avec les personnes aimables de la terre, et voici que le monde est plein d'anges du paradis, puisque chaque homme a le sien, sans parler de tant d’autres que Dieu y envoie ; et ces anges sont parfaitement beaux, doués d'une puissance admirable ; ils ont pour les hommes des douceurs toutes charmantes ; ils possèdent toutes les qualités imaginables qui peuvent donner saintement de l'amour ; au reste, ce sont les rois et les princes de l'empyrée ; et cependant, hélas ! presque personne n'y pense, et il est bien rare de trouver des hommes qui conversent souvent avec les anges.

     « Est-ce, dit encore le saint que je viens de citer, que nous doutons de leur présence, parce que nous ne les voyons pas ? Mais devons-nous juger de la présence des choses par les yeux seulement de nos corps ? Est-ce que les hommes n'ont point des âmes, parce qu'on ne voit pas les âmes ? Est-ce que Dieu n'est point partout, parce que nos sens ne l'y aperçoivent pas ? » C'est que nous n'avons pas de foi, me direz-vous, et il est vrai.

      Disons encore que c'est que nous sommes trop attachés aux choses de la terre, et pleurons ensuite amèrement de notre peu de foi et de nos attaches. Les saints solitaires conversaient familièrement avec les anges ; c'est qu'ils menaient une vie angélique ; et, misérables que nous sommes, à peine y pouvons-nous penser un quart d'heure ; c'est que notre vie est toute terrestre.

Saint Michel terrassant Lucifer, par Lorenzo Lotto

Vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu partout présent », Chap. IX, Pratiques ou actes de la présence de Dieu,  Autre acte en l’honneur des saints Anges

            O Trinité suradorable qui êtes ici très présente, je vous adore particulièrement dans S. Michel, S. Gabriel, S. Raphaël, et les quatre autres premiers Princes qui sont les plus proche du Trône de votre divine Majesté, dans l’Ange Tutélaire du Diocèse où je suis, ou de l’Institut où votre sainte Providence m’a engagé, des Eglises, et des personnes qui y sont, dans les Anges gardiens de mes proches, des personnes avec qui je converse, et de celles dont j’ai besoin, dans mon bon Ange gardien, les saluant tous avec tous les respects dont votre grâce me rend capable : les remerciant pour tous les secours qu’ils m’ont rendus, et les priant de les augmenter en la vue de vos miséricordes qui sont infinies, et leur demandant pardon du mauvais usage que j’en ai fait. 

dimanche 5 février 2012

Dimanche de la Septuagésime

Certains de nos frères entrent ce Dimanche en temps de Septuagésime. Prions tous le Seigneur pour qu’Il dispose nos cœurs au temps du Carême qui approche.

Le temps de la Septuagésime, selon la Légende dorée, de Mgr Jacques de Voragine

            La Septuagésime désigne le temps de la déviation, la Sexagésime le temps du veuvage, la Quinquagésime le temps de la rémission, la Quadragésime (ou Carême) le temps de la pénitence spirituelle. La Septuagésime commence au dimanche où l’on chante pour Introït Circumdederunt me, et finit le samedi avant Pâques. Elle a été instituée pour trois raisons que touche, en sa Somme de l’office de l’Eglise, maître Jean Belette, savoir pour la Rédemption. (…)

            La seconde raison pour laquelle la Septuagésime a été instituée c'est pour indiquer la déviation, l’exil et la tribulation de tout le genre humain depuis Adam jusqu'à la fin du monde. Or, cet exil est accompli dans l’espace de sept jours et est renfermé dans une révolution de sept mille ans ; car, par les soixante-dix jours, nous entendons soixante-dix centaines d'années. (…) C'est la raison pour laquelle, pendant le temps de la déviation et de notre exil, nous mettons de côté les chants de joie. (…)

Détails de l'Arc de Titus, à Rome :
L'enlèvement des objets sacrés du Temple de Jérusalem
   La troisième raison de l’institution de la Septuagésime, c'est qu'elle représente les soixante-dix ans pendant lesquels les enfants d'Israël restèrent en captivité à Babylone. 
Or, de même qu'ils mirent de côté leurs instruments de musique en disant : «Comment chanterons-nous le cantique du Seigneur sur une terre étrangère ? (Ps. 136)», de même aussi nous omettons les cantiques de louanges.

            Ce temps de captivité et d'exil des enfants d'Israël est encore l’image de notre pèlerinage ; parce que délivrés après soixante ans de captivité, nous aussi, nous le serons après le sixième âge du monde. Et de même encore qu'ils travaillèrent à rassembler leur bagage, de même aussi nous travaillons à accomplir les commandements de Dieu après notre délivrance. Mais arrivés dans la patrie, tout travail cessera, la gloire sera parfaite et nous chanterons de corps et d'âme un double Alleluia. C'est donc avec raison que, en ce temps d'exil, l’Eglise, tourmentée par une foule de tribulations et placée presque dans l’abîme du désespoir, tire des soupirs du fond du cœur pour crier dans son office : Circumdederunt me gemitus mortis (« Des gémissements de mort  m’ont environné »). En cela l’Eglise montre les tribulations multiples qu'elle éprouve et pour la misère qui l’étreint, et pour le double châtiment qu'elle reçoit, et pour a faute commise par quelques-uns de ses membres. Mais cependant afin d'éviter le désespoir, en l’Evangile et en l’Epître, sont proposés trois remèdes salutaires et une triple récompense.

La grande tour (de Babel), 
Pieter Bruegel l'Ancien, Vienne
      Le remède, si elle veut être parfaitement délivrée de ces misères, c'est de travailler à la vigne de son âme, en retranchant les vices et les péchés, ensuite de courir dans la carrière de la vie avec des œuvres de pénitence, enfin de combattre avec vigueur contre toutes les tentations du démon. 
Que si elle le fait, elle obtiendra une triple récompense : car, à celui qui aura travaillé, sera délivré le denier ; à celui qui aura bien fourni sa carrière, sera accordé le prix ; à celui qui aura combattu, la couronne. Or, parce que la Septuagésime est encore l’image de notre captivité, on nous propose un remède par lequel nous pouvons en être délivrés à savoir : par la course, en fuyant ; par le combat, en luttant ; par le denier, en rachetant. 

jeudi 2 février 2012

Fête de la Présentation de Jésus au Temple et de la Purification de la Vierge Marie



Célébration des Vêpres de la fête de la Présentation, prière finale de SS. le Pape Benoît XVI en la Basilique Saint-Pierre, le mardi 2 février 2011


O Marie, Mère de l’Eglise,
Je te confie toute la vie consacrée, 
afin que tu obtiennes pour elle 
la plénitude de la lumière divine :
qu’elle vive dans l’écoute
de la Parole de Dieu,
dans l’humilité de la sequela
de Jésus ton Fils et notre Seigneur,
dans l’accueil de la visite
de l’Esprit Saint,
dans la joie quotidienne
du magnificat,
pour que l’Eglise soit édifiée
par la sainteté de vie
de tes fils et de tes filles,
dans le commandement de l’amour.
Amen.


dimanche 29 janvier 2012

Anniversaire de la béatification de saint François de Sales


       Conformément au décret d’Urbain VIII[1],  selon lequel aucun Serviteur de Dieu ne pouvait bénéficier d’un culte tant que le Saint-Siège ne s’était pas prononcé solennellement, en attendant cinquante ans entre le décès et l’introduction d’une cause en béatification, la cause de M. de Genève avait dû attendre ce délai, qui prenait fin en 1662 exactement. Néanmoins, le Clergé de France n’avait pas attendu pour demander l’exaltation de l’évêque savoyard, puisque l’assemblée du Clergé de France écrivit au pape, le 19 août 1625 (trois ans après la mort de l’intéressé) : 
« Accordez donc, Très-Saint-Père, aux prières de notre assemblée et aux vœux unanimes de tous les peuples, l'effet de nos demandes, et puisque Votre juridiction s'étend jusqu'au ciel, ne tardez pas à déclarer la béatification de notre très-cher et très-respectable confrère, afin que ce qui n'a été jusqu'ici l'objet que d'une opinion humaine, mais universelle, et qui paraît bien fondée, acquière par Votre décret le degré de certitude nécessaire pour autoriser notre culte et pour affermir notre confiance »[2].

            À peine nommé sur le siège d’Évreux, Maupas fut envoyé par le Roi à Rome pour presser le procès de Mgr François de Sales. Il reçut les consignes du roi à Fontainebleau en septembre 1661[3], et arriva à la Ville éternelle début décembre, accompagné par Mgr Simon Legras, évêque de Soissons[4].

            Le décret de béatification fut signé le 28 décembre 1661, son dies natalis, trente-neuf ans auparavant, et le 8 janvier 1662 avait enfin lieu la béatification tant attendue de Mgr de Sales. « Le Pape voulut que Maupas, en qualité de député du clergé de France, célébrât pontificalement la Messe en cette solennité »[5], sur l’autel-même de la Confession de la basilique Saint-Pierre, grâce insigne rarement accordée, cet autel étant réservé au Souverain Pontife. Il s’agissait de la première béatification de l’histoire de l’Église[6].

            Le 2 janvier fut publiée par le vicaire général du Pape l’indulgence plénière pour les assistants de la Messe de béatification du dimanche suivant. En présence des cardinaux, des consulteurs de la Sacrée Congrégation des Rites, de l’archiprêtre, des chanoines et des clercs de la basilique Saint-Pierre, le solliciteur de la cause remit au préfet de ladite congrégation le bref apostolique de béatification, puis l’archiprêtre en fit lecture publique. Mgr de Maupas entonna ensuite le Te Deum d’action de grâces, tandis que toutes les images – sur l’autel comme dans l’église – du Saint étaient alors découvertes. Notre évêque chanta alors pour la première fois l’oraison en l’honneur du bienheureux François, puis célébra la Messe pontificale. Le pape Alexandre VII se rendit quant à lui dans la basilique après les Vêpres, afin de vénérer l’image du bienheureux. Le dimanche 29 janvier 1662, la même Messe fut célébrée, au jour propre de la fête, en les églises romaines de Saint-Louis-des-Français et du Saint-Linceul, en lesquelles une chapelle lui avait été érigée, puis à la fin de l’octave en l’église de la Trinité des Monts (du Mont Pincius)[7]. Le 29[8], la Visitation d’Annecy célébra également la Messe du Bienheureux, « trois mois avant qu’on y célébrât la fête de la béatification »[9], c’est-à-dire l’office liturgique propre. 

            L’évêque d’Évreux put annoncer l’heureuse nouvelle de l’honneur à lui échu, à ses confrères d’Outre-Monts, qui lui répondirent de hâter la canonisation. Celle-ci toutefois ne fut pas aussi rapide que prévu. Il fallait bien sûr l’intervention de nouveaux miracles[10], la sollicitation d’une commission apostolique de reprise de la cause grâce aux attestations épiscopales d’extension de la renommée de sainteté[11], voire des lettres royales et princières demandant la canonisation. Les nouveaux miracles seraient étudiés par les trois congrégations : l’antépréparatoire, la préparatoire et la générale, à laquelle une nouvelle étudierait l’opportunité et la sûreté d’une canonisation. Cette dernière, qui approuva aussi trois miracles[12], se tint en présence du Souverain Pontife le 14 février[13], soit sept semaines seulement après le décret de béatification, donc très rapidement. Alexandre VII approuva un peu plus tard la canonisation[14] et assembla trois consistoires[15].

            M. d’Évreux devait encore avoir le 1er mars 1662 l’honneur de consacrer vingt-sept autels de la basilique de Saint-Jean de Latran, la cathédrale de Rome ; et quatre jours plus tard, le Souverain Pontife le faisait célébrer en sa présence la Messe au Quirinal, et le nommait prélat assistant au trône pontifical[16].

            En février, le P. de Chaugy avait annoncé à sa sœur la reconnaissance des miracles, et lui demandait de régler les taxes d’usage pour les bulles. La Mère de Chaugy (du 1er monastère de la Visitation de Lyon) envoya l’argent, demandant un bref interdisant sous peine d’excommunication de retrancher quelque nouvelle relique du corps. Le pape le remit au brave Père[17], le 14 juillet 1662. Sur la demande expresse du Souverain Pontife, la Mère lui envoya néanmoins « la faucille du bras droit et les os du pouce de la main droite ». Ce fut M. de Maupas qui lui présenta les reliques en une boîte de satin cramoisi, accompagnées d’une lettre. « Le Saint-Père reçut ce présent avec une vénération inexprimable »[18].

Saint François de Sales recevant 
de SS Clément VIII la bulle de confirmation 
de son  élévation à l'épiscopat.
            Le lundi 21 août, jour anniversaire de la mort de l’évêque de Genève, Alexandre VII tint un consistoire secret. « Le cardinal Sacchetti fit un discours sur les vertus et les miracles du bienheureux François de Sales, après lequel le Saint-Père dit aux cardinaux : Êtes-vous d’avis qu’on procède à la canonisation de ce bienheureux ? Tous témoignèrent leur assentiment : Placet »[19]. Le jeudi 14 septembre, dans un consistoire public cette fois, l’avocat Prosper Bottini prononça en italien le panégyrique de M. de Genève, abrégé de sa vie, qui fit l’unanimité. Au nom du pape, son secrétaire, Mgr Nerli, archevêque de Florence, invita l’assemblée à se mettre en prière, et le cardinal-vicaire de Rome publia une indulgence plénière pour le jeûne des 21, 22 et 23 septembre en vue d’éclairer le Souverain Pontife. Le 2 octobre, lors d’un consistoire, tous les cardinaux et évêques donnaient leurs suffrages à la canonisation. À celui, semi-public, du lundi 11 octobre, tous les réitéraient. MM. du Puy et de Soissons, rappelés peu auparavant par leur roi, firent lire leur sentiment laissé par écrit. « J’y remarque dans celui de Henri de Maupas, note l’auteur de l’Histoire de la canonisation de S. François de Sales, qu’il s’y qualifie d’envoyé du roi très-chrétien, de député de tout le clergé de France et procureur général des religieuses de la Visitation. J’y remarque encore qu’il y compte plus de cent-vingt monastères de cet Ordre ». À partir de là, tout fut bloqué jusqu’en 1664. « Le P. de Chaugy, dans sa circulaire aux religieuses de la Visitation, d’août 1663, dit que la cause de ce délai fut le différend survenu entre le Pape et le roi de France »[20]. Selon l’abbé de Baudry, Rome attendait également d’être pressée par les princes.

            Biographe du prince-évêque de Genève[21], il l’était également de sa compagne sainte Chantal[22] : « Henri de Maupas a publié, étant évêque du Puy, la Vie de vénérable Mère Jeanne-Françoise Fremiot, fondatrice, première Mère et religieuse de l'Ordre de la Visitation de Sainte-Marie, qu'il dédia à la reine régente dont il était le premier aumônier ». Quant à l'autel de S. François de Sales, qu’il fonderait en sa nouvelle cathédrale, il « faisait face à la porte de la grande sacristie »[23]. Le prélat rapporta de Rome comme relique « une chasuble en satin vert et une mule de saint François de Sales. Il en fit don au Séminaire où la chasuble ne servait qu’à la fête de l’évêque de Genève »[24].



[1] Cf. Bref Cœlestis Jerusalem, du 5 juillet 1634.                
[2] In Baudry : op. cit., col. 1115. Le clergé de France réitéra ses demandes à Innocent X, le 11 août 1650, à Alexandre VII, les 12 janvier 1656, 2 septembre 1660 et 15 juin 1661.
[3] Abbé de Baudry : Notice bibliographique, historique et critique des auteurs qui ont écrit sur la vie de S. François de Sales, in Migne : Œuvres complètes de S. François de Sales ; Migne, Paris, 1861, vol. I, art. 19, col. 1191.
[4] Procès verbaux du Clergé ; t. IV, p. 4056.
[5] Baudry : op. cit., col. 1192.
[6] Cf. Benoît XIV : De canonizationibus ; I, 24, 3.
[7] Dans la première, M. de Soissons officia, tandis que son confrère ébroïcien faisait en français le panégyrique du Saint. Dans la seconde, M. de Belley célébra la Messe pontificale, et un Barnabite prêcha, en italien cette fois. Dans la troisième enfin, ce fut M. d’Évreux qui se chargea et de la Messe, et de la prédication, en français toujours... Cf. Baudry : Histoire de la canonisation de S. François de Sales, in Migne : op. cit., col. 1087-1088. 
[8] Ce même jour eut lieu à Rome une assemblée générale de la Congrégation des Rites pour fixer au 14 février l’authentification des 3 miracles : ceux de Jean-Claude Ricard (né avec 2 langues, et dont l’une disparut au contact d’une relique), de la guérison (de 22 maladies mortelles dont une paralysie universelle depuis 4 ans), par une goutte de sang de François, de Sr Marie-Judith Gilbert (Visitandine d’Annecy), et de la préservation de François Lachenal (meunier ayant dévalé les roches d’une falaise et tombé dans une rivière sain et sauf).
[9] Cf. Baudry : op. cit., col. 1102.
[10] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 25, 1 : « Ut pro obtinenda canonizatione, nova per indulta beatificationem miracula superveniant ».
[11] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 26, 1.
[12] Baudry remarque que ces 3 miracles-ci sont nécessairement antérieurs à la béatification ; op. cit., col. 1099-1100. Il s’agissait pour la Curie de la première application des nouvelles normes, d’où le flou.
[13] Baudry : op. cit., col. 1099.
[14] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 26, 7.
[15] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 34, 3-4 : un secret – où sont traités plusieurs cas de canonisations, pour limiter les frais des postulateurs (Idem : op. cit., VII, 13, 16) –, un public – ouvert aux évêques, consulteurs, officiers des Rites, protonotaires, avocats, gouverneur de Rome, et même aux ambassadeurs catholiques et députés des villes pontificales (Idem : op. cit., I, 34, 5), et où un avocat fait la harangue du Bienheureux (au maximum de deux), le cardinal secrétaire des brefs appelant à invoquer publiquement le Saint-Esprit (Idem : op. cit., I, 9sq) et chaque évêque présent à Rome recevant une vie et le récit des précédentes démarches – puis un semi-public – un par Bienheureux, devant les cardinaux, évêques et protonotaires apostoliques, les deux doyens de Rote, le secrétaire des Rites et le promoteur de la foi. Seuls les deux premiers donnent leur avis (motivé) par écrit au secrétaire des Rites, puis le pape le clôt en fixant la date de la canonisation.
[16] Cf. Fisquet : op. cit., p. 70.
[17] Qui avait ses entrées chez le pape. Cf. Baudry : op. cit., col. 1104.
[18] Cf. Baudry : op. cit., col. 1105.
[19] Baudry : op. cit., col. 1105.
[20] Baudry : op. cit., col. 1106.
[21] Cf. Mgr de Maupas : Vie du vénérable serviteur de Dieu François de Sales, évêque et prince de Genève, fondateur des religieuses de la Visitation Sainte-Marie ; Paris, 1657.
[22] Cf. Maupas : Vie de la vénérable Mère Jeanne-Françoise Frémyot, fondatrice, première Mère et religieuse de la Visitation Sainte-Marie ; Paris, 1644. Sera aussi publié, à Rouen cette fois, en 1696, un Abrégé de l’esprit intérieur des religieuses de la Visitation Sainte-Marie.
[23] Chassant : op. cit., p. 164.
[24] Bonnenfant : op. cit., p. 175.

samedi 28 janvier 2012

Saint Thomas d'Aquin, Docteur de l'Eglise

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, est appelé "Docteur Angélique" mais aussi "Docteur Commun de l'Eglise". Il est l'auteur de l'Office de la Fête-Dieu, notre fête titulaire, et de magnifiques hymnes en l'honneur du Saint Sacrement comme le Tantum ergo Sacramentum que nous chantons aux Saluts du Saint Sacrement. 
Par sa vertu, sa pureté et toute sa vie, les Pontifes le qualifièrent d'angélique, tout pénétré d'esprit d'adoration ; par sa doctrine admirable, il révéla à beaucoup les grandeurs des mystères sacrés de notre foi, comme les saints Anges qui portèrent la Bonne Nouvelle. Docteur commun, tous les futurs Prêtres doivent , par une demande formelle de l'Eglise, l'étudier d'une manière particulière (Décret Optatam Totius sur la formation des Prêtres, n.16 ; Déclaration Gravissimum educationis, sur l'éducation  n.10). Mettons-nous à son école pour aimer, adorer et servir Dieu, et proclamer par toute notre vie ces saints Mystères de la foi.

« Somme Théologique », Ia pars, question 62 : 
L’élévation des Anges à la grâce et à la gloire.

Article 2 : Les Anges avaient-ils besoin de la grâce pour se tourner vers Dieu ?

            Réponse : Les Anges ont eu besoin de la grâce pour se tourner vers Dieu en tant qu'il est l'objet de la béatitude. Comme on l'a dit plus haut en effet, le mouvement naturel de la volonté est principe de tous les autres vouloirs Or, l'inclination naturelle de la volonté a pour objet ce qui est adapté à la nature. Ce qui est au-dessus de la nature ne peut donc devenir objet de la volonté si celle-ci n'est pas aidée par quelque principe surnaturel. Ainsi en est-il du feu : il possède bien une inclination naturelle à chauffer et à se communiquer, mais produire ou engendrer de la matière vivante dépasse son pouvoir naturel, et il n'y est nullement incliné si ce n'est pour autant qu'il est mu, à titre d'instrument, par l'âme nutritive.

            Or nous avons montré en traitant de la connaissance de Dieu, que la vision de l'essence divine, objet de la béatitude suprême pour la créature rationnelle, dépasse la nature de toute intelligence créée. C'est pourquoi aucune créature rationnelle ne peut avoir un mouvement de volonté ordonné à cette béatitude, si elle n'est mue par un agent surnaturel. Et c'est ce que nous appelons le secours de la grâce. La volonté de l'Ange n'a donc pu se tourner vers cette béatitude sans le secours de la grâce.

Article 3 : Les Anges ont-ils créés en grâce ?

Enluminure,
La création des 9 choeurs des Anges
            Réponse : Sur ce sujet, il y a diverses opinions. Les uns disent que les Anges ont été créés avec leur nature seulement ; les autres qu'ils ont été créés en grâce. Il semble pourtant que l'on doive regarder cette seconde opinion comme plus probable et plus conforme à l'enseignement des Pères. D'après S. Augustin, en effet, toutes les choses qui, au cours du temps, sont produites par l'œuvre de la Providence divine, la créature opérant sous la motion de Dieu, ont été réalisées en leur première condition à l'état de raisons séminales : tels les arbres, les animaux, et autres réalités du même genre. Or, il est manifeste que la grâce sanctifiante peut être comparée à la béatitude comme la raison séminale dans la nature à son effet naturel. Aussi dans S. Jean (I Jn 3,9) la grâce est-elle appelée « semence de Dieu ». De même donc qu'au premier instant de la création, ont été produites les raisons séminales de tous les effets naturels, ainsi, dès le principe, les Anges ont-ils été créés en grâce.

Article 4 : Les Anges ont-ils mérités leur béatitude ?

            Réponse : La béatitude parfaite est naturelle à Dieu seul, car en lui béatitude et existence sont identiques.

            Pour la créature, la béatitude n'est pas naturelle, mais représente sa fin ultime. Or, toute chose parvient à sa fin par le moyen de son opération. Cette opération conduisant au terme est soit productrice de la fin quand celle-ci n'excède pas la puissance de l'agent, comme le remède produit la santé ; soit méritoire à l'égard de la fin, quand la réalisation de celle-ci dépasse le pouvoir de l'agent, qui ne peut alors l'attendre que d'un autre. Nous avons montré que la béatitude ultime surpasse le pouvoir de la nature angélique et humaine. Il appartient donc à l'homme, comme à l'Ange, de mériter sa béatitude. Et si nous admettons que l'Ange a été créé dans la grâce, sans laquelle il n'y a pas de mérite, il est aisé de voir qu'il a pu mériter sa béatitude. Il en serait de même si l'on admettait que l'Ange a possédé la grâce à un moment quelconque avant la gloire. Mais si l'on prétend que l'Ange n'a pas possédé la grâce avant d'être bienheureux, il faut dire alors qu'il a reçu la béatitude sans mérite de sa part, comme nous-mêmes recevons la grâce. Or cela va à l'encontre du concept même de béatitude, laquelle a raison de fin et est la récompense de la vertu, selon le Philosophe. (…) L'Ange, avant d'être béatifié, a eu la grâce qui lui a permis de mériter sa béatitude. 


Comme nous, les saints Anges ont du choisir librement de se mettre au service de Dieu. Comme nous, ils ont été créés parfaits et purs, dès l'origine, et ils ont du persévérer dans cet état de grâce ; ce qu'Adam et Eve, nos premiers parents, ne firent pas. Certains se sont dévoyés, d'autres ont été parés de mille grâces, et c'est à cela que nous sommes appelés : devenir cohéritiers avec le Christ notre Seigneur de la gloire éternelle si nous persévérons dans les grâces du Baptême par toute notre vie chrétienne. Puisse l'intercession de saint Thomas et de tous les Anges nous donner la force nécessaire pour accomplir notre devoir d'état.