dimanche 24 juillet 2016

Miséricorde, avez-vous dit ? Gardons-nous des caricatures qui nous détournent du Ciel !

Lu sur Benoit-et-moi.fr/2016

L’abbé M, un prêtre français, m’envoie cette réflexion que je publie avec grand plaisir, sur ce qu’il voit comme le plus grand danger auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui: la miséricorde évangélique authentique et ses caricatures antichristiques largement diffusées et répandues


Entre vraie et fausse Miséricorde


Abbé M., le 11 juillet 2016

Depuis maintenant des mois, l’ensemble du monde catholique vit au rythme de la dynamique jubilaire censée favoriser une prise de conscience salutaire de la centralité de la miséricorde divine. 
Mais qu’entend-t-on précisément par cette expression ? 

Mosaïques du choeur de la Basilique du Sacré-Cœur et du Christ-Roi,
appelée au le Vœu national, Montmartre, Paris.
Les divers discours et publications ne l’abordent souvent que de manière trop superficielle, comme pour en atténuer la portée où en réduire l’exigence. Aussi louable que soit la volonté du Pape de renouveler l’Eglise en la plongeant au cœur même du mystère de la foi, cette démarche n’est pas sans danger. En effet, si l’on n’a pas une compréhension globale et juste du mystère de la miséricorde divine, si la clarté théologique en vient à manquer ou, pire encore, si certains voudraient profiter de l’occasion pour lui donner de nouveaux contours, alors cette année risquerait de conduire le peuple de Dieu à une méprise fatale et aux confusions les plus funestes. 

Le très grave danger qui guette l’Eglise tient en la possibilité d’une promotion caricaturale du plus grand des attributs de Dieu. Si la tentation d’une miséricorde au rabais et dénaturée devenait effective, nous serions alors confrontés à une imposture substantiellement destructrice de l’ensemble de la vie chrétienne. 

La miséricorde divine est un tryptique où chaque élément est vitalement lié aux deux autres. Ce mystère débute avec la prise de conscience de sa propre misère, de son mal, de son péché. Le premier pas correspond à la reconnaissance lucide du péché présent dans sa vie. Ne pas être capable d’ouvrir les yeux sur son mal et ne pas vouloir poser un diagnostic adéquat, assimile le chrétien au malade qui nie sa maladie. Evidemment, sans maladie le médecin est aussi superflu que la Joconde exposée à la vue d’un aveugle. Le mystère de la miséricorde s’enracine donc dans l’humilité qui accueille et accepte, même douloureusement, la vérité. Qui fait la vérité vient à la lumière affirme le Christ... Cette première étape, absolument essentielle, fait malheureusement souvent défaut dans notre monde sécularisé. Pie XII ne constatait-il pas déjà de son temps la prégnance de l’orgueilleuse négation de la notion même de péché, de cet orgueil qui prétend ne plus avoir besoin du Christ Sauveur ? 

Sainte Marie Madeleine, exemple de tous les Pénitents
qui reçoivent en acte et en vérité la Miséricorde divine.
Le second temps consiste à aller auprès du Seigneur, chargé de son fardeau écrasant, pour implorer humblement son pardon et sa guérison. Seule une disposition intérieure d’ouverture à la Vérité permet à Dieu de déverser sa miséricorde dans le cœur humain de manière à en extirper la gangrène du péché. Il ne peut pleinement agir selon son plan de salut qu’avec le concours de la liberté humaine. La toute-puissance de son Amour infini peut être littéralement muselée par une liberté qui n’en veut pas. Sans le "oui" lucide et confiant de l’homme, Dieu ne peut pratiquement rien pour lui. 

Le dernier pas consiste en la décision ferme et persévérante de conformer concrètement sa vie à la volonté de Dieu exprimée par ses Commandements. Autrement dit, la miséricorde divine doit nous convertir au sens le plus fort et nous faire prendre le chemin de la sainteté. Zachée a été transformé par cet amour miséricordieux du Christ au point de réparer ses torts au quadruple. A la pécheresse adultère, le Christ a enjoint de ne plus pécher...

Or, il appert qu’aujourd’hui l’accent est mis presque exclusivement sur un seul de ces trois éléments - l’amour miséricordieux de Dieu. Mais l’oubli de l’exigence de la Vérité et l’occultation implicite de l’impératif de notre correspondance aux Commandements divins, font courir à l’Eglise le risque de formuler une conception de la miséricorde sans relation aucune avec sa compréhension bi-millénaire. 

L’enjeu de cette année est donc immense. L’Eglise ne serait-elle pas dans l’obligation de devoir choisir entre la fidélité au véritable mystère de la miséricorde et sa caricature antichristique ? Entre la fidélité intransigeante à la volonté divine et la manufacturation d’une doctrine sur mesure, compatible avec l’égoïsme étroit du vieil homme ? Une miséricorde qui ne fait plus porter à l’homme des fruits de sainteté ne serait rien de moins que la perversion la plus subtile et la plus destructrice de la foi catholique. Si un peu de levain fait monter toute la pâte, une erreur affectant la pièce maîtresse ruine l’ensemble de l’édifice. Pour le bien du peuple de Dieu, il est donc urgent de démasquer la logique mensongère de cette miséricorde amputée où se mêlent confusément vérité et erreur. Quelle est cette logique?

Elle part de l’affirmation de l’amour infini de Dieu pour nous. C’est vrai ! Elle continue en disant que Dieu aime inconditionnellement l’homme, tel qu’il est et quoi qu’il fasse. C’est encore vrai ! Elle renchérit en faisant remarquer que Dieu fait tout contribuer au plus grand bien de l’homme. C’est toujours vrai !

La parabole du riche et du pauvre Lazare. On peut être infiniment riche
de l'amour de Dieu et Le mépriser. Puisque nous sommes libres,
libres à nous de recevoir en acte et en vérité l'amour de Dieu ou 
de le refuser. Mais à nos risques et périls. Dieu est bon, nous 
sommes libres...
De cela, on en vient à conclure que l’on peut continuer à vivre sans avoir à se convertir, sans devoir changer de vie puisque de toute façon Dieu continue d’aimer le pécheur d’un même amour. Cette miséricorde d’un nouveau type va même jusqu’à admettre que ceux qui vivent en contradiction objective avec la volonté divine peuvent confortablement continuer sur le même chemin. Cela signifie que tout en continuant à vivre dans un état objectif de péché on pourrait bénéficier des grâces divines... Erreur fatale ! Cette conception complètement erronée de la miséricorde est aux antipodes de l’Evangile qui nous dit "convertissez-vous!". Elle contredit deux milles ans d’enseignement chrétien et de pratique pastorale. Si cette vision de la miséricorde s’imposait dans l’Eglise, elle signerait sa reddition sans condition à l’esprit du monde. 

Si la miséricorde dans sa version 2016 devient le prétexte qui cautionne les choix les plus peccamineux et prétend libérer la vie chrétienne des Commandements de Dieu, il faut avoir le courage de dire haut et fort que cette doctrine reflète le visage de l’Antichrist. Cela n’a jamais été le message de l’Evangile et ne le sera jamais.

"C’est ici la persévérance des saints, de ceux qui gardent les Commandement de Dieu et la foi en Jésus" (Ap 14, 12).



vendredi 22 juillet 2016

Les vacances, temps propice pour envoyer des lettres à ses proches

Livres et lettres du vénérable abbé Henri Marie Boudon
Préface de la première édition des lettres du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Les ouvrages de M. Boudon lui ont assuré un rang distingué parmi les auteurs ascétiques. Ce n’était ni le désir de se faire un nom, ni l’esprit de critique, ni la passion de l’intérêt qui conduisaient sa plume. C’était l’unique vue de Dieu, et de Dieu seul, le désir ardent de multiplier ses adorateurs : la passion de lui gagner des cœurs qui le déterminaient à écrire. C’était ce même motif, à l’exclusion de tout autre, qui l’engageait à entretenir tant de correspondances épistolaires pour crier de toutes parts au feu de l’amour divin, selon son expression favorite.

On lui écrivait non seulement de toutes les provinces de France, mais d’Italie, de Flandre, d’Allemagne et même de l’Asie et de l’Amérique, soit pour lui demander des avis spirituels, soit pour conférer avec lui sur les moyens les plus propres à établir le règne de Dieu, et il répondait exactement à tous ceux qui s’adressaient à lui. Depuis longtemps, et surtout depuis que M. Collet a donné sa Vie au public, on demandait avec empressement l’impression de ses lettres.

Quelque désir qu’on ait eu de répondre à ce pieux empressement, quelques démarches que l’on ait faites pour cela, on n’a pu rassembler qu’environ trois cents lettres, presque toutes en original, et quelques-unes seulement en très petit nombre sur des copies authentiques.

Quoiqu’elles portent toutes l’empreinte de la piété et du zèle dont M. Boudon était rempli, cependant pour ne pas trop multiplier les volumes, on a cru ne devoir faire choix que de celles que l’on a jugées les plus édifiantes et les plus intéressantes. Ce sont ces lettres que l’on donne aujourd’hui au public avec d’autant plus de confiance qu’il a paru les désirer avec plus d’ardeur. En effet, les lettres sont presque toujours ce qu’il y a de plus intéressant parmi les ouvrages de toutes sortes d’auteurs. Elles sont à l’égard des autres ouvrages ce que la conversation est à l’égard des harangues et des actions publiques. Et comme il n’y a personne qui n’aimât mieux converser avec tout ce qu’il y a eu de grands hommes et de saints personnages que de les entendre parler en public, il n’y a personne aussi qui ne soit plus touché de ce qui nous reste de leurs lettres que de leurs autres ouvrages, parce qu’enfin on aime à voir les hommes tels qu’ils sont, et que ce qui les montre sous leur forme naturelle, et avec le plus de naïveté est toujours ce qui plait le plus.

Quelques lecteurs désireraient peut être que l’on eût mis dans cette édition quelques notes de plus pour éclairer certains endroits des lettres ou pour mieux faire connaître les personnes dont parle M. Boudon, mais ces notes seraient superflues pour quiconque a lu la vie de M. Boudon et elles seraient insuffisantes pour ceux qui ne l’ont pas lue. Nous exhortons donc à lire d’abord sa Vie pour lire ensuite ses lettres avec plus d’intérêt et plus de fruit.

Dans ce recueil de lettres on n’a point pu suivre l’ordre de la chronologie parce que M. Boudon ne datait ordinairement ses lettres que du jour du saint dont l’église célébrait la mémoire, sans marquer l’année où il écrivait. Cependant, en examinant de près certaines circonstances de ces lettres, on a essayé d’approcher le plus qu’il était possible de l’ordre chronologique. Mais si le public perd quelque chose de ce côté-là, il ne perdra rien du côté de l’exactitude, et il verra avec plaisir et avec édification les lettres entières dont il n’a vu jusqu’ici que des fragments dans les diverses Vies qui ont paru du saint archidiacre.

Plaise à l’Etre suprême de bénir un travail qui n’a été entrepris que pour sa gloire, et pour faire connaitre de plus en plus les lumières, la piété, l’humilité et le zèle de l’homme de Dieu seul.


Tout le monde sait dans quelle région se trouve le Mont Saint-Michel donc
nous n'entrerons pas dans cette polémique inutile !

mardi 19 juillet 2016

Les vacances, temps propice pour lire de bons livres

Livres et lettres du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 323

J’ai reçu hier une lettre du Canada ; l’un des grands vicaires m’écrit que notre bon Sauveur répand sa bénédiction sur les livres que sa miséricordieuse providence m’a fait donner au public ; il me dit qu’il les a distribués, celui de la très sacrée Vierge et des saints Anges, aux deux séminaires de Québec et de Montréal, au collège de Québec, à la grande congrégation, aux couvents des Récollets de Québec, aux deux maisons de l’hôpital général de Québec et de Montréal, aux deux monastères des Ursulines de Québec et des Trois Rivières.

Je lui avais mandé que c’était par les libéralités de l’un de mes amis, il m’écrit qu’il vous a recommandé à tous ceux à qui il a donné les livres et qu’il offrira le très divin Sacrifice pour vous. Il souhaiterait que vous continuassiez cette œuvre de Dieu pour quantité d’autres maisons ou assemblées dans le Canada qui n’en ont point eu.

J’ai de la peine à vous le proposer car c’est une dépense considérable, car il dit qu’il en faudrait encore au moins deux douzaines de chaque. Cependant je vous le propose simplement ; à la vérité, c’est une grande œuvre pour la gloire de notre bon Sauveur, de son immaculée Mère vierge et les bons anges.

En cela, en votre manière, vous ferez une grande mission en Canada et pour durer longtemps par les livres qui sont des prédications permanentes. Il dit qu’il lui resterait à en envoyer aux quatre résidences des RR.PP. jésuites qui sont à Montréal, à Laurette et à Saint-François, à deux couvents de Récollets qui sont aux Trois Rivières et à Montréal, à quatre ou cinq séminaires d’écoliers, à l’une de leurs maisons qui est à sept lieues de Québec, à neuf résidences des sœurs de la Congrégation établies en différents lieux, et dans une petite ville qu’on appelle Ville-Marie qui est dans l’île de Montréal et qui instruisent les filles composées de pensionnaires, d’écolières externes et de congréganistes externes, lesquelles s’assemblent chez elles les jours du dimanches et de fêtes et de quelques autres maisons. Il ajoute que les livres sont merveilleusement goûtés par les bonnes âmes.




samedi 16 juillet 2016

Notre Dame du Mont Carmel, priez pour nous !

"Celui qui mourra revêtu du saint Scapulaire, sera préservé des feux éternels ; c'est un signe de salut, une sauvegarde dans les périls et le gage d'une paix et d'une protection spéciale jusqu'à la fin des siècles."

Paroles de Notre Dame à saint Simon de Stock

L'Ordre du Carmel a une origine aussi ancienne que glorieuse ; cet Ordre n'est que la continuation de l'école des prophètes établie au mont Carmel par le prophète Élie. Les disciples de cette école furent au premier rang parmi les convertis au christianisme naissant, et le Carmel devint le berceau de la vie monastique depuis Jésus-Christ.

Après la dispersion des Apôtres, l'an 38, ils bâtirent une chapelle en l'honneur de Marie et se vouèrent tout spécialement à célébrer Ses louanges. Plus tard, ils eurent beaucoup à souffrir des Sarrasins et des Musulmans.

C'est à l'occasion des épreuves subies par l'Ordre du Carmel au temps des Croisades que les Carmes vinrent en France avec le roi saint Louis. Ils y établirent plusieurs maisons et allèrent même s'implanter en Angleterre, où ils eurent le bonheur de voir saint Simon de Stock embrasser leur Institut. Ce grand Saint devint, en 1245, supérieur général des Carmes, et n'oublia rien pour rallumer la dévotion à Marie dans son Ordre.

La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel a pour but de rappeler une grâce insigne accordée par Marie à l'Ordre du Carmel et par lui à toute l'Église. Dans la nuit du 16 juillet, Simon Stock demandait, avec une ferveur toute spéciale, la protection de la Sainte Vierge sur son Institut. Au lever de l'aurore, Marie lui apparut, accompagnée d'une multitude d'anges, environnée de lumière et vêtue de l'habit du Carmel. Son visage était souriant ; dans ses mains Elle tenait le scapulaire de l'Ordre. Devant le saint, Elle s'en revêtit Elle-même, en disant :
"Reçois, mon cher fils, ce Scapulaire de ton Ordre comme le signe distinctif de ma confrérie et la marque du privilège que j'ai obtenu pour toi et les enfants du Carmel. Celui qui mourra revêtu de cet habit sera sauvé, il ne souffrira jamais les feux éternels. C'est un signe de salut. Une sauvegarde dans les dangers, un gage de paix et d'éternelle alliance."

Cathédrale des Saints Pierre et Paul de Saint-Claude,
Notre Dame du Mont Carmel et du Saint Rosaire
Le Saint fit des miracles pour confirmer la réalité de cette vision. Ce fut l'origine de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel, pour les chrétiens qui, ne pouvant embrasser la Règle, veulent attirer sur eux les bénédictions promises au scapulaire. Le privilège le plus considérable accordé à la confrérie du Mont-Carmel après celui que Marie fit connaître à saint Simon Stock, est celui qui fut révélé au Pape Jean XXII : la délivrance du purgatoire, le samedi après leur mort, des confrères du Mont-Carmel qui auront été fidèles à l'esprit et aux règles de la Confrérie.

Outre ces deux privilèges, il y a de nombreuses indulgences attachées au scapulaire.

La signification profonde du Scapulaire est éminemment consolante. En effet, il s'agit de sauver les âmes de l'enfer en les unissant à son Ordre dont la Vierge est la Reine et les aidera à aller au Ciel. Pie XII, dans la lettre " Neminem profecto " du 11 février 1950, écrivait à ce sujet :
"II ne s'agit pas d'une chose de peu d'importance, mais bien d'acquérir la vie éternelle en vertu de cette promesse de la Bienheureuse Vierge que la tradition rapporte ; il s'agit donc d'une affaire de toutes la plus importante et de la manière de la conduire à terme en toute sécurité. Le Scapulaire comme vêtement de la Vierge, c’est le signe et le gage de la protection de la Mère de Dieu."

Le 6 août 1950, le même Pape ajoutait :
"Combien d'âmes, en des circonstances humainement désespérées, ont dû leur suprême conversion et leur salut éternel au Scapulaire dont ils étaient revêtus ! Combien aussi, dans les dangers du corps et de l'âme, ont senti, grâce à lui, la protection maternelle de Marie !"

Le Scapulaire est un vêtement, c'est l'habit de la Vierge. Dans la Sainte Écriture, le vêtement est signe d'une dualité : il symbolise la chute originelle de l'homme déchu de la grâce et la possibilité pour lui de revêtir une gloire perdue (Gen 3.). Par là même, le vêtement est le signe de la nature spirituelle de l'homme et de sa destinée surnaturelle. Le prophète Isaïe (61, 10) chante dans son action de grâce :
"Je suis plein d'allégresse dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu, car il m’a revêtu de vêtements de salut, il m’a drapé d’un manteau de justice, comme l’époux qui se coiffe d’un diadème, comme la fiancée qui se pare de ses bijoux."

Le fils prodigue, à son retour, a été revêtu par son père de la plus belle robe, signe de pardon (Luc XV, 22.).
L'apôtre saint Paul nous montre quels sont les vêtements du bon soldat du Christ : "
Mettez tous vos soins à vous revêtir de L’armure de Dieu... Ceignez vos reins de la ceinture de la chasteté... Revêtez la cuirasse de la justice... Prenez Le bouclier de la foi... Couvrez-vous la tête du casque du salut " (Ep. VI.).

L'Apocalypse de saint Jean nous montre au jugement dernier une foule immense devant l’Agneau, vêtue de robes blanches (Apoc VII, 14.).

Le Scapulaire est lui aussi un vêtement de salut, une cuirasse et un bouclier spirituels, une robe d'innocence dont nous revêt la Mère de Dieu. L'habit est un signe d'appartenance de celui qui le porte à la personne de qui il l'a reçu, et, en retour, de la protection de cette personne. Le Scapulaire manifeste donc, de la part de celui qui le porte, la consécration et l'appartenance volontaire à Marie, et de la part de Notre-Dame, l'engagement à secourir celui qui le porte en toute occasion, particulièrement à l'heure de la mort.

Procession de Notre-Dame du Mont Carmel ... à Bethléem, Terre Sainte
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, donne aux dévots serviteurs de Marie (au nombre desquels ceux qui portent le Scapulaire auront à cœur d'être comptés) un programme de vie en l'honneur de la Mère de Dieu :
" Faire toutes nos actions par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie, afin de les faire plus parfaitement par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, en Jésus et pour Jésus." (n. 43.).

A propos du port du scapulaire mais aussi des autres vraies dévotions et instruments de dévotions extérieures, le même saint Louis-Marie nous encourage :
" Les pratiques extérieures bien faites aident les intérieures, soit parce qu'elles font ressouvenir l'homme, qui se conduit toujours par les sens, de ce qu'il fait ou doit faire ; soit parce qu'elles sont propres à édifier le prochain qui les voit, ce que ne font pas celles qui sont purement intérieures.
Qu'aucun mondain donc ne critique ni ne mette ici le nez pour dire que la vraie dévotion est dans le cœur, qu'il faut éviter ce qui est extérieur, qu'il peut y avoir de la vanité, qu'il faut cacher sa dévotion, etc...
Je leur réponds avec mon Maître : "que les hommes voient vos bonnes œuvres, afin qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux (Matth. V, 16.), non pas, comme dit saint Grégoire, qu'on doive faire ses actions et dévotions extérieures pour plaire aux hommes et en tirer quelques louanges, ce serait vanité ; mais on les fait quelquefois devant les hommes, dans la vue de plaire à Dieu et de le faire glorifier par là, sans se soucier des mépris ou des louanges des hommes"."

Plus loin, le même saint remarque :
"Une des raisons pourquoi si peu de chrétiens pensent à leurs vœux du saint baptême et vivent avec autant de libertinage que s'ils n'avaient rien promis à Dieu, comme les païens, c'est qu'ils ne portent aucune marque extérieure qui les en fasse ressouvenir."


Ô COMBIEN DE MIRACLES ET DE GRÂCES !


- Le Vénérable François de Yepes, tertiaire du Carmel, voyait souvent des démons qui s'efforçaient de le tenter. Un jour, alors qu'il baisait respectueusement son Scapulaire avant de le mettre, Satan s'approcha de lui, portant une chaîne d'or, et lui dit :
" Allons donc, porte plutôt cette chaîne d'or, et jette loin de nous cet objet qui nous est insupportable et ne sert qu'à nous tourmenter. Et cesse de persuader tant de personnes de le vénérer et de le porter."

Une nuit où il avait fait tomber son Scapulaire en se donnant la discipline, il vit les démons s'approcher de lui, et, tandis qu'il se hâtait de remettre le manteau de Marie, lui crier avec fureur :
Notre Dame du Mont-Carmel délivrant les âmes
bénies en Purgatoire.
"Enlève, enlève cet habit qui nous fait perdre tant d'âmes : car elles nous échappent, celles qui, en étant revêtues, meurent pieusement". François de Yepes leur fit avouer que trois choses les tourmentaient et leur étaient insupportables : "le Nom de Jésus, le Nom de Marie et le Scapulaire du Carmel"."

- Saint Alphonse de Liguori était mort en 1787 avec le Scapulaire du Mont-Carmel. Or, quand, au cours de son procès de béatification, on ouvrit sa tombe, on constata que le corps du saint évêque était réduit en poussière, ainsi que ses vêtements. Seul son Scapulaire était parfaitement intact! Cette relique précieuse est aujourd'hui exposée au Monastère Saint Alphonse de Rome. Un siècle plus tard, le même phénomène de conservation miraculeuse du Scapulaire fu constaté lorsqu'on examina les reliques de saint Jean Bosco.

- Un vieil homme est amené, inconscient, à l'hôpital Saint-Simon de Stock, à New-York. L'infirmière, voyant sur sa chemise un Scapulaire brun, appelle un prêtre. Pendant que celui-ci récite les prières des agonisants, le malade ouvre les yeux et murmure :
" Mon Père, je ne suis pas catholique.
- Pourquoi alors portez-vous le Scapulaire ?
- J'ai promis à des amis de le porter et de dire chaque jour un " Je vous salue, Marie ".
- Vous êtes mourant, lui dit le prêtre. Voulez-vous devenir catholique ?
- Oui, mon Père. Toute ma vie, je l'ai désiré."
Le prêtre le prépare rapidement, puis le baptise et lui donne les derniers sacrements. Peu de temps après, le vieil homme mourait doucement. La Bienheureuse Vierge Marie avait pris sous sa protection cette âme revêtue de son Habit.


QUESTIONS PRATIQUES CONCERNANT LE SCAPULAIRE


1. On devient membre de la Confrérie du Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel par la réception du Scapulaire, qui doit obligatoirement être " imposé " , c'est à dire placé autour des épaules, en utilisant le rituel prévu à cet effet.
En cas d'urgence (péril de mort) et s'il était impossible de trouver un prêtre, un laïc pourrait imposer, à lui-même ou à un autre, en récitant une prière à la Sainte Vierge, un scapulaire précédemment bénit par un prêtre.

2. Tout prêtre ou diacre peut désormais faire l'imposition du Scapulaire (il n'est plus nécessaire, comme par le passé, d'une autorisation spéciale de l'Ordre des Carmes déchaux). Il faut pour cela utiliser une des formules de bénédiction prévues par le Rituel romain. Certains laïcs, munis des pouvoirs nécessaires donnés par l'Ordre du Carmel, peuvent également l'imposer.

3. Le Scapulaire du Mont Carmel est composé de deux morceaux de laine brune de forme rectangulaire ou carrée, non tricotés mais tissés, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l'autre sur le dos. L'image de la Sainte Vierge n'est pas nécessaire, mais c'est une pieuse et louable coutume qu'elle y soit attachée.

4. Le Scapulaire doit être porté de manière moralement continuelle (donc aussi pendant la nuit) ; on peut bien sûr l'enlever pour se laver, sans cesser de bénéficier de la promesse. Il peut être dissimulé sous les vêtements. Il est bénit une fois pour toutes lors de l'imposition. Lorsqu'un Scapulaire est sali ou usé, on peut donc le remplacer sans aucune nouvelle cérémonie de bénédiction ou d'imposition (la bénédiction du premier Scapulaire passe aux suivants).

5. La médaille du Scapulaire.
Le Pape Saint Pie X a concédé la faculté de remplacer le Scapulaire de tissu par une médaille, surtout en raison de la rapide corruption de l'étoffe dans les pays chauds. Cette concession a été depuis étendue au monde entier. On peut donc avec la médaille du Scapulaire bénéficier des trois promesses de la Très Sainte Vierge :
- préservation des flammes éternelles,
- libération du purgatoire (privilège sabbatin),
- protection contre les dangers de l'âme et du corps.

Il faut toutefois remarquer que la médaille ne peut être imposée. Il est donc indispensable de recevoir, selon les normes prescrites ci-dessus, un premier Scapulaire en tissu : seulement après, on peut le remplacer par la médaille (préalablement bénite avec la formule de bénédiction du Scapulaire, ou par un simple signe de croix).

La médaille doit représenter d'un côté Notre Seigneur montrant son Cœur, de l'autre la Sainte Vierge. On peut porter la médaille du Scapulaire autour du cou ou sur soi d'une autre manière. Si l'on change de médaille, il n'est pas nécessaire que la nouvelle médaille reçoive une bénédiction. Cependant, il faut insister sur le fait que l'Église préfère le Scapulaire en étoffe, parce que celui-ci représente mieux le vêtement donné par la Sainte Vierge à saint Simon Stock.

La concession de la médaille n'est qu'une dispense, et les papes saint Pie X et Benoît XV qui l'ont octroyée, ont ajouté qu'ils désiraient que les fidèles continuent à porter, si possible, le Scapulaire en laine.


On peut d'ailleurs remédier à l'inconvénient de l'usure du tissu, en protégeant le Scapulaire avec une enveloppe en plastique, ou plus simplement en changeant souvent de Scapulaire. Le Scapulaire usé doit être brûlé ou jeté enveloppé, de manière à ne pas risquer d'être profané.



jeudi 14 juillet 2016

14 juillet - prière de réparation au Sacré-Cœur pour les horreurs commises par les révolutionnaires contre notre pays et l'Eglise

Du vénérable abbé Henri-Marie Boudon, 
Exhortation sur la sainte Vierge »

O digne et très précieux Cœur auprès duquel tous les cœurs ne sont rien !

Grand Cœur qui avez compris celui que le ciel et la terre ne peuvent comprendre !

O Cœur vraiment royal, c’est par vous que les rois règnent, que les justes vivent cœur à cœur, à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre, devant qui toutes les grandeurs royales du monde ne sont qu’un beau rien… hélas ! nous vous demandons pardon de nos trahisons, de nos discordes, de nos séditions.

Nous regrettons, nous nous désolons et même, devrions-nous le faire avec des larmes de sang tous les moments de notre vie où nos cœurs n’ont pas été assujettis à votre autorité.


Vraiment nous avons bonne grâce de comparaître encore en votre sainte présence.
Oh ! de quelle confusion nos visages devraient être couverts !
Dans quel abîme d’humiliations nos esprits devraient-ils se trouver !

Hélas ! oui, nous avons été des séditieux ; nous l’avons été en face du ciel et de la terre ; vous l’avez vu, belles intelligences, et vous l’avez souffert avec votre charité qui ne se lasse jamais ; et cependant nous avons tant et tant de fois désapprouvé les séditions des Juifs envers leurs princes.
Hélas ! nous nous amusions à en parler pendant que nous en commettions d’insupportables en votre endroit.


Pardon, Cœur charitable et le plus charitable de tous les cœurs !
Nous voulons, à l’avenir, vous être de fidèles sujets. Nous reconnaissons votre autorité royale ; nous nous soumettons à vos divins pouvoirs, prosternés au pied du trône de vos grandeurs avec les plus humbles soumissions dont nos esprits et nos âmes sont capables.

Les Saints Anges protégeant les armes de France
Ah ! que de joie conçoivent nos pauvres cœurs à la vue de vos délices ; que nous sommes contents de votre autorité souveraine ; nous nous perdons dans ces excès, et de joie et d’amour et d’admiration et d’étonnement.

O Cœur de Jésus et de Marie ! car, ô amante incomparable, vous n’avez qu’un cœur, nous vous adorons, nous vous supplions pour l’administration de votre royaume.

Puissiez-vous posséder tous les cœurs !
Puissiez-vous régner sur tous les cœurs !
Que votre empire soit universel !

La France véritable,
fruit d'une alliance entre Dieu, l'Eglise et notre peuple
Que le péché, notre cruel ennemi, ce maudit antéchrist, soit extirpé et détruit !

Régnez, aimable Cœur, dans nos cœurs, dans les cœurs de tous les Chrétiens, dans les cœurs des hérétiques, dans les cœurs des Canadiens, des Japonais, des Chinois et de tous les infidèles !

O Ciel ! 
O Paradis !
Conspirez avec nous, joignez vos prières avec les nôtres, que le Cœur de Jésus et de Marie soit à jamais le roi souverain de tous les cœurs !

Inscription sous une partie de l'ossuaire des Martyrs de septembre 1792
sous l'église Saint-Joseph des Carmes, Paris.