Constitution pastorale Gaudium et Spes du concile Vatican II (1965):
mercredi 24 mars 2010
L'Archiconfrérie pour la Vie
Constitution pastorale Gaudium et Spes du concile Vatican II (1965):
Angelus Domini nuntiavit Mariæ…
lundi 22 mars 2010
Temps de la Passion
Sainte Thérèse assurait que Notre-Seigneur envoyait plus de croix à ceux qu'il aimait plus spécialement ; elle avait appris cette doctrine de la bouche du même Fils de Dieu, qui lui avait dit : mon Père envoie de plus grands travaux à ceux qu’il aime davantage. Il ne faut que savoir ce qui s'est passé dans la religion chrétienne, pour être entièrement persuadé de cette vérité. Jamais personne n'a été plus aimé du Père éternel, que le divin Jésus ; et, jamais personne n'a tant souffert. Après Jésus, la très sainte Vierge surpasse toutes les créatures en grâces, et en même temps elle les surpasse en peines. La mesure donc de notre bonheur se doit prendre de la mesure de nos croix. Heureux celui qui souffre, plus heureux celui qui souffre davantage, très heureux celui qui est accablé de toutes sortes de peines, qui ne vit que de croix, qui y passe toute sa vie à l'imitation de notre bon Sauveur et de sa sainte mère, et enfin qui y expire !
Cela est difficile à comprendre, dira quelqu'un. Voici ce que le grand prélat répond à cette difficulté au chapitre 16 de la Lutte spirituelle : Ceci vous semblera difficile à croire, dit ce grand homme ; mais si vous vous souvenez que les rameurs en leur assiette, tournent leurs épaules au lieu où ils conduisent leur barque, vous ne trouverez pas étrange que Dieu, par l'eau et le feu de la tribulation, vous fasse tendre au rafraîchissement. Et au chapitre 6 du même livre : Qui ne sait que les arbres, plus battus des vents, jettent de plus profondes racines ; que l'encens ne jette son odeur que quand il est brûlé ; que la vigne ne profite que quand elle est taillée ? Pourquoi tant de fléaux, tant de pauvretés, de pestes, de famines, de guerres, et d'autres misères, si ce n'est pour le bien des élus ? Le Fils de Dieu n'a-t-il pas mis la consommation de notre salut dans la consommation de ses souffrances, et le délaissement même du Père éternel ?
mercredi 17 mars 2010
Fête de S. Joseph d'Arimathie
A l'école de ce fidèle entre les fidèles, faisons nôtre l'enseignement évangélique de M. Boudon dans ses Saintes Voies de la Croix, afin d'offrir à Notre-Seigneur avec saint Joseph notre propre tombeau (notre corps) afin qu'Il y repose jusqu'au jour où Il ressuscitera, nous transformant alors en Lui.Qu'il faut nécessairement marcher par la voie de la croix
Il n'y a point à hésiter sur ce que la divine parole nous assure ; c'est pourquoi il faut croire la voie de la croix nécessaire, puisqu'elle nous l'apprend. Tant de sentiers qu'il vous plaira, où l'on goûte des plaisirs innocents, s'ils mènent au ciel, les roses qui y croissent auront toujours leurs épines. Que les dures et pesantes croix fassent le grand chemin royal du paradis, il s'en rencontrera toujours de médiocres ou de petites dans toutes les voies qui y peuvent conduire ; car enfin, c'est un oracle prononcé par le Saint-Esprit même : Qu'il nous faut par beaucoup de tribulations entrer dans le royaume de Dieu (Act. XIV, 21). Remarquez que le Saint-Esprit ne nous enseigne pas qu'il est de la bienséance, qu'il est utile, ou qu’il vaut mieux souffrir ; mais il dit très clairement, qu'il le faut. Il faut donc le faire : il n’y a point à délibérer.
lundi 15 mars 2010
Fête de S. Longin
jeudi 11 mars 2010
Mi-Carême
CHAPITRE II - S’il est à propos d’écrire des voies de la croix
mardi 9 mars 2010
Fête de Sainte Françoise Romaine
Litanies aux Anges gardiens (à usage privé)
Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, ayez pitié de nous
Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, écoutez-nous
Jésus-Christ, exaucez-nous
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Dieu, le Fils Rédempteur du monde, ayez pitié de nous
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Trinité sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous
Sainte Marie, priez pour nous
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous
O Marie, Reine des Anges, priez pour nous
Saint Michel Archange, priez pour nous
Saint Gabriel Archange, priez pour nous
Saint Raphaël Archange, priez pour nous
Saints anges et archanges, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui contemplez la Face du Père céleste, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui ne vous écartez jamais de nous, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui nous êtes attachés par une céleste amitié, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui nous exhortez fidèlement, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, nos sages conseillers, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui nous préservez de nombreux maux du corps et de l'âme, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, nos puissants défenseurs contre les assauts de l'Ennemi, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui nous soutenez dans la tentation, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui nous aidez quand nous chancelons et tombons, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui nous consolez dans la misère et la souffrance, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui portez nos prières devant le Trône de Dieu, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui nous aidez à progresser vers le bien par vos inspirations et vos suggestions, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui malgré nos fautes ne vous éloignez jamais de nous, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui vous réjouissez de nos progrès, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui veillez sur nous et priez quand nous dormons, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui ne nous quittez pas au moment de l'agonie, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui consolez les âmes du Purgatoire, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, qui conduisez les justes au Ciel, priez pour nous
Nos saints anges gardiens, avec qui un jour nous verrons Dieu et le louerons éternellement, priez pour nous
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Seigneur
V/ Dieu a donné mission à Ses anges. R/ De te garder sur tous tes chemins.
Prions.
Dieu éternel et tout-puissant qui dans Votre ineffable bonté, avez envoyé à tous les hommes, dès le sein maternel, un ange particulier pour la protection du corps et de l'âme, accordez-nous de l'aimer et de le suivre fidèlement afin que nous parvenions avec lui à l'éternelle félicité. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Amen.
In L'Ange gardien, tome 2, 1997, © Editions Bénédictines, Rue E. Guinnepain - 36170 Saint-Benoît-du-Sault - France.
mercredi 3 mars 2010
1er jeudi du mois : Méditons avec M. Boudon sur la grandeur du Sacerdoce catholique
Ils sont appelés les Pères des âmes, les pasteurs de l’Église, les enfants des Prophètes, les oracles du Saint-Esprit, et enfin les éponges des péchés des peuples. Aussi est-ce à eux qu’il appartient d’être les médiateurs entre Dieu et le reste des hommes : ce sont eux qui doivent apaiser sa juste colère lorsqu’Il est le plus irrité par leurs péchés. Ces principes font connaître dans un grand jour que l’innocence et la sainteté sont inséparables de leur condition : car si par leurs offenses ils devenaient eux-mêmes les ennemis de Dieu, comment pourraient-ils Lui réconcilier les autres ? […]
Le Sacerdoce n’a pas pour instituteur quelque ange des plus sublimes hiérarchies, ou l’un de ces premiers esprits les plus proches du trône de Dieu ; il n’a pas quelqu’un des plus grands saints, comme les Ordres réguliers : mais il a Jésus-Christ Dieu-Homme. Les prêtres sont consacrés par Son opération qui porte communication du Saint-Esprit, Qui n’y donne pas seulement Ses Dons, mais Sa Personne. Ils agissent en Sa puissance, ils dispensent Ses mystères, ils communiquent Son esprit, ils donnent Son Corps. À qui des anges l’adorable Jésus peut-Il dire comme aux prêtres : Vous M’avez produit par rapport à Mon Père, et Me produisez encore tous les jours sur les autels. Ceci bien considéré jette dans des admirations inexplicables. Les prêtres sont ces hommes de Dieu qui lient et délient les âmes, qui ouvrent et ferment les cieux ».
mardi 2 mars 2010
1er mardi du mois
Oraison du vénérable Henri-Marie Boudon aux neuf Choeurs des saints Anges
Esprits bienheureux de la cour céleste, défenseurs invincibles de l'intérêt de Dieu, après avoir adoré, loué, béni et remercié ce Dieu de toute bonté, des grâces incomparables qu'il vous a faites, après vous avoir fait une protestation sincère du meilleur de nos cœurs que nous y prenons toute la part possible, nous réjouissant de vos joies et de la gloire inénarrable que vous possédez ; après vous avoir conjurés de recevoir bénignement la résolution inviolable que nous prenons de vous avoir le reste de nos jours une dévotion très spéciale, et d'en procurer par toutes les voies qui seront en notre pouvoir l'établissement et l'augmentation partout où nous le pourrons ; nous implorons le secours de toutes vos troupes glorieuses, pour l'avancement du règne de l'adorable Jésus et de l'aimable Marie, sur tous les infidèles, hérétiques, schismatiques, sur toutes les personnes véritablement soumises à la sainte religion catholique, apostolique et romaine, et particulièrement sur le Souverain Pontife, qui en est l'unique chef visible en terre, et sur tous les autres prélats ; afin que tous les peuples faisant profession d'une même foi, s'attachant à la pureté de ses maximes, menant une vie conforme à ses règles, les sacrés intérêts de Dieu seul vivent et règnent de siècle en siècle dans tous les cœurs.
C'est la grâce, ô redoutables princes de la milice céleste, que nous demandons au Père des miséricordes par vos puissantes intercessions ; c'est la consolation que nous demandons au Dieu de toute consolation, que son nom soit sanctifié, que son règne arrive, que sa volonté se fasse en la terre comme au ciel, que l'empire du péché et des démons soit détruit, que l'Évangile soit annoncé à toutes les nations, qu'il soit reçu par toute la terre, que le saint nom de Dieu y soit honoré et glorifié, que tous les esprits y louent le Seigneur, l'y adorent, l'y aiment et soient dans une entière et parfaite soumission à ses divines volontés. Venez donc, anges, archanges, accourez à l'établissement des intérêts de Dieu dans les royaumes et provinces, dans les villes et campagnes, dans toutes les personnes qui y habitent ; sacrées principautés, gouvernez les cœurs, soyez-en les maîtres, pour les assujettir à l'empire de Jésus et de Marie : admirables puissances, confondez les démons qui s'y opposent ; ruinez les desseins de l'enfer et la malice de tous les sorciers et magiciens, et autres ennemis de Dieu ; divines vertus, faites marcher les âmes dans les solides voies du divin amour ; glorieuses dominations, découvrez, pour ce sujet, aux hommes la volonté divine sur eux : aimables trônes, établissez dans le plus intime de leurs cœurs la paix que Notre-Seigneur nous a laissée ; chérubins, princes de la science du ciel, communiquez-en les belles lumières en notre terre ; et vous, séraphins, princes du pur amour, faites que les hommes ne vivent que de ses flammes, afin que Dieu seul soit le digne souverain et le maître absolu de tout ce que nous sommes, et de tout ce que nous faisons. Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Dieu seul, Dieu seul. Dieu seul.
lundi 1 mars 2010
Lecture de Carême : La science de la Croix (1)
La science de la Croix est un mystère caché
Il n'y a point à douter que la science de la croix ne soit un mystère caché, puisque la divine parole nous l'apprend. C'est ce mystère caché, dont parle l'Apôtre aux Éphésiens (VI, 19), et qu'il nous assure, écrivant au peuple de Corinthe (I Cor. I, 23), avoir été un scandale aux Juifs et une folie aux Gentils. Chose étrange que ce mystère, le grand chef-d'œuvre de la sagesse d'un Dieu, ait passé pour une folie parmi les nations, et que les plus forts génies et les plus beaux esprits du monde s'en soient moqués. C'est de la sorte que l'esprit humain, demeurant en soi-même, et ne se servant que de ses propres lumières, comprend les choses divines. Faites-y réflexion, vous qui lisez ces écrits, et apprenez par la faiblesse de la lumière de l'esprit humain, à ne faire état que des clartés de la foi. Mais ce qui est encore bien plus étonnant, c'est de voir que les Juifs n'ont pas connu ce mystère, quoi qu'il se soit accompli devant leurs yeux, et eussent entre leurs mains les Écritures et les prophéties qui l'avaient prédit en tant d'endroits. Bien plus, la Sagesse même incarnée, le révélant à ses disciples, il était toujours pour eux une parole cachée ; ils n'en avaient aucun sentiment ; ils avaient même peur d'en avoir plus de connaissance. Le Fils de Dieu leur découvrait ce secret, et il ne laissait pas de leur être voilé par leur peu de disposition, en sorte que leur divin Maître, leur parlant des humiliations de ce mystère profond, l'Évangile nous enseigne que leurs esprits étaient occupés du point d'honneur, et qu'en ce temps-là ils voulaient savoir lequel d'entre eux serait le plus grand. Ô mon Dieu ! Comment ne point voir, étant si proche de la lumière, et d'une lumière infinie ? Comment ne point apprendre sous un tel Maître. Oh ! Quels sujets d'humiliation, ou, pour mieux dire, d'anéantissement à la créature ! Après cela, cessons de nous étonner, si nous voyons encore tous les jours les disciples du même Maître, tant de Chrétiens, être dans l'ignorance de ce mystère, quoiqu'ils fassent profession de l'honorer : la raison est qu'ils sont bien éloignés de l'esprit de mort et d'anéantissement, qui rend l'âme disposée à l'intelligence de ce divin secret.
Cette sagesse de l'Évangile n'est point entendue par les sages du siècle, dont la prudence est une mort, selon le témoignage du grand Apôtre, qui déclare nettement qu'elle est ennemie de Dieu, parce qu'elle n'est, ni ne peut être sujette à la Loi. (Rom. VIII, 7) Paroles qui, bien méditées, doivent donner une grande frayeur et une horreur épouvantable de cette maudite sagesse de la chair, qui n'est qu'une folie aux yeux de Dieu et des saints anges. Grands génies, beaux esprits, qui trouvez parmi les créatures de la terre tant d'estime et d'admiration, apprenez donc que toute votre sagesse n'est qu'une véritable folie : apprenez, ô hommes ! le jugement que vous devez faire, et tâchez, avec la grâce, de vous tirer de l'illusion du monde, dont le jugement est directement opposé et entièrement contraire à celui de Dieu. Oh ! quel malheur, et quelle source de malheurs, qui ne finiront jamais ! Mépriser ce que Dieu estime, estimer ce que Dieu méprise ; voilà la maxime des sages du monde. N'est-ce pas pour cela que le grand Apôtre s'écrie : Que personne ne se trompe : si quelqu'un d'entre vous parait sage, qu'il devienne fou. (1 Cor. III, 18) Pour être sage aux yeux de Dieu, il faut être comme un insensé aux yeux du monde, dont les pensées ne sont que pure vanité, dont la prudence est réprouvée de Dieu. Disons donc ensuite avec le même Apôtre : Que personne ne se glorifie dans les hommes (1 Cor. III, 21) ; dans leurs sentiments, qui ne sont qu'illusion ; dans leur estime, qui n'est que tromperie ; dans le jugement qu'ils font des choses, qui n'est qu'erreur. Dans un état si déplorable, comment entendraient-ils le mystère caché de la croix ? Non, les mondains n'y comprendront jamais rien, quelque lecture qu'ils fassent, quelque sermon qu'ils entendent.
Les superbes et les suffisants ne l'entendent jamais ; car il est écrit que Dieu leur résiste, qu'il s'éloigne d'eux. Hélas ! Si ceux qui ont approché de plus près la lumière même, la Sagesse incarnée, ne l'entendaient pas avant la venue du Saint-Esprit, comment pourront l'entendre ceux qui sont plongés dans les ténèbres ? L'on a donc beau faire de grandes et longues études, prendre des degrés dans les écoles de philosophie et de théologie, se rendre habile dans les plus hautes sciences, et les enseigner même, si la superbe et la suffisance s'y rencontrent, ces gens seront toujours ignorants de la science de la croix ; et avec toute leur doctrine, ils n'arriveront jamais à en savoir l'ABC. Ils sont même entièrement inhabiles pour l'étude de cette science, et tout à fait incapables d'être admis en son école.
Le désir de l'honneur est une opposition formelle à la connaissance de ce mystère, qui ne se donne pas à ceux qui mettent leur joie dans l'estime et l'applaudissement des hommes, et dans l'amitié des créatures, dont ils craignent les rebuts et les contradictions. Les amateurs d'eux-mêmes, qui travaillent à donner de la satisfaction à leur esprit et à leur corps, et qui se recherchent, n'en auront pas l'intelligence. Les mépris et les abaissements de la croix peuvent être très difficilement aperçus parmi l'éclat des honneurs. Comment pourrait-on connaître ses douleurs, et goûter ses souffrances parmi les aises de la vie ! La délicatesse des habits et des lits, la somptuosité des meubles, la bonne chère des tables, sont comme autant de voiles épais qui nous dérobent la vue de la croix. Hélas ! quel rapport de la douceur vaine et trompeuse de la vie du siècle, avec la dureté de ce bois salutaire ! L'empereur Héraclius voulant porter la sainte croix sur laquelle le Fils de Dieu a été crucifié, ne put jamais avancer d'un pas, pendant qu'il demeura vêtu de ses habits royaux ; il fut obligé de prendre un habit simple et pauvre pour avoir cet honneur.
Mais ce qui est bien déplorable, est de voir plusieurs personnes qui font profession de dévotion, qui en parlent, qui la prêchent, et qui cependant sont très peu instruites dans la connaissance de ce mystère. Le grand secret, pour en avoir une véritable lumière, est la pratique, qui est une pratique de pauvreté, de douleur, de mépris, de contradictions, de délaissements, de rebuts, d'ignominies, et comme cette pratique est plus ordinaire aux gens simples, qui sont dans la souffrance et dans la privation de ce que le monde estime, souvent de pauvres idiots, de simples femmelettes, sont bien savants dans cette doctrine, pendant que les doctes n'y connaissent rien. C'est donc de la sorte, ô Père éternel, qu'il vous a plu d'en ordonner. Vous cachez ces choses aux sages et aux prudents, et vous les révélez aux petits. (Matth. XI, 25) Prenons donc bien garde à marcher toujours dans la simplicité chrétienne, et pour me servir de la comparaison de l'Apôtre, en la IIe Épître aux Corinthiens, craignons que nos sens ne soient corrompus, comme Ève a été séduite par la finesse du serpent. Prenez garde, dit l’Écriture (Eccli. XIII, 16) à votre ouïe. Ah ! Qu’il est difficile, n'entendant parler des honneurs, des plaisirs et des biens, qu'avec une grande estime, de ne pas se laisser corrompre par les sentiments du siècle, en prenant ses maximes !
mardi 23 février 2010
356e anniversaire du grand-archidiaconat du vénérable abbé Henri-Marie Boudon
lundi 22 février 2010
La dévotion aux saints Anges (1)
À Notre-Dame des Anges.
Grande Reine du paradis, Souveraine des bienheureux esprits qui jouissent d’un repos éternel et d’une félicité incompréhensible, prosterné à vos pieds, le lieu de tout secours, où les plus grands pécheurs trouvent leur refuge, les plus persécutés leur asile, les plus affligés leur consolation, les plus faibles leur appui, les plus abandonnés une puissante protection ; pieds sacrés, où l’infidèle rencontre la foi, l’hérétique la soumission à la sainte Église catholique, le pécheur sa conversion, le tiède la ferveur, l’aveugle la clarté, et l’impuissant la vertu et la force, le juste la véritable sainteté ; pieds glorieux, où les âmes les plus éminentes puisent les plus belles lumières du paradis, apprennent les plus pures maximes de Jésus-Christ, Dieu, votre Fils, s’instruisent des plus solides vérités de la religion, sont embrasées des plus vives flammes du pur amour et se trouvent revêtues d’une justice consommée ; aimables pieds, où je veux vivre et mourir comme aux pieds de ma bonne et fidèle maîtresse ; prosterné, dis-je, à vos pieds, ô ma puissante protectrice ! Je vous offre et vous y donne, je vous y dédie et consacre ce petit ouvrage, tout dédié et consacré en l’honneur de tous les neuf chœurs des anges, vos fidèles sujets, et les illustres princes de votre divine cour. Comme vous êtes leur aimable princesse, leur auguste impératrice et glorieuse dame, c’est avec justice que je dédie à vos grandeurs ce qui regarde leurs intérêts et ce qui touche leur gloire. Et puis, ma sainte dame, vous savez que je n’ai rien qui ne soit à vous ; c’est une vérité qu’il m’est doux de répéter et de publier hautement en toutes sortes d’occasions, tenant à un honneur incomparable la qualité de votre serviteur, que je veux conserver inviolablement, et que je préfère de toute l’étendue de mon cœur à tout ce qu’il y a de plus grand et de plus glorieux sur la terre. Bénissez, ô la toute sainte, ce petit ouvrage de vos plus saintes bénédictions, y étant intéressée comme à une chose qui vous appartient et qui est toute à vous. Obtenez une onction de grâces pour ceux qui le liront ; faites, en vertu de Jésus, votre fils bien-aimé, qu’il serve à établir et accroître la dévotion à tous les chœurs des anges ; pour l’honneur et la gloire de Dieu seul, notre principe et notre unique fin en toutes choses. Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul.
A mon bon ange gardien.
Mon seigneur et fidèle guide de ma vie, quand je pense à ce que vous êtes, à ce que je suis, à mes ingratitudes, à vos incroyables bontés, mon esprit se trouve comme dans un abîme : je ne sais que devenir et je ne puis que dire. Vous êtes une belle intelligence de la bienheureuse éternité, un pur esprit, un esprit tout de lumière et de clarté, un esprit du pur amour, un grand prince de l’empyrée et l’un des grands rois du paradis ; et je ne suis que poussière et que cendre, qu’un chétif morceau de boue, qu’un misérable aveugle, qu’un très grand pécheur et le dernier de tous les pécheurs. Je reconnais en votre sainte présence, et je le veux dire devant tous les hommes et le donner au public, que je me vois non-seulement mériter la dernière place de la terre, mais la dernière place de l’enfer ; je me vois au-dessous de tous les démons et me reconnais pour la dernière créature de tout le monde.
Cependant vous voulez bien aimer une telle créature, vous voulez bien vous appliquer avec soin à tout ce qui la regarde, vous voulez bien l’assister dans tous ses besoins intérieurs et extérieurs, vous voulez bien la défendre contre tout ce qui lui est opposé, vous voulez bien la soutenir contre la puissance de l’enfer ; vous voulez bien, le conçoive qui pourra, l’accompagner inséparablement, lui tenir compagnie sans la quitter, et vous prenez plaisir à l’accabler de vos bienfaits, nonobstant tous ses mépris, toutes ses infidélités et toutes ses ingratitudes. Après l’amour de Jésus et Marie, qui a jamais ouï parler d’un tel amour ? Il faut bien dire que c’est l’amour incomparable en sa constance, en sa fidélité ; que c’est l’amour le plus désintéressé qui fut jamais ; l’amour le plus doux, le plus patient et le plus charitable ; l’amour le plus miséricordieux, le plus libéral, le plus fort et le plus généreux.
Grand prince, pourquoi m’aimez-vous de la sorte ? Pourquoi n’y a-t-il pas un seul moment de ma vie qui ne soit marqué de quelqu’un de vos bienfaits ? Ô mon âme ! Il t’est bien doux de penser à ces coups de miséricorde qu’a faits pour toi ce cher prince de ta vie ! Il t’est bien doux de te souvenir comme il t’a délivré de l’enfer, des grâces qu’il t’a obtenues, des secours indicibles qu’il t’a donnés en toutes sortes de choses, des soins amoureux qu’il a pris de tout ce qui regarde le temporel et le spirituel. Mon seigneur, que vous rendrai-je pour tous ces biens ? Ah ! Je vois bien qu’il m’est impossible de dignement reconnaître vos excessives faveurs. Quand je vous remercierais autant de fois que je respire, ce ne serait pas grand’chose ! Ô mon âme, que devenir donc ici ? Entrons dans les puissances du Seigneur, et prenons dans le cœur sacré de Jésus et de Marie une digne reconnaissance de tant de bontés. Quand nous aurions tout pensé et tout dit, ce ne serait pas assez ; quand nous aurions donné notre vie pour un prince si obligeant, nous ne pourrions pas lui satisfaire, ayant été remplis de toutes sortes de biens par sa faveur et délivrés de toutes sortes de maux.
Mais, aimable prince, les paroles donc me manquant et les forces, je veux vous parler par le précieux cœur de l’adorable Jésus et de sa très digne Mère. Hélas ! Je sais bien que je ne puis pas entendre les paroles ineffables de ces divins chœurs, mais au moins tout ce qu’ils vous diront à mon sujet, c’est tout ce que je veux vous dire. (à suivre... et à méditer)
Le Sacerdoce, par sainte Edith Stein
qui porte le signe de Dieu,
que le Seigneur a consacrée
par l’imposition des mains.
Bienheureuse la main du prêtre
qui dans la force du Dieu trine
transforme en citoyen du Ciel
un enfant de cette terre.
Bienheureuse la main du prêtre
qui consacre soldat du Christ
un enfant rené de l’Esprit
en traçant la croix sur son front.
Trois fois bienheureuse la main
qui touche le Corps du Seigneur,
délie le pécheur de ses chaînes,
et le mène au repas du Seigneur.
Bienheureux est le cœur du prêtre
que s’unit le cœur du Sauveur
et qui se choisit comme épouse
très pure la Sagesse éternelle.
Bienheureux est le pied du prêtre
qui suit les chemins du Sauveur
et guide vers l’éternelle paix
toutes les âmes fatiguées.
Une auréole de sept flammes
est la couronne de lumière
que le serviteur fidèle
reçoit dans la gloire éternelle.
Poème de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix pour les Noces d’or sacerdotales (19 août 1926), extrait de « Malgré la nuit », Poésies complètes, édition bilingue, Ad Solem.
Demandez le dernier 'P'tit Quis' !
Prière aux saints Anges
Les anges dans le ciel, et les hommes sur terre
De la création occupent le sommet :
Car la raison divine en eux mit sa lumière
De la splendeur d’en-haut ils portent le reflet.
Les anges, purs esprits, sont de plus noble essence,
Plus semblables à Dieu, car ils n’ont point de corps.
Ils furent tous créés dans l’état d’innocence :
Dieu les avait comblés des plus riches trésors.
Mais tous n’ont pas gardé l’innocence première :
Fidèles au Seigneur, les uns sont restés bons ;
Les autres, pleins d’orgueil et d’insolence altière
Révoltés contre Dieu, devinrent les démons.
Comme un lion rôdant autour de nous, le diable
Cherche à prendre notre âme, à lui ravir les cieux,
Parce qu’il est jaloux du bonheur ineffable
Promis par le Seigneur à l’homme vertueux.
Mais du Dieu tout-puissant la bonté maternelle
Près de chacun de nous a mis l’ange gardien
Qui dirige nos pas, nous couvre de son aile,
Nous garde de tout mal, nous porte vers le bien.
Florilège boudonien
Pieux sentiments sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Ô mon âme ! Donnons toute notre attention à l’adorable Jésus. Contemplons-le dans cet état douloureux où il souffre une extrême privation de toutes créatures, pour nous apprendre qu’il n’y a que Dieu seul à qui nous devions nous arrêter. Jésus est si peu aimé des hommes qu’on voit un peuple nombreux demander sa mort, et crier à haute voix : qu’il soit crucifié ! Les magistrats et le gouverneur le condamnent. Un roi le méprise avec dédain et le traite d’insensé. Le grand prêtre le déclare digne de mort. Ses propres disciples prennent la fuite et l’abandonnent. Le plus zélé d’entre eux le désavoue avec imprécation devant une malheureuse servante.
Ô mon aimable Sauveur ! Quelle part aviez-vous pour lors dans l’esprit et dans l’estime des créatures ? Après un exemple si touchant, oserions-nous encore désirer l’estime et l’affection des hommes ?
Allons, mon âme, quoi qu’il puisse nous en coûter, santé, vie, réputation, amis, allons sur le Calvaire avec notre adorable roi ; tenons-lui compagnie avec sa très-sainte Mère et le disciple bien-aimé. Allons et mourons avec lui. Mourons au point d’honneur, au désir des biens temporels, aux plaisirs des sens, à nos amis, à nos plus proches ; mourons à tout, afin que, ne vivant plus à nous même, ni pour eux-mêmes, nous ne vivions plus que de la vie de Jésus, vie cachée en Dieu et en Dieu seul.
In la SEMAINE RELIGIEUSE DU DIOCESE D’EVREUX
(samedi 24 mars 1888).
vendredi 5 février 2010
Anniversaire de la Libération d'Evreux
Pour remercier Dieu de la libération de la cité, fut instituée une procession générale (la première des trois qui existent, avec celle du 12 août pour la Réduction de la Normandie, et celle du 15 août pour la fête nationale), qui traversait, après l'office de Tierce, les rues de la ville, "quae hac die liberata fuit ab obsidione haereticorum" (qui fut en ce jour libérée du siège des hérétiques). Cette procession existait toujours sous M. Boudon, et le Calendrier spirituel de l'abbé Delamare la décrit.
lundi 1 février 2010
Florilège boudonien

« Notre bon Prélat me décrie ici à Paris de tous côtés ; il faut le laisser faire, le bien honorer, en dire du bien, et demeurer en repos. Notre paix sera solide si nous la mettons dans la Croix, puisque c’est par le mystère de la Croix que toutes choses ont été pacifiées ; elle est, ma chère fille, notre unique espérance, comme le chante l’Église : il est doux d’y vivre, il est encore plus doux d’y mourir, et nous n’avons plus que faire au monde quand nous cessons de souffrir. Le Prélat fait ce qu’il peut pour m’obliger à quitter mon Bénéfice ; mais jamais je n’ai ressenti plus d’ardeur pour le conserver. La Croix ne nous doit pas faire quitter les lieux où nous la portons ; c’est bien au contraire : s’il y a quelque chose qui nous y doive arrêter, c’est la souffrance. J’espère de la très-sainte Mère de Dieu, et des saints Anges, et de nos Patrons, qu’on en verra en temps et lieu les fruits précieux. Je vous prie de faire dire 9 Messes à S. Michel, à commencer le 1er jour de Mars qui sera, à ce que je pense, le 1er Mardi de Carême, en l’honneur des saints Anges du Diocèse, et de celui qui garde le Prélat, et du mien. Je vous prie aussi d’aller, une fois la semaine, à saint Taurin, pour lui recommander l’affaire de mon Bénéfice ».
Lettre de M. Boudon (17 février 1666, au plus fort des persécutions) à Anne Lefèvre.
« O Dieu ! Quelle proposition me fait-on ! L’on me parle d’une pension, et l’on ne dit rien de l’intérêt de Dieu. Que je quitte le bénéfice, à la bonne heure, s’il y va de Sa gloire : mais qu’on le donne au plus digne, et quand il n’y aurait rien du tout à me donner pour pension. Si c’est un bénéfice où il y ait plus de coups de bâton à avoir, ou d’autres croix à souffrir, on y pourrait penser ».
M. Boudon, De la sainteté de l'état ecclésiastique
« M. de Maupas, après avoir consulté un grand nombre de savants, et ceux surtout qui étaient le plus au fait des matières bénéficiales, vit clairement qu’on le jetait dans un labyrinthe dont il aurait peine à sortir. Ainsi, malgré qu’il en eût, il laissa Boudon en place, bien résolu de le pousser si vivement qu’il l’obligerait enfin de lâcher le pied de lui-même et à quitter son poste. C’est ce qu’il fit avec tant de chaleur, que ceux qui surprirent sa confiance, mériteront à jamais l’indignation de tous les siècles ».
P. Pierre Collet, Vie de H.-M. Boudon













