lundi 11 novembre 2013

Litanies de Saint Martin, Patron de la France


Les Bleuets de France, les Marguerittes de Belgique et
les Coquelicots d'Angleterre. Malgré le déchaînement infernal
des forces de mort, ces trois fleurs nous rappellent l'espérance
et la victoire de la Vie et du Bien.
Ô Christ, Roi de Paix, ayez pitié de nous.
Le 11 novembre 1918, à Rethondes, l'armistice est signée entre la France et l'Allemagne qui vient de capituler.

Le Bleuet de France tire ses origines des tranchées de la guerre de 1914 - 1918. Il est né en 1916, à l'initiative de Madame Malleterre, fille du gouverneur des Invalides et de Madame Lenhardt, infirmière. Emues par les souffrances des grands blessés, elles décidèrent de les aider en leur faisant confectionner des fleurs de bleuet en tissu. Outre le fait de leur permettre de réapprendre à vivre avec leur handicap, ces fleurs leur procuraient des ressources.

Le 15 septembre 1920, le Président des Mutilés de France, Louis Fontenaille, propose au Comité Permanent Interallié un rapport visant à pérenniser l'existence de la fleur de tissu. Honorer les morts à travers un symbole reconnu, recueillir des fonds par la vente des fleurs et procurer un travail aux invalides de guerre sont les objectifs avoués de cette proposition. La fleur emblème du "Bleuet de France" sera choisie en souvenir des jeunes combattants qui, arrivant au combat, étaient surnommés les "Bleuets" par les "poilus", mais aussi parce que le bleu est la couleur nationale. 

En 1928, Mesdames Malleterre et Lenhardt créent un atelier aux Invalides permettant la production de la fleur en papier. Le Président de la République, Gaston Doumergue, accorde son patronage à l'œuvre et accepte de recevoir une délégation qui le 11 novembre lui remet officiellement un Bleuet. En 1935 la vente est étendue à la France entière. En 1957 un deuxième jour de collecte est créé, le 8 mai (jour de la Saint-Michel du Mont-Gargan). Cette année-là 8,5 millions de Bleuets sont vendus.

Ce symbole a traversé le temps et conserve toujours sa vocation d'aide aux personnes démunies.

La Première Guerre mondiale aura fait près de 9 millions de morts. Prions pour eux, prions pour notre pays et pour la paix en Europe et dans le monde.

Les bleuets de France

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous. 

Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez donné la moitié de votre manteau à un pauvre, priez pour nous.
Saint Martin, modèle de la vraie perfection, priez pour nous.
Saint Martin, Gloire des soldats, priez pour nous.
Saint Martin, règle des religieux, priez pour nous.
Saint Martin, perles des Prêtres, priez pour nous.
Saint Martin, Excellent Pasteur de Tour, priez pour nous.
Saint Martin, glorieuse lumière des païens, priez pour nous.
Saint Martin, intrépide destructeur des idoles, priez pour nous.  
Saint Martin, propagateur de la Foi romaine, priez pour nous.
Saint Martin, zélateur de la Gloire de Dieu, priez pour nous.
Saint Martin, splendeur de l’Eglise d’Occident, priez pour nous.
Saint Martin, qui viviez de la Foi, priez pour nous.
Saint Martin, dont l’humilité fut très profonde, priez pour nous.
Saint Martin, dont la contemplation fut très élevée, priez pour nous.
Saint Martin, qui étiez très appliqué à l’oraison, priez pour nous.
Saint Martin, dont la charité fut très ardente, priez pour nous.
Saint Martin, miroir de patience, priez pour nous.
Saint Martin, très doux père des pauvres, priez pour nous.
Saint Martin, consolateur des affligés, priez pour nous.
Saint Martin, santé des malades, priez pour nous.
Saint Martin, terrible aux démons, priez pour nous.
Saint Martin, illustré par de nombreux miracles, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez ressuscité trois morts, priez pour nous.
Saint Martin, homme ineffable qui ne refusiez pas le travail, priez pour nous.  
Saint Martin, à la mort de qui le chœur des Anges tressaillit d’allégresse, priez pour nous.
Saint Martin, dont le sépulcre est glorieux, priez pour nous.
Saint Martin, protecteur de ceux qui se confient en vous, priez pour nous.  
Saint Martin, Patron de la France, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

V/. Saint Martin, priez pour nous.
R/. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions. O Dieu, qui avez été glorifié par la vie et par la mort de notre bienheureux Pontife Saint Martin, renouvelez dans nos cœurs les mêmes merveilles de Votre grâce afin que, ni la mort, ni la vie ne puissent jamais nous séparer de la charité de Jésus-Christ Votre Fils qui étant Dieu, vit et règne avec Vous dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. (prière indulgenciée)




samedi 9 novembre 2013

Dédicace de l'Archibasilique papale du Latran - Cathédrale de Notre Saint-Père le Pape

Dédicace du Latran
Lorsqu’en 313 Constantin rendit la paix à l’Église, il dota celle-ci avec une munificence impériale. Partout surgissaient de somptueuses basiliques : en Terre sainte, au Mont des Oliviers, au Saint-Sépulcre, à Bethléem, à Antioche, à Constantinople…
Rome surtout bénéficia de ses largesses : Sainte-Croix de Jérusalem, Sainte-Marie-Majeure, les Saints-Apôtres, Saint-Paul-hors-les-murs, Saint-Laurent-hors-les-murs, Saint-Pierre les proclament à l’envie. Une pourtant éminemment, somptueuse entre toutes : la donation du Latran au pape Miltiade (+314).
Édifié sur le plan des luxueuses demeures patriciennes, le vaste palais des « Laterani » dominait de ses constructions et de sa basilique les flancs du Cœlius à l’intérieur de la cité.
Le jour où S. Sylvestre (+337) dressa sa chaire, « le saint siège apostolique » au fond de l’abside de la basilique constantinienne, il fit du Latran le centre de l’enseignement et du gouvernement de l’Église. En y consacrant son autel (324) il en fit le foyer de la liturgie catholique. Comme l’enseignait le Pape Pie XI lors du XVIème centenaire de cette dédicace (9 novembre 1924) : « Basilicam... effectam esse Pontificis, ut Episcopi Romani et œcumenici, ut heredis integrae apostolicae potestatis, Cathedralem Eccesiam ». Elle est la cathédrale de l’Évêque de Rome, l’église œcuménique de la catholicité. 


Successivement, les Pontifes Romains agrandirent et enrichirent leur résidence en y construisant leurs oratoires, baptistères, cloîtres, bibliothèques, hospices et galeries.

Tour à tour détruite par les Vandales de Genséric et reconstruite par S. Léon le Grand (+461) et Adrien I (+795) ; ruinée par les Normands et rebâtie par Serge III (+911) ; incendiée une première fois en 1308 et réédifiée par Clément V (+1314) ; incendiée à nouveau en 1360 et reconstruite par Urbain V (+ 1370) et Grégoire XI (+1378).
La Cathédrale des Papes reçut la translation des chefs de S. Pierre et de S. Paul dans le ciborium qui surmonte l’autel papal ; la nouvelle consécration de l’église fut célébrée en l’honneur de S. Jean-Baptiste par Serge III (+911) et la dédicace complémentaire à S. Jean l’Évangéliste par Lucius II (+1145). Par une solennité spéciale la liturgie a perpétué le souvenir de la première consécration de l’Archibasilique. Chaque année, en effet, le 9 novembre, l’Église universelle célèbre cet événement capital : « Dedicatio Archibasilicae S. Salvatoris », fête pour toute l’Eglise.

Cinq Conciles œcuméniques (1123 - 1139 - 1179 - 1215 - 1512) se réunirent dans ses murs. Le départ de Clément V pour Avignon en 1307 arrête brusquement cette ère glorieuse. Le long séjour des papes en France (1307-1377) laissa leur palais désert.
Transportée dans des cadres nouveaux, la liturgie pontificale dut s’adapter à leurs exigences. Désormais, c’est dans les chapelles du palais avignonnais que Clément V et ses successeurs célèbrent les fonctions sacrées. Par une conséquence toute naturelle, la liturgie papale évolue en liturgie de cour. Le terme si caractéristique de « chapelles pontificales palatines » désigna non seulement les oratoires du palais construits par les papes, mais aussi, et surtout, les fonctions liturgiques que les souverains pontifes y célébraient. Ce cérémonial liturgique finit par se cristalliser dans des formes traditionnelles.


La Chaire de Saint-Pierre
De plus, à leur retour à Rome (1377), les papes ne s’établissent plus au Latran. C’est le palais du Vatican en hiver, celui du Quirinal en été, qui deviennent les résidences pontificales habituelles.
Déjà, lors de son retour éphémère, dans la ville, Urbain V (+1370) avait habité le Vatican. De ce chef, l’importance de la basilique de Saint-Pierre allait s’affirmer grandissante. Sans doute, la sollicitude de Martin V (+1431) et d’Eugène IV (+1447) pour le Latran se dépense en d’importants travaux de restauration. Mais l’attention des Papes se concentre de plus en plus sur la basilique vaticane. Nicolas V (+1455) résolut de reconstruire de fond en comble l’ancienne basilique. En 1452, il donna ordre d’attaquer les travaux. Brusquement, la mort du Pape arrêta l’entreprise.
Ce n’est que cinquante ans plus tard que celle-ci fut reprise : en 1506, Jules II, en présence de trente-cinq cardinaux, procéda à la pose de la première pierre. Sous la vigoureuse impulsion de ce pape (+1513), de son successeur Léon X (+1521), et plus tard de Paul V (+1621), les efforts combinés du Bramante (+1514) et de Raphaël (+1516) dressèrent la fameuse Basilique que Michel-Ange (+1564) recouvrit d’une coupole, et qu’achevèrent Maderna (+1629) et le Bernin (+1680). Et pourtant, malgré tant de travaux et d’embellissements qui firent de la basilique vaticane l’église la plus vaste et la plus somptueuse du monde, l’Archibasilique du Latran garda intangibles les droits de la primauté.

Celle-ci s’avère spécialement dans une cérémonie solennelle entre toutes, inaugurale de chaque règne et demeurée traditionnelle depuis le moyen âge jusqu’à Pie IX (+1878) : la prise de possession du Latran par les papes. Ce cérémonial mérite qu’on le considère.
Immédiatement après leur couronnement, c’est à leur cathédrale que les papes réservaient leur première visite.
Quelle que soit l’antiquité de cette cérémonie qui remonte à Etienne III (+757) selon les uns, à Léon II (+816) selon les autres, il est certain que dès le XIIème siècle elle ouvrait chaque nouveau pontificat. Le faste déployé à cette occasion par les papes du XIIIème siècle jusqu’à Boniface VIII (+1303) était resté célèbre. Sans doute, le séjour à Avignon avait interrompu cette coutume pendant soixante-dix ans. Mais, en 1377, Grégoire XI, rentré à Rome, renoua aussitôt les traditions. 
Jusque-là, la prise de possession du Latran était le complément même du rite du couronnement. Jules II, couronné le 26 novembre 1503, fut le premier pontife qui dissocia les deux cérémonies.

Clément XII (+1740) rendit à la primauté latérane un éclatant témoignage en gravant au frontispice de l’Archibasilique la célèbre inscription : « Omnium Ecclesiarum Urbis et Orbis Mater et Caput », « Église-Mère et Maîtresse de toutes les Églises de Rome et de l’Univers ».
Pie IX, qui prit possession du Latran en 1846, fut avant la prise de Rome, le dernier pape qui accomplit cette cérémonie. Lui aussi fit exécuter au Latran d’importants travaux. Il restaura la confession, l’autel papal et le baldaquin. Mais, depuis 1870, par suite de la situation violente créée au Saint-Siège, le pape se trouvait relégué loin de son autel.
La Cathèdre du Souverain Pontife, Evêque de Rome
Léon XIII (+1903), prisonnier au Vatican, ne put prendre possession de sa cathédrale : la tradition liturgique plus de huit fois séculaire se trouvait interrompue.

Depuis la prise de Rome, le siège pontifical dressé au fond de l’abside latérane demeurait vide, l’autel papal restait désert. Depuis 1870, la messe n’avait plus été célébrée au maître-autel de l’Archibasilique, où seul le Pape a le droit de monter.

Il fallut attendre les accords dits, du Latran, pour que le Pape Pie XI, Souverain reconnu de la Cité vaticane, recouvre sa liberté.
C’est en l’Archibasilique du Latran qu’Achille Ratti, le 20 décembre 1879, reçut l’ordination sacerdotale. Cinquante ans plus tard, pour célébrer ses noces d’or sacerdotales, il y rentra en Pape et Souverain indépendant. Après 59 ans d’interruption, renouant les traditions séculaires, Pie XI reprit possession du siège apostolique et célébra « sa première messe » pontificale à l’autel du Latran.






samedi 2 novembre 2013

2 novembre - Jour de prière pour tous nos frères défunts. Puissent-ils reposer en paix.

Arnold Böcklin, le Christ mort, détail
« Traité de la Foi, de l'Espérance et de la Charité », in Œuvres complètes de Saint Augustin, sous la direction de M. Raulx, Bar-Le Duc, 1869, Tome XII, pp. 1-43

Chap. CIX, Du séjour des âmes avant la Résurrection

Dans l'intervalle qui sépare la mort de la résurrection générale, les âmes résident dans un séjour mystérieux, séjour de repos ou de tourment, selon le sort qu'elles ont mérité lorsqu'elles étaient enfermées dans les liens du corps.


Jacopo Vignali, Saint Michel délivre
une âme au Purgatoire
Il est incontestable que les âmes des morts sont soulagées par la piété des vivants, quand on fait offrir pour elles le sacrifice du Médiateur ou qu'on répand des aumônes dans l'Eglise.

Mais, pour recevoir ce soulagement, on doit s'en être rendu digne pendant la vie car, il y a une manière de vivre qui n'est ni assez parfaite pour se passer de semblables secours après la mort, ni assez criminelle pour ne pas en retirer quelque fruit. En revanche il y a une perfection dans la vertu qui n'a pas besoin de ces secours, comme il y a dans le mal un degré où ils deviennent superflus. Par conséquent, il dépend de nous de mener ici-bas une vie qui aggrave ou permette d'alléger nos peines dans l'autre monde, et il serait insensé de compter après la mort sur une faveur que l'on n'aura pas songé à mériter pendant sa vie.

Ainsi l'usage où est l'Eglise de prier pour les défunts, ne contredit pas cette pensée de l'Apôtre : « Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu'il aura faites pendant qu'il était revêtu de son corps » ; puisque ces âmes auront mérité, par leurs actions ici-bas, les soulagements de l'Eglise. Tous, en effet, ne reçoivent pas ces soulagements, et d'où peut venir cette exception, sinon de la différence même dans la conduite qu'ils ont menée ici-bas ?

Donc le sacrifice de l'autel et les aumônes faites à l'intention de tous les fidèles défunts, sont des actions de grâce pour les chrétiens accomplis, des offrandes propitiatoires, pour les chrétiens imparfaits ; quant aux méchants, ils n'en retirent aucun fruit ; dans tous les cas, ces prières servent à consoler les vivants. Les âmes à qui elles sont utiles, voient leurs peines annulées ou du moins allégées.

Enguerrand Carton, le Purgatoire, détail.
Deux Anges font sortit des âmes pour le Ciel, un Pape (à droite) et un Évêque (à gauche). Au contraire, un démon emmène avec lui en Enfer celles d'un Évêque et d'un Cardinal (au centre)
Chap. CXI, Deux Cités éternelles après le Jugement général


Après la Résurrection, quand le jugement de toutes les âmes aura été clos, seront séparées les deux cités, celle de Jésus-Christ et celle du démon ; l'une sera le séjour des bons, l'autre celui des méchants ; toutes deux auront pour habitants des anges et des hommes.

Jérôme Bosh, âme montant au Ciel
dans les mains de ses saints Anges gardiens
Les bons perdront toute volonté : les méchants, tout pouvoir de pécher, la mort disparaîtra mais les uns vivront au sein d'une pure et éternelle félicité, les autres existeront au sein des tourments et comme dans une mort éternelle sans pouvoir mourir, car, la durée des peines comme du bonheur n'aura pas de fin : toutefois il y aura des degrés dans la félicité comme dans les supplices.

Chap. CXII, Le supplice des damnés doit être éternel

C'est donc à tort que parfois ou plutôt en général, on se laisse toucher d'une piété toute humaine pour les malheureux qui doivent subir un châtiment éternel et des tourments sans fin, et qu'on s'imagine que ces peines auront un terme. Sans doute on n'attaque pas les Ecritures, mais, en obéissant aux mouvements du cœur, on adoucit les passages trop sévères, et on plie à un sens moins rigoureux des paroles où l'on se plaît à voir une menace plutôt que la vérité.

Dieu, dit-on, n'oubliera pas sa miséricorde et ne mettra pas lui-même, dans sa colère, une borne à sa pitié. Ce sont bien là, en effet, les expressions du Psalmiste, mais elles ne s'appliquent évidemment qu'à ceux qui sont appelés « des vases de miséricorde », parce qu'ils ne doivent pas leur délivrance à leurs propres mérites, mais à la miséricorde de Dieu. Voudrait-on que ce passage s'appliquât indifféremment à tous les hommes ? On ne saurait, sans une grave inconséquence, reconnaître une limite au supplice des damnés dont il est écrit : « Ils iront au feu éternel » ; car il faudrait du même coup admettre que les justes, ceux qui iront dans « la vie éternelle », verront mettre un terme tôt ou tard à leur félicité.

Qu'on croie, si on le veut, qu'après un certain laps de temps, le châtiment des damnés sera allégé dans une certaine mesure. Cette hypothèse, en effet, ne contredit pas la vérité : la colère de Dieu, synonyme ici de condamnation, puisque Dieu est étranger à tout mouvement des passions, subsiste contre ces malheureux, et par conséquent « Dieu, dans sa « colère », en d'autres termes, sans abjurer sa colère, « ne met pas de, bornes à sa miséricorde » ; il est miséricordieux, non en mettant un terme aux tourments éternels, mais en adoucissant les supplices ou en les tempérant par de certains soulagements. Ainsi on respecte la pensée du Psalmiste, qui ne dit pas que Dieu sera miséricordieux pour mettre un terme à sa colère ou après y avoir renoncé, mais qu'il ne mettra pas de bornes à sa compassion, tout en gardant sa colère.

D'ailleurs, qu'on suppose cette peine aussi légère qu'on peut la souffrir dans l'enfer : se voir mort au royaume de Dieu, exilé de la Cité céleste, étranger à la vie de Dieu, privé des douceurs sans nombre que Dieu « réserve à ceux qui le craignent et communique à ceux qui espèrent en lui », quel supplice ! Il est si affreux dans sa durée infinie, qu'il ne peut être comparé à aucun des tourments que nous connaissons, dût-on les endurer des milliers de siècles.


Luca Signorelli, Les damnés, fresque dans la Cathédrale d'Orvieto


vendredi 1 novembre 2013

Pour que nos chers Défunts deviennent tous Saints...


L’Eglise offre la grâce de l’indulgence plénière pour les défunts à tous ceux qui :

  1. se sont confessés et ont reçu l’absolution de leurs péchés ;
  2. ont été à la Messe et y ont communié ;
  3. ont prié aux intentions du Souverain Pontife pour la conversion des pécheurs, l’unité de l’Eglise et l’avancée du Règne de Dieu en ce monde ;
  4. et ont visité un cimetière pour y prier pour tous les défunts (les malades étant exempté de la visite peuvent prier chez eux ou dans quelques oratoires).
Cette indulgence peut être reçue du 1er novembre au 8 novembre inclus. Ne gaspillons pas la grâce !


L'Ange de la Via Crucis, Lourdes
« Des devoirs à rendre aux morts », in Œuvres complètes de Saint Augustin, tome XII, pp. 280-293, Bar-le-Duc, 1866, Des devoirs à rendre aux morts

Ce traité fut écrit pour répondre à saint Paulin, évêque de Nole, qui avait demandé à l'auteur si la sépulture dans les églises des martyrs est de quelque utilité aux âmes des morts.

Chap. IV, Le lieu de la sépulture d’un mort ne lui est pas utile par lui-même, mais parce qu’il excite à prier pour le défunt

S'il en est ainsi, c'est évidemment une œuvre de pieuse affection pour les morts, que de choisir leur lieu de sépulture auprès des tombeaux des saints. Car si c'est un acte de religion de les ensevelir, c'en sera un aussi, on le sent, de s'occuper du choix du lieu.

Mais en examinant ces soins que les vivants rendent aux morts pour se consoler, et qui révèlent en même temps leur pieuse affection pour leurs proches, il faut voir quel profit peuvent en retirer les morts eux-mêmes. Je n'en vois qu'un. C'est qu'en se rappelant le lieu où ces corps chéris reposent, les vivants les recommandent à ces mêmes saints comme à des patrons à qui ils les ont confiés pour les aider par leurs prières auprès de Dieu. Or on pourrait en agir ainsi, lors même qu'il ne serait pas possible d'inhumer les morts dans ces lieux choisis.

Mais pourquoi appelle-t-on Mémoires ou Monuments ces tombeaux remarquables que l'on construit aux défunts, sinon pour soustraire à l'oubli du cœur ceux que la mort a soustraits aux yeux des vivants ? En effet, ils le rappellent à notre souvenir, et ils nous avertissent de penser à eux. C'est ce que fait voir très clairement le nom même de Mémoire, aussi bien que celui de Monument, (demonere mentem) qui signifie avertissement.

Aussi les Grecs appellent-ils munemeion, ce que nous appelons Mémoire ou Monument, parce que dans leur langue la mémoire ou la faculté de se souvenir se dit muneme. Lors donc que le cœur se porte vers l'endroit où repose le corps d'une personne bien chère, et que le lieu vénérable qui porte le nom du martyr se présente en même temps à l'esprit, celui qui mêle la prière au souvenir du cœur recommande affectueusement l'âme bien-aimée à ce saint martyr. Or il n'est pas douteux que cet acte de la vive charité des fidèles pour les défunts, ne soit utile à ceux d'entre eux qui ont mérité, tandis qu'ils vivaient, de recevoir ce soulagement après leur mort.

Janmot, le vol de l'âme vers le ciel dans les bras de son Ange gardien


Solennité de la Toussaint

Tous les Saints du Paradis auprès de la Trinité Sainte et bienheureuse, communion de l'Amour ineffable

Vénérable abbé Henri Marie Boudon, "Science et pratique du Chrétien", chap. VI

Ô hommes, aimez le tout aimable Jésus. Aimez-le souverainement car il est le Dieu d'une grandeur infinie. 

Bx. Fra Angelico, la ronde des Saints
et des Anges, détail.
Aimez-le généralement, en toutes choses, de quelque nature qu'elles puissent être, dans toutes vos actions sans la moindre réserve, dans toutes vos souffrances, dans tous les états différents où la divine Providence vous fera entrer, soit les états intérieurs, soit les états extérieurs, en toutes sortes de lieux publics ou particuliers, à la vue de tout le monde, et dans les lieux les plus retirés, en toutes sortes de temps, dans la désolation ou la consolation, dans le temps de la prière, dans le temps de la récréation, lorsque vous serez solitaires, lorsque vous serez parmi les compagnies dans les jours les plus saints, dans les jours destinés à se récréer honnêtement et en Chrétien. Aimez toujours le tout aimable Jésus, car il est toujours le même ; il mérite toujours les mêmes amours, mais aimez-le uniquement. 

Que tous les autres amours soient absorbés dans son pur amour ; amour pur qui, dans sa pureté, fermant les yeux à toute autre chose, ne les ouvre que pour voir Jésus qu'il voit en tout le reste, qui est aimable dans la très sacrée Vierge, la reine de l'amour sacré, et dans tous les Saints. N'est-ce pas dans ce sens que la Sainte Eglise lui chante : "Vous êtes le seul Saint !". 

(...) Mais, pour aimer Jésus, il faut penser à Jésus. Hé ! quel moyen de ne pas penser à ce que l'on aime ! Que jamais Jésus ne nous parte de devant les yeux, s'écrie l'une des plus grandes amantes, la Séraphique sainte Thérèse.



Le Jugement dernier, par le Bx. Fra Angelico

samedi 26 octobre 2013

Abonnement au Bulletin des Saints-Anges et au numéro spécial sur la Vie du vénérable abbé Henri-Marie Boudon

Le bulletin d’Automne de
l’Archiconfrérie du Saint-Sacrement et des Saints Anges est arrivé

Saint Michel, Cathédrale de Cologne
Ce petit bulletin collectionne les enseignements, les récits, les prières aux Saints Anges de notre cher abbé Henri Marie Boudon et de bien d’autres saints et spirituels. C’est un soutien indispensable pour approfondir nos amitiés angéliques et pour faire grandir la connaissance de notre si riche histoire.

L’Histoire ! Grande oubliée de biens de nos contemporains, et particulièrement des enfants à qui on ne l’enseigne plus ou si peu, et en tout cas, très mal. Comme nous disait un de nos professeurs d’Histoire, au Lycée : « L’Histoire, ça ne sert à rien, sauf à savoir qui on est, d’où on vient et où nous pourrions aller. » Bref, l’Histoire sert à tout auquel cas nous serions des étrangers dans notre propre pays, des amnésiques sans racine ni but.

Saint Michel Archange a marqué l’Histoire de notre pays, la France. En témoignent les pèlerinages au Mont-Saint-Michel, à Saint-Michel-de-l’Aiguille et bien d’autres, les villages qui portent son nom et les statues de l’Archange qui parsèment notre beau pays. Combien de calvaires, de Croix de mission à la croisée des chemins, de chapelles et d’oratoires, de paroisses et de collègiales jusque nos monumentales Cathédrales qui érigent leur flèches vers le Ciel comme de magnifiques monstrances nous rappelant que Dieu est notre Père et que, si nous sommes de la terre, notre place est avec nos frères les Saints.

Angelot, détail d'un retable
Combien de Saints de nos villages, de nos cités, de nos régions, qui ont prêché, soignés les maladies de l’âme et du corps, combien d’hôpitaux où ils se sont donnés dans le silence et l’amour de leur prochain, de jour et de nuit, combien d’écoles où ils enseignèrent et formèrent patiemment une multitude d’enfants appelée un jour à répandre le Règne de Dieu. Notre terre de France est une terre bénie aujourd’hui devenue amnésique. La faute à l’école qui n’enseignerait plus l’Histoire ? Oui, peut-être, sûrement même. Mais la faute aussi à chacun d’entre nous qui sommes parfois paresseux, qui ne prenons plus le temps de lire, de contempler, de réfléchir, et surtout de prier.

Prenons donc en main ce bulletin, lisons-le et partageons-le. Ce Blog que vous consultez sur les 5 continents (bienvenue à la Chine !) est intéressant mais il ne remplace pas les trésors de ce petit bulletin.

D’ailleurs, saviez-vous qu’un Bulletin spécial pour l’Année de la Foi est paru cet été ? Dans ce numéro spécial, il n’est question que de Monsieur Boudon.
Le Blog vous donne régulièrement des extraits de ses œuvres, de ses prières, évoque parfois quelques passages de sa vie qui fut très riche.

Et bien ce Bulletin spécial vous renseignera, dans une trentaine de pages, sur tous les événements marquants de la vie de ce grand vénérable : sa naissance et son éducation, sa vie d’étudiant à Paris, comment il fut appelé aux Ordres sacrés, ses amitiés avec tant de saints, son arrivée et son ministère dans le Diocèse d’Evreux, ses joies mais aussi ses difficultés, ses peines et ses croix, le rétablissement de la vérité après tant de calomnies, sa fin angélique et sa postérité.



Pour recevoir le Bulletin des Saints-Anges, 4 numéros par an, il vous suffit d’adresser 10 € (ou plus selon votre générosité) à l’ordre de La Société Henri-Marie Boudon à l’adresse ci-dessous.
Quant au Bulletin spécial sur la vie de Monsieur Boudon, il est au prix de 5 €.





Archiconfrérie du Saint-Sacrement et des Saints-Anges


M. / Mme. / Mlle. / M. l’abbé – Père – Sœur : ……………………………………………………………......
Adresse: ………………………………………………………………………………………………………………….......

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Maravillas
27240 Damville


Anges moissonneurs, Basilique de Fourvière


jeudi 24 octobre 2013

24 octobre - Saint Raphaël Archange

Domenico Feti, l'Archange Raphaël guérit Tobie de sa cécité,
Musée de l'Ermitage
Vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix », Partie II


Tobie était un homme craignant Dieu qui, dans sa captivité, l’adorait en esprit et en vérité. Dans sa jeunesse l’on n’y remarquait rien de puérile. Il ne se laissait point aller au conseil des impies, et ne s’arrêtait point dans la voie des pécheurs, mais il mettait toute son affection à la loi du Seigneur, qu’il méditait le jour et la nuit ; il était semblable à un arbre planté sur le bord des eaux courantes qui porte son fruit en son temps et dont la feuille ne tombe point.

Il n’en était pas ainsi de ses compatriotes qui, semblables dans leur impiété la poussière que le vent emporte, se laissaient aller à rendre des honneurs divins à des idoles qui ne sont rien.

Tobie était seul, nous enseigne la divine parole, qui ne se souillait pas de ces abominables sacrifices et qui, persévérant constamment dans culte du vrai Dieu, allait lui rendre ses adorations dans son Temple de Jérusalem.

Le Saint Esprit lui-même a inspiré de laisser la postérité dans l’un des livres canoniques les grandes aumônes qu’il faisait aux pauvres ; il a voulu qu’on écrivît comme il donnait à manger à ceux qui étaient dans le besoin ; comme il donnait des habits à ceux qui n’étaient pas vêtus ; comme il avait soin d’ensevelir les morts au péril même de sa propre vie. Il a voulu que la postérité sût l’ardeur de son zèle dans les avis de salut qu’il donnait à ceux de sa nation et dans les instructions saintes qu’il faisait à son fils, lui enseignant dès son enfance la crainte de Dieu et l’horreur qu’il devait avoir du péché, l’exercice de toutes les bonnes œuvres le détachement des choses de la terre et l’amour de Dieu sur toutes choses. Mais l’Esprit Saint a aussi voulu que l’on écrivît les afflictions qui lui sont arrivées que l’on sût dans tous les siècles qu’un si saint homme avait été condamné à la mort par un ordre injuste d’un souverain après avoir été dépouillé de tous ses biens, qu’ayant échappé des mains de ce roi, fuyant sa colère et, étant réduit dans la dernière pauvreté et un extrême besoin de toutes choses, enfin il était devenu aveugle et tout cela lui était arrivé selon le témoignage même du grand archange saint Raphaël, parce qu’il était agréable à Dieu.


Rembrandt, le départ de l'Archange saint Raphaël
« De l’Amour de notre Seigneur 
Jésus Christ », 
Livre I, De l’Amour


O Cieux étonnez-vous sur un amour si surprenant ; mais Cieux, déchirez-vous, et vous, portes du Firmament, soyez grandement désolées sur l’insensibilité du cœur de l’homme.

Mais, ô mon âme, rentrons un peu dans nous-même, écartons-nous de toutes créatures qui pourraient empêcher notre attention ; retirons-nous dans quelque lieu solitaire et de silence, prenons un temps de repos afin qu’à loisir nous puissions méditer ou contempler ce que l’amour fait faire au Dieu de l’Amour pour l’homme en la Divine Eucharistie. 

Ange du Ciel, divin Tutélaire de mon corps et de mon âme, favorisez de vôtre sainte protection et de vos célestes lumières l’attention que je dois à vos bontés si excessives.


mercredi 16 octobre 2013

Dédicace du Mont Saint-Michel


Saint Aubert apporte en procession du
marbre venant de Saint-Michel du Mont Gargan


Seigneur, daignez vous souvenir que dans les circonstances douloureuses de notre histoire, vous avez fait de l'Archange saint Michel l'instrument de votre miséricorde à notre égard. Nous ne saurions l'oublier ; c'est pourquoi nous vous conjurons de conserver à notre patrie la protection dont vous l’avez jadis entourée par le ministère de cet Archange vainqueur.

Et vous, ô saint Michel, Prince des Milices célestes, venez à nous ; nous vous appelons.
Vous êtes l'Ange gardien de l'Eglise et de la France ; c'est vous qui avez inspiré et soutenu Jeanne d'Arc dans sa mission libératrice. Venez encore à notre secours et sauvez-nous ! Nous mettons nos personnes, nos familles, nos paroisses, la France entière, sous votre protection toute spéciale. Nous en avons la ferme espérance, vous ne laisseras pas mourir le peuple qui vous a été confié.

Chapelle Saint-Aubert, Mont Saint-Michel
Que Dieu suscite parmi nous des saints ! Par eux, ô saint Archange, faites triompher l'Eglise dans la lutte qu'elle soutient contre l'enfer déchaîné et, par la Vertu du Saint-Esprit, établissez le règne du Christ sur la France et dans le monde, afin que la paix du ciel y demeure à jamais. Ainsi soit-il.






Basilique du Mont Saint-Michel, sanctuaire national


lundi 14 octobre 2013

Prière à Notre Dame de Sa Sainteté le Pape François I, le 13 octobre 2013


Bienheureuse Vierge Marie de Fatima,
avec une reconnaissance renouvelée pour ta présence maternelle
nous unissons notre voix à celle de toutes les générations
qui te disent Bienheureuse.

Nous célébrons en toi les grandes œuvres de Dieu,
qui jamais ne se lasse de se pencher avec Miséricorde sur l’humanité, affligée par le mal et blessée par le péché,
pour la guérir et pour la sauver.

Accueille avec ta bienveillance de Mère
l’acte de consécration qu'aujourd'hui nous faisons avec confiance, devant ta statue qui nous est si chère.

Nous sommes certains que chacun de nous est précieux à tes yeux et que rien de ce qui habite nos cœurs ne t'est étranger.

Nous nous laissons rejoindre par ton regard très doux
et nous recevons la caresse consolante de ton sourire.

Garde notre vie entre tes bras ;
bénis et renforce tout désir de bien ;
ravive et nourris la Foi ;
soutiens et éclaire l'Espérance ;
suscite et anime la Charité ;
guide-nous tous sur le chemin de la sainteté.

Enseigne-nous ton amour de prédilection
pour les petits et les pauvres,
pour les exclus et les souffrants,
pour les pécheurs et ceux qui sont égarés dans leur cœur :
rassemble tous sous ta protection
et remets-nous tous à ton Fils bien-aimé, Notre Seigneur Jésus.