lundi 2 novembre 2020

Prions pour tous nos frères défunts

Le Titien, détail des âmes bénies en Purgatoire

Du 1er au 8 novembre, l'Eglise offre la grâce de l'indulgence plénière pour tous les défunts aux fidèles en état de grâce qui assisteront à la Messe et y communieront aux intentions des défunts et de toute l'Eglise.

Du fait de la situation sanitaire actuelle, l'Eglise étend cette grâce à tout le mois de novembre même aux fidèles qui ne peuvent aller à la Messe et visiter un cimetière comme c'est habituellement prévu. 

Que ce mois de novembre, si sombre, si triste, devienne un foyer de grâces et de lumières pour tous nos frères défunts ! Prions pour eux, c'est l'acte de charité le plus grand que nous puissions faire pour eux en offrant des Messes de suffrage.

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La gloire de la Sainte Trinité dans le secours des âmes du Purgatoire », 1ère partie, 1er motif : La grandeur des tourments.

Cependant les tourments du Purgatoire les surpassent dans leur grandeur, tous ceux même des Martyrs n’en approchent point selon qu’il fut révélé à sainte Magdeleine de Pazzi. Il y a plus et voici ce qui est bien capable de faire trembler les plus assurés.

Le Docteur angélique enseigne que les peines du Purgatoire sont plus grandes que celles que notre bon Sauveur a endurées en sa douloureuse Passion. Hélas que devenir ici ! O vous qui lisez ces choses et moi qui les écris, que deviendrons nous ! Mon Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur et ne me châtiez pas dans votre colère ! Il n’y a rien de sain dans ma chair et il n’y a point de paix dans mes os quand j’y pense.

Miséricorde, miséricorde ! Sang de Jésus Christ, apaisez la divine colère ! O très douce Vierge, la Mère de la miséricorde, ayez pitié de nous, ayez pitié des pauvres âmes du Purgatoire ! Anges bienheureux, venez au secours !

Encore une fois, que devenir ici ? Ne dites donc pas que vous ne craignez pas tant le Purgatoire parce que l’on est assuré d’aller dans le Ciel. Que personne ne parle de la sorte, dit saint Augustin, car il est vrai que quoique cette assurance donne des consolations indicibles elle n’empêche pas pourtant que l’on ne souffre d’une manière inexplicable. Vous concevrez bien cette vérité par l’exemple de notre bon Sauveur. Non seulement il était assuré de sa gloire, mais sa très sainte âme en jouissait dès le premier moment de sa bienheureuse création, et cependant cette jouissance dans sa suprême partie a-t-elle empêché les peines épouvantables de sa douloureuse Passion ? Oui, dit ce Père que je viens de citer, tout ce que l’on peut voir ou sentir est bien éloigné des tourments de ces flammes purifiantes. Hélas ! non jamais l’œil n a vu ni l’oreille entendu rien de pareil.

Icône du jugement dernier

dimanche 1 novembre 2020

Toussaint. Tous nos frères les Saints du Ciel, priez pour nous encore en pèlerinage sur cette terre

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Les horreurs de la profanation des églises », 7e horreur

Ce serait une vaste matière de plusieurs volumes de rapporter les vertus éminentes de toutes les personnes qui ont éclaté en sainteté dans l’Eglise catholique en la succession de tous les siècles.

Peut-on ne pas voir, si l’on ne s’aveugle volontairement, la vie exemplaire de tant d’ordres religieux et de congrégations régulières ? L’esprit de la retraite, de la solitude, de la pénitence ne règne-t-il pas encore présentement parmi les Chartreux dans les maisons réformées ? Celles de saint Benoit et dans celles de saint Bernard ? L’on a vu dans ces derniers temps revivre dans les premières maisons des Carmes déchaussés l’ancienne austérité des Pères du désert. ~ Les déserts que ces mêmes religieux habitent encore aujourd’hui ne sont ce pas des lieux où la sainteté règne ? Les maisons des séminaires ecclésiastiques sont remplies d’exemples d’une éducation singulière et il en sort tous les jours des personnes qui peuvent dire : Nous sommes la bonne odeur de Jésus-Christ en tout lieu.

Mais l’esprit apostolique n a-t-il pas continué et ne continue-t-il pas tous les jours dans les missionnaires de l’Eglise romaine qui vont prêcher l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre ? Le don des langues, l’esprit de prophétie, les miracles, le don de force et les autres grâces gratuites que l’Esprit de Dieu a communiqués aux apôtres et aux premiers disciples ont été accordés à ces hommes apostoliques.

Que n’a point fait un seul de ces hommes de Dieu en ces derniers temps : le grand saint François-Xavier qui a prêché l’Evangile en vingt-quatre royaumes et converti par le secours divin plus d’un million de personnes. Que n’ont pas souffert ces missionnaires parmi les nations les plus barbares ! Les uns ont été écorchés, les autres brûlés à petit feu, quelques-uns noyés, quelques autres crucifiés et enfin il n’y a point de tourments qu’ils n’aient enduré avec une force invincible. ~ Peut-on bien après cela se récrier sur le défaut de sa sainteté ? S’il s’est glissé de la corruption dans les mœurs de quelques ecclésiastiques de quelques ordres réguliers ou en d’autres personnes de sa communion, faut-il s’en étonner puisque dans le collège apostolique de douze personnes il s’en est trouvé un de très méchant. La même corruption des mœurs n’était-elle pas dans les premiers temps, puisque les saints Pères invectivent contre avec tant de force.

~ L’Esprit de Dieu est plus fort que toute la puissance des hommes s’il réside dans une personne véritablement ; il n’y a aucun tourment qu’elle ne souffre plutôt que de trahir la cause de Dieu. Si dans la véritable Eglise il s’est trouvé des renégats, il y en a eu des millions qui ont enduré le martyre. Comment donc, s’ils ont la véritable religion, peuvent-ils l’abjurer si universellement ? N’est-ce pas une marque tout à fait évidente qu’elle n’est soutenue que par l’esprit de l’homme, en la même manière qu’elle a été introduite ? Si après toutes les abjurations l’on persévère dans les mêmes sentiments, il est bien visible que c’est un pur effet de l’opiniâtreté qui demeure lorsqu’on se voit à couvert de quelques pertes ou incommodités temporelles, que l’on craignait et qui ont fait renoncer la prétendue religion à ceux qui ne l’ont abjurée qu’en apparence, ce que l’on ne doit jamais faire quand il s’agit même de perdre mille vies.

 

jeudi 29 octobre 2020

Le mois du Rosaire se termine, pas notre amour du chapelet

Mère Macrine Vassopoulou de Volos

Aimez le Christ-Époux, la toute sainte [Vierge Marie] et les saints.

Priez pour vos frères et sœurs en Christ avec vos chapelets. 

Ne négligez pas de prier votre chapelet pour les malades, ceux qui souffrent dans les hôpitaux, une autre pour les malades mentaux, pour les jeunes et pour tous ceux qui sont dans le besoin.



mardi 27 octobre 2020

Je vous salue Marie - Theotokos

icône de Notre Dame de Kazan

Acathiste en l’honneur de l’icône de Notre-Dame de Kazan

Kondakion 9

Ô Très Sainte Vierge, tu t’es montrée supérieure à l’angélique nature, car tu conçus Dieu dans la chair, et tu contins en ton sein, Celui Qui ne peut être circonscrit, et tu le tins dans tes bras, Lui Qui tient le monde dans la paume de Sa main. C’est pourquoi te magnifiant, toi qui es plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, nous remercions Dieu en clamant vers Lui : Alléluia !


Prière devant l’icône de la Mère de Dieu de Kazan

Ô Très Sainte Reine et souveraine Génitrice de Dieu (Theotokos en grec, Deipara en latin ~ Mère de Dieu selon la chair), nous prosternant avec foi et amour devant ta précieuse icône, nous te prions : Ne détourne pas ta face de ceux qui accourent vers toi ; ô Mère pleine de compassion, prie ton Fils et notre Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, pour qu’Il préserve notre terre en paix ; qu’Il affermisse ce pays ; qu’Il garde Sa Sainte Eglise exempte de l’incroyance, de l’hérésie ou du schisme, car nous n’avons d’autre recours, d’autre espérance que toi, ô Vierge Toute Pure, secours tout puissant et protectrice des chrétiens.

Délivre tous ceux qui demandent avec amour ton intercession, des assauts du péché, des attaques des hommes mauvais, de toutes tentations, afflictions et détresses, et de la mort subite.

Accorde-nous un esprit contrit, un cœur humble, des pensées pures, l’amendement de nos vies pécheresses, et la rémission des péchés, afin que nous puissions avec reconnaissance chanter les louanges des grandes choses que tu accomplis, et fais que nous soyons rendus dignes du Royaume éternel, dans les siècles des siècles. Amen.


Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur !
Aie pitié de moi, pécheur !

samedi 24 octobre 2020

Hymne en l'honneur de saint Raphaël Archange

Raphaël, divin guide, recevez avec bonté l'hymne sacrée que vous dédient nos voix suppliantes et joyeuses.

Dirigez pour nous la course du salut, soutenez nos pas ; que nous n'errions jamais à l’aventure, ayant perdu le sentier du ciel.

Regardez-nous des cieux ; remplissez nos âmes de la splendeur brillante qui descend du Père saint des lumières.

Rendez aux malades la santé, faites cesser la nuit des aveugles ; en guérissant les corps, réconfortez les cœurs.

Vous qui vous tenez devant le souverain Juge, plaidez la cause de nos crimes ; apaisez du Tout-Puissant la colère vengeresse, Ô vous à qui nous confions nos prières.

Vous qui reprîtes le grand combat, confondez notre ennemi superbe ; pour triompher des esprits de révolte, donnez-nous force, augmentez en nous la grâce.

Soyez gloire à Dieu le Père, ainsi qu'à Son Fils unique, avec l'Esprit Paraclet, et maintenant et toujours. Amen.

mardi 20 octobre 2020

France ! Fais pénitence et reviens au Seigneur ton Dieu !

Le 29 novembre 1911, le Pape Saint Pie X remet la barrette aux nouveaux cardinaux d'Angleterre, de Hollande, des Etats-Unis et de France. Le Saint Pape achève son allocution consistoriale en ces termes :

Que vous dirai-je, maintenant, à vous, fils de France, qui gémissez sous le poids de la persécution ?

Le peuple qui a fait alliance avec Dieu, aux fonts baptismaux de Reims, se repentira, et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de fils, qui prêchent la vérité de l'Évangile dans le monde presque entier, et dont beaucoup l'ont scellée de leur sang, les prières de tant de saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons, dans la gloire céleste, les frères bien-aimés de leur patrie ; la piété généreuse de tant de ses fils qui, sans s'arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique... appelleront certainement sur cette nation les miséricordes divines.

Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra pas, la fille de tant de soupirs et de tant de larmes.

Un jour viendra, et Nous espérons qu'il n'est pas très éloigné, où la France, comme Saul sur le chemin de Damas, sera enveloppée d'une lumière céleste et entendra une voix qui lui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? » Et sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus que tu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même. » Et elle, tremblante et étonnée, dira : «Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui : « Lève-toi, lave tes souillures qui t'ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille aînée de l'Eglise, nation prédestinée, vase d'élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre. » Ainsi soit-il !


dimanche 18 octobre 2020

Être un saint enfant de chœur


Du Pape Benoît XVI, audience générale du Mercredi 4 août 2010, Place Saint-Pierre, Saint Tarcisius

 

Chers frères et sœurs,


~ Chers servants et servantes d'autel, chers amis et chères amies, chers pèlerins de langue allemande, bienvenue à Rome ! Je vous salue tous cordialement. (…) Tout cela me rappelle l'époque où moi aussi j'étais un servant d'autel.

 

~ Vous êtes nombreux ! ~ Merci ! La statue de saint Tarcisius est arrivée jusqu'à nous après un long pèlerinage. En septembre 2008, elle a été présentée en Suisse, en présence de 8000 servants d'autel : certains d'entre vous étaient là. ~ Nous l'accueillons aujourd'hui dans la fête, heureux de pouvoir mieux connaître cette figure des premiers siècles de l’Eglise. La statue — comme l'a déjà dit Mgr Gächter — sera ensuite placée à proximité des catacombes de Saint-Calixte, où saint Tarcisius fut enterré. Le souhait que j'adresse à tous est que ce lieu, c'est-à-dire les catacombes de Saint-Calixte et cette statue, puisse devenir un point de référence pour les servants d'autel et pour ceux qui souhaitent suivre Jésus de plus près à travers la vie sacerdotale, religieuse et missionnaire. Que tous puissent regarder ce jeune homme courageux et fort et renouveler l'engagement d'amitié avec le Seigneur lui-même pour apprendre à vivre toujours avec Lui, en suivant le chemin qu'il nous indique avec sa Parole et le témoignage de si nombreux saints et martyrs, dont, à travers le Baptême, nous sommes devenus frères et sœurs.

 

Qui était saint Tarcisius ? Nous ne disposons pas de beaucoup d'informations. Nous sommes dans les premiers siècles de l’histoire de l'Eglise, plus précisément au troisième siècle; on raconte qu'il était un jeune homme qui fréquentait les catacombes de Saint-Calixte ici à Rome et qu'il était très fidèle à ses engagements chrétiens. Il aimait beaucoup l'Eucharistie et, de divers éléments, nous concluons que, probablement, il était un acolyte, c'est-à-dire un servant d'autel. Dans ces années-là, l'empereur Valérien persécutait durement les chrétiens, qui étaient contraints de se réunir clandestinement dans les maisons privées ou, parfois, également dans les catacombes, pour écouter la Parole de Dieu, prier et célébrer la Messe. Même la tradition d'apporter l’Eucharistie aux prisonniers et aux malades devenait de plus en plus dangereuse. Un jour, alors que le prêtre demanda comme d’habitude, qui était disposé à apporter l'Eucharistie aux autres frères et sœurs qui l'attendaient, le jeune Tarcisius se leva et dit : « Veux-tu que je m'en charge ? »


Ce garçon semblait trop jeune pour un service aussi exigeant ! « Ma jeunesse — dit Tarcisius — sera le meilleur abri pour l'Eucharistie ». Le prêtre, convaincu, lui confia le précieux Pain en lui disant: « Tarcisius, rappelle-toi qu'un trésor céleste est remis entre tes faibles mains. Evite les chemins fréquentés et n'oublie pas que les choses saintes ne doivent pas être jetées aux chiens ni les perles aux cochons. Protégeras-tu avec fidélité et assurance les Saints Mystères ? ». « Je mourrai — répondit Tarcisius avec fermeté — plutôt que de les céder ».

 

En route, il rencontra des amis qui, s'approchant de lui, lui demandèrent de se joindre à eux. A sa réponse négative — ils étaient païens — ils devinrent soupçonneux et insistants et ils se rendirent compte qu'il serrait quelque chose sur sa poitrine qu'il semblait défendre. Ils tentèrent de la lui arracher mais en vain; la lutte se fit de plus en plus acharnée, surtout lorsqu'ils apprirent que Tarcisius était chrétien: ils lui donnèrent des coups de pied, lui lancèrent des pierres, mais il ne céda pas. Mourant, il fut apporté au prêtre par un officier prétorien du nom de Quadratus, devenu lui aussi, clandestinement, chrétien. Il y arriva sans vie, mais il serrait encore contre sa poitrine un petit morceau de lin contenant l'Eucharistie. Il fut enterré immédiatement dans les catacombes de Saint-Calixte. Le Pape Damase fit apposer une inscription sur la tombe de saint Tarcisius, selon laquelle le jeune homme mourut en 257. Le Martyrologe romain fixe la date au 15 août et dans le même Martyrologe est rapportée une belle tradition orale selon laquelle, sur le corps de saint Tarcisius, on ne retrouva pas le Très Saint Sacrement, ni dans ses mains, ni dans ses vêtements. On raconta que le pain consacré, défendu par sa vie par le petit martyr, était devenu chair de sa chair, formant ainsi avec son propre corps, une unique hostie immaculée offerte à Dieu.

 

Chères servantes et chers servants d'autel, le témoignage de saint Tarcisius et cette belle tradition nous enseignent l’amour profond et la grande vénération que nous devons avoir pour l'Eucharistie : c'est un bien précieux, un trésor dont la valeur ne peux pas être mesurée, c'est le Pain de la vie, c'est Jésus lui-même qui se fait nourriture, soutien et force pour notre chemin de chaque jour et route ouverte vers la vie éternelle, c'est le don le plus grand que Jésus nous a laissé.

 

Je m'adresse à vous ici présents et, à travers vous, à tous les servants d'autel du monde ! Servez avec générosité Jésus présent dans l'Eucharistie. C'est une tâche importante, qui vous permet d'être particulièrement proches du Seigneur et de croître dans une amitié vraie et profonde avec Lui.

Conservez jalousement cette amitié dans votre cœur comme saint Tarcisius, prêts à vous engager, à lutter et à donner la vie pour que Jésus parvienne à tous les hommes. Vous aussi, transmettez aux jeunes de votre âge le don de cette amitié, avec joie, avec enthousiasme, sans peur, afin qu'ils puissent sentir que vous connaissez ce Mystère, qu'il est vrai et que vous l'aimez !

 

Chaque fois que vous vous approchez de l'autel, vous avez la chance d’assister au grand geste d'amour de Dieu, qui continue à vouloir se donner à chacun de nous, à être proche de nous, à nous aider, à nous donner la force pour vivre bien. Avec la consécration — vous le savez — ce petit morceau de pain devient Corps du Christ, ce vin devient Sang du Christ. Vous avez la chance de pouvoir vivre de près cet indicible mystère ! Vous accomplissez avec amour, avec dévotion et avec fidélité votre tâche de servants d'autel; n'entrez pas dans l'église pour la célébration avec superficialité, mais préparez-vous intérieurement à la Messe !

 

En aidant vos prêtres dans le service de l’autel, vous contribuez à rendre Jésus plus proche, de manière telle que les fidèles puissent le sentir et s’en rendre compte avec plus de force : Il est ici ; vous collaborez afin qu'il puisse être plus présent dans le monde, dans la vie de chaque jour, dans l'Eglise et en tout lieu. Chers amis ! Vous prêtez à Jésus vos mains, vos pensées, votre temps. Il ne manquera pas de vous récompenser, en vous donnant la vraie joie et en vous faisant sentir où est le bonheur le plus complet. Saint Tarcisius nous a montré que l'amour peut nous conduire jusqu'au don de la vie pour un bien authentique, pour le bien véritable, pour le Seigneur.

 

A nous probablement, le martyre n'est pas demandé, mais Jésus nous demande la fidélité dans les petites choses, le recueillement intérieur, la participation intérieure, notre foi et l'effort de conserver présent ce trésor dans notre vie de chaque jour. Il nous demande la fidélité dans les tâches quotidiennes, le témoignage de Son amour, en fréquentant l'Eglise par conviction intérieure et pour la joie de sa présence. Ainsi pouvons-nous aussi faire savoir à nos amis que Jésus est vivant.

 

Dans cet engagement, puisse nous aider l’intercession de saint Jean-Marie Vianney, dont c'est aujourd'hui la fête liturgique, de cet humble curé de France, qui a changé une petite communauté et a ainsi donné au monde une lumière nouvelle.

 

Que l'exemple des saints Tarcisius et Jean-Marie Vianney nous pousse chaque jour à aimer Jésus et à accomplir sa volonté, comme l'a fait la Vierge Marie, fidèle à son Fils jusqu'au bout. Merci encore à tous ! Que Dieu vous bénisse en ces jours et bon retour dans vos pays !


vendredi 16 octobre 2020

Dédicace du Mont Saint-Michel


Abbé André Fournier, recteur du sanctuaire du Mont-Saint-Michel

Depuis des temps immémoriaux trois rochers émergent de cette échancrure située à la frontière de la Normandie et de la Bretagne. Le mont Tombe, le rocher de Tombelaine et le mont Dol. Trois pyramides, pas très hautes, mais totalement incongrues dans ce paysage plat où la mer, répondant à l'appel de la lune, vient deux fois par jour recouvrir les immensités sableuses et plates de la grande baie. Cela pourrait être triste, et parfois c'est le cas, mais le plus souvent c'est surprenant de vie et de couleurs pastel. Le spectacle est permanent. La beauté à couper le souffle. La nature nous aide à comprendre intuitivement la puissance et la grandeur du créateur.

Mais Dieu ne s'est pas contenté de créer le ciel, la mer et la terre. Il a voulu y introduire la Vie.  La vie sous toutes ses formes : minérale, aquatique, végétale, animale. Et, au cœur de cette création, il nous forma Homme et Femme à son image : libres et dotés d'intelligence. Et pour que l'humanité se souvienne de lui, il privilégia quelques lieux où l'on pourrait le reconnaître, le retrouver. Le Mont-Saint-Michel et sa baie sont un de ces espaces où Dieu donne rendez-vous à l'homme.

Pour réaliser cela il fallut le rêve d'un évêque : Aubert, d'Avranches (né en 660, mort vers 725). Saint homme qu'un archange vint déranger trois fois dans son sommeil en 708 pour lui intimer l'ordre de construire une maison de Dieu sur le mont Tombe. C’est Michel, prince de la milice céleste, premier des anges, qui s'est chargé de ce travail. « Qui est comme Dieu ? » Cette traduction de l'hébreu Mi-Ka-El, hante depuis près de mille trois cents ans le rocher où s'est édifié l'un des sites les plus extraordinaires qu'on puisse voir en Europe : le Mont-Saint-Michel. La question peut être ressentie comme une menace. C'est l'archange guerrier qui pousse son cri d'indignation devant l'orgueil et la folie des hommes qui ont, de tout temps, cherché à conquérir le pouvoir d'intimider et de dominer leurs semblables. De ce point de vue, l'abbaye du Mont-Saint-Michel pourrait être l'expression de cette propension. D'où vient qu'elle ne provoque pas cette impression ? Cela tient sans doute à une conjonction de facteurs extrêmement subtils et tout à fait particuliers à cet ensemble qui comprend la baie, le village et l'abbaye. Ce mélange rare de terre, de mer, de vent, de pierres, cette conjonction étonnante et positive du travail de la nature (les croyants disent de Dieu) et du génie humain empêchent le dérapage des sentiments et permettent d’équilibrer mesure et démesure, grandeur et humilité, gloire et déchéance, spirituel et matériel, univers de création et univers d'achèvement, Dieu et Démon, Michel et Satan.

La magnificence du lieu (classé monument historique en 1862 et patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, l’un des sites les plus visités de France),  la réputation de l'archange, la beauté des constructions ont vite mis en marche de nombreux pèlerins. Conscients dans leur foi d'avancer vers la « Jérusalem céleste » ; reproduisant au long de leur pérégrination la marche des hébreux dans le désert ; imitant le peuple élu traversant à pied (presque) secs la mer des roseaux. Passer à travers la mer, n'est-ce pas passer à travers la mort ?

Tout pèlerin revit pour lui-même l'aventure d'Israël. Il doit s'arracher au quotidien, accepter d'abandonner ses certitudes, ses appuis, ses sécurités. Il doit faire confiance : la baie est dangereuse, le sable mouvant, la marée rapide. Et quand il a pris pied sur le rocher, il n'est pas encore au bout de ses peines. La montée du village est aussi un chemin symbolique. Le visiteur, sans s'en apercevoir, quitte peu à peu le monde du commerce humain pour celui du « commerce » divin, des nourritures terrestres (symbolisées par la célèbre omelette proposée à l'entrée de la ville), il monte jusqu'aux nourritures célestes. De la table de l'auberge à la table de l'autel où le pain et le vin deviennent pour les chrétiens corps et sang du Christ. Le passage d'une table à l'autre n'est pas facile. Il faut monter sans cesse. D'abord la rue très en pente ; puis les 360 marches du « Grand Degré ». Pas d'ascenseur, pas d'escalier mécanique, mais quelle récompense que d'entrer dans cette grande forteresse construite pour assumer une triple fonction : être imprenable par quelque force ennemie que ce soit ; être accueillante au pèlerin épuisé qui arrive au terme de sa route ; être resplendissante pour dire la gloire de Dieu et permettre à l'âme de s'élever dans une prière fervente, sous l’œil bienveillant de la statue de saint Michel, qui trône à 170 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La baie, le village, l'abbaye du Mont-Saint-Michel témoignent de cette unité créatrice de Dieu et de l'Homme.  Ils signent, par leur histoire, la vocation spirituelle, économique et politique de ce lieu. Ils invitent le croyant, comme le non-croyant, à se laisser gagner par l'admiration, la contemplation et la jubilation.

Aujourd'hui, les pèlerins sont souvent submergés par les touristes. C'est donc un double accueil qui nous incombe.

Depuis 1300 ans, l'Église catholique, fidèle à sa vocation et à la mission donnée par l'archange, s'efforce de proclamer la Parole de Dieu, accueille les pèlerins et leur offre les sacrements de l'Eucharistie, du pardon, des malades si nécessaire. Elle est également attentive à la vie spirituelle de la population qui, de tout temps, habite sur le rocher, au pied des murailles de la puissante abbaye-forteresse. Peuple de pécheurs, peuple de commerçants, peuple d'aubergistes et d'hôteliers… Le petit cimetière qui jouxte l'église Saint-Pierre est le témoin séculaire de la permanence de cette vie laborieuse et austère. Aujourd'hui, les pèlerins sont souvent submergés par les touristes. C'est donc un double accueil qui nous incombe, mais c'est une même et seule mission : comprendre et partager l'héritage de tous ceux qui ont « fait » le Mont-Saint-Michel afin d'être, pour notre temps et les temps futurs, des bâtisseurs de beau, de bon et de bien.


https://www.notrehistoireavecmarie.com/fr/esc/le-mont-saint-michel-signe-de-dieu-pour-les-hommes/ 



jeudi 15 octobre 2020

Sainte Thérèse d'Avila de Jésus

Sainte Thérèse d'Avila, réformatrice
de l'Ordre du Carmel

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, 
« La vive flamme d’amour », partie I

Au XIIe siècle, Aymeric, patriarche d’Antioche et légat du Saint-Siège, assembla tous les moines successeurs d’Elie et les mit en congrégation, leur donnant pour général saint Bertholde, son frère.

Il leur fit aussi bâtir un monastère sur le mont Carmel, les moines qui y étaient pour lors vivant en des cellules séparées. Depuis, sous le second général, saint Brocard, saint Albert patriarche de Jérusalem leur donna une règle selon la demande qu’ils en firent parce que, quoiqu’ils eussent leurs pratiques qu’ils avaient reçues des Esséniens et que Jean patriarche de Jérusalem leur eût prescrit quelque manière de vivre, cependant tout cela ne descendait pas assez dans le particulier. Ainsi saint Albert leur donna cette règle où l’on voit plusieurs choses conformes à la manière de vivre des Esséniens.

L’année 1244, quelques religieux du mont Carmel vinrent s’établir dans une solitude près de Marseille, et l’année 1254 saint Louis en amena en France sous le généralat de saint Simon Stock l’un des grands favoris de l’admirable Mère de Dieu. Et c’est l’un des privilèges singuliers de tout l’ordre d’être honoré particulièrement des faveurs extraordinaires de cette grande reine des anges et des hommes. Aussi est-il appelé l’ordre de Notre Dame du Mont Carmel.


lundi 12 octobre 2020

Un saint confesseur

« Vie de Boudon », par Collet

Jamais aussi le vice ne trouva d’agresseur plus intrépide pour l’affronter ni d’ennemi plus vigoureux pour l’atteindre, le combattre de pied ferme, le forcer jusque dans ses derniers retranchements.

Le pécheur qui trouvait dans la vie de ce saint prêtre un censeur inexorable trouvait dans ses discours un feu et des éclairs qui lui annonçaient la foudre dont il allait être frappé. Il n’y eut ni crime ni criminel qui trouvât grâce devant lui et, quoique l’orgueil, l’avarice et l’impudicité soient les désordres qu’il a le plus combattus, on a dit de lui, comme du restaurateur de Jérusalem, qu’il avait rempli d’effroi tous les ouvriers d’iniquité.

Mais s’il était terrible à l’égard des endurcis, il était plein de bonté pour les âmes faibles, il les portait dans son sein, il éclaircissait leurs doutes, il relevait leur courage par la confiance et par la vue des bontés de Dieu. Il présentait la vertu sous une face si belle, si charmante, il en aplanissait le chemin avec tant d’habileté, il démêlait avec tant d’intelligence et il détruisait avec tant de succès les obstacles qui en fermaient les avenues, qu’il l’a fait embrasser à des milliers de personnes de tout âge, de tout sexe, de toute condition, souvent même à celles que le seul nom de vertu révoltait et qui avaient pour elle l’aversion la plus décidée.

~ Sa morale tenait un juste milieu entre les deux extrémités. S’il ne fut jamais d’une inflexible rigidité, il ne fut jamais assez faible pour plier l’Evangile au gré du pécheur. La facilité d’absoudre sans avoir vu d’assez près si le cœur est bien réformé était, à son avis, et la perte des confesseurs et la ruine des pénitents. Il s’étudiait d’abord à découvrir dans la conscience du pécheur les principes de son mal afin d’y remédier peu à peu et il examinait dans une juste balance si tel mouvement venait de la grâce ou de la nature qui se plaît quelquefois à la contrefaire.

~ Il était persuadé qu’un directeur, pour conduire les âmes à la perfection, ne doit pas compter sur sa science, mais se donner tout entier à l’oraison et que, sans elle, le plus habile docteur peut n’être propre qu’à retarder dans une âme l’opération céleste dont les ressorts ouverts quelquefois à la simplicité d’une villageoise sont inaccessibles à la spéculation des savants.

En général, il voulait que ses pénitents s’attachassent au solide à l’esprit de foi, à l’amour du mépris des souffrances, de la sainte pauvreté, à la haine d’eux-mêmes si recommandée dans l’Evangile mais si profondément ignorée. Sur ce principe, loin de courir après les brebis de son voisin, il laissait à celle-là même qui s’était donnée à lui une pleine liberté de s’adresser à d’autres, bien persuadé qu’en ce point une sorte de gêne est la source des plus grands maux. Sur ce principe encore il ne s’attachait jamais aux personnes qui étaient sous sa conduite et il ne pouvait souffrir qu’elles s’attachassent à lui. Il disait à ce propos qu’il faut veiller et veiller beaucoup sur l’inclination qui nous porte quelquefois à secourir les personnes qui nous reviennent plus que d’autres.

Surtout il voulait qu’on retranchât sans miséricorde toute liaison avec les personnes d’un sexe différent. Le danger, poursuivait-il, est d’autant plus grand que l’amitié se pare des prétextes de la reconnaissance et même du plus grand bien de la pénitente. Rien de plus aisé à l’amour propre que de se mettre de la partie. Si le confesseur n’y prend garde, il satisfera beaucoup plus la nature qu’il ne remplira son ministère, et il ne trouvera au jugement de Dieu qu’un vide épouvantable.



vendredi 9 octobre 2020

Saints Anges, veillez sur nous et protégez-nous !

Sainte Marie-Madeleine de Pazzin, carmélite, « Les 40 jours d’extases », n.11

Le mercredi 6 juin, après avoir communié, il me sembla voir Jésus, tout amoureux, qui me disait : « Ô mon épouse, pourquoi penses-tu que je veuille si souvent m’unir à toi ? » Et aussitôt, je le sentis m’unir à Lui, et il me parut comprendre que Jésus unissait mon âme à Lui pour trois raisons. La première, c’est que l’âme unie à Jésus éprouve plus de sécurité en elle-même et plus de familiarité avec lui. La seconde, que cette union fortifie l’âme contre toutes sortes de tentations. La troisième, qu’elle devient ainsi plus agréable au Père éternel et capable de Lui plaire davantage, Jésus ayant dit dans l’Évangile : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, vous l’obtiendrez ». C’est pourquoi l’âme unie à Jésus, non seulement obtient les grâces du Père éternel, mais lui est encore toute reconnaissante et agréable. Voilà, à ce qu’il me semble, pourquoi Jésus m’unissait si souvent à Lui dans le très Saint-Sacrement.

Puis j’entrai dans un très vaste jardin, attrayant et d’une grande beauté, que je voyais à l’intérieur du côté de Jésus, et dans ce très noble jardin je vis les anges de toutes les moniales de ce monastère, ainsi que celui du Père confesseur. Tous me semblaient très beaux, mais, sauf celui du Père et le mien, je ne savais quelles moniales ils assistaient en particulier. Je les voyais tous tresser des guirlandes de fleurs, chacun pour sa moniale ; quelques-unes de ces guirlandes étaient toutes blanches, d’autres rouges, chacune ayant une couleur différente, quelques-unes même des teintes variées, suivant les vertus de la moniale à qui appartenait la guirlande. Les anges liaient celles-ci d’un fil d’or, que je compris être la charité des moniales. Mais je vis bien que huit ou dix de ces anges attendaient ; ils ne liaient pas leurs guirlandes, bien qu’ils eussent les fleurs, et semblaient attendre un peu de fil pour les lier. Alors Jésus me dit : « Vois, si ces moniales n’ont pas de charité, jamais leurs anges ne lieront leurs guirlandes, étant dépourvus de fil, c’est-à-dire de charité. Ces fleurs, je les réserverai pour les en fleurir et les en parer, mais elles ne pourront recevoir de guirlande ».

Puis je vis quelques-uns de ces anges tenir à la main une baguette sur laquelle ils attachaient les fleurs : les unes d’or, d’autres blanches, ou vertes, ou d’autres couleurs. Et cette baguette, je compris que c’était le travail de fond que ces Sœurs avaient accompli, dès l’origine, dans les vertus représentées chacune par des fleurs. Parmi ces anges, quelques-uns avaient à peine commencé à tresser et procédaient très lentement et soigneusement : c’était pour celles qui devaient vivre longtemps. D’autres se hâtaient davantage et leur travail était à demi achevé : je compris que leur vie serait courte. Il y en avait aussi qui, après avoir lié une fleur, la détachaient et revenaient en arrière, et cela, à cause du défaut des moniales qui ne persévéraient pas dans les vertus comme elles avaient commencé.


Je voyais aussi que mon petit ange allait très vite, et avait lié la mienne plus qu’à moitié : je compris ainsi qu’il me restait peu de temps à vivre ; cependant je ne désire ni mort, ni vie, mais seulement que soit faite en moi et sur moi la volonté de Dieu. Je vis encore celle du Père confesseur, qui n’était point une guirlande de fleurs comme les autres, mais une très belle couronne d’or, à cause de sa charité pour nos âmes, car il se fatiguait beaucoup pour notre salut ; elle était tout ornée de magnifiques joyaux et je vis qu’elle était terminée. Mais Jésus me dit : « Cette couronne n’est pas encore ornée comme je veux qu’elle le soit ». C’est pourquoi je voyais son petit ange y ajouter quelques joyaux pour l’embellir, d’autres pour l’enrichir, les faisant briller, par moments, d’un éclat magnifique.


Je vis ensuite quatre allées dans ce jardin. La première aboutissait au cœur de Jésus. À son extrémité, je veux dire dans le cœur de Jésus, se trouvait une très belle fontaine dont l’eau, ainsi que je le compris, exerçait deux effets sur les créatures : elle rafraîchissait et réchauffait. Elle rafraîchissait ceux qui brûlent du feu de l’orgueil, tandis qu’elle réchauffait les tièdes et les rendait tout fervents pour l’amour de Dieu et son service. La seconde allée partait du cœur de Jésus ; je la voyais aboutir à la main droite, où l’âme parvenait par la foi. La troisième allée partait, elle aussi, du cœur de Jésus et aboutissait à sa main gauche, où l’âme arrivait par la justice, c’est-à-dire que la créature désirait que s’accomplisse la justice de Dieu et que justice soit faite de tous ses péchés, défauts et imperfections. La quatrième allée du cœur de Jésus allait à sa sainte bouche et je compris qu’il s’agissait là de la vision de Dieu, où l’âme ne peut accéder tant qu’elle est en ce monde.


Et toutes ces allées m’apparaissaient recouvertes au-dessus et sur les côtés par la très sainte humanité de Jésus. La première était couverte par sa sainte poitrine, et les deux du centre par ses saints bras. La quatrième par la gorge de Jésus. Ensuite je vis sa tête sacrée toute parsemée de trous, comme de petites pièces, qui reluisaient tellement qu’ils semblaient des miroirs ; c’étaient les trous que Lui avait faits la couronne d’épines. Je compris par-là que les créatures doivent se regarder dans leur chef, le Christ, car elles en sont les membres. Je commençai tout de suite à les recommander à Jésus, en particulier cette personne dont j’ai parlé déjà, pour laquelle je n’éprouvai pas de douleur comme l’autre fois, car je compris qu’elle commençait à reconnaître son erreur et son péché et qu’elle s’en repentait. Je recommandai encore le Père, ainsi que l’archevêque et les Sœurs à Jésus comme j’en ai l’habitude en particulier chaque matin.


mercredi 7 octobre 2020

7 octobre - Notre Dame du Saint Rosaire


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion à l’immaculée Mère de Dieu », livre 4

Vitrail de l'église Notre-Dame de la Salette :
S. Pie V entrevoir miraculeusement la victoire
de Lépante contre l'Islam envahissant.

Le saint Pape Pie V a institué la fête de Notre Dame de la Victoire le 7 d’octobre en mémoire de la célèbre victoire de Lépante remportée contre les Turcs parce que pendant cette guerre on avait recours fréquemment à la bienheureuse Vierge en récitant son rosaire.

La principale solennité qui se faisait de cette association le premier dimanche de mai a été transférée au premier dimanche d’octobre. Les religieux Mathurins font aussi la fête de Notre-Dame du Remède, l’un des dimanches de ce mois, en mémoire de la même victoire parce que le général de l’armée chrétienne avant le combat s’était voué à Dieu sous la protection de sa très pure Mère invoquée sous la qualité de Notre-Dame du Remède et, la victoire remportée, il envoya les enseignes prises sur les ennemis en reconnaissance pour être mises dans une église dédiée à un lieu sous le même titre de Notre-Dame du Remède.

 

Notre-Dame du Rosaire et les saints Anges combattent pour nous !
Ayons recours à eux !

dimanche 4 octobre 2020

Saint François d'Assise

Saint Bonaventure, Vie de Saint François, Legenda Major 1, 5-6

Un jour où il se promenait à cheval dans la plaine près d'Assise, François trouva un lépreux sur son chemin. À cette rencontre inattendue, il éprouva un sentiment intense d'horreur, mais se rappelant sa résolution de vie parfaite et qu'il avait d'abord à se vaincre lui-même s'il voulait devenir « soldat du Christ » (2Tm 2,3), il sauta de cheval pour embrasser le malheureux. Celui-ci, qui tendait la main pour une aumône, reçut avec l'argent un baiser. Puis François se remit en selle. Mais il eut beau regarder de tous côtés, il ne vit plus le lépreux. Plein d'admiration et de joie, il se mit à chanter les louanges du Seigneur et se promit bien, après cet acte généreux, de ne pas en rester là... 

Il s'abandonna alors à l'esprit de pauvreté, au goût de l'humilité et aux élans d'une piété profonde. Alors que jadis la seule vue d'un lépreux le secouait d'horreur, il se mettait dorénavant à leur rendre tous les services possibles avec une parfaite insouciance pour lui-même, toujours humble et très humain ; il le faisait à cause du Christ crucifié qui, selon le prophète, a été « méprisé comme un lépreux » (Is 53,3). Il allait souvent leur rendre visite, leur distribuait des aumônes, puis, ému de compassion, baisait affectueusement leurs mains et leur visage. Aux mendiants aussi, non content de donner ce qu'il avait, il aurait voulu se donner lui-même et, quand il n'avait plus d'argent sous la main, il leur donnait ses vêtements, les décousant ou les déchirant parfois pour les distribuer. 

C'est vers cette époque qu'il accomplit un pèlerinage au tombeau de l'apôtre Pierre à Rome ; quand il vit les mendiants qui grouillaient sur le parvis de la basilique, poussé par la compassion autant que attiré par l'amour de la pauvreté, il choisit l'un des plus misérables, lui proposa ses vêtements en échange de ses guenilles et passa toute la journée en compagnie des pauvres, l'âme emplie d'une joie qu'il ne connaissait pas encore.